Sale temps pour les femmes au Mexique
Par emcee le dimanche 18 octobre 2009, 01:17 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Une décennie de violence inouïe contre les femmes et cela ne va pas s'arranger.
Avec aujourd'hui la prise en main de la droite alliée aux hauts dignitaires cathos: hop, plus d'avortement.
Pas de protection contre les abus sexuels, non plus.
Et le reste.
Quand la droite dure s'installe, cela retombe automatiquement sur les femmes.
Quand les hommes font la guerre, ce sont les femmes qui sont prises en otage et subissent les pires atrocités.
En période de récession, ce sont elles encore qui en pâtissent le plus.
Et leurs droits fondamentaux sont systématiquement remis en cause par des politiques revanchardes.
Cette planète ne tourne décidément pas rond du tout.
Et la France n'est pas en reste, qui dédouane les violeurs d'enfants et salit les victimes dans des procès populistes où la justice se rend dans la rue, comme du temps des Romains où il suffisait de lever ou de baisser le pouce pour décider du sort d'un prévenu (aujourd'hui, on dit "coupable" directement, peut-être qu'à Rome aussi).
Au Mexique, donc, rien ne va plus pour les femmes avec l'arrivée d'une droite ultraconservatrice haineuse.
Voici un billet de JOHN ROSS
"Get Your Rosaries Out of Our Ovaries!"
War on Mexican Women
Publié le 13 oct 2009 dans CounterPunch

La guerre contre les femmes au Mexique
"Sacan Sus Rosarios De Nuestras Ovarios!"
"Ôtez vos rosaires de nos ovaires!"
C'est le slogan que scandaient les femmes, dont certaines étaient torse nu, se tenant par le bras, aux hommes en costume qui se précipitaient vers les portes barricadées de l'édifice colonial qui abrite le congrès de l'état de Querétaro situé au centre du Mexique . Et certains de ces hommes étaient si pressés d'arriver jusqu'à leurs bureaux au rez-de-chaussée du parlement qu'ils s'engouffraient dans les fenêtres étroites des fenêtres du sous-sol, au risque de froisser leurs beaux costumes fraîchement repassés pour l'occasion.
A 9h du matin, ce 1° septembre, au cours d'un ""madruguete" classique (vote qui a lieu tôt le matin à huis clos pour éviter les manifestants), les 21 membres du congrès au complet, tous des hommes, avaient voté à l'unanimité un projet de loi qui rendait l'avortement illégal dans tous les cas sauf pour les victimes de viol (mais pas celles d'inceste) et pour les femmes dont la vie serait mise en danger si elles menaient leur grossesse à terme. Toute autre femme qui ne ferait même que chercher à se renseigner sur la possibilité d'avorter dans un hôpital ou une clinique encourt désormais jusqu'à un an d'emprisonnement.
D'après les journaux, une semaine après l'adoption de la loi et sa ratification par le gouverneur de droite de l'état de Querétaro, une malheureuse femme qui n'a pas été identifiée était, en fait, arrêtée pour avoir voulu se faire avorter, avait été détenue toute une nuit et forcée de payer une amende de 4000 pesos.
Querétaro était le 15° état à pénaliser l'avortement. Quelques jours plus tard, c'était au tour de l'état instable d'Oaxaca, au sud de l'Union Mexicaine, de ratifier ce que les mouvements anti-avortement appellent ""La Ley Machista" (la loi machiste) qui définit la vie au moment de la fécondation et prévoit des peines de prison pour les femmes qui cherchent à avorter. Comme à Querétaro, cette mesure était huée par les militant-es anti-avortement et le parlement obligé d'aller se réunir dans un endroit protégé pour adopter la version d'Oaxaca de la "loi machiste".
Des projets de loi pour pénaliser l'avortement sont également prévus dans les états de Michoacán, de Sinaloa, de Veracruz, et de Mexico. La moitié des 31 états de Mexique, plus un maintenant, ayant adopté cette loi, les machos sont sûrs d'obtenir un amendement à la constitution pénalisant l'avortement, et déposeront probablement cette proposition de loi à une prochaine cession du nouveau congrès mexicain.
