Cherchez pas: les pertes d'emploi, le chômage, la pauvreté, le sectarisme, le communautarisme, l'Europe, la perte de repères, la condition des femmes de la classe ouvrière, la destruction des valeurs familiales, le Mariage pour tous, toutes les brimades que subissent les hommes, le réchauffement climatique, que sais-je encore, si on en croit les commentateurs sur les sites internet (par exemple, sur le site du Guardian, quotidien dit "de gauche", style le Monde en plus diversifié, d'où est tiré le texte qui suit, et où env. 70% des commentateurs dénoncent les féministes et approuvent les Femen), tout ça, ce sont les féministes qui en sont responsables (et si elles sont lesbiennes, n'en parlons pas).

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Aujourd'hui, la réaction contre les femmes s'organise et est de plus en plus virulente. On a vu les manifs anti-mariage ("un mama, une papan") et anti-avortement ("touche pas à ton embryon, salope") des intégristes cathos avec leur escorte de pleureuses.
On voit également le mouvement masculiniste gagner du terrain dans les médias avec des discours pitoyables mais simples à comprendre, comme on les aime désormais.
Dans un monde anesthésié par la propagande, il ne s'agit plus d'avoir des arguments solides et imparables, mais de s'attirer les sympathies des médias.
On en est là.
Je recommande sur le blog des Suiveurs, l'analyse très claire et documentée de Christine sur le phénomène masculiniste.
Et la propagande, elle existe aussi, hélas, au sein même du mouvement féministe, où se sont infiltrées des pseudo-féministes, proches des pouvoirs, qui sabordent les efforts des femmes en détournant la population des vrais problèmes qui se posent dans une société où l'oligarchie ne cesse de porter des coups fatals aux classes dominées, et dont les femmes sont les premières victimes.
C'est ainsi que l'image du féminisme est véhiculée dans les médias par des femmes qui ont pignon sur rue comme Badinter, Fourest ou les NPNS dont les propos "féministes" consistent essentiellement à donner des leçons de féminisme et de "laïcité" aux femmes musulmanes qui, selon elles, se laissent imposer les diktats du coran et des hommes (l’islam, c'est des milliards d'individus, je le rappelle, on doit pouvoir nuancer, si on veut vraiment en parler savamment, oui, mais non).

Pour revenir aux féministes et les médias, citons l'exemple d'E Badinter qui a déclaré dans madame Figaro (oui, vous savez le magazine féministe radical) à propos de la gestation pour autrui:

" Je défends cette position d’abord par souci d’humanité. Si je suis favorable à la légalisation et à l’encadrement de la gestation pour autrui (GPA), c’est qu’une telle loi permettrait à un couple, dont la femme ne peut porter d’enfant parce qu’elle n’a pas d’utérus, de devenir parents. Je la défends ensuite parce que je crois que l’amour est construction et que l’instinct maternel n’existe pas".

Bla bla bla …
"Souci d'humanité"! Bonjour le novlangue! Oui, comme "l'humanité" qui consiste à aller bombarder les femmes et leurs enfants pour les "libérer".
Eh bien, pour la GPA, entre autres, c'est Madame Badinter qu'on interviewe, pas les féministes.
La dame en question se présentant (et étant présentée) comme "féministe" dans les médias, c'est son avis qui sera entendu et qui permettra au grand public d'en conclure que "les féministes sont pour la GPA".
Eh bien, non, les militantes féministes ne sont PAS pour la GPA.
Voici, entre autres, une lettre signée par la Coordination des Associations pour le droit à l‘Avortement et la Contraception (CADAC), la Coordination Lesbienne en France (CLF), le Planning Familial (MFPF) où elles se prononcent clairement contre et disent pourquoi.
Quant à la laïcité, elle est également revue et corrigée par E. Badinter (et les autres, toujours) pour servir de moyen de propagande.
La laïcité vue par E Badinter, par Jean Bauberot:

(En septembre 2011, elle déclarait): "En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité". Non seulement elle cautionne ainsi les propos de la leader d'extrême droite, mais elle en fait la championne par excellence de la laïcité. (…) On croit être en plein cauchemar, vu l'influence de la philosophe. Mais malheureusement, il ne s'agit nullement d'un dérapage, encore moins d'une citation tronquée".

