Amnesty en faveur de l'Occupation?
Par emcee le lundi 13 août 2012, 20:09 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Par Ashley Smith / 9 août 2012
Traduction
La plupart des gens associent Amnesty International à la lutte contre la torture, la contestation de la peine de mort et les campagnes pour la libération de prisonniers politiques. En plus de ces importantes campagnes, Amnesty s'est opposée ces dix dernières années à la guerre en Irak et a milité pour la fermeture du camp de concentration US à Guantánamo Bay, Cuba.

L"'affichage pro-occupation d'Amnesty International sur un abribus de Chicago (Amnesty International)
Et donc les militants contre la guerre se sont indignés lors du sommet de l'OTAN en mai dernier à Chicago quand ils se sont rendu compte qu'Amnesty International USA avait couvert les abribus de la ville d'affiches sur lesquelles était écrit: " Droits humains pour les femmes et les jeunes filles en Afghanistan: OTAN, continuez les progrès!".
Pire encore, Amnesty USA avait organisé son propre "sommet parallèle" au cours des réunions de l'Otan avec, comme intervenante, Madeleine Albright, la secrétaire d'Etat tristement célèbre de Bill Clinton, dont on n'oubliera jamais la réponse terrifiante qu'elle avait faite à une question sur 60 Minutes concernant les sanctions infligées à l'Irak dans les années 1990.
Le journaliste Lesley Stahl lui avait dit: "nous avons appris qu'un demi-million d'enfants sont morts. C'est-à dire plus qu'à Hiroshima. Pensez-vous que cela en vaille le prix? " Albright avait répondu: "je pense que c'est un choix très difficile, mais nous pensons que c'est le prix à payer".
Avec, parmi ses intervenants-vedettes une véritable criminelle de guerre, le sommet parallèle d'Amnesty USA lançait une campagne qui, en tout état de cause, appelait l'OTAN à poursuivre le "bon travail" réalisé en Afghanistan. Les intervenants et la documentation promotionnelle recyclaient la justification “féministe” de George Bush de l'invasion et l'occupation - à savoir que l'OTAN libérerait les femmes de la domination des Taliban.
Amnesty USA affirmait, dans une "lettre ouverte aux présidents Obama et Karzai" :
"aujourd'hui, trois millions de filles vont à l'école, par rapport à pratiquement aucune quand les Taliban étaient au pouvoir. Les femmes constituent 20 % des diplômées de l'Université. La mortalité maternelle et enfantine a baissé. 10% des juges et des procureurs sont des femmes, alors qu'il n'y en avait aucune du temps des Taliban. C'est cela que nous voulons dire quand nous parlons de progrès: ces avancées pour lesquelles les femmes ont lutté ces dix dernières années".
Comparez cela à la propre propagande de l’OTAN:
"au cours des dix dernières années de notre partenariat, les vies des hommes, des femmes et des enfants en Afghanistan se sont sensiblement améliorées en matière de sécurité, d’éducation, de soins de santé, de débouchés économiques et de défense de leurs droits et libertés. Il y a encore à faire, mais nous sommes déterminés à collaborer afin de conserver les importantes avancées que nous avons réalisées au cours de ces dix dernières années »
Il n'y a pratiquement aucune différence.
La vérité sur les femmes sous occupation de l'OTAN
Ces affirmations sont pathétiques. L'occupation de l'Afghanistan par l'OTAN s'est traduit par le règne de la terreur pour toute la population du pays, la répression, le bombardement de noces et le soutien au président fantoche Hamid Karzai et à son régime de seigneurs de la guerre corrompus.
Même le New York Times reconnait qu'il n'y a pratiquement pas eu de progrès du tout. Un éditorial du Times raconte:
"Selon la Banque mondiale, on estime que 97% du PIB en Afghanistan, qui s'élève à environ 15.7 milliards de dollars, proviennent de l'aide militaire internationale et de l'aide au développement et des achats dans le pays par les armées étrangères.
Toute revendication de la part des hauts responsables USAméricains ou de l'OTAN sur les améliorations des conditions pour les Afghans doivent être prises avec des pincettes. Dans les dernières révélations sur leurs mensonges concernant les progrès, on apprend, à l'issue d'une enquête menée par le congrès US, qu'à l'hôpital Dawood, qui a été financé par les US, les patients se retrouvent dans des "conditions dignes d'Auschwitz".
Comme le rapporte Democracy Now!:
"Les lanceurs d'alerte de l'armée ont publié des photos prises en 2010 qui montrent des patients privés de nourriture et laissés à l'abandon à l'Hôpital Dawood, considéré comme le joyau du système de soins afghan, où le personnel militaire du pays est soigné. Les photos montrent des patients terriblement émaciés, certains atteints de gangrène et avec des plaies rongées par les vers".
Les conditions que connaissent les femmes en Afghanistan ne font pas exception à ce schéma général. Ni l'Otan, ni le régime de Karzai n'ont fait progresser les droits des femmes - Karzai a signé une loi qui donne le pouvoir aux maris de forcer leurs femmes à avoir des rapports sexuels et de les priver de nourriture. Comme l'ont écrit Sonali Kolhatkar, fondatrice de la "Mission des Femmes Afghanes", et Mariam Rawi, membre de l'"Association Révolutionnaire des Femmes d'Afghanistan":
Femmes afghanes
Avant l'intervention humanitaire de l'OTAN ...
...Et après l'Occupation (ou l'inverse)
"Sous le régime taliban, les femmes étaient confinées chez elles. Elles n'avaient pas le droit de travailler ou d'aller à l'école. Elles étaient pauvres et n'avaient aucun droit. Elles n'avaient pas accès à l'eau potable ni aux soins médicaux et elles étaient forcées de se marier, souvent alors qu'elles n'étaient encore que des enfants. Aujourd'hui, les femmes dans l'immense majorité de l'Afghanistan vivent exactement dans les mêmes conditions, avec une différence notable: elles sont cernées par la guerre".
Après plus d'une dizaine d'années d'occupation militaire, l'espérance de vie moyenne des femmes afghanes est de 51 ans. Le pays arrive à la dernière place à la fois en matière de mortalité maternelle et de mortalité infantile. L'UNICEF rapporte que 68 % des enfants en dessous de 5 ans souffrent de malnutrition.
Depuis le renforcement des troupes décidé par Barack Obama, les conditions des femmes sont devenues bien pires, pas meilleures.
"Le conflit qui a lieu sur le pas de leur porte", écrivent Kolhatkar et Rawi, "met leurs vies et celles de leur familles en danger. Cette situation leur procure aucun droit que ce soit dans le cadre familial ou en public, et elle les confine encore plus dans la prison de leur maison".
C'est la raison pour laquelle Malalai Joya, ancienne députée au parlement afghan, affirme que la seule chose sensée que l'OTAN et les US peuvent faire, c'est de quitter son pays. Lors d'une manifestation contre le sommet de l'OTAN, elle a déclaré:
"Nous avons de nombreux problèmes en Afghanistan– le fondamentalisme, les seigneurs de la guerre, les Taliban. Mais nous aurons plus de chances de les résoudre si on nous laisse nous autodéterminer, qu'on nous donne notre liberté, notre indépendance. Les bombes de l'OTAN n'apporteront jamais la démocratie et la justice à l'Afghanistan, ni à tout autre pays".