La pénalisation de l'avortement transforme le Mexique en un "état totalitaire", dit Diego Valades, ancien Procureur Général et doyen de la faculté de droit, l'Université nationale autonome du Mexique (Universidad Nacional Autónoma de México - UNAM), une telle loi qui "confère à l'état le contrôle du corps des femmes est en soi anticonstitutionnelle".
Ce putsch anti-avortement est actuellement orchestré par le parti conservateur PAN (Partido Acción Nacional) actuellement au pouvoir, soutenu par les princes de la hiérarchie catholique.
Un des objectifs est de faire abroger la loi sur l'avortement-à-la-demande gratuit actuellement en vigueur à Mexico.
Depuis que la législation sur l'avortement a été déclarée conforme à la constitution après un vote de 10 contre 1 par la cour suprême il y a deux ans, quand cette loi avait été contestée par le procureur de l'époque Eduardo Medina Mora, nommé par le président Felipe Calderon, et le médiateur Jose Luis Soberanes, proche de l'Opus Dei, la ville a permis, selon le Mexico City Womens' Institute, à plus de 30000 femmes, une moyenne de 41 par jour, de bénéficier d'un avortement gratuit dans les trois premiers mois de grossesse.
L'avortement-à-la-demande a provoqué la fureur du Cardinal de Mexico City Norberto Rivera, l'homme (il n'y a pas de femmes) le plus puissant de l'Eglise dans le pays, qui avait ordonné que toutes les cloches de la capitale sonnent le glas pour marquer la décision de la cour suprême. Aujourd'hui, l'archevêché a depuis acquis un bout de terrain au cimetière Dolores où il met en scène des enterrements de fœtus morts.
La Conférence des Evêques (la CEM) avec ses 102 membres fait également autant d'esclandre pour condamner les services d'avortements gratuits à Mexico, et même les quelques rares évêques progressistes, et qui ont voix au chapitre et peuvent voter, sont contre l'initiative de la municipalité de gauche en faveur de l'avortement – San Cristobal de las Casas évêque honoraire, apôtre de la théologie de la libération, avait exposé des photos gore de fœtus avortés sur l' esplanade de la "Cathédrale de la Paix" dans une ville du Chiapas.
"Je suis effaré par la position de la CEM. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est le fondement même de la constitution mexicaine", s'indignait Diego Valades devant le public qui assistait récemment à une conférence organisée par l'Université Nationale.
Cette campagne de pénalisation de l'avortement n'est qu'une des batailles de la guerre que mènent le PAN, l'église catholique et leurs alliés politiques contre les femmes.
Le mois dernier (en septembre), le sénat mexicain confirmait la nomination d'*Arturo Chavez Chavez, spécialement choisi par Calderon, au poste de nouveau Procureur Général du pays malgré les protestations des féministes et des défenseurs des droits de l'homme.

Manif contre la violence faite aux femmes au Mexique
Source
Des centaines de meurtres et de disparitions qui n'ont pas fait l'objet d'enquêtes ou pas été élucidés
Alors qu'il était procureur de l'état du Chihuahua, au nord du pays, au milieu des années 90, il était chargé d'enquêter sur les meurtres et les disparitions de 192 femmes à *Juarez, ville-frontière violente.
Les mères des femmes décédées – " Las Muertas" – accusent Chavez de négligence grave.
Témoignant au cours de l'audience de confirmation, le futur procureur général indiquait qu'il avait résolu 60 meurtres quand il était procureur de l'état de Chihuahua, mais ce n'est pas aussi limpide que cela, en réalité - Chavez Chavez n'avait engagé de poursuites que contre un seul suspect, un pharmacien égyptien, *Omar Latif Sharif, pour ces soixante meurtres. Sharif, n'a, toutefois, été condamné que pour un seul de ces assassinats, celui d'une ancienne petite amie, et purge actuellement une peine de trente ans de prison.
