Phase trois du capitalisme: l'économie du savoir
Par emcee le mercredi 12 août 2009, 18:40 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Le capitalisme mercantile, c'est fait.
Le capitalisme industriel, c'est fait.
La production est en Asie, les esclaves aussi, les usines infectes
également.
Et les ressources ont été pillées un peu partout sur la planète. Les
occidentaux commencent à se lasser des biens matériels qu'on leur a fait
entasser dans leurs maisons toujours plus grandes et toujours plus éloignées.
Et d'abord, ils n'ont plus les moyens, puisqu'on leur a piqué les emplois
industriels pour leur refiler des emplois de service précaires et mal
payés.
Quand ils ont du boulot. Et quand ils ne sont pas obligés de quitter leur
maison et de partir sur les routes parce qu'ils ne peuvent plus payer le
crédit.
Evidemment.
Faut trouver un moyen de faire du big pognon avec autre chose.
Passons donc au capital immatériel ou à l'économie du
savoir
En vlà une idée qu'elle est bonne.
Joe Bageant nous explique ça avec ses mots dans:
"Consciousness Capitalism: Corporations Are Now After Our Very
Beings"
Publié dans
AlterNet, le 1° août 2009.
Economie de la connaissance: c'est nos êtres-mêmes que veulent les
capitalistes maintenant
Le capitalisme a violé les ressources de la planète. Actuellement, il ne
reste plus aux groupes privés qu'à extraire l'expérience humaine de la vie,
puis de nous la relouer.
Il y a quelques années, grâce à l'administration George W. Bush, j'ai bénéficié
de cours de réalité politique. Le genre d'études qui vous fait prendre une
cuite le soir et hurler et enrager à l'écoute de la moindre info: "Tu vois
comment ces salopards de capitalistes se sont fait autant de pognon simplement
en tuant des bébés en Irak? Et comment ils nous ont lavé le cerveau et nous ont
escroqués pour tous les besoins humains, depuis les soins de santé jusqu'à
l"'eau potable?", je disais à ma femme, furieux.
"C'est comme ça, pas autrement", me répondait-elle. '"C'est un système".
Ma chère femme pense souvent que j'ai pété un câble. Mais elle ne dit pas
carrément à haute voix que je suis cinglé, parce que, faut dire, la franchise
dans le mariage a des limites. En plus, je serais le premier à dire qu'elle a
raison.
J'ai pété un câble, et je suis carrément en plein délire, vu à quoi est amarrée
aujourd'hui la conscience collective aux Etats-Unis. Peu importe, je suis,
comme je l'ai dit, en plein délire.
Quand je ne suis pas profondément déprimé. Ce qui est fréquent. Et c'est
toujours, toujours, toujours, à cause de la dernière ignominie qu'a sortie le
gouvernement/le capital – ces termes sont devenus ici interchangeables depuis
au moins 50 ans, peut-être depuis plus longtemps.
Malgré ses faux-semblants et le consentement fabriqué, notre gouvernement n'est
plus aujourd'hui qu'une arnaque d'intérêts privés, et il en sera probablement
ainsi désormais.
C'est un truc de blancs, une tradition anglo-européenne. De plus, nous n'avons
plus des dictateurs comme Hitler, ou un bon vieux despote implacable comme Idi
Amin. Nous avons maintenant des bandes d'escrocs financiers en perruque poudrée
ou qui portent des costumes achetés à Savile Row , des cartels de
"larrons" de l'industrie et des banquiers racketteurs.
Les arnaques privées des blancs européens, en particulier dans le secteur
bancaire, ont un passé vénérable de légitimité qui remonte au moins à l'époque
où Guillaume le Conquérant avait accordé aux autorités qui administrent la Cité
de Londres le droit de gérer le butin qu'il s'était constitué en
Angleterre.
Malgré sa cruauté (il faisait écorcher les gens et pendre leur peau à leurs
propres fenêtres, et si ça, c'est pas un signe de barbarie, je ne sais pas ce
qui l'est!) Guillaume, exactement comme Allen Greenspan ou Bernie Madoffavit
avait compris que la véritable puissance réside dans les temples de la banque
et des opérations de change.
Même deux mille ans avant cela cependant, personne un tant soit peu sensé
n'aurait osé s'en prendre aux cartels financiers.
