Il n’y a jamais eu de révolution égyptienne
Par emcee le jeudi 13 octobre 2011, 21:22 - Moyen Orient - Lien permanent
Article d'Ahmed Amr: "There Never Was an Egyptian Revolution"
Dissident Voice, 12 octobre 2011

Des militaires et des manifestants place Tahrir au Caire, le 29 janvier 2011 (Yannis Behrakis/Reuters)
L’excitation a disparu, l’euphorie s’est évanouie et nos grandes illusions ont été balayées pour céder la place à la réalité qu’il n’y a jamais eu de révolution égyptienne. Huit mois après avoir renversé le vieux despote, l’Egypte est actuellement entre les mains d’une dictature militaire nouvelle et améliorée – le Conseil Suprême des Forces Armées. S’il restait le moindre doute sur les intentions des généraux de garder le pouvoir et de tenir les commandes du vaisseau de l’Etat, il s’est dissipé lors de ce dimanche sanglant ("Bloody Sunday" en VO).
Pas besoin de preuves médico-légales supplémentaires de ce qui s’est passé exactement à Maspero, le lieu d’un massacre qu’on ne peut que qualifier de crime contre l’humanité. Ce qui avait commencé comme une marche pacifique contre les persécutions religieuses commises par des vandales salafistes qui ont la manie de détruire les églises coptes, s’est transformé en un bain de sang. Plus d’une vingtaine de manifestants, dont le plus jeune avait douze ans, ont été assassinés.
La seule véritable question en suspens, c’est de savoir si ce massacre était prémédité. D’où je suis, au Caire, ça m'en a tout l’air. Comment, sinon, expliquer les mensonges éhontés et la malhonnêteté propagés par les responsables des médias gouvernementaux ?
Les reportages provocateurs de la TV d’Etat ont laissé entendre que des bandes de coptes armés de mitraillettes avaient attaqué la police militaire non armée. Et la population a tout gobé parce qu’elle avait "vu" les événements à la télé.
Un appel a été lancé pour demander aux citoyens «honorables » d'aller défendre l’armée.
Evidemment, cette histoire s’est avérée être un tas d'infamies fabriquées de toutes pièces par le gouvernement. Al-Ahram, le site web en langue anglaise, également un organe contrôlé par l’Etat, a donné une toute autre version des faits.
Une manifestation de 10.000 coptes, qui défilaient depuis Shubra-El-Kheima jusqu’au siège de la télévision publique à Maspero a dégénéré quand les manifestants ont été agressés par des bandes qui leur jetaient des pierres du haut des murs d’enceinte alors qu'ils tentaient de traverser le tunnel de Shubra. S’ensuivait alors une échauffourée d’une quinzaine de minutes, les manifestants coptes ayant riposté en lançant des pierres à leurs agresseurs. Il y a eu des coups de feu tirés en l’air, et les manifestants terrorisés se demandaient si on allait diriger les armes contre eux.
Au cours de cette agression, il y a eu des mouvements de panique quand les jeunes coptes ont demandé aux femmes d’aller se mettre à l’abri sous le pont.
Après cette échauffourée, la marche a repris pacifiquement et les manifestants ont poursuivi leur route en direction de Maspero.
Sur le parcours, ils s'étaient arrêtés à la rue Galaa, où ils étaient à nouveau agressés. Une voiture fonçait dans la foule et des coups de feu étaient tirés sur les manifestants. Le défilé reprenait une fois de plus jusqu’à Maspero où les manifestants étaient à nouveau agressés, mais plus violemment et plus intensément.
Un correspondent d’Ahram Online à Maspero raconte qu’il a vu que des cocktails Molotov avaient été lancés sur les manifestants depuis le siège de la télévision d’Etat tandis que des véhicules blindés de transports de troupes, conduits par les militaires, fonçaient dans la foule, écrasant les manifestants. Les récits des témoins postés sur Twitter racontent que l’armée tirait sur la foule, qu'ils étaient attaqués par des vandales en civil, et que des véhicules brûlaient le long du Nil.
Parmi ceux dont on a confirmé la mort jusqu’à présent se trouvent Mina Daniel, militant et bloggeur; Wael Yunna, journaliste de la chaîne de télévision copte et Michael Mosaad, militant et membre de la Coalition de la Jeunesse de Maspero.
Cette manifestation avait été organisée par la Coalition de la Jeunesse de Maspero, un groupe de jeunes militants coptes pour protester contre les agressions récentes contre les coptes. Les manifestants scandaient : « Relève la tête, tu es copte » et "non à l’incendie des églises".
