Héroïsme sous un régime tyrannique – Apathie dans une société libre.
Par emcee le samedi 12 décembre 2009, 19:31 - L'info futile - Lien permanent
Traduction de "Heroism Under Tyranny – Apathy Under Freedom", par Alex Doherty / paru le 6 décembre 2009 dans Dissident Voice
Les citations suivantes sont tirées de divers tracts publiés par un groupe de chrétiens pacifistes de l'Université de Manchester:
"Rien n'est plus indigne pour un peuple civilisé que de se laisser "gouverner" sans résistance par une clique d'irresponsables aux instincts les plus bas."
"Si le peuple britannique est déjà si corrompu et vaincu mentalement qu'il ne se rebiffe pas, se laissant guider de façon désinvolte par une foi douteuse en l'ordre légal historique; s'il renie le principe humain le plus important, celui qui l'élève au-dessus de toutes les autres créatures de Dieu: son libre-arbitre; s'il renonce au désir de prendre les décisions nécessaires pour faire changer le cours des choses afin d'imposer ses propres choix rationnels; s'il manque tant de personnalité; s'il en est arrivé au point de devenir une entité lâche et sans âme, alors, oui, il mérite sa déchéance.
Tennyson dit des Britanniques qu'ils sont un peuple tragique, comme les Juifs et les Grecs, mais aujourd'hui, il semblerait qu'ils sont plutôt un ramassis de parasites veules et sans volonté propre …"
"N'oubliez pas que tout peuple mérite le régime politique qu'il accepte de subir"…
Je me demande quel impact peuvent bien avoir ces propos sur le lecteur. Peut-être lui semblent-ils durs, réprobateurs et sans doute susceptibles de rebuter le lecteur moyen. J'ai une certaine expérience de la rédaction de tracts militants et je ne pense pas avoir coécrit un jour quelque chose d'aussi dur, ni lu quoi que ce soit de similaire qui ait été écrit par un groupe pacifiste ici. Peut-être le lecteur cherchera-t-il à réfuter ces accusations adressées à tous – prétextant que l'influence qu'ont les médias à émousser les facultés critiques et à instiller des mensonges, la population ne peut pas être tenue pour entièrement responsable de son apathie, etc.
Toutefois, il y a une raison simple au ton inhabituel de ces extraits: ils n'ont pas du tout été écrits à Manchester. Ces propos, en fait, sont des extraits de tracts de la Rose Blanche , l'association d'étudiants allemands anti-nazis qui avait mené des actions au cours de la Seconde Guerre Mondiale à l'Université de Munich. J'ai seulement remplacé "Allemagne" par "Grande Bretagne" et Goethe par Tennyson.
Les membres les plus célèbres de ce groupe étaient Hans et Sophie Scholl qui, ainsi qu'un autre militant, Christoph Probst, ont comparu pour trahison et été exécutés par un "tribunal du peuple" nazi en 1943.
Si le ton semble dur quand on pense que le public à qui il s'adresse est britannique, il semble immensément plus dur quand on imagine que cette population vivait sous le joug de la plus terrible dictature qu'ait connue le monde, un régime qui réprimait les opposants avec la plus grande brutalité – la décapitation pour les trois de la Rose Blanche, la pendaison à des crocs de boucher pour les généraux anti-nazi, et le massacre de pratiquement toute la population de la ville tchèque de Lidice pour les assassins de Reinhard Heydrich.
Les membres de la Rose Blanche ne pouvaient pas ne pas avoir conscience de la cruauté du régime contre lequel ils s'opposaient et pourtant, le groupe n'a pas hésité à exhorter, ou, plutôt, à sommer ses concitoyens de lutter contre l'état nazi. Ils estimaient que c'était le devoir sacré de chacun de s'opposer à la violence et à l'autoritarisme quel qu'en ait été le prix à payer:
"Votre courage est-il déjà si anéanti par la brutalité de ce régime que vous en oubliez qu'il est de votre droit – de votre devoir moral – de le combattre?
Je dirais que la raison pour laquelle le texte des tracts semble si insolite, c'est que l'héroïsme de groupes comme la Rose Blanche est complètement étranger à la Grande-Bretagne d'aujourd'hui.
Mark Curtis, l'historien britannique, estime que depuis la Seconde Guerre Mondiale, le Royaume Uni porte une importante part de responsabilité dans la mort d'au moins dix millions de personnes dans le monde entier.
