Pourquoi la jeunesse aux Etats-Unis ne se révolte pas: les gouvernements successifs, aux ordres du Capital, y ont veillé
Par emcee le dimanche 7 août 2011, 08:51 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Et, cela depuis le Vietnam.
Ce texte, "8 Reasons Young Americans Don't Fight Back: How the US Crushed Youth Resistance", de Bruce E. Levin, psychologue clinicien, parle de lui-même. Tout y est.
Nous-mêmes n'en sommes pas loin. Si nous avons pris du retard, c'est à cause de ces fichus services publics et des dispositions mises en place, entre autres, par le CNR et qu'il a fallu démanteler une à une.
Mais l'équipe au pouvoir s'y attèle avec un zèle remarquable. Bientôt, ces mesures surannées ne seront plus qu'un vieux souvenir, qui ne hantera que les pires cauchemars du médèfe.

Manifestation contre la guerre du Vietnam
Les huit raisons pour lesquelles les jeunes aux Etats-Unis ne se révoltent pas: comment les Etats-Unis ont annihilé tout esprit de résistance
Ce sont les jeunes qui ont toujours dynamisé les mouvements démocratiques. et donc, c’est un sacré exploit qu'ont réalisé les classes dirigeantes en créant des structures sociétales qui ont assujetti les jeunes en Amérique et brisé leur esprit de résistance à la domination.
Les jeunes aux Etats-Unis –plus encore que les autres générations - semblent avoir intégré l’idée que la "corporatocratie" peut les arnaquer complètement et qu'ils sont impuissants à réagir face à cela.
Un sondage Gallup réalisé en 2010 demandait: "pensez-vous que le système de Sécurité Sociale pourra vous verser une pension quand vous partirez à la retraite? Parmi les 18-34 ans, 76 % ont répondu non. Pourtant, bien qu'ils pensent qu'ils n'auront pas accès à la Sécurité Sociale, peu d'entre eux ont manifesté pour que cette institution soit renflouée en imposant les riches plus équitablement; la plupart semblent résignés à se voir prélever davantage de cotisations sociales, même s'ils pensent qu'ils n'en bénéficieront pas.
Comment donc la société a-t-elle réduit la jeunesse américaine au silence?
1. Les remboursements des prêts étudiants.
Un énorme endettement – et l'angoisse qu'il engendre – est un "facteur de paix".
Il n'y avait pas de frais de scolarité à payer à l'Université publique de New York quand je faisais mes études dans les années 1970, une époque où les frais de scolarité étaient si abordables dans de nombreuses universités publiques américaines qu'il était facile d'obtenir une licence, et même des grades universitaires plus élevés, sans avoir à accumuler les dettes pour rembourser des prêts-étudiants.
Alors que cette époque est révolue aux Etats-Unis, les universités publiques sont toujours gratuites dans le monde arabe, et sont soit gratuites, soit demandent une participation minime dans de nombreux pays du monde entier.

Les millions de jeunes Iraniens qui risquaient de se faire tirer dessus en manifestant contre les résultats des élections présidentielles de 2009, les millions de jeunes Égyptiens qui risquaient leur vie pour exiger le départ de Moubarak, et les millions de jeunes Américains qui manifestaient contre la guerre du Vietnam ont tous en commun qu'ils n'avaient pas à rembourser de prêt étudiant.
Actuellement, aux Etats-Unis, deux tiers des étudiants en dernière année de licence (quatrième année, NDT) ont un crédit à rembourser. Alors que l'endettement des étudiants s'élève à près de 25000 dollars en moyenne, de plus en plus d'étudiants licenciés me disent qui auront à rembourser près de 100.000 dollars.
A une époque de la vie où il serait plus facile de contester l'autorité parce qu'on n'a pas de charge de famille, beaucoup de jeunes gens ne s'inquiètent que du coût que représenterait le fait de s'en prendre au pouvoir, de perdre son emploi et de se retrouver dans l'incapacité de rembourser une dette en constante augmentation.
2. Traiter la rébellion comme une psychopathologie
En 1955, Erich Fromm, psychanalyste de gauche très respecté à l'époque, et qui militait contre l'autoritarisme, écrivait:
"Aujourd'hui, la fonction de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse menace de devenir l'instrument de la manipulation des êtres humains".
Fromm est mort en 1980, l'année même où une Amérique de plus en plus autoritaire élisait Ronald Reagan à la tête de l'Etat, et où une "Association Américaine de Psychiatrie" de plus en plus autoritaire ajoutait à sa bible de classifications des diagnostics (appelée alors le DSM-III) les troubles graves du comportement chez l'enfant et l'adolescent, comme le "trouble oppositionnel avec provocation" de plus en plus en vogue.
Parmi les symptômes officiels du "trouble oppositionnel avec provocation" on trouve: "souvent contestataire ou refuse d'obéir aux ordres ou aux règles donnés par des adultes", "souvent en conflit avec les adultes" et "agit souvent dans l'intention d'exaspérer les autres".
De nombreux contestataires connus en Amérique, parmi lesquels Saul Alinsky (1909–1972), l'"organizer" légendaire , auteur de "Reveille for Radicals" et "Rules for Radicals", seraient sans aucun doute diagnostiqués comme étant atteints de trouble oppositionnel avec provocation et d'autres troubles du comportement.
Evoquant son enfance, Alinsky raconte:
"Il ne m'était jamais venu à l'idée de marcher sur une pelouse, jusqu'à ce qu'un jour, je tombe sur un panneau: 'pelouse interdite'. Par la suite, quand j'en voyais un, je piétinais la pelouse de long en large".
Des puissants neuroleptiques (comme le Zyprexa et le Risperdal) sont actuellement les médicaments qui réalisent le plus de bénéfices aux Etats-Unis (16 milliards de dollars en 2010). Une des raisons principales, selon le "Journal of the American Medical Association" en 2010, c'est que beaucoup d'enfants qui prennent ces neuroleptiques ne souffrent pas de trouble oppositionnel avec provocation ou d'autres troubles du comportement (ce qui est particulièrement vrai pour les patients en pédiatrie assurés par Medicaid).
3. Des écoles qui apprennent l'obéissance, pas la démocratie
Lors de la remise du prix du Professeur de l'Année décerné par la ville de New York le 31 janvier 1990, John Taylor Gatto choquait une grande partie de l'assistance en déclarant:
"La vérité, c'est que les écoles n'enseignent pas grand chose en réalité, si ce n'est à obéir aux ordres. C'est un grand mystère pour moi parce que des milliers de personnes dévouées et attentionnées travaillent dans les écoles en tant qu'enseignants, assistants et administrateurs mais la logique abstraite de l'institution neutralise leurs contributions individuelles".
Il y a une génération de ça, la question de l'éducation obligatoire en tant qu'instrument servant à créer une société autoritaire faisait l'objet de nombreux débats, mais, alors que la situation est bien pire aujourd'hui, on n'en entend pratiquement plus jamais parler.
La nature de la plupart des classes, quelle que soit la discipline enseignée, prépare les élèves à être passifs et à être dirigés par d'autres, à obéir aux ordres, à prendre au sérieux les récompenses et les sanctions données par les autorités, à faire semblant de s'intéresser à des sujets qui ne les intéressent pas, et à se convaincre qu'ils sont impuissants à changer cet état de fait.
Un professeur peut faire un cours sur la démocratie, mais les écoles sont essentiellement des lieux antidémocratiques, et donc, ce n'est pas la démocratie qui est enseignée aux élèves.