Judée, année 26 après JC – "Ponce Pilate à Jésus: "Ecoute voir, tu es, il me semble, un jeune Juif sympa de … d’où ça déjà? Nazareth? Mais va falloir arrêter de faire le con avec les agents de change, parce que je récupère un pourcentage sur ces transactions, tu comprends? Alors, arrête de déconner avec eux. Et d'abord, tu vas renoncer à ce truc de Fils de Dieu, Roi des Juifs. il n'y a qu'un roi dans le coin et tu es pile devant lui. Alors, laisse tomber ces conneries, et on oublie tout ça, toi et moi. Sinon, j'ai deux larrons à crucifier demain, tu peux leur tenir compagnie, si tu veux. A toi de choisir.
Alors, c'est qui ton papa?
Je suis le fils de Dieu.
Prends-toi une croix en sortant".
Et c'est sans fin. Comme l'a récemment montré le renflouement des banques,
même Barack Obama, qui est descendu sur terre depuis Chicago avec 10 séraphins
d'or qui lui tenaient les roupettes, ne déconne pas avec les agents de change.
Ni avec les groupes bancaires, et pas plus avec les compagnies d'assurances, le
lobby médical, le lobby militaire …
Actuellement, en fait, il faut en passer obligatoirement par les grands groupes
privés pour que quelque chose soit entrepris, fabriqué, distribué, voire conçu
comme apte à voir le jour (sauf les bébés). Regardez autour de vous. Y a-t-il
quoi que ce soit, depuis la nourriture dans le frigo, jusqu'au frigo lui-même,
depuis le mobilier jusqu'au vernis du parquet, en passant par les vêtements
qu'on porte qui ne nous a pas été apporté par des grands groupes privés?
Notre sujétion aux entreprises privées à tous les échelons de l'échelle des
besoins est totale. On n'imagine rien d'autre la réalité que nous ont fabriquée
les entreprises privées parce que pour nous, c'est la seule réalité possible.
Nous ne voyons ni autour, ni en dehors de cette réalité. Elle s'est infiltrée
partout. Et elle est hermétique aussi. Chaque partie renforce parfaitement
toutes les autres parties au point qu'on ne voit plus les jointures. On ne peut
pas s'en échapper. Et en ce sens, nous en sommes prisonniers à vie.
Le complexe "entreprises-gouvernement-médias" qui fabrique notre conscience
collective (et qu'on appellera désormais ici les "salopards") est en même temps
immatériel, et, pour autant, facile à croire. Avec ses millions de pièces
détachables, visibles ou non - qu'elles soient financières, médiatiques,
industrielles, technologiques ou matérielles - pas un seul, pas même ses
maîtres les plus éminents, ne peut s'imaginer l'ensemble du système, ni même de
la même façon.
Cet immense métier à tisser de conception mentale, avec ses nombreux fuseaux et
navettes, peut tisser n'importe quel phantasme et sans aucun doute appuyer tout
produit ou fétiche identitaire d'un individu. En même temps la simple envergure
de cette terrible ponction effectuée sur l'humanité entière – pour le profit de
quelques privilégiés d'une oligarchie mondiale – n'est pas du tout visible pour
la majorité des populations européennes occidentales qui participent à ses
rituels profitables.
Les rituels du capitalisme sont observés scrupuleusement et avec révérence dans
la vie de tous les jours comme ceux imposés par la théocratie de l'ancienne
Egypte ou comme le sacrifice du sang des Aztèques. Les Aztèques croyaient
fermement que leur monde allait s'écrouler si les dieux ne recevaient pas assez
de cœurs humains qui battaient encore.
Nous, nous sommes persuadés que le monde tourne autour des chiffres du chômage,
du prix des actions en bourse, de nos emplois, de la productivité et de la
consommation. Nous recevons heure par heure les communiqués de la confrérie
médiatique sur l'état de santé d'un dieu synthétisé connu sous le nom
d'économie. La plèbe s'arrête pour écouter en se disant: "mon boulot, mon seul
moyen de subsistance, va peut-être disparaître, non? Il faut que je fasse
davantage d'efforts".