Paula Flores, dont la fille, Maria Sagrario, assassinée à l'âge de 17 ans est devenue un symbole pour les mères de Las Muertas, se souvient d'un Chavez bien peu compatissant. Quand, il y a onze ans, elle l'avait supplié à genoux de faire justice à sa fille, l'aspirant procureur général était passé à côté d'elle, l'ignorant totalement. Plus tard, les enquêteurs de Chavez Chavez se trompant de tombeau, avaient fait ouvrir une sépulture voisine au lieu de celle de Sagrario, emportant le squelette d'une autre "muerta" pour en faire l'autopsie.
Une telle confusion avait entaché les années où le protégé de Calderon était responsable de ces enquêtes.
En 1999, rapporteur des Nations unies (ONU) aux Exécutions extrajudiciaires, la pakistanaise Asma Jahangir dénonçait l'"arrogance" de Chavez Chavez quand elle avait voulu l'interroger sur les enquêtes. Un deuxième rapporteur de l'ONU sur les procédures judiciaires, Dato Parran, qui s'était rendu à Juarez en 2002, avait dit qu'il doutait que les cent autres assassinats ait seulement fait l'objet d'une enquête.
En 2003, Amnesty International dénonçait la "négligence intolérable" concernant les enquêtes sur les assassinats de femmes menées par Chavez Chavez et ses successeurs – les autopsies ne répondaient pas aux normes légales internationales et les enquêtes n'étaient réalisées que sous la pression des familles en deuil. Pour de nombreuses disparitions, ils avaient décrété qu'il s'agissait d'une fugue.
Le juriste Eduardo Buscalgia, qui avait dirigé une commission d'enquête de l'ONU chargée d'examiner les dossiers sur la mort violente des 258 femmes à Juarez entre 1993 et 2003, avait révélé ce qu'il a qualifié récemment d'"abominations en matière de procédure" dans les enquêtes sur la mort des "las Muertas".
De nombreuses victimes avaient été torturées et les corps de certaines d'entre elles avaient été brûlés. Huit femmes avaient eu un sein sectionné et avaient été mordues par leur(s) agresseur(s) et leur dépouille avait été jetée dans le même coin désert, ce qui prouvait qu'il y avait bien un tueur en série en liberté - et malgré cela, les autorités mexicaines n'ont jamais fait procéder à une enquête d'envergure.
Au lieu de cela, Chavez Chavez mettait ces assassinats atroces sur le dos des femmes, laissant entendre qu'elles avaient provoqué les hommes avec leurs minijupes. "Seules des femmes de mauvaise vie se promènent la nuit", concluait-il – beaucoup de ces femmes, comme Maria Sagrario Flores, qui travaillaient la nuit dans les maquiladoras de Juarez portaient encore leurs "batas" (blouses de travail) quand on a retrouvé leur corps.
Malgré les preuves irréfutables qu'Arturo Chavez Chavez avait dirigé des enquêtes ineptes et misogynes, celui-ci recevait l'aval du sénat mexicain le 24 septembre pour devenir le plus haut responsable des forces de l'ordre du pays.
Quand, en signe de protestation, les mères des femmes assassinées ont peint 106 croix roses (le nombre de cas non résolus) sur les murs des services du procureur à Juarez, elles ont été poursuivies pour destruction de biens publics.
Dans une autre affaire notoire de violences contre les femmes, les 11 victimes de sévices sexuels commis au cours d'opérations de police dans le petit village rural de San Salvador Atenco, le 3-4 mai 2006, se sont vu refuser un procès équitable.
Au mois de septembre dernier, le Procureur Spécial pour la Violence contre les femmes (Fiscalía Especial para los Delitos de Violencia contra las Mujeres y Trata de Personas (Fevimtra), qui travaille sous les ordres de Chavez Chavez, refusait d'entendre leurs accusations d'abus sexuels et de viol au cours de leurs arrestations et renvoyait les affaires au responsables de l'état de Mexico qui avaient déjà blanchi la police.
