Aux Etats-Unis, le suicide est également très tendance
Par emcee le mardi 24 novembre 2009, 12:53 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Les pertes d'emploi, les saisies immobilières, le chômage, le surendettement, la ruine financière, le désespoir et le "no future" poussent les victimes à commettre des gestes irréparables, contre eux-mêmes et contre les autres.
La possession d'armes n'arrange rien, évidemment.
Pendant ce temps, les prédicateurs du marché mondial nous annoncent des embellies et la fin prochaine de la crise. Youpi!
Euh, fort bien … mais pour qui?
Pour le citoyen lambda, ce n'est pas encore bien ça. Et pour les requins de la finance, ils n'ont jamais été si bien nantis: l'argent public est parti direct dans leurs poches. Il y a les travailleurs qui produisent et les fainéants qui récoltent.
Le capitalisme, c'est ça. Vive la crise!
Ce capitalisme, qui n'a de cesse de proclamer le bilan humain du communisme, n'a jamais songé à faire le décompte de ses propres victimes. Il faut dire que ce n'est pas facile car le compteur ne cesse de tourner et, cela, dans tous les recoins de la planète.
Voici quelques exemples de ce qui se passe, en particulier, quand, en plus du chômage, et des dettes, on n'a même plus de toit pour vivre après une vie passée à trimer.
"Economic Crisis Is Getting Bloody -- Violent Deaths Are Now Following Evictions, Foreclosures and Job Losses"
Nick Turse, AlterNet
20 novembre 2009.
La crise économique tourne au carnage – les morts violentes suivent maintenant les expulsions, les saisies immobilières et les pertes d'emplois.
Malgré des prédictions toujours plus optimistes et un marché d'échange en hausse, les pertes humaines de la crise économique ne peuvent qu'augmenter dans les semaines et les mois à venir.
En 2007, Jason Rodriguez était licencié du poste qu'il occupait dans une société de construction mécanique à Orlando, en Floride, et se retrouvait "sandwich artist" ("virtuose du sandwich") dans un restaurant Subway .
Son salaire était amputé de moitié et ils accumulait les dettes jusqu'à ce qu'en mai dernier, il dépose un dossier de surendettement, estimant ses avoirs à un peu plus de $4.600 et ses dettes à près de $90000.
D'après son ancienne belle-mère, America Holloway, alors que Rodriguez n'habitait qu'à 30 minutes en voiture de chez son fils, il ne voyait celui-ci que très rarement. Quand le garçon avait demandé à son père pourquoi il ne venait pas lui rendre visite, Rodriguez lui avait répondu: " parce que je n'ai pas d'argent. Je n'ai pas de travail. Je n'ai rien à manger. Quand tout s'arrangera, je viendrai te voir".
Mais cela ne s'est jamais arrangé.
Le 6 novembre dernier, Rodriguez, 40 ans, retournait à la tour où se trouvait la compagnie où il avait travaillé et, d'après ce qu'on sait, ouvrait le feu chez son ancien employeur, tuant une personne et en blessant 5 autres.
Quand on a demandé à l'avocat local qui représentait Rodriguez pour son dossier de surendettement ce qu'il pensait de cette fusillade, il a répondu:
C'est comme ça que cela se passe actuellement. C'est l'exemple typique. Parmi ceux qui souffrent de la crise actuelle, il n'a rien de plus exceptionnel que les autres … sauf ça".
Au lendemain du massacre à Fort Hood - qui a eu lieu le jour avant le drame de Floride – il y a eu enquête, bien entendu, pour trouver des réponses aux causes de cette fusillade qui avait fait 50 morts et blessés.
On s'est bien moins intéressé, en revanche, aux raisons qui ont conduit un nombre bien plus élevé d'hommes et de femmes (parmi lesquels ceux qui auraient été visés par Jason Rodriguez) à devenir les victimes de violences à cause de la crise économique.
Une analyse des comptes-rendus de la presse locale, nationale ou régionale entre 2008 et 2009 indique qu'il y a eu une épidémie au niveau national, largement passée sous silence, de mesures radicales et d'actes désespérés où la crise semble avoir été le catalyseur.
