Alors, on rivalise de mauvais goût pour être celui qui ira le plus caresser dans le sens du poil cette partie de France rance qui, il y a soixante ans, ne brillait pas par son empathie quand des wagons entiers de parias tout désignés partaient pour les camps de concentration ou d'extermination.
Mais comme les objets de la vindicte populaire ne sont plus les mêmes (normal, en un sens, les autres sont majoritairement morts ou bien avancés dans l'âge), eh bien, on n'a pas l'impression que l'histoire se répète et qu'on ne devrait pas jouer avec ça. Mais de toute façon, les camps, les génocides, toussa, c'est juste pour justifier d'autres camps, d'autres génocides, d'autres guerres si profitables à la même clique mondiale depuis des décennies, voire des siècles.
Alors, aujourd'hui un ministre de la "République" peut se lâcher devant les caméras pour dire des Arabes "Quand y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes", prétendant, d'abord, et, contre toute vraisemblance, qu'il parlait des … Auvergnats. Puis, affirmant que c'était, en fait, de l'"humour". Ou l'inverse, peu importe.
Un tel humour dévastateur, j'en aurais bien besoin pour animer la communion du petit dernier. On s'adresse à qui pour louer ses services?

Et tout le monde s'y est mis avec plus ou moins d'ardeur avec, comme chef de file, le squatteur de l'Elysée. Et quel chef de file, qui rappelait avec beaucoup de drôlerie que les musulmans égorgeaient les moutons dans la baignoire et que l'Africain n'était pas assez entré dans l'histoire!
Quelle poilade! J'en ris encore.
Et si ça fait rire le bon Français, oui, le "souchien", comme ils disent, celui dont les ancêtres (pas lui, il n'a très souvent même pas ce mérite d'avoir choisi la terre sur laquelle il voulait vivre, lui, ni s'être battu pour y rester – il aurait même baissé son froc en d'autres temps - il a trouvé ça tout cuit, comme un don de dieu, quoi) étaient déjà sur le terrain avant même que Charles Martel ne fasse œuvre de salubrité publique, eh bien, faut pas lésiner.

C'est dingue un truc pareil, quand on y pense, non? Sur ce territoire, on aurait pu in fine parler arabe, saxon, viking, allemand, russe, que sais-je – et en être fiers, qui sait? - eh bien, non!, on parle, je vous le donne en mille … français! Même si c'est très approximatif pour certains et que cela ne préserve pas de la vulgarité - ni du verbe, ni de la pensée, ni des deux.

Mais c'est comme ça, les miracles.
Alors, au lieu de considérer comme un miracle que d'être né sous une bonne étoile, de n'avoir pas vu ses richesses pillées par des rapaces, de n'avoir pas eu d'ascendants réduits à l'esclavage ou génocidés, eh bien, l'autochtone enraciné pense que tout cela lui est dû comme une sorte de reconnaissance de sa supériorité et que les autres doivent rester "chez eux" et pas venir se mélanger avec cette race si pure, si belle et au si bel esprit.
Celui des Lumières.
Encore un truc dont ils s'octroient les mérites sans avoir jamais apporté leur pierre à l'édifice, bien au contraire.
Comme si l'intelligence et l'humanisme d'une poignée ne pouvaient générer obscurantisme et barbarie. Comme si l'art, la grâce et la beauté de l'âme étaient héréditaires et exclusifs et que quelque force surnaturelle leur enjoignait de préserver ces dons intacts et immaculés, hors d'atteinte d'autres grâces et d'autres beautés, étranges celles-là.

Mais il faut bien se raccrocher aux branches pour oublier qu'en réalité, l'un dans l'autre, nous descendons tous du singe.

Alors, disais-je, on ne compte plus les "penseurs" de ce triste début de siècle qui se lâchent sur l'infériorité de l'être tout simplement parce qu'il n'a pas eu le privilège de naître avec la bonne couleur de peau, dans la bonne ethnie, du bon côté de la colonisation, dans cette Douce France.

