Que se cache–t-il donc derrière la volonté des Etats-Unis de "libérer" Cuba?
Par emcee le mercredi 22 avril 2009, 17:54 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
A l'occasion du 50° anniversaire de la révolution Cubaine, Reese Erlich sort un livre " Dateline Havana: The Real Story of U.S. Policy and the Future of Cuba", analyse bien documentée où il évoque, entre autres, la politique des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba et l'avenir de l'île avec la prise de fonction d'un nouveau gouvernement et d'un président démocrate. Le livre rappelle les relations entre Cuba et les Etats-Unis qui ont émaillé l'histoire, ébauche des scénarios futurs, et souligne les possibilités que peuvent offrir un nouveau gouvernement et un nouveau Congrès.
Mais la question demeure: le gouvernement et le 111° Congrès auront-ils la sagesse de changer de politique avec Cuba?
Ce billet, rédigé par l'auteur, résume partiellement les questions politiques qu'il développe dans son livre et explique qu'il est impératif que les US se livrent enfin à une politique d'ouverture avec Cuba.
What Are the Real US Aims in 'Bringing Freedom' to Cuba?
Par Reese Erlich. 15 avril 2009.
Si l'on en croit les plans élaborés par les Etats-Unis, le peuple cubain pourra enfin respirer l'air pur de la démocratie et déguster les fruits dorés du capitalisme.
Ce n'est pas aussi simple.
Le 13 avril, l'administration Obama a annoncé officiellement la levée des restrictions sur les voyages et l'envoi d'argent à Cuba pour les américano-cubains. Les autres citoyens des Etats-Unis n'ont toujours pas l'autorisation de se rendre sur l'île. Quand, dernièrement, des journalistes latino-américains ont posé la question au vice-président Joseph Biden, celui-ci a répondu que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention de lever l'embargo contre Cuba. Lui et le président Obama veulent que "les Cubains soient libres".
Mais qu'est-ce que cela signifie réellement?
Reese Erlich, correspondant étranger, analyse cette question dans cet extrait de son livre Dateline Havana: The Real Story of U.S. Policy and the Future of Cuba
Depuis 1991, le gouvernement américain encourage de nombreux projets universitaires ou de la part de groupes de réflexion ("think-tanks") qui préparent la transition du communisme à la démocratie à Cuba. Derrière les discours sur l'autodétermination et le respect des droits humains des Cubains sur l'île, ils décrivent les moyens qui permettraient aux Etats-Unis de regagner le contrôle de Cuba. En 2004, la "Commission pour l'Aide à un Cuba libéré", créée par l'administration Bush, publiait un rapport détaillé.
Les US participeraient au développement des services de police et de sécurité, à la construction de routes, de ponts et d'aéroports.
Evidemment, ce rapport part du principe que les Cubains accueilleront à bras ouverts le capitalisme et les investisseurs venus des Etats-Unis.
Ce nouveau Cuba signerait un pacte de libre échange entre Cuba et les Etats-Unis et adhérerait au FMI et à la Banque Mondiale.
"Le gouvernement des Etats-Unis et les institutions financières internationales doivent se tenir prêts à aider un Cuba libéré à créer un nouveau système d'investissements qui encouragerait les investissements étrangers et la confiance des investisseurs, en accord avec les mécanismes du marché appropriés".
Toujours selon le rapport, Cuba devra régler les revendications annexes de la "façon la plus prompte qui soit". Et, ainsi, les Américano-cubains dont les biens ont été nationalisés pourraient soit récupérer leurs biens soit éventuellement recevoir des centaines de millions de dollars d'indemnisation.
Selon ces divers rapports, si Cuba adhère à ces politiques proaméricaines, son peuple respirerait enfin l'air pur de la démocratie et dégusterait les fruits dorés du capitalisme. Mais ébauchons un projet de transition plus réaliste à partir des véritables événements qui ont émaillé l'histoire de Cuba et de l'ancien bloc soviétique.
Le gouvernement cubain implose
Imaginons qu'une crise économique frappe Cuba, et que le gouvernement cubain commette une série de bourdes politiques graves. Les Cubains se mettent à fuir pour la Floride en bateau ou en radeau. Les Cubains en colère manifestent dans les rues de Cuba. Les frères Castro n'étant plus ni l'un ni l'autre à la tête du pays, le parti communiste se déchire. Certains dirigeants s'approprient la bannière de la démocratie alors que d'autres choisissent la répression militaire. La situation s'aggrave. L'ancien pouvoir s'effondre et de nouveaux leaders s'emparent du pouvoir, comme cela s'est passé en Union Soviétique à la fin de 1991. Les exilés cubains de Miami sautent dans le premier avion pour la Havane promettant la liberté, la démocratie et la fin de l'injustice économique. Au moins au début, les gens accueillent chaleureusement les exilés, espérant que le nouveau système répondra à leurs besoins.
