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Et tout ce beau monde, sachez-le, se gave allègrement sur le dos du Français qui bosse, non seulement parce qu'ils sont constamment fourrés chez le médecin pour un refroidissement de rien du tout, mais qu'en plus, ils ont les poches pleines grâce au régime de retraites qu'ils se sont concocté.
Alors, il faut trouver des solutions pour que cessent ces privilèges odieux, évidemment.
D'abord, faire bosser plus longtemps les vieux jeunes (et si une sélection naturelle s'opère à ce niveau-là, c'est tout bénef, pas de retraite, pas de traitements prolongés et coûteux, une urne et HOP! Ad patres! Voyez ce brave Jacques Marseille, mais d'un autre côté, c'est beau d'avoir pu appliquer ses convictions à soi-même).
Évidemment, il faut espérer qu'ils trouveront du travail, sinon, ils rejoindront les rangs des jeunes vieux, les quinquas également écartés du marché de l'emploi.
Ca va en faire des chômeurs en plus!
Dire qu'il va encore falloir trafiquer les statistiques, parce qu'à force de ne plus faire travailler personne dans ce pays, ça va finir par se remarquer.
Alors, question solidarité, faut que ça fonctionne à donf dans ce groupe qui bénéficie un max de toutes les prestations publiques à disposition et qui s'en sert éhontément.
Déjà, les retraites
Qu'est-ce qu'on nous dit donc? Hé bien, il paraît qu'il y a des retraités qui gagnent plus que la population active!
QUOUAAAAA? Tu le crois, toi? Des gens qui se la coulent douce, qui jouent aux cartes ou à la pétanque à longueur d'année au bar de la Poste (oui, ils ont gardé le nom) … ils ont bien plus à la fin du mois que le pauvre gars qui s'arrache du lit le matin, se tape une heure de transport dans un RER toujours plus bondé ("parce que la France n'a plus les moyens d'entretenir le matériel roulant", ça, Maman, je te l'avais dit qu'ils allaient finir par nous couler, avec leurs conneries, Sud Rail et la CGT) pour aller bosser ses 9-10 heures d'affilée et faire le circuit inverse – s'il peut!
Tu parles de parasites de la nation!
Alors, un peu de solidarité, que diable! Vous avez tout: la sécu; la retraite, les transports gratos avec les places assises, et vous les laissez crever la gueule ouverte, ces pauvres gens? Bande d'égoïstes!
Alors, vous allez voir, on va répartir tout ça, et vous allez reverser une partie de cette manne dans une caisse qui servira à la population active.
Et voilà, Marcel, la boucle est bouclée! T'as cotisé toute ta vie pour payer ta retraite et une fois que tu y es, tu cotises pour payer à la place du patron une partie du salaire de la population active.
Ah, y a pas besoin d'être sorti de Polyclinique pour comprendre d'où vient l'arnaque. Le pognon qu'on se répartit, c'est les miettes que nous laissent les riches.
Parce que: bouclier fiscal, exonérations de toutes sortes, baisse des droits de succession … tout ça, c'est tout bon pour eux. On change surtout rien.
Non, on nous demande d'être solidaires entre nous, les mecs! Les riches, ça va, ils sont solidaires, eux. Avec leur pognon. Fusionnels, même.
Et puis, question santé : pareil!
Et c'est également déjà appliqué en partie. Entre nous, qu'on te dit: les cardiaques soutiennent Alzheimer. Après on fera, sans doute, tourner le reste par couples. Diabète/col du fémur; cancer /arthrite, Parkinson/tétraplégie, etc.
L'imagination des riches est sans bornes. D'ailleurs, comment ils feraient, sinon, pour faire encore plus de profits en plein pendant une crise qu'ils ont eux-mêmes provoquée?
Si, toi, tu mets 20 briques qui ne t'appartiennent pas sur le mauvais cheval, il n'y a personne qui va te filer de la thune pour renflouer ton compte. Ben, eux, trop forts: non seulement on leur en file à fonds perdus, mais ils recommencent la même opération et on leur donne encore des sous.
Et, toi, si tu n'as rien vu venir de tout ça, c'est que tu n'as rien voulu comprendre: ils le disaient tous. Et il y a déjà très longtemps de cela.
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Tiens, prends Renaud Dutreil: alors qu'il était ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, il avait déclaré en 2004, lors d’un débat organisé par les ultralibéraux de la Fondation Concorde:

"Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75% du coût d’un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème."