Les informations sur de tels actes liés à la misère financière – depuis les braquages pour payer le loyer en passant par les suicides dus aux problèmes financiers jusqu'aux "familicides" (des meurtres / suicides où les parents et les enfants sont tous retrouvés morts) – ont filtré en provenance de villes et de villages de la majorité des états. Dans la mesure où seule une infime partie de ces faits est diffusée par les médias, ce qu'on découvre, souvent dans les journaux locaux, est effarant.
Même s'il est impossible de connaître les facteurs innombrables, parmi lesquels des problèmes personnels graves, qui contribuent au fait que les gens ont recours à des mesures radicales, violentes ou non, beaucoup d'articles de presse laissent entendre que la crise économique mondiale n'a pas joué un rôle mineur dans beaucoup de ces actes désespérés.
Poussés à bout
Au début de l'année, par ex, Jiverly Wongle, le "tireur de Binghamton" faisait les gros titres des journaux nationaux et déclenchait l'hystérie sur le câble quand, "dépité par son licenciement", il a massacré 13 personnes dans un centre d'aide aux immigrés dans l'état de New York.
La réaction des médias avait été également prompte quand Richard Poplawski, un habitant de Pittsburgh, "contrarié par son récent licenciement", avait tiré sur 4 agents de police, tuant trois d'entre eux.
Beaucoup d'autres ont dirigé la violence contre eux-mêmes, parfois en se tirant une balle au moment où les policiers se présentaient à la porte pour leur remettre l'avis d'expulsion, ou bien, alors qu'ils étaient armés, en se mettant dans la position d'être descendus par la police.
Un de ces cas s'est produit récemment quand Kurt Aho, 64 ans, habitant de Phoenix, Arizona, a décidé de passer à l'acte.
Aho s'était démené pour trouver du travail et se préparait à accueillir chez lui sa fille et son petit-fils – dont la maison avait été frappée de saisie – mais le 29 septembre, sa propre maison, dans laquelle il vivait depuis trente ans, était vendue aux enchères. Jurant qu'il n'allait pas tout simplement quitter sa maison, Aho décapsulait une bière pour la partager avec son voisin, Jeffrey Hobson, qui raconte: "il m'a dit: 'quand les flics seront là, je vais me faire tuer par eux ou me suicider'".
Quand les deux propriétaires sont arrivés, Aho a aussitôt tiré dans les pneus de leurs camions. Il est alors allé prendre un Magnum357 chez lui et a fait fuir les deux personnes. La police est arrivée juste après et a sommé Aho de lâcher son arme. Mais l'entrepreneur indépendant les a ignorés et est retourné chez lui reprendre des bières. Les voisins ont prévenu les flics qu'Aho était suicidaire et qu'il tirerait sur eux s'ils avançaient, mais les policiers du SWAT - sorte de GIGN, NDT - ont poursuivi en tirant sur Aho avec des balles en caoutchouc. Aho a riposté en tirant par deux fois, et une balle a atteint le véhicule blindé des policiers d'élite. C'est alors qu'un des policiers de l'équipe a tiré sur Aho et l'a tué.
Les jours qui ont suivi, comme tout au long de l'année, d'autres actes désespérés liés à la crise se sont déroulés dans tout le pays.
Afin d'essayer d'empêcher que leur maison soit saisie, Daniel Weston et Mary Ann Parmelee, 52 ans tous les deux, avaient payé les services d'agents pour modifier les conditions de leur crédit. Croyant qu'ils les avaient dépouillés, ce couple de Los Angeles les attirait dans une embuscade, le 20 octobre, où Weston et un autre homme, Gustavo Canez, 36 ans, sont soupçonnés de les avoir "battus et volés" en utilisant un pistolet et un coup-de- poing américain.
Le 29 octobre, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, un homme en instance d'être expulsé s'armait d'un fusil et se barricadait chez lui. Cet acte désespéré n'était pas le premier dans le quartier. "Nous avons eu deux suicides", disait récemment Lambert Boissiere Jr. (~ qui dirige le département de police chargé de faire exécuter les décisions du tribunal à la Nouvelle-Orléans, NDT).
