Cachez moi cette jeunesse que je ne saurais voir
Par emcee le vendredi 17 avril 2009, 23:40 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Sociétés de vieux atrabilaires
Pas besoin d'avoir atteint un âge canonique. C'est la société toute entière
qui les méprise, qui les trouve trop comme ci ou pas assez comme ça, et qui se
fait peur.
Mais qui donc? Eh bien, les jeunes, les enfants, les ados, les
pré-adultes.
On a les siens (sa progéniture) qui sont presque parfaits,
évidemment, et puis, il y a cette masse informe, diffuse, bruyante,
indifférente, inculte, menaçante, que sais-je encore.
Alors, soit on les ignore, soit on les regarde de travers, soit on change de
trottoir. Soit on les empêche de se réunir. Nulle part où se poser. Nulle part
où c'est gratuit, s'entend.
Bas d'immeubles, centre commerciaux ou places publiques (vous avez remarqué
qu'il n'y a plus de bancs? Soi-disant parce que les SDF s'y allongent, mais, de
fait, c'est toute la société qu'on exclut; tout ce qui n'est pas marchand n'a
plus droit de cité. Circulez, y a rien à voir!).
L'Ecole, l'université, pareil: seuls ceux qui rentrent dans le moule prédéfini
s'en sortiront. Les autres, eh bien, les autres, ils n'avaient qu'à faire les
efforts. On n'a pas arrêté de leur dire.
Et c'est ce qui s'est passé en Grande Bretagne où le système scolaire et
universitaire impose tests et performances qui vont inscrire les divers
établissements à un tableau de classement où ils sont en concurrence féroce. Et
la jeunesse, dans tout ça?
La quoi?
Tanya Byron, qui signe cet article tiré du Guardian est présidente de l'université d'Edge Hill. Elle est également psychologue spécialiste de l'enfance et de l'adolescence.
"La jeunesse est une calamité "
Les adultes souffrent d"'éphébophobie" – la crainte des jeunes –
explique Tanya Byron, la psychologue et animatrice télé, et ces préjugés
détruisent actuellement les chances de toute une génération.
"Nous sommes aujourd'hui en pleine décadence. Les jeunes ne respectent plus leurs parents. Ils sont grossiers et impatients. Ils ont souvent élu domicile dans des tavernes et ne savent plus se contrôler".
Ces paroles, qui expriment la condamnation actuelle bien trop courante des
jeunes, étaient en fait gravées sur une tombe égyptienne qui date de 6000 ans.
Plus tard au 4°S avant JC, Platon avait dit:
" Mais qu'arrive-t-il à notre jeunesse? Ils n'ont plus de respect pour les anciens, ils désobéissent à leurs parents. Ils méprisent la loi. Ils créent des émeutes dans les rues, enflammés par des idées insensées. Leurs moeurs se délitent. Que va-t-il advenir d'eux?"
Et puis, quelques centaines d'années plus tard, en 1274, Pierre l'Hermite
s'est joint au chœur.
"Les jeunes d'aujourd'hui ne pensent qu'à eux. Ils n'ont aucun respect pour leurs parents ou pour le grand âge. Ils ne supportent aucune contrainte. Quant aux filles, elle sont directes, immodestes, arrogantes, peu féminines, que ce soit en paroles, dans leur comportement ou leur tenue".
Ces citations illustrent ce qui, d'après moi, est devenu un phénomène qui a
de tous temps été cultivé et qui est culturellement destructeur:
l''éphébophobie".
Mais aujourd'hui, ce problème est encore plus grave.
Nous vivons dans une société où nous répugnons de plus en plus à prendre des
risques, et où le comportement de beaucoup d'enfants est bridé. Nous les
élevons et les éduquons en "captivité" du fait de nos angoisses. Nous sommes
toujours extrêmement vigilants parce que nos angoisses sont entretenues par des
histoires et des images de crimes violents et agressifs. Et ensuite, nous
accusons les enfants d'être des perturbateurs ou des ratés parce qu'en tant que
société, nous oublions souvent de reconnaître leur potentiel.
