Iran, Honduras, et les autres: toute cette désinformation qui circule abondamment
Par emcee le mardi 7 juillet 2009, 11:03 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Aujourd'hui, c'est William Blum qui le dit.
William Blum, tu connais?
Non? Pfiou!
Eh bien, va falloir t'y mettre. Blum, c'est celui qui a écrit "Killing
Hope Rogue State", dont Ben Laden himself avait recommandé la lecture
lors d'une de ses apparitions en 2006. C'est dire s'il avait atteint alors une
renommée planétaire.
Pas qu'il en ait tiré gloire, ou même souhaité une telle promotion,
m'enfin.
Et de toute façon, si Ben Laden du fond de sa grotte, le connaissait, le reste
du monde n'a aucune excuse valable.
Ici, il nous parle à nouveau de l'Empire, de ses sympathies et antipathies (à
savoir, entre autres, et respectivement, les gentils militaires du Honduras et
l'abominable président iranien nouvellement réélu on se demande bien comment)
et du traitement de l'info qui en résulte au niveau mondial.
L'article en
anglais "Much Ado About Nothing?"; The Anti-Empire Report, a
été publié le 4 juillet (fêt'nat US), 2009 dans Dissident Voice.

William Blum
Beaucoup de bruit pour rien?
La chronique anti-empire
Mais qu'y a-t-il dans les élections du 12 juin en Iran qui font qu'elles ne
quittent plus, depuis lors, la une des médias du monde entier? Dans la plupart
des pays, à un moment donné ou à un autre, il y a eu des élections ces
dernières décennies qui étaient sacrément sujettes à caution.
Un nombre incalculable de citoyens aux Etats-Unis pense que les élections de
2000 et de 2004 ont été volées par les Républicains, et pas seulement à cause
des machines à voter, ni du comptage des voix, mais également des nombreuses
entourloupes du parti républicain avant les élections elles-mêmes qui visaient
à empêcher les électeurs noirs et les pauvres de s'inscrire sur les listes
électorales ou à les éloigner des urnes.
Le fait que de très nombreux citoyens ne soient pas descendus dans la rue pour
protester jour après jour, comme en Iran, n'est pas quelque chose dont nous
pouvons être fiers.
Peut-être que si la CIA, l'Agence pour le Développement International
(Agency for International Development - AID), plusieurs stations
radios gouvernementales, et diverses autres organisations soutenues par la NED
(National Endowment for Democracy – créée pour servir de vitrine à la
CIA) avaient été plus actives aux Etats-Unis, comme elles le sont depuis des
années en Iran, on aurait assisté à d'importantes manifestations dans les
rues.
Les "agitateurs extérieurs" classiques peuvent non seulement susciter des
rebellions grâce à la propagande, en s'appuyant sur un mouvement de
protestation qui existe déjà, mais ils peuvent aussi servir à mobiliser
l'opinion publique pour manifester de façon virulente contre le
gouvernement.
En 1953, quand la CIA avait renversé Mohammed Mossadegh, le premier ministre
iranien, ils avaient soudoyé des gens pour qu'ils manifestent devant la
résidence de Mossadegh et ailleurs en commettant des actes violents; certains,
prétendant être des partisans de Mossadegh, commettaient des actes
antireligieux. Et cela avait marché, extraordinairement bien (1).
Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis se sont immiscés de
façon importante dans 30 élections dans le monde entier. Cette fois-ci, avec
une nouveauté: la contribution de Twitter. Le département d'Etat américain a
demandé à Twitter de reporter la fermeture prévue pour maintenance de son
service afin que l'information puisse circuler en Iran pour permettre aux
contestataires de se mobiliser (2).
Le New York Times a écrit: " "Un article publié sur le site
True/Slant souligne certaines des plus grossières erreurs trouvées sur
Twitter qui ont été répétées et amplifiées par les bloggeurs; comme prétendre
qu'il y avait 3 millions de manifestants à Téhéran la semaine dernière (plus
vraisemblablement quelques centaines de milliers); que le candidat de
l'opposition Mir Hussein Moussavi avait été placé en résidence surveillée; que
le président du comité de surveillance des élections avait invalidé les
élections samedi dernier (ce qui n'était pas le cas) (3).
Depuis ces dernières années, les navires de guerre américains patrouillent au
large des eaux territoriales iraniennes, arrêtant les navires iraniens pour
contrôler s'ils ne transportent pas des armes destinées au Hamas, ou pour
d'autres raisons illégales, et les Etats-Unis financent et "instruisent" des
dissidents iraniens, utilisent des groupes iraniens pour perpétrer des
attentats à l'intérieur de l'Iran; ils ont kidnappé des diplomates iraniens en
Irak, enlevé du personnel militaire iranien en Iran pour les envoyer en Irak,
espionné sans relâche et recruté à l'intérieur de l'Iran, manipulé la monnaie
iranienne et les transactions financières internationales, et imposé diverses
sanctions économiques et politiques contre le pays (4).
"J'ai été clair là-dessus: les Etats-Unis respectent la souveraineté de la
République islamique d'Iran, et ne se mêlent pas du tout des affaires internes
de l'Iran", avait déclaré sans rire le 23 juin le président Barack Obama.
"Certains membres du gouvernement iranien accusent les Etats-Unis et
d'autres pays d'être à l'origine des manifestations qui ont suivi les
élections. Ces accusations sont manifestement fausses et absurdes" (5).
"Ne croyez jamais rien tant que ce n'est pas démenti officiellement",
dit la phrase célèbre de Claud Cockburn, l'auteur britannique.
Dans son discours à portée mondiale prononcé le 4 juin au Moyen-Orient, Obama
disait incidemment que "en plein milieu de la guerre froide, les Etats-Unis ont
joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement élu démocratiquement en
Iran".
Nous avons donc là un président qui avoue que les Etats-Unis ont été
précédemment impliqués dans le renversement d'un gouvernement en Iran au moment
même où les US tentent de renverser le gouvernement iranien actuel. Ces propos
pourront servir de référence en tant que plus bel exemple d'hypocrisie depuis
un bon moment.
