Ces riches qui s'en vont dans leur jet privé faire leur marché en Afrique.
Par emcee le dimanche 12 avril 2009, 11:04 - Continents à la dérive - Lien permanent
Leur marché aux esclaves.
Les "stars" ne savent plus quoi inventer pour mettre du piment dans leur pauvre
vie. Les jets, les châteaux, les fêtes aux quatre coins du monde, ça lasse à la
fin.
Et puis, il faut donner du sang frais à ces magazines sur papier glacé qui les
maintiennent artificiellement au firmament.
Alors, certaines ont découvert les joies de l'adoption du petit bronzé exotique
sauvé des flammes de l'enfer.
C'est le cas de Madonna, qui a fait récemment la une parce que ses beaux plans
d'adoption sont tombés à l'eau par la faute d'un petit juge de la Cour Suprême
du Malawi.
Mais lisez donc l'article et on en cause ensuite: "Madonna without
child"
Par Lola Adesioye.
Publié le 3 avril 2009 par
le Guardian


Les jolis enfants de toutes les couleurs
"Madonna sans enfant"
Hourra au tribunal du Malawi qui a placé les droits de l'enfant adoptable
avant la volonté de satisfaire une célébrité richissime.
Je suis heureuse que le tribunal du Malawi ait dit non à Madonna. Ce bébé est
une personne – un être humain – pas un animal de compagnie. Il y a une vieille
pub qui disait, si je me souviens bien: "un chien, c'est pour la vie, pas
seulement pour le jour de Noël". Il en va de même pour les enfants – bien que,
évidemment, rien ne laisse entendre que Madonna aurait traité l'enfant
différemment.
Cependant, on n'avait pas pu évaluer sur une période entre 18 et 24 mois, comme
le stipule la règlementation sur l'adoption d'enfants, si elle ferait un bon
parent. Heureusement, la cour reconnaît qu'être riche et célèbre n'implique pas
nécessairement qu'on soit un bon parent.
Les accessoires avec lesquels s'affichent les célébrités varient. Il y a eu les
sacs à main de luxe. Puis, les chiens miniatures – qui étaient souvent
transportés dans ces mêmes sacs. Aujourd'hui, ce sont les enfants originaires
d'Afrique.
Si un tribunal du Malawi n'avait pas refusé son adoption à Madonna, Chifundo
"Mercy" James, cette petite fille de quatre ans, aurait été le second enfant
africain dont elle serait devenue la mère. Peut-être s'est–elle lancée dans la
collection d'Africains. Charmant.
Evidemment, Madonna n'est pas la seule à s'adonner à ce "hobby". On connaît,
par exemple, Brad Pitt et Angelina Jolie et leur famille United Colors of
Benetton, composée d'un assortiment d'enfants adoptés dans le monde entier;
d'autres célébrités ont également adopté dans les pays pauvres des enfants qui
ne leur ressemblent pas.
Est-ce qu'ils veulent réellement aider un enfant à avoir une vie meilleure? En
profitant de leur fortune pour aider de pauvres orphelins, font-ils simplement
preuve de nobles sentiments philanthropiques?
Et dans ce cas, pourquoi ne pas adopter un enfant aux Etats-Unis, où environ
150.000 enfants vivent dans des foyers et qui auraient bien besoin d'une
famille accueillante? Etre pauvre et orphelin n'est pas plus enviable aux
Etats-Unis qu'en Afrique, vous savez.
Ce syndrome "Sauvons l'Afrique" n'est pas limité aux adoptions.
C'est la raison pour laquelle Oprah ouvre une école en
Afrique du Sud plutôt qu'aux US, où le système scolaire dans les quartiers
pauvres est en décrépitude totale et met tous les jours en échec des enfants de
couleur.
C'est également la raison pour laquelle d'autres s'intéressent exclusivement au
sida en Afrique alors que les études montrent qu'à Washington, par exemple, le
taux de personnes contaminées par le virus est aussi élevé que dans certains
pays d'Afrique occidentale.
Peut-être bien que les enfants adoptés en Amérique ne sont pas assez "cool" ou
exotiques. Avec un effort d'imagination, je comprends que les amis célèbres de
Madonna ne seraient peut-être pas enclins à s'extasier devant le petit Johnny
ou la petite Jenny du Minnesota. Pas très *A-list, ça.
Alors que j'imagine bien Madge (= "Madonna", NDT) téléphonant à ses amis pour
dire: "Je fais un saut en jet pour aller chercher Mercy au Malawi, mon chou
– je reviens lundi."
Ce serait bien plus exaltant que d'aller tout bêtement remplir des formulaires
d'adoption dans une sinistre agence américaine.