Lire la suite ici.
Et là: la "Laïcité" pour défendre la directrice de Baby Lou:
Suite à l’annulation du licenciement d’une salariée voilée, Elisabeth Badinter déclare:

"Après l’abattement qui a suivi hier l’annonce (…), je veux dire aujourd’hui avec force qu’il est indispensable que le gouvernement réagisse et travaille à une loi interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans le secteur de la petite enfance (…). Il faut le faire très vite car (…) l’on va voir très vite s’exprimer des revendications d’employées souhaitant porter le voile dans des structures qui, comme Baby Loup, défendent la laïcité ".

La suite ici.
Donc, Madame Badinter se moque bien des lois et leur fait dire n'importe quoi. C'est grave. Ainsi, elle s'assoit carrément sur les textes de la loi de 1905 sur la Séparation de l'Eglise et de l'Etat.
C'est bête d'avoir un mari avocat qui a été ministre de la justice et de ne pas avoir songé à lui demander. On peut vouloir être libre et indépendante, mais il y a des limites. Il n'est pas interdit de se renseigner quand on sait pas.
Et encore Christine, toujours pertinente, qui recoupe le tout et explique bien tout ça.
Et enfin, Madame B, on le sait, est actionnaire de Publicis, une agence de pub, à savoir un instrument majeur de l'exploitation du corps des femmes à des fins marchandes, qui chosifie et infantilise les femmes et les confine dans le rôle et la tenue vestimentaire que leur a assignés le capitalo-patriarcat.
Une "féministe" bien étrange, donc, qui sert les desseins des dominants (toujours prêts, pourtant, à aller les "libérer" en terre d'islam) à la fois en interdisant aux femmes musulmanes de porter les vêtements de leur choix et en tirant d'importants revenus de l'exploitation des femmes par la publicité, et qui déclare être "favorable à la légalisation et à l’encadrement de la gestation pour autrui", c'est-à-dire à l'exploitation ignoble de la détresse des femmes par la bourgeoisie.
Le problème, c'est que toutes ces femmes qui se disent "féministes" (et j'en ai autant pour la Fourest et les autres) sont les seules qui aient table ouverte dans les médias et qui imposent ce discours sectaire sous couvert de défense des femmes.
Elles donnent une image du féminisme complètement erronée et confisquent la parole aux associations féministes qui sont, elles, sur le terrain et s'adressent vraiment aux femmes et à leurs problèmes.

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Les NPNS, à qui tout l'échiquier politique capitalo-impérialiste a déroulé le tapis rouge et qui ont été subventionnées par eux, mais qui étaient loin d'être populaires parmi les femmes, avaient fait leur temps.
Elles étaient plutôt grillées depuis qu'Amara s'était fait la malle pour devenir secrétaire d'Etat d'un gouvernement de droite raciste, sexiste et anti-classe ouvrière.
C'est alors qu'on nous a sorti, venues de nulle part, telles Zorro, mais en blonde, les Femen, sortes d'Amazones à deux seins, bien visibles, et on allait voir ce qu'on allait voir et comment qu'on allait, fuck de fuck (ouais, si t'as pas dit "fuck'" dix fois dans la journée, t'es virée, même si tu réponds aux autres critères), t'éradiquer le patriarcat en deux coups de cuillère à pot, ou plutôt grâce à des opérations coups de poing / coup d'épée dans l'eau et enfoncement de portes ouvertes
Évidemment, les actions spectaculaires des Femen ont toutes les faveurs des médias. Des jeunes femmes, de toute évidence, triées sur le volet pour leur plastique (les autres, s'il y en a, restent sur la touche et gardent les sacs de leurs copines, probablement) et qui n'hésitent pas à la "dévoiler" (leur plastique, suis un peu!) au monde entier.
C'est, certes, indéniablement plus glamour que les vieilles militantes nostalgiques qui protestent devant les services hospitaliers, les maternités et les centres d'IVG voués à la fermeture.

