Aafia Siddiqui a été condamnée à une peine de prison incompressible de 86 ans (oui, vous avez bien lu: 86! On se demande, à ce tarif-là, si elle va arriver au bout de sa peine) pour avoir tiré à bout portant, selon le chef d'accusation principal, sur des soldats dont aucun n'a été blessé. Maladroite.
86 ans, quand la seule victime, c'est elle-même, Aafia, 38 ans, qui, dans cette affaire a été grièvement blessée à la poitrine, c'est un peu exagéré, non?
Et où donc cela s'est-il passé? Dans quel pays barbare enferme-t-on à vie une femme qui n'a même pas commis de crime de sang?
Ah, non, me glisse-t-on, ce n'est pas un pays "barbare", c'est même "la plus grande démocratie du monde", les Etats-Unis, où, justement, une femme, Teresa Lewis, 41 ans, vient d'être assassinée légalement.
Déficiente mentale, elle n'aurait même pas dû être condamnée à mort et, comme Aafia, elle n'avait pas commis de meurtre, et n'avait probablement même pas été le "cerveau" à l'origine de ces meurtres.
Ainsi va la vie aux Etats-Unis …
Mais ils peuvent toujours poursuivre leurs infamies à l'envi: les pétitionnaires célèbres et fougueux ont l'indignation sélective et les yeux opportunément tournés ailleurs.
La cause des femmes et les Droits humains ne les intéressent que s'ils servent leurs noirs desseins.
Quant à la presse française, elle s'est contentée de dupliquer la dépêche de l'AFP, prenant pour argent comptant les explications officielles qui font passer Aafia Siddiqui pour une terroriste – ou, au moins une activiste potentiellement dangereuse et allumée.
Dans cet article: "Aafia Siddiqui Sentenced: A Grievous Miscarriage of Justice" (DV, 24 septembre 2010), Stephen Lendman raconte cette affaire sordide.