Comment notre système de santé escroque les femmes

Certes, aucun groupe ne s'en sort bien avec notre réseau d'assureurs privés. Mais les femmes s'en sortent particulièrement mal.
Certes, aucun groupe ne s'en sort bien avec notre réseau d'assureurs privés, qui a plus de trou que de filet. Mais les femmes s'en tirent particulièrement mal en matière de santé, car elles sont davantage susceptibles de ne pas aller chercher leurs médicaments, de renoncer à aller voir un spécialiste, et de faire l'impasse sur un contrôle, un traitement ou un suivi médicaux.
Financièrement, les femmes sont moins bien loties, également, en grande partie parce qu'elles gagnent moins d'argent. Malgré le fait qu'elles grattent un maximum sur les soins pour réduire leurs dépenses de santé, 3 femmes sur 5 sont encore dans l'incapacité de payer les factures.
Tout cela rend surprenant le fait que les femmes et les hommes soutiennent une réforme du système de santé dans des proportions pratiquement identiques (38 contre 40% considèrent que c'est une priorité absolue, d'après un récent sondage de Kaiser). Plus étrange et plus infect encore, c'est de voir Sarah Palin, Betsy McCaughey et d'autres femmes prendre la tête - ou parfois suivre aveuglément - de ce mouvement crétin contre la réforme qui a lieu dans les meetings des salles municipales.
L'essentiel des difficultés des femmes provient du fait que pour avoir une assurance-maladie un tant soit peu correcte, il faut en général avoir un travail à plein temps, ce que les femmes ont moins de chances d'avoir que les hommes – 52% contre 73%. Le revers de cette mesure qui conditionne l'assurance-maladie à l'emploi c'est que les femmes sont obligées de prendre des emplois à plein temps qu'elles préféreraient ne pas avoir, étant donné leurs autres responsabilités.
En fait, 60% des mères qui travaillent à plein temps préfèreraient avoir un emploi à temps partiel, d'après un sondage Pew de 2007. Alors que certaines préfèrent un emploi à temps plein pour le revenu qu'il leur procure, beaucoup d'autres sont contraintes de rester parce qu'elles n'ont pas d'autre moyen de bénéficier d'une assurance maladie.
Beaucoup de femmes qui travaillent à temps partiel ou qui restent à la maison sont devenues une sorte de "sous-prolétariat de la santé", sans assurance-maladie, payant très cher de leur propre poche, ou, comme cela a été le cas pour Jemilla Mulvihill, suppliant, en vain, d'avoir la possibilité qu'on lui permette d'en avoir une en y mettant le prix qu'il faut.
Professeur de yoga de 38 ans, Jemilla Mulvihill n'avait pas d'assurance il y a peu quand elle a su qu'elle était enceinte. Elle s'était plus ou moins débrouillée sans assurance-maladie jusqu'alors, comptant essentiellement sur la chance et achetant les médicaments vendus sans ordonnance. Cette fois-ci, elle savait qu'elle ne pouvait pas s'en tenir là.
Même si on ne compte pas les dépenses de soins prénataux, un accouchement normal à l'hôpital coûte en général entre 7000 et 10000 dollars. Et s'il y avait des complications, le coût serait beaucoup plus élevé. Et donc, Mulvihill s'était résignée à contracter une assurance privée, espérant utiliser une carte de crédit pour différer le paiement du montant des primes.
Or, après avoir passé des heures au téléphone pour contacter des compagnies d'assurances, elle s'est rendue à l'évidence: aucune ne voulait l'assurer. La raison? Les assureurs privés ont le droit de refuser d'assurer des femmes enceintes au motif que cela rentre dans le cadre de la clause: "problème de santé préexistant" (*).
Alors que la loi fédérale interdit aux compagnies privées d'assurances-maladies de jouer ce sale tour à des groupes, de telles restrictions n'existent pas quand il s'agit de particuliers. Devant ce vide juridique, tous les assureurs, semble-t-il, sautent dedans à pieds joints.
