Tu la vois, ton université?
Par emcee le mardi 7 avril 2009, 18:46 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
C'est ce à quoi ils veulent en arriver en France: appauvrissement
intellectuel, réflexion et analyse limitées dans le cursus universitaire,
extinction des "humanités" au profit de la formation à vocation professionnelle
sous prétexte de débouchés dans la vie active, formatage des cerveaux,
Recherche livrée pieds et poings liés aux fonds privés qui permettra d'orienter
les travaux et leurs résultats, suppression de tous les garde-fous
démocratiques et règne sans partage du complexe militaro-industriel avec l'aval
des universitaires du pays. Tu n'y crois toujours pas? Tu y croiras sans doute
le jour où on ne pourra plus rien y faire. Ni pour l'école, ni pour
l'université. Comme aux Etats-Unis.
Ou quand toute contestation finira dans le sang.
Comme partout où le capitalisme montre les dents après avoir orchestré avec
arrogance et mépris le pillage des richesses mondiales.
Il n'est plus temps de se laisser bercer par les discours officiels, ni de
regarder passer le train des "réformes"!
Voici un article sur le système universitaire aux Etats-Unis.
A peine un coin du voile.
"Higher Education Gone Wrong: Universities Are Turning into Corporate Drone
Factories"
Le système universitaire a mal tourné: les universités deviennent les
usines à drones de Big Business
par Chris Hedges. 28 Mars, 2009.
Si nous ne reprenons pas les rênes en main, nous sommes condamnés à
subir une forme plus violente du capitalisme qui devra recourir à la répression
brutale.
Dans les sociétés en décadence, la politique devient du spectacle. Les
élites, qui ont détruit le système démocratique pour servir l'état capitaliste,
gouvernent grâce à l'image et aux apparences.
Elles clament leur indignation vis-à-vis des primes distribuées par AIG et leur
empathie pour la classe ouvrière, alors qu'elles ont passé les dernières
décennies à la dépouiller de ses droits démocratiques, et font des promesses
aux familles en détresse en sachant pertinemment qu'elles ne les tiendront pas.
Quand s'allument les projecteurs, elles lisent leur boniment avec l'émotion
requise. Et quand ils s'éteignent, elles veillent à ce que Goldman Sachs et
tout un tas d'autres grandes entreprises reçoivent bien les centaines de
milliards de dollars d'argent public pour éponger les dettes qu'elles ont
contractées en jouant au capitalisme de casino.
Nous vivons à une époque de nihilisme moral. Nous avons saccagé nos
universités, les transformant en usines spécialisées qui fabriquent les drones
du grand capital et courent après les subventions et les dons d'entreprises
privées liées au ministère de la défense.
Les humanités, cet enseignement qui force à prendre de la hauteur et à se poser
les grandes questions morales sur le sens et le but des choses, qui pose les
questions sur la légitimité des structures, qui forme les gens à réflexion et à
la critique de toutes les hypothèses culturelles, ont été réduites à peau de
chagrin. La presse, qui devrait encourager les interrogations intellectuelles
et morales, confond le pain et le cirque avec les informations et refuse de
donner la parole à ceux qui contestent non pas les versements de primes aux
cadres, ni le renflouement des organismes financiers, mais la superstructure
pernicieuse de l'état au service des intérêts privés.
Nous nous prosternons devant le culte de soi, construit pierre par pierre par
les architectes de notre société de consommation, qui interdit l'empathie, le
sacrifice envers les moins nantis et l'honnêteté. Les méthodes utilisées pour
réaliser nos voeux, sont, nous disent la "télé-réalité", les écoles de commerce
et les gourous qui prêchent l'effort personnel, inappropriées. La réussite,
toujours définie en terme d'argent et de puissance, se justifie
d'elle-même.
L'aptitude à la manipulation est ce qui est le plus hautement prisé. Et notre
déchéance morale est tout aussi effrayante et dangereuse que notre déchéance
économique.
