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La guerre, c'est ça: pas le machin virtuel qu'il veulent nous fourguer

Voyons quelques titres de presse :

En Syrie, "les obus tombent et le monde regarde", LEMONDE.FR avec AFP | 28.02.12

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, quatorze personnes ont été tuées dans ce pays meurtri par une crise qui a fait "aux alentours de 8 000 morts" en onze mois, a confirmé le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, sur RTL. "On a franchi toutes les limites de la barbarie", a-t-il estimé. Le bilan des victimes de la répression est "certainement bien supérieur à 7 500 morts", a déclaré de son côté Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, qui a cependant admis que l'ONU ne pouvait "pas donner de chiffres précis".

NB: l'"Observatoire syrien des droits de l'homme", sur lequel s'appuient les médias pour donner leurs chiffres, opèrerait et "observerait" depuis Coventry, en Angleterre, avec, pour matériel, un ordinateur. C'est dire s'ils sont carrément dans le feu de l'action, avec du matériel High Tech.

Syrie: La chirurgie utilisée comme arme de répression par Bachar al-Assad Le Monde - 28/02/2012
On se rappelle les couveuses de prématurés débranchées, pour l’Irak I, Le Viagra aux soldats pour la Libye, les ADM pour Irak II, etc.

Monarchies arabes /Les ambassadeurs de Syrie expulsés; AFP, mardi 07 février 2012
Les six monarchies du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) C'est-à-dire, les vice-rois mis en place, protégés par l'Empire, et qui lui sont tout dévoués. On peut leur faire confiance, donc.

"Syrie : Non-assistance à peuple en danger" par Laurent-David Samama dans "La règle du jeu
Introduction

Chaque jour, dans les rues de Homs et de Damas, le peuple syrien clame son opposition au régime sanguinaire de Bachar al-Assad. Celui-ci, sentant son pouvoir vaciller, utilise des moyens toujours plus violents pour réprimer la fronde de son peuple. Chaque jour, ce sont plusieurs dizaines de civils qui périssent sous les bombardements et les tirs d’artillerie lourde de l’armée syrienne. Impuissante, divisée, la Communauté internationale assiste au massacre du peuple syrien par caméras interposées. Protégé par la Chine et la Russie, Le régime de Damas survit encore, protégé par la Russie et la Chine. Mais pour combien de temps encore ?

Oui, ces salauds de Russes et de Chinois, complices d'assassinats, qui empêchent les Occidentaux, c'est bien connu, empathiques et désintéressés, d'agir pour faire cesser des atrocités.

Et, cerise sur le gâteau:
Dans ce même organe de propagande de M. Botul himself, on trouve, écrit de sa plume, le mardi 28 février 2012:

Il faut, maintenant, une intervention en Syrie
Le 19 mars, cela fera un an, jour pour jour, que des escadrilles d’avions français, puis, dans un deuxième temps, anglais, américains, arabes, auront sauvé Benghazi d’une destruction annoncée.
Eh bien, les choses étant ce qu’elles sont et si, non seulement la France, mais la communauté internationale ne se ressaisissent pas, cet anniversaire risque d’avoir un mauvais parfum de cendres et d’échec. Car il y a, aujourd’hui, un nouveau Benghazi.
Il y a une ville, dans la région, qui est dans l’exact cas de figure qui était celui de Benghazi.
Il y a une ville qui se trouve, pour être précis, dans une situation presque pire que celle, alors, de Benghazi puisque le même type de chars, positionnés de la même façon, à la même distance des populations civiles désarmées, sont, cette fois, depuis des mois, déjà passés à l’œuvre.
Cette ville, c’est Homs.