Jonathan Kozol, dans 'The Night Is Dark and I Am Far from Home", parle de la façon dont l'école nous retient de nous livrer à des actions courageuses.
Kozol explique comment les écoles nous enseignent une sorte de "sollicitude inerte" où le fait de se sentir concerné – en soi et de soi-même, et sans risquer les conséquences d'une véritable action – est considéré comme "éthique". L'école nous apprend que nous sommes "moraux et mûrs" si nous affirmons nos préoccupations poliment, mais la nature de l'école – son exigence d'obéissance – nous apprend à ne pas chercher à provoquer des frictions.
4 – Les réformes éducatives "No child left behind" et " Race to the Top"
La corporatocratie a imaginé un moyen de rendre nos écoles déjà autoritaires encore plus autoritaires.
Les politiques à la fois des Démocrates et des Républicains ont engendré les guerres en Afghanistan et en Irak, l'ALENA, le PATRIOT Act, la guerre contre la drogue, le sauvetage de Wall Street, et les actions éducatives comme les programmes "No child left behind" ("aucun enfant laissé pour compte" – gouv. Bush, NDT) et "Race to the Top" (la course au sommet – gouv. Obama, NDT).
Ces politiques consistent essentiellement à soumettre les élèves à la tyrannie de tests normalisés, générateurs de crainte, ce qui est, pour une société démocratique, antinomique avec l'éducation.
L'angoisse pousse les élèves et les professeurs à ne plus travailler que pour répondre aux exigences de ceux qui élaborent les sujets des tests. Elle annihile la curiosité, l'esprit critique, la remise en cause de l'autorité et la contestation et la résistance à l'autorité illégitime.
Dans une société plus démocratique et moins autoritaire, on mesurerait l'efficacité d'un enseignant non pas à des résultats de tests imposés par la corporatocracy, mais en demandant aux élèves, aux parents et à toute la communauté si le professeur incite les élèves à être plus curieux, à lire davantage, à se cultiver indépendamment de l'école, à chercher à former son esprit critique, à remettre en cause les autorités, et à contester l'autorité illégitime.
5. Montrer du doigt les jeunes qui prennent au sérieux l'éducation – mais pas les études.
Une enquête réalisée en 2006 aux Etats-Unis montre que 40% des enfants entre le CP et le CE2 lisent tous les jours, mais quand ils arrivent en CM1, ce pourcentage tombe à 29 %. Malgré l'effet anti-éducatif de l'école, les parents et les enfants sont de plus incités par la propagande à croire que ne pas aimer l'école, c'est ne pas aimer apprendre.
Cela n'a pas toujours été le cas aux Etats-Unis. On se souvient de la réflexion de Mark Twain: "je ne permets pas à mes études de nuire à mon éducation". Vers la fin de la vie de Twain, en 1900, seulement 6 % des Américains avaient un diplôme de fin d'études secondaires.
Actuellement, environ 85 % des Américains ont un diplôme de fin d'études secondaires, mais ce n'est encore pas assez pour Barack Obama qui a déclaré en 2009:
"Et abandonner le lycée avant la fin des études n'est plus possible. Ce n'est pas seulement faillir à soi-même, c'est faillir à son pays".
Mais, plus les Américains font d'études, moins ils sont conscients de la lutte des classes qui a lieu actuellement, et plus ils sont incapables de contester la classe dirigeante.
Dans les années 1880 et 1890, les agriculteurs américains qui avaient fait peu ou pas du tout d'études avaient créé un mouvement populiste qui avait mis en place la plus importante coopérative de travailleurs en Amérique, avaient formé le Parti Populaire qui avait recueilli 8 % des voix aux élections présidentielles de 1892, conçu un projet de "sous-trésorerie" (qui, s'il avait été appliqué aurait permis aux agriculteurs de bénéficier de meilleurs crédits et aurait cassé le pouvoir des grandes banques), envoyé 40.000 conférenciers dans toute l'Amérique pour l'expliquer, et avaient développé toutes sortes d'idées politiques, de stratégies élaborées, que la population instruite d'aujourd'hui est incapable de concevoir.
Aujourd'hui, les Américains sans diplômes universitaires sont constamment montrés du doigt et qualifiés de 'losers".
Pourtant, Gore Vidal et George Carlin, deux des détracteurs les plus intelligents et cohérents de la corporatocratie en Amérique, ne sont jamais allés à l'université, et Carlin a abandonné les études en classe de 3eme.
6. La banalisation de la Surveillance.
La crainte d'être surveillée rend la population plus facile à maîtriser. On a beaucoup entendu parler de la National Security Agency (NSA) qui a intercepté les mails et écouté les conversations téléphoniques de citoyens américains, et alors que les dispositifs de contrôle sont de plus en plus fréquents en entreprise, les jeunes acceptent de plus en plus d'être surveillés par la corporatocratie parce que, y ayant été habitués dès l'enfance, la surveillance est, pour eux, une pratique normale.
Leurs parents consultent systématiquement Internet pour connaître les notes des tests de leurs enfants et savoir quelles tâches ont été accomplies, et, tout comme les patrons, ils surveillent les ordinateurs de leurs enfants et leurs pages Facebook. Certains parents utilisent le GPS des téléphones portables de leurs enfants pour les localiser et d'autres parents ont installé des caméras de surveillance chez eux. Je rencontre de plus en plus de jeunes gens qui n'osent pas organiser une fête quand leurs parents sont partis et, donc, comment pourraient-ils oser se lancer dans l'organisation d'un mouvement démocratique sous l'œil des autorités?
7. La télévision
En 2009, la Nielsen Company disait qu'il n'y a jamais eu autant d'Américains devant un écran qu'actuellement, si on compte les trois écrans": le poste de télé, l'écran de l'ordinateur et celui du téléphone. Les enfants sont en moyenne huit heures par jour devant un écran, que ce soit pour la télévision, les jeux vidéo, les films, Internet, les téléphones portables, les iPods, et d'autres appareils (en dehors de l'usage qu'il en est fait pour l'école).
De nombreux progressistes s'inquiètent de l'énorme contrôle sur le contenu exercé par les medias de masse, mais le simple fait de regarder la TV— quel que soit le programme – est le facteur de paix fondamental (les prisons privées ont reconnu que fournir des postes de télévisions aux prisonniers peut être une méthode plus économique pour les faire tenir tranquilles que d'embaucher davantage de gardiens).
Pour une société autoritaire, la télévision est le rêve devenu réalité: les gros capitalistes possèdent pratiquement tout ce que les gens regardent.
Les programmes-télé qui suscitent l'angoisse rendent les gens plus craintifs et plus méfiants vis-à-vis des autres, ce qui est parfait pour une classe dirigeante dont la méthode se résume à "diviser pour régner". La télévision isole les gens de façon à ce qu'ils ne se rassemblent pas pour organiser la résistance contre les autorités; et quels que soient les programmes, les ondes cérébrales des téléspectateurs sont au ralenti, ce qui les met dans un état proche de l'hypnose, et qui n'est pas propice au développement d'un esprit critique.
Même si les jeux vidéo ne réduisent pas autant leurs adeptes à l'état de zombies que la télévision, ces jeux sont devenus pour beaucoup de garçons et de jeunes hommes leur seule expérience de la puissance, or cette "puissance virtuelle" ne constitue pas une menace pour la classe dirigeante.