Et donc, pourquoi tout ce ramdam dans le monde entier à propos des élections en
Iran et ces manifestations de rue?
Il n'y a qu'une réponse à cela. La réponse saute aux yeux. Mahmoud Ahmadinejad,
celui qui a été déclaré vainqueur, a été désigné comme Ennemi
Officiel (EO) de Washington (ODE Officially Designated Enemy) pour ne
pas respecter suffisamment l'Empire et son associé dans le crime, Israël; et
c'est un fait que Mahmoud Ahmadinejad est un de ceux qui critiquent le plus
ouvertement la politique étrangère des Etats-Unis.
Et cette notion d'ennemi officiel est tellement ancrée dans la vision
qu'a Washington du monde que personne ne semble se soucier du fait que
Moussavi, le principal rival d'Ahmadinejad soutenu avec force par les
manifestants, porte largement, en tant que Premier Ministre entre 1981 et 1989,
la responsabilité des attentats commis contre l'ambassade des Etats-Unis et
contre une caserne à Beyrouth en 1983 - où plus de 200 Américains ont perdu la
vie - et de l'attentat à la voiture piégée en 1988 contre des installations de
la marine US à Naples, en Italie, qui a fait cinq morts.
Mais, curieusement, ni la presse écrite, ni les médias audiovisuels n'ont
rappelé ces événements quand ils évoquaient les manifestations actuelles
(6).
En revanche, le Washington Post a jugé bon de publier le 27 juin un
article qui disait:" les gouvernements dictatoriaux chinois, cubain et
birman empêchent la publication d'articles sur ces foules d'Iraniens qui
affrontent avec courage les milices gouvernementales dans les rues de Téhéran
pour exiger des réformes démocratiques".
Serait-ce que personne dans le gouvernement d'Obama ne serait au courant du
passé de Moussavi?
Et personne non plus ne serait au courant de la violente répression déclenchée
au Pérou le 5 juin par le gouvernement péruvien lors de manifestations
pacifiques organisées pour protester contre l'accord de libre-échange
Etats-Unis-Pérou? Un massacre où entre 20 et 25 indigènes de l'Amazonie ont été
tués et près de 200 ont été blessés (7).
L'administration Obama s'est tue sur les massacres commis au Pérou parce que le
président péruvien, Alan Garcia, ne fait pas partie des ennemis officiels de
Washington.
Et Moussavi non plus, malgré les actes terroristes perpétrés contre des
citoyens des Etats-Unis, parce qu'il est l'adversaire d'Ahmadinejad, qui, lui,
est au coude à coude avec Hugo Chavez pour le titre d'Ennemi Officiel
N°1.
Time magazine qualifie Moussavi de "modéré", ajoutant: "Il faut se
rendre à l'évidence: les élections présidentielles en Iran ont été truquées",
donnant autant de preuves à ce sujet que les protestataires en Iran, à savoir
aucune (8).
Rien ne prouve, évidemment, que les élections en Iran ont été parfaitement
honnêtes, mais les arguments qui sont donnés pour établir qu'elles ont été
truquées ne sont pas bien concluants, comme par exemple le fait, répété à
l'envi, que les résultats des élections ont été proclamés pratiquement tout de
suite après la clôture des bureaux de vote.
Depuis des décennies, dans divers pays, les résultats d'élections sont
suspectés de fraude pour avoir été tenus secrets pendant plusieurs heures,
voire plusieurs journées. Car, disait-on, ce retard signifiait qu'il se passait
probablement des trucs malhonnêtes en coulisse. Et aujourd'hui, on nous dit
qu'il y a probablement eu fraude parce que les résultats ont été annoncés très
vite. Il est à noter que les résultats des élections n'ont été contestés que
par un seul candidat alors qu'il y en avait quatre en lice.
Phil Wilayto, militant pacifiste et auteur d'un livre sur l'Iran, fait
remarquer:
"Ahmadinejad, lui-même issu d'un milieu rural pauvre, a, de toute évidence, le soutien des classes pauvres, surtout dans les campagnes, où vit près de la moitié de la population. Pourquoi? En partie parce qu'il s'intéresse à eux, veille à ce qu'ils bénéficient d'aides gouvernementales et les traite, eux, leurs opinions religieuses et leurs traditions, avec respect.
Moussavi, lui, fils de commerçant citadin, plait manifestement davantage à la bourgeoisie des villes, en particulier la jeunesse universitaire. En conséquence, comment quiconque pourrait-il s'étonner qu'Ahmadinejad ait remporté les élections avec une large majorité? Y aurait-il en Iran aujourd'hui plus de jeunes cadres que de pauvres? (9).
Tout cela, évidemment, ne vise pas à occulter le fait que l'Iran est une
société relativement répressive sur les questions sociales et religieuses, et
c'est cette réalité sous-jacente qui motive probablement la majorité de la
contestation; en effet, parmi ces manifestants, beaucoup n'ont peut-être même
pas une opinion bien arrêtée sur les élections en soi, surtout dans la mesure
où à la fois Ahmadinejad et Moussavi sont des purs produits de l'establishment,
où aucun ne représente une véritable menace pour la théocratie en place, et où,
donc, ces élections peuvent être envisagées sous l'angle d'un rapport de force
comme cela existe dans pratiquement tous les pays.
Mais ce n'est pas l'objet de mon propos ici.
La question qui m'intéresse, c'est cet objectif que poursuit inlassablement
Washington depuis si longtemps de faire changer de régime en Iran.
Si le même schéma s'était produit dans un pays allié des US, combien y
aurait-il eu de ces discours et de ces reportages accusateurs?
En fait, exactement le même schéma s'est produit dans un pays allié des US, il
y a trois ans, quand Felipe Calderon avait été accusé d'avoir volé les
élections présidentielles au Mexique et qu'il y avait eu des manifestations
tous les jours pendant plus de deux mois; mais la condamnation des Etats-Unis
et de la communauté internationale avait été pratiquement inexistante comparée
à ce qu'on voit aujourd'hui pour l'Iran.
