Mais qu'est ce qu'ils lui trouvent donc à ce Ron Paul?
Par emcee le mardi 14 février 2012, 00:19 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Aux Etats-Unis, certains militants de gauche, ainsi que des membres du mouvement Occupy, séduits par certaines de ses théories, soutiennent la candidature de Ron Paul.
En France, même, on retrouve, par ci, par là des admirateurs de Ron Paul.
Un peu comme on y retrouve des admirateurs d'Obama, d'ailleurs.
Sans raison. En se basant sur des impressions et non pas sur les faits et des déclarations.
Une preuve flagrante d'inculture politique et de délitement des valeurs traditionnelles de gauche, et du manque d'imagination et d'autonomie de ceux qui se cherchent un homme providentiel, courant des uns aux autres en oubliant leurs tares, juste pour se débarrasser d'autres tarés.

Un partisan de Ron Paul sur le camp d'Occupy
Site: People of color, organize!
Alors, qui est ce type, candidat à l'investiture républicaine pour les élections présidentielles, qui recueille les suffrages d'une certaine "gauche" ?
Ron Paul , 77 ans, vieux briscard de la politique, semble retrouver une seconde jeunesse ces dernières années.
Il est un des fers de lance du "paléo-libertarianisme", doctrine politique qui prône la « non-agression » et qui place la liberté comme principe absolu de vie, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, une politique étrangère non interventionniste, ainsi qu'un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon.
Rien que du rêve, donc.
Mais voyons, de plus près la "philosophie" de cet homme.
Dans "A Snare and a Delusion /Ron Paul’s Anti-Imperialism, Andrew Levine (universitaire, écrivain et ancien professeur de philosophie) explique:
"Ron Paul est le seul candidat aux présidentielles qui soit opposé à la guerre. Et plus encore: il veut supprimer les bases à l'étranger et réduire l'armée à la seule force défensive prévue par la Constitution; une force militaire qui ne mènerait que les guerres approuvées par le Congrès. Il veut également démanteler l'appareil de l'empire et mettre fin à l'ingérence des Etats-Unis dans les affaires intérieures des pays étrangers.
Ce qui implique que ce serait, entre autres, la fin des guerres Bush-Obama, la disparition du complexe militaro-industriel et mettrait un terme au soutien militaire, économique and diplomatique pratiquement inconditionnel à Israël.
Paul est également le seul candidat à vouloir revenir sur les atteintes aux protections prévues par l'habeas corpus et au droit constitutionnel à un procès équitable (et à vouloir abroger le Patriot Act, NDT).
Sa position sur la surveillance et les autres intrusions concernant la vie privée et le comportement des individus est plus "libérale" que celle de n'importe quel candidat républicain. Mais, à une énorme exception près, elle est également plus libérale que celle de Barack Obama, car le libertarianisme de Paul est aux abonnés absents quand est agité le spectre de l'homosexualité, et il oublie sa philosophie quand il s'agit de sexualité féminine.
Et c'est ainsi qu'il soutient la violation des droits en matière de reproduction, affirmant, par exemple, que "les états doivent avoir le droit d'interdire l'avortement".
Toutefois", poursuit Levine, "seul candidat connu sur le plan national qui soit contre les guerres, antimilitariste et non-interventionniste, et libertarien (pour les hommes hétéros), Paul séduit certains gauchistes, malgré ses positions effrayantes sur tout le reste".
"Soutenir Ron Paul peut donc sembler être une façon aussi valable que d'autres pour exprimer son mépris pour Barack Obama et ses partisans. Dans la mesure où ils leurs servent sur un plateau pratiquement quotidiennement de nouvelles raisons de les mépriser, il est tentant d'oublier la philosophie économique de Paul, son hostilité à l'égard des mouvements des travailleurs et son attrait pour des politiques sociales du genre de celles que préconisait Ebenezer Scrooge jusqu'à ce qu'apparaissent les trois fantômes et que la famille Cratchit le mette dans le droit chemin".

Pour certains, à gauche, entre Obama – qui, sème la mort et la destruction, qui viole les droits et libertés des citoyens, qui refuse de faire condamner les puissants pour crime – flanqué d'une Cruella Clinton - qui ne veut voir les "ennemis" de l'Empire que morts et, si possible, mutilés sauvagement et humiliés, même au-delà de la mort - et Paul, malgré ses positions sur les politiques économiques et sociales, et son idéologie raciste, sexiste et homophobe, leur choix est fait: c'est Paul. Ce serait même leur tout dernier grand espoir.
Néanmoins, soutenir Ron Paul, dit Levine, serait une "erreur monumentale".
Déjà, en décembre 2007, dans "Liberté de mourir de faim/ Pourquoi la gauche doit rejeter Ron Paul" ("Freedom to stave /Why the Left Should Reject Ron Paul" ), Sherry Wolf écrivait :
Le candidat à l'investiture républicaine pour les présidentielles a pris une importance surprenante chez certains militants pacifistes et blogueurs de gauche, certes peu nombreux mais qui se manifestent bruyamment.
Lors des manifestations contre la guerre qui ont eu lieu le 27 octobre 2007 dans des dizaines de villes, des groupes visibles de partisans de Paul brandissaient ses affiches de campagne et recueillaient des signatures de soutien.
Et pourtant, à part ses positions non-interventionnistes, le profil de Ron Paul n'a rien pour inspirer l'amour.
Son idéologie est aux antipodes de ce qui représente les valeurs traditionnelles de la gauche.
Mais, d'abord, disons que, si Ron Paul est non-interventionniste (et non pas anti-impérialiste, comme le croient certains), c'est que c'est un ardent défenseur de l'économie de marché et qu'il pense que les guerres, ce n'est pas bon pour le commerce.
Si, par exemple, Paul veut cesser de verser des chèques en blanc à Israël, ce n'est pas pour une question de justice, de solidarité ou d'empathie.
C'est parce qu'il estime qu'un Etat réduit au minimum ne doit pas aider les pays étrangers. Le rôle d'un état, c'est de veiller au bon fonctionnement des marchés, et rien de plus.