Il avait également dit, ce même soir:

"Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure (…)".

C'est pas limpide tout ça (et montre quand même que ce Dutreil est très bête, mais qu'il ne l'est pas plus que les autres, et puis, si ça passe …)?
Il faut ne rien comprendre à rien pour ne pas avoir reniflé ce qui allait se passer:
1) les retraites, il était hors de question de filer un cent du pognon des riches pour pouvoir continuer à les payer aux manants;
2) l'"Europe" (c'est-à-dire eux: les Dutreil, et tout le reste de la clique – si vous fermez les yeux, vous avez le diaporama - de droite comme de "gauche": celle qui nous a vendus à l'économie de marché dedans) exigeait le démantèlement des services publics dans chaque Etat pour refiler ce qui était rentable au privé.
Et comment faire pour persuader les gogos?
En jetant le discrédit sur le fonctionnement des services publics et sur leurs agents pour les casser de l’intérieur grâce aux suppressions de postes massives et aux réductions budgétaires.
Enfin, tout ça qui fait qu'aujourd'hui, le service public est un vaste champ de bataille où reste à donner le dernier coup d'estocade tous azimuts. C'est pour ça que Razmott'One dit qu'il va faire de la "politique" la dernière année de son mandat. Mission Accomplished sur les services publics, il pourra se concentrer sur ce qu'il sait faire le mieux: pompier pyromane.
Tous les chantiers de démolition sont béants, toutes les institutions démocratiques qui avaient été restaurées ou instaurées par le Conseil National de La Résistance en 1944 (en période de crise bien plus importante!), le clown des Glières les réduit en miettes une à une (éducation et culture, sécurité sociale, sécurité de l'emploi, indemnités chômage, etc.) et aujourd'hui, il s'attaque au système de retraites.
Tout cela, par pure idéologie, par cupidité insatiable, je te le répète, Marcel: c'était bien plus difficile après la guerre qu'actuellement, alors pourquoi tu vas dire partout qu'ils sont "obligés" de le faire! T'as pas l'impression de collaborer avec tes cambrioleurs en leur donnant direct la clé du coffre alors qu'ils ne te demandaient rien? Le flouze, ils savent toujours où il est, ceux-là.
Les retraités, qu'ils nous font comprendre, ne sont désormais plus que des bouches inutiles à nourrir, des corps fripés à soigner, en gros, des parasites. Toi aussi, Marcel, qu'est-ce que tu crois, même si tu rends plein de services à la collectivité – et gratos, en plus. Ils s'en foutent de ça. L'i-déo-lo-gie que je te dis.
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Eh, oui, aujourd'hui, tous les "gens d'en bas", comme ils disent, sont dans le collimateur des rois fainéants et de leurs bouffons: les jeunes, les vieux, les actifs, les demandeurs d'emplois, les travailleurs-esclaves du RSA …
Il faut que tout le monde soit saigné pareil pour qu'il n'y ait pas d'"injustice".

Alors, tu vois, Marcel, j'aurais jamais cru voir ça de mon vivant: ils sont prêts à tout, même à mettre dans la tête des gens que ceux qui ont dépassé la date de péremption, eh bien, hum, comment dire, faudrait faire quelque chose, quoi, ça peut pas durer comme ça …
Parce que tu as les inutiles et les carrément plus bons à rien …
Ce sont les "vieux-vieux", même si, au fur et à mesure, on en laisse pas mal sur le bord du chemin, il y en a qui sont sacrément coriaces.
Mais quand on dépasse les 100 ans et qu'on doit se faire opérer et que ça va coûter du pognon, alors qu'on va peut-être mourir dans les quelques mois/semaines/jours à venir … C'est quand même du gâchis … Tu vois ce que je veux dire, Marcel, ah, oui, toi aussi, ça te fait drôle, hein …
Comment, c'est pas possible qu'ils aient pensé ça?
Bien sûr que si.
Et c'est même un certain Alain Minc, qui a des idées sur tout - tu le connais, il passe à la télé tout le temps - qui s'y est collé pour annoncer ça.
Ah, bien sûr, il ne dit pas qu'il faut euthanasier les vieux, non, il parle de son père de 102 ans, qui a bénéficié d'une opération … mais écoute l'explication:

