Obama: les promesses à la gauche ne déçoivent que ceux qui y ont cru
Par emcee le jeudi 3 septembre 2009, 11:33 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Voilà qu'Obama commence à plonger dans les sondages. Et cela n'a pas mis
longtemps, pour un président qui a soulevé autant d'engouement.
Moi, si on 'avait demandé … oui, je sais il n'y a aucune raison …
Et maintenant, ceux qui ont cru en lui, qu'est-ce qu'il leur reste?
Les yeux pour pleurer.
Parce que si les libéraux (= progressistes) aux Etats-Unis avaient les coudées
franches pour se déchaîner (enfin, vous voyez ce que je veux dire …) contre
Bush et sa clique de pourris, ils sont un peu plus gênés aux entournures pour
lancer des actions contre la politique des Démocrates (refrain connu: "Tu
ne peux pas faire ça, tu vois pas que tu fais le jeu de la
droite!").
Ca me rappelle quelque chose.
Pas vous?
Dans l'article qui suit,
Has Betrayed the Progressives Who Got Him Elected -- So Now What Do We Do?
publié dans Alternet, Allison Kilkenny
nous explique que les points principaux qui ont incité la gauche à se mobiliser
pour Obama (l'assurance maladie et le retrait des troupes d'Irak et
d'Afghanistan) s'avèrent n'avoir été que des promesses électoralistes.
Pour ma part, je ne pense pas qu'elles faisaient même partie des convictions
profondes d'Obama, qui a toujours su louvoyer pour se faire élire, mais, de
toute façon, encadré comme il est, il ne risque pas de privilégier le bon
peuple au détriment, même infime, des lobbys qui l'ont largement
sponsorisé.
Et quand il dit: "Je suis le président … et je veux …", on voit bien les
ficelles qui pendent du plafond.
(Article traduit par moi-même)
Obama a trahi les progressistes qui l'ont fait élire – alors que fait-on
maintenant?
Par Allison Kilkenny, True/Slant 31 août
2009
Les dates de retrait total des troupes et l'assurance-maladie universelle
n'ont jamais vraiment été à l'ordre du jour. Ce n'étaient que de belles
promesses creuses destinées à se faire élire.
Après six mois de mandat à peine, le président Obama se retrouve déjà à une
période critique.
D'après un récent sondage
Washington Post/ABC , la cote de popularité d'Obama est en baisse, et Greg
Sargent explique cela par la désaffection des Démocrates et des Libéraux.
La théorie de Greg Sargent tombe sous le sens. Demandez à n'importe quel
démocrate pourquoi il a voté Obama, et vous entendrez probablement tout un tas
de raisons négatives comme "il était mieux que Bush" ou "Nader ne
se présentait pas", mais d'autres répondent qu'il avait promis de faire
revenir les troupes d'Irak et d'Afghanistan, ou qu'il avait promis la réforme
du système de santé.
De toute évidence, les libéraux espéraient beaucoup de la part de leur
enthousiasmant nouveau président. Toutefois comme cela se produit si souvent
dans le monde politique, le pragmatisme et la triangulation ont aspiré les
espoirs fous d'Obama. Tout en élaborant des projets sur le retrait des troupes
en Irak (des projets qui comprenaient le maintien sur place de dizaines de
milliers de "forces résiduelles"), le président s'engouffrait en
Afghanistan, approuvant l'envoi de 17000 soldats supplémentaires.
En même temps, Obama ne disait mot sur la question des mercenaires parmi
lesquels le scandaleux Blackwater alors que ces "sous-traitants
privés", joli euphémisme pour "armée mercenaire qui n'a de comptes à
rendre à personne", sont actuellement plus nombreux que l'armée régulière
en Irak et en Afghanistan.
Obama va avoir bientôt une nouvelle occasion de prouver qu'il ne mentait pas
maintenant que le sénateur
Feingold demande un calendrier flexible de retrait des troupes en
Afghanistan.
Puisqu'Obama n'a cessé de répéter pendant les primaires que le but du
déploiement de troupes en Afghanistan était de traquer et de tuer Oussama ben
Laden, il va sûrement être réceptif à cette question de calendrier dans la
mesure où un assassinat ciblé ne nécessite pas autant de forces armées que
l'occupation et la "reconstruction" de tout un pays.
