Aux Etats-Unis, tirs groupés des républicains contre les droits des femmes
Par emcee le jeudi 17 février 2011, 19:29 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
On croit que les démocrates aux Etats-Unis, le Labour en Grande-Bretagne et les autres socio-dèmes dans le monde ont atteint le fin fond de l'ignominie, qu'il ne peut rien avoir de plus bas. Ils font pourtant de (1) gros efforts en ce sens.
Eh bien non, reviennent les républicains, aux Etats-Unis, ou les conservateurs, avec Cameron, en Grande-Bretagne, sur le devant de la scène politique et les voilà avec des idées innovantes pour creuser les bas-fonds encore plus profondément.
Cameron, par exemple, et son projet de "Big Society", s'attache à racler tous les fonds de tiroirs des pauvres que leur avaient laissés par inadvertance Blair et Brown.
Aux Etats-Unis, dans sa loi sur l'assurance-maladie, Obama, alors qu'on ne le lui demandait pas vraiment, avait décidé que les IVG ne seraient pas pris en charge par les contrats d'assurance maladie subventionnés par l'Etat, sauf en cas de viol ou d'inceste, ou si la vie de la mère était en danger.
C'était déjà attaque suffisante contre les femmes et le droit à l'avortement.
On aurait même pu se dire qu'on ne pouvait pas trouver plus restrictif.
C'était compter sans l'imagination des néocons USaméricains.
Fraîchement élus à la Chambre des Représentants, ils se sont empressés de déposer un projet de loi pour redéfinir la notion de "viol". Si, si! Ben, oui, des fois que c'en serait pas vraiment un et qu'on paierait une IVG à des simulatrices qui escroqueraient l'Etat pour un petit confort personnel, voire un assassinat.
Vous voulez que je vous dise? Je suis écœurée de voir le monde comme il tourne.
Voici un billet de Christopher Brauchli: "How Republicans Are Working to Save the Republic/ Redefining Rape, and Other Pressing Matters", publié le 4/6 février 2011 dans CounterPunch

Comment les républicains veulent sauver la république
Il est important de s'attaquer à la législation dès le tout début d'une session du Congrès dans la mesure où elle ne dure pas bien longtemps. En janvier, les élus de la Chambre des Représentants auraient pu, s'ils l'avaient souhaité, travailler 21 jours, mais ils n'ont siégé que 11 jours. Les jours où ils n'étaient pas en séance, c'est qu'ils étaient pris par des activités importantes, comme, par exemple, ne pas se trouver à Washington.
Le représentant Joe Walsh, républicain de l'Illinois, nouvellement élu, l'a bien fait comprendre quand il a expliqué pourquoi il dormait dans son bureau: "je pense qu'il est important de montrer que nous n'habitons pas ici, que nous ne sommes pas originaires de cette ville … je ne veux pas vivre ici. Je veux rester chez moi tout le temps".
N'avoir travaillé que onze jours lui a permis d'atteindre, en partie, son objectif.
La toute première initiative de la Chambre a été de voter l'abrogation de la loi sur l'assurance maladie (rejetée en fév. par le Sénat, NDT). C'était le projet de loi N°1 de la Chambre.
Moins médiatisé, il y a ensuite eu le projet de loi N°3 qui propose de redéfinir le viol dans le but de délimiter les cas de remboursement de l'IVG.
On ne peut pas sous-estimer l'importance de cette législation. A une époque où les républicains se sont engagés à traiter en priorité les questions urgentes négligées par les Démocrates quand ils faisaient la loi, il est réconfortant de voir qu'il restera toujours du temps pour s'occuper de questions dont personne ne savait qu'elles étaient urgentes mais qui le sont, de toute évidence, pour certains élus de la Chambre.
Redéfinir la notion de viol en fait partie.
Ce n'est pas une question aussi urgente qu'elle l'aurait été si l'abominable charia, dont les élus d'Oklahoma ont courageusement voté l'interdiction (2), faisait partie de notre culture.