"Moi j’ai un père qui a 102 ans, il a été hospitalisé 15 jours en service de pointe. Il en est sorti (…). La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois, ou, j’espère, quelques années de vie. (...) Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants droits ont des moyens que l’état m’ait fait ce cadeau à l’œil. Et donc je pense qu’il va bien falloir s’interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en mettant à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un ou le compte patrimoine de leurs ayants droits".

Alors qu'est-ce qu'il dit? Que la santé pour tous, c'est un "luxe", un "cadeau" et que ça coûte d'autant plus cher quand il faut soigner des gens qui vont fatalement mourir à brève échéance … comme un investissement à trop court terme, comme de l'argent jeté par les fenêtres, quoi.
Mais il fait le généreux et le scrupuleux, il dit que cette opération, son père aurait pu se la payer, qu'il a un patrimoine.
Ouais, bon alors, on n'en a rien à faire des histoires de la famille Minc, hein? Pourquoi il n'a pas payé et on n'en parlait plus?
Eh, bien, tu vois, parce que ce n'était pas le but, le but - et, là, ça me fait plus rigoler du tout, Marcel - c'est de faire rentrer dans le crâne des gens que finalement, quand on est "très-très vieux" (quel âge, pour voir? Parce que 102 ans, c'est déjà un cas d'espèce), faut plus s'accrocher à la vie: si la famille veut bien payer pour te prolonger, ça va. Sinon, eh bien, un bisou et on débranche tout. A trois-six mois près, après tout.
Parce que, Marcel, s'il y a ce système, tu crois que les pauvres, on va les garder jusqu'à 102 ans à grands frais, dans l'hôpital public, à monopoliser un lit, des soignants et tout le reste, alors qu'il y a des jeunes à soigner et qu'il faut choisir? Eh bien, tu vois, Marcel, ça, je sais que ça se passe parfois un peu comme ça, à petite échelle, dans certains hôpitaux (négligence par manque de moyens, mais souvent mesure humanitaire, par exemple) mais qu'un salopard de nanti qui ne sait que poser son cul dans les sièges en soie vienne cracher à la figure de Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, pire, sur la tombe de glorieux résistants, comme Lucie Aubrac, Germaine Tillion et bien d'autres, qui se sont battus toute leur vie pour la justice sociale, est une insulte à l'humanité toute entière.

Tu vois Marcel, jusqu'où ils sont prêts à nous faire plonger?
A nous faire accepter de choisir qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Eugénisme, ça s'appelle. Les nazis, ils ont pratiqué ça. (Voir le billet de Sylvie Tissot "Eugénisme progressiste, A propos des récentes déclarations d’Alain Minc sur les « très vieux »)
Et puis, au-delà de la monstruosité d'un tel raisonnement, il faut savoir que si les riches paient pour les pauvres, sans bénéficier de contrepartie, fatalement, ils sortiront du système et créeront le leur, ce qui brisera, de fait, la solidarité sur laquelle sont basées les protections sociales et une vie en société. Et mettra définitivement fin à la belle aventure du CNR.

Voilà, Marcel, j'ai essayé de t'expliquer avec mes mots que, ces gens-là, ils sont capables de tout. Et rien ne les arrêtera.
Sauf nous.
Alors, tu sais, Marcel, on va faire un truc, tous les deux: on va descendre dans la rue et, tu vas voir, si on commence, on sera vite des millions.
Et puis, ce serait trop moche d'avoir laissé les Aubrac, les Hessel et tous-tes les autres agir sans relâche pour conserver nos acquis sans leur dire: on vous a entendus. On arrive.
Et le clown des Glières s'étranglera avec son nez rouge.

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Pour ceux qui passeraient par là-bas, je rappelle: rassemblement 15-16 mai aux Glières
Faites-vite, c'est déjà demain.