Evidemment, l'auteur omet un léger détail: ce qui c'est passé entre deux, à savoir, la désintégration de la Libye, la dévastation de la ville de Syrte et d'autres, la destruction d'infrastructures, le démantèlement de la société, la mainmise sur les avoirs du pays, les tortures et assassinats commis, depuis, par ses amis, les "révolutionnaires". Sans oublier son rôle primordial dans cette destruction, les exhortations à la guerre qu'il a menées tambour battant dans le bureau présidentiel, qui ont conduit à ce désastre humanitaire et dont les champions de l'intervention "humanitaire" se désintéressent totalement depuis les humiliations, la torture, le lynchage qu'a subis Kadhafi avant d'être assassiné froidement, ainsi que la liquidation d'une partie de sa famille.
Mais si c'était un "dictateur sanguinaire" on ne va pas pleurer, hein. On a déjà du mal à compatir à la mort de centaines de milliers d'innocents qu'on a provoquée, alors, bon.
Il poursuit:

"Il y a un moment où trop, c’est trop.
Il y a un moment où, face au carnage, face à la bagatelle des 8000 morts qu’ont faits les chars de Bachar el-Assad, face à la lugubre bouffonnerie de ce référendum que l’on prétend organiser, de surcroît, sous les tirs de snipers et les obus, il faut avoir l’élémentaire dignité de dire stop".
"Il y a un moment, oui, où une communauté internationale qui a voté à une écrasante majorité (137 voix, le 16 février, à l’assemblée générale des Nations unies) la condamnation de l’assassin ne peut plus se laisser prendre en otage, et paralyser, par ces deux Etats voyous que sont, en la circonstance, la Chine et la Russie. (…)

C'est clair, deux pays qui s'opposent à la volonté destructrice d'une coalition toujours plus assoiffée d'invasions et de sang ne peuvent être que des Etats voyous.
En revanche, jamais aucune indignation (évidemment) contre l'"état voyou" qui ignore les multiples résolutions votées depuis 1973 par l’assemblée générale des Nations unies contre Israël, le pays qui détient, on le sait maintenant, grâce à lui, l'"armée la plus morale de monde".
Suivent ses directives stratégiques pour éviter de toucher la population civile dans une ville – ce qui va rendre grand service à ces incompétents de militaires.
Et il conclut:

Tout cela est risqué ?
Bien sûr.
Mais moins que la guerre civile à laquelle travaille Assad et qui transformerait la Syrie en un nouvel Irak. Moins que le renforcement, si Assad l’emportait, de cet axe chiite dont on rêve à Téhéran et qui menace la paix du monde.
Et moins que le désastre moral auquel nous aurions à faire face si la « responsabilité de protéger », superbement assumée en Libye, devait, en Syrie, retourner dans l’enfer des idéaux trahis.

En toute bonne foi, bien entendu.
(Je vous laisse lire le reste du billet sur son site, si le cœur vous en dit. ).
Conclusion:
BHL pousse à l'intervention humanitaire dans les plus brefs délais en Syrie, afin, dit-il, d'éviter la guerre civile qu'El-Assad appelle de ses vœux, alors que celui-ci propose hypocritement, pour amuser la galerie, sans doute, "la lugubre bouffonnerie de ce référendum que l’on prétend organiser" et piétine de dépit devant l'inconscience de la Chine et de la Russie qui refusent d'assumer la "'responsabilité de protéger', superbement assumée en Libye! ". ("superbement assumée en Libye" : exactement ce que j'aurais dit). Mais il faut bien ça, parce que, sinon, la paix du monde serait menacée par cet axe chiite dont on rêve à Téhéran.
Tiens, si ce n'était si pathétique j'en rigolerais.
Le problème, hélas, dans cette affaire, c'est qu'Al Assad "dispose de deux alliés de poids que n’avait pas Kadhafi et qui sont l’Iran et la Russie". Ah, l'Iran, encore un dictateur sanguinaire à mater là-bas. Il ne perd rien pour attendre: on règle cette affaire d'Al-Assad et on y va.
Rappelons-nous: Kadhafi à peine froid, il avait déclaré avec l'ardeur de l'illuminé:

"A qui le tour ? Bachar el-Assad ! Ou... ou Mahmoud Ahmadinejad, hein, ou Ahmadinejad en Iran ! Voilà ! Il y en a deux là, qui sont évidemment dans la ligne de mire, mais, pas, pas d’la France… de l’Histoire Universelle ! C’est un théorème maintenant. C’est le théorème 2011 ! Un dirigeant qui fait donner sa police, son armée, ses milices contre son peuple, d’une manière ou d’une autre : il dégage !" … forcément Bachar el-Assad ! Forcément ! Forcément, un jour ou l’autre Ahmadinejad et le régime iranien en général.