8. La religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste.
La société américaine offre à la jeunesse le "choix" entre la religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste. Toutes les formes de fondamentalisme réduisent notre vision et inhibent notre esprit critique. Alors que certains progressistes se plaisent à appeler la religion fondamentaliste l'"opium du peuple", ils oublient trop souvent la nature lénifiante de l'autre fondamentalisme majeur aux Etats-Unis.
Le consumérisme fondamentaliste annihile l'autonomie en formant des individus qui se sentent complètement dépendants des autres et qui sont ainsi plus enclins à remettre le pouvoir de décision aux autorités, exactement ce qui ravit les classes dirigeantes.
Un système de consumérisme fondamentaliste légitime la publicité, la propagande et toutes sortes de manipulations, y compris les mensonges; et quand une société légitime les mensonges et le pouvoir de manipuler, elle détruit la capacité de la population à se faire confiance mutuellement et à organiser des mouvements démocratiques. Le consumérisme fondamentaliste favorise l'égocentrisme, qui empêche la solidarité nécessaire pour organiser des mouvements démocratiques.
Ces aspects ne sont pas les seuls de notre société à désarmer la jeunesse américaine et anéantir leur résistance à la domination.
Le complexe industriel agroalimentaire a contribué à créer une épidémie d'obésité infantile, de dépressions, et de passivité.
Le complexe industriel carcéral se charge de discipliner ceux qui sont réfractaires à l'autorité (et, en plus, maintenant à cause de la crainte de se retrouver devant des juges comme les deux de Pennsylvanie qui avaient touché 2,6 millions de dollars de la part des prisons privées pour qu'ils veillent à ce que les mineurs soient condamnés à des peines de prison).
Comme l'a dit Ralph Waldo Emerson: "tout ce qui est en place est à la fois bon et mauvais. Le mal s'attaque à toutes nos institutions de la même façon".
''Bruce E. Levine est psychologue clinicien, auteur de Get Up, Stand Up: Uniting Populists, Energizing the Defeated, and Battling the Corporate Elite (Chelsea Green, 2011). Voir son site web ici.
Psychiatric Drugs and Poor Kids (Les neuroleptiques et les enfants des milieux pauvres. Les enfants qui sont assurés par Medicaid - assurance publique pour les familles pauvres - risquent quatre fois plus de se voir prescrire des neuroleptiques que les enfants assurés par le secteur privé, même s'ils n'ont pas de symptômes psychotiques ...).
Note perso:
Pour ce qui est des dettes étudiantes, l'évolution s'est faite progressivement. Jusqu'à ce que le système soit complètement corrompu, les étudiants qui faisaient des études supérieures avaient la possibilité de trouver un emploi rémunérateur et, donc, de rembourser leur crédit relativement rapidement. Ce qui explique d'une certaine façon leur manque de réaction à l'époque.
Mais, aujourd'hui, les diplômés n'ont plus l'assurance de trouver un emploi à la sortie de l'université (délocalisations, licenciements, crise économique, etc.), et s'ils en trouvent un, ils ne sont pas assurés de le conserver, sans compter que la Sécurité Sociale est de moins en moins à la charge de l'employeur, ce qui signifie qu'il leur faut déduire de leurs salaires les cotisations pour l'assurance maladie ou la retraite.
J'ajouterai aussi que les jeunes des pays occidentaux, et en particulier aux US, sont très cloisonnés, ils ne se rencontrent pas, et leurs aspirations et leurs chances de trouver un emploi sont très dissemblables.
Commentaires
Ce qui est inquiétant c'est qu'il se passe exactement la même chose en France.
C'est ce que les ultra-libéraux appellent "le progrès".
Oui, les pays européens sont bien sur la même ligne...
merci pour la traduction
baci
riche "d'enseignement" comme toujours mais toujours aussi désespérant - emcee fais moi plaisir pour l'été (même pourri) trouve nous quelque chose d'un peu optimiste...
@ Roland, oui, ça se passe comme ça aussi en France, mais comme les effets ne s'en font pas encore sentir (à l'université), ça en bouge une ...
J'ai des copains/es qui se sont battu-es jusqu'au bout contre la LRU avec une poignée d'étudiants. Pendant ce temps, les profs et le gros de la troupe étaient ... en cours et les regardaient de haut. C'est bien ce que dit le psy: on annihile tout leur esprit critique. Les tests passent avant tout.
Coucou, Céleste! Je ne me suis pas manifestée, mais je suis les péripéties. De bien belles histoires. Un peu plus réjouissantes que celles qui se racontent ici.
tgb, tu as raison, il ne faut pas désespérer le Camping des Flots bleus.
Je crois que j'ai une histoire un peu plus optimiste concernant environ 1/4 (à la louche) des états-uniens, tout de même. Je vais voir ça. Bonne idée.
Très intéressant, merci !
Merci d'avoir traduit cet article.
Ca faisait un certain temps que je me quetsionnait (entre-autre) sur l'utilité des tests (par exemple, le Bac, que pratiquement tout le monde finit par avoir, et qui ne sert plus a rien de nos jours), et cet article m'a apporté une reponse qui est tres logique.
Merci de votre passage.
@PI3RR3: le baccalauréat demande encore un peu de réflexion, contrairement aux tests proposés aux US. Il est en train d'être vidé de toute substance avec des programmes peu cohérents. Je pense aux lettres et à l'H-Géo, en particulier.
D'ailleurs l'HG est devenue facultative pour le bac scientifique, ce qui montre bien la volonté de former des "élites" comme aux US incultes et qui ne se posent pas de questions sur l'histoire mondiale.
Que le bac soit accessible à tous, n'est pas un mal si, au bout du compte, il permet d'avoir un (petit) bagage culturel.
Ils n'ont pas non plus réussi à supprimer la philo, par ex. Mais cela ne saurait tarder.
Ce qui est grave, c'est le système de tests (qui a été plus ou moins mis en place pour les langues vivantes en France) qui impose un bachotage continu et des exercices mécaniques.
Ils consistent souvent en des QCM ou des questions où il faut répondre "juste" ou faux".
Ces tests sont mis en place tout au long de la scolarité.
Les résultats de ces tests déterminent le niveau d'une école et les crédits qu'on lui attribuera. Ce qui veut dire que les écoles publiques qui accueillent des élèves faibles seront mises à l'index et recevront moins de fonds que les autres. Un comble. Les écoles les mieux dotées sont, donc, celles des plus nantis.
Non seulement cela, mais les enseignants sont jugés d'après les résultats aux tests de leurs élèves et reçoivent éventuellement des primes en conséquence. Ce qui veut dire qu'ils sont obligés de fuir les écoles qui ont des résultats insuffisants s'ils veulent faire une meilleure carrière. Et sont remplacés par des gens sans formation professionnelle.
C'est terrifiant.
je pense qu'en France, faudrait faire une enquête sérieuse sur ceux qui chantent avec Patrick Sébastien :
on est pas allé à l'école, on fait partie de la classe de ceux qui rigolent
et on fait tourner les serviettes comme des petites girouettes.
Pour tgb qui veut quelque chose d'optimiste il y a ça :
Des “indignés” à New York
http://cubasilorraine.over-blog.org...
Excellente analyse des outils de la zomfibication de masse par le libéral-totalitarisme. Seule remède: une éducation alternative... J'essaie de faire ce que je peux...
Bonsoir,
Pour ce qui est des points 1 et 2 je suis d'accord.