Même les jeunes enfants sont actuellement victimes de notre culture
d'éphébophobie, les instits étant, semble-t-il, incapables de gérer les
hooligans de maternelle, la pédophobie est née.
En tant que mère et spécialiste de la psychologie de l'enfance et de
l'adolescence, je suis très inquiète pour la jeunesse actuelle, dont on a peur
à cause des agissements d'une minorité – violente, agressive et antisociale.
Une population qui a toujours existé. Nous sommes tellement convaincus que la
jeunesse est une calamité que nous avons inventé le *Mosquito, un
dispositif qu'eux seuls peuvent entendre, et conçu pour les faire fuir.
L'image déformée que nous avons des jeunes suscite une prophétie qui finit par
se réaliser: pourquoi se fatiguer à chercher à bien faire si on vous dit que
vous êtes nul? Pourquoi chercher à faire des efforts si le fait même que vous
existiez est considéré comme une calamité?
Je ne cherche pas à nier qu'il y a des enfants et des adolescents véritablement
destructeurs, et il en est de même pour les adultes. Ce sont en majorité ceux
qui sont démunis, et qui sont tourmentés et agressifs. On fait tout pour qu'ils
se sentent minables et donc, ils deviennent destructeurs. Ils sont terriblement
vulnérables.
Cependant, il y a beaucoup de jeunes qui veulent s'en sortir dans la vie mais
ils en sont empêchés en de multiples occasions et finissent par laisser tomber.
Ils sont barrés par un système éducatif qui réduit la définition de la réussite
parce qu'il est bâti sur des objectifs et des tests de connaissances, et qu'il
est encadré par les enseignants à qui on a interdit toute créativité et toute
liberté pédagogique.
Barrés par un système universitaire essentiellement basé sur des notions de
compétences théoriques étroitement délimitées et élitistes. Barrés par une
société qui pratique la discrimination contre les jeunes et qui réduit ainsi la
participation des générations montantes dans le développement du paysage social
et culturel.
Comment pouvons-nous renverser la tendance?
Dès la maternelle, les enfants sont affublés d'une étiquette négative et
souvent cette étiquette leur collera à la peau pendant longtemps. Nous avons
trop souvent tendance à oublier que les enfants se comportent mal parce qu'ils
luttent dans un contexte d'apprentissage. L'école doit davantage coopérer avec
des spécialistes de la psychologie de l'enfance, qui peuvent aider les
enseignants à comprendre et à gérer les besoins des enfants qu'ils considèrent
comme "difficiles".
Cette culture d'objectifs et d'évaluations constantes met une pression énorme
sur les enseignants qui doivent gérer des classes chargées avec des enfants aux
compétences variées et une grande diversité de besoins. Ce système crée une
mentalité de troupeau. Les petits garçons en particulier semblent avoir du mal
avec ce système d'évaluations notées dans diverses disciplines.
En consultation, je vois souvent des enfants qui ont des problèmes
d'intégration sensorielle (souvent appelés à tort TDA/H ou trouble du
déficit de l'attention/hyperactivité).
Ces enfants peuvent bien s'en sortir dans le cadre de cours de soutien
individuels. L'ergothérapie pédiatrique a obtenu de bons résultats avec ces
enfants, comme l'approche comportementale en milieu scolaire et milieu
familial, étayée par une analyse des points forts et des besoins de l'enfant.
Hélas, beaucoup de ces enfants, essentiellement des garçons, noyés dans des
classes surchargées, adoptent une posture de façade pour masquer leurs
difficultés, devenant les pitres, voire pire, de la classe.
L'Ecole a besoin de moyens pour revenir à l'individualisation de
l'enseignement. Il faut que nous ayons le courage d'aborder le développement de
l'enfant dans l'optique de la différence et non pas de la similitude.
Les résultats en termes de tests et de tableau de classement des écoles ne
s'avèrent être qu'une politique de masse d'évaluation des connaissances, qui
refuse de faire porter l'attention sur l'enfant en tant qu'individu.
