La réforme scolaire d'Obama conduit tout droit au démantèlement de l'école publique
Par emcee le vendredi 12 mars 2010, 11:17 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Dans un billet précédent , à la suite du licenciement en bloc de tout le personnel d'une école publique de Central Falls, à Rhode Island, j'analysais les motivations probables derrière cette manœuvre spectaculaire.
L'article qui suit confirme bien les noirs desseins que poursuit la clique Obama sur la lancée de la camarilla Bush, toutes deux aux ordres de Big Business.
En apprenant la nouvelle de ces licenciements, Obama avait applaudi à cette sentence, souhaitant que d'autres initiatives similaires suivent.
Une attaque frontale d'un président démocrate contre les services publics d'éducation et, plus particulièrement contre des syndicats qui se sont démenés pour le faire élire, espérant un réel "changement" de société après la politique dévastatrice de Bush.
Que nenni, Obama et Bush roulent bien ensemble pour les intérêts privés et contre l'intérêt de la population.
Explication-confirmation ici (texte original)
Article: The Bad Teacher Ruse/ The Fight to Save Public Education, de Shamus Cooke, publié le 8 mars 2010 dans Counter Punch
Manifestation à San francisco
(Traduction de l'article)
Basse manœuvre contre les profs
La lutte pour sauver l’école publique
Le 4 mars était une journée historique. Il restera gravé dans les mémoires comme ayant été le jour où la population a décidé de se battre contre la destruction de l’école publique. Cette offensive lancée par les élèves et les professeurs a eu lieu dans les villes de tout le pays ; les professeurs, les élèves, et le personnel non-enseignant des écoles ont manifesté et défilé, déployant les techniques combatives de la lutte.
San Francisco était en tête de la lutte avec le plus grand nombre de manifestants. 15.000 personnes environ, pour la plupart des élèves, des professeurs, et des employés des services sociaux s'étaient rassemblées à l’appel des trois syndicats enseignants et du San Francisco Labor Council, la branche locale de l'AFL-CIO (principal regroupement de syndicats aux US, NDT).
Ce ne peut être qu’un début. L'offensive contre l’éducation publique est soigneusement préparée depuis des années, orchestrée par les groupes d’intérêts privés et menée à la fois par les Républicains et par les Démocrates.
La première tactique de combat contre l’éducation a été de lui couper les vivres. Les élus se sont acharnés au cours de ces trente dernières années à réduire les impôts des sociétés privées et des riches, ce qui a conduit à une baisse des rentrées dans les caisses des états, qui se sont presque tous trouvés confrontés à des crises budgétaires. Et c’est ainsi que l’éducation publique se retrouve aujourd'hui en état de choc.
Après avoir été privé de crédits pendant des années, le système public d'éducation est maintenant attaqué de plein fouet, et les programmes destinés à cette offensive "choc et effroi" ne sont guère différents, entre le NCLB - No Child Left Behind ("aucun enfant laissé pour compte") - de Bush et la plus agressive "Race to the Top" ("course au sommet") d’Obama. Le programme de Bush a intensifié le travail de sape contre le système éducatif : les écoles étaient cataloguées "en échec" et les enseignants qualifiés d’"incompétents".
Le plan d’Obama dégomme toutes les quilles posées par Bush; cette "course au sommet" récompense les états qui ferment les écoles publiques et ouvrent des « charter schools », dont beaucoup sont privatisées, en procédant à des licenciements massifs. Ces deux mesures sont qualifiées de "progrès" par les détracteurs de l’école publique (l’hyper-conservateur Newt Gingrich effectue une tournée dans tout le pays pour faire la promotion de ce programme).
Race to the top met en concurrence les états dans le but de démanteler le système public d’éducation : les états qui sont les plus efficaces et les plus implacables pour détruire les écoles publiques et écraser les syndicats enseignants obtiennent les aides fédérales qui leur manquent cruellement, tandis que les perdants s’entendent donner des exemples sadiques sur la manière de s'attirer les louanges du président.
