Obama et Cuba: la fin d'une illusion (2/2)
Par emcee le vendredi 2 avril 2010, 11:36 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
par Ike Nahem
Ike Nahem est le coordinateur de Cuba Solidarity New York, qui fait partie du réseau national pour la défense de Cuba. Nahem est conducteur de train à l'Amtrak (chemins de fer publics aux US, spécialisés dans le transport de voyageurs) et milite au syndicat de cheminots "Brotherhood of Locomotive Engineers and Trainmen", une branche de Teamsters Union (ce qui explique, sans doute, certains des termes employés, mais ne met pas en cause l'exactitude des faits développés).
Source de l'article original
Obama et Cuba: la fin d'une illusion (suite et fin)
(...)
"Nous envoyons des médecins, pas des soldats".

Il faut dire que la catastrophe sociale à Haïti a compliqué l'offensive d'Obama contre Cuba en Amérique Latine. Aux Etats-Unis-mêmes, c'était pratiquement le blackout complet sur la solidarité médicale manifestée par Cuba à Haïti - une histoire véritablement exaltante – où les équipes médicales, qui étaient déjà sur le terrain avant le séisme et fournissaient gratuitement une grande partie des soins médicaux existants à Haïti, avaient été les premières à réagir quand la catastrophe s'est produite.
Les équipes médicales cubaines, renforcées par des médecins venus de Cuba, celles d'Haïti et d'autres pays du continent latino-américain formés à Cuba, ont installé les premières tentes médicales et les blocs opératoires qui ont été utiles à des dizaines de milliers de victimes. Tout le monde en a entendu parler aux Caraïbes, en Amérique latine et partout dans le monde entier. Cuba a, de loin, les personnels et les programmes les plus efficaces pour fournir des aides médicales aux Haïtiens.
Comme l'a dit Fidel Castro: "nous envoyons des médecins, pas des soldats."

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L'administration Obama, en revanche, a promptement envoyé massivement des troupes à Haïti et a, pour l'essentiel, mis la main sur l'Aéroport de Port au Prince, alors que, parallèlement, elle mettait du temps à faire parvenir du matériel médical, des fournitures diverses, des vivres, ainsi que des installations médicales opérationnelles sur le terrain.
Dans les premiers jours et les premières semaines, les aides en provenance des Etats-Unis et des pays occidentaux étaient essentiellement destinées à porter secours au personnel de l'ONU, aux diplomates étrangers, et aux touristes et citoyens "occidentaux", omettant de façon criminelle de fournir un minimum d'aide aux quartiers populaires sinistrés à Haïti.
La secrétaire d'état américaine Hillary Clinton avait été forcée de s'expliquer quand la communauté internationale s'était indignée du rôle militaire agressif que jouaient les Etats-Unis en donnant la priorité à l'atterrissage de troupes à l'aéroport et dans les ports maritimes et en imposant à certains envois d'aide humanitaire de voyager par voie de terre en République Dominicaine.
D'après l'Associated Press, pour chaque dollar versé par les Etats-Unis pour l'"aide humanitaire", 33 cents vont à l'armée US, 9 cents à l'aide alimentaire, 9 cents au transport de vivres, 5 cents aux Haïtiens chargés du rétablissement, 1 cent au gouvernement haïtien et ½ cent au gouvernement de la République Dominicaine.
Nous devons, cependant, tous être débordants de reconnaissance envers les hyènes impérialistes occidentales (qui pillent Haïti depuis des siècles, et, qui, Washington en tête, ont imposé la tyrannie sanguinaire de la famille Duvalier pour protéger un système où 1% de la population de Haïti contrôle 50% de ses richesses) qui ont accepté dans leur grande bonté d'effacer 290 millions de dollars de la dette internationale de Haïti sur les 890 millions existants!