Pour les points 3 et 4il me semble que l'école de Jules Ferry a été faite pour former de bons soldats pour la revanche de 1870, donc rien de nouveau.
Les points 6 7 et 8 c'est simplement american way of life donc rien de bien nouveau non plus.
Je ne pense pas qu'il faille cherhcer les raisons de la non révolte des jeunes. Je pense que les événements sont imprévisibles. Le fait que l'on observe pas de révolte aujourd'hui ne signifie pas que demain matin il ne s'en produira pas. Par contre les événements précédents une révolte, une révolution, une guerre ou une coopération entre état s'enchainent logiquement.
En résumé l'histoire et la sociologie ne sont pas des sciences exactes (c'est peut être mieux ainsi)
Excellente analyse...généralisable à beaucoup de contrées...
J'appelle cela les outils de la "zombification" par le "libéral-totalitarisme"
@ Jean-Michel, j'ai dû "repêcher" les commentaires dans les indésirables. D'où un peu de retard dans la publication.
désolée.
En effet, généralisables à beaucoup de pays. Même la France, sur bien des points.
Oui, une éducation alternative, mais, on l'a bien vu, toutes les tentatives ont vite été marginalisées. Preuve, s'il en est, que cela ne convenait pas aux pouvoirs en place.
@Laurent: les constats de passivité chez les jeunes aux US ont été faits par un psy clinicien, qui a, donc, rencontré bon nombre de cas. Et ces faits sont également rapportés par bien d'autres analystes.
Oui, l'école enseigne avant tout l'obéissance. Les "savoirs", eux, sont souvent transmis par d'anciens bons élèves, qui reproduisent le même schéma que celui qu'ils ont connu.
Pour exemple, qqun de ce gouvernement préconisait que les élèves se lèvent à l'entrée du professeur. Parallèlement, la clique au pouvoir s'acharne à remplacer les enseignants titulaires par des précaires sans formation préalable. Cela indique bien l'objectif de ces gens: la connaissance des élèves est le moindre de leur souci, c'est la discipline militaire qui prime.
D'ailleurs, il n'y a qu'à voir qui ils ont choisi comme ministre de l'éducation. C'est dire le grand cas qu'ils font, sarkozy en tête, de l'éducation.
"pour les points 6,7,8, c'est l'american way of life".
Là, franchement, c'est à se demander si vous vivez en France et si vous avez observé des jeunes gens autour de vous.
Entre autres, ils ont été progressivement enfermés dans leur chambre avec tous les "écrans" à disposition. Bien pratique pour les faire tenir tranquilles et pour qu'ils fichent la paix à leurs parents.
Mais aussi, grâce à des systèmes comme FB, ils sont surveillés étroitement (ce qu'ils disent, font, leurs goûts, leurs amis etc. Un outil redoutable.
Sans compter les surveillances dans le milieu scolaire, où sous prétexte de "commodité", les établissements entrent toutes les données des élèves, qui remontent jusqu'aux rectorats, voire plus haut.
Etc.
"Là, franchement, c'est à se demander si vous vivez en France et si vous avez observé des jeunes gens autour de vous." Je ne vois pas trop le rapport avec ma remarque et votre article. Vous parlez de la jeunesse aux états unis me semble t-il?
Pour ce qui est de la surveillance oui les moyens de surveillance des gens augmentent. Mais la surveillance a toujours existé et n'est qu'un moyen pour éviter la violence. Lorsque les gens manifestent ouvertement leur opposition. Il n' y a pas besoin de surveillance élaborée pour identifier les personnes. Encore une fois selon moi (sans esprit polémique) ce que vous citez n'est pas nouveau.
Ce qui est nouveau selon moi c'est que :
-pour la première fois au 20 ième siècle on a fait le tour de la planète donc quoique l'on fasse on ne pourra trouver un lieu où l'on ne sera pas surveillé (par des ennemis ou des amis).
- au 20 ième siècle le totalitarisme a été inventé. Le capitalisme est en train d'assimiler les outils du totalitarisme et de les appliquer pour s'assurer de durer 1000 ans. Là on peut être vraiment inquiet.
Merci pour cette mise en perspective, aux E.U. comme ici, de l'utilisation de l'appareil scolaire par
les gouvernants .Notre mini-Bush agit comme son
modèle, en méprisant le savoir. L'affaire de la Princesse de Clèves n'était qu'un révélateur .
On se souvient de ses discours méprisants sur
l'Université,les chercheurs et les scientifiques, d'où
son titre "la revanche personnelle d'un cancre " .
Cet article ne cherche pas à plaire aux jeunes.
C'est là l'essentiel.
par contre un politicien comme François Hollande qui incite maintenant les jeunes à se révolter contre les vieux, au cas où ça vous aurez échappé, ça c'est de la merde.
Excellent article. Merci.
merci à tous pour vos encouragements.
Exact,, Félix, un cancre qui a fait très peu d'études, qui n'a aucune culture et qui parle comme le premier quidam du café du Commerce.
Significatif aussi: sa méconnaissance totale de l'anglais qu'il a dû avoir comme discipline pendant de nombreuses années, qu'il aurait dû perfectionner lors de séjours aux US, et que ses visées et son idolâtrie pour la maison mère auraient dû motiver. Même pas.
Le cancre parfait. Et fier de l'être.
Et en plus, il persiste et signe en inculquant à ses enfants l'argent facile, le culte du népotisme et la nullité intellectuelle.
On appelle ça comment, cette engeance, déjà?
le clan des clampins.
Moi, je serais pas aussi négative
Il me semble, emcee, qu'il est venu pour discuter
c'est pas un troll
Certaines de ses remarques sont intéressantes
"Je pense que les événements sont imprévisibles. Le fait que l'on observe pas de révolte aujourd'hui ne signifie pas que demain matin il ne s'en produira pas."
Il dit pas qu'il est contre toute révolte
Il me semble, mais il me semble seulement qu'il met le doigt où les processus, procédés, ou comme on veut appeler
ont changé
mais qu'il y a eu toujours ce souci de contrôler
Qu'ils soient plus efficaces aujourd'hui, oui, grâce aux nouvelles technologies
Mais cela a toujours été le désir des dirigeants
qui n'a pas été un voeu pieux
salut, Thé, je ne l'ai pas qualifié de troll, j'ai juste réfuté que ce soit un phénomène américano-américain.
Il est vrai que la révolte peut éclater, mais je n'y crois pas vraiment. Si elle vient des universités, elle restera dans le conventionnel, si elle vient des cités, elle sera violente et marginalisée.
En 68, la révolte est partie d'un ras-le-bol contre l'attitude réactionnaire des pouvoirs. Une histoire d'internat non mixte. Pas très glorieux, m'enfin, on a les révoltes qu'on peut. Résultat?
Aujourd'hui, on a le mouvement des "indignés": il mène à quoi? Pourtant, il y a de quoi s'insurger quand on est jeune et qu'on n'a aucun avenir, si ce n'est de passer d'un état précaire à un autre, sans protection sociale, et qu'on est méprisé par les divers pouvoirs.
pas de perspective, en effet, avec un système où 40 % de la population n'a jamais été représentée.
c'est pourquoi
l'argument UMP comme quoi c'est Mitterand qui a fait monter le FN est nul.
je répète,aujourd'hui, on lutte contre un clan y compris l'extrême-droite qui voudrait mettre sur le dos de l'extrême-gauche sa violence, comme pendant les années de plomb en Italie.