Les poursuites contre 22 policiers étaient abandonnées, et 5 sont en attente de procès, libérés sous caution (s'il n'y a aucune plainte antérieure contre ces policiers pour abus sexuels, ils ne seront pas poursuivis) et un policier qui avait été condamné à une peine de trois ans de prison aurait réintégré aujourd'hui les rangs de la police de l'état de Mexico après avoir payé une amende de $400 USD.
Recrudescence de la violence contre les femmes
La violence contre les femmes grimpe en flèche actuellement au Mexique. Le jour de la confirmation d'Arturo Chavez Chavez au poste de procureur (le 24 sept), cinq femmes ont été tuées par balles dans la sierra de Petatlan dans l'état de Guerrero où les troupes de l'armée poursuivent depuis des mois de prétendus guérilleros.
Une semaine plus tard, quatre femmes – dont une était une policière qui enquêtait sur la violence conjugale – et une petite fille qui jouait à proximité ont été abattues à Juarez. D'après le sinistre récapitulatif dressé par le groupe "Justice pour nos Filles", 67 femmes ont été assassinées ou ont disparu à Juarez au cours des 9 premiers mois de 2009 - 28 corps attendent encore à la morgue municipale qu'on vienne les identifier.
De juillet 2007 jusqu'à juin 2008, 227 "féminicides" dans 13 états du nord du Mexique ont été enregistrés par l'organisation privée: "Observatoire des Citoyens sur les féminicides" et 1014 sur tout le territoire national. 60% des assassinats ont eu lieu à l'intérieur des domiciles des femmes ou à leurs abords immédiats.
Malgré les massacres actuels, l'état de Guanajuato, au centre du Mexique, qui a est depuis longtemps sous la coupe de l'église catholique et du PAN est le seul des 31 états du Mexique à ne pas avoir voté une loi pour protéger les femmes des violences conjugales.
Guanajuato est le berceau d'"El Yunque" ("l'enclume"), une organisation sécrète d'extrême droite dont l'origine remonte à la guerre des Cristeros de 1926-29 contre le président anti-clérical Plutarco Elias Calles, fondateur du parti PRI qui était au gouvernement mexicain depuis 71 ans jusqu'à ce qu'il soit remplacé en 2000 par le PAN de Vicente Fox, originaire de Guanajuato– trois membres du cabinet de Fox auraient été des partisans d'El Yunque.
Au début de l'année scolaire en septembre à Guanajuato, les élèves de 6° se sont retrouvés sans livre de biologie parce que les manuels publiés par le secrétariat fédéral de l'éducation publique (le SEP) avaient été retirés sous les ordres du gouverneur, Juan Manuel Oliva, membre du parti PAN, qui avait décrété qu'ils contenaient des "perversions" – les manuels de biologie comportaient des reproductions fidèles des parties génitales d'hommes et de femmes et parlaient de contrôle de naissances, allant même jusqu'à utiliser des termes dégoûtants comme "préservatif" et "avortement".
A la place, le secrétariat chargé de l'éducation à Guanajuato (le SEG) avait distribué 114000 manuels qui diabolisaient la masturbation et l'homosexualité, passaient sous silence la prévention contre le SIDA, et prônaient l'abstinence comme seule méthode de contraception.
Quand le SEP fédéral (contrôlé, comble de l'ironie, par le PAN) a exigé que soient utilisés les manuels choisis nationalement, un groupe de femmes à León, la capitale de l'état, avec, à leur tête, des femmes faisant partie du conseil municipal de droite, ont brûlé des centaines de manuels du SEP sur la place centrale de León. "Ils veulent que mon fils mettent un préservatif", s'indignait la conseillère municipale Hortencia Orozco.