Obama a exprimé tout le bien qu’il pensait du licenciement massif de l’ensemble des professeurs d’une école de Rhode Island, un exemple que d’autres districts solaires seront contraints d'imiter s’ils veulent recevoir les aides prévues par le programme Race to the Top.
Et dans ce cas, ce qui ne manquera pas de se produire à nouveau, se posera alors la question fondamentale de savoir si être adhérent à un syndicat signifie quelque chose pour le président. Et si les professeurs ne sont plus protégés quand ils sont syndiqués, ce principe ne sera-t-il pas étendu à d’autres secteurs d’activité ? La réponse est évidente et elle aura de très lourdes conséquences sur les mouvements syndicaux aux US.
Ce n’est pas un hasard si les « finalistes » de la compétition "Race to the top" sont les états où les syndicats sont les plus réprimés. La plupart des finalistes font partie des états antisyndicaux du Sud des Etats-Unis. La Louisiane et l’Illinois font partie des finalistes – les deux états qui sont arrivés en tête de ceux qui ont réalisé le plus de "progrès" pour fermer les écoles publiques et les remplacer par des "charter schools" privées – en ayant parallèlement procédé à des licenciements massifs d'enseignants.
Qui remplace ces enseignants licenciés dans les charter schools qui viennent d'être ouvertes? Des professeurs sans compétences ni diplômes agréés. Les sociétés comme Teach for America se multiplient pour répondre à la demande de professeurs "low cost" non syndiqués. Teach for America est une société à "but non lucratif" – avec un budget de fonctionnement de plus de 73,3 millions de dollars – qui n’offre à ses futurs enseignants que 5 semaines de stage de formation. Et on ne leur demande même pas d’avoir déjà enseigné.
Bien que des sociétés de ce genre soient qualifiées d’"institutions destinées à former des élites", le New York Times reconnaît que : " (…) jusqu’à présent, ni les salaires au mérite, ni les associations qui cherchent à recruter un corps d’élite de professeurs, comme Teach for America, n’ont prouvé qu'ils avaient réussi à améliorer un tant soit peu les performances des élèves". (March 2, 2010).
A Chicago, les charter schools ne sont pas tenues d'avoir plus de 50 % de professeurs certifiés, et leurs enseignants n'ont pas le droit d’adhérer au syndicat des enseignants de l'école publique, le "Chicago Teachers Union" .
Les professeurs certifiés sont également remplacés par des sergents instructeurs. A Chicago, les écoles publiques qui ont été fermées ont été remplacées par des centres de recrutement de l’armée ; il y a actuellement 5 lycées et 21 collèges militaires.
Ces institutions ont été mises en place sous l'œil attentif du secrétaire de l’éducation d’Obama, Arne Duncan, - et ont, sans aucun doute, pour objectif de préparer une escalade du conflit en Afghanistan et au Pakistan et de répondre aux besoins des quotas fixés par l'armée.
Curieusement, le débat national sur l'échec scolaire a été bêtement simpliste, si ce n’est totalement inepte. Les élus et les médias ont tout mis cela sur le compte des enseignants. Personne n'a fait remarquer que les soi-disant "écoles en échec" ont été saignées à blanc.
Un professeur ne peut pas réussir s'il n’y a pas suffisamment d’argent pour acheter un manuel pour chaque élève ou quand les classes sont surchargées, surtout dans des écoles qui ont des besoins spécifiques.
La pauvreté et les innombrables maux de la société qui en découlent sont les raisons évidentes à l'échec scolaire (les écoles où les familles ont des revenus élevés ne se retrouvent jamais au nombre des "écoles en échec"). En ignorant cet état de fait flagrant, les élus montrent bien qu’ils ont d’autres desseins. Et, tout comme la "guerre contre le terrorisme" bénéficie aux compagnies pétrolières et à celles de l’armement avides de profits, la guerre contre l’éducation est menée par une foule de sociétés qui réclament à cor et à cris une intensification des hostilités.
