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Mais, finalement, il s'en est bien sorti: ces cinglés, s'il avait été là, auraient pu aussi bien le descendre lui aussi. Quand on a affaire à l'armée, c'est que c'est la guerre, et c'est, donc, tuer ou être tué.
Ils avaient un mandat de perquisition, qu'ils ont laissé sur place et où il était indiqué que le suspect (qui, pour la petite histoire, habitait l'appartement voisin, tout à fait indépendant de celui d'Arroyo, et donc identifiable) était noir et était soupçonné de revendre du crack.
L'histoire ne dit pas s'ils ont trouvé du crack chez Arroyo, mais, pour le chien, le chef de la police de Buffalo, Daniel Derenda, explique sans rire:
"Si le chien attaque un policier et que celui-ci veut l'en empêcher, alors, c'est justifié".
Même quand il n'a pas bien vérifié s'il était dans le bon appartement?
Le SWAT, explique Arroyo, est de plus en plus utilisé pour faire des perquisitions pour des saisies de drogue, et c'est un facteur important de la militarisation de la police – à tel point que l'ACLU a, d'ailleurs, récemment lancé une enquête à ce sujet.

Mais le chef de la police a raison de dire que cette descente n'avait pas un caractère exceptionnel.
L'ancien chef de la police de Seattle, Norm Stamper, raconte dans cet article la répression contre la drogue et les méthodes de perquisitions du SWAT:
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Les agents sont armés de fusils automatiques et arrivent parfois dans des blindés de l'armée ou descendent en rappel depuis des hélicoptères. Les portes d'entrée sont fracassées à l'aide de béliers ou arrachées de leurs gonds avec des cordes attachées à des véhicules. Et pour déboussoler encore plus ceux qui sont à l'intérieur, les agents ont été formés à lancer des explosifs — des grenades à main appelées “flash-bangs” — juste avant d'entrer.
A la moindre provocation, même en ces instants où les résidants hésitent sur l'attitude à prendre, ils tirent souvent des coups de feu.
Dans la mesure où les revendeurs de drogue ont souvent des chiens pour protéger leur stock de came, ils abattent les animaux de compagnie, ou leur donnent des coups de pied, ou, comme cela s'est produit lors d'une descente récente à New York, les jettent par la fenêtre".

Plus loin, il explique:

Il y a plus de 50.000 descentes de police paramilitaire chaque année aux US – plus de 130 par jour. Pratiquement toutes sont des mandats de perquisitions concernant la recherche de drogue, qui est, dans l'immense majorité des cas, de la marijuana. De nombreuses juridictions font appel à des équipes du SWAT pour chaque mandat de perquisition concernant les saisies de drogue.
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Ces descentes sont en général organisées en plein milieu de la nuit par des agents équipés à la Darth Vader: casques et armures en Kevlar, uniformes noirs, bottes de l'armée, lunettes de vision nocturne.

Le terme de "guerre contre la drogue", inventé par Nixon dans les années 70, n'est pas innocent. Cette guerre contre la drogue, c'est elle qui permet de remplir les prisons et de générer d'énormes profits. (Lois anti-drogue aux Etats-Unis: cynisme, hypocrisie et cruauté d'un système très rentable).
C'est dire si Arroyo a bien tort de la ramener.
Ranger tout ce qui a été chamboulé, racheter ce qui a été détruit, faire à nouveau installer une porte d'entrée à ses frais, retrouver un chien auquel on tient, c'est possible.
Pas la peine de pleurer: il suffit de savoir qu'on ne peut pas compter sur la police pour être protégé du vandalisme et que c'est chacun pour sa peau.
Et sa peau, cette fois-ci, il l'a sauvée. ALORS? C'est quoi le blème?
Il n'a qu'à s'installer dans les beaux quartiers, dorénavant, et il ne subira pas ces nuisances désagréables.

Sources diverses, dont celle-ci qui raconte ce qui s'est produit à Buffalo et publie une vidéo sur l'appartement d'Arroyo après l'ouragan Swat.
Et, voir la carte sur les bavures des descentes de police ici.