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Qui parle au nom des Juifs américains? Le lobby J Street lutte pour que les puissants lobbys pro-Israël relâchent leur emprise sur le Congrès.

Gros coup de pouce pour J Street qui accueille le conseiller d'Obama à la conférence qu'il a organisée, alors que l'ambassadeur israélien a, lui, décliné l'invitation.

Des dizaines de membres du Congrès US s'étaient inscrits à la conférence "pro-Israël" de ce week-end. Du moins, jusqu'à ce que les faxes et les mails commencent à affluer, qualifiant les organisateurs de "Juifs staliniens", de "lobby de la capitulation" et de défenseurs de terroristes.
Certains des élus au Congrès ont vite ouvert le parapluie, disant qu'ils ne savaient pas grand-chose de cette association – le J Street, un groupe de pression de Washington qui cherche à imposer un revirement de la politique US vis-à-vis d'Israël– qui organisait cette conférence.
Mais Washington apprend vite. Le J Street (le nom, avec J pour "juif", s'inspire du terme "K Street", qui désigne une grande artère de Washington où sont situés les sièges de nombreux lobbys), mouvement qui se définit comme "pro-israélien pour la paix", a été créé au début de l'année dernière, où il a essuyé les sarcasmes des poids lourds du *lobby pro-Israël, qui a la mainmise sur le Congrès depuis des décennies.
Ils prédisaient que J Street et ceux qui l'ont créé - Jeremy Ben-Ami, ancien conseiller du président Bill Clinton, et Daniel Levy, ancien conseiller des ministres israéliens – et l'un des auteurs de l'initiative de Genève pour la paix – seraient rapidement marginalisés car c'était un groupuscule soutenu par d'obscurs pacifistes utopistes de peu d'influence.

Mais le groupe organise ce week-end à Washington sa première conférence nationale, marquée du sceau de la légitimité par une Maison Blanche clairement favorable à ses positions. Le général James Jones, conseiller pour la sécurité nationale de Barack Obama, et un de ses porte-parole sur Israël, doit y prononcer le discours d'ouverture. Environ 140 élus du Congrès ont promis leur soutien, même après la reculade des autres; d'anciens ministres et des généraux israéliens seront également présents.
Mais peut-être que ce qui permet le mieux de mesurer son impact, c'est la fureur qui a accueilli l'essor de l'organisation.
L'ambassadeur israélien a refusé de venir assister à la conférence et le lobby pro-israélien traditionnel a accusé J Street d'être "complaisant avec des terroristes et hostile à Israël" et d'être une "organisation soi-disant pro-Israël peu recommandable".

"Ils deviennent hystériques", répond Levy. "Ils prétendent que personne ne veut entendre ce que nous avons à dire, à savoir que les Juifs américains en ont assez qu'on leur dise que nous sommes favorables aux bombardements en Irak et en Iran et que nous nous opposons aux difficiles concessions nécessaires à la construction de la paix en Israël. Et maintenant ils cherchent à nous discréditer".

A première vue, J Street soutient les mêmes causes que l'autre lobby pro-israélien: la paix, une solution à deux états et la sécurité pour Israël. Depuis des décennies, les groupes depuis "Zionist Organisation of America" (la ZOA) au puissant "*American Israël Public Affairs Committee" (l'Aipac) prétendent s'exprimer au nom de la plus grande communauté juive en dehors d'Israël en prônant un soutien indéfectible au gouvernement de Jérusalem.
Mais ces dernières années, l'Aipac, la ZOA et d'autres groupes se sont rapprochés de la droite dure aux US, en particulier les néocons et les chrétiens évangélistes, le conflit en Israël étant largement présenté sous l'angle du terrorisme alors que des gouvernements intraitables font plus ou moins semblant de s'intéresser à la paix et à la création d'un état palestinien.
Levy explique que J Street a été créé en se fondant sur le fait que beaucoup de Juifs américains ne partagent pas les valeurs de ceux qui prétendent s'exprimer en leur nom actuellement.

"Une communauté qui est très très libérale (à gauche, NDT) et qui a voté à 78% pour Obama, et surtout une communauté qui est fière du rôle qu'elle a joué dans le passé dans la lutte pour les droits civiques en Amérique, était soudain assimilée aux politiques les plus régressives, réactionnaires et intolérantes préconisées par des groupes qui prétendaient agir au nom de la communauté juive des Etats-Unis et au nom d'Israël, en s'alliant avec ces gens abominables de l'extrême droite américaine", dit Levy.
"Ce qui était notre intuition et qui s'est avéré quand J Street a été créé, c'est qu'il y a une très grande proportion de Juifs américains qui sont véritablement attachés à Israël et qui n'hésitent pas à se présenter comme pro-Israël. Mais, pour eux, être pro-israélien implique qu'Israël soit en paix avec ses voisins pour être en sécurité, et cesse d'être une présence expansionniste continuelle. En fait, c'est cela qui menace la sécurité d'Israël".

