Palestine: ce n'est pas parce qu'on n'en parle pas qu'il ne s'y passe rien
Par emcee le dimanche 21 juin 2009, 20:23 - Moyen Orient - Lien permanent
Loin de là.
Le magasin reste ouvert pendant les travaux.
Des enfants palestiniens sont molestés, voire privés de leurs droits
fondamentaux et torturés par l'armée israélienne.
Là encore, des histoires atroces. Avec l'indifférence, le déni ou la complicité
de la communauté internationale.
Comment, d'ailleurs, pourrait-il en être autrement quand la répression est
également monnaie courante dans les pays dits "démocratiques".
Peine de mort, détention arbitraire, torture légalisée, massacres d'innocents,
enlèvement de présumés terroristes, refus de régularisation d'immigrés
surexploités, puis traque des sans-papiers, détention d'innocents,
incarcérations, criminalisation des dénonciateurs de ces agissements, et tout
le reste: tout cela se pratique, soit dans les pays occidentaux, soit avec leur
aval.
Allons-nous, finalement devenir aussi insensibles que ceux qui nous gouvernent
et qui s'installent dans le mépris du peuple et l'oligarchie?
Ou bien allons-nous réagir pour de bon?
Et puis, comment les enfants de Palestine, cailloux ou pas, peuvent-ils être
élevés sans la haine de l'autre, sans la défiance vis-à-vis d'adultes qui les
culpabilisent, qui les écrasent, qui leur dénient le droit à la justice et à la
vie?
Voici la traduction d'un article de Jonathan Cook, " All In a Day’s
Work for the Israeli Army: Beating and Torturing Children", publié le
17 juin 2009 dans
Dissident Voice
La routine pour l'armée israélienne; battre et torturer les enfants
palestiniens
Nazareth — les droits des enfants palestiniens sont systématiquement violés
par les forces armées israéliennes, dit un nouveau rapport qui indique que les
brutalités et la torture sont monnaie courante. De plus, des centaines de
Palestiniens mineurs sont chaque année poursuivis en justice par Israël qui les
prive de leur droit à un procès équitable et à la visite de leur famille.
La publication du rapport de l'ONG "Defense for Children
International" (la DCI, "Défense des droits des enfants") survient peu
après que des soldats israéliens et des hauts gradés ont déclaré que terroriser
les civils palestiniens, y compris les enfants, en Cisjordanie, c'était
"une procédure normale".
Le colonel Virob, commandant de la brigade Kfir, a annoncé le mois dernier que
dans le cadre d'une mission, "il était courant d'utiliser la violence vis-à-vis
de chaque habitant d'un village ".
Les interrogatoires comprennent l'administration de gifles, de coups et de
coups de pieds, a-t-il déclaré.
En conséquence, Gabi Ashkenazi, le chef des services armés, a été contraint de
se présenter devant le parlement israélien pour désavouer la conduite de ses
soldats. "Les brutalités sont totalement prohibées", a-t-il déclaré
devant les élus.
Le colonel Virob avait fait cette déclaration lors d'une déposition devant le
tribunal où deux de ses soldats, dont le commandant en second, étaient accusés
d'avoir brutalisé des Palestiniens dans le village de Qaddum, pas loin de
Naplouse. L'un d'eux a déclaré devant la cour que " l'instruction militaire
au sein de l'IDF (forces de défense israéliennes) va dans le sens de
l'utilisation de la violence".
Le colonel Virob confirmait apparemment ses dires, en affirmant que "troubler
l'équilibre" de la vie du village lors de missions faisait partie de la
stratégie et que l'immense majorité des violences étaient commises contre des
"personnes qui n'étaient pas impliquées ".
La semaine dernière, d'autres reportages concernant les brutalités auxquelles
étaient soumis les Palestiniens, dont certains étaient à peine âgés de 14 ans,
étaient diffusées à la télévision israélienne, grâce à de la documentation
recueillie par des soldats qui militent dans le cadre de l'association
"Breaking
the Silence" ( "Briser le silence"), et qui montre les brutalités
commises par l'armée.
Deux soldats qui servaient dans le bataillon Harub ont déclaré qu'ils avaient
été témoins de brutalités dans une école du d'Hares, en Cisjordanie, au
sud-ouest de Naplouse, au cours d'une opération en mars dernier destinée à
mettre un terme au jets de pierres. Beaucoup de ceux qui avaient été retenus
n'étaient pas du tout concernés, ont expliqué les soldats.
Au cours d'une opération de 12 heures qui avait commencé à 3h du matin, 150
détenus avaient eu les yeux bandés et avaient été menottés dans le dos, avec
les attaches si serrées que leurs mains avaient viré au bleu. Les pires
brutalités, ajoutaient les soldats, avaient eu lieu dans les toilettes de
l'école.