Eh bien, ça y est, on y est. On plie l'affaire Assad et on va bombarder l'Iran. Où est le problème? Juste à trouver un moyen d'agiter un peu la population contre le dictateur sanguinaire et hop, c'est comme si c'était fait.
Evidemment, les épouvantails des occidentaux, les "islamistes", voire "terroristes", s'ils sont persona non grata quand cela les arrange, ne leur posent aucun problème quand ils veulent se débarrasser d'un empêcheur de balkaniser en rond.
Qui parle des factions sectaires en Irak, en Libye et maintenant en Syrie, tapies dans l'ombre pour s'emparer du pouvoir - et qui remplaceront une dictature laïque par une tyrannie religieuse?
Qui parle de la nébuleuse qui constitue le "mouvement d'opposition" syrien et ceux qui les encouragent vivement, voire les arment en sous-main?
La secrétaire d'Etat US les appelle "les amis d'une Syrie démocratique" et les exhorte à s'unir et à se retourner contre le président El Assad.
Outre certaines des forces d'opposition en Syrie, les "amis de la Syrie" sont également le regroupement de pays qui soutiennent les efforts des précédents pour renverser Assad.
Parmi eux, les pays occidentaux, la Turquie et les pays arabes, en particulier ceux dirigés par l'Arabie saoudite ou le Qatar, qui financent très généreusement l'opposition (belle ouverture d'esprit de leur part que de s'intéresser à des démocrates, quand ils ne sont pas eux-mêmes enclins à privilégier ce genre de régime).

Mais, que dit-on côté USaméricain?

Eh bien, on a comme une impression de déjà-vu ces derniers temps.
Le 4 février dernier, Obama condamnait la répression menée par le gouvernement syrien dans un communiqué (que je vous conseille de lire in extenso, en anglais ) publié par la Maison Blanche:

"Je condamne vivement la répression inqualifiable du gouvernement syrien menée contre la population d'Homs et je présente toutes mes condoléances à ceux qui ont perdu des êtres chers. Assad doit immédiatement cesser sa campagne de massacres et de crimes contre son propre peuple. Il doit se retirer pour laisser s'opérer une transition démocratique immédiate".
Ou encore:

"Assad n'a pas le droit de gouverner la Syrie, et a perdu toute légitimité auprès de son peuple et de la communauté internationale. La communauté internationale doit s'efforcer de protéger le peuple syrien de cette brutalité abjecte".
(il est vrai que la délicatesse et l'empathie des Etats-Unis vis-à-vis des populations innocentes sont légendaires. Il n'y a qu'à demander en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, en Somalie, à Guantanamo, à Bagram, à Abu Ghraib et ailleurs, qui ne pourront que confirmer).
Tiens, tiens! Obama recycle ses discours, lui aussi.
Concernant la Libye, Obama avait déclaré, en mars 2011:

"A partir de maintenant, nous ne cesserons de répéter de façon claire et nette: les violences doivent cesser. Mouammar Kadhafi a perdu toute légitimité pour gouverner, et il doit partir. Ceux qui ont commis des violences contre le peuple libyen seront tenus pour responsables de leurs actes. Et les aspirations du peuple libyen à la liberté, la démocratie et la dignité doivent être satisfaites".

D'autre part, Obama, déclarait, après la mort de Kadhafi, que celui-ci avait "raté l’occasion d’instaurer la démocratie dans son pays et décrivait sa mort comme un message envoyé aux dictateurs à travers le monde qui est que les peuples veulent être libres.

"Il a eu l’occasion pendant le printemps arabe de desserrer son étreinte sur le pouvoir et d’effectuer une transition pacifique vers la démocratie. Nous lui avons donné une ample opportunité qu’il n’a pas saisie".