(Vers la fin février 2010 le gouvernement US annonçait le départ des médecins qui étaient sous ses ordres, la fermeture du dernier hôpital de campagne qu'il avait installé à Haïti, et le départ du navire-hôpital USN Comfort de son port d'ancrage à Haïti. Evidemment, les besoins médicaux des survivants du séisme se multiplient rapidement alors que des multitudes de sans-abri, qui vivent dans des "tentes communautaires" dans des conditions abominables, où ils subissent des pluies diluviennes, sont exposés à la malaria, la diarrhée, et toutes les maladies qu'entraînent ces conditions, en plus de souffrir de malnutrition chronique et de la famine.
En outre, on estime que 30% de ceux qui ont été opérés en urgence sitôt après le séisme auront besoin d'être réopérés. Alors que Washington retire son aide médicale directe minimale, l'activité médicale cubaine à Haïti s'est intensifiée).
De Trinidad à Turtle Bay
Au cours des premiers mois de l'administration Obama, Washington était sur la défensive sur la "question de Cuba" lors de sommets organisés par l'Organisation des Etats Américains (OEA) , un organisme traditionnellement chapeauté par le gouvernement US. Obama s'est trouvé face à un terrain politique perdu par Washington pendant la période Bush et qu'il fallait reconquérir sous son administration.
Au cours de deux “Sommets” successifs de l'OEA qui se sont tenus, l'un en avril 2009 à Trinidad, l'autre en juin 2009 au Honduras, l'Administration Obama avait été isolée de façon embarrassante.
Washington avait subi une pression très directe de la part des gouvernements de l'OEA unanimes sur sa politique anti-Cubaine, qui avait constitué l'essentiel de l'ordre du jour, ce qu'Obama et Clinton ont dû trouver humiliant. Toutefois au cours du sommet de juin, organisé par le président Zelaya du Honduras qui n'allait pas tarder à être destitué, l'équipe diplomatique Obama-Clinton réussissait à empêcher l'adoption d'un texte officiel condamnant explicitement la politique des Etats-Unis, même s'ils avaient été obligés de reculer et d'approuver l'abrogation de la résolution de 1960 qui excluait Cuba de l'OEA.
La question de l'isolement de Washington - et la quasi-humiliation qu'il avait subie - sur la question de Cuba aux sommets de l'OEA avait été évidente quelques mois plus tard, le 28 octobre 2009, où, pour la 18ième année consécutive, et avec le résultat le plus asymétrique qu'il y ait jamais eu (187 pour la résolution cubaine et 3 pour Washington, plus 2 abstentions), l'Assemblée Générale des Etats-Unis avait voté pour, selon les termes de la résolution, la "nécessité de mettre fin à l'embargo économique, commercial, et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis ".
Washington n'a été soutenu que par deux pays cette année-là – Israël et Palau, perdant le soutien du Salvador, de l'Iraq et de l'Afghanistan qu'il avait eu en 2008. C'est certainement une délicieuse ironie – et un puissant symbole - qui indique combien la politique US anti-Cuba est totalement isolée (et combien c'est humiliant pour la diplomatie et l'autorité politique de Washington), au point que même les gouvernements dociles d'Afghanistan et d'Irak que les Etats-Unis ont créés et soutenus se sont sentis obligés de voter en faveur de Cuba!
Le discours aux Nations Unies de Bruno Rodriguez, le ministre des Affaires Etrangères cubain, était une mise en accusation factuelle accablante de l'absurdité des sanctions américaines, qui concernent même des médicaments vitaux et des outils technologiques qui sont, ne serait-ce que partiellement, fabriqués ou développés aux US:
Alexis García Iribar est né à Cuba, dans la province de Guantánamo. Il souffre d'une cardiopathie valvulaire congénitale. A l'âge de six ans et après diverses complications, il lui a fallu subir une opération à cœur ouvert le 9 mars 2009, cela, parce que le gouvernement des Etats-Unis interdit aux compagnies NUMED, AGA and Boston Scientific de vendre à Cuba les appareils nécessaires pour pratiquer la technique du cathétérisme cardiaque. Je pourrais citer encore plus d'une dizaine d'exemples d'enfants entre 5 et 13 ans qui ont dû subir la même opération au cours de ces 18 derniers mois – et dont deux d'entre eux ont été opérés après le 20 janvier de cette année.