Les manifestants scandaient également des slogans contre l'armée criant: " le peuple veut la chute du maréchal Tantaoui”, ainsi que: "Tantaoui, où est ton armée, nos maisons et nos églises sont attaquées?".
Dès le lendemain, dans la version papier en arabe d'Al-Ahram, l'article sur la manifestation ne dépassait pas les 150 mots. Le court récit ne parlait même pas des affrontements, ni des victimes non plus. Cette version épurée des événements a incité les musulmans et les chrétiens à manifester pacifiquement en scandant: "les musulmans et les chrétiens sont les doigts d'une même main". Je suppose qu'ils ne voulaient pas galvauder leur virginité postrévolutionnaire nouvellement acquise au premier accroc venu.
Le mardi matin, Al-Ahram reprenait ses habitudes et publiait le récit d'un soldat blessé qui affirmait qu'il avait vu 14 de ses camarades brûlés vifs dans un blindé de l'armée. Le journaliste qui a écrit ce papier ferait bien d'investir dans une calculatrice. Le bilan officiel est de 25 morts, parmi lesquels 21 qui ont déjà été identifiés comme étant des coptes, deux corps qui n'ont pas été reconnus et on ne sait pas exactement qui sont les deux derniers. Ce sont peut-être des soldats mais cela peut aussi être des militants musulmans qui défilaient avec leurs frères coptes. L'armée avait affirmé au départ que trois de ses soldats avaient été tués, mais elle refuse actuellement de confirmer le nombre exact.
D'habitude, en de telles circonstances, l'identité des soldats qui meurent en mission est révélée, leurs familles reçoivent des indemnités et la presse rend hommage à leur sacrifice. Et donc, il n'est pas impossible qu'il n'y ait eu aucune victime du côté de l'armée.
Le résultat c'est que les comptes-rendus des médias allaient dans tous les sens alors que les événements s'étaient produits sous leurs fenêtres. Le massacre a eu lieu juste en face de l'immeuble de la télévision d'Etat à Maspero. Les médias gouvernementaux, tous les médias gouvernementaux, sont une source d'information suspecte. Mais quand on atteint ce niveau de confusion dans les médias gouvernementaux, c'est un signe qu'il y a à coup sûr dissimulation de l'information.
Le comportement de ces "journalistes" – et j'utilise ce terme de façon très élastique – rappelle ce qui s'est passé le 2 février 2011. C'est exactement le même scenario qui s'est déroulé lors de la tristement célèbre "bataille des chameaux" où des vandales armés montés sur des chameaux et des chevaux avaient attaqué les manifestants sur la Place Tahrir.
A l'époque, l'armée s'était déjà engagée à protéger les manifestants et s'était portée volontaire pour être "gardienne de la révolution". Mais quelque chose de bizarre s'était produit – l'armée n'était pas intervenue et n'a jamais cherché à expliquer comment les sbires du pouvoir avaient franchi leurs lignes et comment ils avaient pu passer sans se faire remarquer par les dizaines de points de contrôle de l'armée qui avaient été mis en place pour faire respecter le couvre-feu. Cela reste un sujet tabou.
Mais nous en savons actuellement un peu plus sur la "Bataille des chameaux" c'était une tentative soigneusement orchestrée par le régime Moubarak destinée à faire avorter le mouvement révolutionnaire et ce plan comprenait un rôle bien défini des médias gouvernementaux. Ils avaient pour consigne de ne pas en parler et de ne parler que des manifestations "spontanées" de soutien au président aujourd'hui déchu. Et on peut logiquement imaginer que les responsables des médias ont reçu ces mêmes consignes le jour du Dimanche Sanglant. Rappelons que ces scribes payés par l'Etat sont pratiquement les mêmes que ceux qui ont soutenu fidèlement Moubarak pendant trente ans.
Le massacre de Maspero émane directement de la stratégie de Moubarak. Créer le chaos, se poser en sauveur de la nation, et étendre les mesures d'urgence, voire aller un peu plus loin et déclarer la loi martiale. Le maréchal Tantaoui annonce déjà le besoin d'imposer des mesures plus sévères contre les provocateurs non identifiés, locaux ou étrangers.