Et, en effet, en matière d'économie, Ron Paul s'inspire des théories, entre autres, d'Ayn Rand, de Milton Friedman et de l'ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, gourous du libéralisme économique.
Paul dit: "''la liberté, c'est le capitalisme lié à l'économie de marché"".
Les libertés individuelles, le libéralisme économique, la réduction du pouvoir de l'Etat, la baisse des impôts: tout cet éventail de propositions va complètement à l'encontre des valeurs de gauche, humanistes, et basées, en principe, sur la solidarité et l'égalité.
De ces thèses découlent les corollaires suivants: racisme institutionnel, préservation patriarcat, fermetures des frontières, sauf pour les mouvements de capitaux, dénigrement de l'immigration, favoritisme de classe, etc.
Racisme
Voici quelques déclarations de Paul, reprises par Sherry Wolf, qui dit, à propos de racisme:
En clair, Paul est raciste. Pas du style à brûler des crucifix, ni à porter une cagoule, certes, mais du genre de la "flat Earth society" (organisation qui soutient la théorie de la Terre plate , NDT ) qui imagine un monde daltonien où 5 siècles d'histoire coloniale et d'esclavage sont occultés et où le racisme institutionnel et les politiques capitalistes sont un pur produit de l'imagination.
Ron Paul a écrit sur son site Web:
"Le véritable antidote contre le racisme, c'est la liberté. La liberté, c'est avoir un état réduit qui s'appuie sur une constitution et est engagé dans la protection des droits individuels et non pas des revendications collectives. La liberté, c'est le capitalisme de marché, qui récompense la réussite personnelle et les compétences – et non pas la couleur de la peau, le genre ou l'ethnicité."
En 1992, dans le bulletin politique distribué à des milliers de sympathisants, citant des chiffres publiés à la suite d'une étude du "National Center on Incarceration and Alternatives", Paul concluait:
"Étant donné l'inefficacité de ce que Washington appelle "le système de justice pénale", je pense que nous pouvons dire sans crainte de nous tromper que 95% des hommes noirs de cette ville sont soit à moitié criminels soit des criminels à part entière".
Immigration
Son projet pour l'immigration en six points indique: "un pays sans frontières sûres n'est pas un pays du tout. C'est absurde de combattre les terroristes à l'étranger alors que votre porte d'entrée est grande ouverte".
Et il préconise de supprimer l'accès aux services sociaux aux sans-papiers, dont les hôpitaux, les écoles, les cliniques, et même les routes (on se demande bien comment il compte y parvenir).
En 2005, il écrit:
La population réalise à juste titre que ni l'un ni l'autre des grands partis n'a le courage d'agir pour empêcher davantage d'érosion à la fois de la sécurité à nos frontières et de notre identité nationale. Hélas, le gouvernement fédéral semble davantage s'intéresser à la préservation des frontières d'autres pays plutôt que des nôtres".
Il ajoute:
Notre système de protection sociale encourage également l'immigration clandestine en décourageant les citoyens américains de prendre des emplois à bas salaires" (ce qui veut dire, en clair, que Paul veut mettre un terme aux protections sociales afin que tout le monde soit contraint de travailler pour des salaires de misère). Afin que les immigrés n'affaiblissent pas l'unité culturelle du pays, il propose que toute "transaction du gouvernement fédéral s'effectue en anglais".
Dans un article de 2006, il écrit:
Le droit du sol, inscrit dans le 14ième Amendement de la Constitution, est devenu un problème culturel et économique grave pour notre pays. Il faut mettre un terme aux mesures alléchantes perverses qui poussent les immigrés à venir s'installer ici, comme, entre autres, le droit du sol accordé aux enfants nés de parents immigrés.
Avortement
Paul, obstétricien de son métier, est fermement opposé à l'avortement "la vie commence à la conception", affirme-t-il. Il soutient le droit des états à se déterminer sur l'avortement – cet épouvantail qu'agitent depuis des dizaines d'années les adversaires de l'avortement.
Dernièrement, alors qu'il était interviewé sur CNN dans l'émission de Piers Morgan, il laissait entendre que certaines femmes prétendaient avoir été violées dans le but de mettre fin à leur grossesse.
Paul poursuivait en disant que les femmes ne devraient pas avoir le droit d’avorter d’un « bébé de 4 k,5 » (alors que 90% de l’ensemble des avortements ont lieu au cours des trois premiers mois de grossesse).
Piers Morgan lui a demandé si une des femmes de sa famille était violée, lui imposerait-il de garder l'enfant si elle se retrouvait enceinte.
Paul a répondu:
"Non. Si c’est un viol honnête, je l’emmènerais aux urgences et lui ferais faire une piqure d’estrogène ou bien … –", ajoutant: "une heure ou un jour après des relations sexuelles il n’y a pas de problème juridique ou médical. Mais si vous parlez de quelqu’un qui arrive et qui vous dit : 'voilà, j’ai été violée, je suis enceinte de sept mois et je n’en veux absolument pas', c’est quand même autre chose".
Donc, si on comprend bien, c'est Paul qui déciderait de l'"honnêteté" ou de la "malhonnêteté" d'un viol.
Et il s'est longtemps opposé à toute législation contre le harcèlement sexuel.
Dans son livre publié en 1988, "Freedom Under Siege" (disponible en ligne), il écrit:
Les droits des travailleurs couvrent également celles qui sont harcelées sexuellement par leur patron. Pourquoi ne quittent-elles pas leur emploi dès que débute le soi-disant harcèlement? Certes, les mœurs du harceleur sont indéfendables, mais comment celle qui est harcelée peut-elle échapper à ses responsabilités dans cette affaire ? Demander d’être protégée par la loi sur les droits civils n'est guère acceptable.
Homosexualité
Dans ce même livre, alors que le Sida faisait des ravages parmi les homosexuels en Amérique, Paul s'en prend aux malades du Sida, les traitant de "victimes de leur propre style de vie".
Et dans une déclaration qui donne une petite idée de la tyrannie de l'individualisme des classes dirigeantes, il affirme que les malades du sida qui exigent des tests pharmaceutiques d'urgence "empiètent sur les droits des patrons de compagnies d'assurances".