Voilà. El Assad, lui n'a rien saisi du tout non plus, on suppose, puisque, à part organiser un référendum sur une nouvelle Constitution, et annoncer que des élections législatives se tiendront 90 jours après, il n'a rien fait.
Mais Washington ne s'y est pas trompé, qui a, aussitôt, dénoncé un scrutin d'un "cynisme absolu".
Hillary Rodham-Clinton, Madame"on-est-venu-on-a vu-il-est-mort", avait déclaré, de son côté, à propos de la Libye, le 28 février 2011 à Genève devant le Conseil des Droits de l'homme :

"On apprend que des soldats ont été exécutés pour avoir refusé de retourner leurs armes contre leurs concitoyens, et qu'il y a eu des assassinats, des arrestations arbitraires, ainsi que des tortures.
Le colonel Kadhafi et son entourage doivent rendre des comptes de leurs actes, qui violent les lois internationales et la décence commune.
Avec ces actions, ils ont perdu la légitimité de diriger un pays.
Ces violations des droits universels sont inacceptables et ne peuvent en aucun cas être tolérés. (…)
C'est, au final, le peuple libyen qui décidera de son propre destin et qui créera son propre gouvernement. Ils affrontent actuellement les balles du dictateur et mettent leur vie en danger pour pouvoir profiter des libertés qui reviennent de droit à chaque homme, chaque femme et chaque enfant sur terre."

Pour ce qui est de la Syrie, Ms Clinton est, évidemment, "scandalisée" de voir comment le régime El Assad traite son propre peuple, mais a déclaré qu'elle n'envisageait pas une intervention armée – pour l'instant, cela dit - et qu'elle était contre le fait d'armer les opposants (même si de toute évidence, ils le sont déjà, mais chut! Ca ne compte pas si ce n'est pas officiel).
Toutefois, elle n'entend certainement pas lâcher sa proie.
Le 4 février dernier, Clinton déclarait:

"Chaque fois que des tyrans refusent d'écouter les revendications légitimes de leur propre peuple, nous devons collaborer pour leur lancer un message clair: on ne peut pas arrêter le cours des choses sous la menace des armes".

Et lors de la conférence internationale réunissant les ministres des Affaires Etrangères des "Amis de la Syrie" qui s'est tenue à Tunis, le 24 février dernier, elle a prévenu le régime syrien qu'il paierait le "prix fort" s'il s'obstinait à ignorer la voix de la communauté internationale, et offert 10 millions de dollars pour soutenir l'aide humanitaire en Syrie (c'est sympa, parce qu'ils sont plutôt fauchés, les US, ces temps-ci, mais si c'est pour la démocratie, hein?).
D'autre part, elle demande, évidemment, à Assad de se retirer et de laisser la place au CNS (Conseil National de Syrie) – un groupe aussi transparent que le CNT libyen– et propose d'envoyer ensuite une Force de Maintien de la Paix de l'ONU.
Cette attitude "retenez-moi-ou je fais un malheur" pourrait bien être due au veto que la Chine et de la Russie ont opposé au projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie, le 4 février dernier.
D'ailleurs, elle ne décolère pas.
La secrétaire d'Etat USaméricaine a déclaré devant la presse à l'issue de la Conférence internationale sur la Syrie:

Moscou et Pékin "doivent comprendre qu'ils ne se mettent pas seulement en travers des aspirations du peuple syrien, mais également du Printemps arabe. Il est plutôt désolant de voir deux membres du Conseil de sécurité user de leur veto quand des gens sont assassinés. Nous devons faire changer de position les gouvernements chinois et russe".

Cette déclaration n'a plu ni à Pékin - qui a déclaré, par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères: "Nous ne pouvons pas accepter cela (...) le monde extérieur ne devrait pas imposer son plan de solution de la crise au peuple syrien";
Ni à Moscou, où Vladimir Poutine, a fustigé l'attitude "cynique" de l'Occident vis-à-vis de la Syrie.
Evidemment, on pourrait comprendre la compassion que manifeste madame Rodham-Clinton envers les victimes innocentes si cela ne faisait pas plus de 50 ans que les Etats-Unis ne "se mettaient en travers des aspirations du peuple" palestinien.
"Cynique". C'est bien le mot.
Et du côté de la Grande Bretagne?
"Le régime (de Syrie) est un régime condamné en même temps qu'un régime assassin. En aucune façon, il ne peut retrouver sa crédibilité que ce soit au niveau international ou auprès de son propre peuple”, a déclaré sur Sky News le petit ministre des affaires Etrangères, William Hague, appuyant docilement le scénario de Washington.