Parmi celles-ci, il y a les victimes d'agressions directes: les invasions de l'Iraq et de l'Afghanistan; les sanctions meurtrières imposées à l'Irak avant l'invasion, qui sont quasiment passées aux oubliettes; l'armement des régimes dictatoriaux dans le monde entier et le soutien qu'ils leur ont apporté, que ce soit au Chili avec Pinochet, en Indonésie avec Suharto (l'auteur du génocide au Timor Oriental, peut-être, le plus épouvantable proportionnellement à la population depuis 1945), la Russie de Poutine, ou encore la société colonialiste d'Israël, parmi tant d'autres.
Ces chiffres ne prennent pas en compte les victimes dues aux relations économiques de l'occident avec les pays pauvres, qui ont été maintenus en état de sous-développement pour ne rester guère plus que des zones d'extraction de ressources naturelles et des décharges pour les produits et les déchets venus d'occident. On pourrait également ajouter à cette liste les victimes de la "thérapie de choc" économique ) imposée aux ex-pays du bloc soviétique qui a provoqué dans toute l'Europe de l'Est et de l'ancienne Union soviétique une baisse vertigineuse de l'espérance de vie et d'autres indicateurs de santé.
La Grande-Bretagne est actuellement impliquée dans deux guerres, elle se place au septième rang mondial des exportateurs d'armes et elle soutient certains des violeurs des droits humains les plus impitoyables, comme, par exemple, la Colombie, le régime le plus cruel de l'hémisphère occidental, le Nigéria, l'Ouzbékistan (où la méthode de torture favorite en usage contre les opposants au régime est de les plonger dans l'eau bouillante), la théocratie saoudienne ou Israël.
Si la Grande-Bretagne ne peut tout de même pas être assimilée au Troisième Reich en ce qui concerne les atrocités commises, nombre de ses méthodes à l'étranger, ainsi que celles de ses alliés, ne sont pas tellement dissemblables (Muzafar Avazov n'était sans doute pas soulagé de savoir, au moment où il était torturé à mort, que ses ravisseurs n'étaient pas membres de la Gestapo ou des SS. Et ce n'est probablement pas d'une grande consolation pour une famille afghane d'avoir été bombardée par la RAF plutôt que par la Luftwaffe).
Contrairement aux Allemands qui vivaient sous le régime nazi, au Royaume-Uni, les peines infligées aux opposants sont légères, surtout pour des personnes relativement aisées et instruites, comme moi.
En s'opposant au gouvernement, que risquent des gens comme moi? De perdre des possibilités d'avancement, peut-être, la réprobation des autres, au pire, être aspergés de gaz lacrymogènes et matraqués pendant une manifestation – mais contrairement aux militants de la Rose Blanche ou à ceux qui luttent actuellement en Colombie, en Chine ou en Arabie Saoudite, des gens comme moi ne risquent pas leur peau à cause de leurs activités politiques.
On aurait pu penser qu'étant donné la liberté dont nous disposons dans notre société et la quantité de sang qu'ont sur les mains nos dirigeants, la Grande-Bretagne serait un pays bouillonnant d'activité militante radicale, et pourtant, ce n'est manifestement pas le cas. Les protestations radicales motivées par des principes moraux n'existent que marginalement dans notre culture.
On pourrait bien sûr trouver des explications et des excuses à cette carence et ces raisons ont un certain poids.
Certes, notre système éducatif et les médias n'enseignent guère plus que le cynisme et la malhonnêteté.
Cependant, cela n'explique pas l'apathie politique dans notre pays. Car bien trop de gens sont parfaitement au courant des crimes dont ils sont complices mais ne font rien ou pratiquement rien pour en retarder l'échéance et y mettre un terme.
Si je pense à mes amis et à ma famille au Royaume-Uni, ils sont tous, pratiquement sans exception, de gauche, et opposés à la guerre et contre les injustices. Et pourtant, je peux compter sur les doigts d'une seule main le nombre de personnes que je connais qui font autre chose que de se lamenter sur l'état du monde.
Et on retrouve la même situation chez mes amis aux Etats-Unis. Presque tous sans exception sont des progressistes et, pourtant, eux aussi, agissent peu en conformité avec leurs convictions.
La seule "activité" politique dans laquelle s'impliquent mes amis, c'est de s'en prendre au parti républicain et à ses alliés chrétiens fondamentalistes. Mes amis semblent penser sincèrement que c'est la droite qui est le problème: si seulement les Républicains et les extrémistes chrétiens disparaissaient, alors, tout irait bien pour l'Amérique et pour le monde entier.
Mais je voudrais faire remarquer respectueusement à mes amis que le problème, c'est eux. Eux, et les gens comme eux – des gens instruits, respectables, progressistes, relativement privilégiés qui, à part voter tous les quatre ans pour le héros libéral du jour, n'estiment pas qu'il est de leur devoir moral de militer.
