Alors, le gouvernement a décidé de faire recenser toutes ces chambres inoccupées et de faire payer à ceux qui veulent rester dans leur logement un impôt par chambre inoccupée, appelé "bedroom tax" – ce qui revient à leur baisser l'allocation-logement que touchent la plupart des locataires des logements sociaux (évidemment, sinon, ils ne seraient pas là).
Cet impôt devrait concerner 660.000 locataires dans tout le pays. Et il y a des règles précises: un couple ou une personne seule ne doivent avoir qu'une chambre dans leur logement. Les enfants des deux sexes ne doivent occuper qu'une seule chambre jusqu'à l'âge de 10 ans et pour ceux de même sexe, c'est jusqu'à 16 ans, etc.
(Les retraités, eux, ne seraient pas concernés. Il a été constaté que si on relogeait des personnes âgées, elles mouraient peu de temps après. Mais quand le gouvernement se rendra compte que c'est autant de retraites non payées et de logement libérés, il révisera peut-être son optique – et puis, ça évite l'euthanasie, encore plutôt impopulaire, on se demande pourquoi).
Mais revenons à cette nouvelle disposition.Normal: les pauvres n'ont pas les moyens de recevoir chez eux, ils n'ont pas d'amis, ils n'ont pas de famille: alors, les chambres inoccupées, c'est du gâchis, quand il y a tant d'autres pauvres qui s'entassent dans des logements exigus, et d'autres qui attendent depuis longtemps de pouvoir en obtenir un.

C'est le sujet de ce billet, avec, entres autres, la traduction d'un article de Christopher Arden, publié dans le Guardian, le 8 Mars 2013.



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logements sociaux à Middlesbrough

La "Bedroom tax": la pénurie de petits logements implique que beaucoup de locataires ne pourront pas s'installer ailleurs

180.000 personnes n'utilisent pas la seconde chambre de leur logement, mais seuls 70.000 logements à une seule chambre sont disponibles, dit la "Housing Federation" (qui réunit les "housing associations", les organismes qui fournissent des logements à loyers modérés).
Une des plus grandes préoccupations concernant la soi-disant "bedroom tax" – qui va obliger, à partir du mois d'avril, tous les locataires des logements sociaux qui n'occupent pas toutes les chambres soit d'aller s'installer dans un logement plus petit, soit de subir une baisse de leurs aides au logement - c'est la pénurie grave de logements plus petits.
La National Housing Federation indique qu'il y a 180.000 locataires de logements sociaux qui n'occupent pas la seconde chambre de leur logement en Angleterre, et qu'il y a moins de 70.000 logements à une seule chambre de disponibles.
A partir du 1er avril, tous ceux qui habitent des logements sociaux dont une des chambres est inoccupée subiront une baisse de leur allocation logement de 14%, un pourcentage qui s'élèvera à 25% pour ceux qui ont deux chambres inoccupées.
Iain Sim, le directeur de Coast and Country Housing (association qui fournit des logements à loyers modérés, NDT) à Teesside, a déclaré qu'il rencontrait de graves problèmes pour reloger les gens.
A moins d'un mois de la mise en application de ces nouvelles mesures, Sim demande une "reconsidération radicale du texte".
Sim estime que les aides au logement pour son secteur, Redcar and Cleveland, vont en réalité augmenter de près d'un demi-million de livres par an (environ de 570.000 €), dans la mesure où la pénurie de logements plus petits dans le secteur obligera les résidants à aller s'installer dans des logements plus chers loués par des organismes privés.
Actuellement, 1.800 locataires de Coast and Country Housing sont inscrits sur la liste de ceux qui n'utilisent pas toutes les chambres, parmi lesquels 760 vivent seuls. Mais l'association pour les logements n'a que deux logements à une seule chambre disponibles. Si ces 1800 locataires trouvaient à se loger dans le secteur privé, où les loyers sont bien plus élevés, "la facture pour les aides au logement à Redcar and Cleveland seulement augmenterait de 450.000 livres" (plus de 500.000 €), explique Sim.
Sim déclarait, à Teesside, lors d'une assemblée régionale de 14 associations pour le logement du nord-est:

Si on les matraque avec la "bedroom tax", puis avec les impôts locaux, il ne leur restera alors plus grand chose pour vivre. Ces gens travaillent effectivement, alors toutes les histoires qu'on nous raconte sur les "acharnés au travail" contre les "tire-au-flan" sont carrément fausses.
La bedroom tax est impitoyable parce qu'elle s'attaque à une partie des personnes les plus pauvres de la société, qui, sans qu'ils aient rien demandé, vivent dans des logements qui ont été déclarés trop grands pour eux".

