Cuba_affiche_2.jpg
Source

Si l'on en croit les plans élaborés par les Etats-Unis, le peuple cubain pourra enfin respirer l'air pur de la démocratie et déguster les fruits dorés du capitalisme. Ce n'est pas aussi simple.
Le 13 avril, l'administration Obama a annoncé officiellement la levée des restrictions sur les voyages et l'envoi d'argent à Cuba pour les américano-cubains. Les autres citoyens des Etats-Unis n'ont toujours pas l'autorisation de se rendre sur l'île. Quand, dernièrement, des journalistes latino-américains ont posé la question au vice-président Joseph Biden, celui-ci a répondu que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention de lever l'embargo contre Cuba. Lui et le président Obama veulent que "les Cubains soient libres".
Mais qu'est-ce que cela signifie réellement? Reese Erlich, correspondant étranger, analyse cette question dans cet extrait de son livre Dateline Havana: The Real Story of U.S. Policy and the Future of Cuba

Depuis 1991, le gouvernement américain encourage de nombreux projets universitaires ou de la part de groupes de réflexion ("think-tanks") qui préparent la transition du communisme à la démocratie à Cuba. Derrière les discours sur l'autodétermination et le respect des droits humains des Cubains sur l'île, ils décrivent les moyens qui permettraient aux Etats-Unis de regagner le contrôle de Cuba. En 2004, la "Commission pour l'Aide à un Cuba libéré", créée par l'administration Bush, publiait un rapport détaillé.
Les US participeraient au développement des services de police et de sécurité, à la construction de routes, de ponts et d'aéroports.
Evidemment, ce rapport part du principe que les Cubains accueilleront à bras ouverts le capitalisme et les investisseurs venus des Etats-Unis.
Ce nouveau Cuba signerait un pacte de libre échange entre Cuba et les Etats-Unis et adhérerait au FMI et à la Banque Mondiale.

"Le gouvernement des Etats-Unis et les institutions financières internationales doivent se tenir prêts à aider un Cuba libéré à créer un nouveau système d'investissements qui encouragerait les investissements étrangers et la confiance des investisseurs, en accord avec les mécanismes du marché appropriés".

Toujours selon le rapport, Cuba devra régler les revendications annexes de la "façon la plus prompte qui soit". Et, ainsi, les Américano-cubains dont les biens ont été nationalisés pourraient soit récupérer leurs biens soit éventuellement recevoir des centaines de millions de dollars d'indemnisation.
Selon ces divers rapports, si Cuba adhère à ces politiques proaméricaines, son peuple respirerait enfin l'air pur de la démocratie et dégusterait les fruits dorés du capitalisme. Mais ébauchons un projet de transition plus réaliste à partir des véritables événements qui ont émaillé l'histoire de Cuba et de l'ancien bloc soviétique.