Des enfants cubains souffrant de leucémie lymphoblaste et dont le corps rejette les remèdes traditionnels ne peuvent pas être traités avec le médicament “Elspar” (Erwinia L-asparaginase) conçu spécialement pour traiter l'intolérance aux médicaments. Et donc, l'espérance de vie de ces enfants est réduite et leurs souffrances accrues. Le gouvernement US interdit au laboratoire Merck & Co. de fournir ce traitement à Cuba.
Cuba n'a pas pu acheter du matériel pour les analyses génétiques - indispensable pour rechercher l'origine des cancers du sein, du colon et de la prostate – qui est produit par la compagnie Applied Biosystem (ABI).
Lactalis USA, fournisseur de produits laitiers, a été condamné à une amende de 20.000 dollars par le gouvernement des Etats-Unis.
Depuis l'élection du président Obama, il n'y a pas eu le moindre changement dans l'application du blocus économique, commercial, et financier contre Cuba. Le blocus reste inchangé.
Susan Rice, l'ambassadrice des Etats-Unis s'est retrouvée à Turtle Bay (le quartier de Manhattan où se trouvent les Nations Unies, NDT) où elle a défendu, seule, la politique US avec des propos inconsidérés:
"Nous y voilà encore. Je présume que les vieilles habitudes ont la vie dure. Les propos hostiles que nous venons d'entendre de la part du ministre des affaires étrangères cubain semblent sortir tout droit de l'époque de la Guerre Froide et ne sont pas propices à des avancées constructives. Nous ne répondrons pas à des propos affreusement familiers entendus maintes fois dans le passé".
Quelle stupidité! Evidemment, que Washington poursuit sa "guerre froide" contre Cuba. C'est bien Washington qui refuse de reconnaître – 50 ans plus tard! – la réalité de la révolution cubaine et le droit de Cuba à l'autodétermination. C'est Washington, et non pas Cuba, qui s'arroge le droit de déstabiliser, d'intervenir, ainsi que d'offrir l'asile et de protéger des terroristes, dans le but de provoquer un retour à la domination des Etats-Unis.
Les propos surréalistes de Rice montrent que Washington se retrouve pris dans une position inextricable et s'agite dans tous les sens tout seul dans son coin. Mais l'embarras et l'isolement diplomatique sont loin de suffire pour apporter un changement à la politique US. Washington sous la présidence d'Obama est déterminé à changer le rapport de forces défavorable qui s'est créé sur tout le continent américain sous le gouvernement de G.W Bush à propos de la politique US à Cuba.
Obama développe les objectifs de la politique bipartite des US en Amérique latine
Sous la direction d'Obama, Washington a réalisé quelques-uns des objectifs politiques bipartites en Amérique latine. Obama a été aidé en cela par les grandes espérances et grandes illusions qu'il avait suscitées au départ chez de nombreux "progressistes", comme ils se plaisent à se nommer, aussi bien en Amérique latine et dans le monde entier qu'aux Etats-Unis. Alors que, un an après, ces impressions se dissipent de plus en plus, les illusions initiales ont servi de couverture bien utile à l'administration d'Obama pour faire avancer un projet qui s'inscrit essentiellement dans la continuité de la politique de son prédécesseur en Amérique latine et dans le reste du monde.
Sous l'administration Bush, il y avait eu des tentatives concertées de déstabiliser et de renverser le gouvernement et le régime de Cuba ainsi que les gouvernements anti-impérialistes de gauche au Venezuela, puis en Bolivie, arrivés au pouvoir grâce à d'importants mouvements populaires.