Le PAN est loin d'être le seul à participer à ce pogrom contre les femmes. La nomination de Chavez Chavez a été adoptée grâce aux voix du PRI "Parti Révolutionnaire Institutionnel - Partido Revolucionario Institucional, membre de l'Internationale socialiste) et du Parti Vert de l'Environnement (sic) qui détiennent à eux deux la majorité absolue au congrès mexicain. Huit des 16 états qui ont pénalisé l'avortement sont gouvernés par le PRI, dont le leader est une femme.
D'après le ministère de la santé publique, il y a 600000 avortements par an au Mexique, parmi lesquels 100000 sont pratiqués clandestinement dans des conditions dangereuses. L'interdiction de l'avortement agite le spectre de l'obscurantisme des avorteuses clandestines qui avortaient les femmes avec des cintres. Dans six des états qui ont pénalisé d'avortement, les interruptions de grossesses et la mortalité des femmes enceintes sont cinq fois supérieures à la moyenne nationale.
Participation faible des femmes mexicaines dans la vie politique
Les congrès nationaux et locaux au Mexique se composent essentiellement d'hommes. Le taux de femmes qui siègent au congrès national (27%) est nettement inférieur à celui de Cuba (43 %), d'Argentine (40%), du Costa Rica (39%) et de pays africains comme le Mozambique, la Tanzanie et le Rwanda (49%.). Seulement 15% des membres du gouvernement de Calderon nommés à des postes importants sont des femmes, dans un pays où les femmes sont majoritaires (52%) – en Equateur, 35% des postes à responsabilité sont détenus par des femmes et en Argentine et au Chili, ce sont des femmes qui sont présidentes.
Il y a deux ans, le Mexique avait réformé le code électoral pour imposer un quota 40% de femmes au congrès mais le 2 septembre dernier, quand la Chambre des Députés nouvellement élue s'est réunie pour la première fois, huit femmes qui venaient d'être élues se sont levées l'une après l'autre et ont demandé une autorisation d'absence permanente. Elles ont alors été remplacées par leurs suppléants hommes, dont l'un d'eux était le mari d'une des élues. Dénonçant la violation de la prétendue "parité", inscrite dans le nouveau code, la féministe Gabriela Rodriguez, réagissait violemment dans le journal de gauche la Jornada contre cette mascarade, disant que ce n'était rien de moins qu'une fraude électorale à l'encontre les femmes.
Le livre que John Ross a écrit "El Monstruo - Dread & Redemption in Mexico City", "une letter d'amour" qui s'adresse à la ville la plus polluée, la plus conflictuelle et la plus corrompue des Amériques, sort le mois prochain.
Il a précédemment publié un livre "Iraqigirl", journal intime d'une adolescente qui grandit sous l'occupation US.
NB: les titres et les illustrations dans le texte ont été ajoutés.
Notes annexes:
- Omar Latif Sharif: en fait l'enquête a apparemment été bâclée (ce qui n'est pas étonnant) et Sharif, qui est détenu dans une cellule d'isolement, clame son innocence.
- Arturo Chavez (en anglais )
Mexique : La nomination très contestée d'Arturo Chávez comme procureur général.
A propos des femmes assassinées, Chavez avait affirmé, entre autres: “S'ils les ont violées et tuées ce n'était pas parce qu'elles allaient à la messe” et “C'est de leur faute si elles ont été attaquées, elles étaient habillées de façon provocante”.
(en espagnol: http://resistenciahastaelfin.blogsp...)
(Faut vraiment être facho pour dire ça, non?)
*Juarez
Ville située au nord, à la frontière entre le Mexique et les US et où se sont installées des multinationales qui emploient les damnés de la terre …
Le « féminicide » dans les républiques « maquiladoras »
par Francesca Gargallo
Article publié le 21 décembre 2005
Mais, si en France (et aux US) il existe des lois pour protéger les femmes et leur faire une place dans la vie civile, elles ne sont pas toujours appliquées avec le zèle que l'on serait en droit d'attendre. Il y en a même qui se placent carrément au-dessus de ces lois, laissant ces futilités au menu fretin.
Roman Polanski a beaucoup d’amis
Et enfin:
Petit rappel des chiffres: la Parité en France.