Les réductions à venir vont affecter 660.000 locataires de logements sociaux dans tout le pays.
Cette réforme est une mesure importante du gouvernement de coalition dont l'objectif est de mettre un terme aux logements surpeuplés et libérer des logements sociaux plus grands en persuadant ceux qui ont des logements trop grands de changer pour plus petit. Le gouvernement compte faire baisser les dépenses d'aides au logement de 500 millions de livres par an.

Maureen Hagan, 58 ans, vit à Grangetown, Middlesbrough, dans une maison à trois chambres avec sa petite fille de 18 ans qu'elle a prise chez elle il y a cinq ans. Elle va désormais subir une réduction des aides de 14%, bien qu'elle explique qu'elle a besoin de la troisième chambre pour répondre aux normes fixées par l'assistance sociale, car elle se bat pour faire venir chez elle une autre de ses jeunes parentes actuellement en famille d'accueil.
Elle estime que la réforme des protections sociales ne tient pas compte du taux d'inflation, et demande au gouvernement de retarder l'introduction de ces baisses. Elle raconte les difficultés qu'elle a eues récemment à payer ses factures. "Et, ça c'était avant que la bedroom tax vienne se rajouter à tout le reste. Que vais-je faire, alors?".
Hagan a calculé qu'on allait lui retirer 14 livres par semaine sur son allocation-logement – plus de la moitié de son budget pour les courses.

"Je n'ai pas les moyens de m'acheter du maquillage. J'aimerais en acheter, mais je ne peux pas. J'aimerais acheter mes propres vêtements, mais ma boutique de vêtements, c'est la boutique des œuvres caritatives qui vendent des vêtements d'occasion, et c'est le cas depuis un certain nombre d'années".

Alison McAuley, une femme de ménage indépendante à temps partiel, qui vit à Skelton, à l'est de Middlesbrough, dit qu'elle va être touchée parce que, selon la nouvelle réforme, ses deux fils jumeaux de 15 ans sont obligés de partager la même chambre jusqu'à l'âge de 16 ans.
Elle est déchirée entre quitter la maison familiale - où elle habite depuis sept ans – ou subir une amende de 150 livres parce qu'elle a deux chambres qui sont considérées comme étant inoccupées.

"Je ne peux pas économiser sur les chaînes payantes, je n'en ai pas, et j'ai besoin de ma voiture pour aller travailler. Il n'y a aucune autre possibilité de tirer de l'argent", dit-elle. "Et, je n'ai pas l'argent pour déménager".

Il y a trois ans, les McAuley ont failli se retrouver à la rue quand Alison a eu des difficultés à payer les traites de la maison après l'effondrement de son mariage. En 2010, Coast and Country Housing a racheté sa maison de quatre chambres qu'elle loue aujourd'hui grâce au programme créé par le gouvernement précédent pour aider les personnes qui ne peuvent plus rembourser leurs échéances, mais maintenant elle se retrouve avec les mêmes soucis qu'à l'époque.

"Les familles vont être séparées. Les retraités vont se retrouver tout seuls quand les familles seront obligées de déménager. Les enfants vont être séparés de leur père", dit-elle. "Il y a sûrement une autre solution".

