Palestine-Israël à armes inégales : boycott ou lobbying
Par emcee le mercredi 6 mai 2009, 23:29 - Moyen Orient - Lien permanent
Avec la défection de la majorité des gouvernements, ou plutôt leur soutien
inconditionnel au massacre de Gaza, c'est la société civile qui s'organise pour
maintenir la flamme.
En Palestine, dans le monde occidental et ailleurs, ce sont des associations
qui ont pris en main la défense de la Palestine.
Leur arme? Le boycott des produits israéliens ou des entreprises qui
soutiennent les colonies illégales.
Et ça commence à marcher.
Parallèlement, aux Etats-Unis, Obama ayant annoncé qu'il comptait faire
accélérer la solution d'un état palestinien, l'Aipac, le puissant lobby
pro-Israël, s'en remet aux membres du Congrès pour mettre des bâtons dans les
roues du président américain aux desseins funestes.
Voici un article sur chaque sujet:
"Boycott Begins to Bite at Companies Supporting Israel's Military
Occupation of Palestine", de Nadia Hijab, publié
parCounterPunch
4 mai 2009
et
"US pro-Israeli group attempts to stop shift in White House Middle East
policy"
Wednesday 6 May 2009
Le Guardian

Que restera-t-il donc de la Palestine si nous ne disons rien? Et que
deviendront les Palestiniens? Un peuple errant?
premier article:
Le boycott des compagnies qui soutiennent l'occupation militaire de la
Palestine par Israël commence à donner des résultats.
Le 4 mai, des manifestants accueilleront les actionnaires de Motorola, déjà
mécontents des pertes enregistrées par la compagnie, à leur arrivée à
l'assemblée générale annuelle qui va se tenir au théâtre Rosemont à Chicago,
Illinois. Cette manifestation, organisée par la campagne US pour faire cesser
l'occupation israélienne, s'inscrit dans le cadre d'une action contre Motorola
qui durera "tant que les ventes d'outils de communications et d'autres produits
de la compagnie serviront à favoriser l'occupation militaire du territoire
palestinien par Israël".
Dans cette assemblée générale, les presbytériens, les méthodistes et les
membres d'autres cultes comptent pousser les actionnaires à soutenir leur
résolution, qui appelle les entreprises à observer une éthique d'entreprise
fondée sur le droit international.
Respecter ces valeurs pourrait également leur éviter les risques de boycotts de
la part des consommateurs, de campagnes de désinvestissement et de poursuites
judiciaires. Même si les cadres de Motorola le nient, ces risques ont
certainement joué un rôle dans leur décision de se débarrasser de la branche
qui fabriquait des amorces de bombes peu de temps après que les équipes de
Human Rights Watch ont trouvé des éclats de bombes comportant des numéros de
série de Motorola sur certains sites bombardés par Israël au cours de
l'offensive de décembre-janvier derniers. Les actions aux Etats-Unis
s'inscrivent dans un mouvement mondial en pleine croissance qui a décidé
d'imposer le respect du droit international en raison de la défection des
gouvernements.
Et en particulier, depuis l'offensive contre Gaza, les boycotts ont fait
mouche.
Il y a trois raisons à cela.
D'abord, les boycotts permettent aux citoyens ordinaires d'agir
directement.
Par exemple le groupe Adalah de New York a choisi pour cible le diamantaire Lev
Leviev, dont les bénéfices contribuent à la colonisation de la Cisjordanie.
Pendant la période de Noël, les militants chantent des cantiques de Noël en
changeant subtilement les paroles pour appeler au boycott de sa boutique de
Madison Avenue.
L'association britannique "Architects and Planners for Justice in
Palestine" (les architectes et les urbanistes pour la justice en
Palestine) collaborent avec Adalah NY et d'autres pour faire pression sur le
gouvernement britannique contre Leviev. L'ambassade britannique à Tel-Aviv a
récemment renoncé à louer des locaux à la compagnie de Leviev,
Africa-Israel.