Contrôle des dégâts
A la suite du tollé qu'ont soulevé l'affiche d'Amnesty USA et le sommet parallèle, l'organisation publiait sur son site web un communiqué explicatif intitulé: "on comprend le message". L'association admettait que son affiche était déroutante, surtout au moment où des milliers de manifestants s'apprêtaient à protester contre l'occupation de l'Afghanistan par l'Otan.
Mais, qu'Amnesty USA ait compris le message, ce n'est pas si évident que cela.
L'organisation affirme:"Nous n'appelons pas l'Otan à rester dans le pays", mais dans sa rétractation présumée, elle reprend tous les mythes sur les progrès qu'ont fait les femmes sous l'occupation de l'OTAN, et elle demande que l'Otan mette en œuvre un processus de paix et un accord d'après guerre dans le but de faire progresser l'égalité des femmes. S'attendre à ce que l'Otan s'affiche pro-féministe lors d'accords de paix c'est comme espérer d'un pyromane qu'il se transforme soudain en pompier.
La déclaration d'Amnesty USA n'était qu'une opération de relations publiques pour détourner l'attention sur ce que son affiche révélait dans un lapsus politique - à savoir qu'Amnesty soutient l'occupation de l'Otan dans l'espoir que l'alliance militaire des pays les plus puissants au monde jouera un rôle progressiste en Afghanistan.
La vérité, c'est que, alors qu'Amnesty USA a poursuivi son travail progressiste dans certains domaines – comme publier un rapport important critiquant la guerre de l'Otan en Libye et les violations des droits humains qui ont suivi – elle semble adapter ses campagnes internationales sur les droits humains de façon à ce qu'elles collent avec le programme de politique étrangère de l'administration Obama.
Pour ne citer qu'un exemple, Amnesty USA, fut un temps, ne cessait de critiquer le camp de prisonniers de Guantánamo, où sont détenus des prisonniers ciblés de la "guerre contre le terrorisme".
L'ancienne secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan, l'avait nommé "le goulag de notre époque" et avait décrit les Etats-Unis comme étant une "superpuissance politique militaire et économique sans égal" qui "fait des pieds de nez aux lois internationales et aux droits humains".
Mais lors du sommet parallèle d'Amnesty à Chicago, la co-fondatrice de Code-Pink, Jodie Evans, dénonçait ce qu'elle estimait être un recul par rapport aux tentatives qui avaient été faites pour fermer Guantánamo. Soutenue par une délégation de militants anti-guerre, Evans avait déclaré: "cela fait dix ans maintenant que je milite aux côtés d'Amnesty pour exiger la fin de la torture et la fermeture de Guantánamo, et j'apprends que vous avez laissé partir le personnel qui travaillait sur ce dossier, c'est lamentable".
Lors de son assemblée générale au mois de mars à Denver, Amnesty USA avait invité l'ambassadeur US en Syrie, Robert Ford. Ford a travaillé sous les ordres de l'ancien ambassadeur en Iraq, John Negroponte, pendant la période la plus violente de l'occupation de l'Irak par les Etats-Unis.
Negroponte s'était fait connaître au cours des sales guerres en Amérique Centrale dans les années 1980, soutenant la montée d'escadrons de la mort d'extrême droite dans la région contre les forces de gauche. En Irak, les services de Negroponte et de Ford ont servi la même cause, mettant en place la prétendue "Option el Salvador" qui consistait à soutenir des paramilitaires sectaires pour réprimer la résistance irakienne. Leur travail a contribué à déclencher la guerre civile en Irak.
Quiconque est attaché à la justice soutient la lutte parfaitement légitime contre Bashir al-Assad et son régime cruel. Mais Ford, lors de son court passage en tant qu'ambassadeur avant d'être rappelé, avait été accusé d'avoir cherché à créer des forces de collaboration qui serviraient de marionnettes des Etats-Unis dans une Syrie post-Assad – quelque chose qui semble dans la ligne de ce qu'il avait fait en Irak et des objectifs du gouvernement US en Syrie. Néanmoins, Amnesty a permis à ce porte-parole de la politique impériale de Washington de bénéficier d'une tribune importante à son rassemblement.
La campagne d'Amnesty USA pour un traité sur le commerce des armes visant à restreindre la vente des armes légères soulève les mêmes questions. Comme l’écrit Brendan O’Neill, rédacteur en chef du site "the Spiked":
"La demande d'un traité qui empêcherait les pays occidentaux de vendre leurs armes à des pays tarés peut paraître radicale. En réalité, ce que veut Amnesty, c'est que l'armement soit concentré entre les mains des grandes puissances, censées être des pays dignes de confiance, et également que ces pays jouent le rôle de gouverneurs mondiaux de la guerre et de la paix en acceptant la circulation des armes dans certains pays et pas dans d'autres. Il n'y a rien de particulièrement radical à supplier Washington et ses potes occidentaux de décider qui a le droit ou pas de faire la guerre.
Putsch à Amnesty USA
Et donc, que s'est-il passé à Amnesty USA?
L'organisation avait essuyé un feu nourri de critiques de la part de la classe politique US, en particulier, à cause de ses attaques virulentes contre le camp de prisonniers de Guantánamo. Le Wall Street Journal avait traité les rapports d'Amnesty sur Guantánamo de « propagande pro-Al-Qaeda".
Comme s’était insurgé le Washington Post dans un éditorial, disant que :
"transformer un rapport sur la détention de prisonniers en une nouvelle excuse pour casser du Bush ou de l'Amérique décrédibilise les critiques légitimes d'Amnesty contre la politique US et affaiblit la force de ses enquêtes sur les sociétés fermées".
Mais Amnesty et ses dirigeants ont également été courtisés par l'administration Obama, qui a entrepris d'afficher un vernis de défenseur des droits humains pour masquer le programme de politique étrangère du gouvernement.
Ce mélange de pression et de séduction a eu des répercussions à Amnesty USA directement. En janvier 2012, le conseil d'administration de l'association nommait Suzanne Nossel – qui venait à peine de quitter ses fonctions au Département d'Etat dirigé par Hillary Clinton – nouvelle directrice de l'organisation.
C'est Nossel qui a accéléré le changement déjà amorcé à Amnesty avant sa nomination. Elle a utilisé l'excuse d'une crise budgétaire pour mettre en place un nouvelle stratégie qui a réorienté l'association pour être plus en phase avec l'empire US, a fermé de nombreux bureaux et licencié certains de ses employés parmi les meilleurs et les plus critiques.
Nossel est un pur produit des milieux de la finance et de la politique. Elle est diplômée de la Faculté de Droit d'Harvard, où elle était rédactrice en chef du "Harvard Human Rights Journal". Sitôt après avoir obtenu son diplôme, elle a travaillé dans des entreprises privées, au département d'État et au siège d'organismes de défense des droits humains.
Dans le monde de l'entreprise, Nossel était cadre chez Bertelsmann, le grand groupe de médias, chez McKinsey & Company, la société de consultants et célèbre usine à fabriquer des PDG, et rien moins que le Wall Street Journal, l'ennemi juré des campagnes d'Amnesty contre Guantanamo.
Dans les services administratifs de Washington, Nossel a travaillé au département d'Hilary Clinton en tant qu'assistante de l'ambassadeur de l'ONU Richard Holbrooke, qui avait manipulé les inquiétudes de la population à propos des droits humains pour justifier la guerre U.S. au Kosovo en 1999. Loin d'être menée pour défendre les droits humains, cette guerre a conduit à la plus grande vague d'épuration ethnique de l'histoire de ce conflit.