Selon le témoignage d'un soldat, un garçon d'environ 15 ans avait reçu une
"gifle qui l'avait jeté par terre". Il a ajouté que beaucoup de ses camarades
"donnent simplement des coups de genoux (au Palestiniens) par désœuvrement,
parce que rester dix heures sans rien faire, on s'ennuie et alors, on
cogne".
Ce portrait brossé par les soldats en exercice corrobore les conclusions de la
DCI, qui dit que beaucoup d'enfants sont ramassés à la suite d'incidents ou
subissent des descentes chez eux en pleine nuit.
Le rapport de l'ONG comprend une sélection de témoignages d'enfants qu'elle
avait défendus en 2008 dans lesquels ils racontent les sévices que leur ont
fait subir les soldats israéliens ou les tortures lors d'interrogatoires.
Un enfant de dix ans, présenté sous le nom d' Ezzat H, raconte ce qui s'est
passé lors de la fouille de leur maison par les soldats israéliens à la
recherche d'un pistolet. Il explique qu'un soldat l'a giflé et lui a donné des
coups de poings à plusieurs reprises au cours des deux heures qu'ont duré
l'interrogatoire, et après ça, un autre soldat l'a menacé avec un fusil: "le
canon du fusil était à quelques centimètres seulement de mon visage. J'étais si
terrorisé que je me suis mis à trembler. Et il s'est moqué de moi".
Un autre garçon, âgé de 15 ans, raconte qu'il a été emmené dans un camp
militaire où il a été brutalisé, et ensuite on lui a serré une corde autour du
cou pour simuler une exécution.
Yehuda Shaul, de Breaking the Silence, explique que les soldats traitent tout
Palestinien de plus de 12 13 ans comme si c'était un adulte.
"Pour la première fois un militaire de haut rang (le colonel Virob) s'accordait à dire comme nous – même si ce n'était pas voulu - que l'utilisation de la violence contre les Palestiniens n'est pas exceptionnelle, mais qu'elle fait partie d'une stratégie. Il y a quelques années, aucun haut gradé n'aurait eu le courage de dire ça", dit il. Le rapport de la DCI souligne également l'utilisation systématique de la torture au cours des interrogatoires menés par l'armée et la police secrète, le Shin Bet, dans le but d'arracher des aveux aux enfants, souvent dans les cas où il y a eu des jets de pierres.
Islam M, âgé de 12 ans, dit qu'on l'a menacé de lui verser de l'eau
bouillante sur la figure s'il n'avouait pas avoir jeté des pierres, et ensuite
il avait été poussé dans un buisson de ronces.
Un autre garçon, Abed S, 16 ans, raconte qu'il est resté toute une journée avec
les mains et les pieds attachés en croix au mur d'une salle d'interrogatoire et
qu'on l'a enfermé dans une cellule d'isolement 15 jours d'affilée.
Le mois dernier, le Comité contre la Torture des Nations Unies, un groupe
d'experts indépendants, a exprimé "sa profonde inquiétude" face au traitement
que fait subir Israël aux Palestiniens mineurs.
D'après le rapport de la DCI, quelque 700 enfants sont condamnés par les
tribunaux israéliens tous les ans, avec des enfants âgés de 12 ans et plus à
qui on refuse la présence d'un avocat pendant les interrogatoires.
On y apprend également que les interrogateurs bandent les yeux et menottent les
enfants détenus au cours d'interrogatoires et utilisent couramment des méthodes
comme donner des gifles et des coups de pieds, les priver de sommeil, les
mettre à l'isolement, menacer l'enfant et sa famille et laisser l'enfant
attaché pendant de longues périodes. De telles pratiques avaient été interdites
par la Cour Suprême d'Israël mais sont encore largement signalées par les
associations de défense des droits humains.
La DCI a été choquée d'entendre les témoignages de plusieurs enfants sur une
minuscule cellule spéciale, appelée N°36, dans un centre de détention près
d'Haïfa. La cellule n'a ni fenêtre ni aération, ses murs sont sombres et une
lumière faible est allumée jour et nuit.
Dans 95% des cas, les enfants sont détenus dans les prisons en Israël en
violation des lois internationales , la plupart n'ayant pas droit aux visites
de leur famille et recevant peu ou pas d'instruction.
La DCI dénonce également la "culture de l'impunité" au Shin bet, ajoutant que
pas une des 600 plaintes déposées pour torture contre leurs interrogateurs au
cours de la seconde Intifada n'a fait l'objet d'une enquête criminelle.
Yesh Din, un groupe de défense des droits de l'homme israélien, a raconté en
novembre dernier que les soldats ne faisaient que trop rarement l'objet de
mesures disciplinaires quand ils agissent de manière illégale.
