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1984 n'était PAS censé être un manuel d'utilisation

Indect, projet de recherche pour un Big Brother européen

L'union européenne finance un projet de services secrets virtuels pour surveiller "les comportements anormaux".

L'UE dépense des millions de livres pour développer des programmes informatiques "orwelliens" destinés à écumer le web et à lire des images prises par des caméras de surveillance pour traquer les "comportements anormaux".

Un projet de recherche de cinq ans, appelé Project Indect, a pour objectif de développer des logiciels qui serviront d'agents de surveillance "pour scruter et traiter les renseignements trouvés sur les sites web, les forums de discussion, les serveurs de fichiers, les réseaux peer-to-peer, et même les ordinateurs personnels.
Un de ses objectifs principaux sera "la détection automatique de menaces et de comportements anormaux ou violents".
Participeront à l'Indect, qui a reçu près de 10 millions de livres de subventions de la part de l'UE, les services de police de l'Irlande du Nord (PSNI) et les informaticiens de l'université de York, ainsi que leurs collègues de neuf autres pays européens.
Shami Chakrabarti, directrice de l'association pour la défense des droits humains "Liberty" qualifie l'introduction de ces techniques de surveillance de masse de "mesure sinistre" pour un pays, ajoutant que c'est "carrément effroyable" à l'échelle européenne.
Ce projet d'étude Indect, qui a été lancé cette année, s'inscrit dans les objectifs de l'Union Européenne qui cherche à renforcer son rôle dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme et la gestion des flux migratoires, après avoir augmenté de 13,5% son budget de fonctionnement dans ces domaines, qui s'élève aujourd'hui à près de 900 millions de livres (~1,4 milliards d'euros).

La Commission Européenne veut voir se développer une "culture commune" du maintien de l'ordre dans toute l'UE et souhaite qu'un tiers des officiers de police – plus de 500.000 au Royaume Uni seulement – reçoive une formation sur les Affaires Européennes dans les cinq années à venir.
D'après le groupe de réflexion "Open Europe", l'importance croissante qui est accordée à la coopération et au partage des données implique que les forces de police européennes pourront avoir vraisemblablement accès à des fichiers sensibles dont dispose la police britannique, parmi lesquelles la base de données ADN du Royaume Uni.
Open Europe estime également que le nombre de citoyens britanniques qui seront extradés grâce au controversé mandat d'arrêt européen sera multiplié par trois. Stephen Booth, analyste d'Open Europe qui a contribué à constituer un dossier sur le projet juridique européen, déclare que ces nouveaux projets tels Indect lui ont semblé "orwelliens" et posent la question des libertés individuelles.
"Ce que j'ai noté fait plutôt peur. Ces projets constitueraient une atteinte à la vie privée considérable et les citoyens sont en droit de se demander si l'UE doit dépenser l'argent de leurs impôts pour ça", dit-il.
"L'UE manque de contrepouvoirs et rien ne dit que quiconque ait demandé 'Est-ce que tout ça est réellement dans l'intérêt de nos concitoyens?".
Miss Chakrabarti déclare: "Etablir le profil de populations entières au lieu de surveiller des suspects particuliers, c'est une mesure sinistre dans toute société". C'est déjà dangereux à l'échelle nationale, mais à l'échelle européenne, cette idée donne froid dans le dos".
Sur le site officiel de Project Indect, on apprend que parmi les objectifs principaux il y a "le développement d'une plateforme de base de données servant à l'enregistrement et l'échange de données opérationnelles, l'acquisition des documents multimédias, le traitement intelligent de toutes les informations et la détection automatique de risques et la reconnaissance de comportements anormaux ou violents ".
Le site parle de:

"construction d'outils qui serviraient à exercer une surveillance constante et automatique des ressources publiques telles que: les sites web, les forums de discussions, les newsgroups d'Usenet, les serveurs de fichiers, les réseaux P2p ainsi que les ordinateurs personnels, pour créer un système de recueil de renseignements via internet, à la fois actifs et passifs.