Les enfants décrétés en échec scolaire au primaire et au secondaire n'ont aucun
espoir de poursuivre des études supérieures, étant donné la façon restrictive
et pratiquement élitiste que nous avons d'évaluer leurs connaissances.
A Edge Hill University, dont je suis la présidente, nous tenons compte à la
fois des efforts individuels et des performances universitaires, et cela permet
à beaucoup d'étudiants d'élargir leurs horizons personnels et
universitaires.
Nos programmes de cours accélérés permettent chaque année, sans aucun frais
supplémentaire, à 500 étudiants de tous âges qui n'ont pas de diplômes de fin
d'études secondaires de réaliser leur potentiel. Les critères de sélection pour
ces cours exceptionnels de remise à niveau sont le potentiel et la motivation
individuels, donnant ainsi la possibilité de débouchés professionnels à ces
personnes pour qui les portes auraient été normalement fermées.
A Edge Hill, nous nous efforçons de considérer que les jeunes qui sont sur la
défensive, en situation d'échec et parfois hostiles sont ceux qui ont le plus
besoin d'aide (à ne pas passer aux profits et pertes) et nous découvrons ainsi
des jeunes gens fantastiques.
Ce que je voudrais c'est que ces universités qui "protègent" leur réputation
avec des critères d'évaluation élitistes et restreints et qui s'appuient sur la
réussite dans son sens traditionaliste, commencent à s'intéresser davantage aux
critères de réussite qui concernent la personne toute entière et non pas
seulement ses résultats.
Beaucoup d'universités n'ont pas une population estudiantine très diversifiée
et se privent ainsi de jeunes gens qui apportent leur vécu différent aux autres
étudiants. Si l'école primaire n'a pas su répondre aux besoins des élèves plus
difficiles, beaucoup de ces jeunes gens ont abandonné l'idée de faire des
études supérieures avant même d'arriver dans le secondaire.
Nous sommes une société éphébophobe et nous devrions avoir honte.
…………………………………………………………………………………………………
NB: Comme mon billet sur les universités n'a pas intéressé grand monde,
j'en remets une couche. Et tant pis si celui-ci n'intéresse pas plus. Cela
prouvera la véracité du propos.
La jeunesse, on s'en bat l'œil.'
Quelques remarques
Système
éducatif britannique
En gros, ces dernières années, la réforme a consisté à faire subir aux élèves
un certain nombre de tests, deux au primaire, puis un à l'âge de 11 ans (en 6°;
5°) et à 13-14 ans, sorte de répétition générale du GCSE
(comme un bac général comportant 8 matières et plus qu'ils passent à 14-15
ans).
Les deux années suivantes, c'est la préparation aux "Advanced levels",
qui sont des examens portant sur trois matières minimum et qui servent de
passeport à l'entrée à l'université. Des résultats de chaque A' level
dépendront les admissions dans les universités, dont les toujours exclusives
Oxford et Cambridge.
La nouveauté, ce sont les tests antérieurs au GCSE et aux A'levels.
Ces tests sont élaborés nationalement selon un programme précis et portent sur
l'anglais, les maths et les sciences. Les tests ne sont pas corrigés
par les professeurs des classes concernées, mais sont envoyés dans un centre
pour y être corrigés.
Ce système qui fait uniquement appel à des connaissances académiques ne sert
pas aux enseignants pour évaluer leur classe en contexte, mais a pour but de
classer les établissements - et les profs, évidemment - selon leur taux de
réussite ou d'échec.
Si bien que les enseignants sont contraints de faire du bachotage intensif avec
leurs élèves et donc de négliger tout le reste, dont les disciplines qui
demandent analyse, réflexion et ouverture sur le monde.
Un système complètement anti-pédagogique basé sur la culture du résultat et du
par cœur.
Très décriés par les enseignants depuis le début, ces tests avaient pour
objectif de créer des évaluations nationales, mais néo-libéralisme quand tu
nous tiens, ils sont devenus un moyen de trier les bonnes écoles et les
mauvaises sur des critères fallacieux, drainant les bons élèves vers les
meilleures écoles, et de donner au privé (qu'il soit confessionnel ou marchand)
les plus rentables. Et quand je dis "donner", c'est donner".