Mais rapidement apparaissent un certain nombre d'éléments imprévus qui retarderont l'instauration de la démocratie. Le nouveau gouvernement ne pourra organiser d'élections tant que les partis politiques ne seront pas structurés et le système électoral en place. Et il ne pourra pas non plus mener à bien sa mission si les médias étatisés ne sont pas privatisés et les institutions créées par le Parti Communiste démantelées.
Les Etats-Unis, grâce à ses substituts à Miami, veilleront à ce que les partis proaméricains soient largement subventionnés et bénéficient d'une couverture médiatique massive. Si les Cubains qui refusent ce nouveau système se mettent à manifester, a fortiori prennent les armes, le nouveau régime démocratique sera contraint de les réprimer. Les partis politiques proaméricains créent des milices pour protéger leurs intérêts, comme cela a été le cas avant 1959. Les Etats-Unis envoient des sous-traitants privés armés, des conseillers militaires et/ou des troupes, selon les besoins. Le nouveau gouvernement n'organisera pas d'élections tant que subsistera l'agitation.
Même les diplomates US reconnaissent que le Parti Communiste Cubain jouit d'un soutien populaire considérable. Les communistes cubains, contrairement à beaucoup de leurs camarades du bloc soviétique, s'appuient toujours sur l'idéologie marxiste et gardent une capacité à mobiliser les gens ordinaires.
L'armée cubaine s'est probablement réservé des caches d'armes pour mener la guérilla. Mais même si l'insurrection armée et un soulèvement de masse ne se produisent pas, le nouveau régime devra faire face à d'énormes problèmes.
Jusqu'à présent, Cuba avait échappé au fléau que représentent l'héroïne et la cocaïne qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans toute l'Amérique Latine. Le gouvernement cubain a pris des mesures drastiques pour tenir à l'écart les cartels de drogue internationaux.
Mais Cuba occupe une situation géographique idéale pour servir de plaque tournante aux gros trafiquants de drogue, sans parler qu'il s'agirait là d'un nouveau marché très lucratif.
Les Cubains de Miami ne seront pas les seuls à monter dans les premiers avions à destination de la Havane. Les Mexicains, les Colombiens et d'autres barons de la drogue y expédieront des kilos de drogue ainsi que de l'argent. L'ancienne mafia new-yorkaise cherchera aussi à revenir sur le devant de la scène pour prendre le contrôle de la drogue, des jeux et des réseaux de prostitution. Mais ils ne sont plus dans le coup depuis 50 ans et donc les gros trafiquants de Colombie et du Mexique peuvent tout naturellement prétendre à la préséance. Quelques guerres des gangs violentes devraient venir à bout du problème. Il a fallu dix ans d'affrontements sanglants en Russie dans les années 90 pour que seuls quelques gangs en sortent victorieux.
Mais les nouveaux démocrates et les responsables de la lutte contre la drogue ne vont-ils point empêcher l'installation de la mafia?
Les Etats-Unis ont des intérêts contradictoires à ce propos. Le trafic de drogue est une source d'argent idéale pour les partis politiques proaméricains et leurs milices armées.
Certains parmi les élites de Miami sont déjà habitués à travailler avec les barons de la drogue. En règle générale, les Etats-unis ne verraient pas d'un bon œil que des gros trafiquants de drogue s'emparent de nouveaux marchés et partagent le pouvoir politique. Mais si ces mêmes trafiquants soutiennent les partis politiques proaméricains, ils deviennent un mal nécessaire.
C'est ainsi que les Etats-Unis fonctionnaient à l'époque de Batista où certains membres de son cabinet étaient directement impliqués dans le trafic de drogue.
Après l'invasion de l'Afghanistan en 2001, les Etats-Unis n'ont pas hésité à collaborer avec les trafiquants de drogue qui faisaient partie du cabinet du gouvernement d'Hamid Karzai.
L'île de Cuba fraîchement démocratisée et privatisée serait également confrontée à des choix difficiles concernant la gestion des nombreux services sociaux du pays.
Le gouvernement cubain fait d'énormes efforts actuellement pour former des médecins – dont la préparation comprend non seulement l'acquisition de compétences en matière médicale mais également l'impératif de venir en aide aux gens ordinaires. Après l'obtention de leur diplôme, ils passent deux ans au service des communautés les plus démunies.