"Quand les agents de police arrivent, ils trouvent la personne enfermée à l'intérieur. Ou bien, on frappe à la porte, et boum, ils se tirent une balle".
Un incident similaire s'est produit le 5 novembre où Patrick Sanchez, résidant à Irvine, Californie, a ouvert à un policier porteur d'un ordre d'expulsion. Sanchez a demandé au policier d'attendre une minute, est retourné dans la maison et s'est tiré une balle dans la tête. C'était, d'après qu'on nous a dit, le troisième suicide dans le quartier en liaison avec une expulsion cette année.
Elkhart revisited
Actuellement, après la mort de 13 personnes dans ses rangs à cause d'un tireur isolé, Fort Hood, Texas, est la communauté traumatisée qui retient toute l'attention des médias. En février, c'était pourtant l'ancienne "capitale mondiale du mobil home", Elkhart, dans l'Indiana – une localité ruinée économiquement où le président Obama avait fait une brève apparition pour faire la promotion de son plan de relance économique dans son discours à la mairie d'Elkhart, Obama parlait de la situation catastrophique de la ville:
"Cette région a perdu des emplois plus rapidement que dans le reste du pays , le taux de chômage étant de plus de 15% alors qu'il n'était que de 4,5% l'année dernière à peine…. Nous parlons de personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance et nous ne savons pas par quoi cela sera remplacé … c'est ce que ces chiffres et ces statistiques signifient. Ils donnent la vraie mesure de la crise économique".
En réalité, cependant, la "vraie mesure" n'est devenue évidente qu'au fur et à mesure qu'on avançait dans l'année. Dès le début novembre, il y avait eu 22 suicides confirmés à Elkhart et deux présumés, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 16.
D'après le coroner John White, pour plus d'un quart d'entre eux, la misère financière et la perte de leur emploi avait été un facteur déterminant. "Ils ont laissé des lettres disant que la raison pour laquelle ils ont fait cela était l'économie, a-t-il déclaré récemment. Il faut qu'on prenne tous conscience du stress que cela représente quand le taux de chômage s'élève à 17 ou 18 %.
La population a véritablement besoin de prendre conscience du stress – et des coûts terribles qui y sont associés, mais les chances que cela se produise sont minces. Le massacre qui a eu lieu à Fort Hood va forcément donner lieu à des tonnes d'analyses à la suite des nombreuses enquêtes officielles.
Mais ni le FBI ni le Congrès ni aucune autre agence gouvernementale n'ordonneront d'enquête sur ce carnage produit par la crise économique mondiale et dont le bilan s'alourdit peu à peu. Pour cette raison, il n'y aura pas de décompte exact du nombre de victimes qui ont été tuées, ou sont mortes, ou ont été blessées, ou qui ont subi des traumatismes graves à le suite d'expulsions, de saisies, de pertes d'emploi, et d'autres formes de détresse financière au cours de ces dernières années.
Pas plus que le président Obama ne retournera à Elkhart, ou ailleurs, d'ailleurs, pour assister à une cérémonie destinée à honorer la mémoire de ceux qui ont péri dans ce bain de sang moins spectaculaire, mais bien plus mortel.
A cause de cette désinvolture, et malgré des prédictions économiques toujours plus optimistes et un marché d'échange en hausse, le bilan humain de la crise économique ne peut que s'alourdir dans les semaines et les mois à venir.
Nick Turse, journaliste, essayiste et historien, est un des rédacteurs en chef de Tomdispatch .
Son premier livre: The Complex: How the Military Invades Our Everyday Lives analyse le nouveau complexe militaro-industriel aux Etats-Unis.
Son site
Note perso
Evidemment, la France n'est pas en reste, question suicides (voir les articles bien documentés à ce sujet).
Et la situation aurait été bien pire si les malades au pouvoir avaient pu mener leur politique de "subprimes" avant que la crise n'éclate.
Mais, nous ne perdons rien pour attendre. Ils nous mènent exactement là où en sont arrivés les US. C'est déjà commencé, mais les effets ne s'en ressentent pas encore, grâce aux services publics et à la couverture sociale. Mais, avec leur démantèlement systématique, tôt ou tard, nous en pâtirons .
