Les multinationales de l'équitable ont-elles une éthique?
Par emcee le lundi 18 mai 2009, 00:27 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Produits bio, commerce équitable, rachat de miles, calcul de l'empreinte
carbone, etc. le bourgeois se donne bonne conscience à moindre frais. Il faut
bien qu'il mette ses sous là où le prolo n'aura pas accès tout en ne se donnant
aucune contrainte désagréable.
Mais derrière tout cela, derrière le "développement durable, la croissance
verte, le développement soutenable et autres pipeaux, qu'y a-t-il, sinon, la
patte des élites capitalistes qui cherchent à faire du neuf avec leur
immuable?
Et que proposent les partis politiques, en particulier ceux qui se réclament de
l'écologie, si ce n'est la poursuite de la destruction de la planète, à
quelques concessions près pour certains?
Aujourd'hui, la tendance est au bio. Les faucons capitalistes ont bien compris
cela, qui se sont lancés dans le créneau du bio et du commerce "équitable" pour
générer des bénéfices tout en tentant de se refaire une virginité.
Oui, mais les recettes sont toujours les mêmes: ne rien concéder à la plèbe et
après nous le déluge.
Ici, l'article "Is Whole Foods Just Another Evil
Corporation?" nous parle d'une chaîne de distribution, Whole
Foods, leader mondial de produits naturels et bio qui a des magasins dans
tous les Etats-Unis et le Royaume Uni - parmi les pays (dont la France,
d'ailleurs) où l'agriculture bio est très marginale. Alors, où vont-ils
chercher tout ça? Bin, chez les pauvres, voyons!
Mais ce n'est pas le sujet de l'article, on y reviendra.
Ici, comme dans toutes les entreprises, les marges bénéficiaires se font sur
le dos des employé-es, pas moins. Mais avec un plus: faire le mal en donnant
l'illusion de faire le bien.
Bien joué.
Le capitalisme, tel le phoenix, renaît toujours de ses cendres.
Jusqu'aux cendres finales.
Article de Sharon Smith, publié par
CounterPunch
Publié le 11 mai 2009

Le leurre: la bonne bouille du paysan bio
Article
Le groupe Whole Foods n'est-il qu'une de ces entreprises malfaisantes de plus?
Malgré un concept apparemment novateur, Whole Foods est en fait une
entreprise farouchement déterminée à empêcher que ses employés adhèrent à un
syndicat. Whole Foods Market est une chaîne de distribution largement rentable
dont les performances dépassent de loin celles de ses concurrents mais qui
jouit parallèlement de la réputation d'être une entreprise engagée dans la
justice sociale et la conscience environnementale.
Sa clientèle est non seulement séduite par son éventail vivement éclairé de
fruits et légumes, de viande bio et de plats cuisinés délicieux (et sains),
mais également par l'idée que le simple fait de se servir à Whole Foods
contribue à changer la planète.

Des légumes plus vrais que nature et éclairés comme des tableaux de
maîtres
En 2007, Whole Foods lançait son "label Whole Foods", qui certifie que
l'objectif de la société est de servir la cause du commerce équitable – en
pratiquant des hausses de salaires et de prix à destination des producteurs des
pays pauvres et en encourageant la protection de l'environnement.
En outre, Whole Foods a annoncé qu'1% des recettes sera reversé à sa fondation
Whole Planet, qui offre aux entrepreneurs des pays en voie de développement la
possibilité de contracter des micro-crédits.
Parallèlement, la fondation "Animal Compassion" de la compagnie a pour but
d'améliorer les conditions des animaux d'élevage.
De même, les magasins organisent des "Journées 5%" où 5% de la recette est
reversée à un organisme à but non lucratif, dans le domaine de l'éducation, par
exemple.