Les hôpitaux et les cliniques publics offrent les seuls emplois nouveaux dans le secteur médical. Les infrastructures hospitalières ont, certes, besoin d'être améliorées. L'embargo des Etats-Unis et les erreurs du gouvernement cubain ont dégradé certains pans du système. Le pays a besoin d'équipement et de bâtiments neufs.
Après l'effondrement du socialisme, les chaînes d'hôpitaux des Etats-Unis pourraient créer des filiales à Cuba avec des installations modernes. Ils attireraient également les meilleurs praticiens en leur offrant de meilleurs salaires. Certains médecins cubains ouvriraient aussi des cabinets privés lucratifs.
Le gouvernement pourrait continuer à financer les hôpitaux publics, mais combien de temps faudra-t-il pour que les meilleurs médecins partent vers le secteur privé, laissant aux pauvres les soins au rabais? Et combien de temps faudra-t-il pour que le gouvernement pris à la gorge réduise les coûts des soins de santé pour équilibrer le budget? La qualité et la gratuité des soins ne seraient plus qu'un lointain souvenir.
Pas besoin d'émettre des hypothèses sur un tel scénario. Le système de santé en Russie a subi un arrêt cardiaque quand Boris Eltsine a pris le pouvoir en 1991. En partie à cause d'un système de soins déplorable, l'espérance de vie en Russie est en baisse depuis le début des années 1990.
Dans une certaine mesure, le débat sur Cuba balaie l'échiquier politique des partis traditionnels. Ces dernières années, les Républicains conservateurs et les Démocrates modérés se sont entendus pour maintenir le statu quo à Cuba. Une large majorité des Républicains et des Démocrates ont voté à la fois pour la loi Torricelli de 1994 et pour la loi Helms-Burton de 1996. George Bush Jr. a renforcé l'embargo une fois de plus in 2004 avec le soutien des deux grands partis avec des élus comme les sénateurs John McCain et Hillary Clinton.
Quand le président Bill Clinton était en fonctions, beaucoup de progressistes avaient espéré qu'il lèverait partiellement l'embargo au cours de son second mandat une fois qu'il n'aurait plus à craindre les pressions politiques pour sa réélection. Il a levé l'embargo de façon non officielle en ne sanctionnant pas les Américains qui se rendaient à Cuba. Il avait également permis à des artistes et musiciens cubains de se produire aux US. Mais à part à ça, il a poursuivi la même politique inflexible contre Cuba que les autres gouvernements.
Au cours de sa campagne pour les primaires en 2008, la sénatrice Hillary Clinton avait choisi une ligne dure et implacable contre Cuba. Allant à la pêche aux voix des ultraconservateurs de Miami, elle avait déclaré qu'elle laisserait en place les restrictions décidées par Bush. Sa position vis-à-vis de Cuba était identique à celle de John McCain. Le sénateur Barack Obama n'était pas d'accord avec Bush sur certaines mesures à l'encontre de Cuba. Il s'était opposé aux restrictions de 2004, reflétant l'opinion de nombreux démocrates américano-cubains en Floride. Il a voté contre le financement de TV-Marti, disant que c'était du gaspillage d'argent public.
La sénatrice Hillary Clinton avait voté en faveur de ce projet de loi. Mais les différences avec Obama ne sont apparues que progressivement. Il a fait campagne à Miami en tenant des propos d'un anticommunisme virulent.
> "Depuis que je suis né, il n'y a eu que des injustices à Cuba. Jamais, depuis ma naissance, le peuple cubain n'a connu la liberté. C'est le terrible et dramatique statu quo que nous connaissons depuis un demi siècle – d'élections qui sont tout sauf justes et libres; de dissidents enfermés dans les cellules sombres de prisons pour avoir commis le crime de dire la vérité. Je ne tolèrerai pas cette injustice, vous ne tolèrerez pas cette injustice, et tous ensemble nous agirons pour la liberté à Cuba".
Paradoxalement, certains dirigeants conservateurs du parti républicain – pas de ceux qui faisaient campagne pour les présidentielles – semblaient plus conciliants.
La sénatrice Kay Bailey Hutchinson, une républicaine conservatrice du Texas a déclaré:
"Cela fait un moment que je me dis qu'il faut que nous réfléchissions à une autre stratégie vis-à-vis de Cuba, à savoir davantage permettre les échanges commerciaux, en particulier pour les denrées alimentaires, surtout si nous pouvons offrir au gens davantage de contacts avec le monde extérieur, si nous pouvons construire un système économique qui permettrait aux gens de lutter contre la dictature. Je pense que c'est une chose à laquelle nous aurions dû réfléchir il y a déjà un certain temps, franchement".
