DSK, une impression de déjà vu

La classe politique française est choquée du traitement infligé actuellement à New York à Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI et candidat potentiel du PS aux présidentielles, qui est accusé de tentative de viol et de séquestration d’une femme de chambre dans sa suite à 3000 dollars la nuit à l’hôtel Sofitel situé au centre de Manhattan. A la radio, son ami, Robert Badinter, mari d’Élisabeth, une des plus célèbres féministes françaises, a déclaré qu’il avait été « détruit avant même que ne commence le procès». Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste et également candidate potentielle aux présidentielles s'est déclarée "consternée et choquée" – non pas par les accusations, mais par les photos de DSK menotté.

Le cœur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu'on donne de lui", a déclaré Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre. "Un effroyable lynchage planétaire ! Et si c'était une monstrueuse injustice ?

Certes, comme pour tous ceux accusés de crimes, DSK est innocent jusqu'à ce qu'on prouve sa culpabilité, mais l'élite politique et journalistique ne peut-elle pas s'intéresser un instant au crime dont il est accusé? On peut dire ce qu'on veut des menottes et des "perp walks" (ou parades des suspects), ça n'a rien à voir avec une agression sexuelle violente. Il est quelque peu scandaleux de voir que si tous ces soi-disant socialistes estiment que cet homme puissant doit bénéficier d'un traitement spécial devant la loi, ils n'ont pas eu un mot pour cette immigrée guinéenne et mère célibataire de 32 ans, sauf pour laisser entendre que c'était une traînée qui mentait.
Et qu'elle a peut-être participé à un complot. Volant frénétiquement au secours de DSK, comme il l'avait fait pour son autre très bon ami Roman Polanski, le philosophe devenu expert, Bernard-Henri Lévy, s'étonnait de ce que cette femme soit entrée seule dans la suite:

" Je ne sais pas – mais cela, en revanche, il serait bon que l’on puisse le savoir sans tarder – comment une femme de chambre aurait pu s’introduire seule, contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient des « brigades de ménage » composées de deux personnes (ce qui est faux, NDA), dans la chambre d’un des personnages les plus surveillés de la planète".

Aucune présomption d'innocence pour la "femme de chambre", apparemment. Quand rien n'a marché, il reste toujours la vieille roue de secours, qu'on ramène chaque fois qu'un homme puissant ou célèbre est accusé de viol: pourquoi violerait-il alors que les femmes se bousculent pour coucher avec lui? "Séducteur, oui, violeur, non" a déclaré Michel Taubmann le biographe de DSK. Comme s'il pouvait savoir.
A la suite de l'arrestation de DSK, d'autres femmes se sont manifestées. La jeune écrivaine Tristane Banon – qui n'avait pas porté plainte en 2002 quand, affirme-t-elle, DSK avait tenté de la violer – a décidé de porter plainte (sa mère, Anne Mansouret, candidate du PS, dit aujourd'hui qu'elle est désolée d'avoir dissuadé sa fille d'aller à la police).
Piroska Nagy, avec qui DSK a eu une liaison, fait à nouveau la une de l'actualité, rappelant que quand le conseil d'administration (du FMI) avait déclaré qu'il n'y avait pas eu de "preuves de coercition ou d'abus de pouvoir", il avait ignoré son propre témoignage disant qu'elle avait subi des pressions de sa part pour qu'il couche avec elle.
Soudain, il s'avère que tout le monde savait que les femmes journalistes et les employées du FMI veillaient à ne pas se retrouver seules avec lui.
Mais bien sûr, l'attitude prédatrice de DSK avait toujours été de notoriété publique, faisant l'objet de ragots, de plaisanteries et d'allusions voilées dans la presse. On appelait cela autrement: la séduction, l'amour des femmes, la preuve d'une belle santé. Il a fallu que ce soit une inconnue sans défense vivant dans un pays étranger – la femme de chambre n'avait aucune idée que DSK, en tant qu'homme parmi les plus puissants de la planète, avait le droit d'user de la violence pour disposer de son corps - qui agisse.
Actuellement, l'avocat de la défense de DSK affirme que les rapports sexuels, s'ils ont eu lieu, étaient librement consentis. Parce que rien n'est plus vraisemblable qu'une femme de ménage – une musulmane veuve qui porte le foulard – sauterait sur l'occasion de faire une fellation à un client de l'hôtel de 62 ans qui jaillit tout nu de la salle de bains.
Toutefois, les Américains ne doivent pas s'empresser de se moquer des Français. Il y a huit ans, les Californiens, ignorant les nombreux témoignages de femmes qui accusaient Arnold Schwarzenegger de harcèlement sexuel brutal et parfois sadique, l'élisaient gouverneur de Californie.
Comme Anne Sinclair, la femme de Strauss-Kahn, celle de Schwarzenegger, Maria Shriver, l'avait soutenu, et c'est ce soutien qui a peut-être été déterminant. En récompense, elle a appris récemment qu'il avait eu, il y a plus de dix ans de cela, un enfant avec la bonne.
Les hommes puissants brutalisent impunément, grâce à leurs amis, à leurs femmes, aux copains de la politique, une presse servile et une culture profondément hostile aux femmes.
Redite-moi que les luttes féministes, c'est du passé.