Les exemples abondent dans ce sens et les hommes politiques, de droite ou de gauche, explicitement ou par leur silence, entretiennent le mythe de l'homme "civilisé" et du "barbare".
Le mythe de l'homme qui se lève hardiment le matin pour participer aux richesses de son pays et de l'assisté qui attend qu'on vienne lui donner la becquée.
Cet assisté qui vient de contrées lointaines où il n'a pas eu le courage de travailler à extraire les ressources naturelles de son pays pour donner à manger à sa famille, laissant ce travail à de courageux étrangers altruistes, et qui viendrait en catimini chez nous pour profiter des bienfaits de l'état-providence.
Et c'est ainsi que tous ceux qui ont caméras et micros à portée de main - "philosophes", secrétaire perpétuelle de l'Académie française, directeur de France Inter, animateurs télé, journalistes et autres icones médiatisées - trouvent, en vrac, qu'il y a trop de Noirs dans les équipes de France, que les Africains procréent comme des lapins et avec une multitude d'épouses – qu'ils installent dans la soie en France aux frais du contribuable – et surtout qui accréditent la thèse du complot islamiste qui cherche à envahir le pays et s'en emparer sournoisement, en dénonçant parallèlement l'antisémitisme de tout ce qui bouge, qui n'a pas le sionisme chevillé à l'âme et ne porte pas en soi la haine des autres.
Cette haine qu'ils nourrissent jour après jour pour banaliser le racisme, aller massacrer le barbare et faire des antiracistes les monstres modernes.
Beau retournement de situation sur fond de Shoah, dont les victimes n'ont, hélas, et opportunément, plus leur mot à dire sur cette imposture.
Du grand art impérialiste et colonial.
Les zélites qui se partagent le magot depuis des siècles sont devenues tellement voraces qu'elles ne veulent même plus en faire profiter une classe moyenne qu'elle gardait sous le coude en lui accordant quelques concessions.
Aujourd'hui, on ne plaisante plus: on prend tout et on se le répartit entre soi.
Mais comment faire pour faire tenir tranquilles ceux qu'on rapine? Répandre le racisme et la terreur. Et, ça, l'extrême-droite a toujours su faire.
Alors, on lui laisse gagner du terrain dans tous les esprits. On ignore ou absout ses exactions, on criminalise les contestataires (faucheurs, manifestants altermondialistes, étudiants, "aidants", pseudo-"ultragauche", anticapitalistes, antisionistes, etc.), on radicalise la police, on bride la justice, on musèle l'opposition (partis, syndicats) avec quelques hochets, et d'une manière générale, on instille petit à petit la peur en chacun d'entre nous pour le mettre hors d'état d'agir.
Oui, mais voilà, quand les fachos font la loi, il n'y a plus d'état de droit.
Mais qui s'en soucie? Le citoyen lambda, lui, n'"a rien à se reprocher". A priori. Et il est ravi de pouvoir enfin dire tout haut ce qu'il a toujours pensé tout bas. En toute impunité.
Avec autant de monde dans leur poche, les ministres de l'immigration et du bâton ont beau jeu d'expliquer que s'ils traquent les immigrés, s'ils détruisent leur camp et s'ils criminalisent ceux qui les aident, c'est parce qu'ils veulent atteindre les passeurs.
Qui, eux, attendent évidemment qu'on vienne les cueillir là où ils ne sont pas.
Ils ont beau jeu d'expliquer qu'ils veulent faire cesser le travail clandestin et punir ceux qui emploient des sans-papiers quand il y a tant de grandes entreprises qui les emploient de notoriété publique et aucun grand patron sous les verrous.
Ils ont beau jeu d'expliquer qu'il faut aller massacrer des populations innocentes qui nourriraient en leur sein des terroristes prêts à faire sauter la terre entière.
Le Français, ce descendant des Lumières, lui, est tout prêt à croire ce qu'on lui fait gober, parce que son racisme aveugle et son sentiment de supériorité s'accommodent très bien de telles inepties. Il en redemanderait même. Et en rajouterait, pour le coup.
Pauvres débiles qui se laissent dicter ce qu'ils doivent penser et qui croient penser par eux-mêmes.

