Ce dont personne ne parle: les horreurs qu'entrainerait une frappe sur l'Iran
Par emcee le mercredi 7 mars 2012, 21:45 - Moyen Orient - Lien permanent
Voici un billet de Marsha B. Cohen, publié par Alternet et qui fait froid dans le dos.
Poursuite de ma campagne pour la paix, même si ce n'est qu'un nouveau coup d'épée dans l'eau.

Personne ne semble se soucier des conséquences d'une frappe US ou israélienne sur l'Iran, comme l'émission de produits radioactifs au Moyen-Orient.

Une blague à l'humour grinçant circulait fin 2002, début 2003, dans la période qui a précédé l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis. La version dont je me souviens donnait à peu près ça:
Le président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney entrent dans un bar au Texas. Autour de quelques bières, ils projettent l'invasion de l'Iraq, le renversement de Saddam Hussein et la mainmise sur les immenses réserves pétrolières irakiennes. La grande question qui se pose, toutefois, c'est quelle serait la réaction des Américains s'ils déclenchaient une nouvelle guerre alors qu'on ne savait pas du tout comment allait tourner celle qui avait lieu en Afghanistan.
Ils décident donc de réaliser un sondage d'opinion impromptu et font venir à leur table un gars typiquement américain.
Que penseriez-vous de nous si nous envahissions l'Irak pour nous emparer de leurs champs de pétrole, sachant que 30000 Irakiens et un réparateur de vélos américain seraient tués dans l'action?", demande Bush. Le type fronce des sourcils, réfléchit un bon moment, l'air perplexe. Et finalement, il répond : "pourquoi un réparateur de vélos américain doit-il mourir?".
Cheney tape sur la table et sourit à Bush, d'un air triomphal. “Je te l'avais bien dit que tout le monde s'en tamponnerait des 30000 Irakiens!”
Dix ans plus tard, tout le monde, semble-t-il, s'en tamponne aussi des pertes en vies humaines en Iran.
L'héritage laissé par les Etats-Unis en Irak
Comme nous le savons maintenant, il y a eu bien plus de 30.000 Irakiens et un Américain qui ont trouvé la mort depuis l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis le 19 mars 2003.
Le nombre connu de civils irakiens morts à la suite des violences depuis le déclenchement de la "Seconde Guerre en Iraq" est actuellement estimé à 105/115.000, selon le chiffre donné sur le site: Iraq Body Count database et constamment remis à jour. Qui précise également que, selon les "war logs" de WikiLeaks sur la guerre en Irak, ce chiffre peut être de 13.750 de plus. Les chiffres officiels du Département de la Défense depuis la mi-décembre, réunis par Margaret Griffis sur le site Antiwar.com, révèlent que 4484 membres de l'armée US et 1487 employés des sociétés militaires privées sous-traitées par l'armée US ont péri depuis le début de la guerre, ainsi que 319 soldats de la “Coalition”, 348 journalistes et 448 universitaires.
Les estimations concernant les blessés USAméricains oscillent entre 33.000, chiffre officiel, et plus de 100.000.
Les médecins constatent actuellement une recrudescence de cancers et de malformations à la naissance qu'ils attribuent à l'uranium appauvri contenu dans les bombes et les obus utilisés par les forces US et britanniques au cours de la guerre en Irak de 1991 et de l'invasion en 2003.
On estime à 300 tonnes la quantité d'uranium appauvri utilisée au cours de la Première Guerre du Golfe.
Abdulhaq Al-Ani, co-auteur de "Uranium in Iraq: The Poisonous Legacy of the Iraq Wars", a effectué des recherches sur les incidences que pourraient avoir sur la santé publique des armes à l'uranium appauvri sur la population civile en Irak depuis 1991 et expliqué dans une interview sur Al-Jazeera que les effets de l'uranium appauvri sur le corps humain ne commencent à se faire sentir que 5/6 ans après l'exposition aux radiations.
Al-Ani signale une augmentation sensible du pourcentage de cancers en Irak en 1996-1997 et en 2008-2009.
Le docteur Ahmad Hardan, qui a travaillé comme conseiller scientifique spécial pour l'OMS, les Nations Unies et le Ministère de la Santé irakien, a observé les effets de l'exposition à l'uranium appauvri sur les adultes et les enfants, à savoir diverses formes de cancers et des malformations graves à la naissance.