Whole Foods est également connu pour avoir laissé tomber le modèle traditionnel
de gestion d'entreprise, lui préférant les prises de décision décentralisées,
présentées comme l'application de la démocratie dans l'entreprise. Il n'y a pas
de services distincts à Whole Foods, seulement des "équipes" d'employés. Et les
cadres de direction n'ont pas de titre particulier, on parle simplement de
"chefs d'équipes" et d'"assistants". La compagnie ne dit pas qu'elle a des
"employés", mais des "co-équipiers" qui se réunissent régulièrement pour
prendre des décisions sur tout, depuis le choix des fournisseurs locaux jusqu'à
l'embauche d'un nouveau membre. En général, la compagnie s'efforce d'établir un
consensus au cours de ces réunions où les employés se creusent la tête pour
trouver de nouveaux moyens d'augmenter la productivité. Et les nouvelles
recrues doivent être co-optées par au moins deux tiers des voix.
Le règlement sur la tenue vestimentaire autorise les piercings au nez, les
tatouages visibles, la crête iroquoise et d'autres expressions de la
personnalité qui contribuent à afficher l'image que veut donner l'entreprise du
"bonheur" qu'éprouve son personnel relativement jeune à y travailler. Chaque
équipe doit se rendre régulièrement dans les exploitations agricoles locales ou
d'autres entreprises pour apprendre à mieux servir la clientèle. Quand un
co-équipier a fourni des efforts particuliers, le chef de l'équipe lui remet un
bon qui lui permet de participer à une tombola en ligne où il peut gagner des
chèques cadeaux. Quand un membre de l'équipe est licencié, on appelle cela une
"séparation".
Malgré cette décentralisation, cette "culture unique" que l'on doit aux
inconditionnels de Whole Foods porte le sceau de John Mackey, cofondateur et
PDG du groupe, qui déclarait en 1992, un an avant l'ouverture de Whole Foods:
"Nous sommes en train de créer une société qui s'appuie sur l'amour et non
pas sur la crainte".
Cet ancien hippie affiche son aversion pour le costume-cravate - en assistant
aux réunions en short et chaussures de sport – et impose à la fin d'une réunion
que chaque participant fasse une remarque gentille aux autres individuellement,
une sorte de tour de table de "témoignages d'admiration".
Mais sous ce vernis de tolérance, se cache une toute autre réalité.
Ainsi, si Mackey est devenu multimillionnaire, le salaire horaire de ses
employés stagne entre 8 et 13 dollars depuis une vingtaine d'années. Avec un
turnover annuel de 25%, l'immense majorité des employés ne reste pas plus de 4
ans et donc n'acquiert jamais suffisamment d'ancienneté pour prétendre à une
augmentation de salaire. Les employés de Whole Foods sont donc plus jeunes que
ceux des concurrents, et c'est bien là le but.
Mais un autre secret de la réussite de Whole Foods, ce sont les prix
scandaleusement élevés. Quand Wal-Mart a lancé ses propres produits bio l'an
dernier, Michael Besancon, le responsable régional du secteur sud-ouest de
Whole Foods ricanait à l'idée que Wal-Mart pouvait représenter un concurrent
sérieux. "Rien au monde ne pourra nous faire gagner la bataille des prix
avec Wal-Mart", a-t-il dit dans une interview au Rocky Mountain News. "Je
suis un peu plus malin que ça".
Whole Foods cible, au contraire, une clientèle plus aisée prête à payer bien
plus cher des produits de meilleure qualité. Alors que les bénéfices d'une
chaîne de distribution moyenne s'élèvent en général à 1%, Whole Foods a réussi
à maintenir une marge bénéficiaire de 3% pendant les 14 années qui ont suivi
son lancement en 1992.
Après être tombées à 1% au cours de la récession de la fin 2008, les marges
sont à nouveau en hausse.
En fait, Mackey n'est pas un progressiste, mais plutôt un libertarien
autoproclamé dans la tradition du Cato Institute. Et il allie à
cela une forte dose de paternalisme vis-à-vis de ses employés.
Dans un discours qu'il a prononcé devant ses collègues en 2004, Mackey leur a
confié le seul problème qu'il rencontre en tant que patron de Whole
Foods:
"j'ai cofondé cette entreprise, et donc, je suis un peu l'image du père à Whole Foods. Je suis ce père riche, et tout le monde me dit: 'papa, papa, on peut avoir ça, ça et ça aussi'. Je suis alors soit le père gentil et généreux, soit le méchant père près de ses sous qui dit non".