Les autorités iraniennes ont procédé à un recomptage aléatoire des voix sur 10%
des bulletins pour finalement confirmer qu'Ahmadinejad était le
vainqueur.
Ce recomptage des voix a-t-il été fait honnêtement? je n'en ai aucune idée,
mais cela ne peut certainement pas être pire que ce qui s'est passé aux
Etats-Unis en 2000 et 2004.
Sur quels critères devons nous juger Obama?
Beaucoup de mes lecteurs m'ont reproché d'avoir critiqué la politique
d'Obama.
A la suite de mes deux derniers articles, plus d'une dizaine d'entre eux m'ont
demandé de les enlever de la liste de diffusion.
Mais si, comme moi, vous pensez que les nombreuses atrocités dues à la
politique étrangère des Etats-Unis constituent la plus grande menace contre la
paix, la prospérité et le bonheur dans le monde, alors, à mon avis, il faut
exiger d'avoir des dirigeants qui s'opposent sans aucune ambigüité aux équipées
militaires de l'Amérique, parce que ces interventions sont, elles, nuisibles
sans aucune ambigüité.
On ne peut rien dire de bon sur le fait de larguer des bombes puissantes sur
des foules de personnes innocentes, d'envahir leur pays, de renverser leurs
gouvernement, d'occuper leur pays, de défoncer les portes des habitants, de
tuer le père, de violer la mère, de traumatiser les enfants, de torturer ceux
qui résistent à tout cela …
Et cela ne dérange pas du tout Obama, si on le juge sur sa politique et non pas
sur son discours.
Et Al Franken non plus,
qui s'apprête à devenir sénateur du Minnesota sous l'étiquette démocrate.
L'ancien humoriste de "Saturday Night Live" voudrait nous faire croire
qu'il est contre la guerre en Irak depuis le premier jour, mais il s'est rendu
4 fois en Irak pour divertir les soldats. Cela vous paraît logique, ça?
Pourquoi les autorités de l'armée font-elles venir des comiques pour se
produire devant les soldats? Pour remonter le moral des troupes.
Et pourquoi remonter le moral des troupes? Un soldat plus heureux a plus de
cœur à l'ouvrage.
Et quel est le travail d'un soldat? Toutes les joyeusetés citées plus
haut.
Franken ignore-t-il donc ce que font les soldats? Il critiquait le gouvernement
Bush pour n'avoir pas "envoyé suffisamment de soldats pour faire le boulot
proprement" (10).
Quel "boulot" ce type pensait-il que les soldats étaient partis faire et qui
n'aurait pas été bien fait, faute d'effectifs suffisants? Voulait-il qu'ils
soient plus efficaces pour tuer les Irakiens qui résistaient à l'occupation de
leur pays?
Franken remonte le moral des troupes depuis longtemps. En mars dernier, il
recevait une récompense de l'United Service Organization (USO) pour
ces dix années passées à divertir les troupes à l'étranger. Dont au Kosovo, en
1999, une occupation impérialiste s'il en est. De son expérience à l'USO, il
dit: "une des meilleures actions que j'ai faite dans ma vie" (11).
Franken a également prononcé un discours à West Point, pour encourager la
nouvelle génération de guerriers impérialistes. Avons-nous là un homme qui sera
disposé à s'élever contre la militarisation des Etats-Unis, dans le pays et à
l'étranger?
Pas plus qu'Obama.
En 2005, où Franken avait une émission régulière sur Air America, Tom Hayden
écrivait ceci sur lui:
"Quelqu'un d'autre est-il déçu de l'apologie quotidienne d'Al Franken sur l'interminable guerre en Irak? Pas la version de la guerre de Bush, parce que cela détruirait l'objectif louable d'Air America de rallier une audience anti-Bush. Mais, disons, la vision de Kerry sur la guerre, une guerre qui peut être mieux gérée et gagnée, en quelque sorte, avec de meilleurs gilets pare-balles et moins de salles de torture.
Ce matin, Al Franken soutenait la proposition de Joe Biden d'envoyer 5000
troupes de l'Otan pour fermer la frontière entre l'Irak et la Syrie, faire
venir des instructeurs étrangers pour le corps d'officiers irakiens, et mettre
les Irakiens au travail à déblayer ce qui a été détruit à cause de notre
invasion …
Maintenant que Bush nous a manipulés pour nous faire admettre l'invasion,
Franken pense que nous n'avons pas d'autre choix que de … rester jusqu'à ce que
nous ayons écrasé tous les rebelles.
C'est un prétexte humanitaire pour une occupation américaine à durée
indéterminée. Et il est largement partagé par les élites politiques et autres
qui pensent qu'ils représentent la conscience de l'establishment des Etats-Unis
et le leadership du parti Démocrate. 12
Je sais, je sais, je déboulonne toutes vos statues. Mais ces gens-là ne
devraient pas être vos héros. Il faut apprendre à percer à jour ces
progressistes du parti démocrate qui protègent l'empire.
Il y a à peine une semaine, des documents publiés par la bibliothèque Nixon en
Californie ont révélé que 5 jours avant l'invasion surprise du Cambodge par les
troupes US et sud-vietnamiennes, le 29 avril 1970 (ce qui avait déclenché
d'importantes manifestations aux Etats-Unis, et eu pour conséquence les
fusillades fatales sur les étudiants par la garde nationale à l'université
"Kent State" dans l'Ohio), le président Nixon avait eu l'aval du démocrate haut
placé au comité des services armés du sénat, le sénateur John Stennis du
Mississippi. Stennis avait dit au président:" Je vous soutiens … j'applaudis ce
que vous faites" (13).
Longue vie à la Guerre froide
Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a été renversé le 28 juin dernier à la
suite d'un putsch militaire parce qu'il s'apprêtait à lancer une consultation
populaire sans portée contraignante pour poser la question suivante: "Etes-vous
d’accord pour que, lors des élections générales de novembre 2009, soit
installée une quatrième urne pour décider de la convocation d’une Assemblée
nationale constituante destinée à élaborer une nouvelle Constitution
politique?".
