Je m'appelle Jean-Claude, je suis photographe et j'ai visité Cuba
Par emcee le dimanche 13 février 2011, 13:19 - Brèves et hors catégories - Lien permanent
Jean-Claude et Claire, sa compagne, aiment voyager, c'est d'ailleurs en Chine qu'ils se sont rencontrés.
Et ils voyagent souvent. Tout près, car, comme dit Jean-Claude, "pas besoin d'aller au bout du monde pour voyager", ou tout loin, l'Espagne, le Vietnam, la Crète, Madagascar, l'Écosse …
Depuis 1990, il emporte en voyage ses crayons et carnets … Et revient avec de bien belles images.
Récemment, Jean-Claude et Claire sont partis à Cuba pour trois semaines. Sans a priori, sans parti pris favorable ou défavorable. "Pour voir de près", disent-ils.
Voici leur récit étonné.
Et les images, bien sûr.
Entre le 19 décembre 2010 et le 3 janvier 2011 nous étions à Cuba. Pour un voyage « touristique ». Nous ne connaissions rien ou pas grand-chose sur ce pays, à part les quelques clichés véhiculés, même si du point de vue géopolitique nous étions curieux d’en faire la rencontre. On entend tellement de choses et leurs contraires sur Cuba qu’on avait envie de voir de près. Ce n’était pas la seule raison du choix de cette destination. Nous fuyons traditionnellement les fêtes de fin d’année et les Tropiques à Noël nous éloignaient de cet hiver arrivé trop vite en novembre.
Touristes, il est vrai, mais chez l’habitant (1) tous les jours. En demi-pension, ce qui permettait de voir d’un peu plus près comment les gens vivent, et d’échanger un peu plus facilement.
Bien sûr nous n’avons ni l’un ni l’autre, Claire et moi, la maîtrise de la langue, ce qui est certes un handicap. Mais notre curiosité profonde et notre attachement à la rencontre nous ont amenés assez près des Cubains.
Notre façon de dessiner ou de photographier facilite aussi les choses bien souvent. Nous n’aimons pas arracher des portraits et j’espère que cela se voit sur les images (2). Il faut dire aussi que les Cubains sont avides de rencontres, ce qui facilite bien les choses.
Malgré tout, nous avons bien conscience que deux semaines à Cuba ne permettent qu’une approche très superficielle.
Mais on doit dire que notre étonnement a été très grand. Ce voyage, plus que beaucoup d’autres, nous a permis de mettre le doigt sur notre propre façon de vivre et notre régime politique. Nous en revenons attachés à ce pays et bien disposés à le soutenir dans la lutte qu’il mène pour résister à l’impérialisme avec pour guide les USA tout proches. On se demande même comment cet îlot minuscule existe encore ! Quand on sait toutes les contre révolutions fomentées par les USA, toutes les (vraies) dictatures mises en place ou soutenues… Comment l’impérialisme américain n’est-t-il pas encore arrivé à se débarrasser de cette épine dans le pied que représente le « socialisme cubain » ? Est-ce un mystère ?
Cette dernière question a une réponse dans le soutien populaire du régime castriste. Encore en deux mots, si Cuba n’est pas une démocratie à l’occidentale (et nous y reviendrons), Cuba n’est pas une dictature. Jamais les armes dans ce pays n’ont été retournées contre la population. La principale critique envers le régime cubain est pourtant que c’est une dictature.
En terme de démocratie, nous n’avons de leçon à donner à personne. Nous ne croyons plus que le monde occidental, et la France en particulier, soient des démocraties (Larousse : gouvernement où le peuple exerce la souveraineté) Voici une liste non exhaustive d’atteintes sévères :
Dans notre pays on vote « Non » à un traité (TCE) et on nous l’impose quelques mois après !
Dans notre pays nous sommes pendant des mois et des mois, des millions et des millions dans la rue contre une soit disant « réforme des retraites », 70% de la population y sont opposés, et le gouvernement l’impose en force, sans débat !
Dans un pays où on utilise le mensonge (à propos des armes de destruction massive) pour imposer une intervention militaire…
Quand le taux de participation à nos élections continue de chuter pour atteindre des niveaux record, que dire de la démocratie ?