Il a déclaré à Lawrence Smallman (journaliste d' Al-Jazeera , NDT):
"l'uranium appauvri est radioactif pendant 4,7 milliards d'années, ce qui signifie que des milliers et des milliers d'enfants irakiens vont souffrir au cours des dizaines de milliers d'années à venir".
La leucémie est devenue le troisième cancer le plus répandu dans tout l'Irak, les enfants en-dessous de 15 ans étant plus particulièrement vulnérables. “C'est ce que j'appelle du terrorisme" dit-il.
La BBC explique que les bébés nés à Falloujah ont actuellement 13 fois plus de malformations cardiaques congénitales que ceux qui sont nés en Europe. En visite en Irak, le rédacteur en chef de World Affairs, John Simpson, a appris qu'on déconseille aux femmes qui habitent Fallujah d'avoir des enfants.
Le docteur Daud Miraki a constaté que de plus en plus de bébés à l'est et au sud-est de l'Afghanistan naissaient sans yeux ou sans bras ni jambes, ou avaient des tumeurs à la bouche et aux yeux.
Le Pentagone nie toute relation de cause à effet entre ces constats et l'utilisation de l'uranium appauvri par l'armée, même si (ou peut-être parce que) ces mêmes effets se retrouvent chez les vétérans qui reviennent d'Irak et d'Afghanistan.
Néanmoins, que ce soit la droite, la gauche ou le centre, les éventuelles "conséquences” des frappes militaires (euphémisme pour "guerre") contre l'Iran ne sont évaluées quasiment exclusivement que par rapport aux éventuelles répercussions qu'elles auraient pour Israël, les Etats-Unis et l'Europe: une flambée des prix du pétrole qui porterait gravement atteinte à l'économie mondiale – le Hezbollah qui lancerait des missiles sur Israël depuis le Liban et commettrait des actes de terrorisme contre des "objectifs occidentaux vulnérables" – plutôt que les conséquences dramatiques qu'elles auraient pour l'Iran, ses voisins et l'écosystème mondial.
Une exception à cela; un rapport de 114 pages intitulé "Etude sur une éventuelle offensive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes" (“Study on a Possible Israeli Strike on Iran’s Nuclear Development Facilities"), publié en 2009 pour le Center for International and Strategic Studies. Il consacre deux pages entières (90-91) à la catastrophe humaine et environnementale qui découlerait d'une attaque contre la centrale nucléaire iranienne de Bou¬chehr:
"Toute frappe sur le réacteur nucléaire de Bou¬chehr provoquera aussitôt la mort de milliers de personnes qui habitent sur le site ou alentours, et des milliers d'autres seront victimes de cancers, voire des centaines de milliers, selon la densité de la population de la zone contaminée".
Les auteurs préviennent également que le Bahreïn, le Qatar et les Etats Arabes Unis seront énormément touchés par les radionucléides. (Les états arabes du Golfe censés être si impatients qu'Israël mette un frein aux ambitions régionales de l'Iran ont-ils conscience de cela?).
Le Ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, qui affiche un sourire satisfait, a calculé que les victimes d'une guerre contre l'Iran pourraient se limiter à moins de 500 personnes.
"Il n'y aura pas 100.000, pas 10.000, pas 1.000 morts. Israël ne sera pas détruit" a déclaré Barak d'un ton rassurant lors d'une interview à la radio en novembre dernier et reprise par le Washington Post.
“Si tout le monde reste chez soi, il n'y aura pas 500 morts non plus" a-t-il ajouté.
Barak parle des Israéliens. Pour les Iraniens, qui fera le décompte des victimes? Qui s'en soucie?
Le coût humain d'une attaque contre l'Iran
Personne ne parle des dégâts que causeraient des "frappes aériennes chirurgicales" aux "installations nucléaires iraniennes suspectes" avec des bombes “bunker-busters” GBU-28, capables de pénétrer le béton et la terre grâce à l'uranium appauvri, aux 74 millions d'Iraniens, dont près d'un quart sont des enfants de moins de 14 ans et dont la moitié sont âgés de moins de 30 ans.

(Où sont les manifestations de ces militants autoproclamés "pro-vie'? Ou bien est-ce que le "droit à la vie" disparaît sitôt que le bébé est expulsé du ventre de sa mère?).