Oui, mais voilà, les débiles triomphent actuellement.
Et ils tiennent, d'ailleurs, le haut du pavé aux Etats-Unis où des bandes d'extrême-droite mandatées par les multinationales s'en vont semer la terreur dans les meetings consacrés à la réforme des soins de santé.
Depuis l'élection d'Obama, ces groupes fachos – dont certains de leurs gourous, et non des moindres, animent des émissions de grande écoute dans les médias - n'ont de cesse de crier plus fort que les autres pour décrédibiliser toute mesure qui, pour une fois, essaierait de réparer des injustices flagrantes.
Attaquant Obama sur la couleur de sa peau, sur sa famille kényane musulmane, le caricaturant en singe, en terroriste islamiste, le traitant d'antéchrist, j'en passe.
Racisme et fascisme de groupes ou d'individus orchestrés à grands coups de milliards par les grandes entreprises qui ne veulent pas perdre un cent des milliards de milliards qu'ils ont extorqués aux populations.
Pendant ce temps-là, des familles entières ont été jetées à la rue, mais les aides vont en abondance remettre à flot ceux-là mêmes qui les ont coulées. Dans l'indifférence quasi-générale. Chacun pour sa peau.
Mais voilà, rien de bon ne peut sortir de cette politique de terre brûlée. Et c'est terrifiant.
Pour nous, d'abord, parce qu'une vie basée sur la haine, la terreur et le repli sur soi est intolérable.
Et pour les jeunes générations qui ont devant elles ce spectacle affligeant de présumés adultes bouffis de certitudes qui, de toute évidence, les conduisent tout droit à la déchéance et à l'anéantissement des valeurs humanistes dûment réfléchies et construites qui devraient nous distinguer des autres êtres vivants et nous faire bien vivre le peu de temps que nous avons à passer sur cette terre qui ne nous appartient pas.

L'article ci-dessous, est d'E.R. Bills, un écrivain qui vit à Ft. Worth, au Texas.
Ses écrits paraissent, entre autres, dans le journal local du Sud du Texas, "Fort Worth Weekly".
Autres articles de l'auteur publiés dans Dissident Voice

"Titre original: "It’s an Ugly Time in America" publié le 23 septembre 2009 par Dissident Voice
Il y dénonce la montée du racisme aux Etats-Unis

Nous vivons une période noire

Alors que j'étais au lycée à Aledo High School, un Noir avait été retrouvé enchevêtré dans des barbelés près de la nationale. Les autorités avaient déclaré qu'il s'était aventuré là-bas et était mort de froid. Un gamin de ma classe racontait qu'il avait vu le cadavre. Quand je lui ai demandé à quoi il ressemblait, il m'a répondu que ce n'était pas comme s'il avait trouvé un mort. Ce n'était qu'un nègre mort.
Il y avait un seul noir dans ma classe à Aledo. Son père était un citoyen lambda, respectueux de la loi, qui se faisait systématiquement arrêter par la police environ une fois par mois, simplement parce qu'il était noir et qu'un noir qui circulait en voiture dans notre localité était suspect.
Après être allé à la faculté et avoir passé quelques années à Austin, je suis retourné dans la région de Fort Worth où j'ai rencontré et épousé une magnifique afro-américaine. Après la naissance de notre troisième enfant, nous sommes allés nous installer à Aledo pour nous rapprocher de mes parents et pour y élever nos enfants. Un jour, un de mes collègues qui était également pompier volontaire à Willow Park (une ville limitrophe) a reçu un appel-radio, lui signalant un "NIWP". Comme je ne savais pas ce que cela voulait dire, il m'a expliqué que c'était une abréviation de "Nigger in Willow Park". Je lui ai dit que ma femme était noire. Les traits de son visage se sont contractés en une grimace dégoutée et il m'a répondu: "C'est pas normal, ça".
A tort ou à raison, nous sommes restés vivre à Aledo et je commençais à penser que les choses évoluaient. Et puis Barak Obama s'est lancé dans la campagne présidentielle.
Et, à partir de ce moment-là, mes enfants ont dû affronter des insultes racistes inouïes de la part de leurs camarades de classe et les préjugés mesquins que l'école semblait plus tolérer que combattre. Ma femme et moi étions perturbés mais nous nous disions que cette vague raciste retomberait après les élections. Hélas, cela n'a pas été le cas.
Il y a une ou deux semaines, un des professeurs de mon fils aîné a demandé à la classe ce qu'elle pensait d'Obama. De nombreux camarades de classe de mon fils ont répondu qu'Obama, c'était l'antéchrist, citant vaguement le Nouveau Testament. J'étais scandalisé et je me suis demandé quelle paroisse locale pouvait bien professer de telles inepties.
Et puis, la semaine dernière, un des professeurs de mon fils a demandé aux élèves de noter dans leurs journaux ce qu'ils pensaient du fait que l'école avait refusé de diffuser le discours en direct d'Obama sur l'éducation.
Mon fils se fait généralement discret, mais sur ce sujet, il a exprimé son sentiment d'aliénation et de frustration. Dans son journal, il se demandait si le discours d'Obama aurait été diffusé s'il s'était agi "d'un vieux blanc comme la majorité des présidents". Ce qu'il exprimait, c'était exactement le cœur du problème. Si George Bush ou John McCain avaient été présidents et qu'ils avaient voulu faire un discours sur l'éducation destiné aux écoles, la plupart des établissements scolaires de la région l'auraient retransmis. Personne ne cherche même pas à prétendre le contraire.
Nous vivons une sale période en Amérique actuellement. Il y a des gens bien dans notre ville, mais ils ne se manifestent pas pour défendre nos meilleurs principes ou affronter les éléments sinistres qui commettent ces outrages.
Albert Camus a dit que le mal dans le monde provient presque toujours de l'ignorance, et les bonnes intentions peuvent faire autant de mal que la malveillance si elles ne sont pas comprises.
La décision d'interdire la diffusion du discours d'Obama sur l'éducation dans les écoles était malveillante et les motivations à la base de cela provenaient clairement d'un manque de compréhension. La diffamation et la déshumanisation dont est victime notre président sont dangereuses et relèvent de l'ignorance.
L'endoctrinement raciste de nos enfants est pervers et nauséabond. Pourquoi est-ce toléré? Pourquoi excusons-nous les méthodes Jim Crow de la part des responsables scolaires et la rhétorique du lynchage de la part des spécialistes des médias et des responsables politiques?
Les luttes actuelles vont plus loin que le simple dépit et un programme politique impopulaire. Quand les mécontents vont assister à des débats politiques avec des armes à feu, ce n'est pas seulement pour user de son droit de porter une arme, ce sont des méthodes dignes du Ku-Klux-Klan. Quand les camarades de classe de mes fils sont persuadés que le président est un agent d'Armageddon, Aledo devient le Salem (Massachussetts), de 1692.
Et quand la droite dure enragée pend les effigies de responsables politiques lors des meetings, nous ne sommes plus au XXI°s.
Nous sommes à Dallas, en novembre 1963.