Theodor Adorno a
écrit en 1967 un essai intitulé: "Education After Auschwitz", où il
explique que la corruption morale qui a rendu possible l'holocauste est restée
"largement inchangée".
Il écrit que les "mécanismes qui permettent que des gens soient capables de
commettre de tels actes" doivent être mis en évidence. La mission de l'école
est d'enseigner plus que des savoir-faire. Elle doit enseigner des valeurs. Si
elle ne le fait pas, un autre Auschwitz est possible.
"Toute éducation politique doit être finalement centrée sur l'idée qu'Auschwitz ne doit plus jamais se reproduire", dit-il. "Ce ne serait possible que si elle se consacre ouvertement, sans craindre d'irriter les autorités, à ce problème de la plus haute importance. Pour ce faire, l'éducation doit se transformer en sociologie, c'est-à-dire, elle doit enseigner le jeu des forces qui s'opère en politique au-delà des apparences".
Nos élites sont en pleine implosion. Leur imposture et leur corruption sont
peu à peu démasquées, au fur et à mesure que le fossé existant entre les
discours et la réalité devient de plus en plus flagrant. La colère qui commence
à monter dans tout le pays devra être contenue par les élites avec des moyens
de contrôle moins subtils. Mais si nous ne saisissons pas le "le jeu des
forces qui s'opère en politique au-delà des apparences", on nous imposera
une forme plus brutale du pouvoir capitaliste, qui, elle, ne s'embarrassera
plus des leurres sur l'attrait de la société de consommation mais qui exercera
le contrôle du pouvoir par la répression brutale.
Il y a quelques jours, je déjeunais à Toronto avec Henry
Giroux, professeur d'anglais et d'études culturelles à l'Université
McMaster au Canada et qui a longtemps été titulaire de la chaire Waterbury (~
études des sciences de l'éducation, NDT) à l'université de l'état de
Pennsylvanie ("Penn State").
Giroux, qui a été parmi les premiers à pressentir et à critiquer ouvertement la
destruction systématique du système éducatif aux Etats-Unis par l'Etat
capitaliste, a été marginalisé par le monde universitaire parce qu'il
s'obstinait à poser les questions désagréables qu'Adorno disait que les
professeurs d'université se devaient de poser. Il a quitté les Etats-Unis et
est allé s'installer au Canada en 2004.
"L'apparition de ce qu'Eisenhower avait appelé le "complexe
militaro-industriel et universitaire" a permis la mainmise sur les programmes
universitaires, dépassant peut-être même ce qu'il avait pressenti et craint le
plus", m'a dit Giroux qui a écrit dans "L'Université enchaînée: défier le
complexe militaro-industriel et universitaire" ("The University in Chains:
Confronting the Military-Industrial-Academic Complex
).
"Les universités, surtout après les événements du 11 sept, ont, en général, été assaillies par les nationalistes chrétiens, les néo-conservateurs réactionnaires et les intégristes de l'économie de marché, qui prétendaient qu'elles étaient les maillons faibles dans la guerre contre le terrorisme. Les étudiants de droite étaient incités à aller espionner les cours des professeurs de gauche, et l'étau du capitalisme se resserrait - comme on pouvait le constater non seulement dans la gestion des universités, calquée sur le modèle des entreprises privées, mais également dans l'injection de fonds destinés à la Recherche et aux programmes favorisant ouvertement les intérêts privés.
Et à Penn state, où je travaillais à l'époque, l'université était devenue assujettie aux intérêts privés et militaires. Autrement dit, l'argent du Pentagone et des entreprises privées servait maintenant à financer les programmes de recherche, et les études étaient de plus en plus axées sur les programmes militaires au service du développement des armes de destruction, de surveillance et de mort. Associez cette prise d'assaut au fait que l'université n'était plus une force d'opposition. Beaucoup d'universitaires se noyaient dans des discours qui ne faisaient plus peur à personne, certains, craignant d'être licenciés, évitaient tout simplement d'évoquer dans leurs cours les questions épineuses, et beaucoup n'avaient simplement plus la motivation de soutenir l'université en tant que sphère publique démocratique".
