Big Brother compte bien mettre toute l'Europe sous haute surveillance
Par emcee le jeudi 1 octobre 2009, 22:18 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Ils en rêvent: nous ficher tous, avoir notre pédigrée, nous épier, savoir qui on est, où on est, où on va, ce qu'on fait, ce qu'on va faire et pourquoi. C'est déjà le cas, mais ce n'est pas encore bien coordonné au niveau de l'Europe.
Eh bien, cela ne saurait tarder. Juste un peu de patience. D'ici cinq ans, il y aura probablement une base de données européenne où les renseignements sur chaque citoyen de l'UE seront à disposition des services de police ou d'espionnage.
Mais pas que. Il y a fort à parier qu'il y aura des tas d'organismes, à qui, pour une raison ou une autre, sera conférée la légitimité de fouiller dans votre vie privée.
C'est déjà effrayant? Ce sera PIRE.
Surtout quand on sait qu'aucune base de données n'est inviolable pour tout bidouilleur futé qui veut se donner la peine de s'y intéresser.
Sans compter que plus il y a d'utilisateurs, plus il y a de risques d'erreurs ou de falsifications.
Mais peu importe, les zélites en place bouclent tout pour nous tenir dans le creux de la main afin de s'assurer que personne ne pourra jamais les déboulonner.
Traduction d'un article de Ian Johnston paru dans le Telegraph, quotidien britannique, le 19 septembre 2009.

1984 n'était PAS censé être un manuel d'utilisation
Indect, projet de recherche pour un Big Brother européen
L'union européenne finance un projet de services secrets virtuels pour surveiller "les comportements anormaux".
L'UE dépense des millions de livres pour développer des programmes informatiques "orwelliens" destinés à écumer le web et à lire des images prises par des caméras de surveillance pour traquer les "comportements anormaux".
Un projet de recherche de cinq ans, appelé Project Indect, a pour objectif de développer des logiciels qui serviront d'agents de surveillance "pour scruter et traiter les renseignements trouvés sur les sites web, les forums de discussion, les serveurs de fichiers, les réseaux peer-to-peer, et même les ordinateurs personnels.
Un de ses objectifs principaux sera "la détection automatique de menaces et de comportements anormaux ou violents".
Participeront à l'Indect, qui a reçu près de 10 millions de livres de subventions de la part de l'UE, les services de police de l'Irlande du Nord (PSNI) et les informaticiens de l'université de York, ainsi que leurs collègues de neuf autres pays européens.
Shami Chakrabarti, directrice de l'association pour la défense des droits humains "Liberty" qualifie l'introduction de ces techniques de surveillance de masse de "mesure sinistre" pour un pays, ajoutant que c'est "carrément effroyable" à l'échelle européenne.
Ce projet d'étude Indect, qui a été lancé cette année, s'inscrit dans les objectifs de l'Union Européenne qui cherche à renforcer son rôle dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme et la gestion des flux migratoires, après avoir augmenté de 13,5% son budget de fonctionnement dans ces domaines, qui s'élève aujourd'hui à près de 900 millions de livres (~1,4 milliards d'euros).
La Commission Européenne veut voir se développer une "culture commune" du maintien de l'ordre dans toute l'UE et souhaite qu'un tiers des officiers de police – plus de 500.000 au Royaume Uni seulement – reçoive une formation sur les Affaires Européennes dans les cinq années à venir.
D'après le groupe de réflexion "Open Europe", l'importance croissante qui est accordée à la coopération et au partage des données implique que les forces de police européennes pourront avoir vraisemblablement accès à des fichiers sensibles dont dispose la police britannique, parmi lesquelles la base de données ADN du Royaume Uni.
Open Europe estime également que le nombre de citoyens britanniques qui seront extradés grâce au controversé mandat d'arrêt européen sera multiplié par trois.
Stephen Booth, analyste d'Open Europe qui a contribué à constituer un dossier sur le projet juridique européen, déclare que ces nouveaux projets tels Indect lui ont semblé "orwelliens" et posent la question des libertés individuelles.