En Grande Bretagne, les militants de l'association ont pris pour cible la
chaîne de supermarchés Tesco qui vend des produits israéliens en provenance des
colonies illégales. Dans une vidéo d'une de ces actions (plus de 38 000 visites
à ce jour), on voit des militants du Pays de Galles remplir un chariot avec des
produits fabriqués dans les colonies et sortir sans payer.
Tout au long de l'opération, ils expliquent devant la caméra exactement ce
qu'ils font et pourquoi. Ils continuent de parler même pendant qu'ils versent
de la peinture rouge sur les produits, ou que les policiers les emmènent
tranquillement vers un car de police.
Le résultat de ces boycotts? Un producteur israélien sur cinq a annoncé une
baisse de la demande depuis l'offensive à Gaza, en particulier en Grande
Bretagne et en Scandinavie.
La deuxième raison pour laquelle les boycotts sont plus efficaces, c'est la
visibilité des défenseurs des droits de l'homme juifs ce qui fait qu'il est
plus difficile pour Israël d'accuser ces opérations d'actes antisémites.
Par exemple, l'architecte britannique Abe
Hayeem , un Juif irakien, décrit dans un billet d'humeur enflammé dans le
Guardian exactement comment Leviev piétine les droits des Palestiniens, et
prévient les architectes israéliens qui collaborent aux colonisations qu'ils
auront des comptes à rendre à leurs collègues du monde entier.
Aux Etats-Unis , c'est l'association "Jewish Voice for Peace" qui dirige la
campagne actuelle contre Caterpillar, demandant que la compagnie cesse les
ventes de bulldozers à Israël, qui les transforme en armes et les utilise dans
les démolitions de maisons et la construction du mur de séparation.
La troisième raison, majeure, du succès grandissant de ce mouvement mondial,
c'est l'implication de la société palestinienne.
L'étincelle s'est produite lors de la conférence contre le racisme à Durban en
2001. En 2004, la société civile palestinienne lançait un boycott universitaire
et culturel qui donne des résultats aujourd'hui.
En 2005, plus de 170 collectifs, organismes et syndicats de la société civile
palestinienne dans les territoires occupés, en Israël et en exil, lançaient
officiellement une campagne internationale pour le boycott, le
désinvestissement et les sanctions (BDS) tant qu'Israël n'appliquera pas les lois
internationales. Cet appel définit des objectifs clairs pour le mouvement et
offre un cadre à l'action.
En novembre 2008, les ONG palestiniennes ont organisé une conférence
internationale à Bilbao en Espagne pour le BDS afin de mettre au point une
action commune. C'st au cours de cette conférence qu'a été lancée l'opération
"Derail Véolia" ("Sortez Véolia des rails").
Cette compagnie multinationale française travaille actuellement, conjointement
avec Alstom, une autre compagnie française, à la construction d'un tramway
reliant
Jérusalem-Est aux colonies illégales de Cisjordanie.
Ce projet de tramway a fait partie des objections émises par un gestionnaire
suédois de fonds de pension pour exclure Alstom de son portefeuille de 15
milliards de dollars, et de celles du conseil du regroupement intercommunal de
Sandwell (Sandwell Metropolitan Borough Council, West Midlands) pour
rejeter un appel d'offre pour un projet d'amélioration du traitement des
déchets d'une valeur de 1,9 milliards de dollars. Il y avait sur place, dans
les deux cas, des militants actifs de la campagne de BDS.
D'autres victoires: Veolia a perdu le contrat pour la gestion du métro de
Stockholm et celui d'un réseau urbain à Bordeaux. Même si officiellement il a
été annoncé qu'il s'agissait de "décisions commerciales", des actions
militantes avaient eu lieu dans ces deux endroits.
La municipalité de Galway en Irlande a décidé de suivre l'exemple de Stockholm.
Parallèlement, Connex, la compagnie qui est censée s'occuper de la gestion du
métro léger ,
est actuellement visée par les groupes militants en Australie.