Quand on sait la collusion des médias avec les politiques au pouvoir et les hommes de pouvoir…
Ou que les fameuses « agences de notation » (qui représentent qui, dites le moi !) dictent leur bon vouloir à nos gouvernements nationaux…
Bref !
Alors doucement sur notre fameux modèle de démocratie (qu’on essaie aussi d’imposer ici où là par les armes…).
Je pense que Cuba a pris beaucoup de précautions pour se protéger des agressions du capitalisme (voir le nombre d’attentats contre Fidel Castro qui n’ont heureusement pas abouti). Alors que les USA sont prêts à tout pour se débarrasser de cette expression d’autre chose que le capitalisme. Et ces précautions ont vraisemblablement pris les couleurs d’atteintes à la démocratie selon nos critères. Mais ne faut-il pas voir plus globalement ? Le fait que le régime soit populaire à Cuba fait que les USA hésitent à intervenir directement comme ils ont su le faire par ailleurs.
Et nul n’ignore les conséquences désastreuses pour l’économie cubaine de cet état d’embargo après la chute de l’URSS.
Ceci étant posé, nous avons très envie de dire nos sentiments après ce court voyage.
Première impression très forte, et je vous assure que c’est un choc pour nous : pas la moindre pub ! Aucun panneau, pas la moindre enseigne, ni en ville, ni au bord des routes… Je rêve de ne plus être agressé par toutes ces pubs qui nous polluent l’espace et l’esprit en France. Et on a maintenant la preuve que ça existe un Pays sans pub. A quoi serviraient-elles dans un pays où la « concurrence libre et non faussée » n’a pas de sens ! En tout cas c’est la première fois, et nombreux sont nos voyages, que nous le voyons. Et si vous en avez marre de voir des pinups sur des pubs de bagnoles, allez faire une pause à Cuba.
Les gens sont toujours « propres sur eux » comme on dit ici. Toujours bien habillés. On sent que c’est important pour eux. Pas le moindre haillon comme on en voit très souvent dans les pays sous développés.
Ce n’est pas le cas de Cuba.
Et tout le monde sait que, dans les premières conquêtes de la Révolution, il y a eu la lutte contre l’analphabétisme. L’éducation à Cuba est une réussite, tout le monde le reconnaît. Pauvres voyageurs, nous n’avons pas les moyens de le mesurer précisément. Mais nous avons une anecdote. Par hasard, en passant devant une école, nous avons entendu qu’il y avait une atmosphère de fête. Nous sommes rentrés facilement, l’accueil était chaleureux. Claire était impressionnée d’une part par l’aisance des enfants qui dansaient mais aussi par le fait qu’il n’y avait pas les bons devant et les moins bons derrière, mais que chacune passait d’une situation à l’autre. On est loin du culte du meilleur. Il y a eu à la fin quelques mots à la gloire du régime, du genre « vive le socialisme ! » mais on peut vous assurer que c’était du vécu, du partagé, et pas un slogan régurgité. Mais le plus fort ce n’est pas ça, c’est que la fête était en remerciement pour les enseignants ! Quand on voit comment les enseignants sont traités chez nous et le peu de cas qu’on en fait aujourd’hui…

(photo ajoutée, prise sur le web)
A propos d’école, les enfants portent tous un costume de l’école, toujours impeccable. Et les jeunes filles on bien souvent des jupes ultra courtes, qu’on jugerait indécentes chez nous.
Autre surprise, la facilité déconcertante avec laquelle les commerçants vous rendent la monnaie. C’est souvent un problème dans les pays où l’éducation a ses limites.
Autre anecdote. A Santa Clara nous avons été témoins d’une fête en commémoration de la libération de cette ville par le Che. Au programme, concerts de musique très classique, aussi de musique cubaine, mais à notre étonnement, danse contemporaine de haut niveau ! A quand de la danse contemporaine chez nous pour une fête du genre ? On pourrait en dire encore beaucoup sur le développement de la culture à Cuba.
Les Cubains sont bien nourris. Bien portants. Il est vrai que la traversée nous a montré un pays où la terre semble généreuse.