Part des femmes candidates et élues à l'Assemblée nationale en %
Source : ministère de l'Intérieur.
en 2002: 39,3; 12,1
en 2007: 41,6; 18,5 (on constate donc, tout d'abord, qu'ils mettent un max de femmes en position d'inéligibilité, ou alors dans des fiefs qu'ils peuvent pas gagner. Comment contourner la loi)
Ce qui nous placerait, tout de même, bien au-dessous du Mexique, finalement, si les chiffres sont exacts.
Meu, c'est bizarre, ça.
Ah, bin, non: je viens de regarder le classement mondial, eh bien, vous n'allez pas le croire: le Mexique est 28° et la France … 64°
Tenez, regardez vous-mêmes: ici
Argh, ces pays plus démocratiques que les autres, ils n'en font qu'à leur tête.
D'ailleurs, puisqu'on parle d'avortement chez nous, ça craint aussi
Il y avait une manif hier à 14H30 à Paris, à la Bastille.
Quand je vous dis qu'on n'est jamais tranquilles.
Faudrait être riche et célèbre.
Commentaires
Bein va vivre au Mexique, c'est plus paritaire. Blanche et gringa, si d'aventure t'aimes te fumer un ouinj au clair de lune et que tu te fais chopper, tu finiras au commissariat du coin, à poil devant une trentaine de bonshommes qui te demanderont simplement si tu veux fumer avec eux.
C'est arrivé il y a 30 ans à une de mes connaissances italiennes. Mais aujourd'hui avec la parité, tu serais peut-être violée en prime, même blanche et gringa.
Le nivellement pasr le bas, c'est bien ce pour quoi tu milites, non? ça devrait te faire plaisir...
Je laisse ce commentaire débile juste pour le fun. Les autres, s'il y en a, seront, comme d'hab, éliminés.
Désolée. Je ne "censure" pas, je tire la chasse.
Restez donc au chaud dans votre cloaque où vous insultez tout le monde. Votre opinion, je m'en tape.
Voui. Mais on a les mêmes à la maison contre l'avortement. Ils ne risqueront pas une loi, il y aurait (j'espère) trop de monde dans la rue. Mais c'est tout aussi efficace
Je copie un point de vue paru dans le monde
parce qu'après ça vire payant.
Le lien : http://www.lemonde.fr/archives/arti...
Point de vue
Non, ma fille, tu n'iras plus avorter à l'hôpital public !
LE MONDE | 15.10.09 | 14h23 • Mis à jour le 15.10.09 | 14h23
ientôt la loi du 30 novembre 1979 aura trente ans. Elle symbolise le mépris dans lequel sont tenues les femmes dès lors qu'il s'agit de disposer de leur corps, puisque la loi de 1975, dite loi Veil, n'a été votée que pour une durée de cinq ans, à l'essai.
Il fallait que les femmes, ces éternelles irresponsables, fassent leurs preuves ; qu'elles fassent montre d'une saine modération après la scandaleuse audace qu'elles avaient eue en descendant dans la rue, en signant des manifestes magnifiques, en pratiquant des avortements au sein du mouvement social exemplaire que fut le Mouvement pour la libération de l'avortement et la contraception (MLAC) ; il fallait qu'elles prouvent, évaluation démographique à l'appui, qu'elles n'avorteraient pas "par commodité".
En 1979, les parlementaires estimèrent donc que les femmes avaient donné satisfaction et mérité d'être confirmées dans leur nouveau droit. Ils votèrent la loi dite Veil-Pelletier, qui impose "l'obligation hospitalière" : chaque hôpital public doit créer une structure pour pratiquer les interruptions volontaires de grossesse. Il s'agit de faire d'un droit formel un droit réel, accessible à toutes (ce qui ne sera le cas qu'en 1982 avec le remboursement par la Sécurité sociale).