Pour bien montrer que la guerre contre l’éducation ne fait que commencer, Obama a annoncé qu'on n'en était qu'à la première étape du programme Race to the Top: les écoles qui n'ont pas gagné – en ne réussissant pas à fermer suffisamment d’écoles publiques ou à licencier suffisamment de professeurs – auront à nouveau leur chance plus tard.
Mais plus le programme gagnera du terrain, plus le système public d'éducation sera réduit à peau de chagrin.
Le démantèlement de l'école publique profite au secteur privé de deux façons:
1 - Il ouvre aux sociétés privées de nouvelles perspectives de réaliser des investissements lucratifs (ce qui leur tient particulièrement à cœur en période de récession)
2 – Il permet de dégager des fonds publics pour renflouer les banques et intensifier les guerres. Le déficit créé par ces politiques favorisant les sociétés privées est, donc, compensé par les coupes budgétaires dans l'éducation, les prestations sociales et l'assurance-maladie publique (Medicare).
Ce sont là les vraies raisons qui se cachent derrière cette offensive contre l'école publique. Tout ce battage stupide concernant les "mauvais profs" est un sale stratagème qui sert à brouiller les pistes. Mais pour réaliser leurs projets, les grands groupes d'intérêts privés doivent faire tomber l'obstacle tant haï: les syndicats enseignants.
Et c'est ce qui rend d'autant plus pertinent le mouvement national du 4 mars dernier. Les syndicats enseignants prennent conscience de l'attaque imposée par les groupes privés. Syndiqués, les professeurs peuvent constituer une force extrêmement puissante: ils sont très respectés, ont des relations fortes avec les parents, et surtout, s'ils ne travaillent pas, beaucoup de parents non plus ne pourront pas aller travailler.
Les professeurs servent à la fois à instruire les enfants et à les garder dans la journée; leur importance dans la société est très grande.
Le 4 mars, c'était la première fois que les syndicats enseignants organisaient un mouvement comprenant les élèves, les parents et les salariés du service public pour exiger davantage de moyens pour l'éducation et les services sociaux. S'ils poursuivent le mouvement, la société toute entière les soutiendra jusqu'au bout.
A San Francisco, de nombreux manifestants avaient pour slogan: "imposez les riches pour financer l'école publique". C'est en effet la solution qui doit être adoptée au niveau national, si on ne veut pas que la crise économique conduise à la disparition d'autres écoles publiques, et à la destruction d'autres services sociaux et d'autres emplois.
Shamus Cooke travaille dans les services sociaux, il est également militant syndical et rédige des articles dans "Workers Action".
Note perso:

Qu'est-ce que c'est que "Race to the Top?
Il s'agit, en bref, d'une compétition où s'inscrivent les états pour bénéficier de la manne publique. Pas de résultats, pas de pognon.
Selon des critères d'évaluation bidon sur des "performances" complètement absurdes, les états seront déclarés gagnants ou perdants. L'Education des enfants se joue désormais à la roulette russe. Ou vire au tournoi de foot.
La "compétition" se dispute en plusieurs manches mais les perdants ont le droit de rejouer (les balles sont donc à blanc, ouf!). Comme à "Stop ou Encore".
C'est dire si toute cette farce, où l'argent public, agité sous le nez des participants comme dans une foire, n'est donné qu'aux états méritants - les autres étant mis au piquet - relève de la pédagogie et du souci d'offrir une éducation pour tous.
Pour la première manche, les 15 "finalistes", gagnants du jackpot gouvernemental, ont été annoncés le 4 mars 2010: le Colorado, le Delaware, la Floride, la Géorgie, l'Illinois, le Kentucky, la Louisiane, Massachusetts, New York, la Caroline du N et du S, l'Ohio, la Pennsylvanie, Rhode Island, et Tennessee; plus le District of Columbia.
On est loin du "droit à la vie, à la liberté et à la quête du bonheur", inscrits dans la Déclaration de l'Indépendance.
Pour avoir des crédits de l'état, l'éducation publique dépend désormais de la volonté des élus de la saborder. Quelle honte!
Le plan Obama est donc, une fois de plus, machiavélique.
