Noam Chomsky: Les Etats-Unis et leurs alliés feront tout pour empêcher l'instauration de la démocratie dans le monde arabe
Par emcee le vendredi 20 mai 2011, 08:12 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Source: Noam Chomsky: 'The U.S. and its Allies Will Do Anything to Prevent Democracy in the Arab World', publié le 11 mai 2011, Democracy now !

Place Tahrir, au Caire
Discours de Chomsky sur la réaction des Etats-Unis aux révoltes populaires qui se sont propagées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à l'occasion du 25ème anniversaire du groupe de surveillance des medias nationaux, "Fairness and Accuracy in Reporting" (FAIR).
(NB: "FAIR", Fairness and Accuracy in Reporting, le groupe new-yorkais de surveillance des médias américains qui vient de célébrer ses 25 ans de publications d'analyses de la censure et du parti pris médiatique qui écarte les points de vue divergents sur les sujets d'intérêt public et sur les avis critiques des groupes politiques ou ethnoculturels).
(Voici les propos tenus par Noam Chomsky sur les enjeux dans le monde arabe à l'occasion de cet événement).
Noam Chomsky: Les Etats-Unis et ses alliés feront tout pour empêcher l'instauration d'une véritable démocratie dans le monde arabe. La raison en est très simple. Dans toute la région, une majorité écrasante de la population considère que les Etats-Unis sont la principale la menace contre leurs intérêts.
De fait, l'opposition à la politique U.S. est si forte que l'immense majorité d'entre eux pensent que la région serait plus en sécurité si l'Iran possédait l'arme nucléaire. En Egypte, le pays le plus important, ce taux est de 80 %. Et le pourcentage est pratiquement le même ailleurs.
Il y en a certains dans la région qui considèrent l'Iran comme une menace – ils sont environ 10 %. Eh bien, il est clair que les Etats-Unis et leurs alliés ne vont pas tolérer que s'installent des gouvernements qui se préoccupent de la volonté du peuple. Si cela devait se réaliser, non seulement les Etats-Unis ne contrôleraient plus la région, mais ils en seraient expulsés. Et donc, c'est de toute évidence un plan intolérable.
En ce qui concerne WikiLeaks, il y avait un point intéressant là-dessus. Les révélations de WikiLeaks qui ont été le plus médiatisées — gros titres, commentaires euphoriques, etc. — c'est que les Arabes soutiennent la politique US vis-à vis de l'Iran. Mais rien sur l'avis de la population arabe - il ne compte pas.
Si les dictateurs nous soutiennent et qu'ils contrôlent leurs populations, alors, où est le problème? C'est comme l'impérialisme. Où est le problème si ça marche?

L'armée égyptienne veille
Tant qu'ils peuvent maîtriser les populations, tout va bien. Elles peuvent manifester leur haine, nos sympathiques dictateurs les garderont sous contrôle. Cela, c'est la réaction non pas seulement des services diplomatiques du Département d'état ou des médias qui en ont fait état, mais également du cercle intellectuel en général. Il n'y a aucun commentaire là-dessus. En fait, les médias aux Etats-Unis occultent complètement ces sondages (sur l'opinion des populations, NDT). On trouve ça un peu en Angleterre, mais très peu. Ce que pense la population, on s'en fiche, pourvu qu'elle soit contenue.
Eh bien, à partir de ces observations, on en déduit assez vite quelles politiques vont être menées. On peut pratiquement les énoncer.
Et donc, quand il s'agit d'un pays riche en pétrole, avec un dictateur fiable et docile, on le laisse faire ce qu'il veut. L'Arabie Saoudite est le pays plus important de cette catégorie. C'est le centre du fondamentalisme islamique le plus puissant, le plus extrémiste et le plus brutal, des missionnaires qui répandent un islamisme ultra-radical comme les jihadistes et pire encore. Mais ils sont dociles et fiables, ils peuvent faire ce qu'ils veulent.
Une manifestation était prévue en Arabie Saoudite. La présence policière était si importante et si dissuasive que pratiquement personne n'a eu envie de descendre dans les rues de Riyad. Mais là, il n'y avait rien à redire. Pareil au Kowait. Il y a eu une petite manifestation vite réprimée ; sans commentaire.