Quand les démocrates ont perdu la Maison Blanche en 2000, Nossel a travaillé dans les groupes de réflexion de l'impérialisme libéral, notamment, au "Council on Foreign Relations".
Dans leur histoire du Council, intitulée "Imperial Brain Trust" ("état-major impérial"), Laurence Shoup et William Minter disent que l'organisation joue "un rôle essentiel pour façonner la politique étrangère. Au "Council", les secteurs-clés des grands milieux d'affaires se réunissent avec les experts universitaires du monde de l'entreprise pour élaborer un cadre général pour la politique étrangère".
Nossel a également travaillé dans les milieux des ONG en tant que directrice générale à Human Rights Watch (HRW), ce qui a permis aux autres ONG humanitaires de devenir, à leur tour, les avocats de l'impérialisme.
Par exemple, HRW avait légitimé le coup d'état orchestré par les Etats-Unis en 2004 contre le président démocratiquement élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide.
Peter Hallward décrit, dans son livre "Damming the Flood", comment HRW avait grossi le rapport sur les violations des droits humains sous Aristide à un point inimaginable. Ainsi, dit-il, l'association avait donné "sa caution morale pour un changement de régime imminent".
Nossel soutient éhontément l'hégémonie US dans le monde, l'économie néolibérale et le sionisme, tous drapés dans le manteau des droits humains. Dans un article de 2004 de Foreign Affairs, elle avait inventé l'expression: "Smart Power", le pouvoir de l'intelligence, qui a été reprise par Hillary Clinton pour être le maître-mot de la politique étrangère de l'administration Obama.
Nossel avait proposé le "Smart Power" comme alternative aux faucons néocons de Bush, qui isolaient les U.S. de ses alliés historiques. Nossel expliquait que les Etats-Unis, au lieu de miser sur un déploiement de l'armée unilatéral, devaient utiliser tout leur éventail d'armes à disposition, depuis la diplomatie, les pressions commerciales et jusqu'à la machine de guerre, ce qui serait la "meilleure garantie à long terme de la sécurité des États-Unis contre le terrorisme et d'autres dangers".
Naturellement, elle exultait de savoir que la nouvelle Secrétaire d'état d'Obama, Hillary Clinton, avait adopté la formule “Smart Power”. Nossel lançait avec enthousiasme que Clinton; "est fondamentalement optimiste. Elle dit qu'en utilisant tous les outils du pouvoir de concert, la trajectoire du déclin américain peut être inversée. Elle va faire du "Smart Power" quelque chose de super". Obama a nommé Nossel à un poste du Département d'Etat où elle a retrouvé a clique des "interventionnistes humanitaires", parmi lesquelles Samantha Power, Susan Rice et Hillary Clinton elle-même.
Alors, cela ne surprendra personne que Nossel considère les droits humains non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen d'asseoir l'hégémonie des États-Unis.
Dans un article publié en 2008 dans "Dissent", elle expliquait:
"Plus les États-Unis rejoindront et mobiliseront les autres pour envoyer des messages similaires, prendre des positions communes et exercer des pressions coordonnées, plus Washington aura de l'influence".
Nulle part la subordination des droits humains aux intérêts impériaux n'a été plus évidente que dans son travail aux Nations Unies – où elle s'est fait un devoir d'écarter toute critique d'Israël et de la dépossession et l'oppression qu'il inflige actuellement aux Palestiniens.
Dans "Testimony to Congress" (Témoignage au Congrès) en 2011, par exemple, Nossel affirmait que:
Lle Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU "est encore loin d'être l'institution qu'elle doit être, en particulier, en ce qui concerne le traitement partial dont Israël fait l'objet. En rejoignant le Conseil et en devenant sa voix la plus importante, la plus assurée, nous commençons à influencer l'orientation et la conduite de cette institution. Les Palestiniens et les autres cherchent à se servir des forums de l'ONU pour exercer une pression sur Israël et l'isoler. C'est simplement inacceptable et l'Administration a été claire sur ce point. Partout, nous avons rejeté les tentatives de mettre Israël à l'index et nous avons pris des mesures pour renforcer sa position à Genève".
Nossel a même exprimé son soutien aux menaces d'Israël de lancer une frappe militaire préventive contre les prétendues installations nucléaires iraniennes. Dans un article de 2006, elle avait déclaré: "la communauté internationale veut tester la diplomatie et d'autres formes de réponses pacifiques aux menaces de l'Iran. Si ces tentatives échouent, Israël devra peut-être remettre sur le tapis la question d'une guerre préventive".
Les ONG, le financement par les entreprises et l'impérialisme.
Si Nossel a joué un rôle décisif dans la dégradation d'Amnesty USA, les racines de sa collusion avec l'impérialisme s'inscrivent dans un cadre plus général au sein des organisations humanitaires traditionnelles. Beaucoup d'entre elles, parmi les plus importantes, ont établi des liens plus étroits avec les pouvoirs alors qu'elles sont perçues comme étant contestataires.
Dans son livre, "The Thin Blue Line", Conor Foley explique comment les ONG comme Médecins Sans Frontières ont abandonné leur position traditionnelle de neutralité dans les conflits et ont même appelé à des interventions de l'empire pour "sauver des vies". Ainsi, dit-il, les organisations dont la vocation était de "soulager les souffrances humaines pouvaient, à l'occasion, se voir confier la tâche de fabriquer un casus belli".
Il y a deux raisons importantes à cette transformation. D'abord, les ONG dépendent de dons pour fonctionner, et une grande partie d'entre eux provient d'institutions liées aux entreprises, telles que la Fondation Ford ou les Fondations pour des Sociétés Ouvertes de George Soros. Les ONG sont ainsi pied et poings liés avec des menottes en or au système et à ses priorités.
En conséquence, les organisations humanitaires sont de plus en plus intégrées dans l'establishment libéral. Au mieux, elles parlent des abus et des difficultés, non pas pour donner le pouvoir aux exploités et aux opprimés de transformer le système, mais pour tenter d'inciter moralement la classe dirigeante et son gouvernement à adopter de meilleures politiques.
Et c'est ainsi que les ONG dominantes se sont retrouvées étroitement liées aux dirigeants de l'empire et à leurs états. La manifestation la plus évidente de cette relation tranquille, c'est le jeu de chaises musicales qui a lieu entre les administrations des groupes privés, l'état et les dirigeants des ONG. La transformation de Nossel qui est passée de cadre d'entreprise à bureaucrate du Département d'Etat, puis directrice d'une ONG humanitaire est de plus en plus la norme, pas l'exception.
Cette évolution coïncide avec l'utilisation de l'"humanitarisme" pour justifier la projection de la force militaire US dans le monde d'après la guerre froide. Aucun autre que l'ancien directeur du Comité des chefs d'États-majors interarmées, le général Colin Powell lui-même, n'a mieux exposé la relation incestueuse entre les ONG dominantes et le militarisme US quand il a déclaré que les ONG étaient "un multiplicateur de forces pour nous, une importante partie de notre équipe de combat".
C'est pour cette raison que le récent passage d'Amnesty USA à une politique partisane en faveur de l'empire américain n'est pas venu de nulle part.