Je ne dis pas cela avec le sentiment d'avoir davantage de morale qu'eux – je me considère comme faisant partie du problème également. Imprégné de politique radicale, j'ai peut-être moins d'illusions sur mon pays que bien d'autres et pourtant mes activités militantes ont souvent été irrégulières et peu énergiques– ces deux dernières années, à part écrire quelques articles, je n'ai pratiquement rien fait – j'ai choisi, comme tant d'autres, de privilégier la consommation hédoniste et mes propres psychodrames personnels plutôt que des préoccupations bien plus importantes.
Même dans les idéologies les plus perverses et les plus cruelles, on trouve parfois des ébauches de vérité qui valent la peine d'être prises en considération.
Prenez, par exemple, le fondamentalisme musulman. Il y a de nombreux facteurs qui expliquent la montée de l'islam radical mais je dirais qu'une des raisons de l'intérêt qu'il suscite, c'est que les fondamentalistes ont compris quelque chose de vrai en ce qui nous concerne: ils ont vu qu'en dépit de toutes nos belles paroles, en dépit de nos discours sur les droits humains et la démocratie, et malgré quelque foi que nous professions, la philosophie qui nous guide véritablement est une sorte d'hédonisme chronique. Au lieu de chercher à nous hisser au niveau de l'héroïsme du frère et de la soeur Scholl, nous plaçons notre carrière, nos rêves de consommation ou nos problèmes personnels au-dessus de la vie d'êtres humains.
Voici d'autres citations tirées des tracts de la Rose Blanche:
"Pourquoi le peuple allemand se conduit-il de façon si apathique face à tous ces crimes abominables, des crimes indignes d'un être humain? Les Allemands sont plongés dans un sommeil de plomb, encourageant ainsi les criminels fascistes; ils leur donnent la possibilité de poursuivre leurs ravages; et bien entendu, ceux-là en profitent.
Est-ce le signe que les Allemands sont devenus insensibles aux sentiments humains les plus élémentaires, que rien en eux ne les fait s'insurger à la vue de tels crimes, qu'ils ont sombré dans une perte de conscience fatale d'où ils ne sortiront jamais plus? Il semblerait que ce soit le cas, et le sera sans doute encore, si le peuple allemand ne cherche pas à sortir de sa torpeur, s'il ne proteste pas contre cette bande de criminels chaque fois que c'est possible, s'il ne manifeste aucune compassion envers ces centaines de milliers de victimes.
Il ne doit pas faire preuve uniquement de compassion; non, de beaucoup plus que cela: d'un sentiment de complicité dans la culpabilité. Car, à cause de son attitude apathique, il donne à ces hommes cruels la possibilité d'agir comme ils le font; il tolère ce "gouvernement" qui a choisi de porter cet immense poids de culpabilité; et, il est coupable du fait que ce régime ait pu voir le jour!
Tout le monde veut s'exempter de tout sentiment de culpabilité, poursuivant son bonhomme de chemin, la conscience parfaitement tranquille. Mais ils ne peuvent pas être exemptés; ils sont coupables, coupables, coupables!
Mais, bon sang, qu'est-ce que la Rose Blanche aurait pu dire de nous?
Alex Doherty est britannique et a écrit des articles pour ZNet, Counterpunch, et le New Standard.
Son site
Note perso:
Eh bien, ça décoiffe, non?
Et si on parlait de notre propre apathie? Voire de notre hostilité à toute manifestation de rébellion?
La clique au pouvoir a beau jeu de nous piétiner le visage quand notre indignation s'arrête à des minarets ou autres signes "ostentatoires", pendant que d'autres sombrent dans la misère, le désespoir, voire le suicide.
Au fait, c'est quand, la prochaine grève? Mars? Juin? 2010 ou 2011?
Non, parce qu'il va falloir penser aux slogans et aux banderoles.

Commentaires
Enorme. Merci pour cet excellent billet.
Absolument d'accord sur l'analyse. "L'apathie" de millions de citoyens qui sont pourtant le vrai pouvoir et le plus important est une honte pour elles et eux, comme cela l'était pour ces Allemands qui courbaient l'échine face à des criminels - et qui jusqu'au bout (même si on n'oublie pas ce groupe de la Rose Blanche et tant d'autres résistants allemands, en Allemagne, en France) ont tout accepté de cette clique d'assassins...
Merci de vos encouragements.
@ grellety: en effet, les résistants ont existé, même s'ils étaient une poignée sur le terrain et .. bien plus nombreux après la guerre.