Pour ce qui est du logement, pour les campagnes et les petites villes, ce qui est étonnant, comme par exemple à Vinalès, c’est de voir des maisons coquettes. Toutes sur la même architecture, simple et sans étage, seules les couleurs diffèrent. A La Havane, il est vrai que les façades sont très dégradées (3). Mais on a été surpris de voir qu’à l’intérieur c’était bien mieux que ce que pouvait laisser imaginer l’extérieur. Peut-être avons-nous eu la chance de tomber chez des gens plus fortunés ? En tout cas, partout où nous sommes passés, nous avons vu frigo, congélateur, télé, et des aménagements corrects qui nous rappellent évidemment les années 60. Nous avons même vu un vélo électrique…
De ces trois constatations, habillement, nourriture et logement, il nous a semblé que Cuba n’avait rien de l’allure des pays sous développés. Ajoutons que nous n’avons pas vu, comme par exemple au Vietnam, des enfants au travail ou des mômes avec la morve au nez.
Par ailleurs nous avons aussi noté qu’il n’y a pas de classes sociales. Les niveaux de vie sont très comparables entre les Cubains. Pas de maison luxueuse, pas de voiture extravagante, pas de zones privilégiées etc. C’est une constatation. Et nous n’avons jamais vu ça dans aucun pays, y compris les pays pauvres que nous avons traversés et où on croise toujours quelque part un ghetto de riches, voire très riches. Aussi bien différent de ce qu’on a vu au Vietnam et en Chine où le luxe s’expose à côté de la pauvreté. Mais pas à Cuba. Si Fidel Castro avait une fortune quelque part, ses adversaires seraient trop heureux de nous mettre l’œil dessus ! Et ce n’est pas le cas.
Pour comparer avec la Chine ou le Vietnam, ce qui nous a frappés, c’est que dans ces deux pays gouvernés par un parti communiste, il n’y a aucune manifestation du régime. On veut dire par là : pas de slogans, pas de drapeau, rien qui puisse laisser voir au simple regard qu’on est dans un pays « communiste ».
A Cuba c’est différent. On voit souvent des slogans pour le régime et la révolution. On a été surpris aussi par la forme de ces slogans. J’aurais parié sur des phrases un peu stéréotypées et simplistes. Il n’en est rien d’une manière générale. Un seul exemple : « Un pays ne peut rien sans sa jeunesse ». Une sorte de gloire ou de confiance dans la jeunesse, qui chez nous est souvent considérée comme dangereuse, flemmarde, ou je ne sais quoi.
En tant que touristes nous nous sommes sentis très libres, là aussi est notre étonnement dans un tel pays.
Notre curiosité n’a jamais été bridée. Jusqu’au fin-fond des villes et des campagnes, pas le moindre empêchement d’aller fouiner partout comme on aime le faire, avec notre scooter de location.
Autre signe très palpable : l’émancipation des femmes. Et certainement moins de machisme que par chez nous. A la maison les hommes participent, pour ce qu’on en a vu. Les rapports à l’intérieur des familles sont très doux, entre adultes et avec les enfants. Jamais de cri entre les uns et les autres ; ça ne grouille pas d’enfants non plus, ce qui traduit une bonne maîtrise des naissances.
Si bien entendu il n’y a pas de pub, il n’y a pas non plus de consommation de cigarettes ! Les quelques cigares croisés tiennent plus à du folklore qu’à une pratique courante. Le prix des cigares est tel qu’il semble destiné à l’exportation exclusivement.
Les paysages ne sont pas pollués par les déchets de plastique, ce qui est hélas très souvent le cas dans les pays d’Afrique par exemple. Certes ça doit être une denrée rare et précieuse le plastique, ils font souvent leurs courses en utilisant ces fameux sachets plastiques.
On a vu le ramassage des ordures, ce qui n’est pas aussi fréquent dans le tiers monde. Des balayeurs, on en a vu beaucoup dans les petites villes et à La Havane. Ce qui fait que les rues sont propres, à quelques exceptions près. Et les balayeurs, comme les autres Cubains, ne sont pas stressés par le travail ! Il nous est arrivé plusieurs fois de les voir s’asseoir sur un banc pour lire Granma et de reprendre le boulot quand ils en ont envie. Voilà qui nous plait bien. Loin du stress de France-Telecom et maintenant La Poste …
croquis Cuba
Etonnant aussi pour nous de constater que les églises étaient tranquillement animées. La liberté du culte est une réalité.
