(Article traduit par moi-même)

Obama a trahi les progressistes qui l'ont fait élire – alors que fait-on maintenant?

Par Allison Kilkenny, True/Slant 31 août 2009

Les dates de retrait total des troupes et l'assurance-maladie universelle n'ont jamais vraiment été à l'ordre du jour. Ce n'étaient que de belles promesses creuses destinées à se faire élire.
Après six mois de mandat à peine, le président Obama se retrouve déjà à une période critique.
D'après un récent sondage Washington Post/ABC , la cote de popularité d'Obama est en baisse, et Greg Sargent explique cela par la désaffection des Démocrates et des Libéraux.
La théorie de Greg Sargent tombe sous le sens. Demandez à n'importe quel démocrate pourquoi il a voté Obama, et vous entendrez probablement tout un tas de raisons négatives comme "il était mieux que Bush" ou "Nader ne se présentait pas", mais d'autres répondent qu'il avait promis de faire revenir les troupes d'Irak et d'Afghanistan, ou qu'il avait promis la réforme du système de santé.
De toute évidence, les libéraux espéraient beaucoup de la part de leur enthousiasmant nouveau président. Toutefois comme cela se produit si souvent dans le monde politique, le pragmatisme et la triangulation ont aspiré les espoirs fous d'Obama. Tout en élaborant des projets sur le retrait des troupes en Irak (des projets qui comprenaient le maintien sur place de dizaines de milliers de "forces résiduelles"), le président s'engouffrait en Afghanistan, approuvant l'envoi de 17000 soldats supplémentaires.
En même temps, Obama ne disait mot sur la question des mercenaires parmi lesquels le scandaleux Blackwater alors que ces "sous-traitants privés", joli euphémisme pour "armée mercenaire qui n'a de comptes à rendre à personne", sont actuellement plus nombreux que l'armée régulière en Irak et en Afghanistan.
Obama va avoir bientôt une nouvelle occasion de prouver qu'il ne mentait pas maintenant que le sénateur Feingold demande un calendrier flexible de retrait des troupes en Afghanistan.
Puisqu'Obama n'a cessé de répéter pendant les primaires que le but du déploiement de troupes en Afghanistan était de traquer et de tuer Oussama ben Laden, il va sûrement être réceptif à cette question de calendrier dans la mesure où un assassinat ciblé ne nécessite pas autant de forces armées que l'occupation et la "reconstruction" de tout un pays.
D'après un sondage Washington Post/ABC , une majorité d'Américains pensent aujourd'hui que la guerre en Afghanistan est inutile.
Personne ne semble décidé à réaliser un sondage sur l'Irak, très probablement parce que les réponses sont largement prévisibles. Ces deux guerres sont perdues et impopulaires. Les occupations sont vaines et destructrices. C'est maintenant au président Obama de décider s'il va se rallier au consensus pour mettre un terme à ces guerres sans objet.
L'attitude du président sur l'autre point-phare du programme progressiste, la réforme du régime de santé, est tout aussi épouvantable. La conduite honteuse d'Obama a été clairement démontrée, comme, par exemple, l'aval donné par la Maison Blanche de s'opposer à toute tentative du Congrès d'utiliser les moyens de pression du gouvernement pour négocier une baisse des prix des médicaments ou pour importer des médicaments du Canada, ou bien de dérembourser certains médicaments, etc., ce qui coûterait à Big Pharma des milliards de dollars de manque à gagner sur les remboursements.
En échange, PhRMA (The Pharmaceutical Research and Manufacturers of America, le lobby pharmaceutique, quoi, NDT) a accepté de réduire de 80 millions de dollars sur dix ans les prévisions de coûts pour les contribuables et les personnes du troisième âge, une somme dérisoire sur une période de dix ans pour ce secteur prospère, ce qui fait que ces réductions ne vont fort probablement pas être utiles aux citoyens de façon significative, voire ne jamais avoir lieu.
C'est comme si ce chiffre avait été sorti d'un chapeau pour faire croire que PhRMA était prêt à faire des concessions pour éviter aux libéraux de perdre complètement la boule.
Le modèle populaire de couverture médicale universelle gérée par un organisme public ("single-payer") a disparu aussitôt du débat sur la réforme pour être remplacé par l'"option publique", un concept qu'aucun responsable politique n'a pris la peine d'expliquer à la population, qui reste confus et pour lequel des éclaircissements n'ont pas vraiment été donnés. Pas étonnant que les fantasmes se propagent rapidement, atteignant leur paroxysme dans les fameuses explosions qui ont eu lieu dans les salles municipales.
Les médias dominants et les responsables politiques se tordaient de rire en voyant les foules déchaînées, ce qui sous-entendait que les citoyens sont d'une certaine façon trop bêtes pour comprendre ce qui se passe vraiment.
Le fait est que personne ne peut clairement expliquer ce que cette "option publique" signifiera concrètement pour le citoyen lambda parce que les politiques, et, en particulier, les "BlueDogs" (aile droite du Parti démocrate, NDT) étaient plus soucieux de rasséréner le secteur privé que de chercher à expliquer ce que la réforme va changer pour la franchise médicale de Mamie Germaine.
Tout le monde attend avec impatience qu'Obama veuille bien entamer une conversation "au coin du feu" avec le pays, mais ce que personne ne se demande, c'est pourquoi il ne s'est pas donné la peine de le faire jusqu'à présent.
Le président Obama a éliminé la population du processus pédagogique parce qu'il se fiche pas mal de les informer pour emporter leur adhésion.
Le calendrier d'un retrait définitif, un régime public d'assurance-maladie: ces sujets n'ont jamais été véritablement au programme. C'étaient de belles promesses creuses qu'Obama avaient faites pour se faire élire. Et maintenant qu'il est président, il a laissé tomber les progressistes qui peuvent dorénavant soit se fondre dans la nuit, soit s'organiser pour lutter, et veiller à ce que leur président sache bien que le truc des promesses faites à la légère, ça ne marchera plus.

Allison Kilkenny est co-animatrice à Citizen Radio, le programme radio de politique alternative.

Voilà. On est cernés.
Bonne journée.