Note perso

Oui, MOI! J'AI des solutions.
Eh bien, au lieu de prendre de l'argent pour les faire partir, pourquoi ne pas en donner à ceux qui veulent bien déménager? Une prime substantielle qui couvrirait tous les frais de déménagement et qui leur permettait de vivre mieux sans qu'ils aient à gratter sur leurs maigres revenus pour trouver une solution tout seuls?
Et puis, pourquoi ne pas faire raquer les riches? Ils en ont bien plus que ça, des chambres inoccupées; et si ça se trouve, ils ont même plusieurs maisons avec des chambres vides. Là, il doit y en avoir du pognon à gratter.
Troisième mesure, même si cela relève aussi de l'utopie: construire des logements sociaux (une idée qui ne semble pas du tout effleurer les autorités), et cela, après avoir évalué les véritables besoins, région par région.
Tout cela combiné devrait régler l'affaire, non?
C'est quand même dingue, ça! On leur pique leur logement, on les fait partir au diable, loin de leurs familles et de leurs amis, ou on leur ponctionne des sommes énormes s'ils ne veulent pas partir, et ils se demandent comment ils vont faire pour payer les factures!
Pour eux, c'est comme si c'était normal qu'on les laisse sans un rond.
C'est inquiétant. Les seuls qui revendiquent demandent un moratoire. On croit rêver.
Et tout le monde laisse faire?
Mieux encore: l'Etat va perdre du pognon, dans cette affaire.
Voilà comment ils gèrent, ces salauds, pendant qu'eux se prélassent dans les palais tous frais payés!
A l'idéologie.

Et voici des témoignages divers.
Ce n'est pas triste non plus.

Extraits tirés de "The human cost of the bedroom tax"(le coût humain de la bedroom tax)

Des locataires parlent du choix terrible qui leur est imposé: soit quitter leur logement, leurs familles et leurs amis, soit faire face à des dépenses supplémentaires sur un budget déjà très restreint.

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Dave Ireson; Photograph: David Sillitoe for the Guardian

Quand Dave Ireson, 57 ans, a réalisé qu'il allait subir une réduction des aides d'environ 20 livres par semaine à cause de sa chambre inoccupée, il a décidé, à regret, de quitter la maison où il vivait depuis 30 ans. Au chômage depuis deux ans, son loyer de 80 livres par semaine était intégralement payé par l'Etat. Avec une allocation d'invalidité de 89 livres par semaine, il n'avait pas les moyens de rester. Et, avant la Noël, il est parti s'installer dans un appartement plus petit.
Un appartement dont le loyer s'élève à … 113 livres par semaine. Et qui va donc coûter à l'état 33 livres de plus que le loyer de son ancien logement.
On nage dans l'absurde.
En outre, il habite désormais dans une résidence qui s'est avérée être un établissement accueillant des personnes âgées et vulnérables.
Sans contacts sociaux, il passe ses journées à dormir ou à tourner en rond.

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Pauline Gregory ; Photograph: David Sillitoe for the Guardian

Pauline Gregory, 60 ans, une de ses anciennes voisines du lotissement Bushbury Hill à Wolverhampton (au nord-ouest de Birmingham), se prépare actuellement à quitter la maison de trois chambres où elle a élevé ses enfants et où elle a habité pendant 30 ans, et à partir du lotissement où elle est elle-même née et où elle y a des amis et des voisins de toujours.
Devant la perspective d'avoir à débourser 20 livres de plus par semaine sur un revenu d'environ 110 livres (pour ceux qui ne suivent pas: £ 1 = € 1,1461), elle a également dû se résoudre à partir. Elle va être relogée à 150 km de là, dans une ville où elle n'a pas d'attaches, et dans un petit appartement dont le loyer s'élève à 97 livres par semaine, c.à.d., 17 livres de plus que précédemment, et qui seront à la charge de l'Etat.