J Street a rapidement trouvé des adeptes (le groupe revendique 11.000 adhérents à ce jour) et des capitaux.
Le groupe comptait sur 50.000 dollars de dons quand ils ont organisé une collecte destinée à la campagne électorale de candidats sympathisants pour les élections au Congrès de l'année dernière. Ils ont, en fait, reçu de la part de particuliers 600.000 dollars, qu'ils ont répartis entre 41 candidats. 33 d'entre eux ont été élus, même si J Street, reconnaît volontiers que ce n'est pas leur contribution qui a fait pencher la balance. L'organisation a récolté bien plus de fonds pour financer son activité de lobbying, dont la plupart étaient des sommes à 5 ou 6 chiffres versées par des philanthropes juifs, mais elle a également été critiquée pour avoir accepté de l'argent de la part de musulmans et d'Arabes.
Pendant des années, l'Aipac avait réussi à faire admettre aux élus de Washington que "pro-Israël" se traduisait par: "soutien inconditionnel à tout gouvernement installé à la tête d'Israël et quelle qu'en soit sa politique". Ce lobby considérait que son rôle essentiel consistait à faire en sorte que l'aide militaire US continue d'abonder et à s'assurer que Washington ne forcerait pas la main d'Israël pour qu'il mette un terme au conflit avec les Palestiniens.
L'Aipac estime que c'est bien gentil de la part des US de proposer les grandes lignes pour les négociations et de servir de médiateur, si nécessaire, mais que l'accord final ne peut se conclure qu'entre les deux camps sur le terrain.
Et donc, quand Obama a fixé des limites à Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, exigeant le gel des constructions dans les colonies, l'Aipac a rameuté 70 membres du sénat pour le pousser à faire marche arrière.
J Street inquiète le gouvernement israélien et ses partisans à Washington en prenant une toute autre position. Le groupe soutient que si les deux camps ne peuvent pas parvenir à un accord alors, les US doivent arriver à persuader Israël et les Palestiniens, même si cela implique pousser l'état juif à lâcher plus de lest qu'il ne le souhaite.
Certains militants de J Street pensent que c'est ce qu'Obama veut faire et ils veulent l'aider en créant un groupe de soutien actif avec les Juifs de toute l'Amérique favorables à cette politique.
C'est une tâche très difficile, d'autant plus difficile qu'elle se heurte à la résistance d'intérêts privés dont l'objectif essentiel est de décourager les membres du Congrès d'établir des contacts avec J Street.
Une salve de barrage a été tirée ces dernières semaines dans les magazines conservateurs et les blogs influents et par des organisations qui ont pignon sur rue.
Une des attaques qui a attiré l'attention de tous était menée par Lenny Ben David, ancien diplomate israélien qui a pendant 25 ans fait partie du staff de l'Aipac, où sa tâche consistait à dénicher des renseignements pour discréditer les adversaires d'Israël.
Dans le "Jerusalem Post", Ben David se moquait de J Street, les traitant de "jouets juifs" d'Obama. Fouillant dans la vie de Ben-Ami, il a trouvé que celui-ci travaillait dans une société de relations publiques qui traitait également avec des gouvernements arabes, et il a enquêté sur certains donateurs de J Street, qu'il qualifie de "Palestiniens, Arabo-américains, et Iraniens-Américains" – et donc, pour lui, viscéralement anti-Israël.
Ben David a déclaré qu'accepter des dons de la part de particuliers liés au monde arabe ou à des organismes de défense des droits de l'homme critiques d'Israël indique qu'on est contre l'état d'Israël.
StandWithUS, un groupe créé pour contrer les désillusions croissantes vis-à-vis d'Israël parmi les jeunes étudiants juifs, a envoyé des courriers aux membres du Congrès qui avaient promis de se rendre à la conférence, et où on peut lire: "J Street approuve souvent des propos anti-Israël et anti-juifs", comme par exemple les articles qui critiquent l'offensive contre Gaza. Ils accusent aussi l'organisation de diaboliser les colons juifs dans les Territoires Occupés et affirment que certains des contributeurs adhérents de J Street sont en relation avec les gouvernements arabes ou l'Iran.
Certains élus du Congrès, sachant le pouvoir de nuisance de groupes comme l'Aipac à leur encontre, y ont réfléchi à deux fois et sont revenus sur leur décision.
Ben-Ami a riposté dans un mail à ses partisans la semaine dernière. "Ils font marcher les téléphones et appellent les services de chacun des membres du congrès (qui compte plus de 150 élus) … pour leur faire peur afin de les dissuader d'avoir des contacts avec J Street. Ce qui est le plus révoltant c'est que leur stratégie brutale de diffamation trouve un écho – déjà cinq élus se sont retirés de notre liste d'invités de marque", écrit-il.
A la fin de la semaine dernière, il y avait environ une quinzaine de désistements et le nombre va sûrement encore augmenter.
La plupart sont républicains, mais certains démocrates se sont désistés également, parmi lesquels deux sénateurs de NY, Charles Schumer and Kirsten Gillibrand.
Le sénateur John Kerry, ancien candidat à la présidentielle et président du comité des affaires étrangères au sénat, à également renoncé à prononcer un discours important, même si ses services nient qu'il ait agi sous la pression et affirment qu'il va faire tout son possible pour venir faire un tour à la conférence. J Street a été contraint de supprimer une séance de poésie de son programme culturel à la suite du tollé déclenché sur les blogs de droite concernant le poète Josh Healey, qui avait comparé Guantánamo à Auschwitz et les actions d'Israël à Gaza à celles des nazis.
Officiellement, l'Aipac prétend n'avoir joué aucun rôle dans les attaques contre J Street, mais ceux qui sont à la tête du mouvement sont des proches alliés du lobby, depuis le magazine conservateur "Weekly Standard magazine" (naguère appelé "la bible néocon") jusqu'à la "Zionist Organisation of America".

