Piotr Kropotkine et l'Anarchie
Par emcee le jeudi 16 février 2012, 07:53 - Brèves et hors catégories - Lien permanent

Texte original de David Morris: "Anarchism Is Not What You Think It Is -- And There's a Whole Lot We Can Learn from It", paru le 13 février 2012 dans Alternet .
L'anarchie n'est pas ce que vous pensez qu'elle est – et nous avons beaucoup à apprendre d'elle
Le mot « anarchie » a tellement été vidé de sa substance qu'il a fini par être synonyme de chaos et de nihilisme. Ce n'est pas ce que cela veut dire.

Photo Piotr Kropotkine par Nadar
Le 8 février 1921, 2000 personnes, bravant des températures si basses que les instruments de musique avaient gelé, suivaient le cortège funéraire dans la ville de Dimitrov, une ville à l'extérieur de Moscou. Ils étaient venus rendre hommage à un homme, Piotr Kropotkine, et à sa philosophie, l'anarchie.
Quelque 90 années plus tard, rares sont ceux qui ont entendu parler de Kropotkine. Et le mot "anarchie" a tellement été vidé de sa substance qu'il a fini par être synonyme de chaos et de nihilisme. C'est regrettable, car, à la fois l'homme et la philosophie qu'il a tant fait pour expliquer ont beaucoup à nous apprendre en 2012.
Je suis étonné qu'Hollywood n'ait pas encore découvert Kropotkine. Car sa vie est de l'étoffe dont on fait les grands films. Né dans un milieu privilégié, il a passé sa vie à lutter contre la pauvreté. Révolutionnaire toute sa vie, il était également un géographe et un zoologiste connu dans le monde entier. Et, d'ailleurs, la politique et la science ont toujours été mêlées dans la plus grande partie de sa vie.
Ses luttes contre la tyrannie l'ont conduit à passer des années dans les prisons russes et françaises. La première fois qu'il a été incarcéré en Russie, un tollé soulevé par de nombreux universitaires les plus connus dans le monde a permis sa libération. La fois suivante, il organisait une évasion spectaculaire et fuyait le pays. A la fin de sa vie, de retour dans sa Russie natale, tout en ayant applaudi au renversement du Tsar, il condamnait fermement les méthodes violentes et de plus en plus autoritaires de Lénine.
Dans les années 1920, Roger N. Baldwin décrivait ainsi Kropotkine:
Kropotkine, est considéré par tous ceux qui l'ont connu tout au long de sa vie comme "l'homme le plus noble" qu'ils aient jamais rencontré. Oscar Wilde avait dit que c'était un des deux hommes véritablement heureux qu'il avait rencontrés … Dans le mouvement anarchiste, des milliers de militants ressentaient tous pour lui une profonde affection – les ouvriers français l'appelaient "notre Pierre". Sans jamais prendre le rôle de leader, il dominait toutefois par la force morale de sa personnalité et son intelligence exceptionnelle. Il alliait de façon extraordinaire une personnalité remarquable, une grande intelligence et une conscience sociale ardente. Sa vie a énormément marqué les gens de tous horizons – toute la sphère scientifique, le mouvement révolutionnaire russe, les mouvements radicaux de toutes tendances, et le monde littéraire qui ne s'intéressait pas, ou très peu, à la science ou à la révolution.
Dans l'optique qui nous intéresse ici, l'héritage le plus durable de Kropotkine est son travail sur l'anarchie, une philosophie dont il était sans doute le défenseur le plus passionné. Il était arrivé à la conclusion que la société allait dans la mauvaise direction et avait trouvé la bonne direction en utilisant la même méthode scientifique qui l'avait conduit à choquer ses collègues géographes en prouvant que les cartes de l'Asie existantes ne reproduisaient pas les montagnes dans le sens voulu.
L'événement marquant qui a conduit Kropotkine à choisir l'anarchie a été la parution de "De l'origine des espèces (au moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie)" de Charles Darwin en 1859.
Si la thèse de Darwin selon laquelle nous descendons du singe était très controversée, sa théorie selon laquelle la sélection naturelle impliquait "la survie des plus aptes" à la suite d'une lutte acharnée entre et parmi les espèces avait été reprise avec enthousiasme par les "1%" de l'époque pour justifier que toutes les inégalités sociales étaient la conséquence inévitable de la lutte pour la survie.