Hutchinson reflétait l'opinion de beaucoup d'élus d'états agricoles.
L'agrobusiness pourrait engranger des profits supplémentaires si les US levaient l'embargo sur les échanges commerciaux.
Ce sont les Noirs qui souffriraient le plus de la transition à Cuba. Cette nouvelle élite blanche de Miami aurait peu d'égards pour eux. S'ils étaient privés de la couverture santé universelle, de l'instruction, des moyens de transport et des autres programmes subventionnés, la situation économique des Noirs de Cuba serait plus dramatique que celles des Blancs.
Même si vous ne croyez pas à tout ce que j'ai évoqué ci-dessus, beaucoup de Cubains le croient. La perspective qu'une élite proaméricaine venue de Miami dirige Cuba les terrifie.
L'avenir des relations USA-Cuba commence à Washington.
La décision d'un changement dans les relations entre les USA et Cuba dépendra de l'évolution politique à Washington, pas à la Havane. Les administrations futures pourraient bien décréter qu'il y a eu à Cuba des changements importants et prendre donc l'initiative de négociations. Elles seraient probablement contestées par le lobby cubain et les anticommunistes acharnés du département d'Etat et des agences de sécurité.
D'un autre côté, un nombre croissant d'élus, de chefs d'entreprises et de militants de base sont en faveur d'un dégel dans les relations avec Cuba. La question est: ceux qui contestent la politique des Etats-Unis pourront-ils atteindre la masse critique?
Etant donné la dynamique de Washington, il semble peu probable qu'un président quel qu'il soit prendra l'initiative de changer de politique vis-à-vis de Cuba. La pression pour le changement devra s'insinuer peu à peu depuis la base jusqu'à la Chambre des Représentants, au Sénat et finalement à la Maison Blanche.
La pression pour le changement de politique
En septembre 2003, la Chambre des Représentants votait par 227 voix contre 188 la levée de l'interdiction de se rendre à Cuba pour les Américains, et un mois plus tard, le Sénat faisait de même par 59 voix contre 38. Ces majorités étaient constituées d'élus d'états agricoles, de progressistes et de Républicains ''libéraux'' qui s'opposent à des sanctions unilatérales. Sous la menace de se voir opposer un veto par le président Bush, le Congrès, cependant, avait renoncé à ce projet de loi.
Parmi les détracteurs de la politique américaine, il y avait des progressistes comme les députés Barbara Lee (Démocrate-Californie) et Charles Rangel (D-New York) mais également des conservateurs comme le député Jeff Flake (Républicain-Floride) et le sénateur Pat Roberts (R-Kansas).
Philip Peters, ancien haut responsable du département d'état et qui enseigne actuellement au Lexington Institute à Washington, m'a expliqué que les Républicains de la Chambre des Représentants jouaient un rôle très important sur tous les votes concernant Cuba.
Il les divisait en trois catégories. "Environ un tiers vote pour la levée des sanctions. Un tiers y est totalement opposé. Et le dernier tiers vote pour le maintien des sanctions, et cela, contre leurs convictions personnelles. Ce sont ces mêmes élus qui sont favorables aux échanges commerciaux avec la Chine et le Vietnam.
Et ce tiers là et leurs homologues démocrates font l'objet d'un lobbying intensif. Par exemple, le lobby "U.S.-Cuba Democracy PAC", financé par de riches américano-cubains du comté de Dade en Floride, a versé 446.500 dollars aux membres du Congrès en 2006-2007, dont 1000 dollars pour chaque membre du Congrès nouvellement élu.
Le député Denny Rehberg (R; Montana) soutenait un allègement de l'embargo dans le but d'aider les exportations agricoles de son état. Mais il a changé de camp et reçu 10500 dollars de dons de campagne de la part du Pac.
Mais ces groupes sont de plus en plus déconnectés de la communauté américano-cubaine.
D'après un sondage d'opinion effectué par un institut fiable, 55% des Cubains vivant à Miami sont actuellement contre l'embargo des Etats-Unis à Cuba. Même certains groupes anticommunistes purs et durs reconnaissent maintenant que l'embargo est un fiasco.
Pour que les Etats-Unis décident de changer d'orientation avec Cuba, il faut que plusieurs facteurs soient réunis.
Les leaders de Washington doivent considérer que les réformes économiques de Raul Castro sont importantes. Les chefs d'entreprise des Etats-Unis doivent faire pression sur le Congrès et sur le président pour qu'ils lèvent l'embargo. Et le Lobby Cubain doit essuyer quelques revers politiques.
Le colonel Lawrence Wilkerson, ancien assistant de Colin Powell, dit que les américano-cubains commencent à prendre leurs distances avec les politiques anti-cubaines pures et dures.