Même si ne pas se soumettre aux visites prénatales est en principe une violation de la loi (d'après les spécialistes du droit de la famille, les femmes pourraient être poursuivies pour acte de négligence, bien que cela se produise rarement, voire jamais), les programmes d'assurances privées destinés aux particuliers ne sont pas tenus de leur en faire bénéficier.
Quand elles sont à la recherche d'une aide véritable, beaucoup de femmes enceintes qui n'ont pas d'assurance s'entendent donner ce conseil complètement inutile: prenez une assurance avant de faire un enfant. Or, planifier longtemps à l'avance ne résout pas forcément le problème d'assurance-maladie pour les femmes.
De nombreuses femmes n'auraient pas les moyens de contracter toute assurance-maladie qu'on voudrait bien leur proposer car les compagnies, d'après une enquête réalisée en 2008 par l'association "National Women's Law Center" (le centre juridique national pour les femmes ), font payer des primes plus élevées aux femmes – dans un des cas cités, il était question de 140% de plus – pour les mêmes prestations, et seules les plus chanceuses ont le privilège même de verser ces fortes sommes d'argent, car les compagnies peuvent tout simplement refuser d'assurer une femme sous n'importe quel prétexte, comme le fait qu'elle ait subi des violences conjugales ou accouché par césarienne.
Parallèlement, l'immense majorité des contrats d'assurances pour les particuliers ne prévoit même pas de clause maternité. Seulement 7% des femmes prennent une assurance par le biais du marché pour les particuliers, cependant ces pratiques fâcheuses sont, de toute évidence, en partie responsables du fait que 18% des femmes n'ont pas du tout d'assurance maladie.
Et donc, que peut faire une femme enceinte si elle n'a pas les moyens de payer une assurance privée? Certaines femmes prennent le risque de s'en passer, se dispensent des visites médicales, et croisent les doigts (un pourcentage effarant de 15% de femmes aux Etats-Unis ne bénéficient d'aucune visite prénatale au cours du premier trimestre de leur grossesse, un état de fait qui contribue au taux de mortalité infantile terriblement élevé aux Etats-Unis).
D'autres femmes renoncent à percevoir un salaire pour bénéficier de Medicaid (soins médicaux publics pour les plus démunis, NDT). Mais, même dans ce cas, elles peuvent se retrouver sans soins prénataux pendant de longues périodes, puisque dans vingt états des US, il n'y a aucune loi permettant aux femmes enceintes de bénéficier de soins intermédiaires, le temps d'obtenir l'accord de Medicaid.
Mulvihill, qui a effectué ces démarches, est reconnaissante à l'employée de Medicaid qui lui a délivré la carte, alors que son revenu dépassait légèrement le plafond fixé à New York à l'époque. "Je lui aurais sauté au cou!" se rappelle-t-elle. "C'était soit un avortement, soit je gardais cet enfant, et la sentence était entre les mains de cette femme".
D'autres femmes encore donnent leur argent à des compagnies d'assurance bidon qui se sont glissées insidieusement sur le marché pour abuser des femmes enceintes qui n'ont pas d'assurance-maladie. Ces faux assureurs devraient être la pièce à conviction N°1 dans tout ce qui ne va pas dans le système actuel. Deux de ceux-là figurent sur la liste de PregnancyInsurance.org, un site internet qui prétend offrir des solutions aux femmes enceintes sans assurance et qui matraque le nom de deux compagnies: Affordable Health Care Options (AHCO) et Ameriplan.
Hélas, malgré le nom du site et la publicité spécieuse de ces compagnies, aucune des deux n'offre véritablement d'assurance aux femmes enceintes. Il s'avère que Pregnancyinsurance.org est administré par un "ministère chrétien pour redonner foi en la vie", ce qui explique le leitmotiv qu'on trouve sur le site: "l'argent n'est pas un problème" quand il s'agit de femmes qui ont des enfants qu'elles ne sont pas en mesure d'assumer financièrement. (Parmi les suggestions pour économiser de l'argent proposées aux femmes enceintes non assurées, on trouve: s'inscrire à Medicaid, bien se nourrir et chercher à accoucher à domicile, qui "est considérablement moins cher que l'accouchement en maternité").
