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"Réduisons les allocations de ceux qui refusent du travail"

"Je veux contribuer à essayer de construire une société plus responsable ici. Une société où on ne demande pas seulement 'quels sont mes droits'?" - tiré du discours de David Cameron, 11 Mai 2010, juste après qu'il a pris ses fonctions de premier ministre.

10 mensonges sur les aides sociales

Réforme de la protection sociale, mon cul. (*) Jim Royle s'est-il installé confortablement, assis dans son fauteuil, les doigts de pieds en éventail, devant sa télé, dans les couloirs entre le ministère des finances et celui du travail et des retraites? Qu'il soit employé comme conseiller est la seule explication possible aux conneries finies que nous débite ce gouvernement sur les protections sociales.
Qui d'autre que lui aurait pu inventer la bedroom tax, une mesure si stupide qu'elle oblige les gens à partir de chez eux et à errer dans tout le pays à la recherche de F2 fantômes?
Cet exploit ne peut qu'être la conséquence de trop d'heures passées à regarder Jeremy Kyle (présentateur de débats télévisés, NDT) avec le chauffage à bloc et une canette de bière très alcoolisée. On dirait que c'est ainsi que ce gouvernement imagine les gens ordinaires – des bons à rien, et pauvres parce qu'ils l'ont bien cherché.
Peut-être que le Cabinet n'a plus la notion des choses. Vingt-trois millionnaires réunis dans une seule pièce peuvent en arriver là. Mais, moi, je vais vous dire, ça suffit. Disons clairement ce que nous pensons de ces mesures gouvernementales sur les protections sociales: elles sont injustes, cruelles et malhonnêtes.
Comme ça, vite fait, je peux faire la liste de dix des mensonges qu'ils débitent pour justifier leur nouvelle offensive contre nos protections sociales mises en place il y a 70 ans.

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1. les aides sociales sont trop généreuses

Ah bon? Vous pourriez vivre avec 53 livres (62 €) par semaine (250 € par mois), comme le prétend (*) Iain Duncan Smith, le ministre du Travail et des Retraites, s'il était obligé de le faire? Et ensuite, imaginez que vous devez rendre 14% de cette somme parce que le gouvernement estime que vous avez une chambre de trop. Pourriez-vous trouver l'argent pour payer la taxe d'habitation et quand même en avoir encore suffisamment pour manger jusqu'à la fin de la semaine?

2. Les allocations sont en augmentation

Faux. Le plafond d'"augmentation" de 1% est en fait une réduction. Le taux d'inflation est d'au moins 2,7%. Des biens de première nécessité comme la nourriture, le chauffage, et les transports sont tous en augmentation d'au moins ce pourcentage, et de bien plus dans de nombreux cas. Les allocations baissent donc rapidement actuellement par rapport au coût de la vie.

3. il y a des emplois, si on se donne la peine de chercher

Où ça? Le taux de chômage a augmenté le mois dernier et il y a actuellement 2,5 millions de personnes sans emploi, parmi lesquelles un million de jeunes. Quand (*) Costa Coffee a annoncé qu'il recherchait 8 employés, il y a eu 1701 postulants (en deux mois, NDT).

4. la bedroom tax ne touchera pas les familles de militaires ni les personnes qui recueillent les enfants placés en familles d'accueil.

Faux. Peut-être est-ce ce qu'il y a de plus cruel. Cette taxe ne s'appliquera pas aux familles qui accueillent un seul enfant, mais si vous vous occupez d'enfants d'une même famille, là c'est raide. Or, ces enfants sont souvent les plus difficiles à placer. Grâce à George Osborne et à Duncan Smith, leurs chances sont encore plus minces.
Et même si votre fils ou votre fille se trouve sur une base en Afghanistan, ne pensez pas pouvoir dormir sur vos deux oreilles, car le gouvernement ne s'est toujours pas prononcé clairement sur sa chambre actuellement vide.

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5. les locataires de logements sociaux peuvent s'installer dans des logements plus petits.

Vraiment? où donc? Les municipalités ont vendu leurs biens immobiliers – et Osborne veut leur faire vendre ce qui reste. Et les associations de logements à loyer modéré ont construit des appartements destinés à des familles. A Hull http://www.mirror.co.uk/news/uk-news/bedroom-tax-plunge-thousands-poverty-1571248 (une des villes les plus pauvres du pays, située dans le Yorkshire, NDT), 5.500 personnes ont reçu l'ordre de se lancer à la recherche de 70 F2.