Et ainsi, avec crainte, nous rendons grâce à Moloch en lui offrant davantage de
travail, davantage de gerbes de blé qu'on n'en produisait auparavant
individuellement (c'est, en effet, le travail qui crée toutes les véritables
richesses), et en lui offrant des plans de sauvetage et nos fils à sacrifier
sur l'autel de la guerre.
De tous côtés, nous avons été transformés en une société d'exécutants qui
agissent comme on leur demande de le faire, à savoir en citoyens productifs. La
production telle que mesurée par les salopards. Et on ne peut pas espérer
trouver dans cette caste supérieure un Gandhi ou un Simon Bolivar. On n'arrive
pas dans ces sphères en organisant des "marches du sel" , ou en
déboulant dans leurs salles de conseil d'administration vêtu de guenilles pour
parler au nom du peuple.
"La plèbe! La plèbe! La plèbe! Mais qu'allons-nous bien pouvoir faire
d'elle?", avait dit en riant un ami conseiller politique, en ne
plaisantant qu'à moitié.
Exact, nous avons toujours été un drôle de troupeau, voué pour toujours à un
aveuglement que nous nous sommes imposé. Mais aujourd'hui, on nous a mis un
bandeau sur les yeux. C'est pas pareil. Au début de cette république mythique –
et c'est en grande partie ce qu'elle était seulement, un mythe – on avait plus
de chances de pouvoir échapper à cet aveuglement.
Aujourd'hui, on considère que c'est normal; nous estimons que c'est dans notre
intérêt que d'adopter cette cécité nationale. En faisant cela, nous nous
assurons pratiquement un nouvel Age des Ténèbres.
Oh, arrête de râler, pauvre con. Au cours de ce second Age des Ténèbres, tu
auras, c'est sûr, une connexion sans fil, et une micro-puce RFID implantée dans
le cou pour le téléphone rose. Les gars de
Tyson's corporate font ça déjà sur les poulets pour un ou deux centimes par
tête. Tu vois la chance que tu as d'être né en Amérique?
Sûr qu'il y aura Internet. Parce que la prochaine phase de la plus grand
escroquerie de l'histoire, le capitalisme, s'appuie sur les nouvelles
technologies. Avec la disparition du capitalisme mercantile, et maintenant que
le capitalisme industriel est dans les cordes partout, et qu'il a épuisé la
plupart des ressources naturelles mondiales, on aurait pu se dire que toute
cette histoire nauséabonde de cupidité et d'exploitation généralisée tirait
obligatoirement à sa fin.
On aurait pu se dire qu'il ne resterait plus rien à fourguer maintenant qu'on
avait pissé dans presque toute l'eau potable de la terre, ravagé ses forêts et
sa végétation, rasé ses montagnes pour extraire le charbon et autres minerais,
et transformé l'atmosphère en un manteau de toxines en ébullition, eh bien, on
aurais pu se dire qu'il était temps que les salopards arrêtent la partie et
rentrent chez eux compter leurs gains. Espère un peu.
Voilà que s'annonce une nouvelle phase: le capitalisme de la connaissance!
L'appropriation à des fins privées de la connaissance humaine en tant que
"capital immatériel". Ou le capitalisme cognitif, en langage des geeks
et des crétins.
Il s'agit ici essentiellement d'extraire de la vie l'expérience humaine, puis
de la relouer aux gens. Et comment on peut faire ça? Grâce au même système
ancestral qu'a employé jusqu'à présent l'Europe occidentale pour entuber la
planète au cours des deux premières manches du capitalisme – l'appropriation.
Refuser l'accès à quelque chose parce que c'est à moi, moi, moi!
Faire payer un loyer en échange d'un monopole. Fabriquer la rareté
artificielle, même de la connaissance et de l'expérience humaines en les
redéfinissant et les remodelant. Les outils ici sont des moyens légaux tels que
les droits sur la propriété intellectuelle, les licences, les logiciels
...
Le capitalisme cognitif par définition veut que le savoir tisse un réseau à
tous les nœuds de connaissance individuels. Chaque nœud représente son propre
domaine d'expérience concernant les relations de service, les loisirs, les
voyages et la multitude de secteurs de connaissance qui émergent rapidement
actuellement dans la gestion de l'économie mondialisée. La vie en tant
qu'expérience rémunérée, sans toutes ces tracasseries qui vont avec la
détention de biens matériels.
