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Obama se plie aux désirs de la droite en boycottant la conférence de l'ONU contre le racisme

En boycottant la conférence contre le racisme de l'ONU, le gouvernement Obama démontre que même si un Noir américain peut être élu président, cela ne signifie pas que les Etats-Unis seront plus engagés que ne l'a été le gouvernement Bush dans la lutte contre le racisme dans le monde.
Rejetant les appels à la participation de l'aile gauche des Démocrates du Congrès, d'importantes associations de défense des droits de l'homme, du pape et de la majeure partie de la communauté internationale, l'administration Obama a préféré céder à la pression des faucons du Congrès et des forces anti-Nations Unies, se ralliant aux quelques pays qui refusaient de participer à ce rassemblement historique.
Cette conférence de cinq jours qui a lieu cette semaine à Genève, représentait un progrès au niveau mondial dans la lutte contre le racisme et la xénophobie depuis la conférence précédente, il y a huit ans, qui s'était tenue à Durban, Afrique du Sud. L'administration Bush avait claqué la porte de ce rassemblement, mais on avait espéré que le gouvernement d'Obama ne perpétuerait pas cette opposition idéologique aux Nations Unies et à leur politique de droits humains.
Sous la pression des Etats-Unis et de quelques autres pays, la ligne directrice qui avait été ébauchée pour la conférence de cette année comprenait la condamnation de la "diffamation des religions", ce qui soulevait des inquiétudes quant à la liberté d'expression, et interdisait toute référence à Israël et la Palestine. Le porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, reconnaissait que ce programme des débats avait été "nettement amélioré" et que les Etats-Unis étaient "profondément reconnaissants" que les modifications demandées aient été prises en compte.
Malgré cela, il annonçait que les Etats-Unis boycotteraient quand même la conférence parce que le document de travail corroborait la déclaration finale de la rencontre à Durban en 2001 que les détracteurs de droite avaient qualifiée d'"anti-Israël".

Anti-Israël?

Bien que les experts de droite affirment le contraire, ce document final ne contient pourtant pas du tout de positions anti-Israël ou de propos impliquant que le sionisme est assimilé à du racisme. Les efforts de certains délégués d'y faire figurer cette notion ou d'autres sous-entendus de la même veine avaient été battus en brèche.
Et, en effet, la seule mention d'Israël dans ce rapport final de 61 pages est ainsi libellée:

"Nous sommes préoccupés par les épreuves que subissent les Palestiniens soumis à l'occupation étrangère. Nous reconnaissons le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination et à l'instauration d'un état indépendant et nous reconnaissons le droit à la sécurité de tous les Etats de la région, y compris Israël, et appelons tous les Etats à soutenir le processus de paix et l'amener à une conclusion rapide; Nous appelons à une paix juste, totale et durable dans la région où tous les peuples pourront ainsi cohabiter et jouir de l'égalité, de la justice, des droits humains tels que définis par le droit international et de la sécurité".