"Jusqu'à ce qu'on en arrive à la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Mais cela prendra du temps. Quand nous arriverons à ce que les Américano-cubains aient une opinion différente sur Cuba, il y aura un énorme changement. Soyons honnête, notre politique vis-à-vis de La Havane est ridicule."
Et si les Etats-Unis ne changent pas de politique, m'a dit Robert Muse, avocat et lobbyiste, Cuba peut se permettre d'attendre.
"Nous sommes isolés sur Cuba. Cuba a bien moins besoin d'un rapprochement avec les Etats-Unis qu'il y a une quinzaine d'années". Faire un pied de nez aux Etats-Unis, ajoute-t-il, "donne à Cuba une envergure internationale".
Et donc, la balle est dans le camp des Etats-Unis. Reste la question de savoir si les dirigeants aux Etats-Unis sont disposés à jouer.
Reese Erlich est journaliste free lance et travaille pour la radio et la presse écrite.
Note annexe:
Extraits du compte-rendu sur le livre par Mavis Anderson
Erlich, dans son livre, ne décrit pas Cuba comme un paradis mais, au contraire, montre les véritables problèmes et les enjeux au sein du système à Cuba.
Ainsi, s'il est certes vrai que certains Cubains quittent l'île, en très grande partie pour des raisons économiques, le plupart des Cubains préfèrent y rester et chercher des solutions en s'appuyant sur le modèle socialiste.
Pour comprendre les réalités actuelles, Erlich fait appel aux événements historiques, opposant les versions radicalement opposées qu'étudient les Cubains et les Américains.
Il explique qu'on enseigne aux élèves américains que les Etats-Unis ont libéré Cuba du joug des Espagnols en 1898; Les Cubains apprennent qu'une forme de domination coloniale en a remplacé une autre.
Toutefois, les choses sont en train de changer au sein même de la communauté cubaine, principalement installée en Floride.
Erlich, revenant notamment sur l'invasion de la Baie des Cochons, dit que certains vétérans américano-cubains qui y avaient participé à l'époque, et avaient passé un certain temps en prison à Cuba, ainsi que de nombreux américano-cubains d'un certain âge qui, tout jeunes, ont émigré aux US, luttent actuellement inlassablement pour la levée de l'embargo à Cuba.
Erlich évoque également la position pure et dure des Cubains qui ont immigré aux US avant 1980 et qui ont constitué un lobby puissant.
Or, les choses ont changé et un sondage effectué en 2007 montre que 64% de la communauté cubaine s'opposaient aux mesures de Bush de 2004 en ce qui concerne les voyages à Cuba et l'envoi d'argent.
Un américano cubain explique, par exemple, que la communauté cubaine votera plus librement selon ses convictions quand elle sera débarrassée du "grandmother factor," qui impliquait que les jeunes générations devaient voter comme leurs aïeuls.
D'autre part, le lobby cubain (anticastriste et anti-communiste, donc), semble perdre de son influence. Obama a remporté l'état de Floride sans avoir eu besoin de solliciter les voix de la communauté.
Erlich, qui milite pour un rapprochement US-Cuba, poursuit en disant qu'une nouvelle politique vis-à-vis de Cuba aurait un impact sur toute l'Amérique Latine.
Dans le dernier chapitre Erlich soulève les questions les plus épineuses, dont le fait que Cuba soit sur la liste des états qui viennent en aide aux terroristes, ou la base navale de Guantanamo, la position des US sur les réformes mises en place petit à petit par Raul Castro, etc.
D'autres questions surgissent : le sort des "dissidents" cubains, celui des 5 de Cuba, etc.
Erlich, faisant remarquer les efforts de Raul Castro vis-à-vis des US, attend d'Obama les mêmes efforts.
Note perso
Je précise que je n'ai pas lu ce livre, mais que certaines des questions posées méritent réflexion.
A un moment où le système capitaliste montre au grand jour ses véritables desseins, malgré les rodomontades ridicules des leaders du G20, on peut se demander quel avenir s'ouvre devant nous, occidentaux condamnés à une régression historique, voire à une répression mondiale, et quel avenir sera réservé après les Castro à Cuba, qui tente, malgré les coups de boutoir et la propagande négationniste qu'il subit, de chercher une autre voie, politique, sociale et environnementale.
ITNA? ... Is there no alternative?

Commentaires
Sauf qu'en 2009 Cuba n'est plus isolé,que d'autre prennent aussi un chemin vers une socièté différente,qu'ils sont en mesure de se créer leur propre banque sans passés par les USA!
