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13 juin 2013

Une école catholique licencie une enseignante parce qu'elle a été victime de violences conjugales.

Une école catholique de San Diego a licencié une enseignante victime de violences conjugales parce que, disent-il, sa présence "mettait en danger les élèves, l'institution et les parents.”

Carie Charlesworth explique dans un reportage de NBC 7 qu'elle avait enseigné dans le secteur scolaire pendant 14 ans quand l'école Holy Trinity School à San Diego a décidé que le comportement "menaçant" de son ex-conjoint était trop dangereux pour qu'elle puisse rester, alors même qu'il était en prison.
Charlesworth raconte que l'école a appris sa situation quand elle a fait une demande de congé de maladie après avoir subi des violences de la part de son mari en janvier dernier.
"Nous avons passé un week-end épouvantable avec lui et, le dimanche, nous avons dû appeler la police à trois reprises "
Quand le mari est venu se garer sur le parking de l'école, ils ont fermé toutes les issues de l'établissement. Le lendemain, les parents apprenaient que Charlesworth et ses quatre enfants, qui étaient scolarisés dans cette école, avaient été mis en "congé pour une durée indéterminé".
"Et l'impression que cela donnait: les enfants et moi étions sanctionnés pour quelque chose que nous nous n'avions pas fait".
Quatre mois plus tard, en avril, Charlesworth recevait une lettre du Diocèse de San Diego, lui disant: "nous ne pouvons simplement pas vous autoriser à revenir travailler chez nous".
Il était également précisé qu'elle n'aurait pas le droit de travailler dans une aucune école du diocèse du secteur.
"Ils m'ont dépossédée de mes aptitudes à enseigner", dit-elle, "ce n'est pas comme si je pouvais partir à la recherche d'un autre poste d'enseignement n'importe où".
Le fait que l'ex-conjoint de Charlesworth soit actuellement en prison n'entre pas en ligne de compte, l'école estimant qu'ils ne peuvent pas savoir combien de temps il va y rester.
Hélas, l'histoire de Charlesworth s'inscrit dans un cadre de plus grande ampleur où des salariées perdent leur emploi à la suite de violences conjugales.
Une étude réalisée en 2011 montre que près de 40 % des ex-victimes de violences conjugales en Californie ont déclaré avoir été licenciées ou craignaient de l'être à cause des violences conjugales qu'elles avaient subies.
"Eh bien, c'est pour ça que les femmes victimes de violences conjugales ne parlent pas. Elles ont peur de la façon dont les gens vont les considérer et les traiter", dit Charlesworth, qui espère que son histoire servira à éveiller les consciences sur cette question dramatique".

Dieu est amour

Complément d'info:

Dans cet article, "What If Leaving Your Abuser Means Living on the Street? How Budget-Cuts Make Life Even Harder for Abused Women", l'auteure, Tana Ganeva explique que la diminution des aides sociales ayant grevé le budget consacré aux violences conjugales, les femmes qui cherchent à s'enfuir risquent, faute de structures appropriées, de se retrouver à la rue.
Une étude réalisée en 2003 montre que 25% des mères sans abri interrogées étaient parties à cause des violences conjugales.
Quand la situation économique est, comme aujourd'hui, très mauvaise, avec les pertes d'emploi, la hausse du chômage longue durée et/ou les saisies immobilières, les violences s'aggravent encore.
Evidemment, les premières touchées sont les femmes sans revenus, dépendantes du salaire de leur conjoint. Sans ressources, avec peu d'espoir d'obtenir une pension alimentaire, elles ne peuvent même pas porter plainte, de peur que leur conjoint ne soit envoyé en prison, ce qui les laisserait, elle et leurs enfants, sans aucune ressource.
Alors, elles sont forcées de rester.
Lire la suite en anglais ici.

La culture du viol



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la pub



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Le viol de Steubenville

C'est, parmi bien d'autres, une femme noire qui porte les coups, cette fois-ci.
Mais une millionnaire/-ardaire privilégiée, inculte et stupide.

Informations puisées iciet .
NB: Les commentaires dans le texte ne sont pas de moi, mais des auteures de ces billets.

Serena Williams accuse la victime du viol de Steubenville de s'être mise toute seule dans cette situation, puis présente des excuses vaseuses.



Avant propos : bref rappel des circonstances.

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En mars dernier, Trent Mays, 17 ans et Ma’lik Richmond, 16 ans, deux joueurs-vedettes de football américain pour leur lycée, étaient reconnus coupables du viol commis en août l'an dernier sur une de leurs camarades de classe qui avait été saoulée et qui était inconsciente.
Richmond a été condamné à une peine d'un minimum d'un an et Mays d'un minimum de deux ans (parce qu'il avait pris la photo de la victime nue), des peines qui peuvent être prolongées jusqu'à leurs 21 ans, qu'ils purgeront dans un centre de détention pour mineurs.
D'autres ont probablement participé à ce viol collectif, mais il n'y a pas de preuve tangible de leur contribution.
C'est, ainsi que les Anonymous, une bloggeuse, Alexandria Goddard, qui a révélé cette affaire en faisant une enquête sur internet et les réseaux sociaux, où les violeurs et leurs camarades avaient posté vidéo et messages infâmes et humiliants pour la jeune fille, la traitant de "pute", plaisantant sur le viol et disant, entre autres, que "ce genre de personne mérite qu'on lui pisse dessus".
Malgré cela, ce n'est pas la jeune fille violée qui recueillait un élan de sympathie et de commisération, lors du procès, en particulier, mais les deux violeurs, considérés comme les victimes dans cette affaire, et dont la carrière de footballeurs professionnels était probablement définitivement compromise.
La correspondante de CNN chargée de suivre le procès déclarait, quasi-larmoyante:

"Je n'ai jamais rien connu de tel. C'était terriblement émouvant. Terriblement difficile même pour quelqu'un de l'extérieur comme moi, de voir que ces deux jeunes gens à l'avenir prometteur, des stars du football, de très bons élèves, sont regardés au moment où ils pensent que leur vie est brisée".

NDLR : Evidemment, ce n'est pas comme si ces petits cons avaient été pris avec quelques grammes de hash et jetés en prison.
A vomir. Mais ce n'est pas fini. Il faut encore tenir un peu.
Hélas, c'est encore une femme qui tient encore la vedette.Mais pas pour les bons motifs.

Voici l'histoire:
Lors d'une interview pour Rolling Stone, Serena Williams (la célèbre joueuse de tennis, pour ceux qui vivent dans une grotte), en est venue à commenter un reportage sur le viol de Steubenville.
Les réactions, vives, parfois, ne se sont pas fait attendre.
Les sportifs devraient parfois (souvent?) apprendre à se taire. Serena Williams est la plus récente d'entre eux à s'être largement fourvoyée.
Lors de cette interview, la championne de tennis s'exprimait sur l'affaire de viol de Steubenville, plaignant, en quelque sorte, les violeurs.

Vous pensez que leur condamnation est juste? Ils ont fait une bêtise, mais je ne sais pas. Je n'accuse pas la jeune fille, mais, quand on a 16 ans et qu'on a bu comme elle l'a fait, les parents auraient dû vous apprendre à ne pas accepter de boisson d'inconnus.
Elle a 16 ans, pourquoi était-elle ivre au point de ne se souvenir de rien? Cela aurait pu être bien pire. Elle a eu de la chance. De toute évidence, je ne sais pas, elle n'était peut-être pas vierge, mais elle n'aurait pas dû se mettre dans cette situation, sauf s'ils lui ont refilé quelque chose à son insu. Là, ce ne serait pas pareil.

Il y a tellement d'âneries dans cette déclaration qu'il est difficile de savoir par où commencer. Comme, d'abord, qu'est-ce que la virginité a à voir là-dedans?
Ensuite, les garçons étaient simplement "stupides", et la fille a eu "de la chance".
Et enfin, tout en disant qu'elle ne condamne pas la jeune fille pour ce viol, elle en arrive à en faire porter la responsabilité à elle et à ses parents.
Dans un article dans Forbes, le lendemain, Bob Cook écrivait:

Moi, J'AI mis en garde ma fille adolescente sur ce qu'il faut faire et ne pas faire à une soirée, en particulier, ne pas accepter d'un inconnu une boisson déjà ouverte".
Mais, ajoute-t-il, peu importe la quantité d'alcool quelle a bu, ou la jupe qu'elle portait, ou ce que quelqu'un a cru lui entendre dire plus tôt, une victime de viol c'est ça uniquement - une victime.

A la suite du tollé inévitable qu'ont déclenché ces remarques stupides et cruelles, Serena publiait sur son site des excuses à sa façon.
"Pour une fille, être violée à 16 ans à peine, c'est un drame atroce", écrit-elle.
Il est vrai que le viol devient beaucoup plus agréable au fur et à mesure qu'on avance en âge.
Elle ajoute que cet incident est un drame pour "les deux familles".
S'il est indéniable que c'est un énorme gâchis que deux jeunes gens aient fait des choix qui ont profondément traumatisé une tierce personne, leur "drame' n'est pas équivalent à celui qu'a connu leur victime. certainement pas, non! Et tu ne mets pas les deux en symétrie dans une même phrase.
C'est ce genre de discours abject qui a été servi mardi dans un éditorial du Wall Street Journal concernant les agressions sexuelles commises à l'armée, où un certain James Taranto expliquait qu'on avait affaire à une "guerre contre les hommes" et à une "volonté délibérée de criminaliser la sexualité masculine".
Dans son billet, Taranto regrettait que le capitaine Matthew S. Herrera, qui avait été traduit devant la cour martiale en 2012 pour agression sexuelle aggravée, ait commis un acte irréfléchi, mais que ses accusatrices avaient été, elles aussi, inconscientes d'avoir bu et d'être montées dans une voiture avec un collègue. L'"inconscience" des femmes, pour Taranto, c'est de boire et de monter dans la même voiture qu'un collègue.
Et enfin, tout en voulant faire son mea culpa, elle rejette la faute sur le journaliste qui a cité les propos qu'elle aurait "soi-disant" tenus, c'est-à-dire qu'elle n'en assume pas la responsabilité et n'en tire aucune leçon.
Le journaliste de Rolling Stone, Stephen Rodrick, qui l'a interviewée dit avoir enregistré ses déclarations et que, de toute façon, cette histoire se passe de commentaires.
Serena devrait se contenter de faire du tennis.
Et nous devrions cesser de penser que le talent sportif d'une personne la rend capable d'avoir un avis digne d'intérêt sur les problèmes graves de notre époque.
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Pour faire bonne mesure, un des "hackers", Deric Lostutter, 26 ans, connu sous le pseudo de “KYAnonymous”, qui a participé à révéler cette affaire de viol en postant des preuves de ce crime, comme des tweets, des photos, et une vidéo insoutenable de douze minutes, où on voit des lycéens de Steubenville en train de plaisanter cruellement sur ce viol, risque une peine de prison bien plus lourde que les violeurs.
Car il s'avère que d'avoir dénoncé ce crime et menacé de produire des preuves d'autres coupables s'ils ne se dénonçaient pas, pourrait relever d'une loi sur le piratage informatique et que son auteur risque jusqu'à 10 ans de prison.
En avril dernier, le logement de Losuetter faisait l'objet d'une perquisition du FBI., poussé probablement, selon lui, à enquêter par les autorités de Steubenville qui veulent par là le punir de s'être mêlé de cette affaire alors qu'elles s'étaient appliquées à l'étouffer.