Pourquoi, alors, l'administration Obama trouverait-elle une telle déclaration si répréhensible qu'elle boycotterait une conférence dont le centre d'intérêt ne serait pas Israël, mais la volonté de mettre fin au racisme, à la xénophobie et aux intolérances qui y sont liées?
Dans la mesure où le document reconnaît explicitement le droit d'Israël à la sécurité, l'administration Obama s'oppose, apparemment, à la reconnaissance officielle que les Palestiniens sont sous occupation étrangère, et qu'ils ont le droit à l'autodétermination et à avoir leur propre état.
Pourtant, pratiquement toute la communauté internationale (dont les Nations Unies, la Cour internationale de justice et un large consensus de juristes) reconnaît cet état de fait.
D'après le département d'état, l'administration Obama estime que la déclaration de 2001 "s'occupe indûment de questions cruciales qui ne peuvent être résolues que grâce à des négociations entre les Israéliens et les Palestiniens".
En d'autres termes, l'administration Obama pense, apparemment, que reconnaître aux Palestiniens le droit à l'autodétermination et à disposer d'un état, et qu'appeler à un Moyen-Orient où tous les peuples "pourront coexister et connaître l'égalité, la justice, les droits humains tels que définis par le droit international, et la sécurité" ne vont pas forcément de soi.
En plus de 15 ans de ces négociations facilitées par les US, le nombre de colonisations illégales par les Israéliens a plus que doublé, la liberté de mouvement des Palestiniens a été limitée, leurs droits humains se sont dégradés et leur niveau socio-économique a chuté brutalement.
Par-dessus le marché, le nouveau gouvernement israélien avec lequel les Palestiniens sont censés négocier comprend une coalition de partis d'extrême droite qui refusaient de reconnaître les droits des Palestiniens et les menaçaient de davantage d'hostilités. Le ministre des affaires étrangères actuel est un raciste anti-arabe déclaré qui préconisait le nettoyage ethnique de la population palestinienne en Israël et dans les territoires occupés.
Et malgré cela, l'administration Obama préfère, plutôt que la communauté internationale en appelle au fondement du droit international du droit des peuples à l'autodétermination, que l'avenir des Palestiniens soit placé sur la table des négociations, tributaire d'un "processus de paix" dirigé par les Etats-Unis, qui n'ont jusqu'à présent réussi qu'à accroître leurs souffrances.

Répondre à l'antisémitisme

Les préoccupations légitimes concernant la politique israélienne reviennent régulièrement sur le tapis dans les forums internationaux organisés par l'ONU. Mais elles ont parfois été empoisonnées par des déclarations radicales condamnant l'état d'Israël lui-même, et présentant certains des aspects les plus racistes et chauvins du sionisme comme étant caractéristiques du nationalisme juif dans son ensemble.
Cependant ces discours discriminatoires sont moins fréquents depuis ces dernières années, les états acceptant désormais plus facilement de reconnaître que, si certains gouvernements mènent une politique raciste, aucun état ne doit être qualifié d'intrinsèquement raciste.
Les actions menées par les délégations anti-Israël avaient été mises en échec à la conférence de Durban de 2001 et n'ont pas non plus été prises au sérieux à la Conférence de Genève. La déclaration du président iranien Mahmoud Ahmadinejad selon laquelle Israël était un "état raciste" au cours de son discours le jour de l'ouverture de la conférence de cette année n'a pas été bien accueillie, incitant de nombreux délégués à quitter la salle en signe de protestation.
Cependant, même certaines des résolutions anti-Israël plus modérées proposées à la conférence ont détourné l'attention des délégués sur des questions plus cruciales. De tels comportements conduisent souvent à séparer les Juifs (un peuple qui a lui-même été opprimé dans le passé) de leurs alliés naturels parmi les peuples de couleur. De plus, d'autres gouvernements qui ont des politiques aussi racistes, voire plus racistes qu'Israël, n'ont pas fait l'objet d'autant d'attention à cette conférence.
Si le gouvernement israélien a pu mener une politique raciste à l'encontre des populations palestiniennes voisines, c'est largement à cause du soutien inconditionnel des Etats-Unis en matière économique, diplomatique et militaire. Tout pays qui aurait un passé de conflits avec ses voisins et qui aurait violé le droit international en toute impunité, se conduirait vraisemblablement de la même façon, qu'il soit juif, "sioniste" ou autre. Si les Etats-Unis n'avaient pas empêché que la pression internationale fasse cesser l'occupation illégale d'Israël et la colonisation de terres voisines, "la paix juste, totale et durable", à laquelle appelait la déclaration de 2001 que l'administration Obama semble trouver si répréhensible, aurait pu être une réalité aujourd'hui.
Aussi légitimes que soient certaines inquiétudes vis-à-vis de l'antisémitisme présent dans ces forums internationaux, rien dans la résolution finale de 2001 à Durban – qui aurait motivé le boycott de celle de cette année par les Etats-Unis– ne semble avoir contenu quoi que ce soit d'antisémite.
Et, en effet, la déclaration finale est ainsi rédigée:

"Nous rappelons qu'il ne faut jamais oublier l'holocauste ... Nous sommes très inquiets de constater la montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie dans diverses parties du monde, de même que l'émergence de mouvements racistes violents contre les Juifs, les Arabes et les musulmans … Nous condamnons la persistance et la résurgence du néo-nazisme, du néo-fascisme et d'idéologies nationalistes violentes et nous affirmons que ces phénomènes ne peuvent pas se justifier, en aucun cas ni en aucune circonstance".