Les manifestants coptes n'étaient pas des hooligans armés de mitraillettes; il y avait parmi eux des femmes, des enfants et des militants musulmans sympathisants. Et les autopsies confirment que beaucoup d'entre eux ont été descendus par balle, poignardés, écrasés par les véhicules blindés de l'armée ou battus à mort.
Inutile de se livrer à une enquête importante d'envergure ici. Il suffit de demander aux soldats quelles étaient les consignes et qui a donné les ordres. D'aller chercher quelques journalistes payés par le gouvernement et de leur poser la même question. De regrouper quelques–uns des vandales qui ont attaqué les manifestants pour déterminer s'ils ont agi "spontanément" ou si eux aussi avaient des instructions. Je mettrais ma main au feu que toute cette histoire était une opération sous fausse bannière destinée à créer le chaos et suffisamment de tensions sectaires pour justifier la poursuite du régime militaire.
Ce qui me ramène à ma thèse initiale selon laquelle il n'y a jamais eu de révolution égyptienne. Ce qui s'est produit en Egypte, c'est un coup d’état qui a profité d'un soulèvement populaire, l'a contenu, et qui projette actuellement de réinstaurer soixante ans de dictature militaire. Les généraux étaient plus que ravis de se débarrasser de Moubarak et de son héritier, un fils qui n'était pas seulement un banquier d'affaires corrompu mais qui, ayant échappé au service militaire, n'avait jamais servi un seul jour dans l'armée et qui serait détenteur d'un passeport britannique.
Les coptes qui sont morts au cours de ce dimanche sanglant deviendront les premiers martyrs du premier soulèvement en Egypte, ou les premiers martyrs du deuxième soulèvement en Egypte. De quelque façon que ce soit, leur sang restera une tache indélébile dans l'histoire de l'Egypte.
Dieu préserve leur âme.
Ahmed Amr est l'ancien rédacteur en chef de NileMedia.com et l'auteur de "The Sheep and The Guardians - Diary of a SEC Sanctioned Swindle".
Traduction: emcee, ©des bassines et du zèle
Autres articles d'Ahmed Amr:
En Egypte, une manifestation ne peut être qu'une émeute
et:
Message de la part des Egyptiens: "Nous ne faiblirons pas!"
Et puis, un autre point de vue intéressant, plus politique, sur la situation actuelle en Egypte (en anglais):
Cairo Clashes: The Chronicles of Egypt’s Copts, par Ashraf Ezzat
Commentaires
http://www.google.fr/imgres?imgurl=...
bien sûr que les autorités, l'empire, les dominants cherchent à récupérer à brider, à dévoyer, les révolutions Tunisienne ou Egyptienne par le clivage par l'instrumentalisation des islamistes, par le chantage à la dette il n'en reste pas moins qu'elles ont considérablement fait bouger les lignes et les consciences et qu'avortées ou pas leur impact n'est pas prêt de s'évanouir. Ne serait-ce que dans l'idée que l'on peut par l'insurrection chasser un autocrate, un pouvoir corrompu alors qu'on nous avait tellement répété qu'il n'y avait pas d'alternative possible qu'il fallait être réaliste pragmatique raisonnable.qu'il fallait se résigner. Depuis le "dégage" et "l'indignation" a essaimé partout dans le monde jusqu'à Wall-street.
salut, tgb,
je note une fois de plus ton "pessimisme gai".
Cela fait du bien, parce que je vois tout en noir.
Oui, il y a une prise de conscience mondiale que l'ordre des choses n'est pas inéluctable et que nous pouvons en changer.
Le problème (et mon pessimisme lugubre reprend le dessus), c'est que le retour de bâton n'est pas loin. Parce qu'ils ont les armes, le pouvoir, l'appareil répressif et les médias avec eux. Sans compter le soutien des puissances étrangères qui agissent en sous main ou ouvertement, comme on le voit en Libye, par exemple.
C'est la raison pour laquelle je ne pense pas qu'il puisse y avoir désormais de révolution "tranquille", mais que, pour renverser tous ces pouvoirs, seule une insurrection sanglante peut en venir à bout.
Ce n'est pas réjouissant, quel que soit le cas de figure.
Une insurrection sanglante, c'est de la politique française, ça !
Non, ce qu'il faut, voyons, c'est
la classe internationale.
merci emcee pour cette traduction, ce n'est dans les medias dominants qu'on aurait pu la lire!
moi aussi très préoccupée (le mot est faible) par le futur.