6. ce sont les allocations logement qui posent problème

En fait, c'est le prix des loyers. Les loyers dans le secteur privé ont fait un bond de 300 livres, en moyenne, l'an dernier. Pas étonnant, alors, que 5 millions de personnes aient besoin d'allocation-logement, mais ils ne gardent pas un sou pour eux. Tout l'argent va aux propriétaires.

7. ceux qui reçoivent des allocations sont des fraudeurs.

Faux. Les fraudes représentent moins de 1% du budget consacré aux aides sociales. Alors que la fraude et l'évasion fiscales sont estimées à près de 120 milliards de livres.

8. c'est la faute des mères adolescentes

Une cible facile. Cependant, seulement 2% des mères célibataires sont des adolescentes. Et au moins 59% des mères célibataires travaillent.

9. nous faisons cela pour la génération suivante

C'est faux. Le gouvernement reconnait lui-même qu'au moins 200.000 enfants de plus plongeront encore davantage dans la pauvreté à cause des réformes sur les aides sociales.

10. les réformes ne concernent que la baisse des allocations

Faux. L'offensive contre notre système de protection sociale frappe toute une série de services – la privatisation des services de santé (le NHS), la réduction de l'aide juridique pour les personnes endettées et la fermeture de centres SureStart (centres locaux pour les questions concernant les enfants - santé, éducation, etc., NDT) et de bibliothèques. Et tout cela va rendre la vie des gens plus misérable dans toutes les collectivités.
Certains appellent cela des mythes. Moi, j'appelle ça des mensonges. On nous ment sur les responsables de la crise et on nous ment sur la meilleure façon d'en sortir.
Il y a une chose dont je suis sûr, c'est que les mesures de ce gouvernement vont rendre des millions de gens plus pauvres et plus angoissés. Faire cela quand ce n'est pas obligé, quand il y a d'autres possibilités, c'est indécent.
C'est la raison pour laquelle je soutiens la campagne OurWelfareWorks ("notre système de protection sociale fonctionne") du syndicat Unite qui milite pour rétablir la vérité sur nos protections sociales.

notes

(*) Jim Royle

"The Royle Family" est une série britannique de trois épisodes diffusée entre 1998 et 2000, sur la vie d'une famille de Manchester droguée de télévision. Cette série présente le portrait stéréotypé d'une famille qui vit des aides sociales au début du millénaire. Sardonique, paresseux et grognon, Jim est un beauf qui passe ses journées assis dans un fauteuil devant la télé. (Voir photo

(*) Iain Duncan Smith , le ministre du Travail et des Retraites.

Le présentateur sur BBC Radio 4 a demandé à Duncan Smith, qui défendait le train de réformes du gouvernement, s'il pourrait survivre avec 53 livres par semaine - somme qui correspond en gros aux allocations-chômage minimum versées aux adultes de moins de 25 ans.
"Oui, s'il le fallait", a-t-il répondu.
Duncan Smith gagne 1.600 livres (1885 €) par semaine après impôt en tant que ministre et le trajet entre sa maison et Westminster coûterait au moins 20 livres.
Sa déclaration a déclenché une pétition en ligne qui a recueilli 25.000 signatures dès le premier jour.

(*) Costa Coffee : une chaîne de cafés, où comme les chaînes de restauration rapide, les employé-es, appelés pompeusement "barista" (le mot en italien pour "serveur"), gagnent un salaire de misère et sont souvent embauchés à mi-temps.
Ainsi, même un "barista maestro" hautement qualifié chargé de la formation des novices dans une franchise de Costa Coffee à Londres ne gagne pas plus de 7,15 livres (8,4 €) de l'heure (avec quelques primes en plus) comparé aux 8,55 livres considérées comme le salaire minimum vital à Londres (et aux 7,45 dans le reste du pays).
Les autres chaînes comme Costa, Starbucks, Caffe Nero ou Pret-a-Manger proposent des conditions similaires.
Les chaînes de cafés sont en plein essor en Grande-Bretagne. Il y a actuellement deux fois plus de gens par jour qui entrent actuellement dans ces "coffee shops" qu'en 2009.
Un succès qui s'explique peut-être en partie par la baisse de fréquentation des pubs, par le choix d'une décoration des bars plus "cosy" – à contre-courant de ce qui s'est fait pour les fast foods, par ex – et aussi, probablement parce que le café y est nettement plus consommable que le café traditionnel (ce qui n'est pas difficile).
D'autre part, le Guardian explique qu'en donnant le nom de "baristas" aux serveuses et serveurs, les chaines de cafés ont rendu la fonction attractive pour beaucoup de jeunes.
De là, est née toute une "culture barista". Il a le "Barista Magazine" et le Championnat du monde des baristas. Et il y a le look barista, avec des tatouages et des vêtements à la mode – et une "barista attitude": un mélange bizarre de décontraction et de grand sérieux.
Pour revenir au Costa Coffee dont parle le texte ci-dessus: toujours selon l'article du Guardian, il s'agit d'un nouveau bar qui s'est ouvert à Nottingham et qui avait, donc, besoin d'embaucher du personnel. Mais sur les 8 postes: 3 étaient des emplois à temps complet et 5 à temps partiel. Parmi les candidats, certains avaient entre 10 et 15 ans d'expérience dans le secteur de la vente.