Finalement, parents et profs étant très mécontents de ces tests stupides, celui
de la tranche des 14 ans a été supprimé en octobre dernier.
Quant aux autres, ils sont peut-être sur le point de passer à la trappe
aussi.
Mais ça tiraille sec entre les deux principaux syndicats.
Pour vous la faire brève: un des syndicats demande la suppression des tests (et
préconise le boycott des épreuves) et l'autre est contre (menaçant de faire
grève), disant que les devoirs devront désormais être corrigés par les profs
eux-mêmes, ce qui leur donnera un surcroît de travail non rémunéré.
Aux dernières nouvelles, alors que la suppression des tests de la tranche des
11 ans était pratiquement dans la poche, les syndicats exigeaient brusquement
dans le package 10% d'augmentation de salaire… Enfin, un truc comme ça.
Une embrouille qui ne doit pas arranger les négociations avec le ministre de
l'éducation.
Evidemment, l'opinion publique est remontée car, en ces temps où les gens
perdent leur boulot et leur baraque, ça fait légèrement désordre.
Ce qu'ils oublient, c'est que du temps de la prospérité factice, ces mêmes
détracteurs, tout occupés à faire du pognon, à accepter que tout soit payant et
à ne surtout pas remettre en cause le système mis en place par les
Thatcher-Blair, considéraient les profs comme des frileux minables.
Et sont aujourd'hui plus indignés que la plèbe demande une augmentation quand
les milliards ont été distribués aux banquiers et autres spéculateurs et que
certains ont reçu des pactoles à titre individuel.
Bah, le monde tourne, mais c'est toujours la même rengaine en fond
sonore.
Des liens sur la GB et le système éducatif:
Tony, ta jeunesse fout
le camp
Angleterre: ces
chères universités
Universités encore:
Tony Blair: quand la Grande Bretagne se relèvera, elle ne lui dira pas
merci
Blair a privatisé les écoles avec les deniers publics (NB: aujourd'hui, avec la
crise, certaines rendent leur tablier; profits privés, déficits
publics, comme d'hab, hein?):
"Education : Tony Blair donne l’Ecole à des sponsors sans foi ni
loi".
Donc, on le constate, côté éducation, c'est la Bérézina, surtout, évidemment
pour tous ceux qui restent au bord du chemin, sans perspective d'avenir.
Et cela risque de ne pas s'arranger de sitôt avec la récession grave qui a
frappé la GB de plein fouet.
Mais, pas de triomphalisme béat! Ici, en France, si l'échec du système éducatif
tel qu'ils nous le préparent depuis des années n'est pas encore évident, c'est
que: 1) les suppressions de postes d'enseignants, et de personnels
non-enseignants ne se sont pas encore fait sentir complètement 2) les
programmes sont changés successivement et subrepticement, par matière - et pas
en bloc, question d'éviter un mouvement de masse 3) il reste encore un peu de
résistance pour freiner le désastre final.
La marchandisation de l'école, l'organisation des établissements par des
gestionnaires (et non plus des anciens enseignants) qui font tourner leur bahut
avec une enveloppe budgétaire globale et qui décident de la viabilité des
"projets pédagogiques", etc. tout cela va automatiquement créer des clivages
énormes entre les élèves. Et ce ne sont pas les mascarades de soutien qui
combleront les vides.
Quant au bac, tôt ou tard, il tombera de lui-même et fera place à des épreuves
du genre tests de connaissances dans les disciplines basiques (celles qui
permettent de lire, écrire et compter et pas de réfléchir pour que le vulgus
pecum serve de brave petit soldat au patronat local).
Voilà.
Mais je m'égare.
Tout cela pour dire qu'avec des salauds pareils, la jeunesse a du mouron à se
faire.
Parce que ces gens-là sont prêts à sacrifier toute une génération simplement
pour leur propre jouissance.

Donc, pas d'instruction, pas de sous, pas de structures pour les accueillir,
que peuvent faire ces jeunes? Rien, traîner, quoi. Ou des bêtises, voire
commettre des délits,
boire , se droguer, se poignarder, enfin des tas de trucs pas très
enrichissants.