Face à nous des pourritures armées, des multinationales prêtes à tout pour "sauver" le marché, donc, conséquence de ceci, des gouvernements médiocres, incapables, des marionnettes corrompues. Ils n'hésitent pas à sacrifier des populations entières (depuis qu'ils préparent le terrain en nous répétant que bientôt la population mondiale sera trop nombreuse)...etc etc je pourrais continuer...
baci quand même
Quand quelqu'un qui dit que lorsque les informations sont confuses, on peut légitimement penser qu'il y a dissimulation de la vérité a un regard plutôt lucide sur la situation.
La situation a profité aux militaires qui attendaient voire préparaient le soulèvement populaire, c'est maintenant sûr.
C'est malheureusement souvent le cas dans le cas des révolutions : nous avons eu Napoléon, par exemple, et Satrapi décrit la même évolution dans Persepolis.
Le peuple égyptien doit se préparer à vivre des heures difficiles, mais ce n'est pas perdu.
Les révoltes ne sont pas isolées, et d'une certaine manière, c'est un signe d'espoir.
coucou, céleste,
oui, le futur est sombre. Ils nous font plonger, ils font plonger toutes les populations, ils fomentent des complots... le pire, c'est que ce sont ceux qui les dénoncent qu'ils accusent de "conspirationnisme".
J'ai lu que la commission européenne estime que le salaire minimum des Grecs (751€) était trop élevé par rapport à d'autres pays européens. Alors, les Grecs? On cherche à s'enrichir? Pas beau, ça!
Et voilà ce qu'ils en ont fait de l'Europe, ces pourris.
Mais comme tu le dis, galien, tout espoir n'est peut-être pas perdu, si tous les peuples se soulèvent ensemble.
En ce moment, ils cherchent à déloger les OWS à NY. On va voir ce qui se passe.
la résistance des libyen est sans faille et gagne du terrain et il y a un point précis a cela c'est que tout les Libyen on bien compris a quoi ils ont affaire.
Une armée d'invasion qui convoite leur pays!
Pour l' egypte il se peut que le temps de la vraie confrontation voit le jour prochainement quand il comprendrons les projet que l' Otan a pour eux, c'est a dire le contrôle total du bassin méditerranéen.
un article tout aussi objectif démontre bien la situation actuelle.
http://www.uruknet.info/?p=m82155&a...
Il est évident et on le voit avec la menace nucléaire iranienne qu'on nous ressort pour faire diversion qu'ils n'ont dans leur désastre économique que la fuite en avant comme solution et comme ils ont beaucoup d'imagination, la guerre, mais une chose est sûre leur système est au bout du rouleau ils ne font que repousser l'inéluctable - maintenant je n'ai pas dis que ça se fera dans la guimauve
Certes, ils résistent, mais quel énorme gâchis! Je suis atterrée de voir comment ces rapaces détruisent sans pitié des pays entiers, des vies, des familles, des infrastructures....
Pourquoi donc n'y a-t-il pas un mouvement international pour dénoncer et faire cesser cette invasion illégale, ces bombardements "humanitaires", cette rapine organisée par des pays sans foi ni loi, avec des dirigeants barbares, menteurs et voleurs?
Pour ce qui est de l'Egypte, quand tout est verrouillé, la résistance est difficile.
De plus, il y a toujours la menace de se retrouver avec pire, ou pas mieux, les démocrates ayant été réprimés, voire emprisonnés, ils sont donc désorganisés et n'ont pas de structures pour se réunir. Alors, le risque est grand de se retrouver avec un autre régime totalitaire.
Ici, c'est l'armée, et tapis dans l'ombre, ce sont les frères Musulmans qui sont prêts à prendre le relais.
Il faut du courage pour résister à tout cela.
@tgb,
Oui, tout s'écroule et ils ne voient qu'une issue:les guerres d'invasion.
C'est terrifiant. Cela ne peut évidemment pas se terminer sans fracas mondial. Ils cherchent même la Russie et la Chine. Rien ne les arrête.
Je n'arrive toujours pas à comprendre comment on a pu en arriver là. Comment il n'y a pas de dirigeants dans ce monde pour dire: maintenant, ça suffit!
IL y en a - il ne faut pas oublier que nous sommes dans la caisse de résonance atlantiste, nous n'entendons qu'un seul son de cloche -
de toute façon les USA n'ont qu'un seul ennemi : la Chine - il faut tout lire avec ce prisme là
Pour en être réduit a utiliser les grosses ficelles pourries de Bush, Obama doit être sacrément mal.
certes, il y a des dirigeants qui s'élèvent contre cela, mais ils ne pèsent rien dans la balance. les Chavez, Castro et autres. Mais la Chine et la Russie ont par exemple cédé pour la Libye. Au départ, elles étaient contre, mais il a dû y avoir des transactions. Quand il y a le gâteau à se partager, autant ne pas se fâcher juste avant.