Frank Donoghue, auteur de "The Last Professors: The
Corporate University and the Fate of the Humanities " ("Les derniers
professeurs d'université: l'Université privée et le sort des humanités") décrit
comment ont été démantelées les études classiques. Tout programme d'études qui
n'était pas à but strictement professionnel a été, au mieux, marginalisé ou,
dans beaucoup d'établissements, carrément supprimé. Les étudiants sont
dissuadés de poser les questions dérangeantes qui conduiraient à critiquer les
affirmations des élites dirigeantes ou un système économique qui sert le
capitalisme.
Cette situation a jeté de nombreux étudiants brillants dans les bras d'entités
privées dont ils ne remettront pas la morale en cause. Ils acceptent ce qu'on
leur dit sur la culture d'entreprise parce qu'on ne leur a jamais appris à
réfléchir. Seuls 8% des étudiants sortent actuellement de l'université avec un
diplôme d'études classiques, c'est-à-dire 110.000 étudiants. Entre 1970 et
2001, le nombre de licences de lettres a chuté, passant de 7,6 % à 4%, de même
que les diplômes en langues étrangères (de 2.4 % à 1%), en maths (de 3% à 1%),
en sciences sociales et en histoire (de 18,4 % à 10 %).
Les licences de commerce, qui font miroiter des revenus substantiels, ont
grimpé en flèche. Le nombre d'étudiants en commerce est passé depuis 1970-1971
de 13.6 % à 21.7 %. Le commerce est devenu aujourd'hui l'orientation la plus
choisie à la place des sciences de l'éducation, qui sont passées de 21% à
8,2%.
Les valeurs intrinsèques à une société ouverte ont été anéanties. Actuellement,
une université, comme l'écrit John Ralston Saul, "recherche activement des
étudiants qui souffrent du déséquilibre approprié et entreprend alors de
l'accentuer. L'imagination, la créativité, l'équilibre moral, la culture, le
bon sens, une vision sociale – tout cela disparaît.
La compétitivité, la faculté d'avoir une réponse toute prête, le talent pour
manipuler les situations, tout cela doit être développé. En conséquence,
l'amoralité s'étend également. Il en est de même pour l'agressivité extrême
quand des étrangers leur posent des questions; ainsi que pour une certaine
confusion entre la notion de bien par opposition à avoir une réponse toute
prête à toutes les questions. Et ce qui est surtout favorisé, c'est le
développement d'une forme incontrôlée d'intérêt personnel, où ce qui compte,
c'est gagner.
Ce nihilisme moral aurait épouvanté Adorno. Il savait que le mal radical
n'était possible qu'avec la collaboration d'une population craintive, intimidée
et désorientée, un système éducatif qui ne permet pas de se dépasser
intellectuellement ou qui n'encourage pas la capacité à développer une
conscience personnelle. Il craignait une culture qui réfute les angoisses et
les complexités du choix moral, basée sur une hyper masculinité puérile
encouragée par les capitalistes féroces (pensez aux coups de poignard dans le
dos et aux divers coups tordus qui sont acclamés dans les émissions de
télévision comme "Survivor") et les héros de films d'action hollywoodiens comme
le gouverneur de Californie.
"Cet idéal d'éducation à l'insensibilité, auquel beaucoup croient sans se poser de questions, est totalement immoral" a écrit Adorno. "L'idée que la virilité relève d'un degré maximum d'endurance est devenu depuis longtemps l'écran qui cache le masochisme qui, comme l'a démontré la psychologie, va de pair avec le sadisme".