Aujourd'hui, la principale menace contre le droit à l'avortement ne vient plus de ses traditionnels opposants religieux, mis politiquement à genoux, mais du démantèlement de l'hôpital public. La situation de l'IVG à l'Assistance publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP) en Ile-de-France est exemplaire de la dégradation rampante mais planifiée des capacités de réponse du service public aux besoins de santé de la population.
Alors que les délais d'attente pour avorter sont de trois semaines et que plus de la moitié des IVG en Ile-de-France sont réalisées par le secteur privé qui ne respecte pas toujours les tarifs réglementaires et refuse parfois de prendre en charge les mineures ou les étrangères sans papiers, l'AP-HP n'a rien trouvé de mieux à faire que de fermer trois structures IVG depuis le mois de mai 2009 : celles des hôpitaux Jean-Rostand (Ivry-sur-Seine), Tenon (Paris-20e) et Broussais (Paris-14e). Le centre d'IVG de l'hôpital Avicenne (Bobigny) fermera bientôt. Ces quatre structures réalisaient environ 2 800 IVG, sur les 12 000 pratiquées chaque année à l'AP-HP en Ile-de-France.
L'AP-HP assure que cette activité sera transférée sur ses autres hôpitaux. Ces fusions de services sont superposables aux autres restructurations orchestrées par l'AP-HP dans d'autres domaines.
Dans la novlangue qu'elle pratique à merveille, cela s'appelle des "économies d'échelle". Le principe est simple et familier au monde de l'entreprise, et ce depuis qu'existe l'exploitation de l'homme par l'homme : il s'agit de faire faire le même travail par moins de monde. Le risque est grand que l'AP-HP profite de ces divers déménagements pour assouvir sa principale passion : supprimer des postes.
Autre échantillon de ce vocabulaire pittoresque qui s'apparente à la forêt amazonienne tellement il relève de la langue de bois : l'AP-HP jure ses grands dieux que l'IVG fait partie de ses "activités socles". En d'autres termes, elle considère qu'il s'agit d'un service de proximité. Chacun peut constater ce que devient la proximité et la qualité de l'accueil du public quand on supprime quatre structures IVG pour les agréger à d'autres plus lointaines. Il est permis de se faire du souci pour d'autres activités qui ne font pas partie dudit "socle"...
Cette politique supprime les centres d'IVG autonomes (produits de la lutte et de la pratique du MLAC) et les unités fonctionnelles d'IVG dont les personnels et les locaux sont dédiés à cette activité. Il s'agit de les noyer dans les services de gynécologie-obstétrique dont l'IVG est parfois la dernière des préoccupations, et d'en finir ainsi avec des équipes militantes et motivées, sous prétexte de réintégrer l'IVG dans le "droit commun" hospitalier - langage cette fois juridique qui vient rappeler à qui l'aurait oublié que le combat pour la légitimité de l'avortement n'est jamais définitivement gagné. Ce processus de normalisation répond donc à des objectifs économiques autant qu'idéologiques.
D'autre part, l'argument relatif à la nécessaire réduction des délais d'attente pour avorter est parfois utilisé à mauvais escient, notamment contre le service public. La possibilité d'avorter hors de l'hôpital par la méthode médicamenteuse doit être défendue comme un moyen d'élargir la palette de choix des femmes, non comme un prétexte pour dédouaner le service public de ses responsabilités en matière d'avortement.
Et pendant que le service public de santé se saborde, le privé se désengage progressivement de la pratique des IVG, jugée peu rentable.
Le gouvernement et la direction de l'AP-HP présentent cette évolution comme inéluctable, ce qui correspond à une technique de communication largement éprouvée pour désarmer les luttes et toute velléité de contestation de la part des professionnels et des usagers. Pourtant, il s'agit bien d'une politique consciente, entamée depuis plusieurs années sous la houlette des gouvernements successifs et qui concerne l'ensemble du système de santé, et son échec est patent : depuis 1987, la moitié des maternités françaises ont été fermées, et avec elles leur activité IVG.