Rien de tout cela n'a véritablement bien marché pour Washington. Tous ceux qui avaient été visés avaient été renforcés politiquement et sa politique n'avait bénéficié de pratiquement aucun soutien en Amérique latine. Les gouvernements d'Hugo Chavez au Venezuela et d'Evo Morales en Bolivie, étroitement alliés à Cuba, qui apportait une formidable solidarité sous la forme d'une aide importante en matière d'éducation et de soins de santé, réussissait à résister à des coups d'état soutenus par les Etats-Unis, à des complots contre-révolutionnaires et à l'insurrection, et réussissaient à mettre en place des mesures importantes en faveur des travailleurs.
La nouvelle administration Obama a opéré un changement de stratégie diplomatique – un retrait nécessaire dans la forme, mais plutôt un regroupement stratégique.
Le discours belliqueux et le confrontationisme agressif des années Bush ont été quelque peu mis en veilleuse. Il y a eu à nouveau un échange d'ambassadeurs avec le Venezuela et la Bolivie. Au sommet de l'OEA à Trinidad, Obama était photographié serrant la main à Hugo Chavez.
Toutefois, les objectifs de la politique des Etats-Unis sont restés inchangés. (Et ces derniers mois, en même temps que le passage au conflit direct avec Cuba, l'hostilité politique, les manœuvres de diabolisation et de déstabilisation du gouvernement d'Hugo Chavez au Venezuela se sont intensifiées. La presse capitaliste, comme le Wall Street Journal ou le New York Post, les éditoriaux de plus en plus agressifs et conservateurs du Washington Post se sont alignés, quoique avec plus de virulence, sur la position du département d'état des Etats-Unis qui prétend qu'au Venezuela règne un terrible chaos social et économique avec un gouvernement répressif qui se déchaîne contre les opposants et "fait tomber le masque de la démocratie").
Concernant Cuba, Obama a rapidement modifié la politique des Etats-Unis sur des sujets secondaires – devant l'opposition croissante de l'opinion publique en Amérique latine et dans le monde entier, pratiquement unanime contre l'embargo économique, financier, et commercial – afin de défendre et de promouvoir de façon plus crédible l'objectif essentiel qui reste de renverser le gouvernement, de détruire les rapports sociaux et les conquêtes de la révolution, et de rétablir le capitalisme et la domination US.
Obama a tenu sa promesse de campagne de supprimer les restrictions de voyages pour les Américains originaires de Cuba; il a facilité l'entrée aux Etats-Unis d'universitaires, d'artistes et de scientifiques cubains et a permis à leurs homologues américains et aux particuliers de se rendre à Cuba à l'invitation de la société cubaine. Il y a également eu une légère libéralisation de la part des Etats-Unis pour l'attribution des soi-disant *licences "de personne à personne". Toutefois, jusqu'à présent, les mesures d'Obama sont encore loin de revenir à ce qu'était la politique sur les échanges et les licences sous Clinton et dans les premières années de Bush.
Ces mesures indigentes, accordées au compte-gouttes, sont présentées par Obama et Clinton comme des gestes de conciliation qui attendent une réponse de Cuba. Ils disent en substance: "Voilà, nous avons fait des concessions, maintenant, à vous, en gros, de vous suicider et de mettre un terme à la Révolution en échange".
La Colombie
Au cours des dix premières années du nouveau millénaire, la détérioration politique et morale du mouvement des Forces armées Révolutionnaires de Colombie (les FARC) est devenue plus manifeste, pour le plus grand profit du Corps d'Officiers de Colombie et des partis politiques capitalistes. Leur consolidation politique a eu lieu sous la direction d'Alvaro Uribe (toute cette affaire a été clairement analysée par Fidel Castro dans un petit livre remarquable, "la Paix en Colombie", qui montre parfaitement la méthode marxiste et ses principes).
Dans ce cadre, le 30 octobre 2009, les gouvernements des Etats-Unis et de Colombie ont signé un accord pour accroître sensiblement la présence militaire américaine avec sept bases militaires. Ce qui permet de déployer des forces militaires US directement sur le terrain pour parer à d'éventuels incidents politiques au cœur du continent sud-américain. Le territoire colombien est devenu le lieu grâce auquel Washington espère retrouver une force de frappe militaire terrestre, sous couvert de "lutte contre le trafic de drogue" sur le continent sud-américain.
