Aujourd'hui, nous savons, hélas, que ces histoires avaient été montées de toutes pièces, provenant souvent d'une seule source obscure ou d'ONG occidentales, éclaireuses des guerres "humanitaires".
Les pays ont été détruits, les populations civiles blessées, tuées ou déplacées.
Mais qui s'en horrifie? Plus personne. L'indignation des médias ne va pas jusqu'à les pousser à dénoncer les massacres qui résultent des guerres "humanitaires" de l'occident. Et les populations occidentales sont toujours prêtes à accepter une nouvelle agression.
Et, tant que ça marche, on continue: au Mali, sous prétexte de "lutte contre le terrorisme" et donc pour battre Al-Qaïda ou ses semblables; en Syrie: où le dictateur tirerait sur le peuple, mais là, curieusement, l'organisation Al-Qaïda n'est plus "terroriste' puisqu'elle est dans le camp des "rebelles", que soutiennent et arment les occidentaux.
L'Iran est lui, depuis longtemps, dans le collimateur pour vouloir prétendument se doter d’un armement nucléaire.
Outre ces diabolisations, rappelons celles de Chavez, de Castro et des autres dirigeants en Amérique latine qui ont voulu remplacer le capitalisme prédateur qui favorise une minorité par un système politique qui redistribue les richesses à tout le peuple.
Un affront impardonnable.
Mais les ficelles ne sont pas encore assez grosses pour les populations anesthésiées.
Maintenant, c'est la Corée du Nord, pays qui a longtemps subi des sanctions et des menaces de la part des US, qui est, à nouveau, sous les feux de la rampe.
La Corée du Nord est devenue une puissance nucléaire en 2006. Et cela est insupportable aux Etats-Unis et à leurs alliés, tous également dotés de l'arme nucléaire, même si certains le nient avec arrogance.

Mais la Corée du Nord peut-elle logiquement attaquer les Etats-Unis, et donc, l'occident et Israël, quand il est évident que cela se solderait par l'anéantissement de la population et du territoire? Ses dirigeants seraient-ils fous à ce point?
C'est ce qu'on veut nous laisser croire. Et la diabolisation a commencé …
Comme il est dit dans le billet de Finian Cunningham, publié le 13 mars 2013 dans Dissident Voice, traduit ci-dessous.

Les médias occidentaux préparent le terrain pour la guerre contre la Corée du nord

La prétendue couverture médiatique occidentale sur les tensions croissantes sur la péninsule coréenne, c'est comme un mauvais James Bond croisé avec un film d'horreur archinul sur des zombies cannibales.
Ce serait drôle si le danger d'une guerre n'était pas si sérieux et imminent. Cette position inquiétante des reportages médiatiques occidentaux a pour but de monter une cabale contre la Corée du Nord – un pauvre pays dans la misère - pour que la superpuissance nucléaire mondiale psychopathe – les Etats-Unis - puisse lancer une offensive militaire massive.
Paradoxalement, ce danger est propagé par les grands groupes de presse qui prétendent avec arrogance être des bastions du journalisme indépendant, alors qu'en réalité ils ne sont rien de plus que des auteurs de littérature de gare de la pire espèce.
A Kim Jong-un, le jeune dirigeant de Corée du N qui a remplacé son père après sa mort, en 2011, on attribue le rôle du méchant détraqué du genre du docteur Denfer dans Austin Powers. Le personnage qu'on lui attribue aurait pu jouer dans les premiers James Bond.
Il y a quelques jours, les médias annonçaient que Kim menaçait de déclencher une "guerre nucléaire préventive contre la Corée du sud et son protecteur; les Etats-Unis". Quelle méchanceté!
Ce qui est souvent occulté, c'est que Kim a été poussé à prendre cette attitude de défense loyale de son pays à cause des énormes pressions exercées sur lui, sous la forme de menaces d'agression impérialiste impitoyable. La République populaire démocratique de Corée a été frappée par davantage encore de sanctions imposées par les Etats-Unis, visant à interdire au pays tout contact international.
C'est comme la détention d'un prisonnier en cellule d'isolement, soumis à la privation sensorielle. Sauf que, là, c'est torturer tout un pays sans répit.
C'est exact, la Corée du Nord a bien effectué des tests souterrains d'armes nucléaires à la mi-février.
Cela s'est passé après que les Etats-Unis ont donné un nouveau tour de vis en infligeant de nouvelles sanctions; et après des années où Washington s'est obstiné à refuser de négocier en retour des accords pour mettre fin à 60 ans d'embargos cruels accompagnés de la menace constante de la destruction totale de la Corée du Nord par la bombe atomique à la suite de la guerre de 1950-53 contre son voisin du sud soutenu pas les Américains.
Aucun autre pays au monde n'a été, depuis plus de 60 ans, autant menacé d'être anéanti par des frappes atomiques que la Corée du Nord - et toujours par les Etats-Unis.
Les médias occidentaux claironnent maintenant que le dirigeant nord-coréen a ordonné à toutes ses troupes de se préparer à "rayer de la carte" une ile sud-coréenne, en transformant un avant-poste maritime escarpé en "mer de flammes".
Vous voyez le sous-entendu ici? "Rayer une île de la carte"? Eh bien, c'est que Kim doit être un dangereux mégalomane, non?
L'île en question est le territoire disputé de Baengnyeong, situé en fait au large de la péninsule nord-coréenne, mais que les Etats-Unis ont remis de force à la Corée du sud à l'issue de la guerre de 1950-53. Elle est utilisée, depuis, par provocation, par les Américains qui s'en servent de poste de surveillance et dans l'optique d'une offensive contre la Corée du Nord.
Il ne fait aucun doute que l'île sera utilisée cette semaine lors des sempiternelles manœuvres destinées à simuler l'invasion de la Corée du Nord, que Washington appelle hypocritement "des mesures défensives".
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Pour faire cadrer avec sa caricature du méchant, de multiples photos et reportages des médias occidentaux montraient un Kim Jong-un vêtu d'un long manteau noir et de gants noirs qui scrutait avec des jumelles ce qu'on pouvait supposer être les forces sud-coréennes et américaines de l'autre côté de la zone démilitarisée du 38ème parallèle.
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APTOPIX South Korea Obama
(pendant ce temps ... de l'autre côté de la zone démilitarisée du 38ème parallèle)