Le gouvernement cubain implose

Imaginons qu'une crise économique frappe Cuba, et que le gouvernement cubain commette une série de bourdes politiques graves. Les Cubains se mettent à fuir pour la Floride en bateau ou en radeau. Les Cubains en colère manifestent dans les rues de Cuba. Les frères Castro n'étant plus ni l'un ni l'autre à la tête du pays, le parti communiste se déchire. Certains dirigeants s'approprient la bannière de la démocratie alors que d'autres choisissent la répression militaire. La situation s'aggrave. L'ancien pouvoir s'effondre et de nouveaux leaders s'emparent du pouvoir, comme cela s'est passé en Union Soviétique à la fin de 1991. Les exilés cubains de Miami sautent dans le premier avion pour la Havane promettant la liberté, la démocratie et la fin de l'injustice économique. Au moins au début, les gens accueillent chaleureusement les exilés, espérant que le nouveau système répondra à leurs besoins.
Mais rapidement apparaissent un certain nombre d'éléments imprévus qui retarderont l'instauration de la démocratie. Le nouveau gouvernement ne pourra organiser d'élections tant que les partis politiques ne seront pas structurés et le système électoral en place. Et il ne pourra pas non plus mener à bien sa mission si les médias étatisés ne sont pas privatisés et les institutions créées par le Parti Communiste démantelées.
Les Etats-Unis, grâce à ses substituts à Miami, veilleront à ce que les partis proaméricains soient largement subventionnés et bénéficient d'une couverture médiatique massive. Si les Cubains qui refusent ce nouveau système se mettent à manifester, a fortiori prennent les armes, le nouveau régime démocratique sera contraint de les réprimer. Les partis politiques proaméricains créent des milices pour protéger leurs intérêts, comme cela a été le cas avant 1959. Les Etats-Unis envoient des sous-traitants privés armés, des conseillers militaires et/ou des troupes, selon les besoins. Le nouveau gouvernement n'organisera pas d'élections tant que subsistera l'agitation.
Même les diplomates US reconnaissent que le Parti Communiste Cubain jouit d'un soutien populaire considérable. Les communistes cubains, contrairement à beaucoup de leurs camarades du bloc soviétique, s'appuient toujours sur l'idéologie marxiste et gardent une capacité à mobiliser les gens ordinaires.
L'armée cubaine s'est probablement réservé des caches d'armes pour mener la guérilla. Mais même si l'insurrection armée et un soulèvement de masse ne se produisent pas, le nouveau régime devra faire face à d'énormes problèmes.
Jusqu'à présent, Cuba avait échappé au fléau que représentent l'héroïne et la cocaïne qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans toute l'Amérique Latine. Le gouvernement cubain a pris des mesures drastiques pour tenir à l'écart les cartels de drogue internationaux.
Mais Cuba occupe une situation géographique idéale pour servir de plaque tournante aux gros trafiquants de drogue, sans parler qu'il s'agirait là d'un nouveau marché très lucratif.
Les Cubains de Miami ne seront pas les seuls à monter dans les premiers avions à destination de la Havane. Les Mexicains, les Colombiens et d'autres barons de la drogue y expédieront des kilos de drogue ainsi que de l'argent. L'ancienne mafia new-yorkaise cherchera aussi à revenir sur le devant de la scène pour prendre le contrôle de la drogue, des jeux et des réseaux de prostitution. Mais ils ne sont plus dans le coup depuis 50 ans et donc les gros trafiquants de Colombie et du Mexique peuvent tout naturellement prétendre à la préséance. Quelques guerres des gangs violentes devraient venir à bout du problème. Il a fallu dix ans d'affrontements sanglants en Russie dans les années 90 pour que seuls quelques gangs en sortent victorieux.
Mais les nouveaux démocrates et les responsables de la lutte contre la drogue ne vont-ils point empêcher l'installation de la mafia?
Les Etats-Unis ont des intérêts contradictoires à ce propos. Le trafic de drogue est une source d'argent idéale pour les partis politiques proaméricains et leurs milices armées.
Certains parmi les élites de Miami sont déjà habitués à travailler avec les barons de la drogue. En règle générale, les Etats-unis ne verraient pas d'un bon œil que des gros trafiquants de drogue s'emparent de nouveaux marchés et partagent le pouvoir politique. Mais si ces mêmes trafiquants soutiennent les partis politiques proaméricains, ils deviennent un mal nécessaire.
C'est ainsi que les Etats-Unis fonctionnaient à l'époque de Batista où certains membres de son cabinet étaient directement impliqués dans le trafic de drogue.
Après l'invasion de l'Afghanistan en 2001, les Etats-Unis n'ont pas hésité à collaborer avec les trafiquants de drogue qui faisaient partie du cabinet du gouvernement d'Hamid Karzai.
L'île de Cuba fraîchement démocratisée et privatisée serait également confrontée à des choix difficiles concernant la gestion des nombreux services sociaux du pays.
Le gouvernement cubain fait d'énormes efforts actuellement pour former des médecins – dont la préparation comprend non seulement l'acquisition de compétences en matière médicale mais également l'impératif de venir en aide aux gens ordinaires. Après l'obtention de leur diplôme, ils passent deux ans au service des communautés les plus démunies.
Les hôpitaux et les cliniques publics offrent les seuls emplois nouveaux dans le secteur médical. Les infrastructures hospitalières ont, certes, besoin d'être améliorées. L'embargo des Etats-Unis et les erreurs du gouvernement cubain ont dégradé certains pans du système. Le pays a besoin d'équipement et de bâtiments neufs.
Après l'effondrement du socialisme, les chaînes d'hôpitaux des Etats-Unis pourraient créer des filiales à Cuba avec des installations modernes. Ils attireraient également les meilleurs praticiens en leur offrant de meilleurs salaires. Certains médecins cubains ouvriraient aussi des cabinets privés lucratifs.
Le gouvernement pourrait continuer à financer les hôpitaux publics, mais combien de temps faudra-t-il pour que les meilleurs médecins partent vers le secteur privé, laissant aux pauvres les soins au rabais? Et combien de temps faudra-t-il pour que le gouvernement pris à la gorge réduise les coûts des soins de santé pour équilibrer le budget? La qualité et la gratuité des soins ne seraient plus qu'un lointain souvenir.
Pas besoin d'émettre des hypothèses sur un tel scénario. Le système de santé en Russie a subi un arrêt cardiaque quand Boris Eltsine a pris le pouvoir en 1991. En partie à cause d'un système de soins déplorable, l'espérance de vie en Russie est en baisse depuis le début des années 1990.
Dans une certaine mesure, le débat sur Cuba balaie l'échiquier politique des partis traditionnels. Ces dernières années, les Républicains conservateurs et les Démocrates modérés se sont entendus pour maintenir le statu quo à Cuba. Une large majorité des Républicains et des Démocrates ont voté à la fois pour la loi Torricelli de 1994 et pour la loi Helms-Burton de 1996. George Bush Jr. a renforcé l'embargo une fois de plus in 2004 avec le soutien des deux grands partis avec des élus comme les sénateurs John McCain et Hillary Clinton.
Quand le président Bill Clinton était en fonctions, beaucoup de progressistes avaient espéré qu'il lèverait partiellement l'embargo au cours de son second mandat une fois qu'il n'aurait plus à craindre les pressions politiques pour sa réélection. Il a levé l'embargo de façon non officielle en ne sanctionnant pas les Américains qui se rendaient à Cuba. Il avait également permis à des artistes et musiciens cubains de se produire aux US. Mais à part à ça, il a poursuivi la même politique inflexible contre Cuba que les autres gouvernements.
Au cours de sa campagne pour les primaires en 2008, la sénatrice Hillary Clinton avait choisi une ligne dure et implacable contre Cuba. Allant à la pêche aux voix des ultraconservateurs de Miami, elle avait déclaré qu'elle laisserait en place les restrictions décidées par Bush. Sa position vis-à-vis de Cuba était identique à celle de John McCain. Le sénateur Barack Obama n'était pas d'accord avec Bush sur certaines mesures à l'encontre de Cuba. Il s'était opposé aux restrictions de 2004, reflétant l'opinion de nombreux démocrates américano-cubains en Floride. Il a voté contre le financement de TV-Marti, disant que c'était du gaspillage d'argent public.
La sénatrice Hillary Clinton avait voté en faveur de ce projet de loi. Mais les différences avec Obama ne sont apparues que progressivement. Il a fait campagne à Miami en tenant des propos d'un anticommunisme virulent.