"Ce que j'ai noté fait plutôt peur. Ces projets constitueraient une atteinte à la vie privée considérable et les citoyens sont en droit de se demander si l'UE doit dépenser l'argent de leurs impôts pour ça", dit-il.
"L'UE manque de contrepouvoirs et rien ne dit que quiconque ait demandé 'Est-ce que tout ça est réellement dans l'intérêt de nos concitoyens?".
Miss Chakrabarti déclare: "Etablir le profil de populations entières au lieu de surveiller des suspects particuliers, c'est une mesure sinistre dans toute société". C'est déjà dangereux à l'échelle nationale, mais à l'échelle européenne, cette idée donne froid dans le dos".
Sur le site officiel de Project Indect, on apprend que parmi les objectifs principaux il y a "le développement d'une plateforme de base de données servant à l'enregistrement et l'échange de données opérationnelles, l'acquisition des documents multimédias, le traitement intelligent de toutes les informations et la détection automatique de risques et la reconnaissance de comportements anormaux ou violents ".
Le site parle de:
"construction d'outils qui serviraient à exercer une surveillance constante et automatique des ressources publiques telles que: les sites web, les forums de discussions, les newsgroups d'Usenet, les serveurs de fichiers, les réseaux P2p ainsi que les ordinateurs personnels, pour créer un système de recueil de renseignements via internet, à la fois actifs et passifs.
Le site web du département informatique de l'Université de York explique que son rôle est de
"développer des techniques de langage informatique destinées à recueillir les informations sur Internet". "Nous nous attachons plus particulièrement à développer des techniques nouvelles pour créer une base de notions lexicales compréhensibles de tous, et permettre la résolution de noms, l'extraction de relations, l'analyse de réseaux sociaux et le "sentiment analysis" , est-il précisé.
Un autre projet de recherche financé par l'UE, l'Adabts - Automatic Detection of Abnormal Behaviour and Threats in crowded Spaces (Détection automatique de comportement anormal et de menaces dans des lieux très fréquentés) – a été doté de 3 millions de livres (€ 4,5 M) . Le siège se trouve en Suède mais parmi les parties prenantes de ce projet, il y a le ministère de l'intérieur britannique et le groupe d'armement BAE Systems .
L'objectif d'Adabts est de développer des modèles-types de "comportements suspects" afin qu'ils puissent être détectés facilement grâce à la vidéo surveillance ou autre. Ce système analyserait le son de la voix d'individus, leur démarche, et les suivrait au milieu d'une foule.
Le chef de projet, le professeur Jorgen Ahlberg, de l'agence de recherche de la défense en Suède (Swedish Defence Research Agency) affirme que ce système n'est destiné qu'à aider les agents chargés de la vidéosurveillance à détecter l'apparition de problèmes.
"En général, les gens ne s'engagent pas dans une bagarre à la seconde même", dit-il "Ils commencent par se disputer et se bousculer". Il ne s'agira pas de dire :'Ah, vous vous bousculez, alors, on va vous arrêter', mais cela constituera une façon de signaler aux agents de surveillance qu'il se passe quelque chose d'anormal".
"S'il s'agit d'un centre commercial, on peut envoyer un agent de la sécurité dans les parages et il y a des incidents (une bagarre, par ex) qui pourraient être évitées".
Open Europe pense que les renseignements recueillis par Indect et d'autres systèmes similaires pourraient être utilisés par un organisme peu connu du public, le *Centre de Situation Conjoint (SitCen), qui, affirme-t-il, est en réalité l'amorce d'une agence de services secrets européens". Ses détracteurs disent que ce centre pourrait devenir la "CIA européenne".
Le dossier indique : " Le Centre de Situation Conjoint (le SITCEN) de l'UE a été créé à l'origine pour surveiller et évaluer partout dans le monde et 24 heures sur 24 des événements et des situations qui portent plus particulièrement sur d'éventuelles crises régionales, le terrorisme et la prolifération d'ADM (Armes de destruction massive).