Même si la déclaration de 2001 était aussi problématique que l'a prétendu l'administration Obama, la participation à la conférence de cette année n'aurait pas impliqué le soutien inconditionnel à chaque phrase d'une longue déclaration exhaustive élaborée par l'ensemble des représentants de plus de 200 gouvernements.

Les réactions à la décision de boycotter la conférence.

Le *Black Caucus du Congrès des Etats-Unis (CBC) qui poussait à ce que les Etats-Unis participent à cette assemblée internationale, a déclaré qu'ils étaient "profondément consternés" par la décision d'Obama.

"Si les Etats–Unis avaient envoyé une délégation d'envergure qui aurait reflété la richesse et la diversité de notre pays, ils auraient transmis au monde entier le message fort que nous sommes disposés à montrer l'exemple", ont-ils déclaré. "Au lieu de cela, les Etats-Unis ont préféré boycotter la conférence, une décision qui ne fait pas avancer la cause de la lutte contre le racisme et l'intolérance, mais la fait, au contraire, régresser".

La députée de Californie, Barbara Lee, note que la décision de boycotter la conférence est "incompatible avec la politique du gouvernement d'engager des relations avec ceux avec qui nous sommes en accord et ceux avec qui nous sommes en désaccord".
Elle ajoute que "les Etats–Unis auront encore plus de mal à jouer un rôle prépondérant au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, comme ils ont affirmé le souhaiter. C'est une occasion ratée. Purement et simplement".
Une porte-parole de "Human Rights Watch" a déclaré que ce rassemblement n'aurait pas la solennité diplomatique qu'il méritait à cause de l'absence des Etats-Unis. "Pour nous, c'est extrêmement décevant et c'est, littéralement, une occasion ratée pour les Etats-Unis", a-t-elle dit.
D'autres associations de défense des droits humains, ainsi que le Haut Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies ont également exprimé leur amertume.
En revanche, la droite a applaudi à la décision d'Obama. Un groupe de faucons du congrès réunissant des membres du congrès des deux partis dominants qui avait fait pression sur Obama pour qu'il boycotte la conférence, lui a adressé une lettre ouverte pour le féliciter de sa décision.
La lettre prétend que "cette assemblée" porte gravement atteinte à la liberté d'expression et son ordre du jour est empoisonné par un programme antisioniste et antisémite qui remet en cause la légitimité d'Israël en tant qu'état juif".
Cette initiative était menée par des membres de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des Représentants aussi influents que Ron Klein (Démocrate-Floride), Mike Pence (Républicain-Indiana), Shelley Berkley (D-Nevada), Eliot Engel (D-New York), and Ileana Ros-Lehtinen (D-Floride), as well as Henry Waxman (D-Californie), qui préside la Commission "Committee on Oversight and Government Reform" (qui surveille la légitimité des mesures que prend le gouvernement, NDT), tous ayant déjà condamné les Nations Unies, le Tribunal International et diverses associations de défense des droits humains pour avoir contesté les politiques des Etats-Unis et d'Israël.
En acceptant la recommandation de ces militaristes partisans de l'unilatéralisme de boycotter la conférence, et en rejetant donc les appels à la participation du Black Caucus, de groupes de défense des droits humains renommés, de hauts responsables de l'ONU et de chefs religieux, Obama a montré de la façon la plus claire qui soit vers qui il compte se tourner pour décider de l'accueil que réservera son gouvernement aux initiatives des Nations Unies et d'autres dans le cadre des droits de l'homme.

Stephen Zunes est rédacteur en chef pour le Moyen-orient de Foreign Policy In Focus. Il est professeur de Sciences Politiques à l'université de San Francisco et auteur Tinderbox: U.S. Middle East Policy and the Roots of Terrorism (Common Courage Press, 2003.)