Erich Fromm a ecrit, en collaboration avec Daisetz Suzuki, et Richard de Martino, un (très) intéressant recueil de reflexions
http://livre.fnac.com/a3466802/Eric...
Notre Guy M. préféré se fera un plaisir d'y aller farfouiller, chuis sûr
...
Quant à la jeunesse, américaine ou pas ...
Ce qu'elle n'apprendra plus par ses aînés (du fait de leur égoïsme furieux, et furieusement dominant),
elle devra le réinventer.
Par pure contrainte logique.
Et nous tâcherons de l'aider, si nous ne sommes pas dévorés par la misère, Alzheimer, ou l'entropie générale du Système ...
Salut, Emcee

En gros :
Les jeunes ds les 70's : "Non à la guerre au Viet-Nam !"
Ds les 90's : "Bomb Irak !"
Ds les 2010's : Oui à la guerre partout
laurent dit le troll. @emcee. Votre article je l'ai lu et je ne suis pas d'accord avec sur quelques points. J'expose mon point de vue en argumentant je le pense. Si vous pouvez répondre à ces arguments alors cela renforcera votre exposé, dans le cas contraire votre opinion évoluera dans une direction qui ne sera pas forcément la mienne. C'est l'échange (courtois) entre individus qui fait la richesse d'une société.
Merci @thé d'avoir émis un doute sur mon role de troll
J'avoue que je ne comprends pas certains messages ou qu'il me manque une partie de la discussion.
En conclusion si vous ne l'avez pas déjà lu je vous recommande la lecture de "du mensonge à la violence" d'Hannah Arendt
Laurent,
Je suis, dans l'ensemble, assez d'accord avec ce que dit emcee
et
je pense que nous ne la remercions pas assez de tout ce travail qu'elle fournit
Quelquefois, je pinaille ; pour un petit rien ; car je suis et têtue et sectaire
Pour ce qui est de la "discussion", il doit y avoir des non dit, des références évidentes qui n'ont pas besoin d'être citées
mais
qui peuvent être explicitées
si besoin était
Emcee sait très bien le faire
Moi, non ; je suis lasse d'avoir, sans arrêt à redire, redéfinir
Par contre, Laurent, je ne crois pas que
"C'est l'échange (courtois) entre individus qui fait la richesse d'une société"
ça,
c'est qu'un code de bonnesmanières
Et
si la violence, actuellement, n'est que symbolique, il faut pas oublier que nous sommes un pays régicide
C'est vrai, c'est pas de bonnes manières, c'est pas courtois, c'est pas un bon échane entre individus
mais
cette violence qu'ils ne cessent de retenir saura, je l'espère éclore
Salut, Chomp
Merci pour l'info. Carry yourself well 
@mfgtour: oui, à chaque génération son slogan. Hélas, cela empire.
@Laurent
J'ai essayé de répondre sur certains points.
Maintenant, je ne peux pas passer mon temps à expliquer les évidences pour chacun d'entre eux.
Vous dites que le phénomène de surveillance n'est pas nouveau, que ça a toujours existé: c'est bien ce que dit Lévine, vous êtes incapable de voir l'évolution du phénomène et son ampleur, parce que vous avez progressivement accepté de céder de vos libertés. Actuellement, nous sommes fichés partout, pour tout. Et cela a été accéléré depuis le 11/sept, sous prétexte de Guerre contre le Terrorisme.
Le gouvernement (français, je précise!) a accumulé les fichiers. Quand on arrive à en faire supprimer un, ils en élaborent un autre dans le secret. Ils cherchent à ficher tous les enfants à partir de l'âge de trois ans. Vous n'êtes pas au courant? Cela fait des mois que les associations de défense des droits des citoyens se battent. Mais ils y arriveront. Avec la complicité de la masse de ceux qui pensent que "ce n'est pas grave, de toute façon, on est fichés partout".
Google et autres sont des agents de renseignements très efficaces. Déjà, les patrons qui embauchent cherchent les infos sur internet. Il suffit de taper le nom sur Internet et vous avez le pedigree de la personne.
Il y a même des employés qui ont été licenciés à cause d'un blog qu'ils tenaient ou de leurs propos sur FB (pendant ce temps, les sites d'extrême droite prospèrent et répandent leur haine impunément, mais c'est encore une autre histoire).
Les FAI, qui ne représentent pas une instance officielle sont tenus de dénoncer ceux qui téléchargent illégalement et de fermer leur site.
On ne peut plus prendre l'avion sans donner aux compagnies d'aviation des renseignements qui, il y a peu, étaient confidentiels et n'étaient censés être demandés que par les autorités. Or, ces renseignements figurent dans les archives de compagnies privées, entre les mains de gens non assermentés, et souvent d'employés précaires interchangeables sans qu'il soit possible de protester.
Avec internet, on est capable d'établir votre profil complet. Pour l'instant, on dit que c'est à but commercial, ce qui est déjà scandaleux, mais un jour, ce sera, à grande échelle, cette fois-ci, pour des raisons encore moins avouables.
Aux US, il a été établi que de simples citoyens lambda ont été mis sur écoute, que leurs mails ont été lus, etc. Vous pensez que nous en sommes exemptés en France?
Sans parler des caméras de surveillance que le gouvernement veut imposer partout en France alors qu'elles sont notoirement inefficaces pour lutter contre le crime.
Alors, à quoi tout cela sert-il, d'après vous?
Mais comme le dit Levine, c'est tellement banal que les gens ne se rendent plus compte qu'il s'agit de violations de la vie privée.
Et vous dites que ça a toujours été comme ça?
Naguère, il était bien clair dans la population que la correspondance privée n'avait pas à être lue sauf mandat officiel. Aujourd'hui, n'importe quel employé derrière un ordinateur peut avoir accès à vos données personnelles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, c'étaient les voisins qui dénonçaient les Juifs, les résistants et autres cibles. Aujourd'hui, c'est le monde entier.
Bon, j'ai pris le temps de répondre sur la surveillance, je ne vais pas en faire de même sur le reste. Tapez Google, vous y trouverez certainement une masse de renseignements.
Quant à la "courtoisie", permettez-moi d'en juger sur mon blog.
bonjour emcee et merci pour ton travail. Un très bon doc, "the war on kids" ( de Cevin D. Soling), explique ce travail de destruction que les usa ont effectué sur leurs gosses... Ce qui nous attend dans 10 ans, si le peuple le veut...
ça va péter ...
Comme le disait Schumpeter, que les crevures néo-libérales qui le citent n'ont en fait jamais lu, quand les rentiers ne permettent pas aux jeunes de trouver la place qu'ils méritent dans la société, ils poussent ces jeunes à se révolter contre la société et ça finira par salement leur péter à la gueule.
Malheureusement ça pétera sûrement à la gueule d'un peu tout le monde ... on comprendra alors ce que vaut notre "élite" française, i.e. pas même la corde pour la pendre ...
Merci pour la traduction.
Merci de vos commentaires.
Salut, areuh, contente de te lire
Merci pour la référence : je vais voir cela.
"Ce qui nous attend dans 10 ans, si le peuple le veut": je suis loin d'être aussi optimiste que toi. Tout va vite, aujourd'hui, les "réformes" ont accéléré le processus.
Sarkozy sait très bien où il va. A notre perte. En calquant tout sur le modèle US. Un tel acharnement est particulièrement suspect.