"Depuis que je suis né, il n'y a eu que des injustices à Cuba. Jamais, depuis ma naissance, le peuple cubain n'a connu la liberté. C'est le terrible et dramatique statu quo que nous connaissons depuis un demi siècle – d'élections qui sont tout sauf justes et libres; de dissidents enfermés dans les cellules sombres de prisons pour avoir commis le crime de dire la vérité. Je ne tolèrerai pas cette injustice, vous ne tolèrerez pas cette injustice, et tous ensemble nous agirons pour la liberté à Cuba".

Paradoxalement, certains dirigeants conservateurs du parti républicain – pas de ceux qui faisaient campagne pour les présidentielles – semblaient plus conciliants.
La sénatrice Kay Bailey Hutchinson, une républicaine conservatrice du Texas a déclaré:

"Cela fait un moment que je me dis qu'il faut que nous réfléchissions à une autre stratégie vis-à-vis de Cuba, à savoir davantage permettre les échanges commerciaux, en particulier pour les denrées alimentaires, surtout si nous pouvons offrir au gens davantage de contacts avec le monde extérieur, si nous pouvons construire un système économique qui permettrait aux gens de lutter contre la dictature. Je pense que c'est une chose à laquelle nous aurions dû réfléchir il y a déjà un certain temps, franchement".

Hutchinson reflétait l'opinion de beaucoup d'élus d'états agricoles.
L'agrobusiness pourrait engranger des profits supplémentaires si les US levaient l'embargo sur les échanges commerciaux.

