Chemin faisant, ils ont dég(r)otté tout de même, grande victoire, le dictateur Saddam Hussein, hirsute, planqué au fond d'un trou.
Ce qui veut bien dire que s'ils cherchent, ils trouvent. Et que donc, tu n'étais pas là.
Et toi, qu'est-ce que tu fais? Au lieu de nous dire: mais non, arrêtez tout, je ne suis pas en Irak – cela aurait quand même évité le bordel actuel et les X millions de morts, de blessés, d'amputés, de déplacés, de réfugiés, de traumatisés, la destruction massive d'infrastructures vitales et le boycott barbare, et toussa qui va avec - eh bien, non, aucune excuse, et tu viens nous narguer dans des vidéos dont tu as le secret, et, te prenant pour le pape, tu nous fais la leçon.
Là, je dis non, n'est pas pape qui veut. Et d'ailleurs il n'y a eu aucun pape arabe, si je ne m'abuse. C'est un signe, non?
Ces pauvres Zuniens, avec leurs petits satellites serviles, en sont tout marris et ne savent plus quoi faire de ce pays qu'ils ont sur les bras et se sont mis à dos.
On les comprend.
Alors, partira, partira pas? Les femmes ne sont pas encore bien émancipées, pourtant, et puis, ils voudraient remettre le pays sur les rails, grâce à leurs entreprises ultraperformantes qui ont déjà fait leurs preuves dans le monde entier. Ils sont pleins de bonne volonté, les petits gars. Faut voir.
Alors, ils ont trouvé une solution intermédiaire, qui, ma foi, me semble tout à fait satisfaisante.
Ils retirent les troupes des villes et les dispatchent à la campagne, et le trop plein part en Afghanistan. De vrais poulets de grain, qu'ils vont en faire de leurs boys. Trop forts.
Si c'est pas ça le développement durable, c'est que je n'y connais rien.
Mais c'est pas tout.
Pour être plus sûrs de te trouver, les Zuniens, ils ont parallèlement écumé l'Afghanistan, suivis par pratiquement les mêmes petits satellites serviles, plus la France, cette fois-ci, soucieuse de participer à la libération des femmes afghanes de la burqa dans tous les recoins du monde, et de faire passer aux Afghans cette sale habitude de fumer des trucs pas possibles qu'ils cultivent à la barbe du taliban de base.
Et, par-dessus tout ça, il faut qu'ils aillent un peu bombarder le Pakistan, question de calmer ces musulmano-talibans qui piaffent de se frotter à nos valeureux soldats. Non mais.
Alors, là Oussama, je te le dis tout net: tu nous dis où tu es, parce que si tu n'es pas en Iran, va falloir le dire fissa. Parce qu'ils vont venir te chercher là-bas aussi.
Ils sont en train d'aiguiser les cimeterres. Pour l'instant, ils l'ont mise en veilleuse, mais, espère un peu, les Zuniens, c'est comme les pitbulls: ils ne lâchent pas. Les présidents passent, les objectifs sont les mêmes: récupérer le morceau.
Et puis, si tu es mort, ce serait sympa de nous l'annoncer dans une vidéo. Là, on va plus tenir longtemps avec tout ce qu'on a sur les bras.
As-tu seulement les pieds sur terre? On se demande.
Ou alors, un de tes potes pourrait nous montrer des preuves de ta disparition: je sais pas, moi, la tombe de l'Oussama inconnu?