Education
Paul veut supprimer le ministère de l’Éducation, et selon ses propres termes, "mettre fin au monopole de l'éducation fédérale" en "supprimant tous les impôts qui sont destinés à l'éducation publique" et "en rendant aux parents le contrôle de l'instruction de leurs enfants".
Ce qui veut dire que seuls les enfants dont les parents qui auraient la volonté et les capacités d'enseigner, les loisirs et les moyens matériels pour le faire, recevraient une instruction.
Droits des salariés
Ron Paul est également contre l'égalité des salaires pour un même travail, contre le salaire minimum, et bien entendu contre les syndicats. En 2007, il a voté contre une loi limitant le droit des patrons de s'immiscer dans les campagnes des syndicats et contre une hausse du salaire minimum fédéral à 7,25 dollars de l'heure. Etc.
Alors une alliance gauche–droite est-elle la solution pour créer un large mouvement contre les guerres impérialistes?
L'impasse politique dans laquelle se trouvent les Etats-Unis actuellement (comme tous les pays occidentaux), pousse beaucoup de militants de gauche à chercher des alternatives.
Mais le libertarianisme n'est certainement pas la réponse face aux inégalités flagrantes, à la violence et à la misère que subissent de plus en plus les populations, et, en particulier, les classes moyennes et ouvrières.
Quand les gens comme Paul crient: "nous voulons la liberté de choisir", il s'agit de savoir qui pourra jouir de cette liberté.
Sherry Wolf rappelle les propos d'Abraham Lincoln qui, parlant des esclavagistes partisans de la sécession, avait dit" la liberté parfaite qu'ils veulent, c'est la liberté de réduire les autres à l'esclavage".
Alors, être contre la guerre, c'est parfait, mais cela doit s'inscrire dans un projet humaniste, pas accompagné d'une idéologie sectaire et mortifère, qui voue un culte sans bornes à l'économie de marché destinée à permettre à une poignée de privilégiés d'accumuler des richesses aux dépens de tous les autres.
Si les guerres font des (centaines de) milliers de morts, plus ou moins comptabilisés, on ne compte jamais parallèlement, hélas, les victimes de l'économie capitaliste, bien plus nombreuses. Tout cela, c'est l'hypocrisie du système, promu par une propagande acharnée diffusée largement par tous les médias.
Et pourtant, entre autres, la famine, la misère, la maladie, les catastrophes environnementales, la mainmise sur le pétrole et autres matières premières, la destruction et /ou la marchandisation de la biodiversité, le vol des terres cultivables et des forêts, le détournement des sources, les OGM et autres produits nocifs imposés au monde entier, ET les guerres, découlent tous de la cupidité des marchés et de la cupidité d'une caste d'escrocs qui dépouillent des populations entières à l'échelle mondiale.
Et tout cela, c'est le produit de la "philosophie" de Ron Paul.
Moins de victimes de guerres impérialistes pour toujours plus de victimes de guerres commerciales.
La liberté de Ron Paul, c'est la liberté de millions d'autres de mourir de faim, de maladie, de misère, de négligence, ou de désespoir.
Epilogue
Et puis, si tout cela ne suffisait pas à cerner le personnage de Ron Paul, voici un article (en anglais) “Anonymous” Reveals Close Ties Between Ron Paul And Neo-Nazis" qui explique que les “Anonymous” ont découvert que Ron Paul avait des liens étroits avec les néo-nazis.
Si après cela, certains qui se disent de gauche persistent dans leur admiration pour Paul, ils feraient bien de se demander s'ils sont de gauche ... Après tout, c'est leur droit. Mais c'est juste pour qu'ils sachent où se situer sur l'échiquier politique, si on leur demande.
Lire (en anglais) cet article intéressant sur les groupes de droite et d'extrême droite qui tentent de s'infiltrer dans le mouvement Occupy.
Rightists Want to Woo #OccupyWallStreet ("les groupes de droite font la cour au mouvement Occupy W St")
Sur le site: People of color, organize!
Commentaires
Quel joli billet !
ou comment "interpréter", extrapoler, déformer ... et détourner ce que pense Ron PAUL, et ceux qui lui font confiance, en utilisant comme "preuves" des billets d'un site qui se cite lui-même.
un gauchiste libertarien vachement effrayé.
RHaaa MERCI
ça fait un moment que j'attendais un tel papier (dsl, je suis pas dwE pour l'écrit:))
Ils font pareil en France :
https://conspishorsdenosvies.wordpr...
Ah, tiens, les libertariens existent donc et ils protègent leur gourou?
"En utilisant comme "preuves" des billets d'un site qui se cite lui-même". Ah bon? La plupart des citations sont tirées de textes écrits par Paul lui-même ou de propos qu'il a tenus (et tout est vérifiable). Les analyses sur lesquelles je me suis appuyée sont diverses et étayées, et vous venez me dire que c'est faux?
Il va falloir maintenant vous mettre à lire ce que dit votre chef de secte.
Ca aide à se poser les bonnes questions. Et à grandir. Ce n'est pas un Américain blanc de 77 ans, millionnaire, qui a toujours largement bien vécu et qui est loin des réalités de l'immense majorité de la population qui va nous trouver des solutions, ou nous aider à en trouver.
En outre, ce n'est pas un penseur, mais un idéologue.
@Nila, merci de vos encouragements.
Toutefois, je ne suis pas d'accord avec le lien que vous proposez. Il n'est pas de mon propos de dénoncer ceux qui se laisseraient prendre aux pièges tendus par l'extrême-droite, qui a profité du flou et du désarroi à gauche pour reprendre à son compte ses thèmes favoris, mais de démontrer les mécanismes qui font que des discours d'(extrême) droite finissent par attirer des gens de gauche indécis, parce que plus personne à gauche ne tient les discours qu'ils veulent entendre.
Quand on voit que toute la gauche française s'est prononcée pour l'agression de la Libye, qu'elle verrait d'un bon œil que le "dictateur" Assad soit chassé du pouvoir, tout en faisant mine de penser que l'ONU peut faire le boulot, quand on voit qu'elle est prête à accepter que l'Iran soit bombardée, voire détruite, sans raison, quand on constate, donc, qu'il n'y a pas de pays souverain qui tienne, alors, oui, il y a de quoi être atterré et ne plus savoir à qui se vouer.