"Cependant, depuis 2005, le SITCEN est utilisé pour le partage de données sur le contre-terrorisme". "Si le rôle du SITCEN devenait plus important, ce serait inquiétant dans la mesure où cet organisme est entouré d'un voile de mystère ".
"Elargir le rôle de ce qui est, en fait, une amorce de 'service secret européen' soulève des questions essentielles de supervision politique dans les états membres".
Gerry Murray, chef de la Police d'Irlande du nord, explique que le rôle principal des forces de police serait de chercher si ce système, dont il dit qu'il pourrait être mis en place au niveau national ou européen, serait un outil valable pour la police.
"C'est actuellement essentiellement très académique et scientifique pour le moment. Nos budgets sont en baisse, nos effectifs également et il nous faut nous appuyer sur les nouvelles technologies pour faire baisser d'ici cinq ans le taux de criminalité et lutter contre les bandes de voyous", a-t-il déclaré.
"Il y aura un code de déontologie à respecter au sein de l'Indect: à savoir, si ce que nous proposons est autorisé par la législation du pays qui va l'employer, se demander qui va superviser les opérations et si cela ne porte pas atteinte aux droits humains".
Note:
- Centre de Situation Conjoint (SITCEN)
Une nouvelle Agence de renseignement développée sous la direction du Haut Représentant Javier Solana. Sa première tâche fut de réunir des renseignements au bénéfice de la première mission militaire de l’UE en Macédoine.
NB: Cet article paru dans le Telegraph est signalé sur le site Contre Info
Vidéo:

Commentaires
Merci, Emcee ...
C'est le genre d'infos qui n'arrive pas à m'inquiéter vraiment. La complexité des données à traiter me parait nous mettre à l'abri. Ou alors, on pourra (pourrait ?) lancer une campagne pour avoir toustes des "comportements suspects" à répétition, histoire de saturer les outils
De l'oeil de Big-Princen aux tazers du petit Dernier, il n'y qu' un ou deux bureaux d'écart, tu sais ...
(tu dois le savoir, toi qui dressas la liste des programmes inoffensifs qui assurent notre bien-être ...)
http://aldebaran.eu.org/index.php?2...
On n'est jamais "concerné" pas ces énormités. Mais quand je passe ta carte SuperU chez la marchande, elle voit ton nom, et plein d'autres trucs ... Tu le savais ?
On s'en fout parce qu'on ne truque pas des matches de l'OM.
Il ne s'agit pas de répandre la peur, il s'agit de savoir contre QUOI on espère se battre avec nos misérables pancartes et nos sabres de bois.
Nous sommes leur "vermine" des temps prochains, et il n'y a pas de solution de continuité entre ces hyper-programmes de surveillance totalitaires et les bombes au phosphore qui pacifient Gaza à l'approche de certaines élections.
C'est foncièrement la même logique, le même but, seul le contexte change...
Il est vrai que l'énormité du potentiel de données à traiter pour que les requins se sentent tranquilles nécessite encore de raffiner un peu les outils ... Patience.
Tarnac prouve qu'on peut avoir de très bons résultats avec fort peu d'éléments....
Salut, Christine,
Moi, je trouve cela effrayant parce qu'il s'agit de constituer des dossiers à charge - et que ces dossiers, plus ou moins exacts, contenant des informations confidentielles, infos qui auront été rentrées par on ne sait qui,avec ses subjectivités, ses approximations sémantiques, etc. seront non seulement à portée de main du commissaire du coin, mais encore, elle poursuivront la personne partout où elle ira, en Europe, mais également aux US. Il n'y a aucune illusion à se faire: cela fait des années que les US demandent les fichiers des Européens.
Tout cela s'inscrit dans le cadre de ce capitalisme arrogant et méprisant qui pille les ressources des citoyens dans le monde entier.
Les zélites ont franchi un cap aujourd'hui et savent très bien que si elles ne se barricadent pas, si elles ne musèlent pas la plèbe, celle-ci se retournera contre elles un jour ou l'autre.