Personne ne se soucie des émissions de produits radioactifs dans la biosphère de l'Asie Centrale (puis de la terre entière): si l'uranium appauvri contenu dans les bombes venait en contact avec les produits radioactifs nucléaires présents sur les sites de recherche nucléaire visés – dont presque tous fonctionnent sous le contrôle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) – les risques de catastrophe seraient multipliés de façon exponentielle.
Le chef des renseignements militaires israéliens, le général de brigade Aviv Kochavi a récemment annoncé d’un ton grave à la Conférence des va-t-en-guerre d’Herzliya que l'Iran possède 4 tonnes d'uranium faiblement enrichi, ainsi que près de 100 kilos d'uranium enrichi à 20%.
Si c'est le cas, est-ce réellement une bonne idée de faire jaillir des particules radioactives qui vont se répandre dans l'atmosphère et dans les eaux d'Asie Centrale et au-delà?
Rien d’étonnant, donc, à ce que la Russie, la Chine et l'Inde – qui sont toutes trois les plus proches géographiquement de l'Iran, et également situées dans la direction où souffleraient en premier les vents chargés de particules radioactives – soient les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU les plus opposés à une offensive contre l'Iran.
De la même façon, personne ne s’interroge sur la pertinence qu’il y aurait à larguer un nombre sans précédent de “bunker busters" de plus de 2000 kilos capables de pénétrer la terre jusqu'à 30 mètres de profondeur et le béton jusqu'à 6 m au sein même d'une région déjà prédisposée aux risques sismiques.
Personne ne semble se soucier des dégâts irréparables et irréversibles que cette action entrainerait sur des kilomètres de côtes iraniennes: la Mer Caspienne au nord, la Mer d'Arabie au sud et le Golfe Persique à l'ouest.
Et que dire des dégâts permanents causés aux nappes d'eau souterraines d'Asie Centrale, où l'eau est déjà une denrée rare? Si la fracturation hydraulique (fracking) destinée à l'extraction de gaz de schistes peut rendre l'eau potable aux Etats-Unis inflammable , imaginez ce que pourrait entraîner le pilonnage de certaines des réserves de gaz naturel les plus abondantes.
Les répercussions imprévisibles
Prédire la totalité des dégâts qui pourraient être, et seraient à coup sûr, infligés, à l'Iran et aux Iraniens est difficile, voire impossible. Personne en dehors des hauts responsables de la Sécurité peut, ne serait-ce que deviner, le nombre d'objectifs que viserait une offensive israélienne et /ou US américaine (la BBC en suggère cinq, en plus de Bou¬chehr).
Et d'autres paramètres entrent en ligne de compte, comme la quantité ou la capacité des armes qui seraient employées, ou savoir si Israël envisage d'utiliser des armes nucléaires et si les soi-disant "frappes chirurgicales de haute précision" ont atteint ou raté leur cible, des éléments qui auraient tous une incidence sur l'ampleur des "dommages collatéraux" subis par les êtres humains, les infrastructures, les maisons et les immeubles d'habitation, les écoles, les mosquées et les sites classés au Patrimoine Mondial, tout cela à cause de l'obstination à vouloir bombarder d'hypothétiques installations de recherche nucléaire en Iran.
Une offensive contre des installations enterrées en profondeur se ferait, sans aucun doute, au moyen de bombes GBU anti-bunker, capables de pénétrer des cibles enterrées grâce à l'uranium appauvri qui la constitue. Le coût en vies humaines, en risques à long terme pour la santé des populations, parmi lesquels les malformations génétiques que connaitront les nouvelles générations de bébés à cause des toxines et des produits radioactifs contenus dans les bombes à uranium appauvri qui auront été larguées et les produits nucléaires qui auront été répandus est également incalculable.
cela vaut-il le coup de faire la guerre ?
Contrairement à ce que racontent les medias, il n'y a aucune preuve que l'Iran cherche actuellement à fabriquer une bombe atomique ou même envisage de le faire . Mais, même si c'était le cas, une offensive israélienne et/ ou US américaine ne ferait que reporter sa fabrication de quelques années et peut-être même provoquer et accélérer la recherche de l'arme nucléaire en tant que moyen de dissuasion.