En fait, le cas le plus intéressant, c'est, à bien des égards, celui du Bahreïn. Le Bahreïn est important pour deux raisons. L'une, dont les médias ont parlé, c'est que c'est le port d'attache de la 5° Flotte, force militaire majeure dans la région. L'autre raison, plus fondamentale, c'est que le Bahreïn est à environ 70% à majorité chiite, et il est situé juste de l'autre côté de la chaussée du roi Fahd, pont qui le relie au sud-est de l'Arabie saoudite - qui est également à majorité chiite, et qui se trouve être la région riche en pétrole, tout autour de la partie septentrionale du Golfe. C'est-à-dire, qui englobe l'est de l'Arabie saoudite, le sud de l'Irak et le sud-ouest de l'Iran.
Et cela fait longtemps que les stratèges craignent qu'on se dirige vers une sorte d'alliance tacite dans ces régions à majorité chiite qui mènerait à l'indépendance et au contrôle de l'essentiel du pétrole mondial. Ce serait, de toute évidence, intolérable.
Et donc, pour en revenir à Bahreïn, il y a eu une révolte populaire, des tentes ont été installées sur la place centrale de la ville comme à Place Tahrir. Les forces militaires menées par l'Arabie saoudite ont envahi le Bahreïn, permettant aux forces de sécurité de Bahreïn de réprimer violemment cette révolte, de détruire les camps de tentes et même de détruire le monument central de la place de la Perle, symbole de Bahreïn; ils ont envahi le complexe hospitalier le plus important, expulsé les patients et les médecins; ils arrêtent régulièrement, tous les jours, des défenseurs des droits humains, les torturent, ils (les dictateurs, NDT) se font de temps en temps taper sur les doigts, mais rien de bien méchant. C'est comme le principe de Carothers. Si les actions correspondent à nos objectifs stratégiques et économiques, c'est bien. Nous pouvons avoir un discours noble; mais ce qui compte, ce sont les faits.
Eh bien, ceux-là, ce sont les dictateurs dociles des pays riches en pétrole.
Et l'Egypte, me direz-vous, pays très important, mais qui n'est pas un centre de production pétrolière majeur? Eh bien, en Egypte et en Tunisie et dans d'autres pays du même genre, il y a un plan de match, utilisé régulièrement, si couramment qu'il faut être un génie virtuel pour ne pas le remarquer.
Et quand on a un dictateur privilégié – si vous songez à faire carrière dans le service diplomatique, autant que vous sachiez cela – … quand on a un dictateur privilégié et qu'il rencontre des problèmes, on le soutient le plus longtemps possible, soutien inconditionnel jusqu'au bout. Quand on arrive au point où il n'est plus du tout possible de le soutenir – par exemple, disons, si l'armée ou les milieux d'affaires se retournent contre lui – alors, il faut le faire partir, faire des déclarations fracassantes sur l’amour qu’on porte à la démocratie, puis, chercher à remettre en place l'ancien régime, avec de nouveaux noms, s’il faut. Et c'est ce qui se fait indéfiniment.
Ca ne marche pas toujours, mais on essaie toujours – Somoza au Nicaragua; le Shah en Iran; Marcos aux Philippines; Duvalier à Haïti; Chun en Corée du sud; Mobutu au Congo; Ceausescu fait partie des favoris occidentaux en Roumanie; Suharto en Indonésie. C'est la procédure habituelle. Et c'est exactement ce qui se passe en Egypte et en Tunisie.
Donc, d'accord, on les soutient jusqu'au bout — Moubarak en Egypte, jusqu'à la fin on l'a soutenu. Ca ne marche plus, on l'envoie à Charm el-Cheikh, on sort le discours, et on cherche à restaurer le régime. C'est, d'ailleurs, la raison du conflit actuel. Comme l'a dit Amy, on ne sait pas comment ça va tourner, mais c'est ce qui se passe.
Et puis, il y a une deuxième catégorie. Cette catégorie c'est celle du dictateur de pays pétrolier en qui on n'a pas confiance, l'électron libre. C'est le cas de la Libye. Et là, la stratégie est différente; il faut chercher à mettre en place un dictateur plus fiable. Et c'est exactement ce qui se passe actuellement.
Evidemment, il faut faire passer ça pour une intervention humanitaire. C'est un autre principe universel qu’on retrouve pratiquement dans toute l’histoire.