"Sachant cela, il est difficile de ne pas voir qu'il s'agit d'une campagne concertée et coordonnée" déclare Lévy.
"Nous savons que c'est ainsi que fonctionne la droite. Il y a un réseau de donateurs, il y a un réseau de personnes qui siègent dans les Conseils d'Administration les uns des autres. Tous sont très proches de l'Aipac".
Cette frénésie de dénonciations a, c'est pratiquement sûr, contribué à dissuader l'ambassadeur israélien, Michael Oren, d'accepter une invitation à intervenir à la conférence de J Street, sous prétexte que certaines politiques du groupe "pourraient porter préjudice aux intérêts d'Israël".

Oren, qui a récemment renoncé à la nationalité américaine pour devenir ambassadeur d'Israël, est un homme averti et très à l'écoute de la communauté juive aux Etats-Unis et donc, il n'est pas improbable qu'il aurait vu un intérêt à s'engager aux côtés de J Street. Mais, d'une part, la pression à laquelle il a été soumis pour lui faire refuser l'invitation était féroce et, d'autre part, sa décision a été facilitée par la position qu'avait prise publiquement J Street de soutenir Obama contre Netanyahu sur l'arrêt des constructions dans les colonies. Il est arrivé que J Street, ayant mal apprécié la situation, s'attire les foudres de ses amis, notamment quand il est apparu qu'il ne savait pas faire la différence entre les motifs d'Israël et ceux du Hamas dans ses critiques de l'offensive contre Gaza cette année.
Cette position a suscité la colère d'un des Juifs progressistes les plus réputés aux Etats-Unis, le *rabbin Eric Yoffie, président de l'"Union for Reform Judaism", qui dit que J Street est "moralement déficient, déconnecté de l'opinion juive et également terriblement naïf".
Levy répond que la pression ne marchera pas. "Il y a des gens en Israël qui comprennent qu'ils ont un problème important. Israël est en train de se mettre à dos les communautés juives du monde entier", dit il. "Ils risquent de se déconnecter des jeunes générations, qui diront qu'ils n'ont rien à voir avec Israël. Le message que nous voulons transmettre, c'est que nous pouvons toujours soutenir Israël, avoir un dialogue critique constructif pour tenter de faire progresser la vision de ce que doit être Israël pour nous. Et je pense qu'il y a des Israéliens qui sont suffisamment prévoyants en matière de stratégie pour comprendre qu'en repoussant J Street, on prépare Israël à de gros ennuis".