Pour cause d’embargo les Cubains sont privés de beaucoup de choses. Ce qui a aiguisé leur habileté à réparer. Chez nous on consomme, et à la moindre panne on jette. Faute de pouvoir faire autrement, et on vient de jeter ces derniers jours une balance et un micro-onde qui pourraient certainement être réparés si …
A Cuba on a vu des ateliers de réparations de tels objets ! Et comme souvent la queue bien organisée devant de tels magasins. Pas de stress non plus dans les queues. En arrivant on demande « el ultimo ?» ce qui veut dire « qui est le dernier ?» On nous le montre et on peut aller faire un tour, boire un coup ou faire je ne sais quoi, pas de risque que quelqu’un passe avant nous. Respect ! A comparer avec le chacun pour soi, du « à qui sera le plus malin pour passer devant l’autre » de par chez nous. Ici culte du chacun pour soi. Là bas culte de la collectivité et du partage. Deux mondes.
Bref ! Cuba ce n’est pas la misère, ce n’est pas un pays sous développé, ce n’est pas une démocratie, et ce n’est pas une dictature à nos yeux.
Une dictature ne développerait pas à ce point l’éducation et la culture.
On ne sentirait pas les gens heureux, souriants.
On se sentirait, même comme touristes, « téléguidés ».
On y verrait une classe enrichie.
On n’y verrait pas un culte de l’émancipation, y compris des femmes.
C’est un pays où tout simplement il y a une expérience du socialisme, liée à son histoire, à sa situation géographique et économique.
Nous ne voulons pas de ce modèle pour la France, comme nous ne voulons d’aucun autre !
Mais Cuba a alimenté notre espoir dans un « autre monde possible ». A construire pour nous.
En tout cas nous défendrons cet état qui, on le découvre, résiste avec une certaine réussite face au capitalisme ravageur.
Très petits voyageurs sans aucun doute, et loin d’entreprendre même le tour de cet îlot particulier, nous avons simplement voulu dire ici ce que notre cœur a ressenti et qui tranche un peu avec l’image véhiculée de Cuba.
Claire et Jean-Claude,
Ps : A notre retour, quel contraste de se voir accueillir par des treillis et mitraillettes dans le métro de Paris (4). Puis de retrouver toutes ces grises mines engoncées dans leurs coquilles !
Notes
(1) Nous avions pris les vols secs, puis réservé les nuitées, demi pensions et transports en commun par l’intermédiaire d’une association.
(2) Voir les croquis et photos sur les pages « carnets » et « galeries » de mon site :
www.allard-net.com
(3) La restauration des bâtiments se fait petit à petit à La Havane. On peut voir des quartiers complètement rénovés et de belle façon (confirmation par un professionnel du bâtiment, québécois, vacancier comme nous, et rencontré par hasard chez l’habitant).
On peut visiter facilement par exemple ces anciennes demeures coloniales qui sont devenus parfois des hôtels ou des musées. Et comme les hôtels, par exemple, sont à l’état, leur visite se fait donc naturellement.
(4) Autre différence. Nous n’avons pas vu à Cuba de ghettoïsation comme chez nous à Paris par exemple où il y a le quartier « chinois », « antillais », « africain »… A Cuba beaucoup de métissage.
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Liens utiles
Galerie de photos de Jean-Claude Allard
Des couleurs des matières, des objets, des lignes, des courbes, des visages. De beaux visages qui nous parlent, photographiés avec respect.
Jean-Claude Allard est référencé sur le Site des Artistes Plasticiens des Pays de Savoie en tant que photographe
On peut voir les photos (portraits) réalisées pour le site Alps
Et encore d'autres photos sur son site
Claire, parisienne, est venue s'installer en Savoie. Danseuse, elle donne des cours de danse sur les communes voisines.
Aujourd'hui, ils préparent un spectacle qui réunit différents modes d'expression, autour de 10 artistes : arts visuels, sonores et chorégraphiques.