Andrew Carnegie affirmait que la "loi" de la concurrence "est préférable pour la race, car elle assure la survie du plus apte dans tous les domaines". "Nous acceptons avec plaisir les grandes inégalités et la concentration des affaires entre les mains de quelques-uns”.
L'homme le plus riche de la planète, John D. Rockefeller, avait affirmé péremptoirement: "l'essor d'une grande entreprise n'est que le résultat de la loi du plus apte … l'accomplissement d'une loi de la nature".
En réponse à un essai de Thomas Huxley largement diffusé au XIX°s, "la lutte pour la survie dans la société humaine", Kropotkine avait publié une série d'articles pour le même magazine qui ont plus tard été regroupés dans le livre: " L’Entraide".
Il expliquait que la théorie des darwinistes sociaux était contredite par ses propres recherches empiriques. Après avoir passé cinq ans à étudier la faune en Sibérie, Kropotkine écrivait :
"je n'ai pas constaté – malgré toute ma bonne volonté - cette lutte féroce pour la survie … qui était considérée par la plupart des darwinistes… comme étant la caractéristique dominante – et le principal facteur d'évolution.”
Kropotkine avait salué le travail de recherche de Darwin sur la sélection naturelle mais pensait que le principe dominant de la sélection naturelle était la coopération, et non pas la compétition. Les plus aptes étaient ceux qui coopéraient.
“Les espèces animales, où la lutte individuelle a été réduite au strict minimum, et où la pratique de l'entraide est la plus développée, sont invariablement les plus nombreuses, les plus prospères, et les plus réceptives à de nouvelles avancées … les espèces qui ne sont pas organisées en société, sont, au contraire, vouées à l'extinction".
Il a passé le reste de sa vie à défendre ce concept et le système d'organisation sociale connu sous le nom d'anarchie. Pour les Américains, l'anarchie est synonyme de désordre. Mais pour Kropotkine, dans les sociétés anarchistes, l'ordre existe, mais l'ordre nait de règles conçues par ceux qui en ressentent l'effet, des règles qui encouragent des systèmes de production à l'échelle humaine et qui optimisent la liberté individuelle et la cohésion sociale.
Dans son article sur l'anarchie paru dans l'Encyclopedia Britannica de 1910, Kropotkine définit l'anarchisme comme une société “sans gouvernement – l'harmonie dans une telle société étant réalisée non pas par la soumission à la loi, ou par l'obéissance à une quelconque autorité, mais par des accords pris en commun entre les divers groupes, territoriaux et professionnels, constitués librement dans l'intérêt de la production et de la consommation" …
Le livre, "l’Entraide" a été publié en 1902. Avec des chapitres sur les sociétés animales, les tribus, les villes médiévales et les sociétés modernes, il défend de façon scientifique la thèse de la coopération. Les lecteurs de 2012 trouveront peut-être que le chapitre sur les villes médiévales est le plus passionnant.
Entre le XII° et le XIV°s, des centaines de villes se sont constituées autour de places de marché nouvellement crées. Les places de marché étaient si importantes que des lois adoptées par des rois, des évêques et des communes protégeaient les vendeurs et les clients. Au fur et à mesure que les marchés se développaient, les villes devenaient autonomes et s'organisaient en structures politique, économique et sociale, ce qui, pour Kropotkine, représentait un modèle d'anarchie qui fonctionnait intéressant à étudier.
La ville médiévale n’était pas une agglomération centralisée. C’était une confédération, divisée en quatre ou cinq parties, ou 5 à 7 sections, qui rayonnaient depuis un point central. A certains égards, elle était structurée comme une double fédération. Une partie était formée de tous les résidents regroupés dans de petites unités territoriales: la rue, la paroisse, le quartier.

L’autre était composée d’individus liés par le serment, rassemblés en guildes selon leur corps de métier.
C’étaient les guildes qui établissaient les règles économiques. Mais la guilde elle-même regroupait de nombreux intérêts. “Le fait est que la guilde médiévale …était une association qui regroupait tous les hommes ayant un lien avec un métier donné: des acheteurs de matières premières, des vendeurs de produits manufacturés et des artisans – maîtres, 'compagnons' et apprentis”. Elle était souveraine dans son propre domaine, mais ne pouvait pas établir des règles qui empiétaient sur le fonctionnement d’autres guildes.