Il y a les veules, mais il y a aussi (et surtout) tous ceux qui ont profité de cette guerre pour faire des affaires et arrondir en conséquence leur patrimoine.
La guerre n'est jamais perdue pour ces gens-là.
Sinon, il y a longtemps qu'ils auraient fichu la paix en Irak et en Afghanistan, pour n'en citer que deux.
Si vous vous intéressez à l'enrichissement des Allemands nazis et des Français pro-nazis, il y a quelques livres remarquables dont "Le Festin du Reich", et ceux de Madame Lacroiz-Riz, "Le choix de la défaite", "L'assassinat de la République"...
Merci bien pour l'info. C'est en général un sujet tabou.
Tout se passe comme si les grandes fortunes sont arrivées de façon naturelle et grâce au seul mérite de ceux qui les détiennent. Pourtant, que je sache, ils n'avaient (n'ont) que deux bras et deux jambes comme les autres.
Et il est des cerveaux brillants qui n'ont jamais accumulé de fortune, voire sont morts dans la misère.
Il faut aussi être du bon côté du manche.
C'est une intéressante question. Pourquoi est-on si apthique ? Même les plus conscient-es et politisée-es d'entre nous ? Participer à des manifs quasi institutionnelles, rédiger des tracts, participer à des collectifs... est tellement en dessous des enjeux du moment :-(((
Confort qui ramollit ? Manque d'imagination ? Peur de la répression ? Propagande télévisuelle ?
La question se pose dans les termes ci-dessus pour moi et mes semblables (middle classe, politisé-es et militant-es..) mais aussi pour les toustes les pauvres qui n'ont pas grand chose à perdre.
Perte de la conscience de classe ? Effet TF1 ?
Salut, Christine,
Les questions sont bonnes
En effet, pas de réponse non plus de ce côté-ci.
Nous en sommes toustes au stade de l'indignation, mais cela ne nous rapproche pas. J'ai même l'impression que nous nous éloignons les uns des autres, chacun-e militant ponctuellement pour une cause ou une autre, mais n'arrivant pas à mener une réflexion globale sur l'impasse dans laquelle nous sommes.
allez, bon lundi
L' ultraliberalisme (i)mondialisé a reussi la ou d'autres ideologies ouvertement totalitaires et brutales ont echoué, à savoir : MENER AUTANT D ETRES HUMAINS A UN DEGRES DE SOUMISSION ET D ABJECTION JAMAIS ATTEINT;sans que cela ne pertube outre mesure la bonne conscience de nos "belles nations democratiques et modernes".
Exactement. Mais la propagande fonctionne si bien depuis des décennies que la grande majorité de la population n'imagine même pas que cela soit possible.
Apathie du pour l'essentiel aux divisions!Nous sommes devenus incapables d'agir sur ce qui nous unis nous préfèrons nous battre sur ce qui nous divise!
Incapable de débats sereins,nous sommes dans l'incapacité de proposer un projet qui puisse être discuté par tous.sans compter ceux qui jouent les idiots utiles du capitalisme libéralisé.
Certains préférent faire des croches pieds aux voisins plutôt que d'essayer de construire quelque chose de commun!
Mais puisque que grellety en a parlé je mets le lien pour une vidéo de Annie Lacroix-Riz un peu longue,76 mn,mais tellement édifiante.En mettant en mémoire le site vous pourrez aussi vous instruire sur tous le reste.
Mais à quand un projet commun de tous ceux qui veulent changer les choses?
http://www.bankster.tv/videos.htm
Très intéressant!
Difficile de réagir en quelques lignes, de tenter de répondre aux questions que pose Christine.
Car c'est vrai que l'apathie règne.
Peur de la répression, non, pas en France, pas en Italie, pas en Europe.
Mais par contre peur de perdre son boulot, peur de la pauvreté.
Le libéralisme a tout emporté sur son passage, en transformant l'homme en marchandise en le traitant comme une machine à produire et à consommer il lui a enlevé la capacité de penser, de s'indigner.
c'est triste et inquiétant.
Beaucoup se situent dans la survie,ceux qui ne le sont pas sont plus ou moins réformistes ou dans l'esprit"votez pour nous,nous ferons le reste"
C'est plus facile que d'essayer de mobiliser sur des objectifs discutés et pris en main par les intéressés eux mêmes!
Et ceux qui essaient se font traiter de "populistes de gauche"!
M'en fous j'essaierais quand même!
Très intéressant ce texte, merci !