Dans le lotissement Bushbury Hill où vivaient Gregory et Ireson, et qui comprend 850 logements sociaux construits dans les années 1920, plus de 150 familles sont touchées par la réforme.
Certaines comptent déménager, d'autres espèrent pouvoir grappiller ces frais supplémentaires sur leurs budgets déjà serrés afin de pouvoir rester.
La direction des logements sociaux a réalisé un audit détaillé sur les problèmes que vont rencontrer les familles et annonce que cet impôt risque de provoquer des drames et un changement de population sans précédent dans ce secteur où elle est généralement stable.
Dans le lotissement, l'immense majorité des maisons possèdent trois chambres, une centaine en ont deux et il n'y a que 11 appartements à une seule chambre. On ne peut donc pas passer à plus petit si on veut rester dans le quartier.
Le taux de pauvreté dans le lotissement est très élevé: environ 43% des enfants vivent dans la pauvreté et une grande partie des locataires reçoivent des aides sociales – même ceux qui travaillent, parce qu'il y a relativement peu d'emplois à plein temps dans le coin. Malgré cela, le lotissement est un endroit où les gens aiment vivre car il y a en général peu de changements de résidants et les loyers sont bas. Si les locataires sont obligés de partir et de se tourner vers le marché immobilier privé, ils devront probablement automatiquement payer des loyers plus élevés pour des logements plus petits.
Bill Heywood, qui gère les appartements du lotissement, pense que cette réforme a été conçue avec, à l'esprit, le marché immobilier à Londres, où il y a une pénurie constante de maisons à louer pour des familles et pléthore d'appartements à une chambre. "Ca ne marche pas comme ça ici", dit-il.
Et ce qui lui fait peur, c'est de voir que tous les efforts qui ont été réalisés pour créer une communauté stable, avec peu de turnover chez les habitants, vont être anéantis si les plus anciens s'en vont.
En général, dans toute la résidence, cette réforme va faire économiser de l'argent à l'Etat, parce que pour l'instant, l'immense majorité de ceux qui sont touchés par ces mesures envisagent de rester, en essayant de tirer encore sur leurs maigres budgets. Heywood estime que si tous les locataires restent, il y aura une économie de 117.429 livres par an.

Ce ne sont pas des gens qui peuvent se permettre d'épargner, et donc, quand la "bedroom tax" entrera en vigueur, ils devront réduire d'autres dépenses. Il ne fait aucun doute que nos locataires qui parviennent, malgré tout, à payer leur loyer se passeront parfois de manger. D'autres accumuleront les arriérés de loyers et courront le risque d'être expulsés et de se retrouver à la rue, dit Heywood. Une banque alimentaire s'est ouverte récemment sur la résidence et elle reçoit beaucoup de monde.



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Suzana Birakwiye. Photograph: David Sillitoe for the Guardian




Suzana Birakwiye, 54 ans, vivait depuis 2005 dans une maison à trois chambres avec son fils et sa fille. Son fils a quitté la maison récemment, ce qui veut dire qu'elle fait partie de ceux qui ont une chambre "en trop".
Cependant, dans la mesure où sa fille de 18 ans, qui souffre d'infirmité motrice cérébrale, restera, probablement, encore avec sa mère, et dans la mesure où leur maison est équipée d'un élévateur pour monter à l'étage avec le fauteuil roulant, une rampe d'accès à l'extérieur, une salle de bains adaptée qui ont coûté environ 20.000 livres (232000 €), quitter cette maison n'est pas envisageable du tout. Si elles restent, Birakwiye devra payer 11,59 livres de plus par semaine, somme qui devra être prise sur le budget nourriture, pense-t-elle.
Et trouver un appartement équipé pour les personnes handicapées sur le marché privé est très difficile. De toute façon, trouver des locations quelles qu'elles soient, c'est très difficile: moins de 50% des propriétaires acceptent des locataires qui perçoivent une allocation logement.



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Stacey Poulton avec son fils Dylan. Photograph: David Sillitoe for the Guardian

Stacey Poulton, 21 ans, mère célibataire de deux enfants, un garçon de 2 ans et une fille de 3, est également une des locataires concernées par la loi.
Au niveau national, près d'un quart des personnes touchées sont des parents isolés. Selon les chiffres officiels, les parents isolés sont 150.000 sur les 660.000 personnes dont les allocations seront amputées en moyenne de 13 livres par semaine (c.à.d. 676 livres par an).
Poulton habite dans une maison avec trois chambres, et, actuellement, ses enfants ont chacun leur chambre. Mais avec la réforme, les enfants de sexes différents doivent partager leur chambre jusqu'à l'âge de 10 ans, et donc, elle se retrouve avec une chambre inoccupée selon les nouvelles normes. Si elle pouvait échanger pour une maison à deux chambres, elle le ferait volontiers (notamment parce que les maisons à 2 ou 3 chambres ont exactement la même superficie et que les maisons à deux chambres viennent d'être aménagées de façon différente) mais, comme il y a peu de maisons à deux chambres dans le quartier, et comme sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère habitent toutes à côté, elle a décidé de ne pas bouger.
A partir d'avril, elle versera 44 livres par mois pour la bedroom tax.



