La fabrique d'esclaves des démocraties vertueuses
Par emcee le mardi 24 mars 2009, 22:16 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent
Avec, en tête, évidemment, les Etats-Unis.
Le bouclage des frontières, les lois sur l'immigration de plus en plus
drastiques, les "accords" commerciaux scélérats avec les pays pauvres, le
"libre échange", la demande constante pour une main-d'œuvre pas chère et
docile, et d'autres facteurs favorisent automatiquement les trafics de toutes
sortes. C'est ce qui se passe aujourd'hui dans le monde occidental où l'appât
du gain et le pillage de la planète ont fini par primer sur toute autre
considération, devrait-elle être teintée d'humanisme.
Dans cet article "Modern
Slavery in America", paru dans Dissident Voice le 7 mars 2009, Stephen
Lendman passe en revue les différents secteurs où hommes, femmes et enfants
sont réduits à la servitude par des patrons sans scrupules.
L'esclavage moderne en Amérique
Qu'on l'appelle traite des êtres humains ou travail forcé, l'esclavage
moderne est en plein essor en Amérique, où il échappe à tout contrôle. Une
étude de l'université de Berkeley en 2004 situe ce phénomène principalement
dans 5 secteurs d'activité:
- La prostitution et l'industrie du sexe: 46%
- le travail domestique: 27%
– l'agriculture: 10%
– les ateliers clandestins ("sweatshops") ou les usines: 5%
- la restauration / l'hôtellerie: 4%
Le reste concerne l'exploitation sexuelle des enfants, les divertissements, et la vente d'épouses par correspondance.
Tout cela persiste à cause du manque de réglementation, de l'insuffisance de
contrôles par l'inspection du travail, et d'une demande croissante pour une
main d'oeuvre bon marché qui permet aux employeurs sans scrupules et aux
réseaux criminels d'exploiter des travailleurs sans défense à des fins
lucratives.
L'Organisation Internationale du travail (OIT) définit le travail forcé par:
"tout travail ou service extorqué à quiconque sous la menace d'une sanction
quelle qu'elle soit, et pour lequel ladite personne ne s'est pas portée
volontaire".
Le travail forcé des enfants, c'est:
1. Toute forme d'esclavage ou de pratiques similaires assimilables à de l'esclavage tels que la vente et la traite d'enfants, la servitude pour dettes et le servage, et le travail forcé ou obligatoire, comprenant, entre autres, le recrutement forcé ou obligatoire d'enfants dans les conflits armés.
2. Utiliser, se procurer un enfant ou lui proposer de l'embaucher avec pour objectif la prostitution, la production de pornographie ou de spectacles pornographiques.
3. Utiliser, se procurer un enfant ou lui proposer des activités illégales, en particulier le trafic de drogue tel que défini dans les traités internationaux appropriés.
4. Tout travail qui, par sa nature ou les circonstances dans lesquelles il est réalisé, susceptible de porter atteinte à la santé, la sécurité ou l'intégrité des enfants.
La définition de "Free the Slaves.net" (site "libérez les esclaves") est
:"être forcé de travailler sans rémunération sous la menace de représailles
et sans possibilité de s'en aller".
Selon le site:
- On estime à 27 millions le nombre de personnes réduites à l'esclavage dans le
monde, plus qu'à toute autre période de l'histoire;
- Des milliers de personnes sont victimes de trafic tous les ans dans 90 villes
différentes; environ 17.000 selon certaines estimations et jusqu'à 50.000 selon
la CIA; sont victimes de travail forcé ou de servitude sexuelle: des étrangers,
des citoyens américains ou des résidents permanents;
- Ces activités génèrent plus de 9,5 milliards de dollars de profits par an; -
Les victimes sont souvent des femmes et des enfants;
- La majorité d'entre elles résident en Inde et dans les pays africains;
- L'esclavage est illégal mais a lieu "partout";
- Les esclaves sont employés dans les travaux agricoles ou domestiques, les
mines, la restauration, les bordels, et partout où les trafiquants peuvent les
utiliser: ils ne coûtent presque rien, ils sont nombreux, ils sont jetables et
remplaçables;
- 90 dollars, c'est le coût de revient moyen d'un esclave dans le monde par
rapport aux 40.000 dollars en 1850 traduits en monnaie actuelle.
- La croissance démographique, essentiellement dans les centres urbains où il
n'y a ni protection sociale ni législation du travail facilite ces
pratiques;
- La corruption des gouvernements, le manque de contrôle et l'indifférence sont
responsables de cet état de fait.
Les différentes mesures prises aux Etats-Unis pour lutter contre les
trafics
La législation interdit toute forme de trafic humain grâce à des lois
existantes ou renforcées par la loi de 2000, "Victims of Trafficking and
Violence Protection Act (VTVPA), qui prévoit des peines allant jusqu'à 20 ans
et plus d'emprisonnement ainsi que d'autres sanctions.