Les chiffres de l'armée depuis l'année 2000 jusqu'à fin 2007 montrent que la
police militaire n'a mis en accusation que 78 soldats sur 1268 enquêtes. La
plupart des soldats ont été condamnés à des peines légères.
Les études réalisées par des universitaires laissent entendre que les soldats
israéliens utilisent régulièrement la violence contre les civils palestiniens,
dont des enfants, et cela depuis de nombreuses années.
A la fin 2007, les Israéliens avaient appris cela avec stupeur, grâce aux
témoignages recueillis par Nufar Yishai-Karin, une psychologue travaillant en
milieu hospitalier, auprès de 21 soldats avec qui elle faisait le service
militaire au début des années 90. Les soldats lui ont raconté des incidents au
cours desquels de simples témoins s'étaient fait tirer dessus ou avaient été
molestés. Un des témoignages les plus choquants avait été celui d'un soldat qui
racontait qu'il avait vu son commandant brutaliser un petit garçon de 4 ans qui
jouait dans le sable à Gaza.
"Il lui avait cassé le poignet. Cassé le poignet et cassé la jambe. Puis il lui était monté sur le ventre, trois fois, et était parti. "Le lendemain, je suis retourné en patrouille avec lui, et j'ai vu des soldats qui se mettaient à faire la même chose".
De telles révélations se sont multipliées depuis que Breaking the
Silence a commencé à attirer l'attention sur les mauvais traitements
infligés par l'armée aux Palestiniens en 2004.
La version initiale de cet article a été publiée dans The National , qui paraît à Abu
Dhabi.
Jonathan Cook est un écrivain et journaliste qui réside à
Nazareth, Israël. Il écrit des articles en anglais pour de nombreux journaux
(voir ici, sur son site ).
Ses
dernières parutions sont: "Israel and the Clash of Civilisations: Iraq,
Iran and the Plan to Remake the Middle East (Pluto Press) et "Disappearing
Palestine": Israel's Experiments in Human Despair" (Zed Books).
Autre
article de Cook sur ce blog
Et puis, l'armée US recrute parmi les partisans de la suprématie blanche:
"I Hate Arabs More Than Anybody": Desperate Army Recruits Neo-Nazis (je
déteste les Arabes plus que tout au monde. L'armée US, cherchant désespérément
de nouvelles recrues, engage des néo-nazis" en anglais)
Commentaires
Chronique de l'infamie ordinaire...
Un article dans libé ? ....
Merci, emcee, de rappeler , en ces temps, où on ne parle plus que de burqa, de remaniements ministériels, et pire, qu'il y a des parties du Monde qu'on laisse volontairement à l'abandon.
Salut, Yelrah et Thé,
Oui, il y a des choses plus essentielles que les chaises musicales du gouv et la burqa en France.
Mais apparemment, nous sommes à l'ère de la diversion, à défaut de vrai divertissement.
milles excuses emcee,mais je suis tombé sur une page blanche au premier envoi!
Terrorisé pour pouvoir implanter des colonies plus facilement?
J'ai du mal à croire à une coïncidence,la recrudescence de tels faits au moment ou Ehud Barak autorise l'implantation de colonies illégales aux yeux du droits international:d'abord terroriser pour pouvoir mieux imposer!
Mais le silence assourdissant des médias à ce sujet est un aveu.
Et quand la mairie de Jérusalem adresse 1500 ordres de destruction de maisons palestiniennes,85 ont été exécutées,en laissant le choix aux habitants de détruire eux même leurs maisons ou de payer 100000 shekels,18250€,pour la démolition par une entreprise israëlienne.
60000 palestiniens sont menacés de perdre leur logement si les destructions sont exécutées(info ONU).
On comprend mieux l'usage de la terreur!
Terrorisé pour pouvoir implanter des colonies plus facilement?
J'ai du mal à croire à une coïncidence,la recrudescence de tels faits au moment ou Ehud Barak autorise l'implantation de colonies illégales aux yeux du droits international:d'abord terroriser pour pouvoir mieux imposer!
Mais le silence assourdissant des médias à ce sujet est un aveu.
Et quand la mairie de Jérusalem adresse 1500 ordres de destruction de maisons palestiniennes,85 ont été exécutées,en laissant le choix aux habitants de détruire eux même leurs maisons ou de payer 100000 shekels,18250€,pour la démolition par une entreprise israëlienne.
60000 palestiniens sont menacés de perdre leur logement si les destructions sont exécutées(info ONU).
On comprend mieux l'usage de la terreur!
Exact, ce qui se passe à Jérusalem n'est pas plus réjouissant que le reste.
Et tout cela avec la complicité de tous les gouvernements occidentaux. Et de leurs entreprises corrompues, comme Véolia qui va construire le tramway qui ira de Jérusalem aux colonies illégales.
Une honte.
Appel contre l'implantation d' Agrexco http://toulouse.indymedia.org/spip....