Le site web du département informatique de l'Université de York explique que son rôle est de

"développer des techniques de langage informatique destinées à recueillir les informations sur Internet". "Nous nous attachons plus particulièrement à développer des techniques nouvelles pour créer une base de notions lexicales compréhensibles de tous, et permettre la résolution de noms, l'extraction de relations, l'analyse de réseaux sociaux et le "sentiment analysis" , est-il précisé.

Un autre projet de recherche financé par l'UE, l'Adabts - Automatic Detection of Abnormal Behaviour and Threats in crowded Spaces (Détection automatique de comportement anormal et de menaces dans des lieux très fréquentés) – a été doté de 3 millions de livres (€ 4,5 M) . Le siège se trouve en Suède mais parmi les parties prenantes de ce projet, il y a le ministère de l'intérieur britannique et le groupe d'armement BAE Systems .
L'objectif d'Adabts est de développer des modèles-types de "comportements suspects" afin qu'ils puissent être détectés facilement grâce à la vidéo surveillance ou autre. Ce système analyserait le son de la voix d'individus, leur démarche, et les suivrait au milieu d'une foule.
Le chef de projet, le professeur Jorgen Ahlberg, de l'agence de recherche de la défense en Suède (Swedish Defence Research Agency) affirme que ce système n'est destiné qu'à aider les agents chargés de la vidéosurveillance à détecter l'apparition de problèmes.

"En général, les gens ne s'engagent pas dans une bagarre à la seconde même", dit-il "Ils commencent par se disputer et se bousculer". Il ne s'agira pas de dire :'Ah, vous vous bousculez, alors, on va vous arrêter', mais cela constituera une façon de signaler aux agents de surveillance qu'il se passe quelque chose d'anormal".
"S'il s'agit d'un centre commercial, on peut envoyer un agent de la sécurité dans les parages et il y a des incidents (une bagarre, par ex) qui pourraient être évitées".

Open Europe pense que les renseignements recueillis par Indect et d'autres systèmes similaires pourraient être utilisés par un organisme peu connu du public, le *Centre de Situation Conjoint (SitCen), qui, affirme-t-il, est en réalité l'amorce d'une agence de services secrets européens". Ses détracteurs disent que ce centre pourrait devenir la "CIA européenne".
Le dossier indique : " Le Centre de Situation Conjoint (le SITCEN) de l'UE a été créé à l'origine pour surveiller et évaluer partout dans le monde et 24 heures sur 24 des événements et des situations qui portent plus particulièrement sur d'éventuelles crises régionales, le terrorisme et la prolifération d'ADM (Armes de destruction massive).

"Cependant, depuis 2005, le SITCEN est utilisé pour le partage de données sur le contre-terrorisme". "Si le rôle du SITCEN devenait plus important, ce serait inquiétant dans la mesure où cet organisme est entouré d'un voile de mystère ".
"Elargir le rôle de ce qui est, en fait, une amorce de 'service secret européen' soulève des questions essentielles de supervision politique dans les états membres".

Gerry Murray, chef de la Police d'Irlande du nord, explique que le rôle principal des forces de police serait de chercher si ce système, dont il dit qu'il pourrait être mis en place au niveau national ou européen, serait un outil valable pour la police.
"C'est actuellement essentiellement très académique et scientifique pour le moment. Nos budgets sont en baisse, nos effectifs également et il nous faut nous appuyer sur les nouvelles technologies pour faire baisser d'ici cinq ans le taux de criminalité et lutter contre les bandes de voyous", a-t-il déclaré.
"Il y aura un code de déontologie à respecter au sein de l'Indect: à savoir, si ce que nous proposons est autorisé par la législation du pays qui va l'employer, se demander qui va superviser les opérations et si cela ne porte pas atteinte aux droits humains".

Note:

  • Centre de Situation Conjoint (SITCEN)

Une nouvelle Agence de renseignement développée sous la direction du Haut Représentant Javier Solana. Sa première tâche fut de réunir des renseignements au bénéfice de la première mission militaire de l’UE en Macédoine.

NB: Cet article paru dans le Telegraph est signalé sur le site Contre Info




Vidéo:

Big Brother State

Message Personnel:

Irlandais, Irlandaises: ce que vous avez fait une fois, vous pouvez le refaire!

A message to you, Irish men and women: you did it once, you can do it again!

Please, just say: NO!

55% (probably more, now) of the French support you.