Francis Boyle, qui a été membre du Conseil d'administration d'Amnesty USA dans les années 1980 et au début des années 1990 a déclaré à Covert Action Quarterly que l'association est depuis longtemps plus zélée quand il s'agit de dénoncer les violations des droits humains dans les pays qui sont dans le collimateur de l'impérialisme US.
Si, d'autre part, il s'agit de :
"parler des violations des droits humains des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, d'Israël, alors, c'est la croix et la bannière pour arriver à les obliger à faire véritablement quelque chose sur la situation. Ce n'est pas impossible, mais c'est fait vraiment à contrecœur et à la suite d'un maximum de luttes internes et de pressions, etc. Mais, vous savez, ce n'est pas comme la liste des ennemis officiels.
Boyle affirme également qu'Amnesty USA a joué un rôle en poussant Amnesty International, qui reçoit environ 20 % de ses fonds de sa section US, à prendre le parti de l'empire. Le pire exemple en est la collusion d'Amnesty avec les US pour justifier la première guerre du Golfe en 1991.
Amnesty a joué un rôle-clé en se faisant l'écho de l'histoire qui disait que les soldats irakiens enlevaient les bébés koweitiens, les laissaient mourir et renvoyaient les machines à Bagdad. L'administration Bush Sr. avait claironné cela comme prétexte à une guerre qui était, de toute évidence, destinée à protéger la domination US sur le Moyen-Orient et ses réserves de pétrole stratégiques.
Mais l'affaire des couveuses était un canular – rien de cela ne s'était produit. Et quand la vérité a éclaté, Amnesty avait refusé de se rétracter.
"Il n'y a absolument rien eu", dit Boyle. "il n'y a jamais eu d'enquête, il y a eu un blackout total de la part du siège de Londres. Ils ont toujours refusé d'admettre qu'ils s'étaient mal comportés. Il n'y a jamais eu d'explication, jamais eu d'excuses."
Une Campagne pour des réformes à Amnesty
Reconnaissant l'importance du mal à Amnesty USA, plus d'une centaine de bénévoles qui travaillent de longue date pour l'organisation mènent campagne pour empêcher Nossel de laminer davantage encore la mission du groupe. Dans une pétition adressée à la directrice exécutive, ils exigent "un moratoire immédiat … sur la mise en œuvre de la Nouvelle Stratégie et les changements de personnels annoncés dernièrement".
Sur une page Facebook créée pour pousser Nossel à écouter les membres d'Amnesty, de plus en plus en colère, Marcia Lieberman, dirigeante d'Amnesty- Providence, Rhode Island, écrit:
"Nous vous avons demandé respectueusement de nous écouter, mais vous vous êtes bouché les oreilles. Nous vous avons demandé poliment qu'il y ait une courte pause pour permettre aux membres de s'engager vraiment, mais vous avez foncé pour imposer l'adoption de votre projet. Vous n'auriez pas pu faire de meilleur choix si vous aviez décidé d'éliminer les membres du personnel les plus avisés, les plus expérimentés et les plus précieux. Vous avez détruit la mémoire institutionnelle de cette organisation en vous en emparant si résolument".
Après le fiasco du sommet parallèle de Chicago et dans le mécontentement croissant des membres du personnel d'Amnesty USA, Code Pink a lancé une campagne de pétitions dont les premiers signataires sont, entre autres, la colonel Ann Wright et Medea Benjamin. Elles encouragent les membres du CA d'Amnesty USA "à demander la démission de Suzanne Nossel, son allégeance aux acteurs gouvernementaux puissants ne pouvant qu'être un obstacle à la véritable activité et à la mission d'Amnesty".
Ceux qui s'opposent à la guerre et aux injustices doivent soutenir cette démarche. Mais en même temps, la gauche doit constater la compromission du modèle d'organisation des ONG. Il arrive que les ONG participent à diverses actions, comme l'a fait Amnesty USA. Mais à cause de leur intégration à l'establishment libéral, elles ne peuvent pas contester le système et ses priorités.
Le soutien désastreux d'Amnesty à l'occupation de l'Afghanistan est la meilleure preuve que la nouvelle gauche qu'il nous faut construire doit rompre avec le modèle des ONG et créer des organisations démocratiques de simples citoyens capables de mener une lutte contre le système.
Publié sur le site de Socialist Worker.
Ashley Smith, écrivain et militant, vit à Burlington, Vermont. Il écrit fréquemment pour "Socialist Worker" et "the International Socialist Review".
Traduction emcee, ©des bassines et du zèle
Déclaration d'H Clinton lors de son audition devant la commission sénatoriale :
Nous devons utiliser ce qu'on a appelé "le smart power ", à savoir, l’ensemble des outils à notre disposition : diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux, et culturels. Il faut choisir le bon outil, ou la combinaison d’outils la mieux adaptée à chaque situation".
NB: Le terme "smart power", n'a pas été choisi par hasard (smart veut dire intelligent, mais aussi: astucieux, futé).
Le smart power veut marquer la rupture avec l’unilatéralisme agressif de l’Administration Bush.
Ce nouvel outil est censé être la synthèse de la contrainte (hard power) et l’incitation par l’exemple (soft power).
Encore un outil de propagande et de novlangue, si on me demande.
Evidemment.
Ca se saurait, si Clinton et Obama faisaient dans la subtilité et la diplomatie.
Lecture complémentaire:
Amnesty International et Human Rights Watch : les mercenaires de l’Empire
et, sur ce blog (entre autres):
Les défenseurs des droits humains, guerriers de l'Empire.
Les ONG internationales, et l’industrie de la catastrophe : l’exemple haïtien.
NB: les deux dernières photos ont été rajoutées au texte
Commentaires
Très intéressant.
Il est consternant de constater à quel point les ONGs, symbole de contre-pouvoir voient leur intégrité attaquée (au détriment des militants honnêtes) : Kouchner qui se sert de sa notoriété et du fait qu'il ait en partie créé MSF, pour ses propres affaires, ici Amnesty qui se voit en partie discréditée...
On peut en déduire que si les politiques/financiers quels que soient leur bord essaient d'asservir/de placer des pions dans ces organisations, c'est qu'elles sont un frein à leur volonté. Et donc une nécessité !
C'est consternant parce que où que l'on porte notre regard, il n'y a qu'agression des Droits Humains, et même ces bastions censés les défendre doivent être surveillés en permanence, car si l'on n'y prend pas garde, il sont gangrenés et pervertis.
Je reviens sur la guerre.
Personnellement je ne comprendrais jamais comment peut on être honnête en parlant d'aller apporter la paix les armes à la main. Il y a toujours un enjeu financier.
Même pendant la Seconde Guerre, cela s'est vu : d'une part, la volonté des uns et des autres d'entrer en guerre est à différencier des prétextes employés, et d'autre part, Hitler lui-même ne serait pas parvenu au pouvoir, s'il n'avait pas été soutenus par des industriels (comme BASF, Krupp, etc...).
Alors nous voilà à une nouvelle absurdité (enfin pas si nouvelle que ça) la guerre "préventive" ou la guerre pour empêcher la guerre.
Dire qu'il y en a qui vont encore gober ce non-sens.
C'est épuisant.
"épuisant": exactement cela.