Mais se proclamer "antifa", c'est comme se proclamer "antisioniste" : ce n'est pas un programme, ça. Ca ne fait rien avancer, bien au contraire: cela divise encore la gauche et empêche tout dialogue de s'instaurer pour reconstruire ensemble une gauche en lambeaux pour les nouvelles générations en perte de repères. Et qui s’accrochent au premier illusionniste venu.
Merci pour ce billet..
A lire aussi: Ron Paul et ses théories du complot: http://www.conspiracywatch.info/Ron...
Sur la guerre de sécession Ron Paul en a sorti une pas mal aussi :
http://www.huffingtonpost.com/2007/...
http://www.conspiracywatch.info/Ron...
Sachant tout cela, ceux qui continuent à le soutenir à gauche sont soit des idiots utiles, soit tout simplement de la droite extrême.
Enfin le courant libertarien est également très populaire aux USA sans que les gens comprennent vraiment ce qu'implique cette idéologie.
A lire également la déconstruction du mythe de l'anti-fiscalisme/étatisme des Pères Fondateurs sur lequel repose le Tea Party (créée pour soutenir la campagne de Ron Paul en 2008) :
http://alternatives-economiques.fr/...
@emcee : Je n'ai pas souvenir que la gauche française (hors sociaux-démocrates et verts) tient les positions que vous lui prêtez sur la Lybie, la Syrie ou l'Iran. Et pourquoi mettre des guillemets à dictateur ?
pas étonnant
Regardons en France :
y'a un type qui prend au vol quelques idées "majoritaires" genre : les assistés et les étrangers foutent rien et on paie pour eux.
ça c'est ceux qui veulent que Sarko passe;
on les appellera les " Faut que Sarko passe"
en face il y a ceux qui font voter Sarko,
on les appellera "les mêmes cons"
à savoir tous ceux qui considèrent qu'ils ont tous les droits mais aucun devoir.
Ceux qui revendiquent tout comme par exemple le provocateur Nobo dont on parlait l'autre fois et qui fout sa merde depuis chez les Belges.
Bonsoir, tous,
je sais bien qu'il n'est pas forcément facile de trouver des infos en français sur R Paul, mais faut--il que vous m'abreuviez de liens vers conspiracy machin? Les sites qui passent leur temps à traquer et dénoncer des individus lambda et lancer des attaques ad hominem ne m’intéressent pas du tout. les murs d'ignominie décrétés par des anonymes me dégoutent.
Battons nous ensemble contre ces forces qui nous oppriment. Mais, apparemment, ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Et les pouvoirs en place en occident ont encore de beaux jours devant eux si on lit bien entre les lignes.
@Moi: la "théorie du complot" , ce sont ceux qui ne veulent pas qu'on mette le nez dedans qui l'appellent comme ça. Et ils auraient répondu aux questions qu'on se pose légitimement, on n'en parlerait plus. Or, nous avons eu droit à la place à une litanie d'explications et de preuves toutes plus ridicules les unes que les autres. Si la démocratie dont ils se réclament fonctionnait réellement, les peuples auraient droit à des explications. Or, ceux qui dénoncent leurs forfaits ou y participent sont en prison (Manning et d'autres), voire morts, ou sur le point de disparaître.
Maintenant, que Ron Paul utilise cela pour sa propagande, c'est autre chose. C'est aussi pourri que d'avoir agité du sucre en poudre, comme Powell, pour justifier les massacres et la destruction d'un pays qui ont eu lieu en Irak par la suite.
C'est juste électoraliste et pour ratisser du côté des gens qui sont dégoûtés par les manœuvres des pouvoirs établis. Mais le but est simplement remplacer des têtes, pas de redonner le pouvoir au peuple
@Tom; je mets "dictateur" entre guillemets parce que c'est ainsi que sont désignés ceux qui sont visés par l'occident. Même Chavez et Amadinejad sont qualifiés de dictateurs, alors que ceux qui sont au pouvoir en Arabie Saoudite ou au Barhein n'ont pas cet honneur.
Ensuite, pour ce qui est de la gauche, elle a approuvé l'agression en Libye, non seulement la zone d'exclusion aérienne, mais tout ce qui a été fait par le suite et applaudi plus ou moins bruyamment à l'assassinat de Kadhafi, rabattu vers les rebelles par les avions de l'Otan.
Pour la Syrie, toute la gauche appelle à "soutenir la lutte pacifique du peuple syrien", avec autant d'enthousiasme qu'elle appelait l'ONU à faire cesser les massacres que commettait soi-disant Kadhafi envers des populations innocentes http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/A...
Et elle exprime donc là sa volonté d'un remake de la Libye en Syrie.
Quant à Ahmadinejad et l'Iran, ils ne perdent rien pour attendre non plus.
La gauche la plus visible étant celle menée par Mélenchon, voici ce qu'il en dit : http://politique.radiofrance.fr/jea... à partir de 36'35, alors que ce même Mélenchon se disait contrit que l'OTAN ait pris les choses en main en Libye. Il faut être sacrément naïf ou fourbe pour croire que l'ONU peut régler les problèmes pacifiquement - surtout quand on sait que la coalition occidentale a rejeté systématiquement toute négociation préalable avec Kadhafi avant d'instaurer cette mascarade de ZEA.
Mais cela n'empêche pas les mêmes de crier haro sur le dirigeant syrien, dans les mêmes circonstances et avec les mêmes accusations.
Pour moi, c'est appeler sciemment à l'agression d'un pays étranger souverain, avec les conséquences épouvantables que cela comporte.
Quant aux révolutions, si révolution il y a, c'est aux peuples de les mener, pas aux dirigeants de ce monde de décréter ce qui est bon ou pas pour eux. Il y a suffisamment d'exemples pour qu'on ait une idée de la façon dont cela se termine.
Dommage que ce salaud patenté soit le seul candidat à envisager la fin des guerres de son pays contre le reste du monde.