Quatre-cents ans avant Adam Smith, les cités médiévales avaient adopté des règles qui permettaient que la recherche de l’intérêt individuel soutienne l’intérêt général. Contrairement à la théorie d’Adam Smith, leur instrument était une main parfaitement visible.
Ce monde miniature de coopération avait abouti à des réussites remarquables.
Dans ces villes de 20.000 à 90.000 habitants ont été réalisées des avancées technologiques et artistiques qui nous surprennent encore.
La vie dans ces cités n’était pas tout à fait aussi primitive que celles du Haut Moyen Âge où les situent les livres d’histoire. Les travailleurs de ces cités médiévales gagnaient de quoi vivre. Dans beaucoup de ces cités, la journée de travail était de huit heures.
Florence, en 1336, comptait environ 90.000 habitants. Quelque 8 à 10.000 garçons et filles (oui, des filles) étaient scolarisé-es dans le primaire et il y avait 600 étudiants répartis dans 4 universités. La cité était fière de ses 30 hôpitaux avec plus de 1000 lits.
En effet, Kropotkine écrit:
Plus nous en apprenons sur la cité médiévale, plus nous sommes convaincus que les ouvriers n’ont jamais connu de telles conditions de prospérité et de respect que quand la vie citadine était en plein essor.
L’Entraide n’est plus guère lu, de nos jours. Tout le monde a oublié Piotr Kropotkine. Mais son message et ses recherches basées sur les expériences, disant que c’est la coopération, et non pas la concurrence, qui est le moteur de la sélection naturelle, que la décentralisation est préférable à la centralisation, que ce soit dans le domaine politique ou économique, et que l’entraide et la cohésion sociale doivent être encouragées pour éviter les énormes inégalités sociales, et que la question de l’exaltation de l’individu aux dépens de la collectivité est tout aussi pertinente pour les débats fondamentaux de notre époque qu’elle l’était à son époque.
En cet anniversaire de la mort de Kropotkine, il serait salutaire que le monde redécouvre ses écrits remarquables (en anglais; en fr), dont tous (en anglais) sont disponibles gratuitement en ligne, et qu’ils redécouvrent sa philosophie.
Traduction emcee ©des bassines et du zèle
David Morris est co-fondateur et vice-président de l'"Institute for Local Self Reliance" (institut pour une autonomie locale) à Minneapolis, Minn., et directeur de son "New Rules project" (projet sur les "nouvelles règles" de l'Institut)
NB: ce texte, après l'ambiance glauque du billet précédent, apporte une bouffée d'air frais et d'espoir dans ce monde de prédateurs.
N'ayant pas les éléments nécessaires pour juger de l'influence ou pas (ou de la crédibilité) de Kropotkine dans les milieux anarchistes, et n'ayant pas la prétention de donner des leçons sur un sujet que je ne possède pas, j'ai simplement voulu traduire ce passage qui rendait hommage à un homme qui a passé sa vie à combattre les inégalités et dont l'histoire m'a touchée.
Je demande, donc l'indulgence aux anarchistes qui passeraient par là 
Un beau récit …che ... " se non è vero, è ben trovato".
Lien : les corporations d'ouvriers au Moyen-Age. Rappel historique.
Commentaires
les anarchistes puent, c'est bien connu.
http://www.youtube.com/watch?v=jmKn...
Darwin...
On lui a fait dire toutes sortes d'absurdités, et ça dès son vivant (Spencer, en particulier, qui est à l'origine du darwinisme social...).
Je ne suis pas sûr du tout que Kroptkine soit tombé dans cette lecture volontairement fautive de Darwin, et du coup je me demande qui est ce David Morris (je ne parle pas assez anglais pour le lire entre les lignes dans le texte)...
En tous cas, pour Darwin, je vous conseille ça : http://www.universcience.fr/fr/conf...
Je ne vois pas où la théorie de Darwin est remise en cause. Kropotkine, qui est un scientifique renommé lui aussi, conteste simplement ses conclusions sur la sélection naturelle et l'explique différemment.
Quant au darwinisme social, il n'est pas du tout le fait de Darwin, mais c'est une exploitation sournoise de ses recherches par les classes dominantes pour expliquer les injustices sociales.