Une des questions que Zelaya espérait voir traitée par la constitution était la
limitation actuelle du mandat présidentiel à 4 ans non renouvelable. Il avait
également exprimé le souhait de procéder à des modifications constitutionnelles
pour pouvoir améliorer le niveau de vie des populations pauvres; dans des pays
comme le Honduras, le droit n'est en général pas élaboré dans cette
optique.
Alors que j'écris ces lignes, on ne sait pas très bien comment vont tourner les
choses au Honduras, mais il faut noter ceci:
Les Etats-Unis, selon leur propre aveu, connaissaient parfaitement depuis des
semaines le projet de l'armée de renverser Zelaya. Washington a déclaré qu'il
avait fait de son mieux pour en dissuader les instigateurs. Il est difficile de
croire que cela s'est finalement avéré impossible. Au cours de la Guerre
Froide, il se disait, avec maintes justifications, que les Etats-Unis pouvaient
décourager un coup d'état en Amérique Latine par un simple "froncement de
sourcils".
L'armée du Honduras et celle des US sont depuis longtemps en très bons
termes.
Alors, il faut se poser la question: de quelle façon et dans quelle mesure les
Etats-Unis ont-ils averti Zelaya du putsch qui se préparait? Et quelle
protection lui ont-ils proposée? La riposte de l'administration Obama à ce coup
d'état peut être qualifiée par des adjectifs tels que "tiède", "appropriée mais
tardive", et "mitigée". Il n'est pas inimaginable que les US aient donné le feu
vert aux conspirateurs de l'armée, en leur disant de mettre un bémol au
traditionnel bain de sang du "golpe estado".
Zelaya avait été élu en tant que candidat conservateur, et puis, de façon
surprenante, il avait opéré un virage à gauche, s'était mis à critiquer
vivement la politique de Washington, et était devenu l'allié d'Hugo Chavez du
Venezuela et d'Evo Morales de Bolivie, tous deux que l'administration Bush
avait tenté de renverser et d'assassiner.
A la suite du coup d'état, la National Public Radio (NPR) a démontré une fois
de plus la raison pour laquelle les progressistes l'appellent "National
Pentagon Radio". L'animateur principal de cette radio nationale, Robert Siegel,
interviewait Johanna Mendelson Forman, du groupe de réflexion conservateur
"Center for Strategic and International Studies":
Siegel: il n'y avait pas eu de coup d'état en Amérique Latine depuis un bon
moment.
Forman: le dernier a eu lieu, je pense, en 1983.
Siegel n'a pas relevé. (14).
C'est de l'ignorance crasse au dernier degré. Il y a eu un coup d'état au
Venezuela en 2002 qui a renversé pour une courte période Hugo Chavez, un à
Haïti in 2004 qui a définitivement renversé Jean-Bertrand Aristide, et un autre
au Panama en 1989 qui a renversé Manuel Noriega.
Est-ce parce que les US étaient largement impliqués dans ces trois coups d'état
qu'ils ont été jetés dans les "trous de mémoire" d'Orwell?
William Blum
Notes annexes:
NB: Les chiffres dans la traduction se réfèrent aux notes données par
Blum. Les consulter (en anglais) sur le texte original.
William Blum est
écrivain et journaliste.
Les livres qui ont été traduits en français sont: Les Guerres scélérates
(Parangon, 19 février 2004); L'État voyou (Parangon (31 mars 2002) ;
Mythes de l'Empire (Aden).
Site de Blum
Citations
L'auteur et historien William Blum affirme:
"Entre 1945 et 2005, les Etats-Unis ont tenté de renverser plus de 40 gouvernements étrangers et d'écraser plus de 30 mouvements populistes nationalistes en lutte contre des régimes odieux … En faisant cela, les US ont provoqué la mort de plusieurs millions de personnes, et condamné des millions d'autres à une vie de souffrances et de désespoir" (Rogue State: A Guide to the World’s Only Superpower – "l'Etat voyou- guide de la seule superpuissance mondiale). "Aussi parano ou défenseur de la théorie du complot que vous puissiez être, ce que fait réellement le gouvernement dépasse tout ce que vous pouvez imaginer" (ibid.)
Articles de Blum traduits en français:
Sur ce blog: http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...
Sur le Grand
Soir
Vous ne pourrez pas dire après ça que vous ignorez ce grand bonhomme. Déjà,
si vous êtes passé-e à côté depuis tout ce temps qu'on se décarcasse, vous avez
peu d'excuses.
Un peu comme Chomsky: des lumières qui luisent dans l'obscurité, voire les
ténèbres …
Et les ténèbres, nous connaissons cela aussi ici, hélas.
Ténèbres et ignorance crasse entretenue par la propagande officielle.
Un exemple: il n'y a qu'en France que la remise en cause de la thèse officielle
sur le 11 sept soit taboue.
Et pourquoi? Les arguments officiels seraient-ils si peu solides qu'on ne
pourrait leur opposer une autre analyse, de peur de fâcher l'Ami
Américain?
La France outragée, bercée par l'hymne national, emmaillotée dans le drapeau de
la République, ne cesse de se prendre les pieds dedans.
Et plus on est petit, plus c'est pire….
Forcément.
Puisque le drapeau est d'autant plus trop grand
Autre lien
Sous-information et
désinformation : Loin du Honduras
Publié le 6 juillet 2009 par Henri Maler (Acrimed)
Honduras. Photos des manifs: http://www.lajiribilla.cu/2009/n425...
Edit: un
éminent spécialiste de W. Blum me glisse dans l'oreillette que Ben Laden
n'a pas fait l'éloge de Killing Hope, mais de "Rogue State", "Etat
Voyou".
Dont acte.

Commentaires
Ce qui m'amuse chez ces anti-impérialistes c'est qu'à l'identique des impérialistes ils ne peuvent imaginer qu'il se passe quoi que ce soit dans le monde sans que les USA en soient à l'origine.
Ce raisonnement qui montre que les autres peuples en Iran ou en amérique du Sud ne sont pas capable d'agir par eux mêmes et ne peuvent être que manipulés est tout aussi raciste que celui qui consiste à penser que nous autres hommes blancs sommes les seuls à pouvoir apporter la civilisation dans le monde.