Dommage aussi que ses succès soient minimisés, comme si lui et ses idées comptaient pour du beurre, dans un combat politique qui exclut de fait l'essentiel des citoyens.
Ce n'est pas très étonnant, les libertariens défendent les mêmes "valeurs" que certains groupes gauchistes ou anars : abolition de la peine de mort (coûte trop cher), permettre à tout un chacun de porter le voile, le turban, etc, s'il le veut, légalisation de toutes les drogues (soma pour tous ! les libertariens ayant au moins l'honnêteté de reconnaître qu'au début cela ferait beaucoup de morts, mais que, et c'est là leur but principal, cela rapporterait beaucoup de fric, sachant que la Californie est le plus gros producteur mondial de cannabis et que le marché serait bien évidemment privé, le plus gros distributeur de cannabis médicinal ayant par ailleurs déclaré qu'il voulait ouvrir partout des K-mart de marijuana, et puis de toutes façons, pour eux, la drogue comme le reste, c'est un "choix individuel"), légalisation de la prostitution (un "choix de vie", une "profession comme une autre", sachant que toute profession = prostitution), l'amputation volontaire (après tout, quelle différence avec les gens qui demandent à changer de sexe, hum ?), etc... Un projet somme toute égoïste et individualiste qui nie la possibilité même d'une responsabilité collective et donc la nécessité d'une protection sociale. Pas étonnant non plus que Ron Paul fascine grâce à ses positions anti-gouvernementales, que ce soit sur la guerre ou sur le respect de la vie privée à l'heure où Bradley Manning risque sa peau et où on négocie l'ACTA dans l'opacité la plus totale. Un boulevard lui est ouvert, il aurait bien tort de ne pas en profiter.. Il me semble d'ailleurs que le rapprochement extrême-gauche/extrême-droite est de plus en plus plausible sur certains thèmes, quand je vois certains Anonymous renvoyer vers des citations d'Alain Soral, quand Zemmour demande à Onfray s'il n'y aurait pas moyen de faire alliance sur certains sujets (l'Europe). À tout cela s'ajoute la lassitude que chacun ressent en voyant pour énième fois les mêmes images des territoires occupés en Palestine, ce conflit qui pourrit les relations internationales depuis trop longtemps. Quoi qu'il en soit, l'idéologie libertarienne c'est : plus de police mais des milices privées, l'armée remplacée par des mercenaires (déjà en cours), port d'armes pour tous, privatisation de l'éducation et de la santé (ça marcherait beaucoup mieux), multiplication des casinos (là encore, choix individuel), abolition de la règlementation en matière d'environnement, etc, bref: suppression des impôts. Enfin, l'ennemi No. 1 des libertariens est Noam Chomsky, dénoncé comme grand ponte vivant aux crochets de la société, payé par NOS impôts, gnagnagna, ce qui à mon sens suffit à les situer clairement à l'extrême-droite. Leur côté païen est évidemment sympathique comparé à la tartufferie des WASP aussi bien démocrates que républicains.
"Il va falloir maintenant vous mettre à lire ce que dit votre chef de secte.
Ca aide à se poser les bonnes questions. Et à grandir. Ce n'est pas un Américain blanc de 77 ans, millionnaire, qui a toujours largement bien vécu et qui est loin des réalités de l'immense majorité de la population qui va nous trouver des solutions, ou nous aider à en trouver.
En outre, ce n'est pas un penseur, mais un idéologue."
Réveillez-vous. Vous critiquez Ron Paul par le biais de votre prisme franco-français sans prendre en compte les réalités de la société et de l'histoire Américaine. En annonçant que Paul à "toujours largement bien vécu et qui est loin des réalités de l'immense majorité de la population" montre votre ignorance totale de la vie de cet homme et je vous y renvoie.
Son soi-disant racisme, rumeur venue de quelques "newsletter" d'il y a plus de 20 ans, a été démenti par Paul et par d'autre. Dans ce cas, Google et votre ami.
Enfin, de tous les autres candidats, je me permets de vous demander quel est votre favoris. Mis à part Paul, ils sont tous pro-guerre, pro-Fed, pro-Israël, pro-interventionistes, tous 100 fois plus riches et corrompus.
Addendum à mon premier post: http://www.nytimes.com/2012/02/06/u...
"Vous critiquez Ron Paul par le biais de votre prisme franco-français sans prendre en compte les réalités de la société et de l'histoire Américaine" : je ne sais si vous avez déjà mis les pieds sur mon blog, mais cette réflexion est grotesque.
Et vous, vous jugez R Paul par votre prisme américano-américain?
C'est bien de dire que Paul a réfuté ce qu'il avait dit, mais il faudrait en apporter les preuves. Sans cela, vous êtes certainement bien moins crédible que les propos qu'il a tenus il y a un certain temps, certes, mais également tout récemment.
Les "rumeurs des 'newsletters", comme vous dites, ce sont les écrits politiques qui définissent la profession de foi de leur auteur, en l'occurrence, Paul lui-même. Maintenant, si vous avez une minute, vous pouvez toujours lire certaines des grandes lignes de son programme actuel ici: http://www.ronpaul2012.com/the-issu...
Liberté des marchés
Baisse des impôts de 15%
suppression de cinq ministères dont celui de l'éducation, comme indiqué ci-dessus.
Cesser de verser des aides sociales (santé, allocations, etc.) au niveau fédéral et laisser cela à la discrétion des états.
Càd que les budgets des états seront amputés d'autant. Belle avancée!
etc.
Il parle bien de baisser le taux de chômage, mais il ne donne pas de solution, évidemment.
Parce que son idée est complètement stupide: fermer les frontières, donner le boulot des immigrés aux citoyens US, mais il n'explique pas comment il va imposer à ses copains du privé de créer des emplois dans le pays quand ils ont la "liberté" de ne pas le faire ou celle de délocaliser - pour justement donner du travail à des étrangers dont il ne veut pas dans le pays.
Ca ressemble bien à un programme du FN http://gilles.surlaive.free.fr/pgm_... tout ça, non?