L'auteur du billet ne dit pas plus que cela et s'appuie sur les écrits de Kropotkine - qu'on peut trouver sur le web en français.
Ô oui Emcee, un billet qui réchauffe le coeur. C'est la première fois que que j'apprends et son nom et quel personnage il était. Il est vrai que ma connaissance du monde anarchiste, je l'ai acquise par les chansons de Léon Ferré que j'adorais et donc reste sommaire, à part Bakounine, je n'entrave que pouic. Merci à toi.
Cordialement !
Lire, bien entendu, Léo, sacrée coquille, grrr !
Hé bien c'est le hasard de mes lectures qui m'a conduite à traduire ce texte, qui devrait nous inciter à mener à gauche un véritable débat sur la société que nous voulons. Et non pas sur la société que nous promettent des gourous qui ont la prétention de penser pour nous avant des élections et qui ne pensent plus qu'à eux une fois élus.
Quant à l'anarchie, en effet, elle est bien galvaudée de nos jours. Beaucoup s'en réclament en braillant "ni dieu, ni maître", comme un signe de ralliement, souvent pour se poser en rebelles qu'ils ne sont pas, mais n'ont aucune notion de ce qu'elle renferme.
J'avais vu passer ce texte en anglais, merci de l'avoir traduit, c'est quand même moins fatigant !
L'anarchie : aucune chance, c'est trop compliqué à faire fonctionner.
La grande supériorité des autres systèmes (de TOUS les autres) c'est de proposer un modèle auquel on puisse adhérer avec un minimum d'implication. Voir : pas d'implication du tout. Ce qui ne les rend pas moins fonctionnels.
merci, Folavril
Patrick: exact. Il suffit d'avoir un bon clavier
Qui dit entraide dit coup de main.
Comme pendant la guerre 14-18 nous serons de toute façon amenés dans les prochains mois à faire des actions surprises, rapides et ponctuelles :
dévaliser des épiceries, brûler des banque,faire des prisonniers et constater au passage l'état de défense de l'adversaire.
La seule différence, c'est que il n'y aura pas de médailles, ni de promotions de carrière.
En effet, quand on se révolte, on est méchant et il est difficile de dire à l'avance ce qu'on fera exactement.
Pour compléter ce que Kropotkine disait de Darwin, lire l'ouvrage des biologistes Jean-Jacques Kupiec et Pierre Sonigo "NiDieu, ni gène" paru en 2003.
Ni Dieu, ni gène.
qui c'est qui dit ça ?
Ni Dieu, ni gène est en substance la grande découverte de Darwin. Il n'y a pas de volonté divine et encore moins de programme génétique. La compréhension darwiniènne de Kropotkine a précédé les découvertes des scientifiques que sont les E.O. Wilson, Stephen-Jay Gould, Jacques Monod, Laborit, Dawkins, Kupiec....Il n'existe aucun contrôle, génétique ou autre , des comportement sociaux de l'homme. Ses structures sont suffisament riches et diversifiés pour s'adapter à n'importe quels systèmes autres que l'avidité, la domination, l'agressivité...Tour est possible, pourquoi pas l'anarchisme.
pourquoi "autre que " ,
l'homme s'adapte à tout.
l'anarchie est réponse à rien.
alors fais pas ta charlotte Gainsbourg.
Parcours presque parfait, ce Kropotkine. Je dis presque à cause de son positionnement pendant la guerre de 14...
Il a écrit un petit texte sur la Commune, tiens, je le savais pas. On peut le lire là http://infokiosques.net/IMG/pdf/La_...
(il me semble que Kropotkine est plus connu que l'estime l'auteur que tu traduis -merci, au passage- non ?)
quoi son positionnement en 1916 ?
qu'il prenne à ce moment le parti de la France
alors que l'état major s'évertuaient à empêcher les accords tacites d'une ligne à l'autre, et alors tout de suite certains verront en lui un massacreur.
Hors pas du tout, bien au contraire !
autrement dit cette prise de position a fait de kropotkine le plus grand sexologue de tous les temps.
Merci de vos contributions , Robert et mfgour.
à mfg: "il me semble que Kropotkine est plus connu que l'estime l'auteur que tu traduis -merci, au passage- non ?"