Il est peut être temps que les US fassent preuve d'un peu de réalisme.
Parce que contrairement à ce que disent les médias occidentaux,les pays du Mercosur n'ont pas signés la résolution finale,et la quasi totalité des états appellent à la normalisation des relations avec Cuba.
Ben oui messieurs les états-uniens c'est votre défaite,pas de la même eau que celle du Viet Nam ou de l'Irak,mais une défaite politique qui risque de s'aggraver.
Salut Jean-Claude,
"Sauf qu'en 2009 Cuba n'est plus isolé": c'est bien ce que dit l'auteur en filigrane dans son texte. Hélas, les US, qui se sont enferrés dans cette politique contre Cuba depuis 50 ans, ne sont probablement pas près de céder du terrain.
Quant aux pays occidentaux, les nouvelles ne sont pas bonnes du tout non plus. Il n'y a qu'à voir la mascarade à laquelle ils se sont livrés à Durban II pour défendre un Etat qui il y a à peine trois mois assassinait près de 1500 personnes et en blessait 5000 après les avoir enfermés et qui a aujourd'hui dans son gouvernement , entre autres, un type d'extrême droite.
Non pas bonnes du tout.
Et pour revenir à Cuba, en effet, c'est vers les pays d'Amérique Latine qu'il pourra désormais se tourner.
Je viens de lire un très bon billet sur Cuba, une lettre ouverte de JP Page à l'Huma Dimanche http://www.legrandsoir.info/article8448.html. Hélas, on voit que l'île de Cuba, si petite soit-elle, a ses détracteurs même dans les rangs les plus improbables.
Mais au-delà de la polémique, ce qui est dit sur Cuba est très intéressant.
J'aime beaucoup ce site.
http://socio13.wordpress.com/2009/0...
Merci Yelrah de ce lien. Perso, je connais ce blog (même si je n'ai pas beaucoup de temps pour y aller) et je suis D Bleitrach depuis un moment. C'est d'ailleurs l'équipe de Cuba Solidarity project http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/ qui m'a permis de comprendre ce qui se passait à Cuba. Mais ce site est très au ralenti, apparemment, actuellement, les participants ayant ouvert d'autres sites (dont soco13)- ou pas.
Quel dommage qu'ils n'aient pas lus le No spécial Cuba de l'HD!
Cela dit je comprend leur critiques,mais il faut se méfier du systémique,tout est à l'image du débat interne encore en cours.
Mais il est difficile de trouver des ennemis de Cuba et de sa révolution au sein du PCF.et à l'Humanité!Il ne faut pas faire cette erreur de confondre critiques et adversaires!
http://www.humanite.fr/2009-04-20_I...
http://www.humanite.fr/Fidel-Castro...
Apparemment, selon son détracteur, cette personne a AUSSI écrit dans le N° spécial sur Cuba. Il n'y a peut-être pas beaucoup de critiques de Cuba au PC, mais cela existe aussi, hélas.
Et c'est bien dommage que certain(e)s aient pignon sur rue à l'Huma.
"Mais ébauchons un projet de transition plus réaliste à partir des véritables événements qui ont émaillé l'histoire de Cuba et de l'ancien bloc soviétique.Le gouvernement cubain implose"
Plus réaliste, c'est à voir. Le parallèle avec les pays de l'ancien bloc soviétique est un travers assez courant et qui induit... pas mal d'erreurs de jusgement.
"Imaginons qu'une crise économique frappe Cuba,"
Ca, c'est fait depuis belle lurette, pas besoin d'imaginer. La crise qui a frappé Cuba au début des années 90 (la "période spéciale") est assez difficile à décrire si on ne l'a pas vu de ses propres yeux (30 % de chute du PIB, disparition de 80% du commerce, qui dit mieux ?). Cuba a déjà traversé pieds nus les charbons ardents. Pourquoi le "régime" a-t-il tenu ? parce que "et que le gouvernement cubain commette une série de bourdes politiques graves"... ben bon, justement, une série de bourdes politiques graves ne fait PAS partie d'un scénario "réaliste", comme le présente l'auteur. Si la période spéciale a été traversée avec brio (dirais-je) c'est parce que justement le pouvoir a pris les mesures qui s'imposaient...
L'auteur n'a peut-être pas compris comment fonctionne le pouvoir Cubain et son interaction avec la population.
"Les exilés cubains de Miami sautent dans le premier avion pour la Havane promettant la liberté, la démocratie et la fin de l'injustice économique. Au moins au début, les gens accueillent chaleureusement les exilés, espérant que le nouveau système répondra à leurs besoins."
