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Comme d'habitude, les reportages des médias dominants sur cette grande famine accusent les islamistes d'Al-Shabaab qui résistent contre la guerre que mènent les Etats-Unis et leurs alliés contre le peuple somalien, alors, qu'en fait, ce bilan constitue un crime contre l'humanité commis par les Etats-Unis, un épisode parmi d'autres du génocide en cours qui a débuté en décembre 2006.
C'est-à-dire quand les Etats-Unis et l'Ethiopie ont envahi la Somalie pour renverser un gouvernement d'Union des tribunaux islamiques qui avait vaincu les seigneurs de la guerre soutenus par les Etats-Unis.
C'est l'offensive impitoyable menée par air, terre et mer qui est à l'origine de ce que les observateurs de l'ONU décrivent comme étant la "pire crise humanitaire en Afrique". Un bain de sang orchestré par Washington à l'époque de George Bush, et qui s'est poursuivi avec le président Obama.
La cause initiale de ce génocide n'était pas la sècheresse, mais le massacre sauvage de civils commis par les envahisseurs éthiopiens et l'effondrement de l'agriculture somalienne qui s'en est suivie.
Mogadishu, la capitale, avait subi un siège qui devait durer cinq ans tandis que les civils étaient pourchassés dans tout le pays par les blindés éthiopiens et bombardés par l'aviation US. Le représentant de l'UNICEF pour la Somalie a parlé de l'"abjection" d'un conflit où ce sont les "enfants qui sont la vraie cible".
Néanmoins, les premières années, la guerre ne se passait pas bien pour Washington, dont les alliés éthiopiens avaient été forcés de se retirer de la plus grande partie du pays après de lourdes pertes.
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Les Américains ont alors eu recours à la famine à grande échelle comme arme de guerre – un acte de génocide délibéré.
Vers la fin 2009, les Etats-Unis ont commencé à ne plus distribuer l'aide alimentaire aux organisations d'aide humanitaire dont la moitié des Somaliens dans le sud et le centre du pays dépendaient pour survivre, mettant en danger la vie de trois millions de personnes.
Les principales réserves alimentaires étaient stockées dans des entrepôts sous contrôle U.S. dans le Kenya voisin, mais les Américains en limitaient le flux, parce que, disaient-ils, trop de nourriture allait aux combattants d'al-Shabaab. En réalité, les Etats-Unis cherchaient à briser la résistance en affamant la population - un génocide quelle que soit la définition officielle qu'on lui donne.
Au début de l'année 2011, la pire sècheresse depuis des dizaines d'années enserrait la région, ajoutant la catastrophe naturelle à la catastrophe causée par les hommes qui avait débuté fin 2006.
L'ampleur de l'horreur était considérable, aggravée par l'intensification de la guerre et de l'entrée du Kenya dans ce carnage en tant que client des US. Malgré cela, les Britanniques avaient prétendu qu'il n'y avait eu qu'entre 50.000 et 100.000 morts, et les Etats-Unis avaient refusé de publier toute estimation officielle. Six ans et demi après que les Etats-Unis eurent plongé la Somalie en enfer, les hauts responsables internationaux reconnaissent enfin aujourd'hui qu'au moins un quart de millions de personnes sont mortes au cours d'un seul épisode de l'invasion soutenue par les Etats-Unis – tous ayant eu lieu sous la présidence d'Obama.
Les Etats-Unis sont une machine à tuer infernale, quelle que soit la couleur de la peau du criminel qui loge à la Maison Blanche.

Glen Ford est un des rédacteurs en chef du site BlackAgendaReport.com. et présente des chroniques sur Black Agenda Radio.

Voir le rapport de l'[UNHCR, organisme de l'ONU qui s'occupe des réfugiés dans le monde.

Pour ceux qui comprennent l'anglais (c'est très compréhensible dans ce reportage) je recommande le reportage audio sur l'Afrique "Militarizing Africa" (et les autres documentaires qui suivent) sur la colonne de gauche vers le bas (je ne sais pas le mettre sur mon site). Passionnant.