Le Malawi qui a refusé l'adoption à Madge a lancé un message fort aux autres
"people"; on se fiche bien que vous soyez riches, puissants et
célèbres; alors, à la queue, comme tout le monde.
Et, en fin de compte, le tribunal a statué que ce qui est le plus important, ce
sont les besoins de l'enfant et qu'il faut que l'enfant soit placé auprès du
parent qui correspond le mieux au profil requis, celui à qui on a fait passer
des tests et qui a passé du temps à vivre avec l'enfant dans son propre pays –
et non pas celui qui brandit une liasse de billets, pensant que cela lui donne
carte blanche pour venir le chercher et l'enlever aussitôt.
*A-list: la liste exclusive des stars d'Hollywood qui ont reçu un
oscar.
Note perso
Le cynisme des riches qui prennent l'Afrique pour leur terrain de
jeu.
Cet article pourrait être une info anodine, une de plus sur des caprices de
stars, mais elle marque bien le signe des temps, de, disons ces dix-quinze
dernières années où l'argent rentre à flot dans les poches de chefs
d'entreprises, d'actionnaires, de spéculateurs et de tous ceux dont le sort a
fait des "stars".
Non pas pour leur talent (ils sont largement remplaçables), mais pour leurs
extravagances qui plaisent tant aux magazines pipole qui se sont répandus dans
les kiosques pour faire rêver la plèbe.
Une plèbe déjà anesthésiée par l'espoir de gagner un jour le gros lot qui lui
permettra de fréquenter les mêmes lieux paradisiaques que ces célébrités pour
qui rien n'est trop beau, rien ne peut être inaccessible.
Alors, évidemment, c'est la surenchère. Car le riche s'ennuie vite. Partir
brusquement en jet privé de New York pour aller faire la fête à Londres, ou
l'inverse, ça va un temps.
Une piscine propre, des draps de soie, des laquais aux ordres, c'est la
routine.
Et, c'est lassant, faut le reconnaître.
Alors, les "stars" cherchent d'autres plaisirs, d'autres ivresses …
Plus rien au monde ne compte que leur petite personne. Et leur frénésie
d'achats, tous plus extravagants les uns que les autres, n'a plus de bornes,
plus de décence. Les sommes ahurissantes qu'empochent les riches les placent
au-dessus de toute éthique, de toute pensée universelle.
Et c'est ainsi qu'ils en sont même venus à aller faire leur marché dans les
orphelinats africains (à qui ils distribuent quelques largesses qui seront
déduites de leurs impôts, je le rappelle) sous couvert d'action
humanitaire.
Et aujourd'hui, c'est le petit enfant africain ou asiatique qui les intéresse.
On les exhibe comme on avait naguère exhibé les "sauvages" Kanaks à
l'exposition coloniale (finalement, il n'y a pas de "repentance" à avoir sur le
passé: le présent est tout aussi sordide).

Leurs photos en exclusivité (celles des enfants), grassement payées,
intéressent les magazines pipole, leurs vêtements font rentrer sonnantes et
trébuchantes non seulement pour ceux qui les auront conçus, mais pour les
heureux parents qui profiteront des retombées grâce aux cadeaux somptueux de
ces entreprises privilégiées.
Avec les riches, l'argent ne se perd pas: ils se récupère au recyclage.
Mais revenons à Madonna: elle a deux enfants biologiques, une fille et un
garçon, Lourdes et Rocco. Puis, il y a trois ans de cela, elle a adopté le
petit David Banda au Malawi. A l'époque, on lui avait permis d'enlever le petit
garçon avant même l'agrément d'adoption.
Puis, elle déclare qu'elle veut adopter une "petite sœur pour David
Banda".
Curieux, non? Théoriquement, il a une sœur et même un
frère, ce petit, non?
Ou alors, c'est que, étant noir, pour ne pas être dépaysé, il faut qu'il ait
pour compagne de jeux une de ses congénères?
Question de pouvoir parler du pays? Question de ne pas tout mélanger? Va
savoir.
Et quand Madonna vouloir, Madonna obtenir.
Elle se fait donc mettre au chaud dans son orphelinat du Malawi (qu'elle arrose
de dons) la petite Mercy (déjà, elle a un goût à chier pour les prénoms et fait
fi des traumatismes patronymiques durables – mais c'est anecdotique) … donc, je
disais, elle repère la petite noire bien propre sur elle. Sa mère serait morte
peu après l'accouchement, son père existe, on ne sait pas bien où, mais elle a
une grand-mère et un oncle, frère de sa mère.
Ce n'est donc pas une enfant seule au monde: elle vit dans sa famille et dans
sa communauté.
Attrait de l'argent (on ne saurait les en blâmer)? Pressions? La famille
élargie se fait tirer l'oreille pour l'adoption, puis cède.