Notes

Le *Congressional Black Caucus est un groupe qui représente exclusivement les membres du congrès issus de la communauté noire (y compris les métis). La présidente du groupe pour le 111° congrès est Barbara Lee, députée de Californie.
Précisions:
Je ne suis pas d'accord avec ce que sous-entend l'auteur de l'article sur ce qu'a dit Mahmoud Ahmadinejad (même si ce n'est pas l'objet de son propos, on comprend bien qu'il n'accorde aucun crédit au discours d'MA et qu'il entérine la thèse de l'occidental de base).
Ainsi, dans la phrase:

"La déclaration du président iranien Mahmoud Ahmadinejad selon laquelle Israël était un "état raciste" au cours de son discours le jour de l'ouverture de la conférence de cette année n'a pas été bien reçue, incitant de nombreux délégués à quitter la salle en signe de protestation".

D'abord, il joue avec le terme '"Etat". Il ne s'agit pas de la population d'un pays, comme il a l'air de le dire, mais de son gouvernement ou de l'administration centrale d'un pays (ex: l'Etat français". Il n'y a aucune ambiguïté là-dessus; de même le nom de pays implique selon le contexte son gouvernement "La France a décidé de …"; il devrait en aller de même pour" Israël" et l'"Etat d'Israël", non?). C'est pareil pour le mot "state" en anglais ("the territory, or one of the territories, of a government / the body politic as organized for civil rule and government - distinguished from 'church").
De plus, dans le discours en français comme celui en anglais (langue que comprend l'auteur et dans laquelle il aurait dû lire le discours), il ne dit pas l'"état raciste" - et d'ailleurs, le terme de state n'apparaît jamais, le mot Israël une seule fois, et le terme sioniste 6 fois, 3 fois comme nom, et 3 fois accolé à "regime" ou "circles".
En revanche, il parle de "racist government" / "the most cruel and repressive racist regime in Palestine"/ racist perpetrators of genocide.
Ce qui tend à discréditer l'"objectivité" de l'auteur vis-à-vis du président iranien.
Mais passons. Ce qui est intéressant dans cet article, c'est la position des Etats-Unis d'Obama dans cette affaire.

NB: Que l'on comprenne bien: je ne soutiens en aucune façon un type comme Ahmadinejad, mais je refuse de participer aux mensonges débités sur lui et à sa diabolisation programmée dans les intérêts d'une bande de truands occidentaux qui ne discréditent que ceux qui leur résistent et qu'ils veulent faire plier pour piller les richesses de leur pays (cf S Hussein).
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Revenons aux incidents pendant le discours d' Ahmadinejad

Les délégués se sont levés aussitôt qu'il a commencé à prononcer cette phrase:

"Following World War II, they resorted to military aggression to make an entire nation homeless under the pretext of Jewish suffering and they sent migrants from Europe, the United States and other parts of the world in order to establish a totally racist government in occupied Palestine".

("Après la Seconde Guerre mondiale, elles ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances des Juifs. Elles ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement intégralement raciste en Palestine occupée … http://www.legrandsoir.info/article...)

Auparavant, 3 étudiants de l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) – ayant apparemment échappé au service d'ordre, plus décontracté qu'à Strasbourg - déguisés en clowns (quelle brillante idée), avaient manifesté dans la salle (criant "raciste"!") quand Ahmadinejad commençait son discours et l'un d'eux avait jeté son nez de clown en direction du président iranien.
Quand on sait combien il en coûte de lancer deux chaussures sur un président en exercice, on peut craindre le pire pour ce courageux militant et ses complices, la délégation française.
(En outre, le président de cette association a, apparemment, réussi à s'introduire une autre fois dans la salle de conférence pour y être à nouveau expulsé – récidive donc. Ce que c'est que de défendre une cause juste jusqu'à la mort!).