Ben non. Les "exilés cubains" (l'auteur désigne probablement la partie anticastriste militante et vociférente) ne sont déjà plus majoritaires parmi les cubains de Miami, ensuite ces derniers ont perdu leur "aura" - s'ils en avaient - il y a longtemps à Cuba, le coup fatal ayant été l'affaire Elian (le petit garçon kidnappé et présenté comme une icone anticastriste) avec une petite poussée supplémentaire lors de leurs (rares) réactions de joie suite à la (fausse) annonce de la mort de Fidel Castro. Les images des "gusanos" faisant la fête dans les rues ont été passées en boucle à Cuba où elles ont choqué. Les "exilés" sont peut-être parfois "enviés" pour cause de pouvoir d'achat, mais je ne vois pas du tout la population locale les accueillir à bras ouverts. D'autant plus que lors des mesures de restrictions prises par Bush, ces exilés n'ont pas fait grand chose pour protester et venir en aide ne serait-ce qu'à leurs familles restées sur place...
L'auteur a par contre raison lorsqu'il dit que la balle est dans le camp US (elle ressemble même à une grenade, si j'en crois les échos du dernier sommet des Amériques qui vient de se tenir). Après un superbe parcours politique "sans faute" (on y revient) de Cuba, les US se retrouvent comme deux ronds de flan a mendier l'aide de Lula qui... les envoit promener en déclarant que Cuba n'a pas à faire de geste comme préalable à la levée du blocus.
Le scénario d'une crise qui frapperait si durement le pays que le régime en tomberait aurait plus de chances de se réaliser aux Etats-Unis qu'à Cuba... Après tout, ça ne fait "que" 50 ans que les Cubains apprennent à vivre sans cinéma drive-in.
Merci de toutes ces précisions, Viktor, il fallait qu'elles soient données par un *spécialiste.
Je suis d'accord que l'auteur n'est pas clair sur certains points dans son résumé (trop elliptique? ), c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai traduit partiellement ce qui était dit sur son livre.
Il est vrai tout de même qu'on peut se poser la question de l'après Castro(s), qui sont des personnages hors du commun. Car si les Cubains ont surmonté tant d'événements tragiques (la terrible crise économique dont tu parles, les ouragans dévastateurs, dont trois l'an dernier, les attaques diverses, l'embargo et tout le reste), c'est grâce à la force qu'ont su leur donner les frères Castro - et peut-être d'autres.
Mais tu as raison: les Cubains ne se laisseront sans doute pas dicter quoi que ce soit par ceux qui viendront leur dire ce qu'il faut faire. Il n'y a pas de raison.
D'autre part, l'auteur du livre dit bien que les Cubains des Etats-Unis ne sont pas les anticastristes purs et durs d'antan. Et que finalement, l'animosité n'existant plus, elle est sans doute remplacée par un attachement à des racines (il n'est pas dit non plus qu'il y aura un afflux d'américano-cubains sur l'île: ces fameux "exilés" sont partis depuis belle lurette, non?).
D'e plus, en effet Cuba n'est plus isolé dans cette partie du monde. Et les dirigeants latino-américains ne s'en laissent pas conter.
Quant au régime aux US, certes, il risque de prendre un sacré coup dans l'aile.
C'est le mieux qu'on puisse espérer.
Pour le monde entier, cette fois-ci.
*je rappelle que Viktor Dedaj, Danielle Bleitrach (dont on parlait dans les com') et Jean François Bonaldi ont co-écrit un livre "Cuba est une île" et qui est un livre de référence.
Le scénario suivant est beaucoup plus plausible :
La crise financière s'accentue, le dollar s'effondre et cesse de servir de monnaie de référence. L'inflation n'eat plus contrôlable. Le pouvoir d'achat des étatsuniens chute dramatiquement. Des émeutes éclatent partout. Des États déclarent la cécession. C'est la débandade totale. Les services de police sont dépasés. L'armée est rappelée de l'Irak et de l'Afrghanistan pour "maitenir l'ordre". Les milices s'organisent et hop! la guerre civile éclate aux États-Unis. Les "bot people" américains commencent à affluer vers Cuba par milliers, cherchant sécurité, soins et éducation gratuite pour leurs enfants... Fidel et Chavez sont sollicités par les différents billégérants étasuniens afin d'envoyer des troupes d'interposition latino-américaines... (ben là j'exagère un peu...)
À suivre
La guerre civile aux US? ce serait un vrai carnage, vu qu'ils ont armé les citoyens jusqu'aux dents.
C'est plausible, en effet comme scénario. Faut juste arriver à convaincre les Ricains qui seront devant leur poste de télé que ce qu'ils voient, c'est pas une série télé et que c'était AVANT qu'on leur mentait.