Juste au cas où les populations occidentales ne réagiraient pas en voyant la caricature diabolique du Dr Denfer, ils ont concocté parallèlement cette histoire de zombies nord-coréens mangeurs de chair humaine.
Ces dernières semaines, toute une série d'articles ont été publiés par les mêmes médias occidentaux sur la recrudescence de cas de cannibalisme au sein de la population nord-coréenne soi-disant affamée. Ces récits de carnages cannibales et de nihilisme n'ont pas été uniquement publiés par la presse à sensation.
Ils ont également été publiés en bonne place par des journaux sérieux (voir aussi en français), comme les journaux britanniques le Sunday Times et l'Independent, ainsi que par un des journaux de référence américain, le Washington Post.
On remarquera que ces histoires macabres ont commencé à être diffusées dans les médias occidentaux à la fin janvier - quelque deux semaines avant que la Corée du Nord n'effectue ses essais nucléaires souterrains.
Ce qui laisse à penser que les affirmations concernant ces histoires abominables sur le cannibalisme en Corée du Nord sont l'œuvre d'une campagne psychologique des services de renseignements occidentaux destinée à rajouter un tableau sinistre à la crise actuelle.
C'est dur à lire. Non pas à cause des faits prétendument effroyables, mais parce que ces histoires sont inventées et répétées machinalement par des groupes de presse qui prétendent informer le public.
Ces récits épouvantables proviennent tous de la même source: une équipe de journalistes travaillant clandestinement pour un groupe appelé "the Asia Press", et dont le siège se trouve au Japon, qui se serait introduite secrètement en Corée du Nord et aurait soi-disant interviewé sous le sceau de l'anonymat un certain nombre d'agriculteurs et de cadres du parti communiste.
C'est si atroce que ça ne s'invente pas.
Pourtant, la presse occidentale s'est démenée pour diffuser ces comptes-rendus non confirmés et invérifiables sur le cannibalisme épouvantable qui aurait lieu au sein de la population nord-coréenne.
Le titre d'une de ces versions publiée par le Daily Mail (GB) était: "Rendus fous par la faim, les parents nord-coréens, mangent leurs propres enfants dans un pays mis à l'index où sévit la famine".
Le Daily Mail raconte à ses lecteurs que des adultes morts de faim kidnappent et assassinent les enfants. Un homme aurait été exécuté après que sa femme eut découvert qu'il avait tué leur fille et leur fils "pendant qu'elle était partie en voyage d'affaires" ; et à son retour à la maison où la famille était frappée par la famine, son mari l'avait accueillie en lui annonçant la bonne nouvelle qu'"ils avaient de la viande pour le repas".
Dans un autre récit morbide, publié comme étant une information sérieuse, un homme âgé aurait déterré ses petits enfants et mangé leur chair décomposée.
Ce qui est véritablement inquiétant dans ces comptes-rendus, c'est, que non seulement c'est du sensationnalisme sordide que des organes de presse censés être sérieux ont fait passer pour des infos crédibles, mais, pire encore, qu'une multitude de gens en occident qui lisent ou regardent ces médias gobent apparemment cette propagande. Lisez certains des commentaires de lecteurs à la suite de ces articles et vous y trouverez toutes sortes de dénonciations de la Corée du Nord et de son "peuple de malades".
Mais ce ne sont pas les Nord-Coréens qui sont pervertis: ce sont les médias occidentaux et leurs abonnés crédules qui discréditent tout un peuple en répandant d'odieuses calomnies.
Les reportages des médias occidentaux rappellent les histoires des bébés arrachés des couveuses par les soldats irakiens au Koweït, information qui avait été capitale pour faire basculer l'opinion publique en faveur de la guerre contre l'Irak menée par les Etats-Unis en 1991.
Plus de dix ans plus tard, les mêmes médias occidentaux publiaient des articles alarmistes sur des armes de destruction massive qui ont ouvert la voie au génocide américain en Irak entre 2003 et 2012.
La même presse de propagande occidentale ne cesse de parler des "sinistres objectifs nucléaires de l'Iran" qui sert pour justifier un embargo criminel lancé par les Etats-Unis contre l'Iran, et qui risque d'avoir pour conséquence une offensive militaire US/Israël contre la République Islamique. La même presse de propagande occidentale s'applique aujourd'hui à démolir également la Corée du Nord.
Un pays de zombies mangeurs de chair humaine dirigé par un culte de la personnalité cruel qui veut faire sauter des îles?
"Ouais, vas-y, Chuck, balance-moi des bombes sur ces mères de famille".
Les populations occidentales sont manipulées pour adhérer à la forme la plus pervertie de barbarie militaire - une superpuissance nucléaire qui piaffe d'impatience d'aller détruire un pays misérable qui ne menace personne.
Sincèrement, la réalité impérialiste de l'occident est plus perverse et dérangée que la fiction occidentale.