Magnifique texte et intéressant . J'apprécie et je vais le conserver pour possiblement le faire connaître ainsi que ton blogue...
Bonne journée
@ fileasse: tant mieux si vous trouvez "amusant" qu'on ait plutôt l'impression que les US sont souvent si ce n'est exécutants, du moins complices de régimes à sa botte, moi non. Il y a des morts tous les jours dans le monde.
Et puis, ce ne sont pas des vues de l'esprit, sauf pour ceux qui se laissent berner par une propagande éhontée, tricotée avec d'énormes ficelles parce que le gogo croit encore bêtement au Rêve Américain, au chewing gum et au sauveteur du monde libre. Mais ce sont des faits avérés, autant en Amérique Latine qu'au Proche Orient et ailleurs. Pour preuve les budgets militaires pharamineux votés bon an mal an, les agences gouvernementales et non gouvernementales déployées partout dans le monde et les 737 bases US installées dans le monde, etc. (Par ex: Si vous lisez l'anglais:http://www.alternet.org/story/47998. Sinon, il faudra trouver quelqu'un de complaisant pour faire le pensum à votre place).
Et je m'arrêterai là, parce que, de toute façon, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif.
@ serge Adam: merci beaucoup de ton commentaire et de tes encouragements. J'ai déjà pas mal de feedback dans mes stats en provenance de ton site, qui est fort bien documenté par ailleurs.
Il n'est pas question de nier les budgets, les agences ou les tentatives d'intervention.
Mais il est question de discuter de l'efficacité de ses mesures sur les peuples.
Je ne considère pas les iraniens (ni aucun autre peuple) comme du bétail qu'un fonctionnaire de la CIA peut envoyer dans la rue sur un signe de main.
Implicitement, le texte que vous mettez en ligne estime que c'est le cas et nie toute volonté propre au peuple Iranien.
"Et je m'arrêterai là, parce que, de toute façon, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif."
Vous avez parfaitement raison, alors demandez vous pourquoi les Iraniens et les autres vont boire, peut être est ce parcequ'ils ont soif.
« Ce qui m'amuse chez ces anti-impérialistes c'est qu'à l'identique des impérialistes ils ne peuvent imaginer qu'il se passe quoi que ce soit dans le monde sans que les USA en soient à l'origine. » Citation de fileasse .
J'invite ce lecteur à lire M. Noam Chomsky, c'est un américain qui comme moi vit en Amérique du Nord et qui sommes bien placé pour voir notre bourgeoisie impérialiste exercer son contrôle. Comme un certain Guevarra le faisait remarquer il y a longtemps, « nous vivons au coeur de la bête » et nous le voyons agir.
Pour paraphraser « emcee », « on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif. »
Si vous ne croyez pas qu'un peuple peut-être manipulé, alors, c'est que vous êtes bien jeune.
Ensuite, en Iran, ce n'est pas le "peuple" iranien qui a manifesté, mais une infime partie de celui-ci, cantonné dans les grandes villes.
Il ne faut pas mélanger, d'autre part, le peuple et les "élites", qui, elles, ont les moyens de manipuler les masses (par les médias et la presse), voire de les réprimer (armée, police, armes létales). Et la CIA, elle, sait très bien à qui s'allier. Il n'y a pas besoin de nombre: il suffit d'avoir les outls.
Quand le gouvernement Bush a décidé d'envahir l'Irak, il a convaincu les Américains que les Irakiens voulaient s'attaquer à l'Amérique et qu'il fallait aller chercher sans tarder les terroristes en Irak et en Afghanistan (dont, plus ou moins Ben Laden, qui n'a jamais été retrouvé, curieusement). Colin Powell qui agitait un sachet de poudre blanche disant que c'était une arme fatale qui serait utilisée contre les citoyens, a ensuite admis que tout cela était faux.
Et qu'a dit la population, contre toute logique? Il faut aller en Irak exterminer le terroriste.
Peu d'entre eux manifestent contre les exactions qui sont commises en Irak et autres, peu d'entre eux s'élèvent contre la torture, ni contre Guantanamo, ou Abou Graib, et même s'ils étaient majoritaires, les "élites" passeraient largement outre si ce n'est pas dans leur intérêt. Et réprimeraient jusque dans le sang les manifestations pacifistes.
Ce n'est pas du "racisme" que de dire que le peuple est manipulé! Il est victime de la propagande et, sinon, de la répression.
Pareil pour les populations à l'étranger: combien de régimes ont été renversés pour être remplacés par des gouvernement fantoches?
Quant à ce qui se passe au Honduras, c'est clairement dit dans l'article de Blum. Et Blum n'est pas un imbécile, loin de là, et, en plus, c'est un spécialiste de ces questions. Depuis longtemps.
S'il mentait, il aurait des tas de procès sur le dos.
Serge, je n'avais pas vu ton com'. On est bien d'accord.
Et il doit être encore pire d'être au coeur du problème. C'est sûr, parce qu'en plus, cela ne date pas d'hier.
Mais nous, ici, nous ne sommes pas mieux lotis, avec un imposteur qui copie le modèle US jusqu'à la nausée (la nôtre), alors que tout ce qui est entrepris ici a connu un échec retentissant déjà sur le continent américain.
C'est-à dire qu'il envoie sciemment le pays à sa perte. Tout cela pour le mettre entre les mains d'une oligarchie restreinte.
Avec l'accord d'une partie du bon peuple de France.
@fileasse
Lisez donc ceci :
http://www.editions-zones.fr/spip.p...
Et l'auteur, Edward Bernays, n'est pas une sorte de gauchiste adepte de la théorie du complot, mais seulement l'inventeur de ce qu'il décrit...
Il est bon de lire aussi la préface de Normand Baillargeon.
Je dis un grand merci à Emcee qui m'a fait découvrir des articles de William Blum, il y a quelques temps .
D'ailleurs, s'il vit toujours aux Etats-Unis j'espère qu'on ne lui cherche pas des poux.
