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Les messages subliminaux d'Obama à propos de Trayvon

Certains étaient très contents que Martin ait été tué et heureux quand son meurtrier a été libéré

Il y a beaucoup à dire sur le verdict qui a été rendu où George Zimmerman a été déclaré non coupable du meurtre de Trayvon Martin, mais une chose est claire.
Le racisme est si profondément ancré dans la conscience du Blanc américain qu'un nombre important de Blancs se sont rangés aux côtés de Zimmerman sans avoir à l'exprimer explicitement.
La jurée qui s'est fait connaître sous le nom de "B37" l'a démontré clairement lors de son interview sur CNN.
Elle a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une question raciale et que, d'ailleurs, les jurées n'ont jamais évoqué le sujet.
Si sa tentative initiale de tirer profit de son expérience pour décrocher un contrat pour publier un livre est méprisable, elle dit probablement la vérité. Elles n'avaient pas besoin de dire à voix haute qu'elles n'allaient pas faire payer Zimmerman pour son crime. Elles étaient tout le temps sur la même longueur d'ondes.
Zimmerman n'a jamais témoigné mais B37 est certaine qu'il a craint pour sa vie, elle connait ses pensées et elle l'a même appelé Georgie. De toute évidence, ce que disait l'accusation importait peu pour cette femme et pour les autres jurées qui étaient déterminées à faire libérer Georgie.
Comme l'instinct indique aux oiseaux quand et vers où migrer, la conscience des Blancs leur dit qu'ils doivent dominer les Noirs.
Ils tirent littéralement avantage de la suprématie blanche et cela fait partie de leur ordre naturel des choses. Cette réalité est acceptée comme une évidence et elle persiste comme une psychose de masse. Elle n'est jamais remise en question et est responsable de l'incarcération et du chômage des Noirs, ainsi que de la mort de plus de 300 Noirs par an, tués par la police, les gardes de sécurité ou les vigiles du genre de Zimmerman.
"Elles n'avaient pas besoin de dire à voix haute qu'elles n'allaient pas faire payer Zimmerman pour son crime".
Le président Barack Obama comprend très bien ce phénomène. Il a fait carrière en s'adressant aux Blancs tout en feignant de s'adresser aux Noirs. Il ne serait jamais devenu président s'il n'avait pas maîtrisé cet art.
Lors de la campagne présidentielle de 2008, il n'a jamais perdu une seule occasion de donner des garanties aux Blancs que leur ordre naturel des choses n'était pas menacé. Il a accusé les Noirs d'être de mauvais pères, prétendu que le pays avait fait "90% du chemin" vers l'égalité, traité Jeremiah Wright de vieil excentrique qui devrait cesser de radoter sur le racisme, etc.
A la suite de la colère et de la peine qu'ont ressenties les Noirs à l'annonce du verdict du procès de Zimmerman, le président était égal à lui-même. Ignorant les Noirs, il s'est adressé directement aux Blancs, appliquant une fois de plus la politique du message subliminal, ou du sifflet ultrason. De même que les sifflets ultrason ne peuvent être perçus que par l'oreille de certains animaux, il y a un langage qui ne peut être entendu que par des groupes spécifiques, même s'il semble être destiné à d'autres. Alors que les Noirs attendaient anxieusement une déclaration de sa part, le communiqué d'Obama (le 14 juillet 2013) concernant le verdict était taillé sur mesure pour l'Amérique blanche:

"La mort de Trayvon Martin a été une tragédie. Non pas seulement pour sa famille, ni pour une quelconque communauté, mais pour l'Amérique toute entière. Je sais que cette affaire a suscité de vives émotions. Et au lendemain du verdict, je sais que les passions peuvent se déchainer encore plus. Mais nous sommes un Etat de droit, et un jury s'est prononcé. Je demande maintenant à chaque Américain de respecter l'appel au calme qu'ont lancé deux parents qui ont perdu leur jeune fils.
Et, tout en faisant cela, nous devons nous demander si nous faisons tout ce que nous pouvons pour élargir le cercle de compassion et de compréhension dans nos propres communautés. Nous devons nous demander si nous faisons de notre mieux pour endiguer cette vague de violence par arme à feu qui coûte chaque jour la vie à tant de personnes dans ce pays. Nous devons nous demander, en tant qu'individus et en tant que société, comment nous pouvons empêcher d'autres tragédies comme celle-là.