Pour en revenir aux enquêtes d'opinion, dans un récent sondage réalisé par téléphone par le Pew Research Center, le 8 février 2012, auprès d'un échantillon de 1500 adultes dans les 50 états US, la question posée était: "Dans quelles proportions, le cas échéant, êtes-vous au courant de la polémique concernant le programme nucléaire iranien?”
38% ont répondu: "très au courant"
39% "un peu"
23% "pas du tout".
Mais quand on leur a demandé s'il était plus important d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, même si cela impliquait de mener des opérations militaires ou d'éviter un conflit militaire avec l'Iran, même si cela voulait dire qu'ils se doteraient peut être de l'arme nucléaire:
30% ont répondu qu'ils choisissaient en priorité d'éviter le conflit militaire, alors que 58% répondaient qu'une intervention militaire pourrait être nécessaire (20% de plus que le pourcentage de ceux qui avaient répondu qu'ils étaient "très au courant" de la polémique concernant le programme nucléaire iranien).
Ce n'est pas un hasard: le même sondage de Pew qui posait la même question à un échantillon de personnes différentes entre le 30 sept. et le 4 oct. 2009 révèle que si seulement 41% d'entre elles ont déclaré "être très au courant", 61% approuvaient une intervention militaire – le même écart de 20%.
(Dans le second sondage, il était également demandé aux personnes interrogées si les Etats-Unis devaient soutenir ou s'opposer à une offensive d'Israël contre l'Iran "pour faire cesser son programme nucléaire": 39% ont répondu que les Etats-Unis devaient appuyer une intervention militaire israélienne, 5% que les Etats-Unis devaient s'opposer à une intervention militaire d'Israël, et un peu plus de la moitié - 51% - que les Etats-Unis devaient "rester neutres").
Mais qu'en aurait-il été si les questions avaient été formulées différemment?
Que se serait-il passé si le sondeur avait dit:
"Seriez vous d'accord ou pas d'accord si Israël ou les Etats-Unis retardaient les travaux de recherche nucléaire de l'Iran (pas forcément pour fabriquer l'arme nucléaire) de 3 à 5 ans au plus, en larguant des bombes fabriquées avec de l'uranium appauvri sur un pays de 74 millions d'habitants, dont un quart d'entre eux sont âgés de moins de 14 ans, si des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes risquent de mourir et que peut-être des millions d'autres risquent d'être affectées par des mutations génétiques qui provoqueront des malformations à la naissance et des cancers pour les générations futures"?
Et qu'auraient-ils répondu si la question suivante avait été:
"Si les bombes à l'uranium appauvri étaient incapables de pénétrer les installations iraniennes souterraines, où a soi-disant lieu la recherche nucléaire, dont la majorité est sous contrôle de l'AIEA, accepteriez-vous qu'Israël utilise des armes qui multiplieraient par cent le nombre de morts et de destructions et seraient à l'origine de ce que certains appelleraient un "holocauste’”?
Honnêtement, je n'ai aucune idée de ce que seraient les pourcentages pour et contre à ce genre de questions. Mais il est temps que les instituts de sondage évaluent l'opinion publique en disant de façon plus directe quels sont les véritables enjeux – les véritables conséquences – d'une offensive contre l'Iran.
Ils peuvent commencer par éliminer les termes aseptisés d'"intervention militaire" et de "frappes chirurgicales" en les qualifiant de ce qu'elles sont réellement: des actes de guerre qui vont entraîner la mort et la ruine de dizaines, voire de centaines, de milliers d'Iraniens.
Des Iraniens qui, comme les personnages du film “Une Séparation", récemment récompensé aux Oscar, http://www.telerama.fr/cinema/films/une-separation,427576.php, aiment leurs enfants et veulent ce qu'il y a de mieux pour eux, qui se font du souci pour leurs parents vieillissants, qui luttent pour joindre les deux bouts face à un taux de chômage élevé et à la pression économique.
Comme l'a déclaré Asghar Farhadi, le metteur en scène, lors de la remise de l'oscar du meilleur film étranger
"A une période où les responsables politiques parlent de guerre, d'intimidation et d'agression, le nom de leur pays, l'Iran, est évoqué ici pour sa magnifique culture, une culture riche et ancienne qui a été enfouie sous l'épaisse poussière de la politique.
Cette épaisse poussière doit-elle être contaminée par des produits radioactifs toxiques dus à l'uranium appauvri et peut-être aux retombées radioactives?