Emcee, tu fais bien de signaler que le cauchemar américain débarquera demain chez nous.
Peu de gens en parlent et c'est hallucinant !
Lien très intéressant sur Edward Bernays, merci beaucoup, NaOH.
Pachenka, oui, Blum vit aux US et il a 72 ans. C'est un monsieur vénérable qui peut sans doute poursuivre ses travaux parce que le grand public aux Etats-Unis n'y a pas accès. Tout comme pour Chomsky.
La propagande a réussi, justement, à persuader le peuple US de se méfier, voire de mépriser les intellectuels - universitaires, chercheurs, etc.
C'est ainsi que les populations ont accepté que des gens comme Reagan ou Bush représentent les Etats-Unis.
Et comme cela s'est passé ici avec le président actuel qui cherche à marginaliser et à ridiculiser les intellectuels (les vrais, s'entend, pas ceux qui sont préposés à la propagande pour le système).
Pour en revenir à Filéasse, je suis désolée si nous avons paru un peu brusques avec vous, mais sur ce blog, les lecteurs qui passent ont souvent mené une réflexion par eux-mêmes sur les articles contenus dans les billets et ajoutent leur propre documentation.
Et donc, donner son impression sans argumentation solide peut provoquer un débat - et c'est tant mieux.
Si on considère ce qui s'est passé en France, on peut voir clairement les mécanismes qui ont conduit une majorité de la population à voter pour le gouverneur de province actuel.
Je rappelle, à toutes fins utiles, que ce personnage n'est pas un nouveau en politique et qu'il n'avait jusqu'alors montré aucune disposition pour mener à bien les affaires du pays (c'est déjà en soi un signe que le "peuple" est plus sensible à la propagande qu'au bilan et aux aptitudes des élus).
Comment est-il monté en puissance?
Grâce à un mécanisme bien huilé.
D'abord, se choisir un rival peu dangereux (S. Royal, en l'occurrence).
Ensuite sélectionner quelques thèmes bien ciblés et porteurs et y revenir sans cesse en les assénant sous forme de slogans ("travailler plus pour gagner plus; "moi je préfère être du côté des victimes que des assassins", etc.)...
S'adresser aux petits, aux plus fragiles avec des accents de sincérité: augmentation du pouvoir d'achat, hausse des petites retraites, arrêt de l'immigration...
J'en passe.
A-t-il fait tout cela?
Rien du tout.
Mais il pourrait bien être réélu en 2012 avec les mêmes slogans.
Là, il commence à s'excuser d'avoir "fait des erreurs" et prétendre qu'il a "changé" (cela ne fait que la 2° fois qu'il dit ça).
Et puis, qu'est-ce qu'on en a à faire? Sa politique, elle, n'a pas changé, en tous cas. Derrière la vitrine, le travail qui lui a été assigné se fait quand même.
Mais on trouvera bien des boucs-émissaires à qui faire porter le chapeau de l'incurie.
GWBush a été accusé de tous les maux. GW n'était que le pantin qui avait été choisi et dont les élites financières et politiques tiraient les ficelles.
Pareil pour Obama. Et si Obama dévie de la voie qui lui a été tracée, on lui trouvera une "tare" qu'on exploitera à outrance (cf Clinton et Monica).
Est ce que tu a vu ça...
http://www.legrandsoir.info/Petitio...
Hello, emcee, ça fait au moins un mois que je ne suis pas venu, dont une semaine due à un bug intempestif et persistant sur mon vénérable P.C... Et je tombe sur ce ...copieux, mais irremplaçable billet, sur la désinformation globale mondialisée..!
Très bien documenté, comme d'hab, bon, même si j'ai du mal à aller au bout, ...déjà que je me suis désabonné de Courrier International, faute de temps....! Et pourtant, ça donne envie de reprendre de nombreux points en particulier...!
Juste une chose, un peu désespérante quand-même, confortée par le succès grandissant des gratuits, c'est l'espèce d'indifférence, d'énorme indifférence, d'une grande majorité de nos "congénères", quant à ce qui est de la "chose" publique, en dehors des chiens écrasés et de la rubrique nécrologique...!!
Bon, c'est pas si nouveau, mais ça s'aggrave notablement et on est en juillet en plus, début des vacances,...alors l'Iran, élections ou nucléaire, les Ouïgours, musulmans chinois minoritaires-majoritaires, dans la situation des Tutsi, il y a 15 ans au Rwanda, enfin, presque...! Le Honduras, en eaux troubles, c'est le moins qu'on puisse dire puisque personne n'en parle... Bon, j'en passe, surtout l'actuel inepte G8, à L'Acquila, sinistrée, chez Berlu, pas mal sinistré lui-même, enfin, je vais pas faire un inventaire à la Prévert..!
Je suis toujours aussi admiratif de ton obstination à traquer le détail et la contradiction, jusque dans leurs moindres subtilités.... Continue..moi, je pourrais pas...! Bravissimo, prend des vacances quand-même!
@VA,
Traquer l'info, secouer les consciences, eh bien, c'est le but de ce blog et, comme tu le dis, malgré l'indifférence ambiante, la paresse aussi, voire l'hostilité, parfois de ceux qui nous entourent. Mais je ne suis pas à la tâche 24/24h. Et je prends le temps d'autres activités plus ludiques, celles-là, par les temps qui courent.
Mais je ne compte pas abandonner, parce que nous ne sommes plus beaucoup à une époque où syndicats et partis ne songent qu'à garder leurs prés-carrés en nous abreuvant de slogans rebattus.
Tu parles du G8, voici les pantins qui s'y réunissent:
http://www.guardian.co.uk/world/video/2009/jul/09/g8Qu'y ont-ils fait? Pas grand chose sans doute. Et puisqu'on aperçoit Greenpeace, voici ce qu'ils ont fait à Paris: http://www.dailymotion.com/video/x9oj8h_action-contre-le-terminal-charbonni_news
Trop fort.