L'apathie semble avoir toujours plus ou moins existé à l'échelle individuelle, je ne sais pas si l'on peut s'offusquer ni même regretter son état actuel. Par contre ce qui est très troublant c'est l'apathie des mouvements collectifs censés représenter la contestation (et pas qu'en France) : partis d'opposition, syndicats, idéologues... Or on constate bien généralement qu'un pouvoir (quel qu'il soit) ne limite ses abus que lorsqu'il trouve en face de lui des contre-pouvoirs efficaces. Dans nos "belles démocraties" une décision des plus scandaleusement nauséabonde ne déclenche - au mieux - qu'un misérable communiqué de presse d'un sous-fifre d'un parti d'opposition, à peine relayé dans les news de Yahoo ! et oublié le lendemain...
On sent une exaspération monter cependant dans toute une partie "éclairée" de la population, mais rien ne vient la canaliser, ce qui est dangereux face à des élites jouant avec le feu de la division.
Bonsoir,
en effet, il n'y a pas de contre-pouvoirs.
Les mouvements d'opposition se cantonnent à quelques indignations sur les sujets qui nous sont donnés en pâture, mais qui relèvent de l'anecdote, ou qui ne sont, du moins, qu'un des multiples maillons de la chaîne, à côté de tous les autres qu'on laisse passer par ailleurs et qui transforment notre société en une entreprise commerciale sur le modèle de celle des US.
Pourquoi donc cette apathie de l'opposition, alors que nous n'avons jamais été autant en danger au niveau mondial?
Peut-être est-ce dû au libéralisme et à cette Europe que les élites (y compris la gauche) se sont fabriquée en s'émancipant des populations.
Peut-être avons-nous manqué de vigilance, en nous reposant sur des acquis, en les croyant immuables.
Et peut-être estimons-nous qu'il est trop tard désormais pour "changer le monde".
voilà un texte qui, avec sa présentation, réveille ! Salutaire.
En effet il y aurait de quoi dire. Et sur l'accoutumance qu'il nous invite à "décaper" de sa croute de crasse et à découvrir (relisez au fait le fameux texte sur la grenouille qui circule un peu partout http://miiraslimake.over-blog.com/a... relisez aussi ce site qui a déjà depuis quelques année fait tout un état des lieux, malheureusement partiel et encore en dessous de la réalité http://www.syti.net/Topics.html ) dans bien des domaines qui s'agisse des bavures policières : http://panier-de-crabes.over-blog.c...
des fichages, des logiques aberrantes de la mafia néolibérales, armée de ses "droits de propriétés intellectuelle" http://miiraslimake.over-blog.com/a...
on a l'impression d'assister à un inquiétant phénomène d'accoutumance, et de passivité chez les gens. On comprend mieux que des sociétés ont pu dans un passé récent plonger dans la barbarie, comme ça, regardez l'Allemagne http://www.planetenonviolence.org/I...
'Ils Pensaient qu’ils étaient Libres – Les Allemands 1933-1945', livre de Milton Mayer (, l'Argentine (de Videla) ça vient vite ! on l'a bien vu, l'oublions-nous ? et tout ça. La soumission des gens devant toutes les humiliations, à partir du mopent où c'est la loi (c'était la loi de ne pas cacher de juifs en 41, c'est la loi de ne pas donner à manger aux chats errants) simplement parce qu'on a pris soin de préparer le terrain et de culpabiliser les victimes au préalable (regardez avec quelle obéisance résignée tous les fumeurs vont se geler dans les fumées des gaz d'échappement pour tirer debouts sur leur cigarete sous les regards reprobateurs des aryens, pardon ! des non-fumeurs) tout ça n'augure guère de bonnes choses.
je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis, Roland. On nous anesthésie depuis dix ans, tranquillement, avec notre aval, avec celui, surtout, de ceux qui s'indignent de ce pour quoi les gouvernements veulent que nous soyons indignés -les pédophiles, les "terroristes", les "émeutiers" des quartiers, etc. mais aussi les trucs anodins et marginaux qui n'auraient pas tenu la route dans un autre contexte: la burqa, les minarets, etc.
Tout cela en laissant s'insinuer l'idéologie d'extrême-droite et en condamnant lourdement les résistants.
cette histoire de fumeurs est caractéristique: en effet, cela permet de culpabiliser une partie de la population pour une faute fictive qu'elle commettrait et de faire faire la police par le citoyen lambda.
Les radars, aussi, qui permettent de ponctionner les automobilistes de façon aléatoire et sans qu'ils aient aucun recours.
Enfin, la liste est trop longue pour pouvoir être exhaustive.
Comme disait un slogan: "1984, ce n'était pas censé être un manuel d'application".