Ameriplan, une énorme compagnie de marketing relationnel, tire à la fois parti du manque global d'assurance-maladie des femmes et de leur besoin de travailler à temps partiel en créant des entreprises de télétravail qui vendent des "prestations de soins discount".
(D'après le site de la compagnie, le fait que 7 personnes sur dix soient non assurées ou insuffisamment assurées "offre l'occasion de toute une vie".). Malheureusement, les femmes n'ont pas eu beaucoup de chance ni à la vente de produits ni avec leur carte d'assurance.
En 2006, le commissaire aux comptes de l'état du Montana poursuivait la compagnie en justice, l'accusant de ne pas avoir respecté l'engagement de passer des accords avec des prestataires de soins locaux, et les habitants du Montana se sont retrouvés avec leur carte discount sans pouvoir être pris en charge, et devant régler, en plus, la cotisation mensuelle pouvant atteindre 59,95 dollars.
AmeriPlan a dû verser 200 000 dollars à l'état comme partie du règlement de l'amende fixée à l'issue du procès, qui accusait, en outre, la compagnie d'avoir organisé un système en pyramide, en plus des fraudes sur l'assurance et les garanties.
Quant à AHCO, non seulement, ce n'est pas une compagnie d'assurance, mais c'est une imposture évidente qui escroque les femmes enceintes, si l'on en croit les services du procureur général du Texas qui a poursuivi AHCO en 2008, au motif que la compagnie vend une "carte d'assurance grossesse" donnant soi-disant droit à des services spécifiques pour la grossesse, tels que les visites médicales, les séjours à l'hôpital, les analyses, les échographies, et les ordonnances, mais qui "en réalité, n'offre aucun de ces services".
La réforme du système de santé ne devrait pas porter préjudice à Trig Palin, comme le suggérait Sarah Palin, mais elle devrait planter un couteau en plein cœur de ces compagnies prédatrices qui profitent des femmes enceintes qui n'ont pas d'assurance maladie.
En interdisant aux véritables assureurs de refuser une assurance à cause d'un "problème de santé préexistant ", comme le préconisent 4 des 5 propositions de loi qui circulent dans les différents comités du Congrès, la réforme devrait mettre un terme à cette course à l'assurance-maladie des femmes enceintes. La plupart de ces propositions de loi proscrirait également le calcul du taux des cotisations selon le sexe ("gender rating"), c'est-à dire demander pour les mêmes prestations des primes plus élevées aux femmes , même si la version du comité des Finances du sénat autoriserait, dit-on, les assureurs d'entreprises de plus de 50 employés à prélever une cotisation plus élevée pour les femmes.
On ne sait pas encore très bien à quelle hauteur l'état est prêt à contribuer pour aider les démunis à payer les primes d'assurances et les frais à la charge de l'assuré. Dans la mesure où les femmes ont toujours plus de mal à couvrir ces dépenses, l'importance des aides déterminera si elles seront véritablement en mesure de payer cette assurance devenue obligatoire.
La question la plus importante, évidemment, étant toujours de savoir si une de ces versions de la réforme du système va être adoptée. En partie, la réponse dépend des femmes, à savoir, vont-elles attendre passivement ou, pire, adhérer à l'interprétation tordue des événements que donnent des groupes comme "Concerned Women of America" et (mixte, hélas) "Conservatives for Patients' Rights".
Le plus grand espoir pour plus de la moitié des femmes qui n'ont pas d'assurance ou une assurance insuffisante serait d'apporter leur soutien à des groupes comme National Partnership for Women and Families, National Women's Law Center ou Moms Rising qui luttent activement pour une réforme du système de santé – et contre la déformation de la réalité telle que la vivent les femmes. Sinon, la perspective que les femmes échappent à ce sous-prolétariat du système de santé – et à la sordidité qui l'accompagne – est bien sombre.

