Joe Bageant vient de mourir à l'âge de 64 ans.
Ce nom n'évoque sans doute pas grand chose à grand monde ni ici, ni ailleurs. Mais, pour ceux qui l'ont connu, c'est un grand vide.
Joe était un vrai socialiste, atypique, bon vivant, il aimait la vie, les gens du peuple, tous ces laissés pour compte de l'Amérique, et les soirées entre amis où on discute de tout jusqu'au petit matin.
A refaire le monde. Un monde meilleur.
Hélas, la gueule de bois survient quand on reprend pied avec la réalité – où ce monde, non seulement, n'est pas meilleur, mais où il est encore pire que ce qu'on pensait.
Et sa plume acérée, sa langue verte et sans fard nous racontait tout cela si bien.
Un de ses amis le fait revivre un peu à travers le récit qui suit.
Je l'ai traduit (pratiquement intégralement) en hommage à cet homme pour qui j'avais beaucoup d'estime, mais qui, le salaud, était si difficile à traduire parce que sa langue n'appartenait qu'à lui et que le traduire, c'était le trahir.
Fred Reed raconte Joe