''Katha Pollit'' (en anglais)

Note perso

La Caste vocifère, occupant tout le terrain médiatique

L'exemple de Badinter:

"Il déplore le traitement réservé au directeur général du FMI et aurait "aimé l'égalité des armes" entre "l'accusatrice" et "le présumé innocent" : "On dit "c'est la justice égale pour tous". Plaisanterie, dérision! En vérité, quand Strauss-Kahn est là assis au milieu des autres, il est ravalé délibérément au rang de dealer". "Où est l'égalité des chances quand en effet l'accusatrice dit 'je suis la victime' et qu'on la protège et DSK répond 'je plaide non coupable', et on l'accable ?", a-t-il plaidé.

"Il est ravalé délibérément au rang de dealer": "de dealer …présumé", il veut dire, je suppose?
Quant au terme de dealer, il n'est pas innocent non plus ...
Comment cracher son mépris de classe et son mépris des femmes en quelques mots.
Voilà jusqu'où sont capables d'aller les amis de caste. Dans l'abjection la plus totale, le reniement de ce qu'ils ont prétendu être en façade. Il n'y a plus de tabous.
Comme pour l'affaire Polanski, la Caste ploutocrate se serre les coudes, dans la mauvaise foi et l'hypocrisie, hurlant à la "destruction d'un homme" et n'hésitant pas à remettre en cause et à piétiner une femme du peuple parce qu'elle a osé s'en prendre à un de leurs membres éminents.
Polanski, qui avait drogué, fait boire, pénétré de force de multiples façons une gamine de 13 ans, donc mineure, donc légalement non consentante, était défendu par ceux-là mêmes qui exigent aujourd'hui la "présomption d'innocence" pour DSK.
Traînée dans la boue, harcelée par les médias au téléphone, devant sa porte (et les gens modestes n'ont pas les moyens de se payer des gardes du corps pour éloigner les intrus et se protéger avec de hauts murs), elle avait accepté (ou du moins sa mère, puisqu'elle était mineure) de se rétracter en partie contre une aumône financière comparée aux préjudices subis.
L’histoire se répète. En moins extrême, sans doute, mais les accusations portées concernent aussi des crimes intolérables et sévèrement punis par la loi. En théorie.
Crimes de l'abus de pouvoir, de la volonté d'écraser les autres et, dans ce cas, les femmes.
Mais au lieu de se taire, au lieu de laisser faire la justice, parce qu'après tout, ils n'ont pas le droit de disculper leur ami sans savoir ce qui s'est passé, et encore moins d'influer sur les décisions des juges, ils poussent des cris d'orfraie et envahissent tout le terrain médiatique.

Le fameux "complot"