Alors, évidemment, à traîner dans les rues, ils dérangent et ils font peur en
bloc. Le minable que nous avons récolté à l'Elysée a interdit les regroupements
en bas des immeubles. Quelle imbécillité. C'est comme quand il est allé à la
réunion de syndic de la belle doche. Ce n'est pas à lui de s'occuper de cela.
C'est aux collectivités locales de régler les problèmes au cas par cas – et de
chercher des solutions bien moins débiles
En plus, c'est totalement inefficace.
Mais ce n'est pas l'efficacité qui est recherchée: c'est la stigmatisation. La
racaille qui fait peur, la racaille en cagoule, la racaille qui rôde, prête à
bondir.
La France a peur.
Dans l'article du Guardian, certains jeunes témoignent, disant, par exemple,
"quand on monte dans un bus, on voit à la tête des gens qu'ils se disent
'allez, on ne va plus être tranquilles, maintenant'".
La Grande Bretagne est d'ailleurs en pointe sur les mesures pour écarter les
jeunes désoeuvrés.
C'est en GB qu'est né le Mosquito (ou Beethoven):
Créé par un inventeur du Pays de Galles, Howard Stapleton, le Mosquito émet un
son de plus de 16 000 hertz, que les humains ne peuvent entendre qu'entre 13 et
25 ans.
«C'est dommage d'ajouter encore plus de bruit dans l'environnement, mais que pouvons-nous faire d'autre", a déclaré M. Stapleton. "Ça ne fait pas mal, mais c'est tellement agaçant qu'ils n'ont pas d'autre choix que de s'éloigner, ce qui permet aux clients de revenir dans les commerces. Les gens peuvent retrouver la vie paisible qu'ils méritent et pour laquelle ils ont payé.»
Eh oui, les commerçants et les clients, c'est sacré, pas les jeunes.
Mais certains commerçants et riverains se seraient plaints de maux de
tête.
Argh, rien n'est parfait.
Alors, aujourd'hui, ils ont imaginé autre chose:
Contre les attroupements d'ados, des lampes roses qui font ressortir
l'acné
Le capitalisme est donc prêt à tout pour préserver ses prérogatives et
maintenir les populations dans un état de servitude en les traitant comme des
irresponsables et en leur désignant des boucs émissaires.
Cette volonté de stigmatisation est caractéristique dans le film "La
jupe", où les personnages, des profs et des élèves dans un lycée de
quartier "sensible", et les dialogues sont caricaturés à outrance.
C'est tellement clair que le débat, qui aurait dû porter sur l'école et les
solutions qu'on devrait apporter à ce phénomène, a été plombé par les
hystériques anti-arabes (et autres basanés).
Ces idiots utiles qui écument les blogs de gauche pour empêcher le débat et
qui, par leur bêtise crasse, vont nous conduire tout droit au fascisme.
Et ça fait vraiment peur.
Voir ici
Et puis: Etudiants en France
Commentaires
je hais les jeunes ...
moins que leurs parents , toutefois ...
parceque ce sont leurs parents qui sont à l'origine de ça : http://www.nietweb.com/blog.php
non , plus sérieusement, au delà des problémes sociaux et economiques , j'ai comme l'impression d'une castration des capacités de révolte de la jeunesse ... dont l'origine serait dans le rapport perverti à l'enfant, à sa place ...
passer du stade du nourrisson avec ce qu'il a de strictement alimentaire ( je pique ma colére si j'ai pas mon biberon quand j'ai envie ) à l'expulsion dans le monde , à l'age adulte, dans ce monde de m**** , sans apprentissage autre que celui de la tétine/CB de papa-maman ...
L'impression d'une jeunesse qu'on a privé de sa capacité de révolte , pour n'en faire qu'un ramassis de chiards limités à des fonctions alimentaires ... putain de violence ...
Bravo!
Très intéressant article de Tanya Byron.
Son constat est parfaitement juste comme l'est ce que tu as ajouté.
