Les terribles inondations au Pakistan n'ont pas fait la une bien longtemps dans les médias occidentaux. 1600 morts, une région grande comme le Royaume Uni dévastée, des villages entiers emportés par les eaux et des centaines de milliers de personnes pataugeant dans les eaux insalubres sans moyen de fuir, une vingtaine de millions d'habitants touchés par la catastrophe, dont entre 5 et 6 millions sans abri, sans nourriture, sans eau potable.
Rien de dérisoire, quoi.
Pour autant, il n'y a pas eu de reportages en boucle, pas de battage médiatique avec des ex-présidents ou des célébrités d'Hollywood pour récolter des fonds, pas de promesses solennelles de la "communauté internationale" (promesses non tenues, d'ailleurs , mais cela montrait au moins un début d'intérêt – oui, c'est ça: "intérêt", le mot que je cherchais) comme pour le tsunami en Asie ou le tremblement de terre à Haïti.
Non pas que la population locale de ces pays ait fait l'objet de beaucoup d'attention, mais, au moins, les Occidentaux sur place avaient pu être évacués et les biens des riches avaient bénéficié de la protection de la police et / ou de l'armée.
Serait-ce que peu de vacanciers occidentaux privilégient cette région du Pakistan? Serait-ce qu'il n'y a pas de riches à protéger? Serait-ce que le Pakistan est à majorité musulmane? Serait-ce que les Etats-Unis et leurs satellites serviles dansent le tango avec ce pays stratégiquement bien situé pour défendre les intérêts de l'Empire?
Serait-ce qu'il faut éviter de faire naître trop de compassion à l'égard des Pakistanais pour pouvoir continuer tranquillement à les bombarder?

Billet de Felicity Arbuthnot, "'Humanitarian Warfare' in Pakistan: Bombs Not Bread", publié le 17 août 2010 dans Dissident Voice