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David Scriven. Photograph: David Sillitoe for the Guardian

David Scriven, 58 ans, aimerait lui aussi emménager dans une maison à deux chambres, et quitter la maison à 4 chambres où lui et sa femme, Janet, ont élevé six enfants. Mais eux aussi ne trouvent pas de logement adéquat. Seul leur fils de 17 ans habite encore avec eux et, donc, ils sont considérés comme ayant deux chambres inoccupées et s'ils ne déménagent pas, ils devront débourser environ 21 livres par semaine.
Bien qu'ils travaillent tous les deux, ils n'ont que des emplois à temps partiel. David n'a jamais retrouvé de travail à temps plein depuis que l'employeur local, Schneider Electric, a ,en 2002, licencié un grand nombre d'ouvriers et il travaille actuellement à temps partiel à la Co-op locale. Janet travaille dans une cantine scolaire. Leurs deux revenus sont si faibles qu'ils perçoivent l'allocation logement.
S'ils pouvaient arriver à payer la taxe pendant quelques années jusqu'à la retraite, disent-ils, ils ne seraient pas obligés de partir, car les retraités qui restent dans la maison familiale après le départ de leurs enfants ne sont pas concernés par ces mesures.
En l'état actuel des choses, les Scriven espèrent pouvoir rester dans le quartier d'une façon ou d'une autre, ce qui leur permettrait de conserver leurs emplois et de ne pas être loin des trois enfants qui habitent encore dans le lotissement.

"Comment allons-nous payer les factures si nous avons 84 livres de moins par mois? Il va nous falloir trouver l'argent d'une façon ou d'une autre, sinon, nous allons avoir des problèmes avec la justice".

Et il ajoute qu'avec tous ces tracas, il a pensé à se jeter sous les roues d'un autobus.

Dave Ireson, le premier intervenant, dit, lui aussi, qu'il a pensé au suicide depuis qu'il a quitté le lotissement où il a toujours vécu. Dans l'établissement pour personnes âgées et vulnérables, il est de loin le plus jeune et se sent si seul qu'il n'est sorti de son appartement que 5 fois en plusieurs mois. "On me dit de descendre dans la salle de détente mais il n'y a que des personnes de 80 ans qui jouent au bingo", dit-il.
Il avait espéré que le changement serait positif, mais il déteste son nouvel appartement et son ancienne maison lui manque :"c'était ma maison. Cette maison était pleine de souvenirs; il y avait là toute mon histoire; et mes amis et mes enfants habitent à proximité", dit-il. Mais je ne voulais pas me retrouver dans une situation où je ne pourrais plus payer le loyer.
Il dit que sa santé mentale en a pris un coup depuis qu'il est parti. Il dit de Bushbury Hill que c'est un lotissement difficile, mais que les gens sont très proches.

"Il y avait des gens chez qui je pouvais aller discuter. Ici, il n'y a personne pour vous aider. Ce n'est pas bien pour moi. J'essaie de passer le plus de temps possible à dormir dans la journée pour ne pas rester là à tourner en rond".

Note perso

Et voilà,on déracine des gens qui n'avaient quasiment rien. On les traîne dans la boue en les traitant de profiteurs et de fainéants (la recette fonctionne encore très bien chez les gogos hypnotisés par les médias). On leur enlève leurs amis, leur famille, leurs souvenirs et l'entraide et la solidarité qui existent dans les quartiers populaires pour les envoyer dans des endroits qu'ils ne connaissent pas et d'où ils ne peuvent plus s'échapper. Sauf les deux pieds devant.

Quelles pourritures.

Et pendant ce temps, les médias aux ordres de cette clique de prédateurs déversent des torrents d'ignominies sur Robin-Hood-Chavez.