Pratiquement chaque fois qu'il y a eu recours à la force, quel qu'en ait été l'auteur, il était accompagné du discours le plus noble. Il s’agissait de raisons humanitaires. C'est Hitler qui envahit la Tchécoslovaquie, les fascistes japonais qui dévastent le nord-est de la Chine. C'est Mussolini en Ethiopie. Il n'y a pratiquement aucune exception. Et donc, vous présentez cela et les medias et les commentateurs font semblant de ne pas remarquer qu'il ne contient aucune information, parce que c'est automatique.
Et donc, mais dans ce cas précis (de la Libye, NDT), ils pourraient ajouter autre chose, qui a été maintes et maintes fois répété dans les médias, à savoir que les Etats-Unis et ses alliés sont intervenus pour répondre à la demande de la Ligue Arabe. Et, évidemment, il faut bien nous faire prendre conscience de l'importance de cette information. Soit dit en passant, la réaction de la Ligue Arabe était mitigée et ils se sont assez vite rétractés parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec ce que nous faisions. Mais passons.
Au même moment, la Ligue Arabe émettait une autre requête. Voici le gros titre d'un journal: "la Ligue Arabe demande une zone d'exclusion aérienne pour Gaza". Il s'agit, en fait du Financial Times de Londres.
Aux Etats-Unis, on n'en a pas parlé. Ou, plutôt, pour être précis, le Washington Times en a parlé, mais en gros, l'information a été bloquée, comme les sondages sur l'opinion publique dans les pays arabes, pas le genre d'information à publier. Et donc, comme "la Ligue Arabe demande une zone d'exclusion aérienne pour Gaza" ne correspond pas à la politique des Etats-Unis, nous ne sommes pas obligés de diffuser cette information, et elle a donc été escamotée.
Maintenant, certains sondages sont publiés. En voici un qui a été publié dans le New York Times il y a deux ou trois jours. Je cite: "Ce sondage montre qu'une majorité d'Egyptiens veulent abroger le traité de paix signé en 1979 avec Israël, et qui a été la pierre angulaire de la politique étrangère de l'Egypte et de la stabilité dans la région".
En fait, ce n'est pas tout à fait exact. Il a été la pierre angulaire de l'instabilité dans la région, et c'est justement la raison pour laquelle la population en Egypte veut l'annuler. Cet accord écartait l'Egypte du conflit israélo-arabe. C'est-à-dire qu'il éliminait le seul moyen de dissuasion à l'action militaire d'Israël.
Et il a permis à Israël d'étendre ses opérations—illégales—dans les Territoires Occupés et d'attaquer son voisin du Nord, le Liban. Peu de temps après, Israël attaquait le Liban, tuant 20.000 personnes, détruisait le Sud-Liban, tentait d'imposer un régime client, mais n'y est pas tout à fait parvenu. Et ça a été compris. Et donc, la réaction immédiate au traité de paix, c'est qu'il y a des éléments que nous n'apprécions pas – il va nous falloir abandonner nos colonies dans le Sinaï, le Sinaï égyptien. Mais il y a un bon côté à ça, également, c’est que le seul moyen de dissuasion a disparu maintenant, nous pouvons donc utiliser la force pour réaliser nos autres objectifs. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Et c'est exactement la raison pour laquelle la population égyptienne y est opposée. Ils comprennent cela, comme tout le monde dans la région.
D'un autre côté, le Times ne mentait pas quand il disait que cela avait conduit à la stabilité de la région.
La raison en est que le terme "stabilité" renferme un sens spécifique – un peu comme démocratie. La stabilité signifie «compatibilité avec nos intérêts ». Et donc, par exemple, quand l'Iran essaie d'étendre son influence en Afghanistan et en Irak, ses voisins, on appelle ça "déstabiliser". Cela fait partie de la menace que constitue l'Iran. Cela déstabilise la région.
En revanche, quand les Etats-Unis envahissent ces pays, les occupent et les détruisent en partie, c'est dans l’idée d’apporter la stabilité. Et cela, c'est très courant – au point qu'on peut écrire – comme l'a fait l'ancien rédacteur en chef de Foreign Affairs— que quand les Etats-Unis ont renversé le gouvernement démocratique chilien et instauré une dictature brutale, c'était parce qu'il fallait que les Etats-Unis déstabilisent le Chili pour apporter la stabilité.