Comment peut-on accepter les guerres? Comment ne peut-on pas voir les enjeux, toujours les mêmes? Comment peut-on accepter les violations des lois internationales et l'invasion partisane de pays souverains?
Il fut un temps où la gauche radicale était pacifiste. Où elle dénonçait les guerres et les atrocités qui en résultent obligatoirement.
Qu'en est-il aujourd'hui? elle s'allie sans états d'âme à la droite pour demander des sanctions ciblées, pour exiger que l'Otan fasse le ménage dans des pays qui n'ont rien demandé, cela pour soi-disant "sauver des vies".
Quelle imposture!
Et, au bout du compte, elle laisse à l'extrême-droite le terrain de la contestation.
C'est pitoyable.
Je n’aurais jamais imaginé un tel cas de figure.
Comme quoi, on est bien bernés par les pouvoirs, d'où qu'ils viennent.
« Les Palestineins payent très cher leur droit à la dignité, à la liberté à la démocratie après 45 années d'occupation militaire israélienne. » À l’occasion du 3 é anniversaire de l'agression contre Gaza, une vingtaine de membres d’Amnesty international se sont réunis, ce jeudi soir, sur le parvis de la cathédrale de Lisieux. « Soyons nombreux aux côtés du peuple palestinien et exprimons notre soutien à sa lutte pour la liberté, a souligné Marie-Ange Faure, secrétaire d’Amnesty international à Lisieux. Manifestons notre solidarité. La communauté internationale doit agir afin que les civils soient protégés. » Le rapport sur la situation en Palestine est consultable sur le site www.amnesty.fr
Bon, rassurez-vous, voici le texte original : « Les Syriens payent très cher leur droit à la dignité, à la liberté à la démocratie après 41 années de dictature al Assad, de père en fils. » À l’occasion du 1er anniversaire du soulèvement du peuple syrien, une vingtaine de membres d’Amnesty international se sont réunis, ce jeudi soir, sur le parvis de la cathédrale de Lisieux. « Soyons nombreux aux côtés du peuple syrien et exprimons notre soutien à sa lutte pour la liberté, a souligné Marie-Ange Faure, secrétaire d’Amnesty international à Lisieux. Manifestons notre solidarité. La communauté internationale doit agir afin que les civils soient protégés. » Le rapport sur la situation en Syrie est consultable sur le site www.amnesty.fr
Voici également le lien pour un texte authentique de celle qui donne des leçons à toute la planète (mais incapable d'empêcher son sexophoniste de mari d'ouvrir sa braguette à la première stagiaire venue...)
http://iipdigital.usembassy.gov/st/...
Un tissu d'hypocrisie que je n'ai à lui opposer que quelques mots de Jean de la Bruyère :
« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. »
vous fatiguez pas, on sait bien que toutes vos ONG à la con c'est juste une autre forme d'impérialisme occidentaliste . Un truc pour les blancs bien pensants qui adoucit leur bonne conscience pourrie bourrée de mépris et de paternalisme puant .
Vous ne venez plus nous écraser la gueule en invoquant votre supériorité morale et votre devoir de civiliser les grand enfants . C'est fini ce truc.
Quand je vois les guignols d'Amnesty ou une autre Ong à la con de petit blanc bien pensant faire la manche en souriant dans la rue je me retiens de leur foutre mon poing dans la gueule.
Omar.
(pas la peine de me faire vos blagues à base de "oh le vilain Omar c'est inadmissible et franchement raciste anti blanc et antisémachin " , cette blague gardez-la pour vous et vos faux idiots :les racistes ,les vrais haineux,les tueurs, les génocideurs, les profiteurs, les ennemis de l'humanité non blanche et non juive c'est vous, rien que vous . Nous ,les nègres, les pas blancs ,les pas chrétiens ,les pas juifs ont vous subi ,vous et vos horreurs. )
Critique sur la mise en page...
Il manque tout un paragraphe (qui a du sauter lors de la mise sur le site, ou alors qui est absent de la traduction) après la citation de Amnesty USA "Lettre ouverte" : une comparaison avec la propagande de l'OTAN... ce qui explique la phrase "Il n'y a pratiquement aucune différence. "
Ensuite, il y a plusieurs parties de l'article qui ont été mises comme citations, ce qui rend la compréhension difficile.
Je déplore aussi que tous les liens hypertextes de l'original ne soient pas intégrés (bien qu'en anglais) dans la traduction... Elle s'en retrouve bien moins "référencée" (j'ai un gros doute sur le terme)...
Pour finir, l'ajout des deux photos de burqas est parfaitement inutile...
Hello, je trouve que les confidences que vous avez fournies dans votre blog sont très intéressantes. Je vous en remercie.
@Antar, merci de ces précisions. C'est très clair.
C'est,en effet,ce qui se passe. Je reçois régulièrement la lettre d'Amnesty (qu'ils m'ont imposée à la suite d'une pétition), et je ne leur ai jamais demandé de ne plus me l'envoyer: chaque lettre, même si elle me fait enrager, est significative de leur politique.
Pour ce qui est des manifs, elles sont largement consensuelles, jusqu'à l'extrême-gauche: elles l'ont été, en France, pour la Libye, où Kadhafi "massacrait son peuple"; elles l'ont été également pour la Syrie, où les mêmes en appelaient à "soutenir le peuple syrien", peuple syrien dont on sait qu'il subit de plein fouet les conflits, qu'il n'a pas son mot à dire et qu'il sera le dindon de la farce.
Apparemment, rien ne sert de leçon, du moins à ceux qui sont sincères.
Bon, j'attends les manifs pour soutenir le peuple du Bahreïn, et bien d'autres.
@Akamas,
je vous remercie pour vos remarques. J'ai essayé de réparer les erreurs.
Si elles sont en partie de mon fait (j'ai omis un paragraphe, en effet), elles sont essentiellement dues au système proposé par l'hébergeur, qui est tellement complexe que pour rentrer un billet, il faut une heure et demie minimum. La mise en page demande une vigilance pour tout. Pour les blocs de citations, c'est la même chose, et j'avoue n'avoir pas vérifié ce qu'ils avaient englobé.
Vous allez me dire: pourquoi ne pas changer de système, en effet, il y a des mises en page très simples.
Eh bien, je ferai ça quand on se précipitera pour chercher ce que j'ai écrit sur mon blog. Pour l'instant, je n'ai que des fidèles lecteurs. Alors, je ne tiens pas à les perdre de vue en changeant.
Quant aux liens, ils sont, en effet, en anglais et on peut les retrouver sur le billet source, qui est dûment référencé. D'ailleurs, si on les lit en anglais, on peut aussi bien lire le texte en entier. Pas besoin de ma traduction.
Si je n'ai pas mis toutes les sources, c'est que cela alourdissait inutilement le texte et qu'elles ne faisaient que confirmer ce qui était dit par l'auteur.
En revanche, j'ai mis d'autres liens pour les lecteurs non anglophones.
Mon but, c'est de leur transmettre l'information en français, pas de tout mélanger.
Quant aux illustrations, vous me permettrez d'en décider moi-même.
@Omar,
Que vous soyez en colère, soit, je l'admets, mais vous êtes inutilement agressif et grossier à mon égard.
On ne fait pas changer les choses en se trompant de cible.
Bien au contraire, en nourrissant la haine contre tout le monde, on ne fait que perpétuer le système.