La guerre contre l'Iran, ce n'est pas rien".
Marsha B. Cohen enseigne les Relations Internationales du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord à l'école des Affaires Internationales et d'Affaires Publiques de Miami.
Note perso
Pas grand chose à dire de plus à cela: je ne pouvais pas mieux dire, d'ailleurs. Toutes les agressions menées ces dernières décennies entraînent des bouleversements quasiment irréversibles et ruinent la santé des populations pendant des générations.
Mais qui se souvient de l'agent orange de Monsanto qui a fait des ravages au Vietnam et en fait encore ? Monsanto est, lui, de plus en plus vivant et toujours aussi nuisible.
"Et 30/40 ans après les épandages, l’agent orange continue de provoquer des décès, des pathologies d’une extrême gravité, des malformations à la naissance (handicaps physiques et mentaux, membres ou organes surnuméraires ou déficitaires, lésions nerveuses irréversibles, etc.). La Croix-Rouge vietnamienne estime le nombre des victimes à environ 1 million (voir ici: Au Vietnam, l’« agent orange » tue encore )".
D'autre part, curieux, tout de même cet acharnement d'Israël à vouloir bombarder les installations nucléaires des autres alors que son arsenal nucléaire non déclaré peut détruire tout le Moyen-Orient.
Israël, avec ses 300 ogives (présumées, puisqu'ils ne sont pas censés être dotés d'armes nucléaires), qui n'a pas ratifié le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) - contrairement à l'Iran et à 189 Etats depuis 1970, et à l'instar de l’Inde et du Pakistan - et qui continue de fabriquer chaque année un véritable arsenal de destruction massive, veut garder l'exclusivité en matière de nucléaire militaire au Moyen-Orient. On se demande pourquoi.
Et puis, on vient de l'apprendre:
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en visite aux Etats-Unis, ces jours-ci, aurait demandé, d'après un haut-responsable US, au Secrétaire de la Défense, Leon Panetta, d'accepter qu'ils vendent à Israël des avions ravitailleurs et des bombes GBU-28 bunker-busters.
Ce haut-responsable a déclaré que Barack Obama avait demandé à Panetta de voir cette question directement avec son homologue de la Défense Ehud Barak, ce qui indique que l'administration US est prête à donner une suite favorable à cette demande dans les meilleurs délais.
Alors que George Bush était président, les Etats-Unis avaient refusé de vendre des avions ravitailleurs et des bombes GBU-28 à Israël, car les US Américains estimaient qu'Israël les utiliserait alors pour aller bombarder les installations nucléaires de l'Iran.
Lire le reste en anglais ici (publié sur Haaretz, le 6 mars 2012)
Ce n'est pas bon signe …
Et, puis, moi aussi, je vais y aller de mon sondage:
Pensez-vous que la population en Irak devait être punie pendant des générations à venir pour des Armes de Destruction Massive inexistantes (ce qu'affirmaient les experts avant l'invasion)?
Pensez-vous que la population en Iran doit être punie pendant des générations à venir à cause de la simple présomption que l'Iran envisagerait de se doter d'un arsenal militaire pour l'instant inexistant (malgré les visites de l'AIEA)?
Pensez-vous qu'on puisse faire confiance aux Etats-Unis, qui sont les seuls à avoir largué la bombe atomique et, par deux fois, juste pour tester son efficacité sur des cibles vivantes?
Et, pensez-vous qu'on puisse faire confiance à Israël qui a bombardé en toute illégalité des populations innocentes – et, pour le cas de Gaza, emmurées?
NB: à cause des spams, les commentaires sont modérés. Désolée, je vous libère dès que possible
Commentaires
Très curieusement on néglige d'envisager que la
Chine, la Russie et le Pakistan qui soutiennent l'Iran sont parfaitement capables de rendre la pareille à Israel en la bombardant avec des armes atomiques et pas seulement à l'uranium appauvri, question de terrasser l'adversaire et pour avoir une bonne fois pour toutes la paix dans la région.
Netanyahou ferait bien de secouer ses esprits pour les mettre en phase avec la réalité qu'il refuse de voir et de comprendre qu'une attaque
contre l'Iran sonnerait la fin d'Israel.
Article on ne peut plus clair..