Le sadisme fait autant partie de la culture populaire que la culture
d'entreprise. Il domine la pornographie, se propage comme un courant électrique
dans les émissions de télé-réalité et les émissions de débats trash et est au
centre de l'accommodant collectif d'entreprise. Le corporatisme, c'est anéantir
la capacité de choix moraux. Et il se concrétise à Abou Ghraib, en Irak et en
Afghanistan et dans notre absence de compassion pour les sans-abri, les
démunis, les malades mentaux, les chômeurs et les malades.
"Les forces politiques et économiques qui poussent aux crimes contre l'humanité – qu'il s'agisse de guerres illégales, de torture systémique, d'indifférence inculquée à la famine chronique, aux maladies et aux actes génocidaires – sont toujours arbitrées par les forces éducatives", dit Giroux. "La résistance à de tels actes ne peut se faire sans un certain degré de connaissances et d'introspection. Il faut donner un nom à ces actes et remplacer l'indignation morale par des efforts concrets pour empêcher les violations des droits humains de se produire au départ".
L'unique qualité essentielle nécessaire pour résister à ce mal, c'est
l'autonomie morale. L'autonomie morale, comme l'a écrit Kant, n'est possible
que grâce à la réflexion, l'autodétermination et le courage de ne pas
coopérer.
L'autonomie morale, c'est ce que l'état capitaliste, en attaquant les
institutions progressistes et les professeurs "gauchistes", a entrepris de
détruire. L'état capitaliste est notre "manipulateur" (terme employé par
Adorno) idéal. Le manipulateur a d'extraordinaires talents d'organisateur et
est totalement inapte à vivre des expériences humaines authentiques. Il ou elle
n'a pas d'affect et est motivé-e par un réalisme surestimé. Le manipulateur est
là pour gérer le système. Lui ou elle a été formé exclusivement pour entretenir
la structure capitaliste, et c'est la raison pour laquelle nos élites
dilapident des sommes d'argent hallucinantes prises sur nos impôts afin de les
distribuer à des entreprises comme Goldman Sachs et AIG.
"Il (ou elle) s'est fait un culte de l'action, de l'activité, de la
prétendue efficacité en soi qu'on retrouve dans l'image que donne la publicité
de la personne active", écrivait Adorno sur ce genre de
personnalité.
Ces manipulateurs, des gens comme Lawrence Summers, Henry Paulson, Robert
Rubin, Ben Bernanke, Timothy Geithner, Edward Liddy de AIG et le PDG de Goldman
Sachs, Lloyd Blankfein, ainsi que la majorité de la classe dirigeante, ont
profité de l'argent et du pouvoir des entreprises privées pour fixer les
limites de ce qui doit être débattu dans les salles de cours, sur les ondes et
dans les couloirs du Congrès pendant qu'ils pillaient le pays.
"Il est particulièrement difficile de lutter contre cette situation" prévient Adorno, "parce que ces manipulateurs, qui sont en fait incapables d'expérience authentique, et qui pour cette raison, manifestent une absence de réceptivité comparable à la pathologie de certains malades mentaux ou psychotiques, à savoir les schizophrènes".
Chris Hedges, a été co-lauréat du "Pulitzer prize" pour une série d'articles publiés par le New York Times sur le terrorisme mondial. Son livre le plus récent: Collateral Damage: America's War Against Iraqi Civilians ("dommages collatéraux: la guerre des Etats-Unis contre la population civile en Irak").
Note perso
Sauvons les universités!
Se renseigner pour ne pas dire n'importe quoi: http://www.sauvonslarecherche.fr/sp...
http://www.educpros.fr/detail-artic...
http://sciences.blogs.liberation.fr...
Pour fourguer leur "réforme" sur l'autonomie des universités, qui va
conduire:
à la privatisation des universités - et donc à l'assujettissement aux diktats
commerciaux, pour les étudiants et la Recherche – parmi lesquels ceux imposés
par l'Europe, subordonnée aux US, quoi qu'ils décident;
À la précarisation des personnels - et donc à leur sujétion;
À l'augmentation inéluctable des droits d'inscription;
À la bourse d'étudiant au "mérite". Etc.