Et c'est là que, patatras, un salaud de juge décide que l'enfant sera bien
mieux dans sa propre famille et dans son environnement d'origine.
Madonna fait-elle contre mauvaise fortune bon coeur?
Décide-t-elle que finalement, eh bien, elle suivra cette gamine de loin en
aidant sa famille à l'élever du mieux possible? Et qu'elle viendra d'un coup de
jet leur rendre visite fréquemment?
Que nenni.
On a beau être humaniste, on n'en reste pas moins humain.
Madonna, dépitée de ce double camouflet (ils sont pauvres ET noirs, si tout le
monde a bien suivi), remonte dans son avion privé pour se rendre à Londres
pleurer dans le giron de son amie Stella McCartney dans un restaurant chic de
la capitale britannique.
Elle annonce, par ailleurs, qu'elle fera probablement appel de la
décision.
"Non", ce n'est pas une réponse pour les riches.
Et voilà, les néo-coloniaux "humanitaires" à l'œuvre. Et au grand jour.
Ils perpétuent le mythe de l'Africain, ce grand enfant indolent, qui
« jamais ne s’élance vers l’avenir » (dixit toupti bwana de
notre propre république bananière), maintiennent les Africains dans un statut
de "race inférieure" à qui on peut arracher impunément les enfants, quitte à
évacuer par pont aérien ceux qu'on a élus pour les sauver du malheur de ne pas
être habillés par K*nz* ou Ar*ani.
Le capitalisme à son paroxysme.
What next?
Parallèlement, se pose la vaste question de
l'adoption
Pourquoi ce désir d'adopter un enfant. Pourquoi certains couples dont l'un des
partenaires ne peut avoir d'enfant passent-ils les meilleures années de leur
vie à chercher désespérément à en adopter un.
Et pourquoi n'arrivent-ils pas à se faire une raison et à s'occuper
intelligemment des enfants des autres. J'ai ma petite idée sur le sujet
…
Et puis, ça vient de sortir et cela se passe en France:
"Samedi 28 mars, 60 personnalités et chercheurs ont lancé un appel
pour la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), autrement dit pour la
légalisation de l'usage de mères porteuses".
Lire le billet de
Christine des Suiveurs.
Jusqu'où iront-ils (et elles) dans la marchandisation et
l'exploitation des femmes?
Toujours le même principe: le bourgeois sort ses liasses de billets pour payer
les services dont il a besoin.
Le bourgeois n'a nullement l'intention d'aider les pauvres à se sortir de la
misère.
Pour lui, la vie est un manège.
La chance sourira, ne serait-ce que fugitivement, au pauvre à qui il permettra
d'attraper le pompon qu'il lui fera (longuement) tournoyer au-dessus de la tête
avec un sourire narquois et faussement compatissant.

Commentaires
Je ne sais pas si c'est encore du cinéma, cette quête désespérée d'enfants, de toutes couleurs, de la part des people, ("notre" Johnny national, y compris...!).
Pour combler des manques, surement... Est-ce que les enfants adoptés en souffrent..!? Ni plus, ni moins, sans doute, que ceux qui passent par une procédure d'adoption "légale", ce qui est tout de même fort rare, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud..
Haïti, il y a encore une dizaine d'années, était une filière d'"approvisionnement", vers la France, plutôt facile et rapide, comme le Vietnam l'est encore et bien d'autres.
C'est souvent beaucoup plus difficile et plus long, en France par exemple, d'adopter des enfants français..pour le reste...! Je ne sais pas!
J'aurais tendance à croire, sans en être vraiment convaincu, que les enfants adoptés d'où qu'ils viennent, échappent au pire, si c'est possible d'adopter la fratrie, c'est encore mieux...!
Que ce soit une forme d'exploitation, parmi d'autres, c'est incontestable...mais au delà du bling-bling, je voudrais croire qu'il y a une forme d'humanité dans cet acte qui est tout, sauf symbolique...!
On pourrait d'ailleurs aussi adopter des grand-mères et des grand-pères...! Si, si...! d'ailleurs, ça se fait déjà!!!
Adopter un gamin de chez nous ?
Mais ça va pas non, il n'y à pas de pôv chez nous, ils sont tous ailleur..
pfff ...
Salut,
Yelrah, il doit bien y en avoir des petits Français à adopter, mais est-ce nécessaire d'imposer à ces enfants déjà dans le malheur des parents français, avec, de surcroît, plus d'une chance sur deux qu'ils aient voté pour Toupti One?
@VA: l'adoption internationale est actuellement bien règlementée, apparemment. Et c'est rassurant. On ne peut pas partir avec un petit Vietnamien - ou autre - sous le bras. C'est déjà ça.