A mon sens, toutes ces guerres, quel que soit le prétexte brandi, ont lieu parce que des hommes politiques d'Israël croient dur comme fer que les pays musulmans "forts" sont une menace qui risquerait de les empêcher de faire main basse sur TOUTE la Palestine et sur Jérusalem en sa TOTALITE. Donc les détruire avant un à un vaut mieux que courir ce risque. Les alliances, ensuite, se forment au gré des intérêts. Pour leurs malheurs ces pays cumulent le fait d'être musulmans (et donc d'avoir pour troisième Lieu Saint Jérusalem) et d'avoir ce maudit or noir tant prisé...
@Œil de lynx: personnellement, je préfère même pas envisager que la Russie et/ou la Chine se mettent à bombarder Israël en représailles: ce serait l'apocalypse. Mais c'est vrai que les US et Israël sont tellement sûrs de leur coup, sans doute parce que cela fait des décennies qu'ils prennent cette initiative sans que rien ne vienne se mettre en travers de leur chemin, qu'ils n'ont pas l'air de l'envisager non plus. Et pourtant.
Et c'est vrai qu'à vouloir toujours plus, les dirigeants d’Israël font courir le pays à sa perte.
Les US et Israël ont créé le chaos dans le monde entier et le créent dans leur propre pays, désormais, entraînant l'Europe avec eux.
C'est terrifiant.
@Safya: en effet, l'objectif d’Israël est de baljkaniser tout le Moyen-Orient afin de supprimer toute menace de représailles à son encontre en créant des partitions de territoires qui se solderont par des conflits frontaliers ou internes, comme en Afrique. Le pays a, pour son malheur, été, de tous temps soutenu par les US et l'Europe, qui se sont réparti une grande partie de la planète et qui doivent absolument maintenir leur suprématie pour garder la mainmise sur les ressources naturelles.
Si Israël peut poursuivre impunément, c'est que les US ne peuvent pas les lâcher, au risque de changer complètement la donne au MO.
Donc, entre eux, c'est le jeu de la barbichette.
Les dirigeants s'amusent et les peuples trinquent.
Il ne faut peut-être pas trop écouter les hysteriques politiques...
http://www.dedefensa.org/article-le...
"Téhéran a présenté ces succès comme un triomphe de la cuture iranienne, alors que les Occidentaux ont entrepris d'isoler la République islamique politiquement, diplomatiquement et économiquement en représailles à son programme nucléaire controversé."
source, art de la dépêche fourni en lien dans l'article.
http://www.ladepeche.fr/article/201...
Donc :
dérive sectaire intellectualisante des deux côtés.
Oui, yelrah, pas étonnant que les Russes les menacent, ils l'ont fait dire et ont opposé leur véto deux fois à la résolution de l'ONU. D'autre part, la réélection de Poutine n'arrange pas du tout leurs affaires.
J'espère que les rodomontades des dirigeants israéliens en resteront à ce stade mais nous avons tout de même affaire à des fous furieux qui lorgnent sur l'Iran depuis des années.
De plus, les pays occidentaux, dans leurs déclarations et par le biais des médias, ne cessent de diaboliser Poutine, ce qui est mauvais signe ... Il ne manquerait plus que sarkozy le reçoive en grande pompe à l'Elysée
Alors, tout peut arriver. Espérons que ce ne sera pas le pire.
Pas plus que le nuage de Tchernobyl, les particules radioactives de l'UA ne respectent les frontières. Aucune étude officielle n'est menée à ce sujet, mais l'utilisation actuelle produira à terme une contamination qui dépasse de loin les frontières d'une région. Pour ce qui est de "l'état d'esprit" qui a présidé aux recherches étasuniennes concernant les armes atomiques et leur usage tant contre des personnes que contre des nations des documents déclassifiés en 2007 sont plus qu'édifiants (et horripilants);
Extraits
Parmi les documents remis à la AP – une note de l’armée du 16 décembre 1948, et classifiée secrète – décrit un programme intensif pour développe une variété d’usages militaires du matériel radioactif. Travailler à la mise au point d’armes d’attaque subversive des personnes ou petits groupes fût catalogué comme priorité secondaire, qui se limitait aux études de faisabilité et expériences.