Réforme de l'assurance-maladie, réforme de l'Education, renflouement des banques, escalade en Afghanistan et au Pakistan, poursuite de la torture malgré les effets d'annonce, poursuite du Patriot Act, Obama n'a rien à envier à ses congénères du parti républicain. Il les surpasserait même. Tout en avançant masqué, avec ce beau sourire de commande et son regard fuyant.
Honni par les républicains (je rappelle tout de même qu'ils ont voté pour les deux pitoyables clowns à plus de 48%), pieds et poings liés aux grands groupes privés qui ont généreusement financé sa campagne, sourd aux revendications de son électorat, Obama a commencé sa longue descente aux enfers.
Une révolution , viiiite!
Liens (en anglais)
Race to the Top
Commentaires
ça me parait complètement opportuniste :
- les uns profitent de la crise pour démanteler l'école publique
- les autres veulent financer l'école comme une affaire privée mais avec de l'argent public
et le but, si j'ai bien compris, c'est de faire des garderies
conclusion :
c'est valable aussi pour la France
faut être dur avec les opportunistes.
bin, oui, c'est pareil pour la France. c'est pour cela que les profs sont dans la rue. même s'ils ne donnent apparemment pas toute la gomme.
Quant aux "uns" et aux "autres" ils ont fusionné
"même s'ils ne donnent apparemment pas toute la gomme."
Ben le truc c'est qu'on en a marre de donner notre journée de salaire pour une grève dont on sait qu'elle n'aura pas d'effet: tout est déjà plié (dé)budgétisé et en route, de fait, pour contrer cela il faudrait que la masse citoyenne nous appuie, or ce n'est nettement aps le cas, outre qu'elle est désinformée et globalement en notre défaveur, qui peut se permettre un jour de grève?
Vaste sujet et éternel débat, en effet: grève d'un jour inutile, c'est donner l'argent à l'état pour rien, grève illimitée, personne ne la fait.
Mais comment construire un mouvement de masse si on ne commence pas par une journée de grève?
Quant à la "masse citoyenne", elle a aussi les mêmes problèmes de son côté et ne voit pas non plus les profs se précipiter pour les appuyer.
Quant à dire: "qui peut se payer une journée de grève?": d'abord, c'est loin d'être les plus nantis qui battent le pavé et sont de toutes les grèves.
Et si on calcule comme cela, on aura bien plus perdu au bout du compte.
Il n'y a qu'à voir où en arrive l'EN.
Dans quelques années, il y aura plus de précaires que de titulaires - et les titulaires seront précarisés;
les profs, titulaires ou pas, seront tenus de combler leurs horaires avec des cours dans d'autres disciplines s'ils ne veulent pas faire la navette entre divers établissements - et encore, pas si sûr;
les contractuels et autres vacataires valseront d'un établissement à l'autre pour avoir un salaire qui leur permettra tout juste d'entretenir un véhicule dont ils auront absolument besoin, pour aller travailler, justement.
etc.
Sans parler de la fatigue supplémentaire occasionnée par les déplacements, la mise à niveau pour les diverses disciplines et le surcroît de tâches administratives. Tout cela impliquant une dégradation des relations humaines.
Je ne peux pas tout développer, mais ce qui se passe aux US (et qui a été largement mis en place depuis les années 80) est ce qui est en train de se passer en catimini ici.
Ils ont eu juste un petit problème (Allègre en tête): quoi qu'on en dise, les Français sont encore attachés au service public d'éducation.
Il a donc fallu commencer par dénigrer les profs (conservateurs / attachés à leurs privilèges), réduire subrepticement les horaires des disciplines et les crédits, supprimer des postes d'enseignement ou non, etc. pour pouvoir dire que ça ne pouvait plus durer, que ça coutait trop cher à la communauté, bla bla bla ...
Le pire, c'est que la plupart des profs ne voient jamais rien venir et gardent la tête enfouie dans le casier, en se lamentant sur les heures de cours qu'il perdraient avec "leurs" élèves s'ils faisaient grève.