Maniant la carotte et un gros bâton, Mackey a réussi en 2004 à "convaincre"
les employés du groupe de voter en faveur de la détérioration de leur propre
assurance maladie en acceptant de passer à un programme de couverture santé
soi-disant adapté aux besoins du client (jargon de patron pour désigner ces
programmes de compte sur livret avec une franchise élevée pour moins de
prestations), et qui sont privilégiés par les entreprises qui cherchent à
réduire les coûts salariaux à tout prix.
Mackey, au cours de ce même discours, a expliqué aux autres chefs
d'entreprises:
"si vous voulez mettre sur pied un de ces programmes d'assurance maladie, je vous conseille vivement de ne pas le proposer comme un choix parmi d'autres, mais d'en faire la seule option".
Mackey n'a, certes, pas connu que des succès. En 2007, il était la risée de
tous après la révélation qu'il avait participé sur Internet à des forums de
discussion sur l'économie sous le pseudo de "rahodeb" entre 1999 et 2006.
Pendant 7 ans, il avait éreinté ses concurrents – y compris la chaîne Wild Oats
que Mackey avait rachetée plus tard pour la rajouter à l'empire Whole
Foods.
(…)
Empêcher ses employés de se syndiquer a toujours été une des priorités de
Mackey, et la compagnie a jusqu'à présent bien réussi à réprimer toute
tentative. L'offensive la plus notoire de la compagnie contre les droits des
travailleurs à se syndiquer, c'est peut-être celle qui a eu lieu à Madison,
Wisconsin, en 2002 – où une majorité de travailleurs avait voté en faveur de la
création d'un syndicat. Whole Foods avait alors consacré son énergie tout au
long de l'année suivante à supprimer ou reporter les séances de négociations –
sachant qu'au bout d'un an, ils pouvaient, selon la loi, organiser de nouvelles
élections pour révoquer le syndicat. Ce qui fut fait.
A la simple mention du mot "syndicat", Whole Foods voit rouge. Même quand les
membres d'"United Farm Workers" (syndicat d'agriculteurs) sont venus manifester
devant un magasin Whole Foods à Austin (Texas), où se trouvent les bureaux de
Mackey, la compagnie a appelé la police et les a fait arrêter pour avoir commis
le "crime" de distribuer des tracts où ils expliquaient les raisons de leur
boycott du raisin.
Et le magazine Mother
Jones publiait récemment un article disant: "Une note interne de Whole
Foods recense les 'six objectifs stratégiques que doit atteindre Whole Foods
Market d'ici 2013', parmi lesquels: que la compagnie reste à 100% non
syndiquée".
En janvier dernier, Mackey lançait une offensive au niveau national contre la
syndicalisation au cas (improbable) où le nouveau président Barack Obama
envisagerait de faire adopter en priorité la loi "*Employee Free Choice
Act", qui donnerait aux travailleurs la possibilité de se syndiquer si la
majorité du personnel d'une compagnie signe une fiche pour accepter d'être
représenté par un syndicat. Bien que l'adhésion à un syndicat soit une
procédure normale dans beaucoup de pays, Mackey a déclaré au Washington Post
qu'elle "viole un principe fondamental de la démocratie" et a juré de lutter
contre l'adoption d'une telle loi aux Etats-Unis.
"Avec ces armes", avance Mackey, "on va voir déferler une énorme vague de syndicalisations aux US et cela va allumer la guerre entre les entreprises ". Je ne pense pas que ce serait une bonne chose".
"Les travailleurs ne veulent plus se syndiquer", prétend Mackey, contredisant tous les sondages effectués récemment, "s'il y a si peu de compagnies où les gens sont syndiqués, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de tentatives de faites par les syndicats, mais parce que ceux-ci perdent les élections – les travailleurs ne souhaitant plus être représentés par des syndicats. Je n'ai pas le sentiment que la situation soit pire pour les travailleurs aujourd'hui".