Les principales priorités énumérées furent :
-Armes de contamination « des zones peuplées ou critiques d’autre manière pour de larges période de temps
-Munitions combinant un fort potentiel explosif avec du matériel radioactif pour causer des dommages physique et la contamination radioactive simultanément.
Armes aériennes et/ou de surfaces qui étendent la contamination à travers une zone à évacuer, pour que ce quelle ce qui s’y trouve ne puisse être utilisé par les forces ennemies
L’objectif avoué est de créer un prototype d’armes pour les numéros 1 et 2 pour le 1er décembre 1950.
La 4ème priorité dans l’ordre furent des munitions pour attaquer les individus en usant des agents des agents radioactifs de manière « qu’il n’y ait ni soin ni thérapie. »
(...)
Dans un document déclassifié de juillet 1948 délimitant les intentions du programme avant réception des détails pour accord final, un point de focalisation fut la longue durée de la contamination de vastes territoires dont les résidents devraient partir ou mouraient des radiations dans une période évaluée entre 1 et 1O ans (période largement sous-évaluée et ne tenant pas compte des transmissions de gènes mutés au mieux létaux pour les générations à venir NdT)
Source ; http://les-etats-d-anne.over-blog.c...
A lire ces rapports, une chose devient certaine, il ne faut pas compter que les risques pour les populations mettent quelque frein que ce soit à une attaque de l'Iran et autres usages de substances radioactives (au contraire). Seuls les peuples prenant conscience du peu de valeur de leur vie pour les marchands de guerres pourrait arrêter le massacre, mais ils semblent que les Occidentaux ne seraient susceptibles de réagir que s'ils se sentent directement concernés. Les 500 000 enfants d'Irak morts de malnutrition dans l'opération pétrole contre nourriture ne les ont pas affectés outre-mesure. Se réveilleraient-ils s'ils prenaient conscience que c'est leur vie et leur descendance qui est menacée ?
Et donc ma réponse au sondage :
La population Irakienne,qui souffrait des exactions de Saddam Hussein ,a souffert et souffre encore bien d'avantage de la "liberté et la démocratie". Mais qui s'en soucie ici, sinon par les risques que les haines contre l'Occident déclenchée par l'invasion US et ses conséquences nous font courir. La destruction de l'Iran aurait des conséquences similaires, les marchands de guerre sont des fabricants de haine qui n'ont nul soucis des peuples, ni de la vie de leurs propres soldats, si ce n'est que trop de morts sur le terrain risquerait de provoquer une révolte aux EU même comme lors de la guerre du Vietnam.
Quand à la confiance !!!! Entre les précédents et l'article que je cite et qui parle de recherches entreprises directement après le largage des bombes atomiques sur le Japon... les États-Unis empoisonnent d'ores et déjà la planète, non seulement avec l'UA mais aussi et entre autres par exemple avec le Round UP désherbant descendant de l'agent orange aux funestes conséquences, dont des épandages massifs par avion en Argentine se font sans souci des habitants, des écoles, ...
Israël no comment.
J'ai bien peur cependant que seule une révolte intérieure aux États-Unis puisse arrêter le massacre et qu'elle aurait d'autant plus de chance d'aboutir que les Peuples d'Europe en fairaient autant... je ne suis pas très optimiste. Ni pour l'une ni pour l'autre... trop de divisions interne de part et d'autre...
Tout à fait. Nous sommes empoisonnés de toutes parts par des gens sans scrupules qui recherchent la moindre possibilité de faire des profits au détriment de la planète entière. Et nous sommes bien peu à nous en inquiéter.
Très pertinente réflexion sur la formulation des question. Leur sondage sont purement et simplement un outil de propagande.
Jamais une guerre n'a servi un peuple, et on peut attendre de pied ferme quelqu'un qui prouvera le contraire. Non, une guerre ça fait des morts pour le peuple, de tous les côtés, et du pognon pour ceux qui l'organisent.
Franchement, c'est particulièrement ironique, de vouloir faire la guerre à un pays sous prétexte qu'il recherche à obtenir l'arme nucléaire, en lui balançant des missiles à l'uranium appauvri.
C'est peut-être pour bien leur montrer à quel point c'est dangereux ?
C'est écoeurant, autant de duplicité...
On a beau lire des messages tels que le vôtre, essayer d'en diffuser un maximum, de les véhiculer comme l'on peut (avec le dessin, pour ma part), au bout d'un moment on se sent désarmé...
