Après l'évacuation spectaculaire de deux millions de personnes dans la
région de la Nouvelle-Orléans, un exploit salué comme il se doit, heure par
heure, dans le monde entier, l'heure est au bilan.
Une centaine de morts dans les Caraïbes. Dont zéro à Cuba malgré la violence du
cyclone, cela grâce à l'évacuation de 250.000 personnes (la routine à Cuba. Et
puis, quand on n'a rien, on ne perd rien. Trop facile de ne pas se tromper.
D'ailleurs, les médias, eux, ils ne sont pas dupes: ils n'en parlent même pas.
Ca c'est de la propagande typique des Castro Bros, Minimo & Maximo. on
connaît.).
Où j'en étais? Ah oui: et 7 morts, tout de même, en Louisiane. Trois malades
qui étaient dans un état critique et quatre des suites d'un accident pendant
l'évacuation.
De la roupie de sansonnet, si je puis dire, à côté des 1800 morts après le
passage de Katrina.
Mais, il faut dire que, cette fois-ci, les dieux étaient tournés vers la
Louisiane (sans doute les prières furent-elles efficaces).
Si, dans les Caraïbes, Gustav a rué dans les brancards, une fois arrivé près
des côtes de la Louisiane, il s'est couché comme un bon toutou, en remuant
juste un peu la queue.
Des vents de 75 Kms/h en rafale, certes, mais loin des 350 à Cuba, par
ex.
Et de cyclone dévastateur, il est devenu tempête tropicale pour
rétrograder en dépression tropicale le mardi.
Quand on pense à tous ces médias français sur le pont (à leurs risques et
périls) minute après minute, mobilisés pour commenter une banale dépression
tropicale à l'autre bout de la terre, on ne peut que compatir.
Alors qu'ils auraient sans doute pu développer des sujets d'actualité brûlants
et même parler de vraies catastrophes: comme le séisme en Chine le dimanche 31,
la répression violente des manifestants à la convention républicaine, le lundi,
la rentrée des classes avec les postes d'enseignants et les heures
d'enseignement en moins, le fichier Edvige qu'on va nous fourguer coûte que
coûte, la privatisation de la Poste, la scolarité gratuite pour les expats dans
les lycées français, ou bien nous servir les sujets inutiles mais
franco-français comme les rondeurs soudaines de la ministre de la justice ou
les déboires de Clavier en Corse ou la chute de la maison Val, que sais-je
encore.
Bref, tout, sauf se ridiculiser sur un non événement.
Comble de malchance, ils ont détourné les yeux au moment même où ils auraient
eu du grain à moudre. Et finalement, il n'y a plus personne pour en
parler.
De quoi? Mais du fait que, le tsunami devenu vaguelette, tous ces gens qui ont
été éloignés de chez eux, ils auraient pu faire le chemin inverse très
rapidement, non? Eh bien, non.
Argh. Nobody's perfect. Et les autorités moins que les autres.
Voici ce que raconte BILL QUIGLEY dans l'article
"Living in the Car After Gustav"
Paru dans CounterPunch le 2
septembre 2008
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