La campagne nationale de Whole Foods demandait aux travailleurs de
participer à un "stage de sensibilisation aux syndicats". A ces
réunions, selon ce qu'ont rapporté les employés de Whole Foods qui y ont
assisté, les directeurs des magasins ont déclaré que "les syndicats sont des
organisations hypocrites et attirées par l'argent, prêtes à dire ou faire
pratiquement n'importe quoi pour 's'infiltrer' et user de la coercition pour
imposer aux travailleurs d'adhérer."
> "Si on en croit la direction des magasins", racontent les salariés,
"depuis le milieu des années 80, les syndicats seraient en perte de vitesse
parce que d'après la 'théorie' de Whole Foods, les lois des états et fédérales
faites pour protéger les droits des travailleurs ont rendu caduc le besoin de
se syndiquer dans la majorité des secteurs industriels (et en particulier pour
la chaîne Whole Foods) … Pas besoin de mettre à mal cette grande 'culture' qui
deviendrait peau de chagrin pour finir par disparaître définitivement si la
compagnie acceptait la présence de syndicats".
Quand des rumeurs ont commencé à circuler qu'une vague d'adhésions se tramait
peut-être à San Francisco, la compagnie a pris des mesures immédiates – parmi
lesquelles organiser des "réunions de redynamisation" obligatoires
pour faire changer d'avis les employés.
Mais les dirigeants de la compagnie n'ont pas su répondre aux griefs du
personnel qui se plaignait de ne pas avoir eu d'augmentation de salaire depuis
plus de deux ans parfois parce que les chefs d'équipe avaient oublié
d'organiser des réunions pour discuter des conditions de travail - réunions
qu'ils appellent "job dialogue" (communément appelées "évaluation des
performances" dans le jargon des entreprises).
Il fut un temps, il y a des dizaines d'années en arrière, où le libéralisme
reposait entre autres sur la défense systématique du droit à la négociation
collective.
Cette tradition libérale a été enterrée par le programme néolibéral d'économie
de marché au cours de ces trente dernières années, permettant à des compagnies
comme Whole Foods de se poser en progressistes alors que leurs stratégies
s'appuient sur la violation des droits fondamentaux du citoyen - celui de se
syndiquer et de participer aux négociations collectives. Et en réalité, Whole
Foods a profité de son aura progressiste pour absorber les petits concurrents
et devenir un géant de la distribution.
Dernièrement, le Texas Observer expliquait:
" les gens achètent à Whole Foods non pas seulement parce qu'ils vendent des produits bio, mais parce qu'ils affirment gérer leur entreprise en respectant les collectivités, l'environnement, et la "planète entière", comme le dit leur slogan. En réalité, Whole Foods est devenu boulimique ces dernières années, engloutissant ses rivaux dans tout le pays. Cette expansion est rendue possible par des pratiques simples et lucratives: des prix élevés et des bas salaires ".
Et en effet Whole Foods est actuellement deuxième après Wal-Mart sur la
liste des géants de la distribution qui ne permettent pas à leurs employés de
se syndiquer.
La clientèle fidèle de Whole Foods serait certainement, en majorité,
scandalisée – et devrait l'être – par ce rapprochement.
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"*Employee Free Choice Act":
Ce projet de loi comporte trois articles essentiels. Deux sont très
contraignants pour les entreprises - obligation de se soumettre à une
commission d'arbitrage en cas de désaccord entre direction et délégués
syndicaux, durcissement des sanctions contre un employeur coupable de
discrimination envers un salarié syndiqué - mais c'est le troisième qui
déchaîne pour le moment les passions. Il prévoit que le vote de la majorité des
salariés à bulletin secret, nécessaire à la création d'un syndicat, soit
remplacé par une procédure publique (le « card check » ) qui consiste
simplement à faire signer au salarié une carte autorisant le syndicat à le
représenter.