Alors, continuez comme ça, mais ce n'est pas la peine de revenir me donner des leçons: je n'en ai pas besoin.
Le problème, il n'est pas Blancs et Noirs, le problème, ce sont les castes dirigeantes et possédantes, qui nous dressent les uns contre les autres pour amasser les richesses.
Il est politique et c'est contre cela qu'il faut lutter, pas en tapant aveuglément n'importe où sans discernement.
C'est triste à dire mais rien de ce que j'ai lu ne me surprend. La "professionalisation" des ONG me semble depuis longtemps un très grave problème. Voir des gens (estimables, parfois) passer de l'une à l'autre (Susan George, au hasard) montre bien qu'il ne s'agit plus là de convictions mais d'un métier (administrateur en l'occurence).
J'ai travaillé comme traductrice et interprète pour nombre de ces grosses structures (Oxfam, Vetérinaires sans frntières, Awid, WACC et j'en passe), chaque fois les débats tournent autour de la même chose: le fric et la "visibilité".
Voir qu'Amnesty USA est dirigée par une cadre de l'administration va dans ce sens.
Qu'une organisation de droits de l'homme reçoive en plus cette salope d'Albright qui a dansé de joie quand les Nations unies ont finalement choisi de ne pas qualifier ce qui se passait au Rwanda de génocide suffit pour ma part. J'espère qu'à leur prochain colloque ils auront Kissinger.
J'ai moi aussi le déplaisir de recevoir leur newsletter et surtout leurs demandes de fric qui sont calquées sur le modèle des ventes de saloperies à la TV. Je me dis que finalement, tout ce processus a commencé dans les années 80 avec l'organisation de grands concerts et de trucs comme ça.
Et après on s'étonne de voir les gens préférer des mouvements plus informels, sans représentants à l'ONU, ce qui leur évite de se maquer avec les gouvernements.
@folavril
Je suis complètement d'accord. Merci pour cette intervention pertinente et étayée.
En effet, dans la newsletter d'Amnesty (comme dans toutes les autres ONG, d'ailleurs) , c'est souvent un appel aux dons.
"Le fric et la visibilité" : c'est ce qu'on constate à leur paroxysme lors des catastrophes (tsunami, séisme d'Haïti, etc.).
Honteux.
C'est bien vrai, emcee. Autre anecdote, l'ancienne directrice de l'Awid prenait toujours Amnesty en exemple pour expliquer comment il faut s'y prendre pour trouver du fric (avec en fond musical, et c'était assez drôle, Abba "money, money, money"). Il faut aussi savoir que les dons finissent dans la poche "d'experts", le plus souvent occidentaux. Les ONG qui reçoivent des fonds de l'UE sont tenues de procéder à des audits réguliers qui coûtent une fortune (en 1993 pour vétérinaires sans frontières un audit de 15 jours a coûté 500 000 francs : les vétérinaires/agronomes guatémaltèques étaient payés 600 f/mois pour vous donner une idée de la disproportion). L'audit était réalisé par des mecs du CNRS (qui ont donc un salaire fixe) et qui parallèlement à leur boulot de chercheurs ont ouvert ce cabinet d'audit (et des restaus, parce qu'il fuat bien "investir"). Dans cette ONG les 3/4 des activités consistaient en "réunions" afin de déterminer qui "croyait au projet" (étaient virés les guatémaltèques qui ne prenaient pas assez la parole, ce qui montrait bien leur manque de foi...). Idem avec Enfants réfugiés du monde où les éducs spé expliquaient que le travail des enfants (tissage de sacs vendus à Paris une fortune) était un trait culturel tout en fumant leurs joints. J'ai une fois discuté avec une directrice d'une coordination de plusieurs ONG en lui faisant remarquer le nombre de fois qu'elle employait le mot "défi" et le mot "projet" (langage "corporate"), d'après elle, elle ne s'en rendait pas compte. À une époque, on disait "problème" et "programme"... Autre anecdote, sachez qu'au Mexique, la directrice d'Oxfam ne paye pas son loyer, c'est l'ONG qui s'en charge. Le loyer ? 3 000 dollars/mois. Ces structures fonctionnent de plus en plus comme des multinationales, il n'est donc pas étonnant en fin de compte de les voir en adopter les valeurs, de la même manière que ces multinationales viennent nous les briser menu avec leurs histoires de "responsabilité sociale des entreprises".
@Omar: si vous avez choisi de vous défouler sur mon blog, ça na va pas durer bien longtemps.
Je ne publierai plus vos commentaires incongrus, stupides et insultants.
Édifiant, en effet, folavril.
Le monde est en train de virer à la folie destructrice. Les escrocs sont devenus insatiables.
Les bénévoles (probablement sincères) des grandes ONG se décarcassent pour que les dirigeants se remplissent les poches.
L'histoire des réunions avec les Guatémaltèques est caractéristique: c'est ce qui s'est passé avec le tsunami, aussi. Les ONG ont eu des rentrées phénoménales et devaient plus ou moins reconstruire des habitations. Résultat: elles ont fait ce qu'elles ont voulu, en éliminant les populations locales des projets.
Et je ne sais plus où ça en est actuellement, mais cela ne doit pas être brillant pour les pauvres.
A Haïti, pareil. Si ça t'intéresse, j'ai écrit ce billet (entre autres) sur Haïti http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Haïti: une île martyre.
J'en aurais des tartines sur cette affaire de Vétérinaires sans frontières (et je n'y ai passé que quelques jours, je n'ose pas imaginer ce que j'aurais vu en y passant 1 an)... Les mecs de l'audit qui pleuraient sur la mort de Cyrille Collard (alors qu'il y avait au même moment une épidémie de choléra autour d'eux et que la guerre se terminait). Médecins sans frontières sont partis en pleine épidémie de choléra "parce que ce n'est pas notre boulot". Les Vétérinaires sans frontieres refusaient d'emmener les gens à l'hôpital (à 1 heure et demi de route) alors qu'ils avaient quasiment les seuls véhicules du bled "parce que c'est pas notre boulot et que si tu leur donnes la main, ils te prennent le bras", j'en passe et des meilleures. Par nature, les latino-américains... Non, pardon, pas par nature, après des siècles d'oppression et de terreur, les latino-américains et plus encore les indiens ne sont pas grandes gueules. Pour eux, c'est du respect que d'écouter sagement les sahibs déblatérer leurs conneries sur "le projet" (alors, le projet, c'était une mini-station agricole qui avait pour prétention d'élever des lapins que les gens ne mangent pas dans cette région, mais ça, on s'en fout, on sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux), mais pour ces mêmes sahibs, ces Guatémaltèques n'étaient pas assez "participatifs". Et de toutes façons (et quoi qu'en pense Omar), comment veux-tu que des mecs qui gagnent 7500 F/mois (pas beaucoup pour un véto ou un ingénieur agronome, certes) dialoguent d'égal à égal avec ceux qui n'en gagnent que 600? Et l'audit a conclu - ô suprise - que la mini-station agricole avait de fortes chances de ne pas être rentable (500 000 F pour un rapport de quelques pages, séjour, billet d'avion etc payés par l'ONG). Donc tu avais des gens chargés du "projet chèvres" : partir en montagne dans des hameaux paumés vacciner les animaux: qui le faisait? Les Guatémaltèques. Et que font les petits blancs pendant ce temps? Piccoler à Panajachel dans des restaus français. Je crois que ce qui m'a le plus frappée, c'est à quel point les ONG étaient devenues l'équivalent du Club Med dans les bronzés : tu veux voir du pays et te fendre la poire, pars au soleil pendant 1 o 2 dans une ONG/Club med. Deviens GO/Educ spé, tu verras du soleil et des nanas, lalalalalala. Je m'excuse par avance de mon ton agressif, mais ma haine est directement proportionnelle à ma déception. Cela dit, je suis "heureuse" de constater que de plus en plus de gens se rendent compte de ce que nous disons ici. En 1993, crois-moi, j'étais montrée du doigt: sale nana qui a l'esprit négatif, râleuse qui ne croit pas au projet, etc. J'avais lu tes textes sur Haïti et j'ai là-dessus une autre anecdote, tiens. À Mexico, restau français de luxe, le lendemain du tremblement de terre. Je sors fumer une clope sur le trottoir et j'assiste là à une conversation surréaliste entre le patron du restau (un type très "généreux" parce qu'il offre la tournée à tous les diplomates, surtout quand il est lui-même bourré) et son aide-cuisinier, un Haïtien. Ce dernier lui demande une avance sur son salaire (400 dollars) pour aller enterrer sa famille. Réponse, non, évidemment, mais l'argument m'a sciée: "tu es sûr que tu n'es pas plus utile ici que là-bas pour ta famille?". I rest my case; je sais mieux que toi ce que tu dois faire. Je n'ai plus jamais foutu les pieds dans ce restau et avec les copains avec qui on déjeunait, on a payé le billet d'avion à ce garçon. Là, au moins, on sait ce que nos "dons" sont devenus et on ne se demande pas si ce garçon les a employés correctement ou s'il aurait été préférable de les donner à la bonne femme d'Oxfam pour qu'elle puisse se payer une nouvelle TV. Un bon exemple de ce comportement dans un des récents épisodes de Strip-Tease: "America America et Dieu dans tout ça". Et merci encore pour les billets et traductions de ce blog, on se sent moins seul(e)s!