Sharon Lerner fait partie de l'association Center for New York City Affairs. Elle a écrit " The War on Moms: On Life in a Family-Unfriendly Nation" , qui doit paraître au début de l'année prochaine.

Notes:

(*)Problème de santé (ou maladie) préexistant" ("pre-existing condition")

Il s'agit d'un état de santé antérieur au moment où l'assuré a signé le contrat d'assurance-maladie. Dans la plupart des cas, il y a une période d'attente de 9 mois avant de pouvoir bénéficier de prestations pour ce problème de santé spécifique.
Ce qui signifie que si une compagnie accepte de vous assurer, elle peut ne pas rembourser les soins concernant cette affection pendant une période allant de 9 à 12 mois.
Si, cependant, vous avez été couvert par une autre compagnie d'assurance pendant 18 mois minimum, la nouvelle compagnie accepte en général de poursuivre les remboursements.
Ce procédé est justifié par le fait que l'assurance santé fonctionne de la même façon que les autres assurances – c'est-à-dire vous protéger d'un éventuel dommage futur.
Il faut être déjà assuré avant un accident, l'assurance n'ayant pas d'effet rétroactif.
Par exemple, on ne peut pas contracter une assurance auto après un accident pour couvrir les frais occasionnés par les dégâts.
De même, l'assurance médicale ne couvre que les problèmes qui surgissent après la signature du contrat.

Eh, oui, du parfait cynisme. La grossesse considérée comme une maladie et le tour est joué.
Voilà ce qu'il advient quand on met sciemment la santé entre les mains de marchands escrocs. C'est le niveau zéro de l'humanité. Y a que le pognon qui compte, et que lui, soit vert n'est pas un signe de maladie préexistante.

Bon, alors, revoyons un peu l'état des lieux pour cette réforme du système de santé.

Il y a plus de 45 millions de personnes sans couverture médicale et des millions d'autres dont la couverture est insuffisante à cause des prix pratiqués par le secteur privé, seul à régner en maître sur la place.
"Scandalisé" par ce que doit subir son électorat potentiel, Obama promet au cours de la campagne présidentielle une réforme du système, annonçant, croix-de-bois-croix-de-fer-si-je-mens-je-vais-en-enfer, d'abord un système de santé universel, puis, revue à la baisse, la création d'une "option publique" des soins de santé, c'est-à-dire que, outre les multiples assurances privées, il y aurait en concurrence une couverture santé gérée par l'état et s'adressant à toute la population. Ce n'est pas la couverture universelle à l'européenne ou à la canadienne, certes, mais c'est un grand pas en avant par rapport au système existant. Et les promesses d'Obama, beaucoup y ont cru.

On le sait, Obama est élu. Il revient à la charge aussitôt, affirmant qu'on lui passerait sur le corps, mais qu'il y aurait une "option publique" et il veut sa réforme très vite (le projet de loi sera présenté à l'automne au Congrès). Un peu comme s'il voulait se débarrasser d'emblée de la grosse épine. Et voir ce qui se passe après. Parce que les Clinton s'y sont déjà cassé les dents sur la réforme du système de santé.

Dans tout le pays, ça commence à s'agiter ferme.
Les sondages annonçaient que 71% de personnes approuvaient la réforme. Il fallait donc jouer le grand jeu. On ne pouvait quand même pas faire les quatre volontés du peuple sous prétexte qu'il avait voté massivement pour Obama.
Les élus du Congrès, des deux partis, remontent les manches pendant le mois d'août pour participer aux meetings organisés dans les salles de réunions municipales.
Les Républicains, eux, montent au créneau, accusant Obama de vouloir instaurer une médecine "socialisée", l'épouvantail qu'ils agitent depuis des décennies pour empêcher toute gestion publique généralisée des soins de santé.
Des agités d'extrême-droite affiliés au parti républicain (et téléguidés par les grands groupes) s'en vont violemment perturber tous les meetings.
Sarah Palin y va de son couplet sur les "tribunaux de la mort" qui seraient créés à cette occasion pour euthanasier les malades et les vieillards.
D'autres républicains bas-du-front lui emboîtent le pas.
Fox News, téléfacho, n'est pas en reste et, pour couronner le tout, dans les rangs des Démocrates, certains s'acharnent à planter un couteau dans le dos des progressistes du parti.
Ces premiers, qui forment un groupe parlementaire, font partie d'un mouvement appelé Blue Dog Coalition qui estime que les autres dèmes sont bien trop libéraux (au sens anglo-saxon du terme).
Un peu comme si un mouvement se créait au sein du PS avec Manu V. et Desk, quoi! (Ah? Il y en a déjà un? … PLU-SIEURS? Waouh!).