Pendant ce temps, le rouleau compresseur passe, sur les profs, mais surtout sur "leurs" élèves.
mebahel ?
je connais pas ce vermiceau amoral
qu'il crève dans son coin
Birahima,
Chacun a le droit de s'exprimer et de donner son avis sans se faire insulter ou insulter les autres.
Pas toujours facile d'écrire qqch de clair qui reflète sa pensée en qqs mots.
Et donc, si on n'est pas d'accord, on essaie d'argumenter.
Je comprends le point de vue de mebahel car je l'ai souvent entendu. je ne suis pas d'accord, mais je n'ai peut-être pas entièrement raison.
emcee, je partage tout à fait ton analyse, et de bout en bout, sauf ceci :
"Le pire, c'est que la plupart des profs ne voient jamais rien venir et gardent la tête enfouie dans le casier, en se lamentant sur les heures de cours qu'il perdraient avec "leurs" élèves s'ils faisaient grève."
que je ne peux vérifier, n'étant pas prof mais instit (enfin ,ca s'appelle, stupidement, profdézécollz maintenant) car je suppose que certain-e-s se rendent compte de ce qu"il se passe et de longue date.
Je dois préciser ici, et ca ne me fait pas plaisir de le dire, que dans le passé, lorsqu'un appel à grève avait lieu au sujet des collèges-lycées, les zinstits étaient partie prenante et que l'inverse n'a jamais été vrai.
Maintenant que tout le monde en prend pour son grade, il faudrait tous se mobiliser mais...
Par ailleurs, faut bien comprendre aussi que la casse de l'école publique correspond à la politique générale de l'éducation initiée par l'europe.. et là, on n'est clairement pas dans la clause de l'écolier le plus favorisé (référence à 'la clause de l'européenne la plus favorisée').
Enfin, la disparition bien avancée de la préélem ne mobilise pas les foules non plus.
Dans Mavillebleue l'an prochain, 8 postes dont la moitié en préélem ferment.. malgré l'afflux de population.
Histoire de bien montrer que l'école merdoie, on supprime les rased, des postes, on surcharge les classes, on exige des objectifs chiffrés (en pourcentage, si si) et le tour est joué.
C'est navrant, et lorsque nous causons entre zinstits, nous ne savons plus que faire, nos syndicats se laissant amadouer de drôle de façon et la Fcpe (moins que la Peep mais pas si loin) ne nous aidant que moyennement.
Allez, c'est week end, j'ai dû me faire un nuit de 14h de sommeil pour récupérer de ma semaine de rienfouteuse, on va tâcher de profiter du soleil hivernal de ce matin
Voilà, je comprends mieux. Et je suis d'accord.
Oui, les profs qui ne voient rien venir: il y en a beaucoup; ou du moins qui se disent ouais, bon, je ferai grève plus tard. cette fois-ci, je ne peux pas (pour raison professionnelle ou perso).
Ou qui considèrent les plus radicaux comme des agitateurs alarmistes, voire "complotistes".
les syndicats, eh oui, hélas, les syndicats, sont là pour canaliser et pour négocier. Ce qui veut dire que nous perdons chaque fois quelque chose.
D'autre part, quand ils sentent que la colère monte un peu trop, ils scindent les mouvements, en disant "oui, on comprend, mais le primaire - ou le secondaire - n'est pas "prêt".
Faut montrer les dents, mais pas jusqu'aux molaires, sinon, il y a risque de débordement du mouvement vers une action plus radicale.
C'est pourquoi il y a des actions séparées premier et second cycle. Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'empathie avec l'un ou l'autre à la base, c'est que chacun calcule.
Entièrement d'accord avec toi aussi: c'est l'Europe qui impose l'ouverture du marché, dans la droite ligne de ce qui se passe aux US. mais les Etats, ne sont pas obligés de suivre.
Aujourd'hui, nous avons affaire à forte partie et c'est unis que nous devons être.
Allez, bon repos de WE.
comment je pouvais dire autrement que je me fais un peu de souci, tout de même ?
me remerciez pas pour avoir relancé la conversation, ça ira très bien.
mais si, Birahima, c'est très bien: cela a permis d'éclaircir nos points de vue.