La campagne "Derail Veolia" a été la réussite la plus éclatante du mouvement
jusqu"à présent. Les pertes de Veolia et de ses filiales s'élèveraient à 7,5
milliards de dollars.
Omar Barghouti, un des leaders du mouvement dit: "quand les compagnies
commencent à perdre de l'argent, elles finissent par écouter.
Peut-être en ira-t-il de même pour les gouvernements.
Nadia Hijab est professeur à l'Institute for Palestine
Studies
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Liens:
Le boycott des produits
israéliens s’étend en Europe
Par Nadia Djabali (12 février 2009)
Deuxième article:
Un lobby pro-israélien tente d'empêcher les changements de politique
envisagés par la Maison Blanche au Moyen Orient
De Chris McGreal, à Washington
L'Aipac demande aux élus du Congrès US de signer une lettre adressée à
Barack Obama lui demandant de laisser Israël décider lui-même du calendrier des
négociations.
Les chefs de partis du Congrès américain et le plus puissant lobby pro-Israël
aux Etats-Unis cherchent à empêcher un important changement de politique
américaine au Moyen Orient.
Cette décision a été prise parce que Barack Obama semble déterminé à faire
avancer promptement la création d'un état palestinien.
Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien compte se rendre à Washington
dans le courant de ce mois-ci alors que de plus en plus de signes indiquent
qu'Obama a l'intention de montrer davantage de fermeté vis-à-vis de la
répugnance d'Israël à adopter la solution de deux états indépendants pour
mettre fin au conflit avec les Palestiniens.
L'Aipac (American Israel Public Affairs Committee) a mobilisé cette
semaine des centaines de lobbyistes pour faire signer aux membres du congrès
une lettre destinée à Obama.
Cette lettre, écrite par deux leaders de la Chambre des Représentants, demande
à ce que ce soit Israël qui impose le rythme des négociations.
Ces pressions surviennent malgré les critiques qui disent que Netanyahu a
toujours refusé de s'engager dans la création d'un état palestinien. Cette
lettre appelle à maintenir le statu quo, insistant sur la mise en place
d'institutions en Palestine comme condition à la fin à l'occupation. La lettre
dit que les Etats-Unis doivent être "à la fois un médiateur de confiance et un
ami dévoué d'Israël".
Cette décision de l'Aipac de faire pression sur les membres du Congrès a été
prise à l'issue de sa conférence annuelle à Washington cette semaine.
Les applaudissements parmi les plus enthousiastes lors de cette assemblée ont
été pour saluer les appels à une offensive militaire contre les installations
nucléaires en Iran – une question que Netanyahu cherche à faire passer pour
plus impérative que la question de la Palestine.
Mais le vice-président Joe Biden a répondu aux délégués de l'Aipac que le
gouvernement préconisait le "respect mutuel" en ce qui concernait
l'Iran. Biden a expliqué que le conflit israélo-palestinien avait renforcé la
position stratégique de l'Iran et qu'Israël devait prendre des mesures
concrètes (parmi lesquelles se tenir aux engagements souvent rompus de cesser
l'expansion des colonies juives) en faveur de la création d'un état
palestinien.
La semaine dernière, le général James Jones, conseiller d'Obama pour la
sécurité intérieure, a indiqué à un ministre des affaires étrangères européen
que le nouveau gouvernement serait plus "énergique" avec Israël que ne l'ont
été les Etats-Unis sous le gouvernement Bush.
Jones aurait dit qu'Obama pense que "Washington, l'UE et les états arabes
modérés doivent définir 'une solution ultime satisfaisante'".
Netanyahu n'ose pas défier Washington ouvertement et, dans une déclaration
retransmise en direct par satellite au cours de la conférence de l'Aipac, il a
annoncé qu'il était prêt à entamer des négociations avec les Palestiniens. Mais
l'Aipac s'est empressé de chercher à contrer toute initiative de la Maison
Blanche en essayant de mobiliser le Congrès grâce à cette lettre rédigée par
deux personnes considérées comme très proches du lobby: Steny Hoyer, leader du
groupe démocrate à Chambre des Représentants et Eric Cantor, chef de file des
Républicains.