Maudits soient ceux qui défendent une politique suicidaire.
Commentaires
Ouaip, ça sent pas bon..
exact!
C'est terrible, d'autant que j'arrive pas à faire passer mon projet: Chaque candidat au suicide devrait auparavant tuer un grand patron.
Miré, je ne suis pas pour cette solution radicale, mais si on les obligeait à quitter la douceur de la soie et à dormir dans la rue ou dans un centre d'hébergement, ce serait déjà un juste retour des choses.
Ils verraient au moins où finissent ceux qu'ils ont licenciés pour cause de "délocalisation".
Je suis d'accord : tant qu'à se suicider, faut se suicider utile.
Ça en dit quand même beaucoup sur une société où, ruinés, les gens pensent n'avoir aucune issue : pas d'hébergement ami, pas de coup de main possible... Ce serait probablement pareil ici sans les prestations sociales. Vous hébergeriez pas un-e ami-e ruiné-e, vous ?
Tu as raison, Christine, dans un certain sens, mais il n'y aurait pas tant de gens à la rue en France si nous les hébergions.
D'autre part, c'est une forme de charité: c'est à l'Etat de veiller à ce que chacun puisse avoir un toit. Sinon, les particuliers et assoces caritatives ne peuvent que choisir celles et ceux qui "méritent" d'être secourus.
Pour ce qui est des US, le problème, c'est que, tout étant cloisonné, les pauvres vivent dans des quartiers-ghettos, et qu'ils sont tous plus ou moins dans la même situation. S'ils ont toujours un logement, ils sont peut-être déjà nombreux à vivre ensemble.
Quant à ceux qui se suicident en en tuant d'autres, aux US, on voit qu'ils s'attaquent à des gens comme eux. Comme les jeunes en révolte (toutes proportions gardées) qui s'en prennent aux véhicules de leurs quartiers.
Je crois que c'est à nous tous de dire basta et d'arrêter ces pillards pour qu'ils nous rendent le pognon.
Mais quand?
faut pas trop rêver. Ils ne s'arrêteront pas si on leur demande poliment. Si il n'y avait pas eu la révolution les nobles feraient toujours des châteaux énormes au nez de leurs sujets affamés.
"faut pas trop rêver. Ils ne s'arrêteront pas si on leur demande poliment".
Je suis tout à fait d'accord: la preuve, toutes les manifs énormes ne les ont pas fait changer d'un pouce. La crise économique ne les a pas fait dévier de leurs objectifs, les a seulement retardés un peu, mais nous ne perdons rien pour attendre.
Et puis, simplement, quelle forme de lutte? sommes-nous seulement tous d'accord sur les objectifs à atteindre à l'issue de celle-ci?
Sommes-nous prêts à déborder les syndicats et les partis qui s'escriment à canaliser nos colères en consentant à nous faire faire quelques promenades dans les rues des villes?
N'y aura-t-il pas un retour de bâton dès le mois suivant comme en 68, où, si les nobles n'étaient plus là, ce sont les bourgeois qui ont repris solidement les rênes?
Et on a bien vu ce que sont devenus les meneurs.
Que se passe-t-il quand les quartiers se révoltent? La majorité de la gauche s'indigne, diabolisant les rebelles et ceux qui les soutiennent.
"C'est pas comme ça qu'il faut faire; on n'arrivera rien avec la violence; ces gens-là ne sont pas politisés, ce sont des casseurs ; il faut instaurer un dialogue constructif, etc."
Et tout repart comme avant, voire pire.
Alors, oui, il faut se débarrasser de cette engeance et les urnes ne serviront à rien.
Mais comment REUSSIR?
Penser qu'on peut y arriver, c'est ça qui est encore du domaine de l'utopie.
Il me semble que le suicide ou la fuite en avant dans une tuerie sont des réactions à une situation vécue comme un hallali. Ce sont des moyens ‘’d’en sortir’’. Cela ne peut qu’être individuel, probablement d’ailleurs parce que l’individu est totalement clivé sur lui-même, au moment de l’acte notamment. Mais l’isolement de chacun vis-à-vis de chacun est aussi la construction idéologique qui nous est proposée ainsi que le mode de fonctionnement mis en œuvre et donc imposé.