Dans certains pays où la charia est en vigueur, une femme qui porte plainte pour viol s'apercevrait qu'au lieu de voir incriminés ceux qui ont commis le crime, c'est elle qui serait sans doute accusée d'adultère et lapidée à mort.
Si les Etats-Unis avaient ce genre de loi, on comprendrait aisément pourquoi Chris Smith, élu du New Jersey, estimerait la question si importante qu'il faille absolument la faire figurer en 3° position des projets de loi présentés à la Chambre. Bien sûr, la charia n'étant pas en vigueur aux Etats-Unis, il n'y avait pas urgence à débattre si tôt dans la session d'une redéfinition du viol destinée aux lois fédérales.
Le projet de loi N°3 s'appelle "loi: pas d'argent public pour l'avortement". Ceux qui le soutiennent seraient la plupart des élus républicains de la Chambre, dont les deux M. King, celui de New-York qui va présider les débats sur les maux qu'engendrent les musulmans dans notre société et le M. King de l'Iowa qui veut refuser la nationalité américaine aux enfants nés aux Etats-Unis de parents immigrés sans-papiers, ce qui leur est actuellement garanti par le 14-ième Amendement de la Constitution des Etats-Unis.
L'objectif de M. Smith est d'empêcher le plus possible les femmes comme, par exemple, celles qui se sont retrouvées enceintes à la suite d'un viol commis par une connaissance, d'avoir accès à l'IVG, sauf à payer de leur poche.
Outre les clauses prévues précédemment (3) qui excluent la prise en charge des IVG, le projet de M. Smith propose de nouvelles restrictions au droit d'accès à l'avortement.
Si on retire de l'argent d'un plan épargne-santé pour rembourser une IVG, cette somme ne pourra pas être déductible des impôts en tant que dépenses médicales et l'argent versé pour un contrat d'assurance-maladie ne sera pas déductible des impôts. Ce ne sont là que quelques clauses restrictives parmi celles proposées par M. Smith. Il y aura des exceptions à ces restrictions si la femme enceinte "a fait l'objet d'un viol avec usage de la force, ou si c'est une mineure, en cas d'inceste." Il est également prévu une exception dans le cas d'avortements pour raison de santé.
Réagissant au discours de l'état de l'union du président, Michelle Bachmann se plaignait que nous ayons une administration qui nous dit "quelles ampoules on doit acheter".
Cela ne l'empêche pas de soutenir un projet de loi qui dicte aux femmes enceintes leurs droits en ce qui concerne leur corps. Pour Mme Bachmann et ses collègues, légiférer sur le corps de ces femmes va de soi.
Ce projet de loi N°3 de la Chambre ne cherche pas à définir les termes de "viol avec usage de la force", et on ne sait donc pas si la victime doit prouver qu'elle a mis un œil au beurre noir à son agresseur pour bien montrer que le viol a été commis avec usage de la force.
David Bryden enseignait à la faculté de droit de l'Université du Minnesota quand il a publié un rapport en 2009 intitulé "redéfinir le viol".
Dans le paragraphe d'introduction, il écrit que: "on s'accorde à dire actuellement que la définition même du viol reflète les mentalités patriarcales qui refusent de reconnaître les droits des victimes d'agressions sexuelles".
Si le projet de loi N°3 de la Chambre avait été proposé à l'époque où il a écrit ce rapport, il aurait probablement ajouté une note en bas de page pour le citer en exemple afin d'illustrer ses propos.
M. Smith aurait bien besoin de lire ce rapport. Il apporterait, à lui, ainsi qu'à 172 de ses collègues, un peu de matière à réflexion qui, de toute évidence, leur fait défaut.
Christopher Brauchli
1. Le projet de budget 2012 présenté par le président Obama envisage de réduire de plusieurs milliards de dollars les subventions publiques destinées à aider les plus démunis à acquitter leur facture énergétique.