Ouais, un programme alléchant qui va mettre les populations encore plus dans la misère et rien résoudre par ailleurs.
"Enfin, de tous les autres candidats, je me permets de vous demander quel est votre favoris.": je ne suis pas citoyenne américaine, je n'ai donc pas à me prononcer à leur place, ils ont assez de pbs comme cela sans qu'on se mêle de leur dire pour qui voter. mais je veux bien donner mon avis : je ne voterais pour aucun de ces pitres, Paul y compris.
Paul ne sera certainement pas élu, les Républicains feront tout pour empêcher son investiture, mais si c'était le cas, les Américains ne seraient pas mieux lotis, si ce n'est encore moins, si Paul mettait son programme en pratique.
Que vous le vouliez ou non, son programme s'adresse à une caste de privilégiés, comme les autres. Son intention, c'est de réduire la dette de façon considérable. Et comment on la réduit? en reprenant au peuple les miettes qu'on lui donne. faut pas se faire d'illusions: il ne s'attaquera pas au Pentagone. Et s'il faisait mine de le faire, il aurait tôt fait d'être déboulonné, voire pire.
Alors, à moins de faire partie de cette caste, c'est tendre le bâton pour se faire battre que de reconnaître un seul mérite à ce type-là.
PS: Vous pensez vraiment que Paul n'est pas millionnaire comme les autres? Les candidats qui n'ont pas les moyens ne peuvent pas se payer une campagne. Et les dons privés des individus sont une goutte d'eau: ils sont grassement payés par les grands groupes privés. Vous êtes au courant, peut-être, vous qui semblez parfaitement connaître les "réalités et l'histoire américaine"?
.
Je vois que beaucoup de gens n'y comprennent rien à Ron Paul, et encore moins à l'économie et à la politique monétaire des États-Unis.
Voici une vidéo intéressante à propos des prédictions de Ron Paul en avril 2002 : http://bengarno.over-blog.com/artic...
Bonjour,
Il est évident que Ron Paul reste un "républicain" américain, à savoir un ultra-libéral sur le plan de l'économie et un conservateur sur le plan des valeurs.
Néanmoins, vous oubliez de mentionner la partie la plus importante de son programme, ce qui a pour conséquence de totalement fausser votre article en dépit des vérités énoncées.
Ron Paul veut fermer la Federal Reserve. C'est le seul candidat à proposer cette réforme.
La Federal Reserve qu'est ce que c'est ? C'est la banque centrale américaine. Cette banque n'a en fait rien de Fédérale puisque c'est une entreprise privée. La Federal Reserve a été crée en 1913 sous l'initiative des grandes familles de banquiers tel que les Rotschild et les Rockfeller. L'histoire de cette entreprise ( dans tout les sens du terme) est magistralement narrée dans le livre de l'historien Anthony Sutton, "Le complot de la réserve fédérale". C'est le président Wilson qui signa l'amendement permettant la création de cette banque privée qui disposerait du statut légal d'être le seul organisme habileté à prêter à l'Etat Américain à taux d’intérêt variable : de là nait la dette des Etats-Unis. Nous avons eu une loi similaire en France, signée par Pompidou le 3 janvier 1973 ( Pompidou ex banquier chez Rotschild ), considérée comme la trahison ultime envers son ami Charles DeGaulle, auto-interdisant à l'état Français de battre monnaie, et l'obligeant à emprunter sur les marchés privés à taux d’intérêt, et donc à créer cette dette, qui au final comme nous pouvons le voir en Afrique, en Grece et chez nous mène à la ruine de l'Etat au plus grand profits des multinationales. Et de la Banque. Le Président Wilson écrivit même dans son testament (rendu publique) :
"J'ai ruiné mon pays sans le vouloir. Une grande nation industrialisée est contrôler par son système de crédit. La croissance de notre nation et toutes nos activités sont concentrées entre les mains de quelques hommes. Nous sommes devenus l'un des gouvernement les plus mal gérés, l'un des plus dominés et des plus contrôlés du monde civilisé. Ce n'est plus un gouvernement de libre opinion, mais un gouvernement d'opinion et de contrainte d'un petit groupe d'hommes dominants."
La création de la FED en 1913 est une réussite après des décennies de tentatives infructueuses. Ce combat est séculaire. Les pères fondateurs des Etats-Unis mettaient deja en garde l'élite de cette nouvelle Nation contre les volontés de certains hommes de créer une banque centrale privée. Benjamin Franklyn dans un de ses ouvrages rappel même, très justement, que "l'incapacité pour les colons d'obtenir le pouvoir d'émettre leur propre argent à l'écart des mains de George III et des banquiers internationaux fut la raison principale de la guerre d'indépendance."
L'exemple le plus probant est peut être celui du Président Andrew Jackson. Fervent résistant aux banquiers, il fit écrire en épitaphe sur sa pierre tombale "J'ai vaincu la banque".
Plus tard, le 4 juin 1963, le Président Kennedy signa l’acte exécutif numéro 111 110, abrogeant ainsi l’acte exécutif 10289, remettant la production de billets de banque dans les mains de l’Etat et privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées. Après que quelques 4 milliards de dollars en petites coupures nommées «United States Notes» eurent déjà été mises en circulation et alors que l’imprimerie de l’Etat s’apprêtait à livrer des coupures plus importantes, Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963. Son successeur, Lyndon B. Johnson, suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables. Les douze banques fédérales de réserve ont retiré immédiatement les billets Kennedy de la circulation et les ont échangés contre leurs propres reconnaissances de dette.
Cette lutte contre la banque privée est donc séculaire, et d'une importance cruciale puisque de la création monétaire dépend toutes politiques. Pour remonter encore un peu plus loin, mais je laisserai aux intéressés d'aller creuser le sujet, avant de mener cette guerre aux Etats c'est aux religions que la Banque dût s'attaquer. En effet, le prêt avec intérêt, aussi nommé l'usure, est interdite par les 3 grandes religions monothéistes. C'est pourquoi, et ceci est prouvé par les historiens, que les capitalistes utilisèrent le mouvement Protestant comme fer de lance, car le protestantisme, et c'est bien là le point crucial de la réforme, autorisait l'usure contrairement au Catholicisme qui le condamnait. L'Islam l'interdit toujours, et c'est ainsi que le système bancaire en Iran par exemple est dénué de prêt avec intérêt. Le Judaisme est un peu plus mitigé, puisqu'il interdit l'usure de Juif à Juif, mais l'autorise de Juif à goy ( les non-juifs ). C'est d'ailleurs pourquoi, historiquement les premiers banquiers étaient Juifs ( d'où le cliché ).