E.R. Bills


Note perso:

Cette attitude n'est pas nouvelle: les zélites ont toujours été liées à la droite radicale, voire extrême, dont les gros bras se manifestent de plus belle quand il s'agit de déstabiliser toute tentative de gouverner à gauche. Quand Clinton était au pouvoir, ces bras armés de la droite l'ont longtemps harcelé avec cette histoire ridicule d'affaire avec Monica Lewinski. Pour l'avertir qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il voulait, et qu'il devait se plier à ce qu'eux voulaient.

Ces méthodes de déstabilisation se retrouvent également en France.
Quand la gauche est aux manettes (pas longtemps, d'ailleurs, puisqu'elle rentre vite dans le moule qu'on lui a prescrit), les accusations sont tout aussi ridicules et mensongères.
Mais, tant que ça marche avec cette population de gogos, on continue.
Et il n'y a aucune raison que cela change. Il suffit de se rendre dans la majorité des forums de gauche pour y voir comment les "trolls" lancent une polémique marginale pour écarter le débat de fond.
Devant l'incurie et les inepties multidirectionnelles bien trop évidentes du champion que la droite s'est donné et de celles de sa garde rapprochée, ces "idiots utiles" ont été obligés de se fédérer, de se serrer les coudes, créant par là-même des alliances improbables.
Mais la droite a toujours su faire front commun quand la gauche se déchire sur des détails. Ou se tait frileusement en attendant que l'orage passe.
Tout cela ne préjuge de rien de bon.
C'est même carrément effrayant.
Nous sommes tous enfermés dans un système qui prend l'eau de toutes parts et où la seule issue réside dans la violence.
Violence de la guerre, violence de la répression, violence de la négation des droits humains.
Et violence de la réaction.

Les slogans en novlangue étaient:
La guerre, c'est la paix.
La liberté, c'est l'esclavage.
L’ignorance, c’est la force.

Et aujourd'hui:
(citations de N. S, anno domini 2007)
Si la vérité blesse c'est la faute de la vérité
Que celui qui ne prend aucun risque, en réalité, les prend tous.
J'aime les gens, y compris dans un univers hostile. Il y a toujours une façon de se parler.
La république, ce n'est pas la droite, ce n'est pas la gauche, ce sont tous les Français.
Il n’y a rien de pire qu’une campagne électorale sans engagements.
La crise morale française porte un nom : c'est la crise du travail.
La solution au problème du chômage, c’est le travail
Le travail libère l'individu. ... Le travail est une valeur de libération.
...
Eh, oui.
Le travail rend libre.
Arbeit macht frei.