Et pourtant faut rien lâcher...
salut, galien,
je suis entièrement d'accord avec toi: "jamais une guerre n'a servi un peuple". Ce n'est pas le but, d'ailleurs, puisqu'elle ne sert qu'à diviser, morceler et piller un territoire.
"essayer d'en diffuser un maximum, de les véhiculer comme l'on peut (avec le dessin, pour ma part), au bout d'un moment on se sent désarmé...
Et pourtant faut rien lâcher..."
Exact! un coup d'épée dans l'eau peut-être, mais on l'aura dit. On ne sera pas cette minorité silencieuse qui avalise, de fait, la pensée de plus en plus unique.
La gauche a un long chemin à faire pour retrouver une crédibilité. C'est triste d'en être arrivée à cautionner les guerres impérialistes, sous prétexte de compassion "humanitaire". Cela signifie bien que nous sommes anesthésiés et que l'idée de "révolution" a été vidée de son sens.
Je pense que la crédibilité doit apparaître comme conséquence et non comme but pour la gauche. Aujourd'hui elle se perd justement dans une recherche à tout prix d'une crédibilité du politiquement correct qui serait porteuse électoralement,quitte à mentir, quitte à se tromper soi-même, quitte à trahir toutes les valeurs qui l'ont fondées.
Refonder la gauche, c'est redéfinir des valeurs indépendamment d'une visée électorale.
Mettre un terme à l'exploitation de l'homme par l'homme... et donc en finir avec le capitalisme,déjà.
Rétablir un internationalisme entre les peuples, directement sans passer par des appareils d'état.
Peut-être aussi pourrait-on approfondir le point de vue proposé par de nombreux natifs américains qui récusent les notions de gauche et de droite, non comme le fait ici une certaine droite pour récupérer un électorat de gauche, mais simplement parce que les modèles qu'ils proposent s'ils sont syncrétiques, n'ont pas recours au schéma issu de parlementarisme post 1789. Pour eux, en finir avec le colonialisme, c'est aussi refuser de se définir dans des termes extérieurs imposés comme seuls possibles.
Un modèle dont nous pouvons prendre de la graine aussi ce sont les centres sociaux espagnols dont beaucoup sont issus de l'anarchisme et qui jouent à présent un rôle concret et important dans la crise du logement en s'appropriant des bâtiments dont ils font des lieux de vie, de rencontre, d'échange, des centres culturels, des lieux de production.
"Le monde va changer de bases, nous ne sommes rien soyons tout" peut-être faut-il commencer par ancrer ses bases concrètement dans le paysage du politique. Retrouver les rôles de solidarité active qui étaient partie intrinsèque des mouvements ouvriers au début su siècle passé.
Seule la grève de la consommation peut atteindre le pouvoir dans ce qu'il a de plus précieux, ses profits, pour cela il faut mettre en action de nouvelles formes de production et de nouveaux réseaux d'échanges. Cela se fait déjà et de plus en plus... mais il y a comme une course contre la montre qui se joue... pour atteindre un effet de masse critique (avant qu'il ne soit trop tard) afin de passer le seuil (révolution) qui constituera un changement irréversible.
Ici une usine reprise en autogestion, ici une petite coopérative bioagricole, ici la mise en place d'une monnaie locale, là un bâtiment occupé qui devient centre social autogéré,, ailleurs des sans-abri qui construisent une maison collective en terre paille et créent leur potager.... une multiplicité de petites expériences qui toutes ensemble font que déjà un autre monde est parmi nous et participent d'un même courant,
Et les bénéfices qui ne servent plus à des personnes privées mais à l'amélioration du bien commun. Cela se fait, au Brésil, en Argentine...
cela ne résout pas tout mais c'est une composante incontournable de la réponse, un préalable indispensable.
Quiconque prétend aujourd'hui qu 'on peut changer une nation par des élections (sauf à l'échelle locale) est soit un menteur,soit un imbécile et dans les deux cas inapte à gouverner.
Désolée d'être un peu en retard pour répondre, à cause de diverses activités.
Merci pour ce commentaire intéressant, Anne.
Et qui donne à réfléchir. Oui, repenser tout le système à la base. Et non pas, parce que ce sera parachuté par quelque bateleur qui nous vend du rêve avant et nous dit que c'est pas réalisable après.