Le boycott

Outre les Etats-Unis et Israël, le Canada, l'Australie, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Nouvelle-Zélande avaient également boycotté la conférence.
Et comme c'est dit fort à propos dans ce billet:
"Les USA, génocidaires des Amérindiens dits “peaux-rouges”, sans parler des lois raciales et d’apartheid contre la communauté noire en vigueur jusqu’en 1964
Le Canada, génocidaire des Amérindiens dits “peaux-rouges”
L'Australie, génocidaire des Aborigènes
La Nouvelle-Zélande, génocidaire des Maoris"

J'ajouterai qu'heureusement ce sont tous aujourd'hui des pays reconnus comme progressistes et respectueux des droits de l'homme et qu'ils n'ont participé à aucune atrocité au cours de ces 70 dernières années.
Ce qui leur donne, évidemment, une légitimité indubitable pour donner des leçons aux autres.

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Racisme = sionisme? Que nenni!

On joue sur les mots: ce n'est pas du "racisme", c'est du sionisme, on vous dit. Or, le sionisme, c'est autre chose, tout de même. Rien à voir.
La philosophie sioniste qui a été mise en pratique, c'est:
La mainmise sur toute une population (peut-on parler d'occupation? Pas si sûr, c'est juste qu'Israël cherche à se défendre et à tenir éloignés des barbares sans foi ni loi);
La démolition de maisons à titre de représailles;
L'interdiction arbitraire de construire sa maison sur son propre territoire; La destruction des instruments de travail, des cultures et des vergers, des infrastructures vitales (puits, routes …);
L'interdiction de vendre la production locale à l'extérieur;
L'interdiction aux pêcheurs de pêcher le poisson sur leurs rivages;
L'enfermement de toute une population dans une enceinte hermétique;
Le blocus sur les denrées alimentaires, les médicaments, les matériaux de première nécessité;
La loi imposée par de simples soldats et selon leur humeur;
Et pendant le dernier blitz: le bombardement d'écoles, d'hôpitaux, d'ambulances, de maisons ou d'immeubles d'habitation.
J'en oublie.
Alors, non, décidément, ce n'est pas du racisme.
C'est autre chose, et la conférence ne se limitait qu'au racisme, n'est-ce pas? Et puis, qu'on en parle, cela fâche beaucoup ces démocrates que nous sommes.
Parce que si on émet la moindre remarque sur le comportement d'Israël vis-à-vis des populations indigènes, on devient par magie immédiatement antisémite (A quand une conférence sur les vérités historiques - et sur le sens des mots?).
Il est vrai que les occidentaux sont experts en antisémitisme, eux qui l'ont inventé, en parquant les Juifs dans des ghettos, eux qui ont accepté qu'ils soient mis dans des wagons plombés, puis torturés, gazés.
Et c'est ce que dit Ahmadinejad dans son discours: les occidentaux ont pris la terre des Palestiniens pour leur faire expier (à ces derniers) leur propre culpabilité dans l'holocauste – et il trouve que c'est injuste (quel homme mesquin et vil!).
Et, dit-il encore, le fourbe, ces mêmes occidentaux (sous la houlette des US) ont toujours soutenu les gouvernements sionistes depuis lors, quoi qu'ils fassent.
D'accord, si on regarde une carte de la Palestine en 1948 et une actuellement, on peut se poser des questions sur ce qui s'est passé en 60 ans avec l'aval, voire le soutien logistique, de l'occident.
Et alors? Ca prouve quoi?
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Que s'est-il passé en Israël après le bombardement intensif de Gaza?