J'en aurais des tartines sur cette affaire de Vétérinaires sans frontières (et je n'y ai passé que quelques jours, je n'ose pas imaginer ce que j'aurais vu en y passant 1 an)... Les mecs de l'audit qui pleuraient sur la mort de Cyrille Collard (alors qu'il y avait au même moment une épidémie de choléra autour d'eux et que la guerre se terminait). Médecins sans frontières sont partis en pleine épidémie de choléra "parce que ce n'est pas notre boulot". Les Vétérinaires sans frontieres refusaient d'emmener les gens à l'hôpital (à 1 heure et demi de route) alors qu'ils avaient quasiment les seuls véhicules du bled "parce que c'est pas notre boulot et que si tu leur donnes la main, ils te prennent le bras", j'en passe et des meilleures. Par nature, les latino-américains... Non, pardon, pas par nature, après des siècles d'oppression et de terreur, les latino-américains et plus encore les indiens ne sont pas grandes gueules. Pour eux, c'est du respect que d'écouter sagement les sahibs déblatérer leurs conneries sur "le projet" (alors, le projet, c'était une mini-station agricole qui avait pour prétention d'élever des lapins que les gens ne mangent pas dans cette région, mais ça, on s'en fout, on sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux), mais pour ces mêmes sahibs, ces Guatémaltèques n'étaient pas assez "participatifs". Et de toutes façons (et quoi qu'en pense Omar), comment veux-tu que des mecs qui gagnent 7500 F/mois (pas beaucoup pour un véto ou un ingénieur agronome, certes) dialoguent d'égal à égal avec ceux qui n'en gagnent que 600? Et l'audit a conclu - ô suprise - que la mini-station agricole avait de fortes chances de ne pas être rentable (500 000 F pour un rapport de quelques pages, séjour, billet d'avion etc payés par l'ONG). Donc tu avais des gens chargés du "projet chèvres" : partir en montagne dans des hameaux paumés vacciner les animaux: qui le faisait? Les Guatémaltèques. Et que font les petits blancs pendant ce temps? Piccoler à Panajachel dans des restaus français. Je crois que ce qui m'a le plus frappée, c'est à quel point les ONG étaient devenues l'équivalent du Club Med dans les bronzés : tu veux voir du pays et te fendre la poire, pars au soleil pendant 1 o 2 dans une ONG/Club med. Deviens GO/Educ spé, tu verras du soleil et des nanas, lalalalalala. Je m'excuse par avance de mon ton agressif, mais ma haine est directement proportionnelle à ma déception. Cela dit, je suis "heureuse" de constater que de plus en plus de gens se rendent compte de ce que nous disons ici. En 1993, crois-moi, j'étais montrée du doigt: sale nana qui a l'esprit négatif, râleuse qui ne croit pas au projet, etc. J'avais lu tes textes sur Haïti et j'ai là-dessus une autre anecdote, tiens. À Mexico, restau français de luxe, le lendemain du tremblement de terre. Je sors fumer une clope sur le trottoir et j'assiste là à une conversation surréaliste entre le patron du restau (un type très "généreux" parce qu'il offre la tournée à tous les diplomates, surtout quand il est lui-même bourré) et son aide-cuisinier, un Haïtien. Ce dernier lui demande une avance sur son salaire (400 dollars) pour aller enterrer sa famille. Réponse, non, évidemment, mais l'argument m'a sciée: "tu es sûr que tu n'es pas plus utile ici que là-bas pour ta famille?". I rest my case; je sais mieux que toi ce que tu dois faire. Je n'ai plus jamais foutu les pieds dans ce restau et avec les copains avec qui on déjeunait, on a payé le billet d'avion à ce garçon. Là, au moins, on sait ce que nos "dons" sont devenus et on ne se demande pas si ce garçon les a employés correctement ou s'il aurait été préférable de les donner à la bonne femme d'Oxfam pour qu'elle puisse se payer une nouvelle TV. Un bon exemple de ce comportement dans un des récents épisodes de Strip-Tease: "America America et Dieu dans tout ça". Et merci encore pour les billets et traductions de ce blog, on se sent moins seul(e)s!
Désolée, folavril; mais j'ai dû modérer les commentaires
J'ai publié deux de tes commentaires, merci de me dire s'ils sont tout identiques ou s'il faut que l'en publie un en partic.
merci pour ces précisions sur tes expériences, c'est encore une fois intéressant et écœurant.
"prétention d'élever des lapins que les gens ne mangent pas dans cette région, mais ça, on s'en fout, on sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux": Pfff! Tout à fait ça. une vraie caricature.
Quant au cuisinier haïtien, une histoire sordide au dénouement sympathique
Pauvre gars: on vit vraiment dans un monde d'abrutis.
Il n'y a plus que des gens haineux envers les autres qui ne s’intéressent qu'au pognon. Alors, forcément, les pouvoirs en profitent.
Oui, les ONG, c'est la manne: l'argent arrive sous forme de dons, on rend des comptes comme on veut et il y en a qui se sucrent au passage.
C'est encore plus facile que pour le reste.
Je ne supporte plus ces pubs esthétiques dégoulinantes de bons sentiments et le coude à coude des ONG pour passer à la télé pour se faire de la pub au moment des grandes catastrophes.
Je ne sais si on trouve Striptease sur Internet, je n'ai pas la télé. Je vais chercher.