Obama devrait être tout content d'être à la Maison Blanche: c'était inespéré, sinon, elle se serait appelée autrement
tout cela n'augure rien de bon ...l'économie sociale est en chute libre et l'économie de l'armement est ascendante chez les grandes puissances pour maintenir leur situation au devant de l'impérialisme en perdition, près a toute éventualité pour la domination globale dans une violence débridé ... voir le feu nucléaire et la grande destruction .
la seule force capable de stopper définitivement l'Otan est l'alliance chine russie inde et d'autre, donc la grande guerre.
En attendant ils bombardent ou déstabilise les petits pour leur fondre dessus, logique prédatrice du fort qui marche sur le petit...cela va de soit!
A moins que la situation économique prenne une tournure de contrainte vers une régulation concrète, au financement globale sociale,. et des états qui s'imposent a la finance.
Cette finance qui s'oppose a la démocratie pour sont profit sans limite, génératrice de grande souffrance sans aucune humanité dans l'ambiance froide et morbide d'une sale de marcher.
En somme, des criminels qui s'ignorent aux ordres de l'argent.
En Égypte tout comme en Tunisie, il y a eu un soulèvement populaire d'une grande ampleur mais qui a vite été récupéré.
En Tunisie, ce soulèvement a été instrumentalisé par un clan de la famille régnante qui grace à un coup d'état a réussi à se débarrasser du même coup du dictateur et du clan rival, celui des Trabelsi. Sans nul doute tout cela n'aurait pu se faire sans l'aval de la France et des USA. Aujourd'hui, ce pouvoir occulte soutenu par les puissances étrangères tire les ficelles en se cachant derrière un gouvernement illégitime qui ne fait que brouiller la donne. Plus de 110 partis nouvellement créés entrent en lisse pour l'élection de la constituante le 23 octobre mais dans la confusion la plus totale. Les électeurs ne savent plus à quel saint se vouer. Le comble est que le RCD dissout s'est reproduit en une quarantaine de clones . Certains partis détenant d'en ne sait où des sommes colossales vont jusqu'à acheter les voix des électeurs.
La question qui se pose : Des gens qui tiennent en laisse le gouvernement, la police, l'armée et les finances accepteront-ils le jeu démocratique si jamais leurs poulains perdent les élections?
Par ailleurs, un premier ministre provisoire qui se fait convoquer par Sarkozy puis se fait inviter par le G8 et qui à trois semaines des élections, c'est à dire à trois semaines de son départ est reçu à la maison blanche par Obama en personne...C'est plutôt louche...
"Mon Dieu !
Quel âge pouvait avoir ce chauffeur de taxi ?
Et quel âge pouvait avoir sa voiture ?
Je n'en croyais pas mes yeux quand je me suis assis à côté de lui. Il y avait autant de rides sur son visage que d'étoiles dans le ciel.
Chacune poussait l'autre tendrement, créant un visage typiquement égyptien qui paraissait sculpté par Mahmoud Mokhtar.
Quant à ses mains, qui tenaient le volant, elles s'étiraient et se rétractaient, irriguées par des artères saillantes comme le Nil allant abreuver la terre desséchée.
Le léger tremblement de ses mains ne faisait basculer la voiture ni à gauche ni à droite. Elle marchait droit en avant, et les yeux du chauffeur, recouverts de deux énormes paupières, laissaient transparaître un état de paix intérieure qui suscitait en moi et dans le monde entier une profonde quiétude.
Rien qu'en m'asseyant à côté de lui,
je me suis senti envahi par des ondes magnétiques positives et la vie m'est apparue belle"
Khaled Al Khamissi
Taxi.
Merci pour vos contributions.
Fethi, eh bien, pas mieux pour la Tunisie, apparemment. C'est désespérant, mais pas étonnant.
De la confusion créée par une révolte populaire spontanée et inorganisée, surgissent des opportunistes, des gens qui ont œuvré dans l'ombre, des gens sincères, aussi, mais on dirait que le mal gagne plus souvent sur le bien pour le peuple.
Espérons que de tout cela s'ouvrira sur une meilleure voie, quand même.