(C'était la rubrique: "Hé, les pauvres, vous avez eu froid cet hiver? Attendez de voir comment ça ce passe, l'hiver prochain!").
2. L'Oklahoma et la charia:
En novembre 2010, le Congrès a adopté une loi interdisant aux juges de s'appuyer sur des textes de lois étrangers ou sur la charia. (D'après ce que j'ai trouvé, elle serait suspendue pour l'instant parce qu'un musulman, pas plus malin que les autres, sans doute, a porté plainte).
Notons que l'Oklahoma appartient à la Bible Belt où le succès du christianisme évangélique en fait l'un des États les plus conservateurs.
Plus de 80 % des habitants de l'Oklahoma sont chrétiens. Les croyants se répartissent dans 73 affiliations religieuses principales et quelque 5 854 congrégations. La Convention baptiste du Sud; L'Église méthodiste unie, l'Église catholique romaine 168 625, etc. En 2000, il y avait environ 5 000 juifs et 6 000 musulmans, avec dix congrégations pour chaque groupe.
Répartition des habitants par confession (sur une population de 3 700 000 ha):
Évangélisme 53%
Protestantisme – 16%
Catholicisme – 13%
Autres – 6%
Sans affiliation – 12%
Avec tout ça, on peut se demander comment il pourrait prendre la fantaisie à des juges de décider d'appliquer la charia.
Mais que peut-on attendre des "républicains" aux Etats-Unis, sinon un étalage de bêtise crasse et de sadisme?
3. Obama et l'IVG

L'IVG à la demande et sans excuse
Notes annexes
Oklahoma encore:
Projet de loi pour imposer aux femmes qui ont subi une IVG de l'inscrire sur un site Internet non protégé, qui plus est - Oct 2009
Oklahoma, toujours, mai 2010:
Ce projet de loi, adopté par le Congrès, avait finalement été rejeté en février 2010, comme étant anticonstitutionnel parce qu'il enfreignait la règle qui exige qu'un projet de loi ne doit comporter qu'un sujet à la fois".
Mais les femmes en Oklahoma ne perdent rien pour attendre: ils reviennent toujours à la charge.
Dakota du Sud
15 fev. 2011
Encore des éclairés: un projet de loi est actuellement présenté au Congrès de l'état pour inclure le cas de ceux qui assassineraient des personnes qui auraient "porté atteinte au foetus" à la liste des "homicides justifiables".
C'est-à-dire, pour autoriser, de fait, le meurtre avec préméditation de quelqu'un qui pratique, de surcroît, des actes médicaux légaux.
Eh, oui, on croit toujours avoir touché le fond …
Parmi les "homicides justifiables", on a: le soldat qui tue un soldat "ennemi" en temps de guerre; l'Etat, les juges, etc., qui font appliquer ou appliquent la peine capitale; la riposte en état de légitime défense; l'euthanasie, active ou passive; etc.
Pour l'avortement, le projet s'appuie sur la loi fédérale de 2005 "Unborn Victims of Violence Act" qui définit pour la première fois le fœtus comme un "enfant à naître" et, donc, comme un être humain à part entière, à quelque stade du développement que ce soit.

La brigade des cintres du Dakota du Sud (anglais)
Les ligues de vertu sont très actives dans l'état avec, entre autres, comme principale meneuse de revue, Leslee Unruh, à l'initiative des infâmes "Purity Balls", un bal où se retrouvent père et fille, l'un pour promettre de toujours protéger l'autre, et l'autre de jurer de rester "pure" avant le mariage.
Mais, non, je n'invente pas! C'est ici (voir notes annexes).
S'ils sont cinglés? Et pervers, avec ça.
Et en France, me direz-vous? Ca vient, ça vient.
Entre autres, qui s'ajoute au reste (fermetures de services d'IVG, réductions des crédits alloués au planning, etc. la routine, quoi), il y a ça :
IVG et clause de conscience
On n'y prête pas attention, mais c'est comme cela qu'aux US, ils ont réussi à faire fermer des centres d'IVG, et qu'il n'y en a plus dans certains états, faute de médecins pour pratiquer les IVG (ça, le fait que les médecins volontaires sont obligés de se cantonner à cet acte médical et le coût des assurances à cause des risques qu'ils encourent).