En effet oui, le carnage sera inévitable, déjà qu'ils se sont montrés impitoyables quand il s'agissait de défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs, imagine quand cela devient une question de vie ou de mort... Au fait pendant que j'y pense et si jamais des milices fascistes comme celles que Chuck Norris organise au Texas s'emparent des armes nucléaires... ce sera pas le carnage mais l'apocalypse,,,
En effet, l'apocalypse ... Eh bien, au moins on saurait où on va! :-)
Autre solution: la poignée de survivants aux US - dont Chuck et Schwarzy, parce que ce sont les plus forts - font la loi sur le territoire; un groupe de religieux, écoeurés par l'immoralité qui règne, et après avoir été rejetés partout, montent dans les embarcations qu'ils trouvent pour partir en direction de Cuba. Une fois là-bas, les chefs font mettre les bateaux en cercle, capturent les autochtones et les enferment dans la réserve de Guantanamo. Rideau.
moi je dis
il vaut mieux voyager à Cuba
que de faire une descente à Cuba
et stop à la pollution par la "fumée de tabac"
Les Etats-unis attendent un geste de Cuba
http://www.rebelion.org/imagenes/p_...
Salut, Birahima!
Très bon, le dessin, T34; Merci
Bonjour !
Je me suis permis de venir prendre le café dans votre blog. Parcourant les différents sujets. Emballé de voir que la communauté d'idées et de volontés est souvent plus large qu'on ne pense.
C'est vrai : ne lâchons pas ! Comme nous l'incite le magnifique proverbe japonais, placé en exergue, sur les sources du fleuve Yosthino prenant sa source dans les gouttes d'eau sur la mousse...
Bien à vous
http://www.youtube.com/watch?v=Ek_d...
il faut continuer
enjoy !
http://www.youtube.com/watch?v=_KVr...
comme je traduisais plus haut
Salut
je pense que les USA y vont à reculons avec Cuba, ce n'est pas les pays de l'Est , loin de l'amérique. Cuba est a coté, majoritairement espagnol;....si des millions de cubains se déversent aux USa c'est la catastrophe pour eux, il y a qu'a voir le probléme de la frontiére mexicaine. Finalement la "prison Castro" n'est pas si mal pour eux ?
salut bébert
je croyais que t'étais mort d'une crise cardiaque
Dis, mon coco, c'est pas à toi de dire ce qui est mieux pour Cuba
Verstanden ?
Bonsoir à tous,

Birahima, mais comment fais-tu pour dénicher tous ces trucs incroyables? Encore une chanteuse que je ne connaissais pas (d'accord, je ne suis pas une référence dans ce domaine, mais quand même!).
Bienvenue, Georges, dans mon espace feutré et paisible
Oui, n'est-ce pas, "communauté d'idées", c'est plutôt ça ... Espérons que notre groupe s'élargira de plus en plus. Quoiqu'en ce moment, je ne suis pas des plus optimistes.
Bébert, voyons! Pourquoi donc les Cubains voudraient-ils émigrer par millions? Et aux US, de surcroît? Ils auraient pu le faire avant, quand tout allait mal pour eux, ils ne l'ont pas fait. Et ce n'est pas parce qu'ils ne pouvaient pas partir: il n'y a qu'à voir tous ces malheureux qui bravent les tempêtes en Afrique ou en Asie pour arriver dans un milieu hostile. Quand on est vraiment motivé, on prend tous les risques.
Et, en plus, les Cubains sont les seuls immigrés qui soient accueillis à bras ouverts aux US.
Et tous ces médecins qui vont et viennent, écumant la planète, pourquoi donc reviennent-ils alors qu'avec leurs diplômes, ils pourraient facilement demander l'asile politique et vivre dans la soie?
Il doit y avoir une raison, non?
Je cherche.
Alla Pougatcheva
people artists of the USRR
je dévoile pas mes sources
y'a qu'à trouver la clef sous le paillasson
encore merci pour ton blog emcee
merci, Birahima.
Bonne nuit.
Je vais me repasser un coup d'Alla.
Alla, c'est là
http://feusurlequartiergeneral.blog...
Tu n'y vas jamais, emcee ?
C'est un plaisir
un immense plaisir
Ah, salut!
je me rends compte que je n'ai pas répondu à ta question, Thé, j'allais justement dire que c'est Birahima qui m'avait fait découvrir Alla.
Super!
mais c'est écrit plus haut!
paf! pour moi. Et repaf, tiens!
quelqu'un-e comprend le russe? Moi non. *sigh* ...
Belle langue.