Les lecteurs américains se souviennent peut-être de Galloway, qui est venu ici en 2005 pour donner un cours magistral sur la façon de donner une bonne raclée à une sous-commission du sénat.
A Oxford, quelque chose dans ce qu'avait dit Eylon Aslan-Levy a incité Galloway à demander:
"Etes-vous israélien?”
"oui" lui a-t-il dit.
"je ne débats pas avec des Israéliens. On ne m'avait dit ça, désolé", a répondu Galloway en enfilant son manteau. "Je ne reconnais pas Israël et je ne discute pas avec les Israéliens, a-t-il ajouté avant de partir.
Le message suivant est ensuite apparu sur la page facebook de Galloway:

La raison est simple, pas de reconnaissance, pas de normalisation. Juste le boycott, le désinvestissement et les sanctions tant que l'état d'apartheid ne sera pas vaincu. Je ne débats jamais avec les Israéliens et ne parle pas non plus à leurs médias. S'ils veulent discuter de la Palestine, l'adresse, c'est l'OLP".

L'OLP, en effet, est reconnue comme étant la seule représentante légitime du peuple palestinien.
L'idée de Galloway est que le BDS (boycott, désinvestissement et sanctions), signifie, selon lui:

Pas d'achat de produits ou de services israéliens, pas de contacts normaux avec des individus ou des organisations en Israël qui soutiennent l'existence les principes de l'Apartheid raciste du sionisme. C'est ce que je veux dire quand je parle de boycott. C'est ce que je fais. Les Israéliens qui sont en dehors du système du sionisme ou qui sont contre sont mes camarades … Mon opposant à l'université d'Oxford ne répondait pas à ces critères.

Aslan-Levy aurait dit au Guardian que le retrait d'Israël ne doit pas se faire immédiatement, mais "dans le contexte d'un traité de paix négocié, qui reconnaitrait à la fois les états palestinien et israélien". Selon le Daily Mail il a également ajouté : "refuser de discuter avec quelqu'un à cause de sa nationalité est du racisme à l'état pur, et absolument inacceptable de la part d'un député".
Beaucoup ont critiqué la conduite de Galloway dans cette affaire. Toutefois, quiconque s'oppose à l'arrêt immédiat de l'occupation brutale et illégale qui dure depuis 65 ans et qui donne des raisons stupides pour prolonger cet enfer – comme d'autres "négociations"’ bancales alors que la loi internationale et les résolutions de l'ONU ont déjà tout dit - mérite de ressentir le froid du boycott, à la manière de Galloway.
Les attaques contre Galloway semblent venir essentiellement de personnes du mouvement BDS lui-même, censées être dans le même camp.
Les articles de presse parlent de crier au "racisme". Mais notez que Galloway a dit qu'il ne discutait pas avec les Israéliens, pas avec les Juifs. D'autres peuvent souhaiter ne pas débattre avec des Coréens du Nord ou des membres de tribus afghanes.
Notre propre ministre des affaires étrangères n'a apparemment nullement l'intention de discuter avec son homologue iranien alors qu'il met un nouveau tour de vis aux sanctions contre le peuple d'Iran.
Quand Obama se rend en Terre Sainte, pour rendre hommage à Netanyahu, il refuse d'aller rendre visite à Ismaël Haniyeh (homme politique palestinien du Hamas. Premier ministre de l'Autorité palestinienne du 21 février 2006 au 14 juin 2007, NDT), à Gaza, pour parler de football.
Et c'est plutôt gonflé de la part d'un ressortissant d'un état raciste de traiter tous les autres de racistes.
Le Comité national palestinien du BDS (BNC), qui affirme fixer les règles pour le mouvement BDS, dit qu'il n'appelle pas au boycott d'individus simplement parce qu'il se trouve qu'ils sont israéliens ou qu'ils expriment certains points de vue, mais ajoute: "évidemment, chaque individu est libre de décider avec qui il va engager le dialogue ou pas".
D'accord. Alors, pourquoi critique-t-on Galloway?

Le livre de Stuart Littlewood, Radio Free Palestine, avec un préambule de Jeff Halper, se trouve actuellement en ligne ici. D'autres articles parus dans DV, ici.