Les lobbies patronaux crient au déni de démocratie et dénoncent les futures
pressions des syndicats sur les employés (parce que, évidemment, les patrons,
eux, n'y ont même jamais songé).
Pour les partisans du texte, en revanche, cette disposition mettrait un terme
aux méthodes d'intimidation de nombreux employeurs dès qu'un syndicat vient
faire campagne chez eux.
Il n'y a pas que chez Wal-Mart que les salariés doivent alors subir des séances
de propagande antisyndicale. Selon l'AFL-CIO, ces méthodes sont fréquentes, de
même que l'espionnage ou le chantage au dépôt de bilan.
Lire la suite
ici.
Complément d'infos:
L'EFCA est une loi vitale pour l'avenir des syndicats, que les patrons
veulent éliminer.
Les grandes compagnies crient à la fin du monde (Armageddon, quand
même!), à la mort de la démocratie car elles craignent le grand retour des
syndicats, avec, à la clé, des salaires et une assurance maladie plus
élevés.
Certains patrons disent qu'avec l'afflux des adhésions, les syndicats vont
avoir plein de pognon et arroser les Démocrates (comme ils le font
traditionnellement), ce qui marquerait la fin du Parti Républicain. Ah, les
outrances ne manquent pas pour garder les rênes (un grand patron a dit:
"Nous voulons conduire nous-mêmes et nous ne donnerons le volant à personne
d'autre")!
Certains élus disent, comme les patrons, qu'il vaut mieux attendre une reprise
de l'activité (évidemment, on renfloue les entreprises avec les sous des
travailleurs alors, il ne reste plus rien pour ces derniers, ils attendront
bien la saint glinglin, hein?).
Cependant, quelques bémols: dans cette affaire, on est aux Etats-Unis, les
salariés n'ont pas vraiment le choix du syndicat auquel ils veulent
adhérer.
Un peu comme si en France, on était tous à la CFDT ...
Autre point, si j'ai bien compris, le syndicat qui prendra en charge les
salariés discutera au niveau national et ne prendra pas en compte les
particularités régionales ou locales.
C'est mieux que rien, mais les salariés sont tout de même bien
encadrés.
A lire aussi, la lutte des grandes entreprises contre le projet de loi:
Quand Wal-Mart fourbit ses armes contre Barack Obama (01/08/2008)
Les 100 jours
d’Obama: le changement est encore à venir
Soutien à cette loi des syndicats, évidemment, soutien de la presse
libérale (progressiste), soutien d'Obama, et soutien massif de la
population (77% seraient pour). Et également un soutien inattendu de
trente rabbins qui ont signé une lettre ouverte en sa faveur.
Pendant ce temps-là, les "élus" du Congrès se font tirer l'oreille. Dont
certains qui avaient été favorables à la loi, estimant que ce n'est pas le
moment de mettre les salariés dans les pattes des patrons, avec tous les soucis
qu'ils ont par ailleurs (comme préserver leurs primes et leurs bénéfices en
jetant à la rue lesdits salariés).
Un cas à part: les employés de
Starbucks, une de ces multinationales prédatrices qui avance masquée
derrière le "commerce équitable", se sont organisés, choisissant leur syndicat
eux-mêmes.
Can Labor Revive the
American Dream? (les syndicats peuvent ils ressusciter le Rêve
Américain?)
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Le bio et le commerce équitable
Le bio et le commerce équitable ne changeront pas la planète: ils ne font que
renforcer le pouvoir des élites tout en leur donnant une aura de philanthropie
et de "bien pensance", et aux clients l'impression qu'ils font œuvre utile
seulement avec leurs sonnantes et trébuchantes.
Ca, les "miles", l'empreinte carbone, sont tous du replâtrage de jambe
de bois. Les partis politiques font semblant de s'intéresser aux problèmes
environnementaux tout en prenant bien soin de ne rien changer.
Inconscience? Manque de courage devant l'étendue de la tâche? Indifférence? Ou
choix électoraliste? Tout cela à la fois et bien d'autres encore.
Le capitalisme et la préservation de la planète sont, on le voit bien,
complètement antinomiques.