AGENCE DE LOCATION DE VIE.
En réalité, nous avons toujours loué nos vies aux salopards, comme, par
exemple, quand on faisait comme si les remboursements des prêts immobiliers
n'étaient pas une forme déguisée de location, etc.). Si vous avez l'argent pour
payer pour avoir accès à leurs réseaux, c'est parfait. Je suppose. Mais si vous
être trop pauvre, alors, vous devrez vous en sortir tout seul dans les rues
barbares dépouillées de ceux qui n'ont pas Internet. Si on nous laisse le
choix, en général, nous préférerons être dedans, pas à la rue. Mais quiconque
avec un peu de jugeote aurait peur des gardiens. (…)
Les produits du savoir, par rapport à ceux du capitalisme industriel, ne
coûtent pratiquement rien aux salopards. Les dépenses des entreprises, le
terrain, l'usine, la main d'œuvre tout cela a été délocalisé (balancé) en
Chine. Que les mandarins capitalistes récupèrent tous ces soucis.
Les mandarins capitalistes nagent dans le bonheur de les accepter. Parce
qu'eux, ils peuvent compenser ces coûts d'un million de façons différentes dont
ils préfèrent ne pas parler. Comme de faire brûler le charbon le moins cher qui
soit extrait grâce au travail d'esclave dans les centrales électriques les plus
crades qu'ils peuvent construire qui servent à alimenter leurs ateliers-maisons
de redressement pour fabriquer des puces électroniques.
Du genre: "Hé, Chang, c'est l'heure de partir se coucher. Fais donc rentrer
à coups de trique ces putains de ploucs d'ouvriers dans leurs cages à
poules.
Pendant ce temps, dans le pays de la liberté, nous sommes comme toujours, à un
buffle d'eau d'avance sur les Chinois quand il est question d'esprit
d'entreprise. Et donc, nous sommes passés du modèle "la propriété c'est le vol"
de Proudhon" à l'extorsion.
La nouvelle extorsion est réalisée grâce à la création d'un état de rareté
artificielle, qui est créée en changeant les règles des brevets, des logiciels
et des droits de propriété intellectuelle et en faisant protéger le tout par
une bande officielle de voyous engagés par les sociétés.
C'est le moment propice pour se livrer à l'extorsion grâce au capitalisme
cognitif. Les gens dans les pays développés, en Amérique en particulier, se
débarrassent actuellement de biens matériels, comme la montagne de gadgets
électroniques fabriqués en Asie, les vêtements réalisés dans les ateliers avec
des travailleurs esclaves, la bimbeloterie clinquante, sans parler des cages à
lapins de banlieue qui ne valent plus rien actuellement, et qui leur ont couté
la peau des fesses pour emmagasiner toutes ces merdes.
Il n'y a rien de plus bizarre, ou de plus triste d'une certaine façon, que ces
ventes d'objets organisées devant les maisons de particuliers et qui sont
devenues la routine le samedi matin dans les banlieues en Amérique.
"Collection d'objets" serait, d'ailleurs, un terme plus approprié que
"vente d'objets", parce qu'il n'y a pratiquement pas d'acheteurs, pas
même beaucoup de gens qui viennent se procurer des trucs gratos. Que des
vendeurs. Tout le monde veut de la tune pour récupérer au moins le prix du
plastique. Ou pour manger. On est fauché par là-bas (bien que les Européens et
les Américains du Nord ne sachent pas vraiment encore ce que c'est que d'être
véritablement fauchés. Demandez donc aux gens au sud de l'équateur).
Pendant ce temps, au Twilight Zone Café, à Winchester, Virginie, Ernie,
conducteur d'engins à la retraite, avale une gorgée de sa bière Old Milwaukee
et dit: "Maintenant dis moi un peu, porfesseur, c'est pas nous qui
nous sommes mis dans cette mouise? Nous ne serions pas un peu responsables de
ce qui nous arrive?".
Bonne question. Est-ce nous qui avons créé ce système désastreux, ou a-t-il été
créé par les salopards, qui, à leur tour, nous ont recréés?
Quelle proportion de tout ça peut être attribuée à la petitesse et à la
mentalité de rats des gens ordinaires comme nous-mêmes? L'ingéniosité humaine
et la capacité à reproduire en masse des biens de consommation et des infos
n'ont-elles rien produit de plus que le théâtre d'opérations pour le dernier
acte d'une tragédie humaine macabre et interminable – l'écocide?