Note complémentaire

Ce qui n'est pas évoqué dans le texte, c'est que la campagne du gouvernement contre les aides sociales est basée sur le slogan "make work pay", c'est-à-dire qu'il faut que ce soit le travail qui paie (pas le farniente devant la télé, une bière à la main, quoi).
Une campagne cynique et infecte, où ils opposent les travailleurs aux sans-emploi, de façon à faire admettre la réduction des aides aux plus pauvres, en laissant entendre qu'il n'est pas juste que ceux qui ne travaillent pas perçoivent autant que ceux qui travaillent.
Toujours la même rhétorique. Et, donc, au lieu d'augmenter les salaires, ils baissent les aides sociales, Par souci de "justice".
Ils sont cyniques et barbares.

Et pendant ce temps là, dans quelque île lointaine baignée de soleil, la vie est belle …

Plus de 175.000 compagnies britanniques ont des "directeurs" domiciliés dans des paradis fiscaux

Plus de 175.000 compagnies enregistrées au Royaume-Uni, ont employé des directeurs domiciliés dans des juridictions extraterritoriales comme les Iles Anglo-Normandes, les Iles Vierges britanniques, Chypre, Dubaï et les Seychelles.
Plus de 60.000 parmi ces entreprises figurent sur le registre officiel des entreprises du RU comme étant actuellement en activité.
Que les directeurs soient domiciliés à l'étranger n'indique pas forcément qu'il y a fraude, ni que le directeur est obligatoirement un imposteur. Cependant, ces chiffres montrent l'ampleur phénoménale des enregistrements d'entreprises dans des îles très peu peuplées: 47.161 compagnies ont inscrit des directeurs domiciliés dans l'Isle of Man – ce qui représente une compagnie britannique pour 1,8 habitants de l'île.
Ce chiffre est encore plus saisissant pour le paradis fiscal des Iles Vierges britanniques, où il y a un directeur pour 1,3 habitant pour un total de 17.959 entreprises, passées et présentes.
Sur la minuscule île anglo-normande de Sark, entre les actuels et les anciens directeurs de compagnies britanniques, il a eu 24 directeurs pour un habitant.
De nombreux acteurs-clés impliqués dans ce qu'on avait appelé le "Sark Lark", ont émigré quand les pratiques controversées de l'île ont fait l'objet d'une enquête approfondie, il y a une dizaine d'années.
Une enquête du Guardian et de l'ICIJ, publiée en novembre dernier, a recueilli des informations sur les activités de plus d'une vingtaine de "faux directeurs" – des Britanniques dont chacun était inscrit comme directeur de centaines, voire de milliers, d'entreprises enregistrées dans le monde entier, et qui permettaient à ceux qui dirigeaient véritablement la compagnie de rester dans l'ombre.
Ces pseudo-directeurs étaient non seulement nommés pour des compagnies offshore mais également pour plus de 8900 compagnies enregistrées en GB – ce qui signifie que les autorités britanniques n'avaient aucune notion de qui était réellement responsable d'entreprises prétendument britanniques.
Ces nouvelles révélations laissent entendre que le nombre de ces faux directeurs inscrits sur le registre des entreprises britanniques doivent être bien plus nombreux que les 28 qui ont été repérés jusqu'à présent.
L'enquête sur les compagnies offshore a retrouvé des groupes de directeurs factices dans le monde entier. Atlas Corporate Services fonctionnait depuis Dubai et les Seychelles avec six faux directeurs censés être responsables de plus de 5.400 compagnies internationales.
(…)

Eh voilà, ou il est le pognon! Pas dans la poche des pauvres. C'est sûr.
Non seulement, ces escrocs reçoivent du gouvernement des cadeaux somptueux depuis au moins 30 ans, mais les ingrats trouvent que ce n'est pas encore assez.
Et si on répartissait tous ces butins entassés un peu partout dans le monde dans les poches des gens ordinaires, au lieu de prendre toujours plus à ces derniers en les traitant de voleurs?
Et on jetterait tous ces requins en pâture à leurs frères depuis le pont de leur yacht amarré dans quelque paradis fiscal.