“parce ce que le régime est intraitable, parce qu'il se livre depuis dix mois à la violence et à la répression sans bornes – plus de 6,000 personnes ont été tuées, 12000 à 14000 sont détenues et soumises à toutes sortes de tortures et de mauvais traitements – ce qui pousse certains de ses opposants à commettre des actes de violence eux-mêmes" a ajouté Hague.

Donc, toutou pareil.
Je vous épargnerai les diverses déclarations des responsables en France , du même niveau.
Décompte des morts
Curieux tout de même, qu'on nous annonce des chiffres précis sur les morts causées par les "dictateurs sanguinaires" qui "tirent sur leur propre peuple", qui servent à justifier une "intervention humanitaire" dans le cadre de la " responsabilité de protéger".
Ainsi, Kadhafi avait été accusé d'avoir fait tuer 6000 personnes innocentes, Al Assad, lui, c'est 7 à 8000. Kif-kif, quoi.
Ces chiffres ont été établis sur la foi d'organisations des "droits de l'Homme".
Ainsi, l’une des principales sources à l’origine de l’affirmation selon laquelle Kadhafi aurait décimé son propre peuple est la Ligue libyenne des Droits de l’Homme, dont plusieurs de ses membres faisaient partie, devinez quoi? ... du CNT. Le 21 Février 2011, le secrétaire général de la ligue libyenne des droits de l’homme, le Dr Sliman Bouchuiguir avait, avec l’organisation UN Watch et la National Endowment for Democracy (NED), fait signer une pétition à plus de 70 ONG.
Pour ce qui est de la Syrie, c'est cet obscur "Observatoire des Droits de l'Homme", basé à Londres (ou à Coventry, selon les sources) qui fournit les informations sur ce qui se passe sur le terrain en Syrie.
Ces informations sont reprises dans les médias français, anglo-saxons et même arabes (Al Jazeera). Son président, Rami Abdel Rahmane, déclare que l'association compte 200 adhérents. D'autres affirment qu'ils seraient ...deux.
Comment les grands médias peuvent-ils accorder le moindre crédit à une source aussi douteuse?
Pourtant, ces mêmes médias sont complètement fâchés avec les chiffres quand il s'agit d'indiquer le nombre de victimes quand les forces occidentales, leurs marionnettes, les services secrets, les mercenaires et autres assassins occupent un pays.
ONG humanitaires
Outre la Fédération des Droits de l'Homme (FIDH), Amnesty International et Human Rights Watch ont choisi le camp des belligérants et appellent à une 'intervention humanitaire" pour "protéger les populations".
A lire (en anglais) cet excellent billet de Glenn Fiord dans Black Agenda Report : SYRIA: “Human Rights” Warriors for Empire: Amnesty International and Human Rights Watch have chosen the side of Empire in the Washington-backed belligerency.
J'y reviendrai.
Alors récapitulons :
Donc, pour que cela nous "parle, il faut:
- Un dictateur sanguinaire", qui commettrait des "atrocités", qui « assassinerait son propre peuple » (NB: le concept d’ "intervention humanitaire" est une sacrée trouvaille, qui permet de maquiller les guerres d’invasion en opérations philanthropiques), puis, pour relancer la machine, qui s’en prendrait aux bébés, aux femmes ou autre catégorie vulnérable, apte à soulever l’indignation des populations occidentales sous influence;
- Un "Bengazi" –une ville "assiégée", où l’armée pilonnerait des populations civiles « innocentes » qui manifestent « pacifiquement » (et en brandissant, parallèlement la menace d’une guerre civile si rien n'est fait pour arrêter le carnage) ;
- Tout un tas d’agitateurs sur le terrain: « conseillers » militaires étrangers, agents des services secrets, mercenaires, etc.
- L’appel d’ONG humanitaires, apparemment au-dessus de tout soupçon (LDH, Amnesty), à protéger les populations civiles, prises dans une « souricière », dans un « bourbier » et que seuls les pays surarmés peuvent régler.
C’est le même scénario qui s’est déroulé maintes fois : combien de fois encore allons-nous gober cela avant de nous rendre compte que nous nous faisons berner et que nous donnons notre aval à des massacres et des pillages de pays souverains ?