Certes,mais ne pas oublier que l'auteur est US américain. Beaucoup de ses compatriotes ont une conscience politique et une connaissance de l'histoire peu développées, ayant été élevés dans la phobie du "socialisme", a fortiori du communisme ou de l'anarchie. Des sujets soigneusement évités pendant leur scolarité.
Quant aux mouvements ouvrier, ils ont vite été marginalisés.
Comme le dit cet article http://archives-lepost.huffingtonpo... cherché rapidement sur internet (il y en a sans doute d'autres):
"Le problème était que jusqu'au 17 Septembre, le seul côté du spectre politique à proposer des solutions radicales était la droite. Mais Occupy Wall Street a changé cela : la démocratie a éclaté."
Les propos de cet article semblent d'être d'inviter les américains à s'intéresser à l'anarchie car sa composante principale est commune à l'ultra libéralisme : la lutte contre un Etat régulateur. Assez surprenant de la part de David Morris d'en appeler à Adam Smith.
il n'y a pas de comparaison possible entre les ultra-libéraux et les anarchistes.
les ultra-libéraux sont des ultra-capitalistes qui se butent pour un oui ou pour un non ; quand ce ne sont pas des faux libéraux comme aujourd'hui qui attendent tout de l' Etat.
Les anarchistes croient en la capacité d'auto-régulation de l'homme ;
Il n'est pas question de laisser les gens faire tout ce qu'ils veulent.
Les anarchistes, c'est comme les Italiens, ils ne disent jamais non, mais ils peuvent être mais alors très directifs.
@Kinprotko: je ne pense pas qu'il ait voulu en appeler à Adam Smith, mais plutôt opposer les deux motivations. Il est vrai qu'il est elliptique, mais il semblerait que son propos, c'est de défendre la conception anarchiste et lui opposer le darwinisme social dont se sont servi les ultralibéraux pour justifier des injustices qu'ils organisaient.
Mais je vais mieux me renseigner, si possible.
Les anarchistes c'est un peu comme les pacifistes : c'est pas parce qu'ils demandent les choses gentiment au départ qu'il faut croire qu'on peut leur marcher sur la gueule.
@emcee : te casses pas trop la tête tout de même à chercher en quoi David Morris en appelle à Adam Smith dans son article, c'est juste une posture très tendance en ce moment de dire que les opposés se ressemblent, tout en étant bien incapable d'argumenter autrement qu'avec des sophismes. Où de ne pas argumenter du tout. C'est encore plus confortable. Chez Kinprotko, le mot charnière de son post c'est le mot "car", qui lui permet de mettre magiquement en rapport deux choses qui n'ont rigoureusement rien à voir.
En langue de geek on appelle ça un troll.
Ah, ok, merci Patrick. Mais comme l'auteur avait été elliptique, je me demandais si je n'avais pas mal interprété. Cela peut arriver.
En fait, j'ai bien relu et c'est bien ce que j'avais compris. Tout son raisonnement tend à cela.
Et, je suis d'accord avec toi, et j'y avais bien pensé aussi: certains salissent tout en faisant volontairement des amalgames odieux.
Rapprocher l'anarchie de ce qu'ont fait du monde les ultralibéraux avec leurs thèses dévoyées, c'est très moche.
Tiens, je me demande brusquement si, parmi ces derniers, beaucoup sont morts pour leurs idées.
ceux qui font des amalgames odieux, il faut absolument leur faire goûter les lasagnes au poisson.
( à la perche du Nil, bien sûr )
... et les sardines au chocolat.
Salut emcee,
Pour répondre au doute, dévoilé dans ton nota bene, et bien rassure toi, Kropotkine est un choix ... de choix, pour parler de l'anarchisme, tout comme Bakounine.
Je recommande à tous les gens intéressés par les idées non reçues sur l'anarchisme, son sens et ses fondements, la lecture de ce court, mais pertinent, manuscrit de Kropotkine : "la morale anarchiste". Qu'on soit anarchiste ou pas, après sa lecture, on ne pourra que respecter ceux qui s'en revendiquent !
Merci pour ce texte ... intelligent ; bises et @ +
Salut, Chien Guevara
merci pour ces précisions et pour le titre du manuscrit.de Kropotkine. Je vais voir ça. Ca m'intéresse.
Bises à toi aussi.