Mais un tel enthousiasme des médias dominants ne peut que rendre ce mouvement suspect à mes yeux.
Alors, j'ai un peu enquêté.

Et voici, d'abord, ci-dessous, un texte de Chitra Nagarajan, publié par le Guardian.

Précisons, au préalable, pour situer l'auteure, que Chitra Nagarajan est une femme "non-blanche" (se qualifiant du terme politique de "black"), apparemment originaire du Sud-est asiatique, qui a milité pour la défense des droits des femmes en Chine, au RU, aux US et en Afrique Occidentale.
Elle milite actuellement au RU pour influencer la politique et les pratiques concernant les droits des femmes. Elle fait partie des groupes féministes Go Feminist et Black Feminists.

L'obsession des Femen pour la nudité alimente un féminisme colonial raciste

Par Chitra Nagarajan
Source
La solidarité internationale doit écouter ce qu'ont à dire les femmes qui souffrent, et non pas tenter d'imposer des valeurs aux communautés
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Des femmes égyptiennes manifestent contre les heurts sectaires au Caire. Photograph: Khalil Hamra/AP
Nouvelle semaine, nouveau débat houleux sur la stratégie et le vocabulaire employés par les militantes féministes, les Femen, qui ont lancé jeudi dernier une "journée internationale de Jihad Seins Nus".
Le groupe, créé en Ukraine, organise des manifestations seins nus pour attirer l'attention sur les droits des femmes. Cette journée d'action avait été décidée pour protester contre les menaces qu'a reçues une militante Femen tunisienne, Amina Tyler, après avoir posté des photos d'elle seins nus sur Facebook.
Avec des slogans tels que "la nudité, c'est la liberté" et des déclarations telles que: "les manifestations seins nus sont l'oriflamme de la résistance des femmes, un symbole de l'acquisition des droits sur leur propre corps", les Femen affirment que le fait d'enlever leurs vêtements en public est le signe essentiel de la prise de conscience des droits des femmes et la forme de militantisme la plus efficace. Tout le reste est considéré comme n'étant pas assez radical et en échec, de toute façon.
Selon ces critères, les pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et les différentes communautés de ces pays qui vivent en Europe sont considérés comme étant loin d'être à la hauteur.
Elles affirment que cette politique transforme la soumission sexuelle des femmes en agression et, par là-même, lance la véritable guerre seulement par le fait d'être seins nus.
Se servir de la nudité peut être une forme de protestation légitime en dernier recours – il y a longtemps que le recours aux manifestations sans vêtements et à la menace de le faire à l'extérieur de l'Europe existe.
Toutefois, la façon dont cette méthode a été utilisée par les Femen alimente et renforce un discours raciste et orientaliste sur les femmes et les hommes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Avec des déclarations comme: "en tant que société, nous n'avons pas été capables de nous débarrasser de notre mentalité arabe envers les femmes", les Femen placent les femmes de cette région dans la catégorie des voilées et opprimées par les hommes et les oppose aux femmes occidentales éclairées et libérées qui vivent dans une société développée et supérieure où elles ont la "liberté" d'enlever leurs vêtements.
Nous savons que c'est faux. Les femmes noires (et j'emploie le terme de "noir" dans son sens politique qui englobe celles et ceux qui ont en commun les expériences persistantes de racisme et de colonisation) ne sont pas toutes (et pas seulement) opprimées et les hommes noirs ne sont pas tous des oppresseurs.
Les femmes en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande ne vivent pas dans un monde féministe de rêve. la-paz-manifestation-femmes.jpg
Il existe des mouvements féministes actifs et dynamiques en Asie, en Afrique et en Amérique Latine.