"Oh, la science va bien nous trouver quelque chose", fait remarquer
Ernie. "C'est toujours comme ça". Je me mords la langue pour ne pas
dire que je pense que l'ingéniosité humaine est un truc qui est largement
surfait. Mais même en supposant que ce n'est pas le cas, et qu'on nous
distribue à tous des péniches qui fonctionnent avec des panneaux solaires
pendant la fonte des glaces due au réchauffement climatique, nous aurons quand
même besoin d'oxygène.
Peut-être qu'Ernie a raison, malgré tout. Peut-être que c'est nous qui nous
sommes mis dans cette panade en refusant cette "nouvelle responsabilité", que
suggérait le parti républicain il y a un certain temps.
Mais, moi, je dis que c'est la faute des salopards quand même: d'abord, parce
que c'est eux qui ont le pouvoir, de deux, parce que qu'ils se sont fait des
couilles en or grâce à ça, et de trois, parce que, pour commencer, je hais ces
connards.
Et ce n'est certainement pas parce que je suis jaloux de leur richesse. Je
laisse ce genre d'envie bestiale pitoyable aux agents immobiliers et aux
dentistes stakhanovistes.
Après une période assez courte dans cette "société de propriétaires", les biens
matériels sont de plus en plus remplacés par des expériences immatérielles
brevetées. Nous ne "possèderons" plus rien, et nous essaierons encore moins de
chercher à devenir propriétaire de tout ce que nous pouvons nous accaparer. Ca,
c'est bien. Mais les salopards finiront par tout posséder. Et ça, c'est
mal.
Certainement que le capitalisme cognitif sera, dans une certaine mesure, moins
nocif pour les ressources de la planète.
Une population de "cyber-junkies" qui cherchent soit à tirer un coup
soit à faire fortune, un peu comme dans "Second Life" , pensera peut-être
moins à maltraiter cette bonne vieille Terre, même si elle sera probablement
écœurée de voir ce que nous sommes devenus. Aussi mécontente soit-elle
actuellement, cela ne date pas d'aujourd'hui que la Terre n'apprécie pas le
comportement humain.
Et après avoir été bombardée, minée, empoisonnée et d'une manière générale
brutalisée depuis si longtemps, qui peut lui reprocher de penser que "le
sixième jour, Dieu a déconné".
Trois bières et près de 2000 mots plus tard, il est difficile de ne pas être
d'accord avec ça.
Joe Bageant a écrit" Deer Hunting With Jesus: Dispatches from America's
Class War, un livre sur la classe ouvrière aux Etats-Unis, dont il est
issu.
C'est un personnage pittoresque, au franc parler, un vrai tatoué (et ce qui
est tatoué ..., comme disent les capitalistes), et qui a eu de multiples
expériences dans la vie. Voir son portrait (en anglais) sur
son site web. Edifiant.
J'ai traduit un de ses billets pour le Grand Soir:
Sans
lutte, pas de conquêtes.
Sur les syndicats. A la belle époque.
Et puis, si vous lisez l'anglais, voici un billet, disons… musclé. Bien dans
l'esprit du personnage.
The
Bastards Never Die
En anglais toujours:
They Want Your Soul (1 of 2) – ils veulent ton âme
Deux videos intéressantes en anglais: http://www.youtube.com/watch?v=TYD-...
http://www.youtube.com/watch?v=E9Sw...
Les grands medias et leurs connivences avec les grands groupes privés
Des fois que vous penseriez encore que ce que vous entendez au poste, c'est
juste pour informer le prole et cultiver les masses laborieuses.
En savoir plus (fr):
Le
capitalisme cognitif : du déjà vu ?
Si après ça, tu passes à côté de la phase trois du capitalisme, c'est que tu
y mets vraiment pas du tien!
Bon, bin, pas de commentaire perso, cette fois-ci. Tout cela me laisse sans
voix.
Mais je crois qu'il y a pas mal matière à réflexion sans ça.
Mais ça fait peur.

Commentaires
Magnifique !
A mourir de rire !
A crever de pleurer !
Plein de pistes de réflexion, tu l'as dit bouffi !