Finian Cunningham publie des articles sur le site PressTV. Voir les autres articles de Finian dans DV.

(les photos ont été ajoutées au texte)

Note perso

D'abord, entendons-nous bien: je ne défends en aucune manière le système politique de la Corée du Nord. Je n'ai pas suffisamment d'éléments objectifs pour en juger, et, de toute façon, j'estime que c'est aux Nord-Coréens seuls de décider de leur destinée.
Mais je refuse que les pays étrangers, quels qu'ils soient, soient systématiquement démantelés par une engeance prédatrice et destructrice qui est en train de mettre la terre entière à feu et à sang et plonger les populations dans la souffrance et la misère.
Et pas la peine de venir me chanter la chanson de l'intervention humanitaire destinée à sauver un peuple d'une dictature impitoyable.
Les peuples n'ont JAMAIS été libérés par une intervention occidentale : quand ils ne remplaçaient pas un gouvernement démocratique par un dictateur, c'était pour placer au pouvoir un de leurs hommes de paille, JAMAIS pour aider les peuples à avoir le gouvernement démocratique de leur choix.
Il n'y a donc aucune raison de leur laisser carte blanche.
Et le peuple nord-coréen n'échapperait sans doute pas à la règle. Les US, c'est une évidence, ne se soucient aucunement du sort de la population, ce qui les motive, c'est que le pays possède l'arme nucléaire et qu'ils veulent les désarmer (seuls eux et ceux de leur camp ayant le droit d'en disposer), et, ensuite, rattacher le Nord au Sud pour enlever le premier à la zone d'influence de la Chine.
Et s'ils peuvent rafler quelques ressources au passage et installer une nouvelle base militaire, ce sera volontiers.
Voici quelques éléments rapides sur la Corée du Nord:
Une grande partie de la population est pauvre, et certains souffrent de manque de nourriture, voire peut-être de famine.
Cela s'explique en partie par divers facteurs.
Comme Cuba, la Corée du N. a souffert gravement de l'effondrement de l'URSS (en 1994, le pays était au bord de la ruine. La dégradation de l’économie et les catastrophes naturelles entrainaient, entre 1995 et 1998, une terrible famine — entre six cent mille et un million de morts).
Comme Cuba, l'île a subi, et subit encore, des intempéries et des catastrophes naturelles qui dévastent les récoltes et détruisent les constructions.
Comme Cuba, elle souffre de l'embargo des Etats-Unis et du reste des pays occidentaux et manque de produits de première nécessité - comme les médicaments.
Cuba a désormais des alliés en Amérique Latine et la Corée du N. est aidée par la Chine toute proche (ce qui explique cet engouement des US pour la Corée du N).
Mais les priorités de leurs dirigeants sont, de toute évidence, divergentes. Et les ambitions nucléaires des nord-coréens passent apparemment avant le bien-être de la population.
Pour autant, est-ce une raison valable pour aller décimer cette population?