Le démantèlement de la Reserve Federal est donc le point primordial du candidat Ron Paul, et la raison pour laquelle il ne se fera pas élire, et n'aura même pas le droit de se présenter. Or, vous n'en parlez pas dans votre article. Pire, vous dites qu'il a les mêmes idéaux que Bernanke l'ancien directeur DE LA FEDERALE RESERVE !!
De plus, je tiens à vous faire remarquer qu'un candidat extrêmement riche est certainement coupé du monde du lambda alternant entre métro mcdo et boulot(s), mais a l'avantage de pouvoir s'auto-financer et donc de n'avoir de compte à rendre à personne, de ne pas avoir de supérieur hiérarchique. Un peu comme les Kennedy. Et tout le contraire de Woodrow Wilson. Vous voyez ?
Pour ce qui est de l'ultra libéralisme, auquel je n'adhère en aucun cas, je dirais que c'est un homme de son époque, et aussi de sa nation. Et, après tout, pourquoi ne pas laisser les Etats-Unis devenir le laboratoire de l'ultra-libéralisme, ne serait-ce que pour prouver au monde une fois pour toute que cela relève d'une pure utopie ( "la main invisible du marché", on est dans l'incantation religieuse Cf Jean Claude Michéa ) et que cela ne marchera jamais ?
Ron Paul reste le meilleur candidat aux Etats-Unis pour preserver la paix dans le monde et pour éviter la destruction des Etats-Unis ( qui est le projet de la Banque : détruire les Nations ) et le chaos qui s'ensuivra.
Pour un peu plus sur la Federal Reserve, le tout avec beaucoup d'humour, je vous propose ce cartoon de 30 minutes réalisés par les "Indignés" Américains :
http://www.youtube.com/watch?v=QNbC...
merci, le Marquis, pour toutes ces explications très claires et informées.
en revanche, je n'ai pas parlé de Bernanke mais d'"Alan Greenspan", "un ami d' Ayn Rand et qui se définit comme étant républicain libertarien"(voir le lien dans le texte).
Mais si je comprends bien, la réserve fédérale appartenant à des groupes privés, il n'y a là rien d'extraordinaire à ce que le directeur de la banque soit un idéologue ultra-libéral.
En effet, je n'ai pas parlé de la réserve fédérale. C'est parce que je ne pense pas une seconde que, même s'il voulait le faire, ce dont je doute, il pourrait s'attaquer à cette institution.
Pas plus qu'il ne pourrait faire cesser les guerres menées par l'empire, ni fermer les bases militaires, ni réduire le budget de l'armée de façon sensible.
Parce que, en plus, il ne gouvernerait pas tout seul.
Tout ce qu'il arriverait à faire, c'est réduire les dépenses de l'Etat en prenant sur les aides sociales, en supprimant des ministères-clés, en supprimant les postes de fonctionnaires,etc.
Tout ce qui réduirait une large partie de la population à la misère.
Réduire les pouvoirs de l'Etat fédéral, c'est, dans le système qu'il prévoit, créer des injustices encore plus énormes que celles qui existent actuellement.
Quant à dire qu'en ayant une fortune personnelle, on peut s'autofinancer sans avoir besoin de personne, c'est un point de vue bien étrange.
D'abord, les campagnes électorales coûtent de plus en plus cher actuellement http://www.guardian.co.uk/world/200... et il est impossible d'assumer tout seul sa (ses) campagne (s).
Ensuite, par ex, les campagnes publicitaires des candidats et leurs passages dans les émissions dépendent de grands groupes privés, et donc, le candidat n'est pas seul au gouvernail.
Pire encore, peut-on parler de démocratie quand les candidats pour lesquels la population est censée voter sont des milliardaires et que ceux qui n'ont pas les moyens sont écartés du débat politique et des institutions - ce qui est-d'ailleurs déjà le cas?
A ce niveau, on se demande pourquoi, d'ailleurs, ils organisent des élections.
@Folavril,
désolée. Votre commentaire était resté dans les indésirables, je ne sais pourquoi et je ne l'ai pas vu.
Cela aurait été dommage, car votre analyse est excellente et très documentée. En plus, j'y adhère
Certes, le désarroi des populations est grand devant le mur devant lequel elles se retrouvent. Plus aucun mécanisme démocratique ne fonctionne. Les manifestations des citoyens sont ignorées, leur revendications méprisées, les promesses électorales bafouées et les politiques de tous bords se rejoignent pour soutenir de nouvelles guerres ou stigmatiser des populations.
En effet, plus rien ne va. En France aussi, ils se cherchent un gourou. Pour l'instant, il semblerait que ce soit Mélenchon, ce serait moindre mal, certes, mais, là encore, les défauts sont minimisés, voire occultés, les erreurs graves excusées. Pourvu qu'il nous sorte de cette galère.
Hélas, ni Mélenchon, ni Paul ne nous sortiront de cette galère. Leur programme, s'il semble alléchant à certains, n'est pas réalisable.
parce que, pour qu'il le soit, il faudrait un bouleversement total, une révolution, en somme.
Paul, lui, n'est là que pour amuser la galerie, pour pimenter ces primaires républicaines qui, sans lui, seraient mornes et tristes (toujours les mêmes pitres qui répètent toujours les mêmes discours pour des mesures qui ne feront qu'aggraver les conditions) et n'intéresseraient personne.
Comme c'était le cas pour la candidature Obama et le pseudo-suspense qu'ont entretenu les médias. On a vu le résultat.
Et il le joue bien, son rôle, Paul. Il a même réussi à se faire des adeptes ici, en France. On le voit.