Et toujours cette sempiternelle question : mais que faire ?
Début de commencement d'idée : ne plus bouger, autarcie, accrocher à nos fenêtres des banderoles : ici on ne consomme pas, rien, et on emmerde profond le capitalisme !
Bon, je prends ma croix aussi en sortant.
<a href=http://www.youtube.com/watch?v=VGO-...
http://www.youtube.com/watch?v=VGO-...
chapeau
merci Birahima: je me suis encore perdue dans les super liens que tu donnes.
Oui, les Stones, période défenseurs de prolos. Apparemment, ça leur a passé. Assez vite, même.
Pom, merci.
oui, que faire?
Je crois que c'est foutu pour un bon moment maintenant.
Outre les gogos-idiots utiles, il y a un peu trop de gens de gauche qui ne s'intéressent pas à ça - ou qui estiment que ce n'est pas "vendeur".
Constat assez drôle.Mais des constats on en a fait beaucoup et il semble bien plus difficile de sortir de la tête du plus grand nombre que la consommation n'est pas la finalité de la vie que l'inverse.Parce qu'avec l'inverse on vous sort une religion déjà bien installée qui donne l'illusion d'un "supplément d'âme" à votre consommation.
Et plutôt que des constats je préférerais le début de commencement de solutions!
Même si j'ai quelques idées la dessus.
c'était peut-être aussi un peu en pensant au personnel philippin de Vancouver
Ex-cel-lent papier ! Voici ce que déclare un de ses leader à l'occasiion de la création très récente du Pirate Party UK :
«D'après la loi britannique, vous devez théoriquement verser des royalties à la Recording Industry Association of America pour avoir le droit de chanter "Happy birthday to you". La chanson est soumise au droit d'auteur jusqu'en 2030 ! Pour nous, c'est une des preuves que le droit d'auteur, dans sa forme actuelle, est inadapté à notre société, et est exagérément favorable aux grandes entreprises. En moyenne, la durée des droits d'auteur augmente de plus d'un an chaque année : si cette tendance se poursuit, aucune œuvre ne tombera plus jamais dans le domaine public.» («Le Parti pirate du Royaume-Uni officiellement créé». Le Monde 13/08/09)
Oui,bien sur Pom,mais on fait comment quand il faut faire 25 ou 30 bornes pour faire ses courses,que l'on habite un HLM,que l'on n'a accès à pratiquement rien faute d'argent?
C'est pas on emmerde le capitalisme,c'est le capitalisme qui nous emmerde!
Faut peut être avant tout arrêter de penser en fonction de sa position personnelle et penser collectif.Non?
"…exactement comme Allen Greenspan ou Bernie Madoffavit avait compris…"
Madoff ou Madoffavit ???
:o)
"je préfèrerais le début de commencement de solutions"
Jean-Claude: eh bien, on attend cela des partis politiques, non? Or la grande majorité d'entre eux est soit dans le système capitaliste en plein, soit compte s'y allier à un moment ou à un autre. A qui se fier pour trouver des réponses?
Individuellement, on le voit, les solutions sont difficiles, parce que les circonstances font que tout a été fait pour nous mettre dans cette situation de dépendance aux biens de consommation (voiture pour aller travailler, pour aller au diable-vauvert faire les courses, etc. - et ça ne va pas s'arranger).
Il faut donc une volonté politique ferme et définitive de combattre ce système.
Merci Zadig pour cette précision.
Audrey, bravo et merci pour ta vigilance. Oui, erreur fatale de re-lecture.
En anglais malheureusement, des paroles indemnes du cynisme revendiqué des pierres roulantes, sonnantes et trébuchantes. Et pas juste une catharsis. Il est question de ce qu' "ils" veulent et surtout ne veulent pas, d'obéissance du troupeau des propriétaires possédés, ces exclus du club, de la déviance généralisée des "élites":
http://www.youtube.com/watch?v=hYIC...
Et donc ce tribute:
http://www.youtube.com/watch?v=_Wy5...
Alive and kicking, comme on dit...
Pour arthur Schopenhauer...avoir l’illusion de servir ses intérêts privés, c’est assurer la subsistance du Vouloir auquel je suis soumis.
LA solution, arrêter de faire des enfants et disparaître.
Très bon billet !