Mais je me pose la question côté enfant: quelles "séquelles" trimballe-t-il de ce choc qu'est le déracinement?
Et côté parents, je me demande s'il n'y a pas une démarche égoïste à vouloir absolument un enfant à soi, comme si c'était un droit.
Mais la question est en effet, bien plus complexe que cela.
Quant aux pipoles qui adoptent une enfant et qui l'exhibent dans les magazines, je trouve que cela dénote du monde factice dans lequel ils vivent.
c'est un sujet qui est toujours d'acualité donc un peu en retard sans doute je me permet de vous dire que votre façon de voir les choses dénote un profond mal être. Quelle agressivité, quelle hargne ! Vous seriez incapables de rendre un enfant heureux donc vous envoyez votre venin à ceux qui aiment leur prochain comme eux-mêmes comme il est dit dans la Bible. Oui ce sont des jolis enfants de toutes les couleurs que ça vous plaise ou non, il y en aura bientôt dans toutes les familles j'espère ! Bravo à tous les adoptants connus ou pas connus et tant pis pour les pas-contents ! entre parenthèses, les stars se fichent pas mal de ce que vous pouvez penser ou écrire, elles sont loin, si loin... alors gardez votre énergie pour une autre cause ! depuis Madonna a pu adopter la petite fille et c'est normal, vous savez tout ce qu'elle fait pour le Malawi Madonna ? c'était un peu difficile de lui refuser franchement...
@ grasline, je dirai, moi, que "votre façon de voir les choses dénote" d'une profonde et crasse bêtise.
Et d'abord, je ne vous permets pas de décréter ce que je suis ou non (in)capable de faire: vous ne savez rien de ma vie, alors tenez-vous-en à ce que je dis et ne partez pas de présupposés qui ne peuvent que vous rendre encore moins crédible.
"agressivité"?, "hargne"? Vous avez oublié "haine", c'est bien le genre de discours que tiennent des gens comme vous. Parce qu'évidemment, vous, vous êtes "amour et paix".
Et, NON, ce n'est pas de la haine - ce serait trop d'honneur, mais une énorme colère contre les gens comme vous qui vous croyez dans votre bon droit à aller choisir les petits Noirs, Asiatiques et autres, dans les pays pauvres, à les enlever à leurs familles pour les exhiber dans les salons de dames patronnesses, ou, pire encore, comme à l'exposition universelle où les Kanaks avaient été montrés, à demi-nus, en plein hiver.
Et qui vous en débarrassez si le produit est, à votre goût, défectueux.
Qui vous êtes pour vous permettre d'aller prendre les enfants des autres par des moyens subversifs?
Et il faut justement ne pas avoir eu d'enfant soi-même pour décréter qu'une mère donne son enfant de gaité de cœur, sachant que, si elle cède, elle pourra, avec cet argent, nourrir le reste de la famille pendant un certain temps?
Et pourquoi les enfants des pauvres seraient-ils à votre disposition?
Et c'est VOUS qui donnez des leçons d'humanité aux autres?
Et puis, non, je n'écris pas pour les stars et je m'en contrefiche complètement qu'elles ne me lisent pas: je n'ai aucune affinité avec le monde factice et ignorant de ces gens-là; je sais où sont les vraies valeurs et je n'ai AUCUN respect pour des gens qui, grâce à leur notoriété et influence, exploitent la souffrance des autres et qui utilisent l'argent facilement gagné pour se payer leurs caprices.
Eh, oui, dans cette affaire, c'est cette pleurnicheuse de Madonna qui a gagné: pour le prix d'un ou deux concerts, elle a acheté le gouvernement du Malawi.
Et qui c'est qui garde ses enfants, maintenant? une armée de nounous - qui lui coûtent beaucoup plus cher que les trente deniers qu'elle a versés pour le dispensaire du Malawi.
Mais vous, vous approuvez une telle malhonnêteté: "aimer son prochain comme soi-même", voilà comme vous appelez cette ignominie!
quant à la bible, un bouquin qui commence un peu à dater, disons-le, eh bien, c'est au nom de ce truc que la plupart des plus grands massacres de l'histoire ont été commis.
Sur tout le continent africain, sur le continent américain, où les populations autochtones ont été décimées sans pitié et partout ailleurs.
Alors, ne venez pas me raconter vos salades ici: ni moi ni ceux qui me lisent régulièrement n'accorderaient une seconde de crédit aux sornettes que vous vous complaisez à débiter.
Et si vous êtes une mère adoptante heureuse et qu'il en est de même pour vos enfants, tant mieux pour vous tous-tes.
Mais n'en faites pas une vérité universelle.