Yelrah, j'avais lu le titre, mais je ne m'étais pas penchée sur le contenu. Effrayant. Et quand on voit sur la vidéo ci-dessus comme ces chefs d'états du G8 semblent cohabiter, et bien s'amuser ensemble (même si c'est factice) on se dit qu'il y a sacrément du mouron à se faire. Hélas, là encore, combien sommes-nous à nous en inquiéter?
Et quand on lit ceci: http://www.lesmotsontunsens.com/medecins-monde-poursuivi-etat-pour-avoir-aide-roms-4995, on n'a pas de raison d'être beaucoup plus fiers en France de ce qu'on laisse faire.
franchement, nous n'avons pas d'autres combats à mener à gauche que la défense d'Ahmadinejad ?
être «issu d'un milieu rural pauvre», mais qu'est ce que ça prouve ?
Ah bon? Soutenir Aminejad? j'avais pas compris ça. Je vais relire.
D'autres combats? Vous avez des suggestions? parce que je n'en vois pas, là.
Quant à la question suivante, je vous suggère d'écrire directement à l'auteur ici: mailto:bblum6@aol.com, je suis sûre qu'il vous expliquera ça, voire fera amende honorable pour avoir dit quelque chose d'absurde, si c'est le cas.
Y avait ça aussi chez acrimed
http://www.acrimed.org/article3178....
Je suis désolé que vous le preniez comme ça. C'était une vraie question.
merci pour le lien, Yelrah. c'est exactement cela. Toujours deux poids deux mesures.
Ce que dénonce Chomsky, d'ailleurs, dans le cas du Cambodge et du Timor Oriental, où l'un a été médiatisé à outrance pendant que les atrocités commises dans le second ont été largement occultées - ce qui lui a valu d'être qualifié inlassablement de pro-Khmers rouges par le petit valet du pouvoir, ex-rédac'chef d'un hebdo autrefois satirique.
Et si "je le prends comme ça", Zadig, c'est que c'est toujours la même chanson et qu'elle m'énerve passablement, je dois dire: taire les exactions à grande échelle des uns parce qu'on pourrait nous accuser de soutenir celles des autres.
Raisonnement binaire qui profite à ceux qui ont investi la "gauche" PS pour démolir les mouvements de gauche, les vrais.
De plus, cet article parle, si on lit bien, de désinformation éhontée, que ce soit en Iran ou au Honduras.
Et je voudrais bien savoir comment on en conclut qu'on défend par conséquent Aminejad.
La "gauche" française, enfin une certaine "gauche", a, elle, pris fait et cause pour Moussavi.
N'est-ce pas à eux qu'il faudrait aller demander des comptes?
Quant à dire que le fait qu' Aminejad soit issu d'un milieu pauvre rural ne prouve rien, certes, mais la citation dit qu'il a le soutien des pauvres parce qu'ils se sentent plus proches de lui que de Moussavi et, surtout, qu'il a pris des mesures en leur faveur. Etc. Lire la suite ... je ne vais pas tout reprendre.
Ce n'est pas une relation de cause à effet. C'est une explication fort plausible à la raison de l'arrivée en tête du président sortant. Entre autres.
Et sortir des phrases de leur contexte, c'est de la naïveté ou de la paresse intellectuelle, voire de la malhonnêteté.
"à la bourgeoisie des villes, en particulier la jeunesse universitaire."je trouve le raccourci un peu trop facile!Il n'y a vraiment aucun enfant des classes pauvres dans les universités iraniennes?
Combattre toute intervention contre l'Iran ne doit pas conduire à accepter tout ce que fait le pouvoir!
L'Iran reste un pays ou l'on interdit les communistes,les athées,ou l'on pend les homos.Et les interdictions de manifestations,de rassemblement sont condamnables ou quelles soient.
Assimiler tout désaccord à de la complicité avec "l'empire" est sujet à caution!Ce qui ne veut pas dire que les services secrets occidentaux n'aient pas participé à une tentative de déstabilisation de l'Iran,mais pour que ça marche il faut que ça rencontre un mécontentement populaire préexistant.
Mon antiinterventionisme ne me conduiras surement pas à soutenir une théocratie,Iran,Israël, ou autre!Ni a ne pas remarquer le deux poids deux mesure dans l'information.Ni de dire que l'Iran a droit à son indépendance énergétique.
Pour le Honduras,mon cher fileasse mon père qui était un homme sage(homo sapiens)me disait souvent:quand il y a une merde dans le monde accuse les USA il y a 9 chances sur 10 que ça tombe juste!
Et la ça tombe juste:dans l'entourage direct de Roberto Micheletti on trouve deux individus qui ne sont pas des inconnus:Otto Reich et Robert Carmona.
Ces personnes sont connues pour avoir participé à des coups d’État soutenus par la CIA, comme le 11 avril 2002 contre le président Hugo Chavez au Venezuela, ou s’être prononcées contre le gouvernement de Zelaya lorsque le pays a adhéré à l’Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique (Alba). Robert Carmona, qui s’est formé à l’École militaire des Amériques, s’est consacré à promouvoir l’interventionnisme étranger au Honduras. Techniquement, il faut relever le rôle joué par Billy Joya. Ce membre de la CIA, fondateur de l’escadron de la mort 3-16, est responsable de plus de 184 disparitions durant les années quatre-vingt (il a été nommé ministre conseiller de Roberto Micheletti ). Parmi leurs appuis politiques, on trouve les cercles du patronat, terriblement réactionnaires et conservateurs, et l’Église catholique, qui s’est publiquement prononcée en faveur du coup d’État.
Il y a la des indices assez probants pour y voir l'interventions des USA et la condamnation d'Obama est nettement tempérée par celle de Clinton!
Et le deux poids deux mesures avec l'assourdissant silence médiatique depuis 3 semaines sur le Honduras!
Pour ce qui concerne l'école militaires des amériques je vous recommande le livre de Marie-Monique Robin"les escadrons de la mort,l'école française" et du même auteur"le monde selon monsanto" dès qu'il s'agit d'ameique du sud on y retrouve les mêmes noms!