Une prise de conscience? Une vague d'empathie? Pas du tout! Radicalisation à l'extrême droite. La preuve qu'employer ses méthodes n'est jamais suffisant. Et, en plus, à semer le racisme à force de propagande et de désinformation, on incite encore plus de gens à l'être (raciste). D'où la recrudescence vers la droite dure.
L'extrême droite ne souffre pas d'ersatz. Elle veut le vrai produit.
Et c'est ainsi qu'a été élu Avigdor Lieberman, le chef de file du parti d'extrême droite Israël Beitenou (qui a obtenu 11 sièges à la Knesset, excusez du peu).
Et quel poste lui ont-ils donné? Le ministère des Affaires Etrangères! Rien que ça!
Et pourquoi donc ne peut-on parler d'Israël à une conférence quand il y a à peine trois mois, ce pays commettait les pires atrocités sur un peuple emmuré?
Et pourquoi les US poussent-ils donc des cris d'orfraie en traitant le président iranien de monstre raciste alors que leur gouvernement précédent a, entre autres, légalisé la torture, enfermé des innocents, leur a refusé un procès, etc. et que le nouveau président du "changement" refuse de demander aux tortionnaires d'en répondre?
Et alors qu'aux élections présidentielles, la droite dure, raciste et inculte, qui a, en toute logique, voté McCain, représente environ 40% de l'électorat (qui d'autre aurait pu voter pour Mc Cain, un vétéran pas très en forme, et sa colistière, une dinde fascisante susceptible de le remplacer en cours de mandat à la tête du pays, première puissance militaire?).
Obama montre, si besoin était, qu'il n'a aucune intention de procéder à un quelconque changement d'envergure, si ce n'est des mesurettes pseudo-progressistes convenues qu'on se passe d'un président démocrate à l'autre – mesures qui seront, de toute façon, contrées par les Républicains si elles vont trop loin.
Et que, donc, la lutte contre le racisme est le dernier de ses soucis, et qu'il soit plutôt noir en vitrine n'y change pas grand-chose.
Et pourquoi donc?
Pour ne pas attirer l'attention sur la couleur de sa peau dans un pays où les ethnies sont cloisonnées et cantonnées à des rôles déterminés par l'élite blanche?
Ne pas être accusé de favoritisme?
Parce qu'il est lui-même formaté pour faire partie de ces élites capitalistes?
Ou tout simplement parce qu'il n'a aucune empathie pour ce qu'ont subi les esclaves et descendants d'esclaves noirs - dont il n'est pas issu?
Sans doute, tout ça à la fois.

La seule chance d'Obama était de gouverner à gauche, avec le peuple, pour le peuple. Il ne l'a pas saisi l'enjeu. Il sera laminé.
Il n'est là qu'en intérim le temps que la vraie droite se refasse une virginité.
La droite préférera toujours son poulain, même rétif, à un ersatz docile.
A moins que …
A moins que le peuple ne décide qu'il a son mot à dire.

Conclusion

Une conférence contre le racisme et la xénophobie? Vaste programme
Gageons qu'aucun représentant présent ne pouvait se féliciter que son pays avait éliminé le racisme, ou même lutté contre. Et que les absents n'avaient pas mieux à offrir que leur désapprobation faussement outragée à une conférence où leurs délégués n'auraient pas dépareillé.
Il en faudrait une tous les jours de conférence, pour bien faire.

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Note finale:
Les médias ne cessent de répéter que le président Iranien veut "rayer Israël de la carte". Or ce dernier n'a jamais dit cela. C'est parti d'une traduction erronée répétée à l'envi dans le monde entier et rarement démentie – et pas à haute et intelligible voix, en tous cas.
Une aubaine pour entretenir la haine et justifier des attaques incessantes à son encontre, des fois qu'on aille envahir son pays, à cet insolent.
Si Ahmadinejad n'a jamais réfuté cette version, c'est qu'il doit s'amuser aux dépens des journalistes qui l'interrogent constamment là-dessus. S'amuser ou les mépriser, en se disant que c'est à eux de faire le boulot d'investigation, pas à lui de justifier des phrases qu'il n'a pas prononcées.
Explication: http://contreinfo.info/prnart.php3?...

Et quand même une petite dernière:

Le discours prononcé par le président iranien constitue un "appel intolérable à la haine raciste" et "il bafoue les idéaux et les valeurs inscrites dans la déclaration universelle des droits de l'homme", a déclaré Nic*las Sark*zy.
Le chef de l'État, "qui avait déjà rejeté des propos inacceptables tenus en d'autres circonstances par le président iranien, condamne totalement ce discours de haine", dit le communiqué de la présidence française, dans lequel N*co*as S*rko*y "appelle à une réaction d'une extrême fermeté de l'Union européenne". Le Po*nt..

Mouhaha! Je vais de ce pas en parler aux Afghans.
A Calais, par exemple.
Ils n'ont pas l'occasion de rigoler tous les jours.