Des voix puissantes

La majorité des lois qui sont adoptées au congrès US sont fortement influencées par des lobbys qui disposent d'énormes budgets servant à financer les campagnes électorales et la publicité qui peut favoriser ou détruire la carrière d'un élu. Mais l'argent ne fait pas tout.
Le lobby qui est probablement le plus influent regroupe des retraités, et leur organisation, l'American Association of Retired People, compte 30 millions d'adhérents qui sont plus susceptibles de se déplacer pour aller voter que la majorité des Américains. Ils se sont récemment prononcés sur la réforme du système de santé.
Les groupes religieux, en particulier les chrétiens évangélistes en ce qui concerne le mouvement contre l'avortement, ont énormément de poids sur les élus de certaines régions des Etats-Unis. Il en va de même pour la NRA, la National Rifle Association, qui agit pour empêcher l'adoption de lois sur le contrôle des armes en jouant sur la peur des gens, prétendant que toute nouvelle restriction au droit de posséder des armes serait un pas décisif vers l'interdiction totale des armes à feu.
La NRA est particulièrement puissante dans le sud, où peu de candidats osent se la mettre à dos. Les compagnies pétrolières, les syndicats, l'industrie aéronautique, l'industrie pharmaceutique et le secteur des assurances utilisent tous l'argent pour peser sur le Congrès et la maison Blanche. Pour ce qui concerne les Affaires étrangères il n'y a pas de lobby plus puissant que l'Aipac, qui a imposé à la majorité des membres du Congrès de soutenir inconditionnellement le gouvernement d'Israël et où rares sont les élus prêts à encourir les foudres d'un lobby qui a prouvé qu'il était capable de briser des carrières politiques.
D'autres groupes ont connu une baisse de leur influence ces dernières années, notamment les Cubains anticastristes en Floride.

Chris McGreal est le correspondant du Guardian (britannique, donc) à Washington.
Précédemment, il était en poste à Johannesburg et à Jérusalem.
Ancien journaliste de la BBC en Amérique Centrale et ancien marin de la marine marchande.

En savoir plus sur les positions de J Street:

Myths and Facts About J Street (en anglais)

Sondage J Street auprès de la communauté juive des Etats-Unis (fr)

J (prononcer "djéi") Street.
Pour la petite histoire: quand la ville de Washington a été construite, les rues ont pris pour nom chacune des lettres de l'alphabet (A Street, B Street …). Or, la rue J Street n'a jamais existé, on passe directement de I Street à K Street.
Personne n'en connaît la raison véritable, mais ce qui est le plus vraisemblable, c'est la similitude de graphie entre le I et le J, et donc la confusion qui aurait pu en résulter. C'est ce qui aurait incité les autorités à éliminer la lettre J. Voir ici (en anglais).

*Le rabbin Eric Yoffie
Le rabbin Yoffie est le président du mouvement juif réformé américain, "Union for Reform Judaism", qui compte 1,5 millions de membres, ce qui en fait le plus grand courant du judaïsme aux Etats-Unis.

On Gaza, Sense and Centrism January 1, 2009, article du rabbin Eric Yoffie (en anglais)

Extrait de l'article:

Position du rabbin

La première déclaration de J St exprimait de la "compréhension" pour les motivations d'Israël et appelait (comme moi) à une solution diplomatique plutôt que militaire au conflit arabo-israélien. Néanmoins, ils disent en conclusion qu'Israël a fait une erreur en attaquant le Hamas et que les Etats-Unis et les autres doivent pousser à un cessez-le-feu immédiat.
Une deuxième déclaration de J Street, était de loin bien pire. Ils ne voyaient aucune différence entre les actions du Hamas et des autres militants palestiniens, qui ont lancé plus de 5000 roquettes sur les civils Israéliens ces trois dernières années, et la riposte très tardive d'Israël, qui a fini par perdre patience et qui répondu aux supplications des citoyens malmenés du sud d'Israël. "Ni les Israéliens, ni les Palestiniens n'ont le monopole du Bien et du Mal", dit J Street. "Alors qu'il n'y a rien de 'bien' à bombarder les familles juives de roquettes ou de commettre des attentats-suicides, il n'y a rien de "bien" à punir un million et demi de Gazaouis qui souffrent déjà énormément, pour les actes d'extrémistes parmi eux".
Ces propos sont extrêmement inquiétants parce qu'ils sont "moralement déficients, déconnectés de l'opinion juive et également terriblement naïfs". Un cessez-le-feu institué par le Hamas serait le bienvenu, et Israël y répondrait immédiatement. Un cessez-le-feu imposé à Israël permettrait au Hamas d'éviter de subir les conséquences de ses actes une fois de plus et conduirait, à brève échéance, à une nouvelle campagne de terrorisme. Le Hamas, il faut le savoir, n'est pas un gouvernement, c'est une bande de terroristes …

(Le rabbin, on le voit, s'arrange avec l'histoire. Je rappelle que ses déclarations ont eu lieu le 1 janvier, quand les bombes pleuvaient sur Gaza. Quelle chutzpah!).