L'agriculture intensive d'un côté et l'agriculture bio de l'autre: il n'y a pas
de place pour tout le monde dans son propre pays.
Alors, on va aller piller les autres. Imposer ses règles, les règles du marché.
Pendant que les autochtones, eux, crèveront de faim en emballant ces beaux
produits d'exportation qu'ils auront été contraints de cultiver avec amour en
utilisant leur eau et leurs meilleures terres.
Quant au commerce équitable, c'est toujours le même problème de la charité. On
a ses bons pauvres auxquels on donne une aumône supplémentaire s'ils ont bien
travaillé, s'ils sont méritants et si les affaires sont prospères. Evidemment,
quand la demande baisse, ou quand la récolte n'a pas été à la hauteur des
exigences des nantis occidentaux, on leur dit qu'on reverra ça l'année
prochaine.
Merci bien, mais, désolé, mes clients ne veulent pas de ça (comme dans la
célèbre pub pour le café)
Préservation de l'environnement
Les industries automobiles sont en difficulté. Tiens, si on en profitait donc
pour repenser les transports? Construire à la place des véhicules pour les
transports en commun, organiser le co-voiturage, désengorger les villes …
Enfin, tous ces trucs qui permettraient de réduire la consommation de pétrole,
et par là même, les émissions de CO2?
Même pas en rêve!
Non, on va aider ces pauvres entreprises à relever la tête. Et on va rajouter
une ou deux autoroutes pour bien faire. Et supprimer quelques gares de
proximité par la même occasion. Pas rentables, disent les capitalistes.
Les écolos qui se présentent aux élections européennes, ils en parlent de
ça?
Et il ne faut pas se leurrer: quand il n'y aura plus de pétrole pour tout le
monde, celui-ci ne sera plus réservé qu'aux élites qui se seront bien gardées
de gérer la consommation et de préserver l'environnement.
L'écocapitalisme: à part quelques mesurettes pour faire semblant, le magasin
reste ouvert pendant le ravalement de façade.
Connsommez, consommez, on en tirera toujours quelque chose.
Egalement sur ce blog: Le bobo, le
bio et le réchauffement climatique
Les cultures bio n'empêchent pas les violations des droits des
travailleurs
The Ugly Truth Behind Organic Food - May 14, 2009.
(les illustrations, prises sur des sites de pub pour WF, ont été ajoutées pour donner une idée)
Commentaires
et en plus , le tofu, c'est dégueulasse ....
Ouaip...
Ouaip...
Ah, ben j'ai bégayé, je voulais juste dire que j'étais passé et que le seul recyclage que l'on sache faire c'est celui du dollar....
Ben le dollar ça reste du vert non?
Voulu acheter du bio l'autre jour pas cher.Mais dessus c'était marqué Made in Israël.
Alors j'ai préférer les trucs avec chimiques français!
Bonsoir à tous,
Le tofu, jamais mangé, et il n'est pas impossible qu'il soit fabriqué avec du soja contaminé par les OGM. Deux bonnes raisons de ne pas se précipiter dessus.
Yelrah: pas grave, on avait bien compris qu'il ne te manquait que la parole
Quant au dollar, JCG a été plus preste, c'est ce que je voulais te répondre: le billet de 1 USdollar a toujours été vert.
Bin oui, JC, entre la peste et le choléra ... Mais cela aurait été mon choix également, en cas d'urgence, évidemment.
Bio "pas cher"? Ils bradent parce que cela ne se vend pas bien ou serait-ce un moyen de contrer le boycott?
"ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique de l’oxymore. Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires : « développement durable », « agriculture raisonnée », « marché civilisationnel », « flexisécurité », « moralisation du capitalisme », « mal propre », etc. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge. Plus l’on produit d’oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fou. Ainsi, si le pouvoir de Sarkozy fait rupture, c’est par la production et l’usage cynique, sans précédent dans la démocratie française, d’oxymores à grande échelle"
Piqué ça sur Plume de presse.Tiré d'un livre de Bertand Méheust,ça résume bien la situation.