Tout cela, bien sûr, n'est pas annoncé officiellement en lieu et place des
endormissements habituels, mais peut s'induire si on réfléchit un peu à
l'acharnement qu'ils mettent à faire passer contre vents et marées un truc mal
ficelé et décousu au départ.
Et pour ce faire:
Ils accusent les profs de frilosité (ironie: les universitaires ne sont pas du
genre à descendre dans la rue et un tel consensus, c'est justement la preuve
d'une prise de conscience collective et d'une contestation bien
réfléchie);
Ils geignent sur les examens que les étudiants ne peuvent pas passer, les cours
qu'ils n'auront pas eus, la gabegie dans les facs;
Ils fustigent ces "fonctionnaires privilégiés qui devraient avoir honte de se
plaindre" (toujours la même intox: mais si les "fonctionnaires" – autrefois
gagne-petit méprisés de la nation, devenus miraculeusement des "nantis" -
n'avaient pas fait grève, il y a longtemps qu'une grande partie de la
population vivrait comme dans le Tiers Monde; voir aux US);
Etc.
Et ils ont le soutien total des grands médias qui rampent devant eux.
Monde de brutes épaisses et de béotiens attirés par le strass et les
paillettes, et qui laissent les miettes de leur festin à la population qu'ils
méprisent et qu'ils pillent.
Les services publics? A détruire! Ils pompent l'argent que les
"manipulateurs" ne peuvent pas refiler aux entreprises.
C'est bien ça, l'Europe qu'ils se sont concoctée, non?
Récupérer tous les services marchands des services publics. On sait ce que
c'est devenu. Banques, opérateurs téléphoniques, chemins de fer etc. Tous ne
sont pas complètement privatisés, mais tous fonctionnent selon une logique de
profits qui impose une réduction drastique des coûts salariaux pour remplir les
poches de quelques privilégiés. Ce qui conduit inévitablement aux
dysfonctionnements graves.
Tout cela est clair et vérifiable et seuls les gogos sont encore persuadés du
contraire. Tiens, un petit exemple qui paraît anodin: la Direction Générale de la
Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes assure la
défense des intérêts économiques (loyauté des transactions et qualité des
produits), matériels et physiques (sécurité des produits alimentaires et
industriels). C'est aujourd'hui un service public menacé de démantèlement à
brève échéance. Un de plus qui sera remlacé par une entité privée à la botte du
capital.
Et le consommateur, c'est toi, c'est moi. Le cochon de payant, quoi.
Le couillon à qui on prend l'argent des impôts pour le verser directement aux
banques qui ne cessent déjà de se servir sur la bête avec ta paie, sous
prétexte de "services" rendus. Et je ne te parle même pas des
OGM , pesticides et autres joyeusetés dont ils veulent arroser la planète.
Cela risque de t'embrouiller.
Alors, si ton cerveau fonctionne encore, si ton pouvoir de réflexion n'a pas
encore été anesthésié et annihilé par la propagande: réagis!
Soutiens les universités en grève. Il y en a sans doute à deux pas de chez
toi.
Et arrête de répéter ce qu'ils veulent que tu répètes, tu ne fais que
t'assujettir à ces élites qui tondent la laine sur ton dos.


Commentaires
Excellent article emcee que j'ai pris l'habitude de lire deci-delà...
Merci de continuer à maintenir la vigilence citoyenne en éveil.
C'est étonnant cette volonté d'imposer les bourses au mérite à l'université, quand à contre-pied HEC vient de décider de la gratuité des études pour les boursiers d'Etat sur critères sociaux...