Ce sont les Noirs qui souffriraient le plus de la transition à Cuba. Cette nouvelle élite blanche de Miami aurait peu d'égards pour eux. S'ils étaient privés de la couverture santé universelle, de l'instruction, des moyens de transport et des autres programmes subventionnés, la situation économique des Noirs de Cuba serait plus dramatique que celles des Blancs.
Même si vous ne croyez pas à tout ce que j'ai évoqué ci-dessus, beaucoup de Cubains le croient. La perspective qu'une élite proaméricaine venue de Miami dirige Cuba les terrifie.

L'avenir des relations USA-Cuba commence à Washington.

La décision d'un changement dans les relations entre les USA et Cuba dépendra de l'évolution politique à Washington, pas à la Havane. Les administrations futures pourraient bien décréter qu'il y a eu à Cuba des changements importants et prendre donc l'initiative de négociations. Elles seraient probablement contestées par le lobby cubain et les anticommunistes acharnés du département d'Etat et des agences de sécurité.
D'un autre côté, un nombre croissant d'élus, de chefs d'entreprises et de militants de base sont en faveur d'un dégel dans les relations avec Cuba. La question est: ceux qui contestent la politique des Etats-Unis pourront-ils atteindre la masse critique?
Etant donné la dynamique de Washington, il semble peu probable qu'un président quel qu'il soit prendra l'initiative de changer de politique vis-à-vis de Cuba. La pression pour le changement devra s'insinuer peu à peu depuis la base jusqu'à la Chambre des Représentants, au Sénat et finalement à la Maison Blanche.

La pression pour le changement de politique

En septembre 2003, la Chambre des Représentants votait par 227 voix contre 188 la levée de l'interdiction de se rendre à Cuba pour les Américains, et un mois plus tard, le Sénat faisait de même par 59 voix contre 38. Ces majorités étaient constituées d'élus d'états agricoles, de progressistes et de Républicains ''libéraux'' qui s'opposent à des sanctions unilatérales. Sous la menace de se voir opposer un veto par le président Bush, le Congrès, cependant, avait renoncé à ce projet de loi. Parmi les détracteurs de la politique américaine, il y avait des progressistes comme les députés Barbara Lee (Démocrate-Californie) et Charles Rangel (D-New York) mais également des conservateurs comme le député Jeff Flake (Républicain-Floride) et le sénateur Pat Roberts (R-Kansas).
Philip Peters, ancien haut responsable du département d'état et qui enseigne actuellement au Lexington Institute à Washington, m'a expliqué que les Républicains de la Chambre des Représentants jouaient un rôle très important sur tous les votes concernant Cuba.
Il les divisait en trois catégories. "Environ un tiers vote pour la levée des sanctions. Un tiers y est totalement opposé. Et le dernier tiers vote pour le maintien des sanctions, et cela, contre leurs convictions personnelles. Ce sont ces mêmes élus qui sont favorables aux échanges commerciaux avec la Chine et le Vietnam.
Et ce tiers là et leurs homologues démocrates font l'objet d'un lobbying intensif. Par exemple, le lobby "U.S.-Cuba Democracy PAC", financé par de riches américano-cubains du comté de Dade en Floride, a versé 446.500 dollars aux membres du Congrès en 2006-2007, dont 1000 dollars pour chaque membre du Congrès nouvellement élu.
Le député Denny Rehberg (R; Montana) soutenait un allègement de l'embargo dans le but d'aider les exportations agricoles de son état. Mais il a changé de camp et reçu 10500 dollars de dons de campagne de la part du Pac.
Mais ces groupes sont de plus en plus déconnectés de la communauté américano-cubaine.
D'après un sondage d'opinion effectué par un institut fiable, 55% des Cubains vivant à Miami sont actuellement contre l'embargo des Etats-Unis à Cuba. Même certains groupes anticommunistes purs et durs reconnaissent maintenant que l'embargo est un fiasco.
Pour que les Etats-Unis décident de changer d'orientation avec Cuba, il faut que plusieurs facteurs soient réunis.
Les leaders de Washington doivent considérer que les réformes économiques de Raul Castro sont importantes. Les chefs d'entreprise des Etats-Unis doivent faire pression sur le Congrès et sur le président pour qu'ils lèvent l'embargo. Et le Lobby Cubain doit essuyer quelques revers politiques.
Le colonel Lawrence Wilkerson, ancien assistant de Colin Powell, dit que les américano-cubains commencent à prendre leurs distances avec les politiques anti-cubaines pures et dures.