Et si tu es vivant, rends-toi, si ça se trouve, c'est juste pour savoir où tu es qu'ils s'obstinent. Faut les comprendre: ils n'aiment pas perdre et ça fait un bail qu'ils n'ont rien gagné, ni à la Baie des Cochons, ni au Vietnam, ni nulle part. Même Saddam a été prématurément enlevé à leur affection. Ils auraient pu le faire torturer un peu pour le faire parler. A moins qu'ils aient préféré qu'il se taise, qui sait?
Tu sais, les Ricains, ce sont de grands enfants. Ils veulent qu'on les laisse croire qu'ils ont gagné. Et c'est toi qu'ils veulent. Tant qu'ils ne t'auront pas retrouvé, ils chercheront.
Alors, ils vont s'acharner sur d'autres pays. Il y en a encore plein qu'ils n'ont pas encore explorés. Toi, si ça se trouve, tu n'es pas resté dans un pays infesté de boys et d'espions, tu es peut-être dans un de ces pays amis de notre sympathique coalition.
Ou alors, tu t'es installé dans un de tes palais (il paraît que tu es pété de tunes), voire carrément tranquillement aux US, où tu as rasé ta barbe et coupé tes cheveux, ce qui finalement te donne un faux air de Zorba le Grec et qui passe très bien en Californie ou à New-York, surtout dans les palaces.
Et puis, qu'est-ce que tu risques? D'aller à Guantanamo? Tu sais que c'est au bord de mer? Tu auras droit à une jolie combine orange (ça te donnera bonne mine, tu en as bien besoin, d'après les photos que j'ai vues).
Et puis, tu verras, tu vas pas y rester longtemps, parce que ça va fermer. Ca, c'est Barack qui l'a promis. Il a dit: "Je fais ce que je dis, je dis ce que je fais". Et puis aussi: "Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas".
Tu vois bien qu'il est plein de bonnes intentions.
Donc, voilà, Oussama, je tenais à te rassurer: tu ne risques absolument rien. C'est pas comme si c'était encore l'abominable Bush. Le petit nouveau, on peut lui faire confiance. Tiens, regarde, il vient de recevoir le Nobel de la Paix, c'est pas rien. Tu crois qu'ils le lui auraient donné s'il ne le méritait pas? C'est pas des charlots, à Oslo.
Alors, fini de rigoler, maintenant, il faut que tu sortes de ta cachette.
Pour sauver le monde.
Et puis, ça va en épater plus d'un, ça. Imagine: huit ans que tu as disparu des écrans … non, c'est pas le mot, huit ans qu'on ne t'a pas vu en chair et en os … bon là-non plus … Enfin, huit ans, quoi!
Tu vas leur mettre la frousse de leur vie. Parce que, eux, ils croient que tu es mort. Ils ne le disent pas pour ne pas nous contrarier, mais ils en sont persuadés.
Vise un peu la scène, tu te plantes devant le ranch de Georgie Boy et tu cries: "Eh, George! It's me, Osama!".
Sûr qu'il en tombe de son cheval et s'étrangle avec son bretzel.
Oh, la poilade!
En plus, il n'osera rien dire: personne ne le croirait.
Après, tu vas devant la Maison Blanche et tu dis au portier: "I am Bin Laden, I want to see Obama". Effet garanti! On te passe le président à l'interphone, tu lui dis: "Hi, Obama? It's Osama".
Waouh! "Osama, my friend! Where have you been? We've been looking for you e-very-where!"
"Well, here and there, you know, visiting my friends around the world".
"Are you well? But … come on in! We have to talk… ".
Et voilà! Qu'est-ce que je t'avais dit?

Et, au moins, le temps qu'ils se remettent de tout ça, ils oublieront un peu l'Iran.
Et qui sait? Ils trouveront complètement inutile de continuer à te chercher en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs.
Et ils feront revenir les troupes.
Et dissoudront l'armée.
Et utiliseront le budget pour aider les gens dans la misère chez eux et ceux qu'ils ont plongés dans la misère partout ailleurs - et il leur restera même plein de pognon pour payer les dettes qu'ils ont contractées pour te rechercher sous chaque pierre.

Tu te rends compte de tout ce qui s'est passé à cause de toi et de tes sauvages Al-qaïdi-Al-qaïda?

Allez, Oussama, un bon geste!

Reviens, il ne te sera fait AUCUN reproche, crois-moi. Au contraire, je dirais.

Nous voulons tous vivre en paix et en harmonie avec le monde entier.

Il n'y a que ça qui compte pour nous, les occidentaux.

La Paix.

La Paix, ça n'a pas de prix.