A tour de rôle, le doigt sur la couture du pantalon pour défendre Israël, les
deux hommes se sont adressés aux invités du dîner de gala de l'Aipac auquel
assistaient plus de la moitié des membres du Congrès ce lundi.
En apparence, cette lettre est un appel à la paix mais en y regardant de plus
près, elle demande instamment à Obama de poursuivre la politique américaine où
pendant des années on avait accepté tacitement que les négociations de paix
piétinent.
La lettre précise que "la meilleure façon de parvenir à une réussite future
entre Israéliens et Palestiniens est d'adhérer aux principes de base qui ont
sous-tendu notre politique".
Parmi ceux là": l'acceptation que ce sont les parties elles mêmes qui doivent
négocier les détails de tout accord", ainsi que l'exigence que les Palestiniens
"mettent d'abord en place les institutions nécessaires à un état viable' avant
d'obtenir leur indépendance.
Jeremy Ben-Ami, leader de "J-street", un lobby pro-Israël en faveur de la
création rapide d'un état palestinien, explique que, alors que l'Aipac prétend
soutenir la solution de deux états, cette lettre a pour but d'empêcher la
Maison Blanche de mettre la pression sur Israël pour qu'il en soit
ainsi.
"Il ne disent pas directement qu'ils ne veulent pas qu'Israël fasse des concessions, qu'ils ne veulent pas qu'Israël quitte la Cisjordanie", dit-il.
"Ils disent 'bien sûr que nous pensons qu'il faut la paix'. Mais ensuite, ils feront ce que dit cette lettre. Ils diront: 'quand le gouvernement israélien décidera qu'il est prêt à envisager la solution des deux états, alors il y aura deux états'".
L'Aipac exerce une influence considérable au congrès. Ses détracteurs disent
que sa stratégie de lobbying brutal a limité la marge de manœuvre dans les
débats sur Israël, et affirment que le groupe a joué un rôle essentiel dans
l'éviction d'élus du congrès qui se montraient critiques vis-à-vis de la
politique d'Israël.
Source:
http://www.guardian.co.uk/world/200...
Wednesday 6 May 2009
Notes:
AIPAC (Americain Israel Public Affairs Committee) Créé 1951 aux États-Unis,
l'AIPAC est un groupe de pression visant à soutenir Israël en particulier dans
son conflit avec les États arabes de la région ainsi que l'idéologie
sioniste.
L'organisation compte aujourd'hui (selon ses propres indications) 100 000
membres et 165 employés et dispose d'un budget annuel de 45 millions de
dollars.
Voyage au coeur
du lobby pro-israelien à Washington
mars 2007
Discours d’Obama devant l’Aipac (American Israel Public Affairs
Committee)
4 juin 2008
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Avertissement:
Ces textes ne sont pas arrivés directement de l'anglais en français par
miracle. Je les ai traduits.
Or, j'ai constaté que mes traductions sont reproduites, avec toutes les
références que je me suis donné le mal de rechercher, dans des sites ou blogs
qui se l'attribuent intégralement, sans se préoccuper de rechercher et de
mentionner la source initiale, ou en dirigeant le lecteur vers un autre site
qui l'a déjà entièrement copié-collé.
En conséquence, si ce n'est pas déjà le cas, veuillez faire porter les mentions
suivantes pour tout emprunt dans ce blog:
Traduction de l'anglais: "des bassines et du zèle", suivi du lien actif du billet concerné.
Merci

Commentaires
Limite au boy-cott:la compagnie fermière de l'eau dans mon bled c'est Véolia et comme je peux difficilement me fermer le robinet!!!!
salut, Jean Claude,
Eh oui, évidemment. Il est des boycotts pour lesquels on est obligés de faire l'impasse ... à moins de passer pour un malpropre
Il y a tout de même des mairies où ils ont récupéré la gestion de l'eau. Un très léger frémissement. Un simple clapotis, toutefois, pour l'instant.