En tant que citoyens, c'est une tâche qui nous concerne tous. C'est ainsi qu'il faut honorer la mémoire de Trayvon Martin.”

Lors de sa campagne présidentielle de 2008, il n'a jamais perdu une seule occasion de donner aux Blancs des garanties que leur ordre naturel des choses n'était pas menacé. %%%

Sa déclaration apparemment décousue est parfaitement logique pour ceux à qui elle s'adresse. "Un jury s'est prononcé": en d'autres termes, taisez-vous, reprenez vos esprits et arrêtez vos jérémiades.
Dire que la mort de Martin n'était pas seulement une tragédie pour sa communauté ou pour une autre est un mensonge éhonté. Sa mort est plus une tragédie et un traumatisme pour les Noirs que pour tout autre groupe.
Non seulement sa mort n'a pas été un drame pour des millions d'Américains,mais certains se sont réjouis du fait que Martin ait été tué et que son meurtrier ait été libéré.
La "vague de violence par arme à feu" ne voulait dire qu'une chose: le président était d'accord avec les Blancs qui minimisaient la mort de Trayvon en renvoyant constamment la violence au sein de la communauté noire.
Ce cliché de la "violence des Noirs contre les Noirs"’ était destiné à faire taire l'indignation qu'avait soulevée le meurtre commis par Zimmerman à la manière des gardiens d'esclaves.
Beaucoup se sont demandé pourquoi Obama avait décidé de s'exprimer, étant donné que le département de la Justice avait annoncé qu'ils allaient enquêter pour savoir s'ils déposeraient une plainte au niveau fédéral.
Ces gens-là sont passés à côté de la plaque. Obama a estimé qu'il était important de parler à la population dans le langage qu'ils comprennent. Et son coup de sifflet à ultrason a bien été entendu par ceux à qui il voulait s'adresser.
En 2012, quand l'histoire de la mort de Martin a commencé à être largement médiatisée, Obama a été pris au dépourvu et a dû jeter un os à ronger aux Noirs. Il s'est senti obligé de dire que s'il avait un fils "il ressemblerait à Trayvon".
C'est la dernière fois qu'il ferait le rapprochement entre lui et Trayvon Martin.
Raison de plus pour utiliser le sifflet au moment opportun.
Le verdict du procès Zimmerman s'est avéré franchement odieux en pleine lumière. Ce verdict nous dit que nous restons les perdants, un peuple opprimé entouré d'ennemis dont nous sommes dépendants. Les victoires que nous avons remportées sont constamment remises en question et nos existences sont précaires.
Nous n'honorons pas Trayvon Martin en nous taisant et en prétendant qu'empêcher les futurs crimes racistes revêt une sorte de mystère. Nous l'honorons, lui et nous-mêmes, en exigeant la justice.
Quelques affaires de vigiles du genre de Zimmerman où ils seront condamnés à des peines de prison empêcheront d'autres meurtres.
Obama et le ministre de la Justice ne doivent pas s'en tirer à bon compte parce qu'ils ont décidé d'enquêter sur cette affaire. Ils doivent enquêter sur toutes les autres et utiliser tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre fin à ces lois sur l'autodéfense qui sont un permis de perpétrer des crimes racistes.
Exiger moins que cela, c'est simplement aider à souffler dans le sifflet à ultra-son.

Margaret Kimberley est rédactrice en chef et chroniqueuse sur BAR. Sa rubrique "Freedom Rider" est publiée toutes les semaines et est également reprise sur de nombreux sites. Elle vit à New York.