L'histoire du féminisme appartient à toutes les femmes, partout dans le monde.
Les actions des Femen arrivent également à une époque où les droits des femmes subissent de façon accélérée un retour de bâton au niveau mondial de la part des hommes des classes dominantes, qui le présentent comme étant enraciné en "occident" et l'imposent aux autres pays par impérialisme culturel. Malheureusement, des déclarations de Femen françaises blanches qui disent par exemple: "Plutôt à poil que porter la burqa" alimentent ce discours et risquent plus de nuire que de soutenir les luttes des femmes qu'elles appellent leurs sœurs.
Leurs défenseurs peuvent toujours expliquer qu'elles veulent bien faire, mais les bonnes intentions sont loin de suffire. Le féminisme colonial et les "bonnes intentions" des étrangères qui s'appuient sur des préjugés racistes pour "sauver les femmes de là-bas" ont toujours été un problème. Cette attitude a des effets directement néfastes, en particulier quand les communautés réagissent à cela en se repliant sur les notions statiques de "culture" et de "tradition" face aux provocations venues de l'extérieur pour se défendre contre le colonialisme et le racisme.
La lutte pour les droits des femmes devient un champ de bataille avec les féministes de ces communautés ou pays qui sont prises entre deux feux: d'un côté, lutter contre les préjugés racistes envers les hommes de leur communauté et, de l'autre, remettre en cause leurs comportements.
Il faut une politique de solidarité féministe internationale qui se livrerait à une analyse sur le genre, l'appartenance ethnique et culturelle et le pouvoir postcolonial et tiendrait compte de ce que disent les femmes qui subissent les discriminations et celles qui sont déjà engagées dans la lutte contre les inégalités. Comme je l'ai déjà expliqué ici, une approche plus holistique et plus nuancée prendrait en considération que le patriarcat s'allie au racisme, au néo-colonialisme et au capitalisme mondial pour créer un monde fondamentalement injuste. Il nous faut réfléchir à la façon dont nos décisions, depuis le choix des produits que nous achetons aux problèmes à propos desquels nous nous taisons, affectent la vie de femmes et de jeunes filles dans d'autres pays.
Les Femen n'expriment aucun regret pour les méthodes employées et pour leur vocabulaire insultant, et refusent d'aborder la question de leur racisme évident.
Quand on est critiqué par celles "en faveur" desquelles on est censé agir, la réaction normale serait de se poser des questions sur ses actions. Leur dernier article (NB: on constate sur la seconde photo qu'elles arrivent jusqu'à Poutine et Merkel: comment le service d'ordre, probablement impressionnant, a-t-il pu laisser faire, s'il n'y avait eu complaisance de la part de la caste des dirigeants? NDT) n'offre aucune autocritique, ne cherche pas à tenir compte des reproches des féministes de la région, ce n'est que de l'autoglorification. Pour paraphraser Gayatri Spivak, les femmes blanches ne sauveront pas les femmes noires des hommes noirs. Le rôle des féministes extérieures au groupe devrait être de soutenir le travail des femmes des communautés concernées, pas de créer des problèmes supplémentaires. La solidarité féministe internationale est très importante, mais ce n'est pas ainsi qu'il faut s'y prendre. Un allié véritable n'utilise pas le racisme pour lutter contre le patriarcat.
'' Chitra Nagarajan''

Pas étonnant que C Fourest soutienne le mouvement. Ca rentre pile poil dans son créneau: attaquer sans relâche l'islam au nom de la défense de femmes, dont elle méprise une grande partie.
D'ailleurs, elle n'a pas hésité à céder à la mode Femen, c'est tout dire.
Pour compléter le tableau, voici deux articles très intéressants:
d'abord, "Femen partout, féminisme nulle part" de Mona Chollet pour le Monde Diplo
Introduction:

L’engouement des médias français pour des figures comme les Femen ou Aliaa El-Mahdy, l’étudiante égyptienne qui, en 2011, avait posé nue sur son blog, offre une nouvelle confirmation de la justesse de cette observation. On a pu voir sur France 2, le 5 mars, un documentaire consacré au collectif d’origine ukrainienne implanté en France depuis un peu plus d’un an, et un autre intitulé Aliaa, la révolutionnaire nue sur La Chaîne parlementaire (LCP) pour le 8 mars, Journée internationale des femmes.
Tant pis pour les milliers de femmes qui ont le mauvais goût de lutter pour leurs droits tout habillées, et/ou d’offrir un spectacle moins conforme aux critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté. « Le féminisme, c’est ces femmes qui ont défilé dans les rues du Caire, pas les Femen ! Et sur ces femmes-là, je vois peu de documentaires TV », s’insurgeait sur Twitter, le 6 février dernier, la correspondante de France Inter en Egypte, Vanessa Descouraux. En France, les organisations féministes « se voient désormais plus souvent interpellées sur ce qu’elles pensent du mouvement d’origine ukrainienne que sur leurs propres actions ».
Lire la suite ici.

Ensuite, voici l'article de Claude Guillon: "SAUVÉES PAR LE GONG" ?
Extrait de l'interview d'Inna Schevchenko:

"Nous ne sélectionnons pas nos militantes sur leur apparence ou leur âge. Nous avons des femmes de tout âge et de toute apparence. Mais les militantes qui participent à nos actions doivent être très bien préparées au niveau physique, moral et émotionnel (…). Nous devons parfois sauter sur les toits des immeubles.
"Où sont donc vos militantes enrobées ? », revient à la charge le journaliste.
"Vous pouvez en voir si vous regardez certaines manifestations, comme à Davos ou au Vatican. Mais quand nous devons courir et escalader, les femmes en surpoids ne peuvent pas participer, parce qu’elles ne sont pas préparées physiquement. C’est difficile de grimper sur les toits. Mais ça n’a rien à voir avec l’apparence".

(voir la suite ici)
On peut se poser la question: vaut-il mieux privilégier les escalades musclées ou intégrer toutes les femmes dans les actions "féministes"?
Qu'est-ce que c'est que ce cirque, où il faut s'appeler Jane et avoir sauté de liane en liane pour défendre les droits des femmes?
Ridicule et malsain.
D'autant que Jane n'est pas le modèle qu'on choisirait pour incarner le féminisme.
D'ailleurs, on peut se demander ce qu'il y a de si athlétique à manifester comme ça.
Ca me semble accessible pour les autres, même engoncées dans une jupe longue droite.
(À ce propos: je ne publie sur le billet aucune photo des Femen: il y en a sur tout le web, si on veut les voir. Leurs actions simplistes et esthétisantes n'ont aucun intérêt, et certainement pas pour les luttes des femmes).

Le "black feminism"
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Angela Davies
Et, enfin, ce qu'en dit Angela Davis, militante du black feminism, sur LMSI :

Angela Davis a milité et milite encore contre le racisme et le classisme de la société états-unienne, en mettant notamment en exergue les liens qu’entretiennent racisme et capitalisme avec l’industrie carcérale et le complexe militaro-industriel. (…)
Mais ce n’est pas tout : sa conception de l’oppression, en tant qu’un système global aux tentacules diverses, l’a aussi amenée à politiser sa condition de femme noire dans une société patriarcale blanche. Aussi bien en tant que victime de ce patriarcat blanc, qu’en tant qu’instrument de celui-ci, lorsqu’il s’agit d’attaquer les hommes noirs. C’est ainsi qu’elle ne s’est pas reconnue dans les mouvements féministes des années 1970, et s’est opposée à ce féminisme qu’elle définit souvent, avec d’autres, comme blanc et bourgeois :
« Je n’aurais jamais fait partie des mouvements féministes américains des années 1970. Ces femmes étaient bien trop bourgeoises pour moi ! En grande majorité, elles étaient blanches et se battaient pour le droit au travail et à l’avortement. Les Noires avaient déjà un travail, mais comme domestiques... Mais la question de l’émancipation de la femme a toujours été essentielle pour moi. »

(…).

Une réflexion intéressante à mener entre féministes.
Loin des féministes d'opérette qui ne sont là que pour brouiller les discours afin de maintenir le statu quo, perpétuer l'ordre établi et justifier les guerres impérialistes.