Quelques réalisations:
Expositions (récentes) de photographies
Carrément Résidence Castalies Annecy 2009
Abstract 2 Bibliothèque Bonlieu Annecy 2009
Abstract 3 Pinacothèque des Eaux Vives Genève 2009
Carrément Abstract Rue Publique CHRA Annecy 2010
Expositions de carnets de voyage
Regards d’Ailleurs Bibliothèque et Mairie Meythet 2004
Carnet de route Madagascar Bibliothèque municipale Grésy sur Aix 2008
Carnets
En collaboration avec Carol Ossipow : Galerie Movid ART Genève 2004
Publications
En collaboration avec Laurent Petit chef du Clos Des Sens, Editions Autre Vue “Images cuisinées des grands lacs des Savoie” 2007

Commentaires
Merci... d'avoir publié le récit de mon ami Jean Claude...
Jean-Claude est un artiste de talent, c'est une évidence.que je dirais presque "facile"...mais son véritable talent c'est d'avoir su, dès son premier voyage à Cuba, capter toute la beauté, la force et la fierté de ce Peuple courageux, vaillant petit David face au Goliath voisin !
Bravo Jean-Claude...continue avec ce regard pur et sûr...
Pierre Huguet
Association "Cuba Sí Aquitaine"
Seul l'effet compte
( comme disait karl)
@ Pierre Huguet: c'est, en effet, le texte qui m'a d'abord attirée, parce qu'il était sincère et authentique.
Et ce regard se retrouve dans ses photos.
Excuse moi rien à voir mais... Tu étais au courant de ça ?
je n'en reviens toujours pas;.. c'est honteux et indigne...
http://gauchedecombat.wordpress.com...
Branle-bas de combat !
bonjour tout le monde
ça fait très plaisir de lire ce témoignage.
j'ai juste une question à Claire et Jean-Claude : pourquoi dites vous que vous ne voulez pas du modèle Cubain pour chez nous ?
et puis par ailleurs, est-ce que la démocratie c'est pas eux au contraire qui la réalisent ?
Bonjour, Paul,
Pour la première question, je peux essayer de répondre (jean-Claude et Claire ne verront peut-être pas ce commentaire assez rapidement):
je pense que ce "nous" ne veut pas dire "nous", mais "on", les gens, les pays occidentaux, quoi.
Pour la deuxième question, cela me semble très pertinent. C'est ce qui se rapproche, apparemment, le plus de l'idée de démocratie. Je l'ai dit une fois à un copain, pourtant pro-Cuba, il a failli m'étrangler (façon de parler
Certes, il y a les rouages de l'état , mais il y a beaucoup de discussions à tous les niveaux, quoi qu'on pense et qu'en dise la propagande aveugle.
Et ce qui est fait profite à l'ensemble de la population. Que demande le peuple?
Alors, il y a bien sûr des écueils, et Castro est le premier à reconnaître les erreurs commises, mais ce modèle de société pourrait sans doute servir de base pour instaurer une société "démocratique".
On voit bien à quoi a abouti la nôtre.
Quand on pense qu'une si petite île déchaîne autant de haine, c'est grotesque.
@GdC: merci pour le lien. Je suis dans un nouveau billet, je n'ai pas eu le temps de commenter.
merci emcee
oui je pense que c'est ça : j'avais pas pensé que le nous voulait dire on. dans ce sens là je fais le même constat.
pour la suite je suis totalement d'accord avec vous aussi.
et à mon avis c'est parce que cette société est propablement plus proche de la réalisation de la démocratie que les autres qu'elle attise autant la haine des autres sociétés qui se prétendent démocratiques.
des autres sociétés turbo-libérales, pourrait-on dire.
@ Paul: on est d'accord, donc
Voici (enfin !) une réponse à diverses questions relevées sur le blog d’emcee.
Le « Nous » voulait bien dire « Nous JC et Claire » !
Nous confirmons que nous ne voulons d’aucun « modèle ». On a trop vu ce que l’exportation de modèles a donné (Pays de l’Est, Irak, version US de la démocratie ici ou là, … la liste est très longue)
Notre « démocratie » reste à inventer. Il faudra tenir compte des expériences passées, chez nous et ailleurs, des échecs et des réussites, de la situation locale, géographique, culturelle, etc.