Ron Paul s'en prend à la FED car il croit au complot des financiers juifs tel que véhiculé par l'extrême-droite traditionnelle et les conspirationnistes apolitiques d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs le cas de tous ceux qui sortent des livres pour expliquer pis que pendre de la FED, institution néolibérale comme les autres. Evidemment certains à gauche, comme E. Chouard, se font avoir de la même façon et se croient très malins à faire des conférences et des dénonciations farfelues sur la FED, la fin de l'étalon or ou les Skulls & Bones. Et Ron Paul est du même tonneau paranoïaque. C'est peut-être pour ça que Marine Le Pen tenait tant à lui rendre visite. Ron Paul c'est l'extrême-droite, une proximité qui ne le gène aucunement lui et ses partisans dévoués.
Une autre raison tout aussi navrante de sa dénonciation de la FED est qu'il l'a considère comme faussant le marché car obéissant à la Maison Blanche. Ce qui lui permet d'expliquer que toutes les crises économiques sont de la faute de l'Etat et donc de l'idéologie socialiste. Pareil pour les subprimes survenus à cause des institutions "publiques" que sont Fannie Mae et Freddie Mac ainsi que des lois anti-discriminations en faveurs des noirs et des latinos pour leur trouver un toît (alors qu'en réalité c'était l'excuse de l'administration Bush pour se présenter bienfaisant). Là pour le coup c'était son idéologie libérale anti-étatiste qui parle et il n'y a effectivement pas besoin d'être d'extrême-droite pour être d'accord avec lui. C'est l'autre parti de ses soutiens composés de libéraux et de jeunes naïfs de l'idéologie libertarienne. Et pas qu'aux USA visiblement.
@emcee :
Je suis d'accord avec vous sur Mélenchon et la gauche même s'il est possible qu'on ne situe pas les erreurs au même endroit.
Je crois c'est un débat plus général pour la gauche qui voit bien que les élections - faussement démocratiques - sont une impasse mais ne savent pas non plus comment s'imposer en les contournant. Du coup on a tendance à préférer la stratégie du pire, fasciner la violence des manifestations ou s'habituer à leur routine sans conséquence et de manière générale prendre ses désirs pour des réalités en criant bien fort des mots tels que Résistance ou Révolution. Oui il faudrait un basculement du monde mais on arrive pas plus à le concevoir que la droite j'ai l'impression.
Je n'ai pas de réponse à ce problème de fond, ma seule pratique est d'essayer d'appuyer les combats progressistes partout ou je le peux et de soutenir la gauche partout où elle se trouve. Si dès fois c'est par le vote eh bien tant pis. Je n'y attend rien mais qu'est-ce que ça me coûte ? Mes autres camarades ont l'air de faire pareil (ou d'espérer que) sans le dire ou de ne rien faire et s'en vanter.
ça y est, j'ai une idée de slogan :
Votez Ron Paul et que tout le monde crève !
Merci Tom de tous ces éclairages que j'ai survolés par manque de compétences en la matière.
"Ron Paul s'en prend à la FED car il croit au complot des financiers juifs tel que véhiculé par l'extrême-droite traditionnelle" : cela me semblait être la ligne, en effet, même si, évidemment ce n'est pas clairement dit. Mais ses sympathies avec les Tea Party et l'ED sont claires. Pour moi c'est rédhibitoire.
Oui, c'est le Grand Désarroi, actuellement. Espérons qu'une dynamique de gauche s'imposera et nous permettra d'y voir plus clair et de cesser de balayer tout l'échiquier politique dans l'espoir de se sortir de là.
La réponse ne viendra certainement pas de ces vieux briscards de la politique qui tiennent chacun un rôle défini pour mieux nous rouler dans la farine.
Elle ne peut venir que de nous et de notre volonté de vivre dans une société d'hommes et de femmes véritablement libres et solidaires.
Merci d'avoir retrouvé mon commentaire !
Pour ceux que l'idéologie libertarienne intéresse, je conseille de regarder les émissions de Penn and Teller "Bullshit" (bon, y'a plus megavideo mais ça doit encore se trouver)...
Au départ, c'est séduisant, ils s'en prennent à tous les charlatans, à la peine de mort, etc... petit à petit, on passe au port d'armes pour tous (pour se défendre du "gouvernement" - car aux USA on ne parle pas d'État -, en faisant l'impasse totale sur un détail minime, la différence entre un drone et un fusil, mais bon, hein...), et finalement aux attaques contre les universités publiques (nos impôts), le réchauffement climatique, le recyclage (des conneries tout ça, y'a encore plein de place pour les décharges d'ordures), les associations de protection des animaux (des terroristes), Wall-Mart (une entreprise géniale qui donne du boulot à d'anciens junkies, cool) et après avoir vu la totalité de la série, on finit par comprendre où ils veulent en venir exactement.
Si j'ai bien compris, ce mouvement existe en France ("Liberté chérie", il me semble, fondé, si mes souvenirs sont bons, par le fils Glucksmann), et en Suisse. Il séduit beaucoup sur le net de par sa défense de la liberté individuelle et son refus des règlementations souvent débiles, il faut bien le reconnaître. Le danger réside dans la confusion des genres.
Personnellement, je vis dans un pays où on a parfaitement le droit de porter le voile si on le souhaite, et où existe le droit coutumier, et le jacobinisme de Mélenchon me déplait (je suis sûre qu'il est contre les droits économiques, sociaux et culturels, tiens). Les Verts, le problème est leur alliance inconditionnelle avec le PS (et Mme Joly qui parle encore du droit de véto de l'URSS à la télé chez Ruquier, ça la fout un peu mal aussi, mais je l'aime bien)... Bref, ce ne sera pas facile, mais les choses peuvent considérablement évoluer si ça bouge sérieusement en Grèce, par exemple. Comme beaucoup de gens, je place de grands espoirs dans Internet qui a permis que des tas de gens qui se croyaient seuls à penser de travers se reconnaissent et se soutiennent. Ce ne sera pas pour 2012, mais la volonté de vivre dans une société libre et solidaire est bien là, beaucoup plus, par exemple, que dans les années 1980. Courage !