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Analyses complémentaires

Ce genre d'affaire, où un Noir est tué par un représentant de l'autorité et où le meurtrier n'est pas sanctionné, une première fois grâce à la version policière des faits, puis une seconde fois grâce à la décision d'un jury (s'il y a poursuites) est tout ce qu'il y a de plus banal.
Ce qui est exceptionnel, dans cette affaire, c'est que le meurtre de Trayvon Martin a, dès le début, attiré l'attention en Amérique et qu'à l'annonce du verdict, des manifestations ont eu lieu spontanément dans une centaine de villes. Et c'est ce qui a poussé Obama à sortir du bois, et même à évoquer une époque où, lui aussi, était noir.
Ce qu'il n'avait pas fait en cinq ans, évitant soigneusement de s'assimiler à la communauté noire. Ce qui montre que, pour bien des aspects de cette attitude et, malgré les discours prétendument optimistes d'Obama, le racisme est bien ancré dans la culture des Etats-Unis.

Le 19 juillet dernier, 4 jours après le communiqué lu par son secrétaire de presse, Obama décidait de revenir (poussé par les représentants de la communauté noire, comme Jesse Jackson) sur l'affaire Zimmerman et sur Trayvon Martin, prononçant un discours où il dit d'abord avoir connu les vexations dont souffrent les Noirs au quotidien.
Comme par exemple, être pistés quand il font les courses au supermarché, se retrouver dans un ascenseur avec une femme qui serre nerveusement son sac contre elle, ou traverser une rue et entendre le déclic de fermeture automatique des portes des voitures.
Qu'il ait ou non inventé ces exemples d'expérience dite personnelle.
Mais s'il semble compatir, alors, avec la communauté noire, tout le reste de son discours est destiné à défendre le système et à rétablir la "confiance" dans ce système ("il serait utile", dit-il, "que le département de la Justice, les gouverneurs, les maires collaborent avec les services de police pour réduire ce genre de méfiance qui existe parfois aujourd'hui envers le système").
Donc, le système est bon, c'est la population qui ne comprend pas toujours bien. Ainsi, précise-t-il à nouveau:

"La juge a présidé ce procès de manière professionnelle. L'accusation et la défense ont développé leurs arguments. Les jurées avaient été prévenues que, dans ce genre d'affaire, la notion de "doute raisonnable" doit être prise en compte et elles ont rendu leur verdict. Et une fois que le jury s'est prononcé, c'est ainsi que fonctionne notre système ".

Il persiste à dire que tout s'est déroulé dans les règles.
Sauf que les règles ont conclu à l'innocence d'un type qui a abattu un jeune de 17 ans sans arme (ce qui, dans une société juste, devrait relever au moins de l'homicide involontaire, non?, et ne pas donner lieu à des débats sans fin sur "avait-il agi en état de légitime défense" et "qui a agressé l'autre d'abord"? ) et que le procès a été, non pas celui du meurtrier, qui n'a même pas eu à s'expliquer (encore ce "système" tant loué par Obama), mais celui de la victime, qui aurait été menaçante pour son assassin, qui avait alors eu parfaitement le droit de se défendre en l'abattant (en vertu de la loi "Stand Your ground' en Floride, qui affirme qu'une personne peut utiliser une force raisonnable dans le cas de légitime défense.
Surréaliste.
Pour rappel: à la suite de son crime, Zimmerman n'avait pas été inquiété, la police ayant refusé de le mettre en garde à vue et n'ayant débuté une enquête que des semaines plus tard (ce qui a sans doute empêché de rassembler un maximum de preuves permettant de reconstituer ce qui s'était passé) et c'est finalement l'ampleur des manifestations d'indignation, en février 2012, qui a obligé l'état de Floride à engager des poursuites contre lui.
Et, en disant "le jury s'est prononcé", Obama indiquait, donc,clairement qu'il soutenait la thèse de départ de l'état de Floride selon laquelle la mort de Trayvon n'était pas due à un acte criminel (c'était du genre: "circulez, y a rien à voir, quoi, l'affaire est close").
De toute évidence, après cette déclaration d'Obama, le département de la Justice (dont, au passage, le ministre, Eric Holder, est également noir), qui, pour apaiser les esprits, avait annoncé une enquête fédérale sur l'affaire, ne s'en donnera pas la peine, ou conclura à son tour que la procédure s'est déroulée tout à fait normalement.