Cette présence militaire aura pour but de menacer et d'intimider les gouvernements en conflit avec Washington et de combattre les explosions inévitables dans les luttes populaires et les tentatives révolutionnaires de prendre le pouvoir qui sont partie intégrante de la réalité de la crise économique, des divisions sociales et de la lutte des classes sur tout le continent américain.
Fin de partie
Il ne fait aucun doute que si Cuba abandonnait sa ligne révolutionnaire et devenait plus dépendante des intérêts et de la domination du capitalisme et de l'impérialisme mondiaux, alors Washington changerait d'attitude: il établirait des relations diplomatiques et mettrait fin aux sanctions sur-le-champ.
Mais sans la capitulation de Cuba, qu'est ce qui peut mettre un terme à cette guerre politico-économique contre Cuba?
Il y a trois facteurs qui peuvent être étudiés séparément, mais qui sont complètement solidaires, l'un tirant parti des deux autres.
Tout d'abord, ce serait une forte pression aux Etats-Unis-mêmes, indépendante des manigances, des machinations et des intrigues du miroir aux alouettes que représente le Congrès. Ce premier facteur est faible actuellement, même si la situation peut changer. Et alors qu'il y a un noyau engagé dynamique de militants solidaires de Cuba dans les grandes villes de tous les Etats-Unis, le mouvement national est décentralisé et diffus. Bien sûr, la "question cubaine" ne constitue pas actuellement un problème urgent dans la politique des Etats-Unis.
Il n'y a pas de mouvement imminent ou en préparation qui s'oriente vers une agression directe des Etats-Unis.
Il existe bien dans l'opinion publique aux Etats-Unis une opposition importante à l'embargo US et il y a même, dans une partie de la population, petite mais importante, des sympathisants au modèle, à l'héritage et au leadership historique de la révolution cubaine, surtout parmi les Noirs. Il y a de plus, parmi les citoyens des Etats-Unis, un grand intérêt largement répandu pour Cuba et un désir de se rendre sur place. Empêcher les gens d'aller voir ce qui se passe réellement à Cuba pour comparer avec l'enfer tel que le dépeint la propagande impérialiste, constitue, évidemment, une des raisons majeures pour lesquelles les autorités US s'efforcent de maintenir les restrictions concernant les voyages.
Ensuite, il y a la pression exercée par le continent américain et le reste du monde. En matière de diplomatie officielle, il n'est guère possible à Washington d'être plus isolé dans sa politique vis à vis de Cuba. Surtout en Amérique latine. Toutefois, parmi les alliés impérialistes de Washington qui sont également leurs concurrents féroces sur un marché capitaliste mondialisé, l'opposition à l'embargo US aux Nations Unies a plus à voir avec le ressentiment contre la volonté des Etats-Unis d'imposer leur politique économique et financière à l'étranger qu'avec une quelconque sympathie pour l'île socialiste révolutionnaire de Cuba.
Le vote au parlement européen qui condamne fermement Cuba montre de façon plus réaliste l'antagonisme politique et l'opposition de classe de l'impérialisme européen. Sur tout le continent américain, alors que la solidarité avec Cuba est très répandue et constitue un facteur important qui pèse sur les attitudes des gouvernements même conservateurs, il est certain qu'alors que s'accroissent, avec la crise économique, les divisions sociales et politiques, l'antagonisme envers Cuba (qui sert d'exemple à toutes les forces en lutte pour la justice sociale), sciemment entretenu et exigé par Washington, ne peut que croître au sein de certains gouvernements et mouvements politiques.
Il y a de nombreuses contradictions savoureuses qui concernent la réalité et la dynamique de la place de la révolution cubaine dans l'histoire et la politique contemporaine de l'Amérique latine.