Et si le "commerce équitable" se comporte à peu prés correctement avec les cultivateurs et producteurs c'est bien parce qu'il a beaucoup à perdre dans le cas contraire.
Ce qui ne l'empêche absolument pas de faire pression sur les salaires de toutes les personnes engagées entre l'achat et la vente,du marin à la caissière pour des raisons de profits!
C'est bien le bio équitable, ça donne bonne conscience aux alter-bobo-bios qui mettent une tablette de chocolat ou un paquet de café bio et équitable dans leur caddies (par ailleur rempli de produits non bio et non équitable).
Le bio et l'équitable sont des niches commerciales qui a été récupérée par le capitalisme. Le commerce équitable est impossible dans une économie capitaliste et le bio est comdamné par l'agriculture industrielle, il y aura un faux bio avec un peu de pesticides et d'ogms. Il n'y a que Cuba qui a réussit a mettre en place une agriculture durable et bio.
La majorité du soja dans le monde est ogm.
Après avoir té couper par l'orage ce malpoli qui m'a coupé la parole je reprends!
Il n'y a pas que sur le commerce équitable qui est récupéré,tout ce qui concerne l'environnement aussi!L'Europe est en train de transformer la nécessaire lutte pour l'environnement en un vaste marché ou tous le monde capitaliste fait tout et n'importe quoi et tout ça avec la complicité de "Verts" qui avant d'être des écolos sont d'abord des libéraux!
Eoliennes installées à tort et a travers y compris dans des zones ou le vent est quasiment nul les 2/3 de l'année,panneaux solaires vendus alors qu'ils sont dépassés depuis longtemps et absence de politique de recyclage,crédits "gratuits" qui sont en fait payés par les plus pauvres,démentèlement d'EDF,absence d'un investissement conséquent en matière d'économie d'énergie,paiement par EDF d'une électricité eolienne et solaire privée 3 fois plus chère que le prix de revient,construction et financement de voitures "écologiques" qui n'ont d'écologiques que le nom si on fait le bilan globale et absence de politique de transports collectifs et privatisation de la SNCF.
Si je continue je vais gerber devant cette gabegie.
Certains me répondent,pas sur ce site mais ça m'est arriver,que je suis un suppôt du lobby nucléaire,ce qui entre autre me fait une belle jambe avec ma paye,devrais me payer plus cher,mais la vérité c'est que nous nous sommes fait baiser en beauté par des gens dont la cause n'est pas l'environnement mais le pognon!
Ouf j'ai tout dit ou presque!On dit que la colère est mauvaise conseillère.Je ne le pense pas moi qui ais envie de leur mettre leurs éoliennes dans le c..,pour voir si ils tournent aussi vite qu'ils brassent de l'air et font du fric!
Désolée de vous avoir abandonnée-es, mais j'étais dans d'autres sphères, ces derniers temps.
Je suis grosso modo d'accord avec vous.
L'équitable dans les supermarchés n'est plus de l'équitable de toute façon, puisque la "philosophie" de la grande distribution est de faire un maximum de profits.
Et que les profits se font à tous les niveaux de la chaîne alimentaire sur le dos des êtres humains, et, donc, à la base, sur le dos des petits producteurs et jusqu'aux caissièr-es de supermarchés, qu'ils songent à remplacer par des machines, une fois de plus.
Pour ce qui est du nucléaire et des éoliennes, des gens éminents se sont largement penchés sur la question, je ne me risquerai donc pas à trahir leur pensée, mais ce que je sais, c'est que les centrales nucléaires sont des engins de mort, que beaucoup sont actuellement vétustes, qu'il y a des fuites dont on ne parle évidemment pas et que les travailleurs sont de plus en plus exposés aux radiations. Et que ces derniers bataillent jusqu'à la mort programmée sans être indemnisés.
Alors, quoi qu'on dise, je ne pourrai jamais être pour que des êtres humains fassent un travail qui les conduit à une mort prématurée, dans l'indifférence générale et le cynisme des élites.