Pour ce qui est des étudiants, je me souviens qu'une fac avait été bloquée pour protester contre les mesures gouvernementales, et dehors, d'autres étudiants scandaient "allez les bleus", pendant que la police délogeait les protestataires, leurs "camarades".
Images terrifiantes d'une jeunesse manipulée et soumise (hélas, je n'ai pas retrouvé la vidéo).
Et puis, beaucoup ne se rendent même pas à la fac. Les cours sont enregistrés par d'autres et il leur suffit de les enregistrer dans leur ordinateur.
Tout aussi terrifiant: Ils ne discutent même pas entre eux. Ils apprennent ce qu'a dit le prof pour avoir une note correcte à l'examen. Pas tous, certes, mais beaucoup trop.
@gradouble: si ça pète vraiment, ce sera violent et tous azimuts, en effet. Mais je ne suis pas sûre que ce soit imminent.
En 68, cela a aussi été soudain. On ne peut donc pas préjuger.
Mais ce n'était pas le même contexte du tout.
"je me souviens qu'une fac avait été bloquée pour protester contre les mesures gouvernementales, et dehors, d'autres étudiants scandaient "allez les bleus", pendant que la police délogeait les autres.
Images terrifiantes d'une jeunesse manipulée et soumise (hélas, je n'ai pas retrouvé la vidéo)."
http://www.rue89.com/2007/11/13/nan...
Il suffit quelquefois d'une étincelle
Peu importe d'où elle vient
Comme c'est l'été, et qu'il reste frais, j'ai un peu plus d'espoir
J'ai regardé les videos de R 89 postées par mfgtour ; effectivement rien à attendre de ceux-là, mais il suffit quelquefois de presque rien pour que tout bascule
Pas réussi à voir, par contre "The war on kids" ; ça fonctionnait pas sur les différents sites où je suis allée
Sinon, emcee, mais c'est un détail, ce n'est pas tant l'interpellation par Cohn-Bendit du ministre des sports sur la non-mixité en cité U en janvier, qui est à l'origine du mouvement mais plutôt lorsqu'en mars un groupe d'étudiants a occupé le campus de Nanterre
Pas l'individu, le groupe
Ils nous bassinent assez quand ils affirment que hormis quelques meneurs isolés et exaltés le peuple est calme
C'est vrai que, actuellement, c'est le calme plat et la docilité conformes à leurs voeux
Merci, mgftour, c'est exactement ça que je cherchais!
Ce qui est terrible, c'est que ces événements se sont produits maintes fois, ces dernières années, même si on n'en a pas parlé. Les autorités organisent la répression avec l'aval d'autres lycéens ou étudiants. La propagande inlassable des médias pour montrer "ceux qui veulent travailler" fait le reste.
C'est ça le contexte aujourd'hui. Entre autres. Parce que le milieu étudiant actuel n'est plus le même.
Mais ce serait trop long à développer.
Je n'ai pas parlé de DCB, Thé: c'est un opportuniste qui est arrivé après le début des protestations et a réussi à se placer - et est devenu un professionnel de la politique qui a su trouver le bon créneau et a profité pendant toute sa carrière de cette réputation d'activiste.
Alors, oui, il suffit d'une étincelle, d'un ras le bol ponctuel pour tout enflammer.
Oui, aussi Gicquel avait dit quelques mois avant mai 68: "la France s'ennuie".
Mais je ne vois pas, dans l'état actuel des choses, démarrer un mouvement massif unitaire de la jeunesse.
emcee,
oui, bien sûr, tu n'en as pas parlé, mais la non-mixité c'était lui ; et c'est pas de là qu'est parti le mouvement
mais, c'était un détail, rien de plus
Il y a un bout de temps que ce n'est plus la même situation ; dans l'ensemble, c'est bachotage avec à la clé un boulot clé en mains où ils pourront recracher leurs QCM en évitant les conflits ; et s'ils ne trouvent pas en face ou à côté la docilité attendue, ils sont perturbés car rien ne leur a été appris en ce domaine ; alors c'est dépression, suicide, fuite
Pour ceux qu'ont trouvé un boulot, les autres sont superbement ignorés ramassant RSA ou autre joyeuseté qu'on leur jette négligemment
Article très intéressant, mais qui oublie beaucoup de choses. La critique de l'école me semble sommaire, dans l'éducation à la soumission qu'on constate il y a d'autres paramètres, notamment le fait que la consommation est l'objectif premier et que le travail n'a plus de sens, n'est plus créatif, même de loin. Ensuite, il y a une question qu'il est politiquement incorrect de poser, quel est le rôle de la féminisation des sociétés dans cette évolution ? Par le passé, on sait que dans les luttes de classes, les femmes jouaient toujours plutôt un rôle de frein - les patrons s'appuyaient sur elles pour briser les luttes - mais les hommes en revendiquant leur rôle responsable de chef de famille arrivaient à passer outre. Lutter, se bagarrer, c'est plutôt "viril", consommer, obéir est plutôt "féminin".
Mais bon, aborder ce genre de thème n'est pas en odeur de sainteté à "gauche".
demande-toi si c'est pas toi qui joue un rôle dans un pays de droite et ça ira mieux.
Moi je suis d'accord avec Alexounet : y'a de plus en plus de femmes (c'est ça non, la féminisation ?) et du coup les hommes sont plus soumis. On oublie trop souvent combien les masculinistes ont une analyse pertinente des pbs sociaux !!!
A Alexandre: un article n'est pas un livre.
D'autre part, il n'analyse pas le travail (vous voulez parler de la "valeur travail"?) ou la consommation (qu'il évoque dans un autre point,si toutefois, c'est ce qui est entendu par "consommation", parce que vous n'êtes pas beaucoup plus explicite), mais le piège dans lequel se sont retrouvés les ados destiné à annihiler leur résistance.
C'est déjà un vaste sujet.
Quant à votre avis sur les femmes, je suis d'accord avec Christine. Oui, les Anglais disent, à juste titre, "Cherchez la femme". Et les Anglais sont connaisseurs.
"Les hommes en revendiquant leur rôle responsable de chef de famille arrivaient à passer outre": vous ne plaisantez vraiment pas?
Moi, la féminisation, je croyais que c'était pasque y avait plus de pd
Excuses emcee, pas pu m'emp^cher
Mais en même temps, comment répondre à quelqu'un qui ânonne qu'un article est incomplet, ce qu'il est de toutes façons -c'est pas un rapport de 500 pages- et qui tient des propos de café de commerce
En plus, je suis très virile
emcee,
avais pas lu ta réponse avant de poster
double emploi
Mais rendons honneurs à ce commentateur
empereur et pape
faut le faire
D'ailleurs, je m'étais toujours demandé si raconter des conneries était plus féminin que masculin
"Oui, aussi Gicquel avait dit quelques mois avant mai 68: "la France s'ennuie". "
Non, je crois pas, il me semble que c'est d'un journaliste du Monde, peut-être Vianson-Ponté (pas le temps de vérifier)
Thé: "je m'étais toujours demandé si raconter des conneries était plus féminin que masculin": vaste sujet.
"Non, je crois pas, il me semble que c'est d'un journaliste du Monde, peut-être Vianson-Ponté (pas le temps de vérifier)".

Bien possible
J'ai probablement confondu, dans ma précipitation, avec "la France a peur" de Gicquel
Bon comme d'habitude je suis en retard.
Mais je n'arrive pas à être pessimiste autant que vous l'êtes!