Même si un simple vigile a utilisé son arme contre un jeune homme sans arme, parce qu'il estimait qu'il était "menaçant" et que, selon son témoignage incontesté, faute d'autres témoins, il l'aurait agressé (on peut supposer raisonnablement qu'un jeune noir de 17 ans, qui est suivi par un homme costaud qui l'a probablement interpellé en tant que vigile – et qu'il connaissait peut-être de vue, puisque son père habitait dans la cité - était sans doute conscient que cet homme devait être armé. Alors, pourquoi l'aurait-il provoqué?).
Même si ce vigile n'a pas obéi à la police qu'il avait contactée et qui lui avait dit de ne pas rester dans la rue et d'attendre dans sa voiture.
Même si les jurées et la juge étaient toutes des femmes blanches, à part une d'origine hispanique. Comme le criminel.
Même si Zimmerman n'a jamais eu à exposer sa version des faits.
Même si le procès a consisté à salir la victime et la rendre responsable de sa propre mort.
Oui, dans cette affaire, tout est normalement … sale.

Mais Obama, lui, se soucie de protéger le "système" et interdit toute remise en cause de la justice.
D'ailleurs, après avoir déclaré qu'il avait parfaitement conscience que les US ont une longue histoire de "disparités raciales" concernant les décisions de justice, depuis la peine de mort jusqu'aux sanctions pour détention de drogue, minimisant le rôle de l'Etat, Obama en fait porter la responsabilité aux états et aux autorités locales, disant que c'est d'eux que relèvent traditionnellement le Code Pénal et l'application des lois.
Et pourtant.
Ici, Glen Ford explique:

"Dire que c'est la faute des états est démenti par le fait qu'Obama et le ministre de la Justice, Eric Holder, champions de l'incarcération de masse, protègent le système carcéral fédéral de l'austérité, alors que le gouvernement réduit sans pitié les budgets de Medicare et Medicaid (les systèmes de santé pour les retraités et les démunis) et des vaches sacrées de la Défense et de la Sécurité Intérieure.
Alors que, globalement, la population carcérale des états a diminué, en grande partie à cause des contraintes budgétaires, le budget accordé au système carcéral fédéral, selon Mother Jones continue d'augmenter d'environ 3% par an.
Pour ce gouvernement, l'incarcération de masse est une priorité absolue".

Une fois de plus, Obama est pris en flagrant délit de mensonge.

"Et, poursuit Ford, "remplir les prisons de Noirs et de Latinos demande d'entretenir un système monstrueux d'hyper-surveillance. Les ghettos communautaires deviennent des zones de non-droit constitutionnel, où les contrôles se font au faciès.
Avec cette politique, pas étonnant qu'un prisonnier sur 8 dans le monde soit un Noir américain (eh oui, la population carcérale aux US représente environ ¼ de la pop. carcérale mondiale et environ 50% des personnes incarcérées aux US sont noires, NDT) et qu'un Noir sur trois aura, un jour ou l'autre, un casier judiciaire.
Toutes les études montrent que la consommation de drogue chez les Noirs est équivalente ou inférieure à celle des Blancs, pourtant, les Noirs ont bien plus de risques d'être arrêtés et incarcérés pour détention de produits illicites. C'est la conséquence des contrôles massifs au faciès".

On le voit, donc, Obama, qui prétend qu'il n'y a pratiquement plus de racisme et que ceux qui disent le contraire sont des affabulateurs, est bien loin de la vérité.
Et, les discriminations raciales sont savamment entretenues et amplifiées par Obama et son gouvernement eux-mêmes.
Un comble.

Dans le texte: Obama's Trayvon Speech: Massa Trying to Keep the Slaves on the Plantation by Acknowledging Their Pain ("le discours d'Obama sur Trayvon: Bwana tente d'empêcher les esclaves de quitter la plantation en prenant acte de leurs tourments"), Carl Dix, membre fondateur et représentant du Parti Communiste Révolutionnaire, USA (RCP), dit qu'il s'agit d'une tentative délibérée de désamorcer une situation politique explosive dont les pouvoirs en place craignent qu'elle ne devienne incontrôlable.
Cela semble clair.
Dans son article, il relève plus particulièrement deux impostures dans le discours d'Obama. L'une d'elles est contenue dans cette affirmation d'Obama: "nous sommes en train de devenir une union plus parfaite – pas une union parfaite, mais une union plus parfaite".