"Jusqu'à ce qu'on en arrive à la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Mais cela prendra du temps. Quand nous arriverons à ce que les Américano-cubains aient une opinion différente sur Cuba, il y aura un énorme changement. Soyons honnête, notre politique vis-à-vis de La Havane est ridicule."

Et si les Etats-Unis ne changent pas de politique, m'a dit Robert Muse, avocat et lobbyiste, Cuba peut se permettre d'attendre.

"Nous sommes isolés sur Cuba. Cuba a bien moins besoin d'un rapprochement avec les Etats-Unis qu'il y a une quinzaine d'années". Faire un pied de nez aux Etats-Unis, ajoute-t-il, "donne à Cuba une envergure internationale".

Et donc, la balle est dans le camp des Etats-Unis. Reste la question de savoir si les dirigeants aux Etats-Unis sont disposés à jouer.

Reese Erlich est journaliste free lance et travaille pour la radio et la presse écrite.

Note annexe:

Extraits du compte-rendu sur le livre par Mavis Anderson

Erlich, dans son livre, ne décrit pas Cuba comme un paradis mais, au contraire, montre les véritables problèmes et les enjeux au sein du système à Cuba.
Ainsi, s'il est certes vrai que certains Cubains quittent l'île, en très grande partie pour des raisons économiques, le plupart des Cubains préfèrent y rester et chercher des solutions en s'appuyant sur le modèle socialiste.
Pour comprendre les réalités actuelles, Erlich fait appel aux événements historiques, opposant les versions radicalement opposées qu'étudient les Cubains et les Américains.
Il explique qu'on enseigne aux élèves américains que les Etats-Unis ont libéré Cuba du joug des Espagnols en 1898; Les Cubains apprennent qu'une forme de domination coloniale en a remplacé une autre.
Toutefois, les choses sont en train de changer au sein même de la communauté cubaine, principalement installée en Floride.
Erlich, revenant notamment sur l'invasion de la Baie des Cochons, dit que certains vétérans américano-cubains qui y avaient participé à l'époque, et avaient passé un certain temps en prison à Cuba, ainsi que de nombreux américano-cubains d'un certain âge qui, tout jeunes, ont émigré aux US, luttent actuellement inlassablement pour la levée de l'embargo à Cuba.
Erlich évoque également la position pure et dure des Cubains qui ont immigré aux US avant 1980 et qui ont constitué un lobby puissant.
Or, les choses ont changé et un sondage effectué en 2007 montre que 64% de la communauté cubaine s'opposaient aux mesures de Bush de 2004 en ce qui concerne les voyages à Cuba et l'envoi d'argent.
Un américano cubain explique, par exemple, que la communauté cubaine votera plus librement selon ses convictions quand elle sera débarrassée du "grandmother factor," qui impliquait que les jeunes générations devaient voter comme leurs aïeuls.
D'autre part, le lobby cubain (anticastriste et anti-communiste, donc), semble perdre de son influence. Obama a remporté l'état de Floride sans avoir eu besoin de solliciter les voix de la communauté.
Erlich, qui milite pour un rapprochement US-Cuba, poursuit en disant qu'une nouvelle politique vis-à-vis de Cuba aurait un impact sur toute l'Amérique Latine.
Dans le dernier chapitre Erlich soulève les questions les plus épineuses, dont le fait que Cuba soit sur la liste des états qui viennent en aide aux terroristes, ou la base navale de Guantanamo, la position des US sur les réformes mises en place petit à petit par Raul Castro, etc.
D'autres questions surgissent : le sort des "dissidents" cubains, celui des 5 de Cuba, etc.
Erlich, faisant remarquer les efforts de Raul Castro vis-à-vis des US, attend d'Obama les mêmes efforts.

Note perso

Je précise que je n'ai pas lu ce livre, mais que certaines des questions posées méritent réflexion.
A un moment où le système capitaliste montre au grand jour ses véritables desseins, malgré les rodomontades ridicules des leaders du G20, on peut se demander quel avenir s'ouvre devant nous, occidentaux condamnés à une régression historique, voire à une répression mondiale, et quel avenir sera réservé après les Castro à Cuba, qui tente, malgré les coups de boutoir et la propagande négationniste qu'il subit, de chercher une autre voie, politique, sociale et environnementale.
ITNA? ... Is there no alternative?