Évidemment en Italie l'état s'acharne aussi contre l'école, mêmes fins, mêmes moyens
Et après une consciencieuse discrimination vient la répression.
Pas facile d'être un ado aujourd'hui!
Salut, Céleste,
En effet, la jeunesse européenne est à l'image de la jeunesse française. Et vice versa. La société de consommation a produit des monstres d'égoïsme. Des individualistes forcenés et continue de mettre la pression sur les jeunes pour éviter toute rebellion.
Bonjour,Monsieur Raoul,
D'abord, j'aime beaucoup votre site. Même très beaucoup.
J'ai pris le temps de lire ce que vous avez écrit et les commentaires. Très intéressant, mais évidemment, je ne suis pas du tout d'accord. Et il y a beaucoup à dire...
Ce ne sont pas les jeunes (je parle toujours des ados et pré-adultes) qui ont inventé cette société de consommation à outrance, avec tous ces gadgets illusoires qui les enferment dans un monde à part.
Cela dure depuis les années 80 (où ils n'étaient pas nés), les Golden Boys, le capitalisme triomphant, la propagande éhontée pour le système, la seule voie, d'après eux, les marques qu'il fallait absolument avoir, le besoin qui avait été créé d'avoir toujours plus, les chambres d'ados aménagées pour eux qui sont devenues des cellules d'isolement par le fait même des adultes, contents de s'en débarrasser, les adultes qui leur ont pris leurs fringues, leur façon de parler (et, donc de se reconnaître), et qui ont opté pour l'éternelle jeunesse (liftings, becs de canard et autres "bisous").
Ces adultes qui ont acheté leur tranquillité à coups de biens marchands.
Et ces adultes pseudo contestataires qui ont érigé mai 68 au rang de "révolution", qui n'ont plus évolué depuis, rabâchant encore les mêmes poncifs vidés de sens et hors contexte, et qui oublient que rien n'a vraiment changé après, que les bourgeois "révolutionnaires" ont trouvé des postes importants et que les fils d'ouvriers ont pris le chemin de l'usine.
Ces mêmes adultes qui ont laissé sans états d'âme se détériorer la planète au point que c'est devenu une poubelle infâme. Et qui se sont laissé convaincre que l'eau, l'air et la terre appartenaient à une poignée de profiteurs. Qui acceptent sans sourciller les diktats de la loi du marché, de se laisser ficher et qui regardent, avec satisfaction ou indifférence, d'autres êtres humains partir dans des centres de rétention ou des charters..
Et toujours les mêmes qui, quand ces jeunes se révoltent enfin, les vouent aux gémonies.
Je ne parle même pas de la droite, mais de tous ceux (dont je suis) qui battent le pavé à intervalles réguliers, croyant encore et toujours faire avancer les choses, mais qui s'indignent si des jeunes expriment leur colère plus violemment.
Combien d'adultes ont approuvé la révolte des quartiers? Très peu. Pourtant, le motif de la révolte était bien réel. Mais non, is n'ont pas été soutenus, il y a même eu consensus autour de ce président retors qui a fait appel à la cavalerie. Et toute la gauche, pratiquement, était derrière. "Ce n'est pas comme cela qu'il faut faire". Ah, oui? on fait comme vous, alors, vous qui perdez tous les acquis les uns après les autres?
Combien de parents et autres soutiennent les actions des lycéens? Pareil, très peu. Les gens disent : passez vos examens d'abord et après vous verrez. Verrez quoi? Rien. Ou plutôt si: de nouvelles dégradations. Sans parler de ceux qui sont contents de les voir se faire tabasser par la police.
Et quelle image peuvent-ils avoir des syndicats, des partis politiques et autres prêcheurs conventionnels?
Qui peut les faire rêver?
Alors, s'ils sont dégoûtés et qu'ils se baladent avec leur Ipod ou leur portable à l'oreille, je ne vois pas de quel droit je pourrais les en blâmer.
Quant à Guevara, ils sont loin d'être les seuls à s'en prévaloir sans avoir jamais eu l'intention de suivre ses traces.
Les Guevara, en France, je n'en vois aucun, de quelque génération qu'il-elle soit. Mais je peux me tromper.