S’il s’agit d’en sortir vivants, alors il convient de pointer comment les choses se passent, de les comprendre afin de se donner les moyens d’agir sur les mécanismes, action nécessairement collective parce qu’humaine. Donc déjà comprendre pour parvenir à construire le lien de classe utile à la lutte, comme ils ont fait par exemple en Guadeloupe avec le LKP.
J’ai trouvé intéressant l’espèce de synopsis du ‘’Time’’ concernant Wall Street ;
http://www.time.com/time/photogalle...
Il faut ainsi entrer dans ‘’Time covers Wall Street’’ et suivre les 13 tableaux, chacun caractérisé par une couverture et un évènement marquant, s’étalant de 1929, puis 1954 à 2001. Entre autres choses, il montre à mon sens la prégnance, l’emprise de la finance dans l’organisation d’ensemble de la société américaine.
Ainsi, pour 1962, le commentaire est ;
‘’ 1962: Bear v. Bull on Wall Street
"Of course this was no 1929 again — there are too many safeguards around for that — but Wall Street's news was disquieting nonetheless. Today's stock market is neither the clubby preserve of the rich nor a Monte Carlo for bet-a-million adventurers: it is a national institution into which one U.S. adult in eight has placed part of his savings. So much has been invested in the market by private pension funds ($17 billion on the New York Stock Exchange alone) and insurance companies ($12 billion) that what happens on Wall Street affects every pocketbook in the land."
From: One Hectic Week, Jun. 01, 1962’’
On peut le trouver à ;
http://www.time.com/time/photogalle...
que je traduis ainsi (sous toutes réserves, car je suis mauvais pour ce sport là !) ;
"Bien sûr, ça n’a pas été un nouveau 1929 - il y a trop de monde attentif aux garanties pour cela - mais les nouvelles de Wall Street sont inquiétantes quand même. La Bourse d'aujourd'hui n'est ni un club, apanage des riches, ni un Monte Carlo pour un million d'aventuriers parieurs : elle est une institution nationale dans laquelle un adulte américain sur huit a placé une partie de ses économies.
Tellement de choses ont été investies dans le marché des fonds de pension privés (17 milliards de dollars à la Bourse de New York seulement) et les sociétés d'assurances (12 milliards de dollars) que ce qui se passe à Wall Street touche toutes les bourses dans le pays. "
De: Une semaine agitée , 1er Juin 1962’’
1 adulte américain sur 8 font 12,5% de la population adulte, soit quelques 28 millions et quasi 10% de la population totale.
Par ailleurs, les secteurs où ces économies sont placées (fonds de pension et sociétés d’assurances) représentent une somme considérable avec une trentaine de milliards tout en concernant des aspects essentiels à la vie humaine –la santé et la vieillesse notamment-. Il ne peut en découler, pour cette population particulièrement, qu’une dépendance importante au devenir de ces fonds là et donc à ‘’leur bonne tenue et marche’’ dans le système économique.
C’est ce marché que la réforme du système de santé va étendre en surface avec l’obligation d’assurance ainsi qu’en volume. Elle vise à renforcer les chaînes aliénantes qui existent.
Pour 2001, le commentaire est ;
‘’2001: Bear Market
"The staggering amount of lost wealth over the past year is perhaps the most oppressive development. Half of all households own stocks, up from 4% in the early 1950s. Stocks account for about 20% of total household assets, and because stocks fell last year, the net worth of the average American declined for the first time since 1945, according to the Federal Reserve. In the past six months, the market value of household stocks and stock funds fell more than $2 trillion--roughly the same amount of money households earned through wages."