Cette fameuse clause de conscience permet également aux pharmaciens de refuser de vendre certains moyens contraceptifs, ou la "pilule du lendemain".
Encore cette religion qui vient se mettre en travers du corps des femmes.

Commentaires
Quand je dis qu'il faut réapprendre à faire des IVGs safe à la maison, on me regarde bizarrement...
C'est pas bête, mais cela veut dire qu'on les laisse triompher dehors et qu'on fait ça en douce à la maison.
C'est comme ça que nous avons longtemps fonctionné.
On ne peut quand même pas leur laisser le terrain.
Ce qui n'empêche pas d'apprendre la technique ...
Oui, c'est ça l'idée, continuer à se battre mais ne pas être obligées de revenir à l'aiguille à tricoter
On est d'accord. Se tenir prêt-es à riposter. Dans les deux cas.
Je propose une nouvelle loi sur l'avortement :
"Toute personne qui n'est pas porteuse d'un utérus n'a pas le droit de légiférer sur l'avortement ou la contraception".
De l'idée, certes, mais d'abord, c'est discriminatoire, mais surtout, il n'est pas dit que cela fasse basculer en faveur de l'IVG
Hélas.
Serge Quadruppani parle de
" condamnation du barbelé en général"
notons l'expression.
et dans le livre de Ron Rash qu'il recommande sur son blog, ça commence par le meurtre du père dont la fille a été mise enceinte par un riche exploitant forestier.
Ce blog s'appelle les contrées magnifiques.
Ici la définition du viol est modifiée dans le but de faire des économies. Et soudain il apparaît que le viol qui consiste à forcer à faire ce qu'on ne veut pas s'applique du coup aux femmes qui voudraient avorter.
Non content d'entretenir un patriarcat anachronique, l'état enfonce le clou du viol en forçant la femme à accoucher d'un enfant non désiré, pour des raisons économiques, qui sont déguisées en principes puritains et absolus, avec pour seul argument une improbable vertu qui se présente comme choquée, indépendamment de ce que pensent les personnes concernées, et qu'on voudrait pourtant leur infliger. (cela s'appelle l'obscurantisme).
En terme de bioéthique, si l'arrêt de gestation est choquante, il se peut qu'elle le soit moins que de donner vie à un être qui, pour une raison ou une autre (en fonction des cas de figure), n'est pas désirable.
Il y a de multiples conditions qui font que la naissance est une plus grande effraction morale que l'arrêt de la naissance. Si c'est choquant de mettre fin à la vie d'un enfant en gestation, il ne faut pas oublier que ce choix n'est jamais de gaîté de coeur pour les parents non plus, et que c'est malgré cela que ce choix fait parfois mieux d'être prit.
On voit que les conditions qui le permettent son listées, mais est-ce suffisant pour prévoir tous les cas de figure ? Une posture plus éthique produirait des résultats plus précis, de façon à inclure par exemple l'arrêt de la gestation des êtres malformés, tels que ceux engendrés par l'uranium appauvri utilisé dans les guerres américaines au moyen-orient (cela dit entre parenthèse).
L'histoire de l'IVG à la maison est intéressant parce que c'est un argument qui va en faveur de la non-interdiction, si l'interdiction pousse les gens dans ce retranchement.
Le plus important dans l'histoire c'est qu'aucun principe ne peut être directeur des comportements, qu'aucune loi ne peut être stricte et applicable les yeux fermés, et donc qu'il faut savoir sous-peser les raisons de façon à obtenir la moins grande injustice.
Et même on peut dire qu'il n'y a rien d'enviable à naître dans un monde où on voudrait imposer des lois en raison de principes aveugles... ou pire en raison d'une radinerie mal placée déguisée en vertu effarouchée.