Cette guerre-là, c'est celle qui est livrée aux pays rebelles qui refusent de s'aligner
Le prochain sur la liste à être démantelé et redécoupé en territoires rivaux, ce sera l'Iran, qui subit depuis longtemps la diabolisation des pays occidentaux.
Et, une fois cette mission terminée, la Palestine, sans alliés, livrée pieds et poings à Israël et ses alliés, sera définitivement rayée de la carte.
Puis viendra le moment de s'attaquer aux pays insoumis d'Amérique latine, qui, pour l'instant s'émancipent bien trop pour la tranquillité de l'Empire.
Et, enfin, sommes-nous, dans les pays occidentaux – et en particulier en Europe - à l'abri?
Pas du tout. Bien au contraire. C'est une guerre sans merci, également. Mais c'est une guerre sans victimes visibles (ou peu), sans bruits de bottes (pour l'instant), où les militaires cèdent la place aux banquiers et autres requins de la finance et à leurs mercenaires. Cette guerre est actuellement menée de façon ostensible en Grèce, en Irlande, en Espagne, au Portugal, etc.
Et bientôt ici même.
Elle s'attaque d'abord aux peuples les plus affaiblis par les mesures prises par les gouvernements successifs, prescrites par les directives qui leur sont imposées par Bruxelles et les lobbys internationaux qui y font la pluie et le beau temps, les peuples de l'UE ayant été dépossédés de tout pouvoir de décision, même dérisoire.
Les chefs d'Etat, petits gouverneurs de province, chefs de gouvernements fantoches, sont chargés d'exécuter les basses besognes: liquider les services publics, réduire les aides sociales, réduire les impôts, creuser des déficits en favorisant les grandes entreprises, tout cela pour faire monter en flèche la dette, ce qui les amènera à prendre des mesures d'austérité dont seuls les peuples pâtiront.
Leur autre mission, c'est de parvenir à ne conserver que les pouvoirs régaliens (police, justice, armée) qui leur permettront d'intimider les insoumis, de mater les révoltes et d'asservir les populations.
C'est la raison pour laquelle nous votons systématiquement depuis des décennies "pour le changement" et que droite dure et droite molle se succèdent aux manettes. Mais de changement, il n'y en a point. Tout est verrouillé. Tout est joué.
Et, aujourd'hui, nous avons atteint un nouveau palier.
Les chefs d'état, jusqu'ici élus "démocratiquement", de pays déclarés "en faillite" sont désormais carrément renversés et remplacés par des gestionnaires de la finance internationale, comme Papandréou et Berlusconi. Ce qui veut bien dire que, là encore, comme au Proche-Orient ou en Afrique, nous ne maîtrisons rien.
Cela n'a pas ému grand monde, hélas, les limogés sont partis sagement, sans faire d'histoire, il n'y a pas eu besoin de les assassiner, comme Saddam ou Kadhafi. Sans doute parce qu'ils ont été bien récompensés pour leurs bons et loyaux services et, également, parce que personne ne se serait battu pour les garder, et donc, cette violation de la souveraineté des Etats n'a fait l'objet d'aucune protestation.
Comme quand il s'agit de "dictateurs".
Ils sont très forts et nous sommes anesthésiés, empreints que nous sommes de nos certitudes et de notre supériorité.
Accepter que les Saddam, Kadhafi, Assad, Berlusconi, Papandreou, et autres, soient contraints par des entités extérieures, de façon plus ou moins radicale, de quitter leurs fonctions à la tête d'un Etat, c'est renoncer, à longue ou brève échéance, à nos droits de citoyen-ne-s et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Message personnel à tous les "anti-impérialistes /"anticapitalistes" autoproclamés: cautionner des guerres, quelles qu'elles soient, quel que soit le nom qu'on leur donne, quel que soit le motif invoqué, c'est approuver la mainmise de l'Empire sur des Etats souverains. Il s'agit donc, soit de changer d'avis, soit de changer d'étiquette.

Liens annexes:

Rapport sur la Syrie
Un excellent document pour qui veut approfondir.
Organisée à l’initiative du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R1) et du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme etd’aide aux victimes du terrorisme (CIRET--‐AVT2), une délégation internationale d’experts s’est rendue en Syrie du 3 au 10 décembre 2011, afin d’évaluer la situation syrienne en toute indépendance et neutralité.

Et sur ce blog:
La propagande médiatique concernant la Libye