Bon, où j'en étais? Ah, oui: jusque là, tout va mal, on voit.
Obama, qui dit ce qu'il va faire mais ne fait pas ce qu'il dit, entre mollement dans l'arène. Toujours "déterminé" dans ses discours à mener à bien cette réformette, qui, on va le voir, devient vite peau de chagrin.
Après l'élan pour faire élire son champion, le bon peuple se mobilise à nouveau. Des associations fleurissent, les billets sur le net se multiplient pour expliquer la réforme et pour inciter les gens à se regrouper afin de faire entendre leur voix.
Et pour contrer les braillements infâmes et les attaques frontales de la droite haineuse et revancharde. A force de laisser les fachos impunis, ils prolifèrent et envahissent l'espace public.
Pendant ce temps, que fait Obama? Obama - costume bien coupé, chemise et cravate de couturier, sourire de pub pour dentiste - dit qu'il ne cèdera pas. Caaaaaa! Jaaaaaaamais!
Bon, il oublie un peu de condamner les mensonges, les éructations et les violences qui se répandent dans tout le pays.
Et puis, il oublie que l'"option publique" n'est plus vraiment à l'ordre du jour des différents projets de loi sur lesquelles planchent des membres des comités parlementaires.
Et puis, surtout, il oublie de dire que la commission la plus importante sur la réforme est composée de six membres de comité des … Finances, et, cerise sur le gâteau, comprend trois dèmes et trois … républicains!
On se demande bien ce que viennent faire là les républicains, non? (Même si c'est devenu la mode aussi en France de faire plancher l'"opposition" sur des projets de loi, voire de la faire veiller à ce que ces lois soient bien appliquées).
Eh bien, souvenez-vous, Obama a bel et bien déclaré qu'il souhaitait travailler de concert avec les Républicains. Il a même réembauché un ministre en exercice de Bush.
Donc, cela ne devrait pas être une vraie surprise, hein?
Pour justifier, ils expliquent quelque chose du genre si on les a pas avec nous, ils seront contre nous.

Les laisser braire et les ridiculiser, c'est pas une méthode, apparemment.

Résultat des courses: la réforme destinée à aider les plus démunis va encore aggraver leurs conditions de vie.
Les 45 millions de non assurés devront se payer une assurance privée, de gré ou de force, car ils seront dans l'illégalité s'ils ne le font pas. Obama, qui a promis des aides, n'en aura pas assez pour tout le monde. Parce qu'il y a ceux-là et tous ceux qui ne peuvent pas se faire soigner, faute de couverture suffisante.
Et une autre bataille s'annonce sans merci: pour financer ce projet, il faut augmenter les impôts des plus riches – et les plus riches, leur pognon, ils l'ont mis à la place du cœur, dont ils n'avaient pas besoin. Vous voulez quand même pas leur arracher le cœur, non?
Et puis, on fait confiance à toute cette clique politico-militaro-médiatrice financière pour dire que le pognon, il est mieux placé là où il est et que chacun se débrouille. S'ils sont pauvres, c'est qu'ils le veulent bien, l'Amérique, terre des opportunités, de l'esprit d'entreprise and all that shit.
Voilà, comment je vois les choses.
Est-ce du pessimisme béat?
L'avenir nous le dira.
Mais je ne vois pas comment les partisans de la réforme pourront triompher de toute cette adversité. A moins que ... oui, là, je rêve.

Et les femmes, me direz-vous?
Quoi, "les-femmes"? Qu'elles s'occupent des gamins, puisqu'elles tiennent tant à en faire!