Et elles construisent donc des blockhaus.
Il n'y a qu'à voir à Pittsburgh.
Elles appliquent donc la méthode de la police avec les proxénètes, les petits trafiquants de drogue et autres délinquants: le chantage et l'exemple.
Enfin, c'est ce que je vois venir.
En cela, l'affaire Polanski est claire: alors que le "pédophile" (qui ne court pas les rues, contrairement à ce qu'on nous laisse croire - ceux qui s'attaquent aux enfants font souvent partie du cercle familial) est devenu l'épouvantail (avec le "terroriste") pour justifier de mesures liberticides destinées à ficher les citoyens (cf. prélèvements d'ADN, censure sur Internet), la caste supérieure, défend bec et ongles un type qui entre justement dans la catégorie ... "pédophile". Mais aucun de ces gens n'a prononcé ce mot. Il y a deux mondes parallèles.
On en arrivera vite (même si cela est déjà bien entamé - voir Coupat) à une justice et une police qui seront au service de cette caste.
Voilà, dit brièvement, ce que je pense des fichages et de la politique qui se met en place à vive allure.
Pour ce qui est d'avoir toustes des comportements suspects: ils sauront vite fait de mater la majorité et de mettre les autres hors d'état de nuire en les jetant en pâture à la vindicte populaire (voir encore comment ils ont traité ceux qui se révoltaient contre les injustices dans les quartiers en se mettant la majorité de la population dans la poche).
bonsoir, Chomp,
je n'avais pas vu ton com' pendant que je répondais à Christine.
Tout à fait d'accord avec toi: on voit bien l'escalade: en quelques années, la répression a été de plus en plus violente, les policiers accusent pratiquement systématiquement les manifestants d'injures et/ou de coups et blessures.
Et comme tu dis, ils arrivent déjà à faire beaucoup avec peu d'éléments, mais là, il s'agit de populations entières (mondiales) à mater.
Pour ce qui est des données, évidemment, il va falloir du temps pour tout centraliser. Mais ils ont déjà plein de renseignements sur les groupes contestataires. Ceux-là sont déjà fichés, il suffit de faire remonter l'info le plus haut possible.
Et même des trucs anodins destinés à protéger la population, comme aller porter plainte au commissariat pourront être inscrits dans les fichiers. Anodins pour nous, peut-être pas pour celui qui les lira et les interprètera à sa façon. .
"Pouvoir frapper n'importe qui n'importe quand, où qu'ille se trouve, et en extraire n'importe quoi, par exemple une nième muletta à agiter au 20heures".
C'est un aspect du rêve hitléromorphe qui pousse tranquillement à l'ombre de nos incrédulités ...
Bonsoir vous !
c'est chez emcee, la causerie, ce soir ? j'arrive ! ;-))
Figurez-vous que je machouillais ce sujet depuis quelques jours, et j'ai finis par trouver ce qui faisait tinter mon neurone de cette façon agaçante qu'il a, de temps à autres. Je vous le livre tout brut.
Ces plans Orwelliens ne prennent sens que dans un monde lui-même Orwellien. A savoir, entre autre : surpopulation urbaine. Les "scientifiques" qui bossent sur ces programmes prennent cette donnée comme hypothèse de travail. Ce qui sous-entend que personne ne leur à suggéré qu'un autre monde était possible.
Et qu'il faudra pas compter sur eux pour l'inventer.
Oui, je sais : j'ai une dent contre eux, et ça commence à se voir.
Et puis, je ne sais si vous connaissez ça: http://gigapan.org/viewGigapanFullscreen.php?auth=033ef14483ee899496648c2b4b06233c. Impressionnant, non?
La ville surpeuplée est le lieu des grandes dépendances...
Bon yapuka partir en cambrousse.Hop.
@ Patrick: tout à fait exact. Quoique les campagnes subissent aussi des dépendances. En particulier pour certains services (santé, par ex).
Mebahel: pourquoi pas, mais pas comme qui disait qu'il fallait déplacer les villes à la campagne