D'après un sondage
Washington Post/ABC , une majorité d'Américains pensent aujourd'hui que la
guerre en Afghanistan est inutile.
Personne ne semble décidé à réaliser un sondage sur l'Irak, très probablement
parce que les réponses sont largement prévisibles. Ces deux guerres sont
perdues et impopulaires. Les occupations sont vaines et destructrices. C'est
maintenant au président Obama de décider s'il va se rallier au consensus pour
mettre un terme à ces guerres sans objet.
L'attitude du président sur l'autre point-phare du programme progressiste, la
réforme du régime de santé, est tout aussi épouvantable. La conduite honteuse
d'Obama a été clairement démontrée, comme, par exemple, l'aval donné par la
Maison Blanche de s'opposer à toute tentative du Congrès d'utiliser les moyens
de pression du gouvernement pour négocier une baisse des prix des médicaments
ou pour importer des médicaments du Canada, ou bien de dérembourser certains
médicaments, etc., ce qui coûterait à Big Pharma des milliards de dollars de
manque à gagner sur les remboursements.
En échange, PhRMA (The Pharmaceutical Research and Manufacturers of
America, le lobby pharmaceutique, quoi, NDT) a accepté de réduire de 80
millions de dollars sur dix ans les prévisions de coûts pour les contribuables
et les personnes du troisième âge, une somme dérisoire sur une période de dix
ans pour ce secteur prospère, ce qui fait que ces réductions ne vont fort
probablement pas être utiles aux citoyens de façon significative, voire ne
jamais avoir lieu.
C'est comme si ce chiffre avait été sorti d'un chapeau pour faire croire que
PhRMA était prêt à faire des concessions pour éviter aux libéraux de perdre
complètement la boule.
Le modèle populaire de couverture médicale universelle gérée par un organisme
public ("single-payer") a disparu aussitôt du débat sur la réforme
pour être remplacé par l'"option publique", un concept qu'aucun
responsable politique n'a pris la peine d'expliquer à la population, qui reste
confus et pour lequel des éclaircissements n'ont pas vraiment été donnés. Pas
étonnant que les fantasmes se propagent rapidement, atteignant leur paroxysme
dans les fameuses explosions qui ont eu lieu dans les salles municipales.
Les médias dominants et les responsables politiques se tordaient de rire en
voyant les foules déchaînées, ce qui sous-entendait que les citoyens sont d'une
certaine façon trop bêtes pour comprendre ce qui se passe vraiment.
Le fait est que personne ne peut clairement expliquer ce que cette "option
publique" signifiera concrètement pour le citoyen lambda parce que les
politiques, et, en particulier, les "BlueDogs" (aile droite du Parti démocrate,
NDT) étaient plus soucieux de rasséréner le secteur privé que de chercher à
expliquer ce que la réforme va changer pour la franchise médicale de Mamie
Germaine.
Tout le monde attend avec impatience qu'Obama veuille bien entamer une
conversation "au coin du feu" avec le pays, mais ce que personne ne se demande,
c'est pourquoi il ne s'est pas donné la peine de le faire jusqu'à
présent.
Le président Obama a éliminé la population du processus pédagogique parce qu'il
se fiche pas mal de les informer pour emporter leur adhésion.
Le calendrier d'un retrait définitif, un régime public d'assurance-maladie: ces
sujets n'ont jamais été véritablement au programme. C'étaient de belles
promesses creuses qu'Obama avaient faites pour se faire élire. Et maintenant
qu'il est président, il a laissé tomber les progressistes qui peuvent
dorénavant soit se fondre dans la nuit, soit s'organiser pour lutter, et
veiller à ce que leur président sache bien que le truc des promesses faites à
la légère, ça ne marchera plus.
Allison Kilkenny est co-animatrice à Citizen Radio, le programme radio de politique alternative.
Voilà. On est cernés.
Bonne journée.
Commentaires
“Et maintenant qu'il est président, il a laissé tomber les progressistes qui peuvent dorénavant soit se fondre dans la nuit, soit s'organiser pour lutter, et veiller à ce que leur président sache bien que le truc des promesses faites à la légère, ça ne marchera plus.”
un debut de reponse ,la mobilisation populaire se prepare a Pittsburgh étalée sur une semaine,permettant aux debats publics d’avoir lieu :
NATIONAL MARCH FOR JOBS IN PITTSBURGH
The Unemployed, the Homeless, the Hungry and Poor must no longer be INVISIBLE & SILENT!