Et, en effet, nous nous faisons bien le même souci, en particulier, pour ma part, pour le champ de ruines qui va rester sous peu et pour longtemps.
c'est pas que je sois " tout ou rien", emcee
mais les réducteurs de têtes du centre mou, je les flaire de loin.
"c'est l'Europe qui impose l'ouverture du marché, dans la droite ligne de ce qui se passe aux US. mais les Etats, ne sont pas obligés de suivre."
Mais voilà, c'est bien là le pbme, et avec le shakeqi et sa clique aux commandes, on n'est pas aidés.
L'un des syndicats enseignants (ben oui, je râle, je suis hyper pessimiste, mais j'essaie qqchose quand même) pas majoritaire, évidemment, se demande souvent s'il ne serait pas plus productif de s'offrir des pages dans des grands journaux pour expliquer ce qu'il se passe à l'opinion afin que celle-ci se mobilise avec 'nous', mais qui lit? Et comment faire, et avec quel fric et quoi dire... ou alors une autre mode d'information... bon, ca finit jamais...
Pour Birahima2: j'aurais causé même sans votre présence, il se trouve que je ne passe pas mon temps sur le net, dingue non?
Il est donc inutile de m'insulter.
le New York times, si t'as lu emcee, il a déjà réglé le problème.
tu nous fais perdre un temps précieux.
sciemment.
http://www.youtube.com/watch?v=GfC6...
Billie
En complément : Kansas City ferme la moitié de ses écoles publiques
http://www.france-amerique.com/arti...
Et comme on dit aux Etats-Unis : http://www.rebelion.org/imagenes/t_...
Birahima: je n'ai pas lu le NYT, tu as le lien?
T34: lamentable! Espérons que, contrairement à l'ère Bush, où la population était sonnée (et où les dégradations étaient progressives, comme ici en France, actuellement), elle se révoltera de tant de cynisme de la part d'un type qui s'est fait élire sur des promesses mensongères par ceux qui sont justement touchés de plein fouet par les mesures qu'il prend aujourd'hui.
Espérons.
Cela me rappelle la campagne en 2007 pour inciter les jeunes des quartiers à voter Royal...
Qui ne s'est pas fait élire sur des promesses mensongères ? On peut m'en citer un ?
Les dégradations ,si elles sont progressives, et que oui, vont continuer bon train.
Tu as vu le score du FN ce soir ?
Salut, Thé,
Hélas, oui, nous sommes tous-tes sur le même bateau à la dérive.
Il y a mensonges et mensonges (il est vrai qu'aujourd'hui nous sommes dans le même cas de figure, puisque le prez - et pas seulement lui - applique la même méthode qu'aux US, novlangue et mépris pour la "populace").
Et Obama est en train de faire le contraire de ce que son électorat attendait de lui - et de les enfoncer encore plus dans la misère et la guerre etc.
C'est un traître de la pire espèce et c'est pour cela qu'il y a un espoir de révolte aux US.
Pour ce qui est du FN, je n'ai pas vu les scores définitifs, mais cela ne m'étonne pas du tout: à vouloir jouer les malins avec l'immigration, l'id fr et autres auvergnats, ils ont réveillé la bête. Mais les fachos de l'ump ne sont plus crédibles aux yeux des bas du front, qui pensaient qu'ils allaient balancer tous les basanés à la mer.
Comme dit l'autre, "ils préfèrent l'original à la copie".
Mais ils existaient avant ce soir: Simplement, ils avaient voté pour le pantin de l'Elysée.
Ah, ça oui, on est mal barrés et ce n'est pas la gauche pitoyable avec les sempiternels professionnels de la profession qui va redonner un peu d'espoir.
Tiens, voici, pour l'exemple, une vidéo de M Aubry (NB: c'est pas ce que j'appelle la "gauche", évidemment), où tout est dit: http://www.dailymotion.com/video/xc...
ce serait risible si ce n'était aussi désespérant.
pardon, emcee ? j'ai pas bien entendu
ni la couille molle de Ferrat, ni le NYT.
http://www.youtube.com/watch?v=NcKd...
yiah !