"En terme de bioéthique, si l'arrêt de gestation est choquante" Non...
"Si c'est choquant de mettre fin à la vie d'un enfant en gestation" Non...
"On voit que les conditions qui le permettent son listées, mais est-ce suffisant pour prévoir tous les cas de figure ? " Non.... la seule formualtion suffisante, c'est "avortement libre (sans conditions) et gratuit (sans conditions financières)"
Merci, 8119 pour ce commentaire.
Cependant, je suis d'accord avec Christine, il n'y a rien de "choquant" à interrompre une grossesse non désirée.
C'est un réflexe cultu(r)el qu'on nous a inculqué.
C'est le fait d'imposer à une femme de mener à terme une grossesse non désirée qui est inadmissible, alors qu'il est possible d'interrompre le processus très tôt, sans traumatisme.
Ce qui est "choquant", c'est qu'il n'y ait pas de structures adéquates d'éducation sexuelle et d'accompagnement pour gérer au mieux la contraception et, éventuellement, la demande d'IVG.
Les femmes qui se retrouvent avec une grossesse non désirée ont soit les moyens matériels d'y faire face, soit (le cas le plus fréquent, et de loin) sont dépendantes de leur entourage, et des pressions qu'il exercera sur elles - qu'il s'agisse du corps médical ou des proches.
Si le parcours n'est pas facile en France, il faut imaginer qu'aux US, il n'y a pas de médecin "de famille" pour un grand nombre de personnes, en particulier des classes moyennes et pauvres, qui n'ont pas les moyens de consulter un médecin aussi facilement qu'en France.
D'autre part, tu pars du principe que c'est pour une raison de réduction budgétaire que les élus cherchent à empêcher les IVG. Ce n'est que le prétexte invoqué pour porter atteinte au droit à l'IVG.
Ce sont des raisons purement idéologiques qui les poussent à limiter le plus possible l'accès à l'IVG et s'ils ne le font pas interdire dans tous les cas de figure, c'est qu'ils ne peuvent pas décemment le faire.
Depuis que l'avortement est autorisé aux US, ces ligues de vertu n'ont eu de cesse d'en limiter l'accès.
Elles ont marginalisé les centres d'IVG, les cantonnant à des structures indépendantes, elles ont constamment agressé le corps médical qui les pratique, allant même, par la haine qu'elles répandent jusqu'à inciter des gens à tuer des médecins, elles manifestent devant les centres régulièrement et s'en prennent aux femmes qui viennent dans ces centres en brandissant des photos de fœtus morts et en les traitant de meurtrières.
Ca, c'est pour les femmes qui peuvent arriver jusqu'à ces centres.
Combien d'autres n'y ont pas accès, parce qu'elles habitent trop loin et qu'il y a barrage et/ou absence d'interlocuteur?
Ca, oui, c'est terriblement choquant. C'est même carrément révoltant.
Révoltant aussi, c'est l'idée de redéfinir la notion de viol. Vouloir mettre en cause le viol, c'est décréter que seul le viol avec violence –dont visible- est un viol. Autrement dit, il faut, en plus que la femme ait été massacrée par le violeur.
L'idée, c'est de revenir à la notion que: si elle s'est fait violer, c'est qu'elle l'a bien cherché, que s'il n'y a pas de signes de violence évidents, c'est qu'elle y a pris plaisir etc.
C'est nier le traumatisme à vie que subit une femme à la suite d'un viol, qu'elle se soit débattue ou pas. C'est banaliser l'acte et demander encore et toujours à la victime de se justifier, c'est mettre la victime sur le banc des accusés et lui refuser par là même toute réparation.
C'est une démarche bien plus profondément ancrée et plus sadique que la réduction budgétaire.
Les réductions du budget, ils ont toujours des raisons valables pour ne pas en faire quand il s'agit d'aller tuer des innocents, des êtres humains constitués, eux.