From: Zap!, Mar. 26, 2001’’
On peut le trouver à ;
http://www.time.com/time/photogalle...
que je traduis ainsi, avec les mêmes réserves ;
‘’ "La quantité phénoménale de richesse perdue au cours de l'année écoulée est sans doute le développement le plus oppressif. La moitié des ménages sont propriétaires contre 4% au début des années 1950. Les stocks représentent environ 20% de l'actif total des ménages, et parce que les stocks se sont effondrés la dernière année, la valeur nette de l'Américain moyen(*) a diminué pour la première fois depuis 1945, selon la Réserve fédérale. Au cours des six derniers mois, la valeur marchande des fonds et des stocks familiaux a dégringolé de plus de 2 billions de dollars - soit environ la même quantité d’argent que les ménages ont gagnée grâce aux salaires ».
De: Zap!, 26 mars 2001’’
Dit autrement, pour ces 6 mois de 2001, c’est comme si tous les américains étaient restés les mains dans les poches sans rien faire ! La chose est intéressante car la quantité phénoménale de richesse détruite concerne bien en dernier ressort et dans la réalité, du travail humain.
Il me parait intéressant de relever aussi que la moitié des ménages américains sont propriétaires. La totalité des adultes américains étant de 223 millions et représentant 74% de la population totale, cela nous donne quelques 110 millions et 37% de la population.
Il s’agit là encore d’un secteur –le logement- ayant à voir avec un aspect vital pour lequel la dépendance au système est considérablement renforcée. La chose concerne cette fois quasiment un américain sur deux.
Le synopsis se clôt là, sans aborder la crise financière de 2008. Le traitement effectué avec l’application du plan Paulson a consisté à déverser quelques nouveaux billions dans le gouffre financier, l’Etat se portant garant de l’opération. Là encore, il y a eu une destruction phénoménale de richesse et de travail humain donc, dont celui à venir. Pour rester sur le versant cynique, une nouvelle fois, et durant plusieurs mois, c’est comme si tous les américains étaient restés les mains dans les poches !
Il ne faudrait tout de même pas que cette chose devienne une habitude !
Bien à vous.
ML
et tout cela est loin de se terminer. Le pétrole vient de faire un bond : il est revenu à 80 dollars le barril. ce n'est ni la conséquence d'un accroissement de la demande, ni un diminution de la production. Mais la conséquence du fait qu'il ya abondance liquidités sur le marché mondial et que certains achètent du pétrole simplement parce qu'ils ne savent que faire d leur liquidités. Or souvenons-nous, ce n'est pas vieux : la crise mondiale était une crise de liquidités, les banques centrales, les Etats ont créé de la monnaie (de la mauvaise monnaie) pour enflouer les banques en liquidités. Elles semblent donc avoir fourni les moyens de relancer le jeu de la spéculation, qui se cherche encore un marché : pétrole ? droit d'émettre du carbone ? etc.
en france on n'a pas le culte des armes donc on saute des ponts c'est la différence essentielle -sinon on voit quand même la soumission bien intégrée des salariés désespérés qui préfèrent se suicider en retournant le flingue contre eux ou éventuellement en flinguant tout ce qui passe devant chez eux plutôt que de faire de bons vrais cartons défouloirs et signifiants dans les états majors des entreprises -quand un salopard à suoper bonus risquera de se faire dissouder à tous les coins de rue je suis sûr que tout à coup son humanisme généreux reprendra comme par magie le dessus
"quand un salopard à super bonus risquera de se faire dissouder à tous les coins de rue je suis sûr que tout à coup son humanisme généreux reprendra comme par magie le dessus"
--> Ca, c'est sûr! L'impunité rend arrogant.
S'il fallait qu'ils fassent attention, ce serait bien autre chose.
tgb : "quand un salopard à super bonus risquera de se faire dessouder à tous les coins de rue je suis sûr que tout à coup son humanisme généreux reprendra comme par magie le dessus" (attention aux fôtes de frappes ^-^)
Pas sûre du tout : c'est ce qui se passe donc actuellement aux states et, a priori, les mentalités ne changent pas ... pas d'humanisme généreux à l'horizon !
Lerci, ML et JCD pour ces compléments d'information très calés et intéressants.
Le lien vers les photos de Time est très parlant aussi.
Evidemment, le suicide ou la tuerie n'ont pas fait avancer les choses pour les travailleurs: pour les médias et leurs commanditaires, ce ne sont que des incidents, des actes isolés qui relèvent de la santé mentale du suicidaire.