Eh oui, vous renversez un gouvernement parlementaire, vous y installez une dictature, vous envahissez un pays, et vous tuez 20.000 personnes, vous envahissez l'Irak et vous tuez des centaines de milliers de personnes – tout ça, c’est pour apporter la stabilité. L'instabilité, c'est quand quelqu'un vient de mettre en travers de votre chemin.
Traduction: ''emcee, des bassines et du zèle''
©des bassines et du zèle
NB: les illustrations ont été ajoutées
Commentaires
Bonjour les rafistoleurs.
Ceci dit, je suggère la relecture des pages 756 à 759 de Howard Zinn, Une histoire populaire des Etats-Unis.
lumineux - la lucidité n'est pas de tout repos mais enfin autant ne pas finir idiot
@Tgb: Oui, hein?
Merci pour la traduction de cet excellent article. Comme souvent, Chomsky introduit de manière très courtoise une rupture radicale du discours dominant et en français, ce sera plus facile de le faire lire.
merci à vous, John, d'être passé.
En effet, Chomsky a une vision claire de ce qui se passe dans le monde.
Hélas, ce n'est pas ce qu'on nous explique, en général
Chomsky a l'art de faire sortir de l'ombre les quelques touches qui éclairent le tableau différemment.
Grand merci pour cette traduction .
Décidément, la névrose obsessionnelle anti-américaine de ce pauvre Chomsky et de ses suiveurs atteint des sommets.
Chomsky surestime l'omnipotence des Etats-Unis...Lesquels auraient pour ainsi dire été jusqu'à réussir à imposer Ceaucescu à la place de l'URSS ;-))
Le problème dans les pays arabes est que l'on a bien du mal à identifier des équipes dirigeantes potentielles susceptibles d'être raisonnablement qualifiés de démocratiques. Et cela, qu'elles soient favorables ou non aux Etats-Unis. Certains ne seront pas d'accord, je leur demande donc simplement de me citer quelques contre-exemples précis.
ah, OK, mais c'est pas une raison pour que les USA fassent à la place des pays arabes ;
mais si les dirigeants américains se croient encore au temps des colonies, tu dois bien avoir une explication à ça, pas ?
Noam Chomsky: "De fait, l'opposition à la politique U.S. est si forte que l'immense majorité d'entre eux pensent que la région serait plus en sécurité si l'Iran possédait l'arme nucléaire. En Egypte, le pays le plus important, ce taux est de 80 %. Et le pourcentage est pratiquement le même ailleurs."
C'est non sourcé, et c'est faux:
"This survey found that an overwhelming majority (83 percent) of this Arab public in the gulf believed that Iran was planning to build nuclear weapons, despite its claims of peaceful intent. Even more strikingly, just over half (53 percent) agreed with the statement that “Iran would launch a nuclear attack on another country or group if it did acquire nuclear weapons.” And by a three-to-one margin, those who said that Iran would use its nuclear weapons believed that the Islamic Republic’s target would be Saudi Arabia or another gulf country, not Israel. Accordingly, only a little over a third (37 percent) thought Iranian nuclear weapons would offer the region a “balance of power.”
http://www.thecuttingedgenews.com/i...
Chomsky est un fumiste et un manipulateur.
qu'est ce que tu veux, à force de parler à des abrutis qui ne comprennent que le rapport de force, cet homme ne peut pas être parfait.
S'il n'y avait que ça...Ils ont bon dos, les Etats-Unis et leurs alliés ! Il n'y a sûrement pas besoin d'eux pour "empêcher l'instauration d'une véritable démocratie dans le monde arabe." C'est la culture arabe elle-même qui est un frein à l'instauration de la démocratie.
Cf l'analyse:
http://www.danielmartin.eu/Religion...
"Le rapport du Programme de développement des Nations unies intitulé "Arab Human Development Report 2003" affirme que l'habitude la plus répandue en matière d'éducation des enfants dans les familles de culture arabe associe autoritarisme et surprotection. Il en résulte chez les enfants une aptitude réduite à l'indépendance, un manque de confiance dans les autres et des rapports inefficaces avec eux ; les enfants ont une propension à la passivité et une aptitude incertaine à la prise de décision."