Quant à la France, les anti-IVG reprennent de la vigueur en ce moment. Forcément, ça va de pair avec la recrudescence de l'idéologie pétainiste ambiante.
si, je trouve ça terrible de devoir interrompre une naissance, en tous cas la femme concernée le ressentira comme un déchirement, mais c'est un choix. Tout choix peut être difficile, mais la liberté c'est précisément le fait d'avoir le droit et la responsabilité de faire ce choix.
C'est inutile de discuter de la douleur du choix, (ça peut aussi être un soulagement) ce qui compte c'est qu'il soit fait librement. Quand aux intégristes acharnées, elles sont seulement folles, il faut les ignorer.
Question : quel est le degrés de liberté des femmes qui agressent et tuent des médecins ?
Vous avez sans doute raison sur le fait que l'intégrisme est prédominant sur le désir de faire des économies, je n'avais pas pensé en terme de culture américaine, qui est si puritaine.
Les gars définissent ce qu'est le viol, rien que de faire cela est un viol, c'est même dictatorial de redéfinir le sens des mots comme ça les arrange, comme dans le cas d'un mensonge grossier.
Les mots d'une langue vivante sont redéfinis et affinés en permanence par l'usage commun, et la tendance est précisément d'aller dans l'autre sens en augmentant sa portée plutôt qu'en la diminuant, car la sensibilité va en s'accroissant.
Je ne sais pas si ce travail a été fait, mais définir un viol est une chose qui appartient aux philosophes et aux psys. L'acte sexuel étant empli de réflexes, il suffit parfois de peu pour le déclencher, alors pourtant que le refus est exprimé.
Le catholicisme qui a toujours considéré la femme comme un être inférieur à qui il faut tout dire et qui doit se taire. En fin de compte, on assiste ici aux derniers soubresauts nerveux d'un obscurantisme qui va mourir.
"en tous cas la femme concernée le ressentira comme un déchirement" pas forcément, parfois seulement comme un soulagement
"Je ne sais pas si ce travail a été fait, mais définir un viol est une chose qui appartient aux philosophes et aux psys. L'acte sexuel étant empli de réflexes, il suffit parfois de peu pour le déclencher, alors pourtant que le refus est exprimé."
Le viol n'est pas un acte sexuel mais un acte de violence et de domination. Et un acte sexuel n'est pas de toute façon un acte réflexe. C'est quoi ces conneries ?
Eh bien, Christine a tout dit.
En effet, le viol est un CRIME, au même titre qu'un vol avec violence ou un homicide. C'est un acte de violence et de domination, comme le dit Christine. Et il entraîne un traumatisme à vie, plus ou moins profond selon que la personne aura été prise en charge ou non. Le nier ou remettre en question ce fait, c'est ajouter un traumatisme à un autre et humilier la victime.
Les philosophes n'ont rien à voir dans l'affaire, pas plus qu'ils n'ont autorité à statuer sur un homicide.
C'est, en premier lieu, toute la machine judiciaire et le corps médical - psychiatres compris - qui sont à même de s'occuper de cette question.
C'est également à la société de reconnaître ce crime au même titre qu'un autre et de le prévenir et le punir en conséquence. Personne ne songerait à accepter qu'une agression à l'arme blanche reste impuni et à demander à la victime si, par hasard, elle ne serait pas jetée elle-même sur le couteau.
"quel est le degrés de liberté des femmes qui agressent et tuent des médecins ?"
Les médecins qui ont été tués ou agressés ne l'ont pas été par des "femmes" mais par des hommes appartenant à (ou ayant été influencés par) des associations anti-avortement. il ne s'agit pas de "liberté", mais d'incitation au meurtre.
Et c'est ce genre de meurtre que les républicains veulent rendre "justifiable".
Voici un article du Monde Diplomatique de fev.2008, très bien fait, sur l'avortement en Europe et aux États-Unis http://www.monde-diplomatique.fr/2008/02/DAGUERRE/15629 où il est indiqué qu'au US, dans les années 1990, sept meurtres et dix-sept tentatives de meurtre ont été enregistrés.