L'argument selon lequel ces fermetures sont liées à des impératifs de sécurité est un mensonge, et loin de réduire les inégalités sociales, cette politique les creuse : la très riche ville de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a conservé trois maternités pour ses 70 000 habitants, tandis que l'ouest du Val-de-Marne n'a plus que deux maternités pour 400 000 habitants et quatorze agglomérations. Un des résultats de cette politique désastreuse, c'est que la situation actuelle de l'avortement à l'hôpital public correspond à un recul grave par rapport à l'obligation hospitalière incluse dans la loi de 1979.
Cette dégradation du service public de santé n'est pas inévitable, elle résulte de décisions politiques. La politique, c'est le rapport de forces. Ce que le pouvoir politique a fait, les luttes sociales peuvent le défaire. La lutte paie, en 1979 comme en 2009, et c'est pour cette raison parmi d'autres que nous manifesterons nombreuses et nombreux le 17 octobre, pour les droits des femmes, pour leur liberté, pour leur autonomie, pour la défense de l'hôpital public et de ses structures IVG autonomes (en termes de personnel, de budget et de direction), et pour la création d'autres structures dédiées à l'IVG dans les hôpitaux où elles n'existent pas.
Pour que le droit à l'avortement ne soit pas un article de loi sans contenu ni garantie, mais un droit réel, pour toutes. En 1979 comme en 2009.
Maud Gelly, Béatrice Fougeyrollas et Emmanuelle Lhomme, médecins au centre d'IVG de l'hôpital de Colombes (Hauts-de-Seine). Maya Surduts et Nora Tenenbaum, militantes de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception.
Merci Christine pour cet article très clair sur la situation actuelle.
En effet, dans les pays occidentaux, ils avancent masqués: en fermant les centres d'IVG, en les isolant du reste des services hospitaliers, en les marginalisant, en retardant les échéances, en les livrant aux services marchands, et, comme aux US, en harcelant constamment le personnel (voire en les assassinant), on en arrive à ce que les femmes n'aient plus accès à l'avortement libre et gratuit.
Surtout dans les banlieues et dans les campagnes, où les centres sont de plus en plus éloignés et souvent inaccessibles à la majorité, et en particulier, aux plus jeunes.
Alors, il est difficile de lutter contre, dans la mesure où les lésé-es sont marginalisé-es et dans l'incapacité de s'organiser, donc, surtout dans l'urgence.
Et puis, il y a cette fameuse "clause de conscience" qui permet à un médecin de refuser une IVG. Pareil pour la contraception et la "pilule du lendemain".
Donc, si c'est pire ailleurs, on ne peut certes pas en conclure que c'est rose ici.
La manif de samedi a, semble-t-il, remporté un franc succès.
Mais avec les marionnettes qui sont censées nous gouverner, je crains le pire.
l'avortement salement menacé en Europe.
En Italie beaucoup de médecins refusent de le pratiquer, la loi leur permet d'être objecteurs de conscience.
Résultat, dans certaines villes il est devenu pratiquement impossible d'avorter.
même obtenir la pilule du lendemain est une véritable galère.
En Espagne hier, plus d'un millions de personnes contre l'avortement
http://www.20minutes.fr/article/355...
et ce genre de connerie, ça fait toujours tache d'huile!
Pauvres de nous!
Merci, Céleste, pour ce lien. En effet, l'Espagne également.
Et l'Irlande aussi.
Quant à la "clause de conscience" accordée aux médecins et aux pharmaciens, c'est scandaleux.
Pour revenir aux US, où justement les distances sont bien plus importantes, il y a des villes entières où les pharmaciens refusent de délivrer des contraceptifs, a fortiori la pilule du lendemain. Et on comprend bien qui en pâtit et qui peut en bénéficier.
En Afrique, Bush avait interdit aux ONG de parler de contraception et d'avortement, de limiter la distribution de préservatifs et de prôner l'abstinence, sous peine de leur sucrer les subventions. Cette interdiction aurait été levée avec le nouveau président.
N'empêche que cette mesure sera à nouveau remise en question au changement de majorité.