Obama, dit Carl Dix, nous sort le mythe de l''union plus parfaite', alors que la réalité, c'est que cette "union" s'est bâtie sur deux crimes: le génocide indien et le rapt et l'asservissement des Africains.
L'esclavage n'était pas une erreur malheureuse ou une imperfection de l'"union". Il était essentiel à l'objectif visé par cette union plus parfaite: l'accumulation d'une immense fortune, à la fois dans les états du sud et ceux du nord.
C'est, dit Carl Dix, ce système qui est né et s'est nourri de l'esclavage humain et qui est devenu une structure mondiale d'exploitation, de pillages et de guerres cruelles destinées à accroitre l'empire.
Barack Obama parle du mythe d'une "union plus parfaite" alors que la réalité, c'est que l'oppression des Noirs s'est construite au sein même de la société américaine.
Ce sont les formes de cette oppression qui ont changé: de l'esclavage, elles sont passées aux lois Jim Crow sur la ségrégation avec les lynchages, pour arriver à ces nouvelles lois Jim Crow d'incarcérations massives.
Et c'est ce système qui est la cause de l'immense malheur des populations de la planète.

La seconde imposture que Dix dénonce se situe dans cette affirmation d'Obama:

"Nous devons consacrer du temps à nous demander comment soutenir nos jeunes 'africains-américains' ... et leur faire comprendre que le pays se soucie d'eux, les estime et est prêt à leur faire confiance".

"Soutenir nos jeunes africains-américains", ouais, c'est ça!, dit-Dix.
Où il est le "souci" quand un homme noir sur 9 entre 18 et 29 ans est actuellement en prison?
En quelle "estime" est tenue la jeunesse quand quelque 600.000 d'entre eux, noirs ou latinos pour la plupart, ont été brutalisés et humiliés chaque année depuis 2011 par les politiques d'interpellations et de fouilles corporelles au faciès?
Où est le "souci" quand on voit la recrudescence des coups de feu tirés par la police (et les vigiles) sur les jeunes Noirs, des vingtaines d'entre eux ayant été tués l'an dernier seulement?
Et comment l'économie montre-t-elle qu'elle se "soucie" des jeunes Noirs quand 30% d'entre eux ne peuvent pas trouver de travail et que les études montrent que les patrons préfèrent employer, à qualifications égales, un Blanc avec un casier judiciaire plutôt qu'un Noir qui n'a JAMAIS eu maille à partir avec la police et la justice?

Un vivier de main-d'œuvre jetable

C'est le système économique capitaliste-impérialiste, ça, où les emplois dans l'industrie ont été éliminés, les entreprises ayant délocalisé la production pour réaliser un maximum de bénéfices.
Un système où les emplois de bureau de base, avec un salaire minimum que les jeunes noirs auraient pu décrocher, il y a une dizaine d'années, sont de plus en plus inaccessibles, car de nombreux travailleurs blancs, expulsés des emplois mieux payés, se sont rabattus là-dessus.
La vérité, c'est que les jeunes Noirs deviennent un vivier de main-d'œuvre jetable.
Du point de vue du système: ils sont inutiles, indésirables, inaptes à l'éducation et incapables de contribuer à la société.
Quant au "souci" que montrerait le système éducatif: les écoles des ghettos et des barrios sont surpeuplées, en état de décrépitude et privées de fonds publics.
Quel "souci" a motivé le système qui mène directement de l'école à la prison, où un élève noir sur trois se retrouve exclu de l'école, souvent pour des fautes mineures? (voir ici et des solutions évidentes ).
Le système capitaliste-impérialiste a créé une génération de suspects.
C'est la génération de Trayvon Martin, d'Oscar Grant, et d'un nombre incalculable d'autres qui ont été tués par la police, jetés en prison, et stigmatisés par la société toute entière.
"Se soucier de la jeunesse", l'"estimer"? La réalité, c'est que Barack Obama a joué un rôle essentiel dans la diabolisation supplémentaire de la jeunesse noire.
Combien de fois a-t-il tenu ses discours de la Fête des Pères en parlant de "responsabilité", de "ne s'en prendre qu'à soi-même".