Avant dernière lettre d'Amnesty - newsletter du 17 08:
Amnesty fait campagne contre l'incarcération des punkettes russes et demande qu'on signe des pétitions.
Quelle chutzpah! Et si on parlait de manning ou de Guantanamo?
Au passage, AI USA fait appel aux dons:
I am outraged by this morning's verdict. It is clear that Russian authorities are trying to silence these women and instill fear in other activists -- don't let them succeed.
Your donation will be used to purchase and transport the balaclavas, and it will help Amnesty International continue our fight to defend human rights worldwide. We'll also email all donors a photo of the masks you helped us send.
Bon, si on envoie des sous: on va recevoir des photos de cagoules qu'ils auront achetées et expédiées en Russie avec "notre" pognon! Ils ne reculent devant aucun sacrifice!
Aujourd'hui, 18 aout, ils nous vendent des T shirts, entre 18 et et 28.50 $ avec "Free Pussy Riot" dessus http://shop.amnestyusa.org/Clothing...
et aussi, des cartes, des bouteilles isothermes (26 dollars) et autres gadgets avec leur logo.
Bon, je suis l'affaire.
Indignation aux US et en Europe après la condamnation des Pussy Riot à deux ans de prison.
voir l'article (en anglais)
http://www.alternet.org/hot-news-vi...
Evidemment, c'est deux ans de trop, on est bien d'accord.
Mais les Etats-Unis ont déclaré que cette condamnation était "disproportionnée".
Disproportionnée comme quoi? Comme les 35 ans de prison déjà effectués par Leonard Pelier après un procès bourré d'illégalités et d'invraisemblances?
Comme les deux ans que vient d'effectuer Bradley Manning, en attente de procès pour "collusion avec l'ennemi" (en l'occurrence Al-Qaida!) et qui a subi pendant des mois un "traitement cruel" selon l'ONU http://www.lapresse.ca/internationa... ?
Ou bien disproportionné comme les locataires de Guantanamo, qui n'ont jamais été jugés et qui subissent des traitements cruels eux aussi?
Ou comme ces enfants qu'on jette en prison à vie?
Tout ça dans ce beau pays su soucieux des droits humains et de la liberté d'expression quand ce n'est pas chez lui.
Arghh, merci pour ce post!! Elles ont l'air bien sympa ces petites punkettes, mais en même temps, on a Bradley Manning, Julian Assange, Guantanamo, les drones etc, et tout ça n'émeut personne. Je ne sais pas ce qu'il leur prend à Amnesty mais c'est clair qu'ils sont du côté obscur de la force depuis un bon bout de temps. En plus, j'aimerais qu'on m'explique ce que vient foutre un appel aux dons dans cette affaire. Et qu'on m'explique aussi comment le fait de porter un fucking t-shirt va changer le monde.
strip-tease: torrent 411. En même temps, je ne sais pas si tu mérites ça, emcee! Mais voir cette espèce de connasse pleurnicher devant des gens qui en chient vraiment, moi, ça me donne envie de dégueuler. Mais ça montre bien la façon dont on s'achète à peu de frais une bonne conscience (pour changer, ces mecs-là font des charity events pour ne pas payer leurs billets d'avion).
Oui, je me poste à moi toute seule
Ca me sert de pense-bête.
Merci de t'être manifestée. Je me sens moins seule ...
En effet, elles sont sympas, ces filles, bon, elles contestent de façon qui fait peur au bourgeois, mas rien de grave. Surtout que quand on est punk, c'est pas pour la vie. A un moment donné, il faut passer à autre chose, il me semble. Hélas, souvent, c'est pour rejoindre le mainstream.
J'ai cru comprendre que Poutine ferait réduire leur peine en appel. Encore trop, évidemment, mais complètement dérisoire par rapport à ce que fait Obama actuellement de la liberté d'expression (ne serait-ce que la répression policière des mouvements Occupy).
Et puis, je me demande ce qu'aurait dit l'UMP et autres bas du front si Poutine avait protesté contre le harcèlement judiciaire qu'a subi le rappeur Hamé, ou l'amende de 500€ infligée au dessinateur Placid pour avoir dessiné des flics avec des nez apparentés à des groins, comme pour tous ses personnages.
Et puisqu'on parle de prison, que dire des conditions dans les prisons françaises, régulièrement condamnées par la CE et pour lesquelles rien n'a été fait?
Alors, Amnesty, elle est où la campagne de T-shirts ?
Je vais essayer de trouver ST, ça m'intéresse, bien que ça s'annonce sinistre
Oui, ils vendent des T-shirts 20€ pour envoyer des cagoules à deux balles en Russie. Comme tu dis, faut bien payer le billet d'avion en première classe à ceux qui vont aller les porter!
Monde pourri.
Discussion passionnante.
(non tu n'es pas seule emcee, même si ce genre de combat semble parfois dérisoire, il ne l'est pas. Je connais un journaliste indépendant en pleine dépression pour les mêmes raisons.)
Je reviens sur le commentaire d'Omar. Sans vouloir mettre de l'huile sur le feu, je le trouve injuste : soit on laisse faire les politicos-financiers et les militaire faire sans rien dire, sans agir et les "blancs" -puisque c'est le terme utilisé- sont des salauds, soit certains "blancs" essayent avec leurs moyens de corriger leurs actes coupables, indignes, sans noms en fait, et les "blancs" risquent de passer pour des bien-pensants.
Bien sûr, une partie des occidentaux est bien pensante, une autre totalement vaniteuse, et puis il y a quand même des efforts sincères.
Bien sûr il y a une très regrettable et absurde professionnalisation des ONGs, et certaines cachent des objectifs douteux, ou sont achetées ou corrompues.
On peut tous regretter que ces ONGs existent : sans la cupidité de certains, la plupart n'aurait heureusement jamais vu le jour : il vaut mieux éviter une guerre, une colonisation financière, un asservissement quel qu'il soit, plutôt que tout cela arrive et d'envoyer des pansements derrière.
Mais attention : comme le souligne emcee, ce ne sont pas forcément les mêmes personnes qui bombardent et essayent de soigner, comme le paysan afghan n'est pas forcément celui qui s'écrase dans une tour.
Ce n'est pas une question de couleur : ce serait trop simple. En fait, Omar, vous avez exactement le même discours des gens qui envoient les bombardiers : Les "méchants" sont basanés. Pour vous les "méchants" sont blancs.
Un discours faux : il y a des sales types partout.
J'arrive un peu tard dans ce débat faisant suite à ton très bon article emcee, mais je voulais juste ajouter une petite touche personnelle.
Amnesty et HRW n'ont plus aucun crédit pour moi. Les deux sont devenus des marionnettes au service d'intérêts qui les dépassent. Consciemment ou non d'ailleurs.
Ca m'agaçait déjà de voir leurs 1 pas en avant pour 15 pas en arrière à propos d'Israël, mais quand j'ai vu leur partialité (et parfois leurs mensonges) à propos de l’Équateur et du Venezuela, ça m'as mis hors de moi.
Le pire est qu'ils faut à peine quelques minutes pour démonter la plupart de leurs rapports (voir le dernier en date sur l'Equateur, présenté comme une sanglante dictature sans liberté d'expression). Internet est ton ami, mais ça m'as toujours scié qu'aucun journaliste ne prenne la peine de le consulter.