Chère emcee, tu ne cesseras jamais de (te) débattre quand quelqu'un veut te faire aller là où tu ne veux pas. Ça me convient.
Pour paraphraser Yelrah (comm. n°16) : y a ça aussi chez Article XI, pour nous éclairer à propos du Honduras :
http://www.article11.info/spip/spip...
Enfin, il y a pour chacun(e) de nous des noms propres qu'il / elle ne «voit» pas. On dirait (mais peut-être que je me trompe) que tu ne «vois» pas celui d'Ahmadinejad, que tu écris Aminejad avec une belle constance (t'inquiète, des bizarreries de ce genre, j'en ai aussi).
Yours.
@ Jean-Claude: "Il n'y a vraiment aucun enfant des classes pauvres dans les universités iraniennes?". Eh bien, si il y a peu d'enfants pauvres dans les universités françaises, malgré les aides (bien qu'insuffisantes), je ne vois pas comment dans un pays où les pauvres (près de 50% de la pop) sont plus que misérables il pourrait y avoir beaucoup de pauvres dans les universités iraniennes, en tous cas, un nombre significatif.
Nous sommes bien d'accord: le régime iranien n'est pas ce qu'on pourrait appeler "progressiste", loin de là, mais autant Ahmadinejad que Moussavi font partie du système, leurs candidatures ayant été validées par le tout-puissant Conseil des Gardiens, composé de 12 membres, tous des clercs et qui décident des lois que le président doit faire appliquer (je simplifie; voir ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Rahbar).
Il me semble que tu as oublié la moitié de la population iranienne dans la liste des opprimés du régime: les femmes!
Et elles ne peuvent pas s'en cacher et vivre dans la clandestinité, même si beaucoup d'entre elles y sont de fait.
@ Pièce Détachée: merci pour le lien. Je m'en vais le consulter aussitôt.
Je ne voulais pas répondre au troll, mais après tout, cela donnait une explication pour les autres lecteurs aussi.
J'écris Aminejad par commodité et parce que je m'étais laissé dire que cela se prononçait plus ou moins comme ça (en faisant vite, mais avec un son "h") et puis, à part ceux qui parlent le farsi, voire l'arabe, personne en France n'est capable de prononcer son nom correctement, alors autant bien prononcer un nom approchant et compréhensible de tous
Nothing personal.
All the best
Pour ce qui concerne l'Iran aucun désaccord et j'ai oublié la moitié de l'humanité c'est vrai doit faire trop longtemps que je vis seul(hi,hi!)
A propos du Honduras on voit ressurgir des gens qui avaient quittés la scène depuis un certain temps et qui sont surtout peu recommandables!
Est-ce que la CIA reprendrait son "indépendance" sans référer à qui que ce soit?j'en doute,il faudra bien qu'Obama clarifie la situation ou avoue que les USA sont derrière le coup d'état,ou a minima l'ont laissé faire!
Obama n'est qu'une marionnette du système qui a été établi aux US depuis des décennies.
La CIA, mais aussi les milieux financiers, les puissants lobbys, etc. qui, tous, ne se contentent pas du territoire national mais écument le monde entier, au détriment des peuples qui y habitent.
Ce sont eux qui font et défont des carrières.
Obama ne prend pas les décisions tout seul. Il n'a pratiquement aucune marge de manœuvre, et il dira ce qu'on lui demandera de dire, noyant le poisson comme il sait si bien le faire dans des discours en apparence progressiste.
Je n'ai pas eu le temps de le faire, mais j'aurais voulu analyser de façon plus approfondie le discours qu'il a prononcé au MO.
Quant au Honduras, Obama était parfaitement au courant de ce qui se tramait, peut-être même était-ce largement inspiré par la coalition qui dirige les affaires US et internationales.
La position stratégique du Honduras, le fait qu'elle abrite une base militaire US et le virage à gauche du président ne sont pas pour lui assurer la paix et la tranquillité.
Bonsoir à vous,
Ce message pour vous indiquer qu’à mon avis il y a une erreur dans votre traduction de l’article en anglais ‘’Much Ado About Nothing’’ ; The Anti-Empire Report, publié le 4 juillet 2009 (jour de la fête nationale US) dans Dissident Voice.
Cette erreur se situe dans la dernière phrase.
Vous avez écrit ‘’Est-ce parce que les US étaient largement impliqués dans ces trois coups d'état qu'ils ont été jetés dans les "trous de mémoire" d'Orwell?’’.
La phrase en anglais est : ‘’Is it because the US was closely involved in all three coups that they have been thrown down the Orwellian Memory Hole?’’
Il s’agit d’extraits de l’interview de Johanna Mendelsohn Forman par Robert Siegel. A la lecture de l’article, je me suis demandé ce qu’Orwell venait faire là. La phrase adaptée aurait dû se terminer par ‘’les trous de mémoire de Forman’’.
Vérification faite, il me semble qu’il est possible d’utiliser l’adjectif ‘’orwellien’’ pour désigner une situation destructrice du bon fonctionnement d’une société se voulant libre. Voir à ce propos ;
http://en.wikipedia.org/wiki/Orwell...
http://translate.google.fr/translat...
Je propose la formulation suivante ;
Est-ce parce que les US étaient largement impliqués dans ces trois coups d'état qu'ils ont été projetés dans les "trous de mémoire orwelliens" de Forman ?
Voilà. C’est sans prétention de ma part. Je pratique un anglais issu de ma scolarité secondaire. Nous chahutions le prof et n’avons pas appris grand-chose ! Je ne fais là que du bricolage, mais enfin les bricolages servent souvent à poursuivre la route !
Grand merci à vos papiers.
Maurice Lecomte
@ML, merci de cette explication.
Cependant, ce que vous dites, si ce n'est pas faux, n'est pas tout à fait ce que dit Blum.
Il fait référence aux "trous de mémoire" évoqués par Orwell dans 1984 .
Peut-être aurais-je dû préciser: " ... les (fameux) "trous de mémoire" dont parlait Orwell".
D'ailleurs, il ne s'agit pas uniquemment de Forman, mais aussi de celui qui l'interviewait.