En 2008, il disait:
"Combien d'adolescents avons-nous vu trainer dans la rue au lieu d'être à l'école? Combien sont en prison au lieu de travailler, ou, au moins, de chercher du travail? Combien parmi cette génération sommes-nous prêts à abandonner à la pauvreté, la violence ou la drogue?".

Ce ne sont pas les gens qui ont créé cette situation.
Les jeunes Noirs, ceux qui remplissent les prisons, ceux qui sont dans les gangs, ne sont pas ceux qui ont délocalisé les emplois. Ces conditions ont été engendrées par la dynamique de l'accumulation capitaliste dans sa dimension internationale et nationale et par les politiques délibérées des élus de la classe dirigeante qui les appliquent.
Ce système que défend Barack Obama n'offre véritablement aucun avenir aux jeunes Noirs – autre que la prison, les gangs et le trafic de drogue, des petits boulots pour quelques-uns, ou devenir assassin pour le compte de l'armée U.S., des voyous en uniforme pour le système même qui les opprime".

Qui est donc Barack Hussein Obama?

CBH COMMUNICATIONS OBAMA DOG ADOPTION

Dans un des paragraphes, intitulé "Histoire personnelle: un Blanc au visage de Noir dans notre communauté", de cet article, Paul Street écrit:

Que Trayvon 'ait pu être (Barack Obama) il y a 35 ans'? Il y a peu de chances. Obama a fait ses études dans un lycée privé huppé, composé essentiellement de Blancs et d'Asiatiques, à Honolulu où les diverses ethnies sont plutôt bien intégrées, et qui ne connait rien de tel que les tensions raciales ou une énorme population noire pauvre de la classe ouvrière, comme on la trouve au sud de la Floride dans la communauté où Martin a été suivi et tué".

Obama, lui, vivait à Honolulu chez ses grands-parents blancs plutôt aisés.
Son père était Kényan, mais ses parents ont divorcé en 1964, quand il avait 2 ans et demi et Barack Obama ne l'a revu qu'une seule fois, à l'âge de dix ans.
Il vivait donc dans une famille de Blancs, dans un contexte multiculturel plutôt ouvert.
Il ne s'est ensuite rendu sur le continent US que pour faire des études universitaires d'abord, pendant deux ans à Occidental College à Los Angeles (Californie), puis à l'Université Columbia de New York. Il en est sorti diplômé en 1983. Et, en 1988, il est accepté à la faculté de droit de Harvard (Harvard Law School), où il restera 3 ans.
Un parcours complètement atypique pour un Noir, donc, et qui n'a rien à voir, non plus, avec les Noirs américains dont les ancêtres étaient esclaves, puis dont les parents ou grands-parents, voire eux-mêmes, ont connu l'époque de la ségrégation et se sont battus pour leurs droits civiques.
Obama était, lui, le parfait candidat pour les castes dominantes.
Jeune, intelligent, séduisant, apparemment attaché à sa famille, démocrate conservateur aux dents longues et prêt à tout pour réussir … et NOIR (enfin, noir d'apparence).
Une aubaine pour elles qui avaient besoin de remplacer leur candidat précédent, usé et impopulaire, par son antithèse.
L'illusion parfaite.
Et c'est sans doute la raison pour laquelle il a si longtemps fait illusion.

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Il m'est venu une idée, après coup: il appelle les Noirs "African-American". Curieux, ça. C'est lui l'Africain-américain". La plupart des autres sont aux Etats-Unis depuis des générations et sont même arrivés bien avant d'autres.
Ca me rappelle les fils/filles d'immigrés d'Afrique du N. 1°, 2°, 3°, 4° génération.
Jusqu'où va-t-on aller?
Dans cet article, M. G. PIETY dit que c'est un terme condescendant. Et je ne lui donne pas tort.

EDIT: je voudrais préciser que le site BAR est un site de journalistes noirs de gauche radicale. Et qu'ils ont, un temps, espéré qu'Obama tenterait de lutter contre les injustices flagrantes faites aux Noirs aux US. Ils ont déchanté en voyant qu'il se permettait d'être encore plus condescendant envers eux que ses prédécesseurs blancs.
Et ses discours et son bilan le prouvent.