Ceux qui hurlaient au "complotisme" et à l'anti-américanisme se sont brutalement, et contre toute attente, ralliés à ces thèses dans cette affaire.
Pourtant, ici, il n'est pas question de passeports intacts retrouvés sur des tonnes de gravats.
Ce qui s'est passé ne semble pas devoir demander une bataille d'experts. Pour autant, tous ceux qui refusent l'évidence s'acharnent à trouver des explications grotesques pour éviter soigneusement d'admettre la thèse de l'agression violente contre une femme de chambre noire et immigrée.
Et chacun d'y aller de son "je ne comptais pas voter pour lui, mais, je trouve que tout de même …" . (S'il y avait une élection aujourd'hui, il y aurait 57% de couillons qui iraient voter pour lui. On se demande si on va, un jour, reprendre un vrai débat d'idées dans une France lobotomisée par les médias et gouvernée par l'affect).
Le "tout de même", c'est pour s'indigner du traitement "inhumain" que la justice US avait fait subir à DSK.
Mais cela ne devrait pas être une surprise, en particulier aux ex-pro-américains: cela fait un siècle qu'existe la "parade des suspects". C'est même à cette occasion que Lee Oswald a été descendu. Il restait encore de la marge, donc.
D'autant que, en fait de barbarie intolérable, il n'est resté que cinq jours en taule et est désormais assigné à résidence dans un appartement de luxe. Parler de barbarie quand il y a des innocents dans le couloir de la mort, c'est un petit peu indécent, je trouve.
Et puis, il me semble que si DSK avait voulu se prémunir de ces désagréments, il aurait pu le faire.
Pourquoi donc était-il à NY, à l'hôtel, sans gardes du corps, alors qu'il habite Washington, que sa fille habite sur place et qu'il était en transit pour la France?
Pourquoi s'est-il retrouvé accusé d'agression sexuelle alors qu'il devait pertinemment savoir que la justice US ne plaisantait pas avec ça? Et pourquoi ne s'en est-il donc pas préservé?
Complots divers
Donc, je disais qu'il y a ceux qui nient l'accusation d'agression et cherchent à valider la thèse du complot, un coup monté par on ne sait qui, quelque force supérieure qui agirait en sous-main. Le "lobby" comme j'ai lu quelque part. Appelons-le comme ça.
Là, pas question de mesure et de décence pour traiter les événements. On charge la mule.
La femme de chambre, employée dans cet hôtel depuis trois ans, aurait été soudoyée pour piéger DSK. On sait combien une femme du peuple peut être vénale, pas comme ces purs esprits, n'est-ce pas?
Tout faire pour salir cette femme qui vit (vivait - puisqu'elle a été obligée de fuir) seule avec sa fille dans un modeste appartement dans le Bronx, c'est dire si elle est moins que rien à côté d'un milliardaire qui possède des appartements luxueux un peu partout, à Paris, à Washington, à Marrakech.
Moins que rien, si on compte en dollars, évidemment.
Oui, donc, "ceux" du FMI auraient voulu mettre hors d'état de nuire leur directeur qui montrait des velléités de s'attendrir face à la misère que le FMI propage comme une traînée de poudre dans le monde.
Mouais, déjà, ça, c'est à la limite du crédible. DSK n'a pas été nommé directeur du FMI pour jouer les tendres. Simplement, à certains moments, il faut faire semblant de lâcher un peu de lest, sinon, les esclaves se révoltent et adieu le pot-au-lait (rappelons qu'ils empruntent à 1% pour prêter aux pauvres à un taux frisant les 16%, enfin un truc comme ça. De l'humanisme pur).
Mais aussi, pourquoi, donc, le "lobby" se serait-il embrouillé avec une machination abracadabrante alors que DSK était en instance de départ et qu'il pouvait toujours l'aider à sortir plus vite en lui offrant une somme d'argent (supplémentaire) incitative? C'était discret, sans risques et imparable.
Mais non, trop simple. Les conspirateurs auraient imaginé un plan diabolique: soudoyer une femme de ménage d'un hôtel à New-York (où DSK n'habitait pas, je le rappelle et où ses séjours privés devaient être aléatoires) pour qu'elle le piège et le fasse tomber pour viol.
D'abord, comme je l'ai dit, il fallait que la cible soit sur place (il ne devait y dormir qu'une nuit) et que la soubrette soit de service et prévenue.
Ensuite, il faut être sacrément sûr que la personne (non "professionnelle", donc) sera apte à mener à bien cette entreprise délicate et ne reculera pas au dernier moment. Même pour une somme rondelette dont on aurait bien besoin, on ne devient pas forcément spécialiste du traquenard sexuel. On le voit, l'élément essentiel du complot n'est donc pas à 100% fiable.
Ensuite, comment ces gens-là pouvaient-ils bien savoir que leur cible serait consentante? Un "bon mari", un "homme qui aime les femmes", mais "pas un violeur" (d'après ses amis qui connaissent tous les secrets des portes closes), ça ne se laisse pas piéger comme ça, et en quelques minutes, apparemment.
Sans compter qu'à 62 piges, en principe, on n'est pas forcément au mieux de sa forme sur commande (à moins qu'ils aient eu d'autres renseignements sur la personne, que la présomption d'innocence nous interdit d'évoquer ici).
Alors, la réaction logique pour un homme vertueux, présumé innocent, et soucieux de préserver sa réputation, aurait été d'appeler immédiatement la direction, de faire constater la présence de la soubrette et de porter plainte contre la femme de chambre. NON?
Or, il n'en a rien été, non seulement, il s'est laissé "violer", mais c'est la "piégeuse" qui a porté plainte!
De plus, contre toute logique, personne n'était là pour empêcher le gogo de se rendre à l'aéroport, où, semble-t-il, personne ne savait qu'il se rendait, puisque c'est parce qu'il a téléphoné à l'hôtel pour récupérer son portable que les policiers ont pu le localiser (remarquons également que s'il n'avait pas oublié son portable, ce qui relève du pur hasard, il n'aurait pas été pris).
Pourquoi avoir fait tout ça si leur "proie" avait pu tranquillement leur échapper et se retrouver à l'abri, en France?
Un complot de Pieds Nickelés, si on me demande.
Sinon, il y a la théorie du petit complot. Celle que défendent les BHL, je suppose: la femme de chambre, qui savait que c'était un homme riche (et juif, rajouterait BHL, jamais à court dans ce cas-là d'argument massue), le piège pour lui soutirer de l'argent … et s'en va porter plainte à la police.
Y en a, je te jure, ils sont vraiment pas doués pour le commerce.

