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On n'a pas le droit d'avorter parce que chaque goutte de sperme est sacrée.
On n'a pas le droit d'avoir une couverture maladie pour la santé reproductive des femmes, à cause d'un truc qui concernerait le vagin et la liberté.
On ne peut même pas financer la prévention contre le cancer parce qu'apparemment, Jésus ne voyait pas de problème à ce que les femmes meurent d'un cancer du sein non détecté.
Et tout cela depuis que l'Eglise ne cesse d'affirmer que la vie commence à votre toute première pensée impure digne de vous envoyer en enfer et que cette vie doit être protégée à tout prix, en dépit de toutes les conséquences, y compris, bien sûr, la mort de femmes dont la vie n'est pas aussi précieuse que celle d'un fœtus à naitre.
Ne serait-ce que l'année passée, l'Eglise a exhorté ses fidèles adeptes à manifester, faire la grève de la faim, aller en prison, voire prendre les armes — tout cela pour protéger ces fœtus. Il n'y a pas d'exception. Aucune. Ni si le fœtus est déjà mort dans le ventre de sa mère. Ni si le fœtus va tuer la femme bien vivante qui le porte. Aucune exception. Jamais.
Enfin, si, une: si cela coûte de l'argent à l'Eglise.
Il s'avère que, quand un homme poursuit en justice un hôpital catholique pour faute médicale grave parce que sa femme et les jumeaux qu'elle portait sont morts quand elle est entrée dans la salle des urgences et que le médecin de garde n'a même pas daigné répondre aux appels qui lui ont été lancés —eh bien, les choses deviennent un peu plus compliquées.
Oui, l'hôpital catholique adhère aux strictes "directives données par l'Eglise catholique concernant l'éthique et la religion", comme elles ont été annoncées lors de la Conférence des Evêques catholiques aux Etats-Unis.
Et, oui, parmi ces directives, il y a l'affirmation que "la défense de la vie par l'Eglise comprend les êtres à naitre", ainsi que l'obligation de soutenir que le caractère sacré de la vie débute au moment de la conception et jusqu'à la mort.
Mais attendez, de toute évidence, ces principes ne s'appliquent pas quand l'accusé principal dans un procès, c'est "Catholic Health Initiatives", l'organisme affilié à l'Eglise qui dirige St. Thomas More Hospital, où sont morts une jeune femme et ses deux fœtus sur le point de naitre.
Comme l'a exposé Jason Langley, un avocat de Kennedy Childs, un cabinet d'avocats de Denver, dans le dossier de la défense qu'il a présenté à la cour, le tribunal ne doit pas revenir sur la loi sur les négligences ayant entrainé la mort, qui prévaut depuis très longtemps dans le Colorado, et selon laquelle le terme de "personne" ne s'applique qu'aux individus qui sont nés vivants.
Et donc, les plaignants ne peuvent pas évoquer une faute professionnelle médicale grave s'il s'agit de deux fœtus morts avant la naissance.
Merci, monsieur l'avocat, d'anéantir complètement tout ce que l'Eglise catholique n'a cessé de professer sur les femmes, la santé, les fœtus et le "caractère sacré de la vie", simplement pour économiser trois sous, et de confirmer par là-même combien toute cette rhétorique est, en réalité, dénuée de sens. Dieu soit loué.

Source: [A Fetus Is Not a Person if it Costs us Money, Says Catholic Church |http://www.alternet.org/belief/fetus-not-person-if-it-costs-us-money-says-catholic-church]

Quelques précisions supplémentaires sur cette affaire:

Le 1 janvier 2006, Jeremy Stodghill poursuivait en justice l'hôpital catholique St. Thomas More pour faute professionnelle ayant entrainé la mort des deux fœtus que portait sa femme, Lori, 31 ans, enceinte de sept mois.
En entrant dans la salle des urgences, la jeune femme mourait d'une embolie pulmonaire. Mais personne aux urgences n'a pratiqué de césarienne pour sauver les fœtus et le médecin de garde, qui se trouvait être son propre obstétricien, le docteur Pelham Staples, contacté par le service des urgences, n'avait pas daigné répondre aux appels de l'hôpital.
Et les fœtus sont donc morts dans le ventre de leur mère.
La question était donc de savoir si ces enfants à naître avaient à ce moment-là le statut de "personnes" à part entière, comme le revendique depuis toujours l'Eglise Catholique, ce qui signifiait, alors, qu'il s'agissait d'une négligence professionnelle grave ayant entraîné la mort.
" Catholic Health Initiatives" est un groupe à but non lucratif dépendant de l'Eglise Catholique et qui possède quelque 170 centres de soins dans 17 états, et un capital d'environ 15 milliards de dollars.
Cette chaîne, en concordance avec les préceptes de l'Eglise, refuse de distribuer des contraceptifs, de pratiquer des avortements ou d'offrir des services de fin de vie.

Mais les dogmes ne valent que pour ceux qui y croient.

EDIT:

LE DROIT A L'IVG

L'extrême droite catholique continue ses nuisances contre le droit à l' IVG. SOS tout-petits a établi son programme de propagande pour l'année et reviennent le 9 février à proximité de l'hôpital Tenon pour tenter comme d'habitude d'intimider la population et les hospitaliers.
Malgré nos interpellations au ministère de l'intérieur et à la préfecture de police restées sans réponse et l'appui que nous avons reçu de nombreux élus de l'arrondissement et de Paris, les intégristes s'installent toujours protégés par la police, une fois par mois.
Devant le silence du ministère de l'intérieur, nous nous demandons: à quoi joue Monsieur le Ministre Manuel Valls, que signifie son mépris pour les droits des femmes et pour la démocratie?

Nous persévérons, nous voulons être reçues par son cabinet. Une nouvelle lettre a été envoyée dans ce sens.

Nous ne céderons pas à la pression de cette extrême droite. Nous continuerons à affirmer :

• que les femmes ont le droit de choisir d'avoir un enfant ou non et à dire : un CIVG dans chaque hôpital,
• L'hôpital public au service de la population,
• Abrogation de la loi Bachelot.

Signez la pétition pour que ces intégristes arrêtent définitivement leurs provocations aux portes de l'hôpital.

Le collectif Tenon : des habitants du XXème, et des militantes et militants de l’Association pour les Droits des Femmes du XXème, d’AC, d’APEIS, ATTAC XXème, Femmes libres, Femmes Solidaires, LDH XXe, Marche mondiale des femmes, MRAP, le Planning Familial , Alternative libertaire, EELV, FASE, GA, NPA, PCF, PG, les syndicats CGT et Sud-Santé Tenon.

Soutenu par la CNT-UR, la Fédération Anarchiste, Les Alternatifs, Les Effrontées, Rasl'Front-MLV, SCALP, Solidaires, l'ULCGT XXe, et Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

La police de Valls n'a rien à envier à celle de ses prédécesseurs. Les fachos sont bien protégés! Voir la vidéo ici.
Pays de MERDE!