Revive Dr. King's Dream of a Movement for a RIGHT TO A JOB.
JOBS OR INCOME NOW
http://www.BailOutPeople.org
Go to Pittsburgh, Young Man, and Defy Your Empire
By Chris Hedges
http://www.informationclearinghouse...
en attendant une initiative en cours :
Everybody In, Nobody Out.
The Drive for Single Payer
By Ralph Nader
September 01, 2009 "Information Clearing House" -- - After several weeks of protests at Senate hearings and health care events by single payer advocates (visit singlepayeraction.org), six physicians from Oregon, with 191 years of combined real-world medical experience, are crossing the country in a 27-foot Winnebago making stops in nearly 30 cities, to debate, educate and advance full medicare for all.
Everybody in, nobody out....
http://www.informationclearinghouse...
Retour sur terre...
Bonjour,
Merci Vladimir
Merci pour ces liens intéressants et pour cette info sur la Marche. Cela veut-il dire que ça avance? Espérons-le.
Il commence à y avoir un mouvement de protestation tangible, mais c'est toujours le pb de la visibilité.
Et puis, comme toujours, la droite censure les manifestations contre elle et la drauche se fait déborder par celles de droite, les médias servant de relais pour laisser croire au chaos.
Yelrah, retour sur terre, oui.
Le peuple, déçu, réagira-t-il en conséquence, ou se refermera-t-il comme une huître, comme il l'a fait au cours de ces dernières décennies?
L'avenir (proche) nous le dira.
Salut, Jean-Claude,
J'ai changé d'hébergeur ces jours-ci et ma base de données site a été exportée, et donc ton com' n'a pas été pris en compte, mais je l'avais eu par mail. Je le recopie donc ici:
Changer d'hébergeur et ta présentation est encore plus agréable!
Si la gauche syndicale US ne mobilise pas il n'y aura aucun changement dans le système de santé US.
En Afghanistan,la nature même du conflit a changée,ceux que l'on appelle facilement "talibans" sont souvent des gens révoltés par les exactions des armées d'occupation et qui finissent endoctrinés les démocrates ayant été laminés,les occidentaux soutiennent un président corrompu,mêler à des trafics d'opium directement ou indirectement,tandis que l'ensemble du peuple reste dans la misère.
Les chefs de tribus font la pluie et le beau temps.
Au lieu de faire la guerre,il faudrait apporter une aide massive à l'agriculture,à construction d'une industrie,à l'éradication de la pauvreté,bâtir des écoles.
Au lieu de ça des bombardements meurtriers continuent et alimente,avec le reste,en combattants les "talibans".
Mais ne nous inquiétons pas,les marchands d'armes font leur beurre!
http://www.youtube.com/watch?v=hI6s...
alors, on se remet un petit coup de U2 ?
Salut, Jean-Claude et merci pour tes encouragements.
Je suis d'accord avec toi. J'ajouterai que, outre les marchands d'armes, bien des fortunes privées se font en temps de guerre. Sinon, quel intérêt?
Là, tous les prédateurs sont sur le terrain.
Construction , drogue, sociétés de mercenaires etc.
Bira: c'est de la provoc, mais j'aime ... Parce que en dehors de ce qu'ils sont, je ne crache pas sur ce qu'ils font.
gardons espoir!
mais comme tu le dis, Obama ne décois que ceux qui placer de trops gros espoir en lui .Le les toujours vu comme un ravalement de facade.
On est tres loin de Roosevelt et son new deal, il faut rappeler que roosevelt a été accepter par les capitalistes et les patrons parce qu'ils navait pas le choix, s'ils voulaient sauver le capitalisme. Sinon il été détestait par la classe dirigeante.
A l'intérieur des démocrate, la gauche ou les "liberaux", sont minoritaire,Ted kennedy qui passait pour le plus a gauche, chez nous serait un centriste!. Les Syndicats comme chez nous sont récupére, et avalise l'économie de marché, comme chez nous les travailleurs devront reprendre le chemins de la lutte , et de l'exemple des iww.Il faudra que la crise s'aprofondisse encore....