Birahima, tu as l'air d'avoir des renseignements de première main sur Ferrat
Ferrat, c'était un gars bien. Point. Avec des défauts et des qualités d'être humain. Mais ça penchait nettement sur la deuxième catégorie. Il n'y a déjà pas beaucoup de monde dans son cas.
Quand on voit ces pitres qui font des super shows qui coûtent des fortunes pour les restaus du cœur et qui se gavent au passage, on peut se demander si on n'est pas tombés sur la tête. Sans parler des rubriques pipoles du prez et de sa momie qu'ils nous balancent avant chaque élection.
Alors, oui, Ferrat était engagé, et peut-être qu'il n'avait pas fait les choix qui conviennent à tous, mais il ne s'est pas renié et quand en France il y aura 50% de Ferrat, "notre France" aura une autre gueule que ce pays d'attardés mentaux et de bouffons dans lequel nous sommes aujourd'hui.
Argh! La Traviata!
Pour le NYT, j'ai pas compris ce que tu voulais dire ... mais pas grave.
Ferrat est mort. Dead , Kaput
sur ce, mettons-nous à l'aise
ne laissons pas pourrir la situation
les vioks ont encore frappé
pourquoi ?
ils ont embauché le FN pour buter le roumain et le junk à la sortie de la poste et au guichet automatique
tandis que les mômes en école buissonnière leur jettent des boules de neige à la gueule et appellent des putes sur leurs portables.
On en est là, en fait.
Rage et courage, emcee.
"Mais comment construire un mouvement de masse si on ne commence pas par une journée de grève?"
Et si toute la question se résumait à ça?
Et toutes ses histoires sur les syndicats aux quelles je ne croyais pas trop commence à me poser problème.
Evitons les amalgames aussi:tenons compte de la qualité des militants locaux.
Et le but final est de négocier,encore faut-il savoir quoi.
Le doute s'installe chez tous le monde même dans des endroits surprenants(voir l'Huma d'aujourd'hui sur la Grèce)
Et les syndicats de fonctionnaires viennent de refuser l'accord cadre de Woerth sur l'intéressement.
Un frémissement?
Il n'y a pas d'amalgame du tout et il n'en a jamais été question ; ceux qui luttent sur le terrain le savent bien: rien à voir entre la base militante et les caciques des syndicats et des partis, que ce soit au niveau national ou au niveau local.
Et s'il y a une défection si importante, c'est que la base en a assez de se faire balader.
Et qu'on ne vienne pas me raconter qu'on fera changer les choses de l'intérieur: Tout est bien verrouillé pour éviter de se faire doubler par des électrons libres. Il n'y a qu'à voir comment Sud ou la CNT sont marginalisés et diabolisés pour comprendre qu'à l'intérieur d'un même syndicat, c'est pas mieux.
Espérons qu'il y aura un sursaut, mais j'en doute dans l'état actuel des choses. Pour l'instant, j'ai plutôt l'impression qu'ici, en France, on s'est mis en garde pour éviter de prendre trop de coups - ou qu'on est trop abattus pour réagir.
"Pour l'instant, j'ai plutôt l'impression qu'ici, en France, on s'est mis en garde pour éviter de prendre trop de coups - ou qu'on est trop abattus pour réagir."
c'est beau ce que vous dites, emcee
mais non, je crois que beaucoup de gens ne doutent de rien.
c'est la HONTE
mais eux, ils n'ont pas honte
eux, ils se trouvent très bien esclaves :
la nostalgie de l'esclavage, ça existe, je vous assure
Vous, normal, vous auriez même envie d'abolir le droit de vote, pour qu'ils arrêtent de cautionner tout cela ;
mais eux, non, ils font le lit des hors-la-loi
et après ils piaillent.
( les roublards )
Tout à fait. Ils ne rendent pas compte qu'ils sont les esclaves volontaires d'une oligarchie et s'en font les courroies de transmission. c'est triste.
ah non, ils s'en rendent très bien compte
mais peut-être qu'on tient là les artisans authentiques du maoïsme.