Autre affaire de viol

Mais il est vrai que la jeune fille de Steubenville a, en quelque sorte, comme le dit Williams, eu "de la chance", mais pas pour les mêmes raisons.
Si certains n'avaient pas enquêté sur Internet et trouvé l'information, elle aurait bien pu endurer ce qui est arrivé à ce garçon de 13 ans à la suite du viol qu'il a subi: harcèlement et brimades en continu.
Là encore, l'affaire se passe dans le milieu du sport.
Comme quoi, une tête bien faite doit aller de pair avec une tête bien pleine.
Sinon, c'est le règne de la loi du plus fort chez les brutes épaisses.

Lors d'un déplacement de l'équipe de catch du lycée de Norwood, Colorado, petite ville de 500 habitants, trois lycéens faisaient subir un bizutage barbare à un jeune garçon de 13 ans, qui était plaqué sur le sol du car scolaire, attaché avec du chatterton et ensuite sodomisé avec un stylo.
Deux des auteurs de ce crime étaient les fils de Robert Harris l'entraineur de catch, également président du conseil d'administration du secteur scolaire. Quant au père de la victime, c'était le chef d'établissement de l'école.
Les autorités scolaires n'ayant toujours pas signalé l'incident au bout d'un mois, c'est le père de la victime qui a dû, lui-même, porter plainte à la police.
Les garçons s'en sont tirés, au bout du compte, avec un jour d'exclusion de l'école et d'autres sanctions minimes.
Mais ses camarades de classe continuaient de harceler la victime en lui envoyant des mails odieux et en portant des t-shirts en soutien aux agresseurs.
Quand la police s'est rendue chez les parents de ces élèves pour les mettre en garde contre ces intimidations, ils n'ont eu comme réponse que des attaques contre le chef d'établissement. Finalement, le père a été suspendu de ses fonctions avec salaire.
Aujourd'hui, toute la famille a dû quitter le ville et s'installer à 300 km de là, dans un autre secteur scolaire.
L'entraineur, qui est resté en poste, a écopé d'un blâme pour avoir laissé les élèves sans surveillance.
L'état du Colorado a, pourtant, toute une série de lois anti-harcèlement, y compris contre les LGBT, mais seulement 37 des écoles les respectent.

Les bizutages et le harcèlement sont un problème particulièrement crucial dans le milieu sportif.
Et ce qui s'est produit à Norwood n'est pas si rare qu'on le croit. Il y a eu récemment au moins quatre affaires de bizutage avec sodomie où un adulte était au courant ou impliqué et n'avait rien fait, voire avait dédramatisé en plaisantant là-dessus.
Les écoles publiques (il ne doit pas exister de stats pour les autres, évidemment) ont affaire à environ 4.000 agressions sexuelles chaque année, dont plusieurs, qui ont été médiatisées au niveau national, ont mis en lumière des cas où la collectivité avait ostracisé la victime du viol.

Ici, encore, un cas similaire à celui de Steubenville où deux lycéens, joueurs de football américains, du Connecticut, sont accusés d'avoir violé une fille de 13 ans.
Comme dans le cas précédent, les défenseurs, filles et garçons, des lycéens- violeurs présumés ont envahi les médias sociaux pour attaquer la jeune fille, la traitant de "pute" et l'accusant d'avoir "brisé la vie" de ces garçons de 18 ans, et ont harcelé tous ceux qui la soutenaient.

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A l'armée, aussi , les agressions sexuelles sont en hausse. (Trop long à expliquer. On y reviendra dans un autre billet).

Alors, après ces faits, qui peut encore cautionner la "moralité" d'un pays où la violence, et, en particulier, celle qui vise les plus faibles, dont les femmes, reste le plus souvent impunie?