Les faits sont têtus: quelles que soient les relations de tel ou tel pays arabe vis-à-vis des Etats-Unis, des plus conciliantes aux plus hostiles, la démocratie n'y a jamais eu vraiment cours. Nous aurions en effet bien de la chance d’observer dans le monde arabe l’émergence d’une élite produisant des idées qui seraient ensuite soumises au jugement du plus grand nombre. Nous savons très bien que ces dirigeants “éclairés” se transforment vite en despotes.
Chomsky a pressenti le devenir du "printemps arabe" et prend simplement les devants avec sa mauvaise foi coutumière. Confortablement installé dans un pays où la liberté d'expression n'est pas un vain mot, il peut continuer à caqueter "c'est la faute aux occidentaux" ad vitam aeternam, sans jamais seulement soulever le véritable fond du problème.
@ Ronan
Pas sourcé! C'est la transcription d'une interview à la télévision! Vous en voyez beaucoup, dans ce cas, qui citent leurs sources?
Ensuite, si vous citez bien vos sources, vous ne prenez que ce qui va contredire ce que dit NC, ce qui prouve votre malhonnêteté intellectuelle.
On trouve aussi, qui indique un changement de tendance:
"A year ago, 46 percent of those surveyed believed that the effect would be negative and 21 percent believed it would be positive; this year’s poll found that 57 percent thought the result would be positive versus 29 percent who responded that Iran’s possession of nuclear weapons would have a negative effect on the region"...
Alors, qui est manipulateur?
D'autre part, dire que Chomsky est un fumiste, pour qui vous prenez-vous?
On n'est pas obligé d'être d'accord avec ce qu'il dit, mais l'insulter, alors que c'est un intellectuel reconnu mondialement et qu'il a utilisé son cerveau à bien meilleur escient que l'immense majorité des humains, et, apparemment, en particulier de vous- même, cela ne grandit personne. Bien au contraire.
Veuillez à l'avenir, ne pas venir encombrer mon site; j'ai bien plus intéressant à faire que de répondre à des gens de mauvaise foi et qui viennent insulter des auteurs qui ne peuvent pas se défendre, et pour cause.
Et si vous tenez vraiment à faire passer le message à Chomsky, envoyez-lui un mail personnel.
@Gallad,
Vos propos racistes et sectaires, je n'en veux pas ici.
Si vous devez citez des phrases d'un rapport, lisez le au moins et ne prenez pas ce qui vous arrange seulement, car c'est le propre du propagandiste.
voici celui de 2003:
http://www.arab-hdr.org/publication...
et de 2009:
http://www.arab-hdr.org/publication...
Bonne lecture: il y a un peu plus de grain à moudre que votre phrase sortie de son contexte.
D'autre part, vous qualifiez Chomsky d'anti-américain. Encore une ânerie propagandiste.
Il est anti-américain? Mais il EST américain! Il est un peu plus américain que vous, sans doute!
Je suppose que critiquer la politique de son pays en fait un traître à vos yeux? Si nous, nous critiquions la politique de sarkozy, nous serions automatiquement anti-français?
Quelle pauvreté culturelle! et c'est vous qui osez parler de "démocratie"! Vous ne savez même pas ce que c'est, de toute évidence.
Au fait, vous savez que vos potes ont changé leur fusil d'épaule et que depuis peu, ils sont devenus "antiaméricains". Va falloir jeter votre vieux bréviaire.
Bon, allez, c'est la dernière fois que je perds mon temps avec vous aussi.
Je ne mettrai plus en ligne votre discours primaire et raciste.
Youpee, emcee, çà c'est envoyé !
Et comme nous l'enseigne notre maître à tous (euh, je plaisante méchamment, là), Edward Bernays, il faut rabâcher, rabâcher, alors pour que le message entre, je paraphraserai à nouveau Cicéron.
Washingto delenda est
A bientôt, ailleurs !
BO
Merci Babel!