Impressionant ..
merci Emcee pour ce billet qui une fois encore indigne!
inutile de dire qu'en Italie la situation de l'université est quasi dramatique, celle des lycées vraiment pas géniale et que le gouvernement s'acharne à détruire ce qui devrait faire sa fierté grâce à son excellence: l'école élémentaire.
au passage, je relève cette phrase de Franck Donoghue:
"Le sadisme fait autant partie de la culture populaire que la culture d'entreprise. Il domine la pornographie, se propage comme un courant électrique dans les émissions de télé-réalité et les émissions de débats trash et est au centre de l'accommodant collectif d'entreprise "
c'est proche du thème que j'ai essayé de traiter dans mon avant dernier billet.
je dis "essayer" car les commentateurs (trices) ne m'ont pas suivie sur cette piste qui pourtant me semblait importante!
car cette mainmise du marché sur tout est nocive maintenant et pour les générations futures et c'est contre cela qu'il faut lutter.
Salut,
@ Malak: bienvenue!
La bourse au mérite, c'est comme la discrimination positive ou l'immigration choisie: une idée du capital pour se constituer un pool de vaillants petits soldats qu'on exhibe pour la propagande et pour créer des clivages entre personnes d'un même statut social. Toujours diviser pour détourner l'attention sur leurs exactions.
Il ne faudra pas longtemps au pouvoir en place pour dénoncer certaines filières "qui ne mènent à rien" (comprendre: dont les patrons n'ont que faire, puisque elles ne déboucheront pas sur l'armée de précaires kleenex qu'ils exploiteront à leur guise) et, donc, les supprimer ou les neutraliser.
Le capital ne veut pas de penseurs, mais des exécutants dociles.
Ils ont essayé à plusieurs reprises de supprimer les Sciences économiques et Sociales en lycée (évidemment, si on se penche un peu sur ce que racontent les économistes aux ordres, on se rend vite compte de la vacuité de leurs arguments et de leur imposture), mais jusqu'à présent, les profs ont réussi à résister. Jusqu'à quand?
Yelrah: laconique, mais clair
@ céleste: je n'avais pas eu le temps de lire ton billet et les coms'. C'est chose faite. Je vais encore cogiter là-dessus avant d'écrire un com'.
Aujourd'hui, j'ai fait une action parfaitement inutile, moi, et plein d'autres de divers partis, syndicats et orgas, sommes allés bêtement manifester devant le palais de justice pour refuser la criminalisation de ceux qui aident les immigrés.
Eh bien, le ministre concerné aurait déclaré sur France Inter: "Il n'y a pas de délit de solidarité en France et toutes celles et ceux qui, de bonne foi, aident un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu'ils ne risquent rien". "Le délit de solidarité n'existe pas, c'est un mythe", a-t-il ajouté.
C'est sans doute la raison pour laquelle personne n'a été arrêté.
On nous aurait menti?
Son homonyne a réalisé le grand bleu, lui préfère sans doute le grand bluff.
Misère.
Stupéfiant, vite il nous faut des gouvernants libre de tout lobby.
Toujours les bonnes sources, des traductions impeccables, le ton qui claque.
Merci emcee !
La manipulation des savoirs est claire. Je viens de lire un truc très bien sur la «militarisation de l'anthropologie» : en embauchant à tour de bras des anthropologues et des ethnologues dans les pays à «mater», on remet au goût du jour les méthodes les plus traîtres de la colonisation — et je ne peux oublier que j'ai fait une partie de mes classes en lisant les études très fouillées de colonels anglais du XIXe siècle sur les «tribus» du Pamir, par exemple...
Le lien :
http://www.groundviews.org/2009/04/...
(en anglais)
Salut,
Encore un peu de retard à l'allumage. Désolée.
@ Pierre: oui, éradiquer les lobbys. C'est ce que demande la gauche (la vraie) aux Etats-Unis, par exemple, mais ce n'est pas demain la veille, puisque la "démocratie" étatsunienne est basée là-dessus.
Pire: la politique des lobbys est actuellemnt instaurée en France par la caste au pouvoir, mine de rien.