Voilà ce que je dirais et bien plus sur la nouvelle génération: elle a été formatée par ceux-là même qui leur ont rempli le frigo de victuailles et la chambre de gadgets tout en les traitant de parasites.
Hallucinante histoire des lampes roses ! Allez les jeunes, qu'attendez-vous pour inventer les lampes à faire ressortir les rides, ou à noircir les varisses !
Sinon, remarquable histoire du slogan "la jeunesse fout le camp". Bravo !
@ emcee, si j'arrive à faire un post moitié ausssi long que les tiens, (billets non-compris...!), ce sera déjà pas mal,
,bon allez j'm'y
colle...!
Je n'sais pas trop qui sont ces jeunes, dont tu parles, alcoolisés à mort, même les filles.. et pourquoi ne seraient-elles pas aussi "desperate", que les jeunes mâles arrogants, ...la différence sexuée n'est plus très efficace à ce niveau là..!
Le seul défaut des jeunes, c'est d'être jeune, pour le reste, on ne peut pas leur reprocher grand-chose, sinon d'être belles ou beaux, selon le genre et là,.. c'est trop..!
Le docteur Faust, en son temps, a bien essayé, d'y échapper, bien sur sans succès, ce serait pas drôle non plus...! Mais bon, avec ou sans lampes roses, shootés à mort, les jeunes sont encore jeunes, ....pas pour longtemps, sans doute, mais le temps qui reste est encore assez long pour faire la nique aux vieux...babas ou pas...!!
La jeunesse, même massacrée,... c'est encore la jeunesse, loin des liftings, des récup de bobos, c'est la chair palpitante, mais ferme...le regard noyé de brume, mais prêt à repartir..., comme un cahier vierge, sur lequel on n'aurait jeté que des ébauches..!
Alors jeunesse désespérée, oui, peut-être, mais prête à vous tailler en pièces, sans avoir eu le temps de limer ses canines, à sucer jusqu'à la möelle, le moindre vieil os de passage..
Jeunesse de papillon, jeunesse de passage, jeunesse de sang et de larmes, bouffeuse de vie... Ou on la laisse passer, ou on on s'en nourrit..., avec amour et respect...!
Y pas si longtemps de cela, je remontais paisible une rue du bled ou je créchais, en Harley et paf ! Un gamin en mob qui à failli m'emplatrer, il était en sens interdit...
Moi "petit con ! " le gamin se barre...
Pas 10 mn plus tard, je ressort de l'épicerie et il était dehors avec 2,3 copains ...
Déguisé en biker j'ai pas spécialement une tronche avenante quand on ne me connait pas, le môme plutôt mal à l'aise, puis il s'aperçoit que je n'ai pas l'air en boule .
- " je suis sur que je vais plus vite que vous avec ma mob " .
avec un sourire à moitié pas sur quand même ...
- Moi "si t'es à moitié aussi givré que je l'étais à ton age, c'est pas impossible" .
Le gamin, vrai sourire et ses pôtes pareil .
2/3 échanges avec eux et je me tire ...
Je peux laisser la moto dans le coin, j'y aurais jamais une rayure ...
ça m'a pas couté cher, je n'ai juste pas oublié ma jeunesse ...
Salut, Merci JP. Pas mal hein? les lumières roses.
Je n'ose m'imaginer quel billet vous pourriez pondre là-dessus l'un ou l'autre sur votre blog d'enfer.
A VA: belle envolée, bravo! Oui, les jeunres, c'est aussi ça. Ca nous fait la nique,question beauté et longévité.
Pour ce qui est de s'alcooliser, il suffit d'être dans les parages d'un pub fréquenté par eux en GB pour en voir une idée précise. C'est hallucinant. Et ce genre de spécialité est arrivé en France: boire jusqu'à en vomir tripes et boyaux.
Yelrah: belle histoire. Et, en effet, ils sont pas sûrs d'eux du tout alors ils font les matamores pour intimider le bourgeois. Si on leur parle normalement, ils sont en général plutôt contents qu'on s'intéresse à eux.