Les analyses de Chomsky concernant la mensonge par le silence qui caractérise les média occidentaux à propos du Timor Oriental son combat sans relâche à 1 contre 1000 pendant la guerre du Vietnam ou du Golfe lui donne peut-être le droit de ne pas être traité d'anti-américain alors qu'il sauve presque à lui seul (j'exagère il y en a d'autres http://tarpley.net/international/fr...) l'honneur de l'Amérique. S'il est anti-américain, alors le Victor Hugo de 1852, Zola ou le Péguy de l'affaire Dreyfus étaient anti-français, ou le Maupassant anti-colonialiste, sans parler de de Gaulle de 1935 à 1940. En gros être contre son pays serait ne pas hurler avec les loups. Pauvre conception d'une nation. Le jour où ces hommes de vérité auront été réduits au silence par mille moyens de pression mentaux, électroniques, d'omerta médiatique, de chantage, on pourra dire adieu à la "démocratie en Amérique" décrite par Tocqueville et chantée par Whitman. De américains résistent : aidons-les : de leur combat dépend notre liberté ou notre servitude totale. Si la plus gigantesque machine de guerre que le monde ait connu tombe entre les mains d'une clique de psychopathes avérés, le peuple américain sera asservi puis le Monde sombrera dans la guerre sans fin. La civilisation occidentale n'y résistera pas.: elle est déjà à moitié morte. Longue vie à Chomsky.
Bonjour, Kristallon,
Merci pour ce commentaire très fin, ça change du bourrin censeur anti-chomsky qui surgit pour ne laisser aucun espace à la liberté d'expression.
En effet, ceux qui se sont élevés contre les forfaits de leurs gouvernements ont une belle place dans l'histoire.
Hélas, ils sont moins nombreux que les autres.
Comme Thiers, par exemple (puisqu'on en parle actuellement).
En revanche, je te trouve optimiste quant au présent: la clique de psychopathes avérés semble déjà avoir largement commencé son œuvre destructrice.
Irak, Afghanistan, Pakistan,aujourd'hui Libye, dont elle cherche à éliminer physiquement le leader, pays pauvres ou en faillite, où la machine de guerre est différente, mais tout aussi efficace: FMI, banque mondiale, transnationales, etc.
oui, longue vie à Chomsky, qui est parmi les rares intellectuels à dénoncer tout cela.
Merci pour cette traduction.
La Tunisie offre une belle illustration de cette analyse.
Le soulèvement populaire dans ce pays date du 17 décembre 2010 mais c'est du 14 janvier 2011 que tout le monde parle. En effet cette date correspond à la fuite de Ben . Les médias et le pouvoir la présentent comme l'aboutissement du mouvement révolutionnaire alors qu'en réalité la révolution du jasmin comme ils se plaisent à l'appeler est en train de flétrir ( la vie du jasmin ne peut être qu'éphémère...) Une fois débarrassés du dictateur et de sa famille mafieuse, les capitalistes instrumentalisant d'anciens politiciens de l'époque bourguibienne reprennent les choses en main. La France et les États-Unis pèsent de tout leur poids pour tuer dans l’œuf les revendications populaires. Plus les jours passent, plus on le sentiment que la contre-révolution finira par l'emporter...
Salut, Fethi,
Merci pour ce commentaire.
Hélas, c'est bien l'impression que l'on a, vu de l'extérieur, aussi. Une reprise en main par l'oligarchie mondiale des mouvements populaires.
Je pense que le manque de culture politique des populations et le manque de penseurs pour les guider facilitent cette reprise en main.
Ce serait la même chose, je pense, en France, à l'heure actuelle.
C'est bien triste de voir que ce sont toujours les mêmes qui gagnent.
Noam Chomsky n'est pas anti-américain puisqu'il est lui-même américain. C'est imparable.
C'est même en porte-parole national qu'il revendique: "Les Etats-Unis et leurs alliés feront tout pour empêcher l'instauration de la démocratie dans le monde arabe..."
Bien d'accord.
Propaganda, toujours et encore ...
Et encore, on a échappé à antisémite! Ca aurait fait monter mon taux d'adrénaline, une fois de plus. Et trop, c'est trop.
Noam Chomsky: "Les Etats-Unis et leurs alliés feront tout pour empêcher l'instauration de la démocratie dans le monde arabe"
Chomsky est simplement en train d'anticiper la retombée de soufflet arabe. Il ne sent que trop bien combien les sociétés arabes actuelles sont intrinsèquement rétives au fonctionnement démocratique. Donc on se prépare l'excuse: "ce sera la faute au grand Satan yankee."
D'ailleurs s'il n'est pas anti-américain, alors qu'il cesse de dire: "les Etats-Unis..."