Le troisième facteur, ce sont les divisions au sein même des classes dirigeantes aux Etats-Unis. Ce facteur découle complètement et est dépendant des facteurs 1 et 2. En l'absence d'une révolution sociale victorieuse à l'intérieur des Etats-Unis qui donnerait le pouvoir aux travailleurs, c'est aux représentants politiques de l'"establishment" que reviendra de prendre la décision de mettre fin aux cinquante années de guerre économique et politique contre la révolution cubaine. Jusqu'à présent nous n'avons observé que des divergences de stratégie au sein de la politique complètement unie et consensuelle qui vise à écraser la révolution cubaine et à détruire le socialisme cubain.
Si Obama et Clinton se faisaient de quelconques illusions que le gouvernement cubain sous Raul Castro serait moins enclin à promouvoir l'internationalisme révolutionnaire et la solidarité avec l'immense majorité des opprimés et des exploités de l'humanité contre les politiques du capital mondial, ils ont eu largement le temps de les perdre.
Malgré les années de spéculation et de déclarations stupides sur les ruptures entre Raul et Fidel Castro, il semble assez évident que Washington ne considère plus comme sérieux ou réel qu'un changement fondamental a eu lieu à Cuba en ce qui concerne les orientations politiques, que ce soit en politique intérieure ou extérieure. Cuba reste révolutionnaire et marxiste. La continuité révolutionnaire est la réalité à Cuba.
Et donc, reste également la réalité de la politique des Etats-Unis sous Barack Obama.
Ike Nahem
Note:
- licences "de personne à personne": je n'ai pas trouvé la traduction française de “people to people” licenses" et je ne suis même pas sûre de savoir exactement en quoi cela consiste.
Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne? Merci d'avance.
Source de la carte et du dessin: un site à explorer
A lire:
Cuba face aux contradictions de l’administration Obama, de Salim Lamrani
Commentaires
"people to people" relations entre individus, directement, sans passer par une entité.
Par opposition, par exemple, à "business to business" (d'entreprise à entreprise) ou "business to people" (d'entreprise à individus ou grand public - cad le commerce, quoi)
Donc on peut faire du B2B ou du B2P ou du P2P (ce dernier pouvant signifier aussi "peer to peer" - réseau où les ordinateurs communiquent directement sans passer par un serveur.
"people to people" licenses
allez savoir
si ça trouve, ils s'inspirent de la Marseillaise
couplet 7
dit couplet des enfants.
merci, vdj,
j'ai bien pensé que c'était un truc comme cela. mais je n'étais pas sûre s'il s'agissait d'individus lambda ou de groupes, comme des groupes de scientifiques ou d'artistes dont il est question dans le texte. Pour des conférences, des expos ou de la recherche commune, par ex. Indépendamment du bizness, donc.
Et, apparemment, il n'y a pas de traduction pour cela, à part P2P?
"de particulier à particulier" me semble être la trad la plus "brute"; mais plutôt réservée à la notion d'échange ou de transaction.
Dans un cadre contractuel, j'aurais traduit je pense par "contrats/licences entre individus/particuliers"
Merci pour cette traduction sur Cuba au fait
Il y a eu un article de m... sur Rue89 sur la blogueuse cubaine et je dois dire que j'ai été agréablement surpris par la teneur des commentaires... Les réacs de gauche de service n'ont pas eu leur boulevard habituel et le nombre de défenseurs de Cuba m'a surpris. Ce n'est pas la première fois. Le vent a réellement changé ces dernières années. Ce qui explique probablement la reprise de la propagande anticubaine, mais c'était à prévoir. Un article intéressant sur le thème des dissidents et publié par la revue Cubaine Tema sera publié demain sur le Grand Soir.
merci pour les renseignements et la trad. Je n'ai vu cela nulle part, pourtant j'ai fouillé le GS
Rue 89? par l'inénarrable Faure qui annonce, sans ambages, que la Bolivie, c'est le paradis et le Venezuela et Cuba l'enfer?
Je vais aller voir cela.
Oui, il y a un frémissement, une prise de conscience vis-à-vis de Cuba - comme pour la Palestine, d'ailleurs, me semble-t-il.
La propagande et les mensonges commencent à se voir un peu trop, je suppose.