Il faut, hélas, encore le réactualiser.
http://www.youtube.com/watch?v=UAi7...
Alertez les bébés
oui pardon Christine, j'aurais dû dire "un acte de violence" évidemment, mais c'est pas la peine pour autant de me faire dire ce qu'il n'est pas possible de dire ! (pour me corriger en disant ce que j'ai dit !)
Au-delà de la définition de base du crime, il est possible d'étendre cette définition au lieu de la diminuer comme cela veut être fait. Et pour la définition confiée à un psy, c'est parce que il faut comprendre que le processus qui amène au viol ne fait pas nécessairement appel à la violence... c'était précisément ça dont on parlait : il n'est pas systématique que des coups soient échangés pour définir un cas de viol. Il faut s'inquiéter du processus en plus de l'acte lui-même.
Emcee tu me réponds : "il ne s'agit pas de "liberté", mais d'incitation au meurtre." euh, oui, je n'en doute pas !
Tu dis : "Les philosophes n'ont rien à voir dans l'affaire" en réponse à : "définir un viol est une chose qui appartient aux philosophes et aux psys"... je parle évidemment du travail qui consiste à améliorer la définition, car la législation décrite dans l'article n'est en rien une amélioration, c'est pourquoi cela ne peut pas être confié à des législateurs.
bon
alors
moi j'en vois plein partout des connards qui se rapprochent de plus en plus de ces idées immondes et fallacieuses de respect de la vie, de l'ivg est un crime, c'est même des trucs récupérés par les affairistes qui font les pillules etc...
si
i' z'rajoutent évidemment que les régulations des naissances, l'anti-natalisme tout ça, c'est de l'eugénisme...
etc...
et alors évidemment, ils en rajoutent aussi pour dire que dans le cas du viol hein, c'est pire parce que l'enfant c'est la rédeption de la femme !
si
sans dec...
et c'est de plus en plus courant
même en dehors des milieux intégristes religieux !!!!
alors qu'hsitoriquement et idéologiquement, les natalistes sont racistes, dominateurs, eugénistes, méprise radicalement la vie en ne la définissant que comme propriété des dominants et des possédants, voire pire : du groupe racial et social à qui il sfaut pour dominer avoir plus d'eclaves et de chair à boucherie guerrière que le rival.
etc...
bref
moi je vais même plus prendre le temps de discuter devant tant de bêtise chipottant sur la durée de la grossesse, le cas psycho-traumatisant, la culpabilité, la définition du viol là c'est l'apothéose puutain merde ça me fait hurler.
bon
je me calme
je me calme
et puis se demander s'il faut que ça soit confier à des législateurs ou autre non sans blague dans des systèmes qui n'ont pas pour objectif la régulation des intérêts généraux, populaires au sens large, non sexistes, l'équiliobre avec les ressources dans un environnement fermé et limité comme toute planète
etc... ça aussi c'est bonbon comme débat hein
ça tombe très bien cet article juste après le témoignage de Jean-Claude sur son voyage dans ce qui semble être la seule démocratie de la planète !
Bon
effectivement
la bonne idée, c'est de développer toute méthode d'apprentissage de pratique d'interruption de grossesse.
à l'armée, comme dans les para on pouvait être envoyé en afrique et qu'on était souvent les seuls ressources médicales, j'étais infirmier, on nous apprenait à accoucher une femme.
ben on devrait aussi pouvoir apprendre aux hommes à faire des avortements correctes.
donc hein
si les militaires de certains corps le font
on doit pouvoir organiser ça en tant que féministes civils hein
ça serait la moindre des choses.
y'a des peuples dont les "guérisseurs" savent faire ça aussi
pourquoi pas nous ?
Ah, bin, tiens, il va falloir en parler à Christine, on pourrait constituer une brigade, non?
Bon, moi, je passerai les compresses : j'ai un don pour ça