@ Pièce détachée: merci beaucoup pour tes encouragements. Je commence à en avoir besoin. Quand je vois que le ouèbe est en train de normaliser (avec les sites phares, sponsorisés, et l'abandon des autres), je suis très inquiète sur l'avenir des blogs de particuliers bénévoles.
J'ai lu le texte que tu proposes en lien qui est fort intéressant. J'avoue ne rien connaître à la question et je vais m'y atteler dès à présent.
Merci de m'indiquer des sujets de réflexion.
Au passage, la traduction du texte de Gilad Atzmon fait son (petit) chemin sur le ouèbe. J'en suis ravie, non pour moi, mais pour lui.
Un peu de retard moi aussi, pour diverses raisons (y compris une panne de connexion).
Je viens de survoler Gogolle (jusqu'à la page 7, après, je cale) à la recherche de ta traduction du texte d'Atzmon. Édifiant. À part Socio13 qui cite sa source, trois autres la reprennent telle quelle, sans référence explicite, ou sans référence du tout. Par contre, on a droit à chaque fois à «je remercie pièce détachée, etc.», qui, n'étant justifié qu'ici-même sur ton site, est incompréhensible et sans pertinence aucune sur ceux qui te reprennent.
Les «sites phares», pour moi c'est non (ou avec une circonspection féroce). Les phares aveuglent les lapins sauvages, dont le sang éclabousse les jolis capots.
La flamme fière des bougies en pure cire de emcee, abeille industrieuse à l'humour acide, oui (je ne sais pas faire les compliments, ils sont donc ringards au possible, c'est comme ça).
Pour la «militarisation de l'anthropologie», je n'y connais pas grand-chose non plus, à part le fait que l'histoire du sous-continent indien (archéologie, numismatique, philologie, ethnologie, sociologie, etc.) serait encore plus fragmentaire qu'elle ne l'est sans les recherches entreprises jadis par les militaires et les fonctionnaires du British Raj, quels qu'aient été les buts réels de ceux-ci. Mais j'ai laissé tout cela il y a neuf ans.
encore merci, Pièce Détachée.
Cela ne m'étonne pas que la trad d'Atzmon ait été pillée.
Certains passent leur temps à copier-coller ce qui est sur les autres blogs sans se soucier de donner leurs sources.
Je n'ai pas regardé pour GA. Mais il m'arrive de le faire et de rappeler le pillard à l'ordre.
c'est lassant quand même. Mais je vais aller voir qui pille.
allez, bonne manif, si tu y vas.
Normalement, cela devrait être la der des der avant l'été (où la baguette de pain va encore augmenter). Puisque nous n'avons que des sujets de satisfaction.
Tu avais raison: je viens de faire un tour sur le ouèbe, il y en a quelques-uns qui avaient recopié l'article de site en site. Et finalement, mon boulot, ce sont des sites plus importants qui en profitent.
Damnède!
Bonjour,
Je trouve cet article de Chris Hedges simplement excellent.
Incidemment, j'écoutais hier à la radio un écrivain (François Bégaudeau) soumis à la critique plutôt bienveillante et aux questions de chroniqueuses et d'un animateur.
FB m'a fait l'effet d'une personne intelligente, s'exprimant de façon construite et efficace (ce que je trouve rare chez les écrivains).
Dans le même temps, il avait toujours raison et répliquait sans réellement écouter. Il m'a fait penser à ce que je retrouve par hasard ce matin sous la plume de Chris Hedges : "La compétitivité, la faculté d'avoir une réponse toute prête, le talent pour manipuler les situations, tout cela doit être développé."
Ah, merci pour la traduction
Merci, rukin, cela me touche beaucoup.
Trois fois hélas, nous avons perdu la faculté de nous écouter mutuellement et, donc, d'entendre les autres.
Ce qui mène au dialogue de sourds.
Et laisse la place libre aux bonimenteurs.