C'est bien que certains aient rappelé ce qui se disait avant 68.Mais les journalistes,part quelques uns,ne voulaient pas voir la montée des grèves,leurs augmentations y compris dans des endroits ou c'était inhabituel.
Tenir la jeunesse?peut être mais jusqu'à quand?
C'est impossible de tenit tout le monde tout le temps!
Cette jeunesse américaine doit digérer la trahison Obama et pas qu'elle d'ailleurs,ce qui était à prévoir du moment que le secrétaire au Trésor continuait d'être républicain.
Alors je continue d'être optimiste,et ce qui se passe du côté des syndicats et de la frange la plus engagée de cette jeunesse aurait tendance à me conforter(un peu).
C'est pas Gicquel,lui c'est "la France à peur"
Salut, Jean-Claude.
C'est bien, s'il y a des optimistes pour nous remonter un peu le moral
Certes, l'histoire ne s'écrit pas avant. Il n'est pas dit, non plus, que les étudiants ne se révoltent pas et décident de ne pas rembourser leur crédit en laissant leurs factures impayées. C'est ce qu'ils ont de mieux à faire. parce que tous ces requins cyniques les prennent pour des vaches à lait. Or, c'est à eux de payer pour l'éducation de la jeunesse, pas l'inverse.
Disons que s'ils se révoltent, ce sera d'autant plus méritoire.
Obama a non seulement repris le Secrétaire au Trésor républicain, mais le Ministre de la Défense, deux ministres-clés, mais on n'en a jamais entendu parler de cette aberration sans précédent.
Cela a été occulté en France pour laisser croire qu'Obama c'était véritablement le "changement". On voit où on en est
Texte très intéressant, merci pour l'avoir capté, traduit et mis à notre disposition. Je l'ai enregistré.
Et la lutte des classes dans tout ça ?...
Je crois que si les jeunes en sont là, c'est aussi parce que leurs parents ont laissé s'installer une exploitation de classe terrible. C'est Ventura (analyste des syndicats US entre autres) qui disait que les salaires de 2009 était redescendus au niveau des années 60 et que la chasse aux syndicats est toujours maximale - on se souvient de Wall-Mart qui a préféré fermer une de ses boites à bouffe plutôt que de laisser s'implanter un syndicat -, sans parler du droit de grève qui est sans arrêt minoré, attaqué et refusé. Reagan, l'infect cowbow, licencia dix-huit mille salariés de l'aviation qui menaient une grève longue et dure contre leur employeur...
Ainsi l'environnement socio-économique et idéologique de la jeunesse qui permettrait de se lancer dans des revendications, des révoltes, des subversions est fragilisé. Les familles sont dans la subsistance, l'idéologie ouvrière et salariale en général est la peur, l'adoption à front renversé des positions patronales comme celles des Tea Party, l'aveuglement par manque d'info et de temps pour s'informer et réfléchir.
Ce qui est un moindre mal, si on se penche sur la situation des minorités, black et latino...
Dans la lutte des classes US, le prolétariat a radicalement été démoli depuis des années, quant à ses moyens, sa culture et sa dignité même. C'est le creuset des renoncements, me semble-t-il, de la jeunesse.
Mais, comme disait l'autre, l'histoire n'est pas terminée et peut-être, à la faveur de l'immense crise qui nous vient dessus comme la comète de Melancholia, les temps sont en train de changer.
Bonjour à tous
J’ai suivi le lien depuis Lgs.
J’ai quatre enfants de 17, 15, 4 ans et 15 mois. Pour les deux premiers, le cursus scolaire, par manque de connaissances et d’engagements de notre part (nous parents), est classique (formaté dis-je aujourd’hui). Pour les deux plus jeunes, l’instruction sera alternative. Des structures existent. Elles n’ont rien de sectaires bien au contraire.
Dans mon pays, la France, l’instruction est obligatoire mais pas la scolarisation. Une tentative du gouvernement il y a quelques semaines pour rendre la scolarité obligatoire des 3 ans (dans le cadre de la lutte contre l’échec scolaire ???) a échoué. TANT MIEUX.
Dans ses « Ecrits corsaires », Pasolini parle du nouveau fascisme, de la dictature de la société de consommation. Nous y sommes ! Et la déscolarisation, et non pas la « désinstruction » ou la « déséducation », est un bon moyen de lutte.
C’est un combat de tous les jours. La famille et les amis ne comprenant que trop rarement que nous puissions tourner le dos à l’école de la république.
Voici un lien pour découvrir : http://web.mac.com/instructionenfam...
Bonne journée
Pour la spontanéité de mai 68...
J'ai scanné en 1998 une coupure du journal local, qui vaut ce qu'elle vaut. La voici.
http://ti1ca.com/xbxccbnv-Quand-Kri...
Bien entendu, DCB n'y figure pas. A bientôt !
Merci, Sam pour ces réflexions intéressantes En effet, tout a été fait pour supprimer la lutte des classes et, donc, éviter les actions collectives et cloisonner la population.
Ce qu'on retrouve au niveau de l'école, où, par exemple, l'histoire est enseignée partiellement et partialement.
Il y a par ex, des cours concernant l'histoire et la culture des "Native Americans" ou des "African Americans" qui s'adressent plus spécifiquement à ces groupes et dont les autres n'entendent jamais parler, comme s'il ne s'agissait pas de leur histoire. Etc.
J'ai traduit un texte de Petras concernant la lutte des classes aux US, qui peut servir de matière à réflexion sur le sujet : http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
@Pascal,
Cette approche m'intéresse également. Mais j'ai toujours été perplexe. S'il est vrai que l'EN sert à formater les enfants, ce qui me gêne dans l'école alternative, c'est que cela reste marginal et que cela pourrait également servir à "formater" des enfants de façon différente. Et, justement, les éloigner de la lutte solidaire.
Je ne demande qu'à être convaincue pour autant.
Que le gouv. ait cherché à rendre la scolarité obligatoire ne m'étonne pas, évidemment. Comment pourrait-il ficher les enfants dès trois ans, comme il cherche à le faire avec obstination depuis 2007 s'ils échappent à son contrôle?
Et la scolarité telle qu'ils l'envisagent (et l'ont déjà mise en place) ne peut que créer un vivier d'esclaves dociles et interchangeables, au service du patronat.
Merci de votre visite.
@ emcee
Je comprends tes réticences. Moi-même pur produit de l’école républicaine, CAPétiste-BEPétiste par la grâce lugubre d’une orientation professionnelle m’offrant autant de choix qu’un second tour d’élection présidentielle, j’ai eu des difficultés à appréhender l’instruction hors cadre. Officiellement Instruction En Famille. (I.E.F.)
Concernant la marginalité de l’I.E.F., tu te doutes bien que la « Machine » n’aide en rien à l’expansion. Le maintien dans l’obscurité des penseurs de ce courant, les Montessori, Freinet, Dolto ou encore Illitch (drôle non…), est, de ce point de vue, édifiant. Et, de mon avis, le projet gouvernemental incluant la scolarisation obligatoire dés 3 ans, était un coup porté à l’instruction alternative.
Pour ce qui est de la lutte solidaire et l’éloignement de celle-ci que pourrait engendrer l’I.E.F., je m'inscris en opposition. La prééminence du groupe sur l’individu dés l’âge de 3 ans (parfois 2) étant pour moi antinomique, dans la structure dominante actuelle, d’avec la solidarité et même oserai-je, d’avec la praxis chère aux marxistes. Je m’explique.