Et aussi: Reform leader: Most U.S. Jews back settlement freeze (angl) 24/07/2009

Quelques notions supplémentaires

Les lobbys
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lobby
Aux Etats-Unis, un lobby est un groupement reconnu officiellement avec des locaux, un organe de direction, un budget, des salariés et qui a, à égalité avec l’individu citoyen électeur, un droit à la liberté d’expression sur tout sujet et en particulier sur toute action du gouvernement et de l’administration.
La conception pluraliste de l'État a pour principe d'établir les bases du gouvernement sur les groupes et les factions. L'idée c'est qu'on atteint, ainsi, un équilibre entre positions opposées. Hélas, la différence se fait par l'importance du budget.
C'est l'"éternelle affaire du pot de terre …

Le "lobby pro-Israël"
Ou "pro-israélien", ou "Jewish lobby", ou "lobby juif" (une trentaine de groupes dont certains sont également composés d'associations évangélistes chrétiennes – très actives, si on s'en souvient, pour l'élection et la réélection de Bush-fils, et dont il fait partie). Il y a environ 6 millions de Juifs américains (2,6%de la population américaine), plutôt regroupés à New-York, dans le New-Jersey, l'Illinois, la Californie et en Floride.
Politiquement, la majorité de ces Juifs américains serait plutôt à gauche. Ce qui montre bien la puissance du *"lobby pro-Israël" (communément appelé "the lobby"), minoritaire, qui, lui, s'appuie sur une idéologie carrément à droite, comme, d'ailleurs les plus puissants lobbys aux US (la NRA; l'Energy lobby; Big Pharma, etc.). C'est logique, puisque le système est basé sur la défense d'intérêts privés spécifiques et l'argent dont le groupe dispose pour pouvoir imposer son point de vue.

Quelles sont les différents moyens de pression d'un lobby ?
Les menaces, l'intimidation, les campagnes de dénigrement, les actions médiatiques, la censure des publications, le financement d'"experts" (embauche de grands chercheurs grassement rémunérés par les grands groupes privés – comme Monsanto, par ex);
Les actions judiciaires;
Le soutien financier lors des campagnes électorales (qui sont un moyen d'acheter le candidat pour qu'il ne dérape pas en allant bêtement faire des faveurs au peuple quand les patrons sont si nécessiteux);
L'appel à voter pour tel ou tel candidat;
Les "think-tanks": groupes de "réflexion", qui imposent leurs vues et se protègent de mesures qui privilégieraient la population dans son ensemble à leurs dépens;
Et pour le lobby pro-israélien en particulier, les accusations d'antisémitisme.
Et il faut donc beaucoup d'argent pour maîtriser tout ça.

Note perso

Pour en revenir à l'article ci-dessus: l'essor de ce groupe montre tout de même que la politique de l'Aipac et des autres commence à donner des signes de faiblesse. La politique brutale d'Israël commence à se voir, on dirait, malgré les coups de boutoirs de la propagande pro-Israël dans un pays où la population est cloisonnée et totalement désinformée.
Il y a peut-être un frémissement, et surtout, un début de rébellion contre l'appropriation de la pensée juive par une minorité dans laquelle ne se reconnaît pas la communauté juive, ou en faveur d'une politique vers laquelle tendraient ceux qui seraient délivrés de cette propagande nauséeuse et de cette culpabilisation constante.
C'est en cela que la démarche est intéressante.
Et aussi dans le fait que la jeunesse commence à ne plus gober ce particularisme d'Israël. Cette injonction de vénérer un pays étranger inconditionnellement, quoi qu'il s'y passe. Cela n'a pas de sens. Oui, il y a des Juifs qui vivent là-bas, et alors?
C'est peut-être quand ces gens-là seront majoritaires que les choses changeront en Palestine. S'il reste d'ici là quelques irréductibles qui auront réussi à éviter la destruction totale, grâce à la volonté du peuple du monde.
Parce que J Street, c'est bien joli, mais c'est encore un lobby.
Un lobby qui dépend, donc, de l'argent de riches donateurs qui, eux, attendent un retour.

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CAMPAGNE « BDS »
Campagne BDS

Appel au Boycott, aux Désinvestissements et aux Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’occupation des territoires palestiniens et tant que ce pays ne respecte pas le droit international.

urgence gaza« Gaza Freedom March » : Marche Internationale pour la liberté de Gaza. 31 Décembre 2009 – 1 janvier 2010