Mais revenons au nucléaire militaire.
Le seul pays qui ait jamais utilisé la bombe atomique, et par deux fois, rappelons-le, ce sont les États-Unis.
Ce sont eux, d'ailleurs, qui détiennent, et de loin, le record des interventions à l'étranger, pour raisons économiques et/ou politiques.
Et qui n'hésitent pas à bombarder les populations avec des produits chimiques - comme l'agent Orange ou, aujourd'hui, l'uranium appauvri - qui affecteront gravement et irrémédiablement les populations et le pays pendant des générations.
Et voici la liste impressionnante des interventions (jusqu'en 2011).
En-dessous de la liste, un article, publié en 2001, mais qui reste en grande partie valable aujourd'hui, passe en revue diverses interventions.
Et, dans la rubrique "COMMON THEMES", l'auteur explique (résumé):
Dans de nombreuses interventions militaires des Etats-Unis, il y a des thèmes récurrents.
Premièrement, les responsables US expliquent à la population que ces interventions ont pour but de défendre la vie et les droits humains des populations civiles.
Pourtant, les tactiques militaires employées se sont souvent soldées par de très importants "dégâts collatéraux". Les stratèges ne font pas le tri entre les rebelles et les civils qui habitent dans les zones de contrôle des rebelles, ou entre des points stratégiques militaires et des infrastructures civiles.
La population U.S. croit toujours que pour la guerre suivante, de nouvelles technologies militaires éviteront les victimes civiles dans l'autre camp. Et quand il y a inévitablement des victimes civiles, on lui explique invariablement que c'était "accidentel" ou " inévitable".
(J'ajouterai que les "nouvelles technologies militaires" n'ont toujours pas permis aujourd'hui d'éviter de toucher les populations civiles; ainsi, les drones ne permettent que de préserver les vies de quelques-uns de leurs pilotes de l'armée – c'est toujours ça de gagné: le décompte des morts de leurs soldats, c'est ce qui peut faire basculer l'opinion publique).

Deuxièmement, même si pratiquement toutes les interventions d'après la Seconde Guerre Mondiale ont été menées au nom de la "liberté" et de la "démocratie," presque toutes défendaient des dictatures contrôlées par une caste de privilégiés pro-U.S.
Que ce soit au Vietnam, en Amérique Centrale, ou dans le Golfe Persique, les U.S. ne défendaient pas la "liberté", mais un objectif idéologique (comme le capitalisme) ou économique (comme protéger les intérêts des compagnies pétrolières).
Les rares fois où les forces militaires U.S. ont renversé une dictature, comme à Grenade ou au Panama, elles l'ont fait de manière à empêcher le peuple du pays de renverser leur propre dictateur avant eux et à mettre en place un nouveau gouvernement démocratique plus à leur convenance. (c'est ce qu'on a vu en Tunisie et en Egypte, entre autres, d'ailleurs).

Troisièmement, les U.S. qualifient systématiquement les violences de leurs opposants de "terrorisme", d'"atrocités envers les civils" ou de "nettoyage ethnique", tout en minimisant ou en excusant les mêmes actes commis par les U.S. ou leurs alliés.

Quatrièmement, les U.S. se présentent souvent comme étant des gardiens de la paix neutres, seulement animés par les objectifs humanitaires les plus purs.
Mais après avoir déployé leurs troupes, ils divisent le pays ou la région en "ennemis" et "amis", ce qui envenime les choses au lieu de les calmer et qui incite à la guerre civile, comme on l'a vu en Somalie et en Bosnie.
Cinquièmement, l'intervention militaire US a tendance à radicaliser les factions en présence et à déstabiliser davantage le pays.
(Etc.).

Alors, de qui faut-il avoir peur?

Liens:
Dans cet article, une analyse de la situation en Corée du N.

En anglais:
Voici un autre article (très complet) sur l'histoire de la Corée du Nord et des agressions qu'elle a subies.
Et aussi: l'armée en Corée du sud

Les massacres au Guatemala et au Congo (RDC) soutenus par les US: U.S.-Sponsored Genocides: From Guatemala to Congo

Et pour revenir à la Corée du N:
(en fr)
Corée du Nord : l’ONU crée une commission d’enquête sur les droits de l’homme

A quand une commission d'enquête sur tous les crimes contre l'humanité commis à grande échelle par les hauts-responsables US et leurs alliés?
C'est par là qu'il faut commencer.