A cet âge de candeur et de structuration, un enfant est une éponge absorbant tout. Le bon comme le mauvais. Mais s’il y a absorption, il y a également rejaillissement et notamment des émotions : colère, joie, frustration, excitation, peur, plaisir…etc.
Là, dans l’appréhension et la compréhension, dans l’apprentissage de « l’être » de l’enfant, le système dominant( qui te veux "le" meilleur, "le" premier…) joue un rôle destructeur. Bannissant la colère sinon la punissant. Niant ou minimisant la peur. Régulant et encadrant les émotions positives. La joie est souvent bruyante source de perturbation du groupe. De même pour l’excitation.
Pour moi, ce manque de fondations solides accouplées à une E.N. défaillante, par volonté ou pas, entraîne en bout de chaîne des adultes mal fini ou partiellement. Dont je fais parti.
Et un adulte ne sachant pas ou peu comprendre, exprimer et gérer ses émotions aura plus de mal à s’engager dans une action qui ne le concerne pas directement. A avoir de la compassion pour une personne n’appartenant pas à son groupe. A ressentir l’injustice faite à autrui. Ce qui est pourtant la base de la solidarité.
Cordialement
Pascal
Merci, Pascal, pour cette longue explication.
Je ne suis pas suffisamment familière des préconisations des penseurs (à part Freinet, de façon plutôt théorique) que tu cites pour en discuter de façon approfondie.
Mon sentiment est bien que le système éducatif tel qu'il a été voulu produit des élites, une masse de "dominés" qui perpétueront les disparités de classes et une petite minorité, ces enfants de l'Ecole de la république, qui aura été tirée vers le haut par l'EN et qui servira de vitrine.
Et encore, notre système éducatif n'est pas le pire.
Du moins ne l'était pas.
Je suis donc d'accord que les diverses expériences qui ont été faites ne peuvent qu'être enrichissantes. Et on comprend cependant, qu'elles n'étaient pas viables, puisque qu'elles allaient justement à l'encontre des objectifs de la bourgeoisie.
Toutefois, ce qui me perturbe, c'est le fait de soustraire un enfant à son groupe et de le garder dans un cercle restreint (exclusivement familial, s'entend), aussi élitiste, me semble-t-il, que l'autre système.
Ceux qui ont les moyens de le faire ont mené une réflexion et sont capables de la mettre en œuvre.
Quid de tous ceux qui ne peuvent pas le faire? Et, évidemment, ce sont les mêmes qui pâtissent vraiment du système tel qu'il est.
Voilà où j'en suis à peu près. Mais c'est une discussion intéressante qui ne peut être développée et approfondie que de vive voix.
Hélas.
Désolée, Babelouest: je viens à peine de me rendre compte que tu avais écrit un com'! Je ne sais pas comment il a pu échapper à ma vigilance
Merci pour ce doc intéressant. Eh bien, oui, un mouvement, ça se prépare. Et encore, ce n'est pas sûr qu'il réussisse. Alors, quand c'est spontané, eh bien, ça part tous azimuts, parce qu'il n'y a pas de réflexion politique derrière.
Et donc, il retombe comme un soufflé.
Très percutant ces échanges, mais pour ce qui concerne 1968, en France , la soudaineté des luttes est totalement fausse et participe à la propagande d' enfumage de la non-visibilité de la classe ouvrière en luttes, cf les luttes très revendicatives du monde du travail en 1967 et avant , historique nous étions des étudiants , perso étudiants/travailleurs qui avions tout fait pour faire la liason des luttes entre le monde du travail et les étudiantes-ts, cf aussi la création de Vincennes ouverte et fermée fissa car gratuite et trop dangereuse pour les pouvoirs et le système capitaliste, oui l' instruction est l' enjeu ,notre nerf de la guerre, avec l' esprit critique , les lettres ,la dialectique,la logique,la poésie, la curiosité,l' histoire, les mécanismes de résurgence du pire ,la lecture eux ils ont les finances volées , à prendre of course dans des poles financiers publics.
Vive les Fronts de Gauche dans tous les pays , en particulier aux states , y a du boulot!
Je suis tout à fait d'accord avec Roland, la première réaction. Il a complètement raison, les jeunes français en dehors de se plaindre sans cesse d'un taux de chômage français désastreux et de nous rapeler qu'ils en sont les premières victimes, ils ne font pas grand chose pour changer les choses. Pensent-ils sûrement que de ne pas participer aux scrutins électoraux peut avoir un impact significatif et positif pour leur avenir. Moi je ne le pense évidemment pas ! Nos ainés en 68 ont bien changé leur société par une révolution. Je doute que ce soit uniquement que pour le plaisir de se révolter !
@Retrait actif.
Sans doute: l'arbre cache la forêt. Il est vrai aussi qu'une partie de la jeunesse était politisée.
Mais je ne suis pas spécialiste de 68. Je n'en discuterai donc pas. Ce que l'histoire semble en avoir retenu, c'est le côté folklore. Les DCB et autres agitateurs qui ont occulté les vraies questions de fond.
@Jordan: je ne crois pas que Roland ait voulu dire ce que vous retranscrivez
Dire que les jeunes Français ne font pas "grand chose", c'est non seulement inexact, mais injuste.
Il y a depuis des années des mouvements de lycéens et d'étudiants qui luttent contre les mesures qui sont prises par les gouvernements de droite successifs. Et ce n'est pas parce qu'on n'en entend pas parler qu'ils n'existent pas. Les médias manipulent l'opinion et font passer ces mouvements pour des luttes marginales, et les jeunes pour des inconscients qui "empêchent les autres d'aller en cours".
La police réprime sévèrement ces militants, en mettant en garde à vue les meneurs, les accusant de délits graves de façon à faire peur aux autres.
Quels adultes les soutiennent? Très peu. Les plus "solidaires" disent: "oui, on comprend votre lutte, mais pensez que vous avez des examens à la fin de l'année'.
Quant à ceux qui sont arrivés dans le monde du travail, ils sont en concurrence avec tous les autres, quel que soit leur niveau d'études.
Alors, s'ils arrivent à décrocher un boulot, ils n'ont pas envie de le perdre parce qu'ils savent qu'ils peuvent vite être remplacés. Quant à ceux qui n'en ont toujours pas, ils sont loin d'être organisés, car souvent isolés et vivant chez leurs parents parce qu'ils ne peuvent pas s'émanciper.
Reste qui, parmi les "jeunes Français"?
Il faudrait cesser d'accuser les différentes catégories de Français, mais essayer plutôt de comprendre les mécanismes qui ont été mis en place pour, justement, diviser la population!
Les jeunes sont tout aussi coincés que les autres.
Malgré les grandes manifs intergénérationnelles de l'année dernière contre la réforme des retraites, quelles avancées avons-nous eues? ZERO.
Alors, pourquoi donc attendre des jeunes ce qu'on n'est pas capable d'obtenir soi-même?
Dernier point: ils ne votent pas ! Vous rigolez, j'espère? Vous avez vu le rêve que leur proposent tous ces vieux cons qui font de la politique une profession depuis des décennies?
Toujours plus de précarité, les études payantes, enfermement dans des camps ou des centres, pas de perspective d'emploi, la précarité, l'absence de reconnaissance, le mépris du diplôme et de la formation, etc.
Hélas, la solution ne passera pas par le vote, ni par des manifs pépères, aussi visibles soient-elles. Ca, c'est clair.
C'est sans doute pour cela qu'il y a autant de flou actuellement.