Ce qui induit que nous aurons à nous inspirer aussi de l’expérience Cubaine ! Sachant qu’elle est née dans un autre contexte et avec une autre histoire…
Ce qui nous a plu à Cuba, c’est pas tant le modèle politique et démocratique que nous n’avons pas eu le temps d’appréhender en un si court séjour. Rassurez vous notre soif est intacte et nous sommes plongés dans la documentation, et nous savons trouver les sources ! Mais ce qui nous a séduits c’est surtout le fait de constater le réel fonctionnement d’un système en dehors du capitalisme. Ca ça crève les yeux. Mais nous n’avons pas eu le temps de voir grand-chose des rouages de ce système, des aspects politiques et de l’état de la démocratie à Cuba.
Ce que nous retenons c’est qu’un autre monde est possible ! Et que Cuba peut aussi nous donner des leçons ! Et c’est bien en ça que Cuba est un danger pour le capitalisme international et que cette île déchaîne autant de haine.
Sans être pour une « application du modèle » nous serions heureux que notre société soit aussi égalitaire que Cuba, et on en est très loin. Cela aussi crève les yeux quand on voyage à Cuba et en France.
Nous n’avons aucune idée du fonctionnement de la démocratie à Cuba, mais ce dont nous sommes certains c’est que notre société à nous est tout… sauf « démocratique » !
Nous avons été très surpris des réactions que notre très modeste témoignage a suscité tant sur les divers blogs où il a été repris (merci à tous !) que de nos relations amicales et proches. On a entendu beaucoup de « Oui mais ». On voit bien que ces adeptes du « Oui mais » sont extrêmement gênés d’accepter l’idée qu’un autre système puisse fonctionner mieux que le nôtre à beaucoup d’égards. Et on constate, une fois de plus, que ces adeptes du « Oui mais » n’ont aucune connaissance de la réalité de Cuba. Média quand tu nous tiens…
Une fois de plus hélas, nous constatons qu’il suffit de se plonger tant soit peu sur un sujet (ici Cuba, mais il y a quelques années ce fut pour moi la question des retraites, et là aussi la liste est longue) d’approfondir un peu la question, et de constater à quel point, inouï, les médias nous enfument !
Claire et JC
Décidément, ce Jean-Claude que je l'aime !!!...et que Claire et lui ont de pertinence et de clairvoyance (et de modestie aussi) dans leurs réponses ! On va en avoir des choses à se dire et à partager, sur Cuba bien sûr (entre autre sur son "fonctionnement" politique ou civique, comme tu veux) mais sur plein d'autres sujets qui nous touchent et nous "relient" !!!
PH
Pierre, propose-leur une place dans ton groupe Cuba Linda "Sur les traces de la révolution" pour l'an prochain.. je suis sûre que ça va marcher... J'y ai travaillé. Ja ja ja!
Merci pour vos interventions.
Merci à Jean-Claude et à Claire de cette explication qui nous éclaire sur certains points et qui confirme ce que nous entendons sur ce blog: les "démocraties" occidentales ne sont pas des démocraties. Celle-ci reste à réinventer.
En s'inspirant de l'expérience à Cuba, nous pourrions d'ores et déjà en jeter les bases.
Maintenant, nul modèle n'est parfait, ni forcément adaptable.
Nous avons en France des bases solides (CNR, laïcité, etc.) desquelles les dirigeants successifs se sont éloignés sciemment, parce qu'une société qui donne des droits au peuple et qui est fondée sur la solidarité, ne permet pas à une oligarchie de se remplir les poches sur la sueur des travailleurs et l'exploitation de ceux à qui elle se garde de donner des moyens de vivre décemment.
Et ces bases solides, eh bien elles peuvent aussi être intégrées dans une réflexion globale.
Mais, à partir du moment où nous rejetons en bloc l'expérience de Cuba, c'est que nous ne sommes pas prêts à accepter un changement de société. Seulement un aménagement du capitalisme. Moins clairement inégalitaire, où la (petite) bourgeoisie continuerait de prospérer.
merci a vous, j'ai visité cuba en brigade en1989....3 semaines de travail, une semaine de visite...
Merci, Marc, de votre témoignage. Ca doit être bien,l'île au trésor
Désolée pour le retard, je n'avais pas vu votre com', perdu dans les spams qui m'envahissent en ce moment.