Sociétés de vieux atrabilaires
Pas besoin d'avoir atteint un âge canonique. C'est la société toute entière
qui les méprise, qui les trouve trop comme ci ou pas assez comme ça, et qui se
fait peur.
Mais qui donc? Eh bien, les jeunes, les enfants, les ados, les
pré-adultes.
On a les siens (sa progéniture) qui sont presque parfaits,
évidemment, et puis, il y a cette masse informe, diffuse, bruyante,
indifférente, inculte, menaçante, que sais-je encore.
Alors, soit on les ignore, soit on les regarde de travers, soit on change de
trottoir. Soit on les empêche de se réunir. Nulle part où se poser. Nulle part
où c'est gratuit, s'entend.
Bas d'immeubles, centre commerciaux ou places publiques (vous avez remarqué
qu'il n'y a plus de bancs? Soi-disant parce que les SDF s'y allongent, mais, de
fait, c'est toute la société qu'on exclut; tout ce qui n'est pas marchand n'a
plus droit de cité. Circulez, y a rien à voir!).
L'Ecole, l'université, pareil: seuls ceux qui rentrent dans le moule prédéfini
s'en sortiront. Les autres, eh bien, les autres, ils n'avaient qu'à faire les
efforts. On n'a pas arrêté de leur dire.
Et c'est ce qui s'est passé en Grande Bretagne où le système scolaire et
universitaire impose tests et performances qui vont inscrire les divers
établissements à un tableau de classement où ils sont en concurrence féroce. Et
la jeunesse, dans tout ça?
La quoi?
Tanya Byron, qui signe cet article tiré du Guardian est présidente de l'université d'Edge Hill. Elle est également psychologue spécialiste de l'enfance et de l'adolescence.
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