"relancer le jeu de la spéculation, qui se cherche encore un marché" --> Il y a le développement durable et les agrocarburants qui les font pas mal frétiller, non?
Pas vraiment, La Sasson-Capello ;): ce ne sont pas les grands patrons qui ont été touchés aux US, ce sont les lampistes.
On a vu en France avec les séquestrations de PDG: ça tremblait un peu, tout de même.
Cette vague de suicides est le reflet d'une chose:les salariés ont perdus le chemein de la lutte collective.L'individualisation à outrance a littéralement fait exploser tout espoir de s'en sortir par soi-même,mais ils n'arrivent pas à retrouver le chemin du collectif.
Secoués,agités,pressurés,la lutte collective ne leur apparait pas comme une issue.
Aidés en ça par des syndicats qui préfèrent d'entrée de jeu faire le gros dos en attendant que ça passe.En France pendant qu'ils demandent des indemnités de départ leur emploi fout le camp et l'espérance de temps meilleurs aussi!
Celui qui se bat dans une lutte collective,avec un objectif précis n'a pas trop envie de se suicider.
Dans les entreprises aussi,la pression permanente n'existe que parce que la syndicalisation est faible,que souvent les syndicalistes parlent dans le vide juqu'au moment ou!
Le patronat a réussi ça:casser les solidarités et les objectifs collectifs!
Exact, Jean-Claude, la lutte collective empêche en général le désespoir individuel.
Mais ce désespoir vient justement, comme tu le dis de l'individualisation à outrance.
Tout ceci est bel est bien programmé par le capitalisme. Ils ont parfaitement réussi aux US, parce que le terrain s'y prêtait (anéantissement des syndicats par Reagan, par ex).
Avec toutes les dérèglementations de ces dernières années, on y arrive à grands pas.
Parmi les bonnes nouvelles qui atteigne la maison blanche il y a aussi celle ci:50 millions d'américains ont faim.
Le vice président Joseph Biden à confié sur le ton de la plaisanterie les raisons du désastre et surtout son avis sur les plans de relance ce que son grand père en disait:"c'est le socialisme pour les riches et le capitalisme pour les pauvres".
Le public a rit,mais ça n'a pas soulevé de grandes réactions ailleurs tellement le fatalisme à gagné au nom de la liberté d'entreprise!
La vidéo est visible sur Huffingtonpost.com du 18 novembre.
Et en toute amitié:je ne parle pas un strict mot d'anglais je préfére les traductions même si elles sont parfois approximatives.
Faut dire aussi que je refuse de parler la langue de l'empire tant qu'elle restera une langue d'hégémonie culturelle et économique.
J'ai peut être tort,mais emcee sait si bien faire le travail que je n'ai pas besoin de retourner à l'école(n'ayant pas de petit bonhomme souriant je mets "sic" à la place!)
Salut, Jean-Claude,
Désolée, j'étais plongée dans une longue traduction (voir le nouveau billet) et je n'ai pas répondu à ton com'.
50 millions d'Américains qui ont faim, ça doit bien être ceux qui n'ont pas non plus de couverture santé, peut-être pas ou plus de toit et tout ce qui va avec.
De ce côté-ci, ce n'est pas non plus bien gai, les Restaus du Coeur rouvrent avec pessimisme, paraît-il, et ceux qui fournissent toute l'année, n'ont pas le coeur à rire.
M'enfin si notre président est bien installé, que ce soit à l'Elysée ou dans son nouveau navion tout neuf pour faire la nique à Obama, tout est bien.
Le peuple n'a qu'à manger de la brioche en attendant.
En attendant Varennes.
Merci pour l'info, je vais aller voir la vidéo.
Pas de problème si tu ne parles pas anglais: il faut bien qu'il y en ait qui gagnent leur pain
NB: pour un bonhomme qui sourit, facile! tu tapes: : - ) mais tu ne mets pas d'espace entre chaque signe.
Le liberalisme dont le seul pilier est le consumerisme à outrance est devenu une menace pour la Vie, une machine demente,qui aprés avoir consommer, consumer, leur environnement devore les hommes et les transforme comme tout le reste en sinistres billets verdatres ...