Jena, en Louisiane, petite ville où les Noirs ne
représentent que 15% de la population, est devenue le centre du regain de la
lutte contre la discrimination raciale aux Etats- Unis.
Trop c'est trop.
Ils en ont assez d'être stigmatisés par la classe dominante blanche et assez
que la bourgeoisie noire, dont leurs élus, garde un silence complice.
Au lycée de Jena, il y a un arbre sous lequel se retrouvent des petits
Blancs. Exclusivement.

Un jour, des jeunes noirs s'y sont installés, sans doute par bravade et surtout
pour dire: "y a pas de raison!".
Le lendemain, trois nœuds coulants pendaient à l'arbre.

Symbole fort, s'il en est, rappelant les sombres heures du lynchage et
autres tortures infligées aux Noirs en d'autres temps pas si
lointains.
A la suite de cela, il y a eu représailles des deux côtés. Et finalement, un
groupe de six lycéens noirs a tabassé un des protagonistes blancs. Des
blessures superficielles mais spectaculaires (les coups de tatane dans la
figure, c'est moins facile à maquiller que les coups de bottin dans le bide ou
sur le crâne).
Résultat des courses:
les Blancs qui avaient installé les gibets ont été renvoyés de l'école trois
jours.
Les Noirs (tous mineurs), eux, ont été présentés devant un tribunal pour
adultes.
Pour tentative de meurtre.
Avec dix-vingt ans à l'ombre à la clé.
Vous allez me dire, c'est un peu ce qu'ils voulaient.
Se retrouver à l'ombre.
L'histoire aurait pu s'arrêter là: les Noirs en prison et les Blancs à
l'école, si un mouvement important n'avait donné lieu à des manifestations pour
demander la libération des "Six de Jena".

Je schématise, mais lisez donc l'histoire ici
Et voici encore des exemples de la justice établie par les Blancs.
La routine.
L'article qui suit, "Black Mass Incarceration is Now a Political Issue", de Bruce Dixon est tiré de Dissident voice: et initialement paru dans "Black Agenda Report"le 13 octobre 2007.

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