Deux autres thèses sont également apparues:

La première : un complot du PS pour éliminer un de leurs candidats.
Sur ce dernier point, évidemment, cela aurait pu paraître logique: c'était toujours un de moins, ça déblayait un peu.
Mais, déjà qu'au PS, ils n'arrivent pas à se décider à rédiger un vague programme qui (mé)contenterait tout le monde, on se demande comment ils auraient pu échafauder quoi que ce soit d'envergure.
D'autant qu'ils s'étaient très bien faits à l'idée que c'était Strauss Kahn qu'il leur fallait pour ratisser un maximum à droite.
Ratisser à gauche? Même pas dans leurs rêves!
D'ailleurs cette thèse a, semble-t-il, vite été abandonnée. Pas du tout crédible.

La seconde: une cabale organisée par l'entourage de sarko pour éliminer le candidat qui lui faisait de l'ombre. La seule chose qui pourrait plaider en faveur de cette théorie, c'est le plan foireux qui a été imaginé. On sait qu'ils sont experts en la matière.
Mais, 1) sarko n'est pas en odeur de sainteté à Washington, il valait mieux ne pas jouer les futés sur leur terrain à eux 2) pour piéger DSK, il suffisait de balancer sournoisement à la presse (celle de ses "amis" était largement suffisante) le dossier épais qu'il n'a pas dû manquer de compiler sur DSK.
Et des casseroles, il y en a une flopée de batteries.
Quant à Obama et sa clique, impossible. Ils venaient de faire le coup de la décennie et qui c'est qui leur vole la vedette? Un autre de ces bras cassés de frenchies avec une histoire incroyablement banale.
Et depuis l'affaire DSK, plus personne ne s'intéresse à Ben Laden, même aux US. Si c'est pas une malchance, ça!
D'après des sources bien informées, Obama en aurait même fait une jaunisse.
Et puis de toute façon, leur proie, c'est au lance-flamme qu'ils l'attaquent, et ils font ensuite disparaître le corps en mer.

Et si, finalement, les explications qui ont été données par la victime de l'agression étaient les seules qui tiennent la route?
Mais de ça, on n'en veut pas.
Une femme pauvre agressée par un riche qui abuse de son pouvoir sur les femmes et sur les populations, ce n'est pas vraisemblable.
Enfin, pas vraisemblable qu'elle porte plainte.
Pour tout ce que cela implique: harcèlement des médias, enquête serrée sur son passé, ses fréquentations et tout le reste. Sa vie sera jetée en pâture aux médias, son intimité sera violée constamment. Sans compter les questions inlassables qu'on lui posera.
Et où de "victime présumée", elle finira "coupable d'outrage à la cour".
Alors, il vaut mieux laisser tomber et lécher ses blessures, seule dans son coin.
D'autre part, les avocats eux-mêmes n'ont jamais parlé de complot, probablement pour les raisons évoquées ci-dessus: une hypothèse ridicule indéfendable.
Tout ce qu'ils vont plaider, ce sont des rapports "consentis".
Et même là, il va falloir la jouer tordue, cette histoire. Parce que ce n'est pas gagné.
Sauf que c'est l'agresseur "présumé" qui a l'argent. Et que ça change tout.
Et, donc, il ne reste qu'une alternative: soit elle cède aux pressions et accepte une "compensation" financière - ce qui stopperait le harcèlement dont elle fait l'objet, soit elle va jusqu'au bout et il va lui falloir une sacrée dose de courage. Et ce courage (et les fonds qui vont avec), elle ne peut le trouver qu'avec un soutien planétaire.
Nous sommes tous-tes des hommes et femmes du peuple et nous nous élevons contre la coalition de milliardaires qui nous passe sur le corps avec son bulldozer.

Une pétition internationale a été lancée par des féministes US, qui fait également des appels aux dons pour soutenir financièrement (et moralement) cette jeune femme afin qu'elle maintienne sa plainte et qu'il y ait un procès. Si elle ne peut pas poursuivre, elle sera obligée d'accepter une somme d'argent en échange de son retrait de plainte.
Et voilà comment sont punis les viols et agressions sexuelles commis par les riches: par une simple amende. Une aumône.

Liens à lire:
Au Festival de Kahn, palme des reins à : "PS, la grande imposture"

Une Québécoise parle de DSK sur France Inter.

Tout le monde "savait", mais on nous vend un homme vertueux, qui "aime les femmes"!
"Aimer les femmes", c'est aimer les mettre dans son lit, consentantes ou non.