En avril 2003, était adoptée la loi Protect Act (contre l'exploitation des
enfants, NDT). Cette loi qui protège les enfants punit sévèrement les
contrevenants quand elle est appliquée. Elle est destinée à poursuivre les
citoyens américains et les résidents permanents qui voyagent à l'étranger dans
le but d'exploiter sexuellement des enfants sans même qu'il aient à prouver
leur intention de commettre l'acte.
La loi de 2000 (reconduite en 2005) offre des outils pour lutter contre les
trafics qui ont lieu dans le monde entier. Ont été créés des services pour
contrôler et combattre le trafic d'êtres humains (Office to Monitor and
Combat Trafficking in Persons - TIP Office) ainsi que "the President’s
Interagency Task Force" qui permet de coordonner les luttes contre les
trafics. Il y a également un service pour protéger les victimes "State
Department’s Bureau of Population, Refugees, and Migration (PRM"). En
outre, différentes autres agences sont engagées, comme, entre autres, le
Ministère de la Santé et le Ministère de la Justice, qui se charge d'engager
les poursuites.
Malgré cela, il y a peu ou pas de poursuites, à la fois au niveau fédéral et à
celui des états, car les criminels sont puissants et que ceux qui en sont
victimes sont les "damnés de la terre", pour la plupart des Noirs pauvres, des
Latinos et des Asiatiques. En conséquence, ces pratiques sont largement
répandues et en augmentation.
En voici des exemples:
Esclavage dans l'agriculture
Oxfam America s'inquiétait de ce problème croissant dans un rapport intitulé
"Comme des machines dans les champs; les travailleurs sans droits de
l'agriculture en Amérique" et publié en mars 2004.
Ce compte-rendu révoltant montre que "derrière les images heureuses et
lustrées des sempiternelles publicités du secteur de la restauration rapide, se
dissimule une autre réalité":
- Près de 2 millions d'ouvriers agricoles surmenés vivent "bien en dessous
du seuil de pauvreté, sans aides sociales, sans avoir droit aux heures
supplémentaires", sans un salaire décent, sans aucune protection, y
compris pour les enfants;
- En Floride, il n'est pas inhabituel de retrouver des travailleurs enchaînés à
des poteaux, enfermés dans des camions, battus et qu'on a privés de salaire;
c'est tellement courant qu'un procureur fédéral a décrit dans un article du New
Yorker cet état comme étant la base de l'esclavage moderne;
- John Bowe, auteur de “Nobodies: Modern American Slave Labor and the Dark Side
of the New Global Economy” ("Les
moins que rien, le travail d'esclave dans l'Amérique actuelle et la face cachée
de la nouvelle économie mondialisée"), qualifie l'agriculture en Floride de
"monde répugnant" où des travailleurs comme Adan Ortiz ont peur de parler de
leurs patrons parce qu'ils pourraient, comme dans les cauchemars d'Ortiz, "les
poursuivre avec des machettes ou autres objets …".
La législation du travail aux US ne concerne pas les travailleurs agricoles,
comme, par exemple, le simple droit de se syndiquer; des lois comme la
National Labor Relations Act (NLRB) de 1935 et la "Fair
Labor Standards Act (FLSA)" de 1938 ou les protections dans le domaine du
travail garanties par l'OSHA ("Occupational Safety and
Health Administration" – organisation gouvernementale des États-Unis dont
la mission est la sécurité et la santé des travailleurs, NDT) ne les concernent
pas;
la loi de 1983 sur la protection des travailleurs saisonniers (Migrant and
Seasonal Agricultural Worker Protection Act - AWPA or MSPA) apporte une aide
modeste mais inappropriée, voire aucune quand elle n'est pas appliquée;
Oxfam explique que, sauf, modestement, en Californie, "les lois des états
pérennisent les inégalités", en particulier et surtout en Floride et en
Caroline du Nord; Un dans l'autre, les contrôles sont très insuffisants, au
niveau fédéral et à celui des états, et sont encore plus laxistes ces dernières
années à cause surtout du manque d'inspections, de poursuites et de subventions
pour les mener à bien;
dans le cas des travailleurs sans papiers, aucune loi ne les protège
véritablement; - Beaucoup effectuent du travail forcé contre leur gré dans
cette version moderne de l'esclavage: terrorisés par des employeurs violents ,
surveillés par des hommes armés, vivant dans des conditions proches de
l'incarcération, entassés dans des baraques ou des caravanes sordides, souvent
rongées par la rouille ou la moisissure et équipées de matériel inutilisable,
avec des toits qui s'affaissent ou qui fuient, des douches qui ne fonctionnent
pas, et occupées par une multitude de personnes qui paient aux employeurs sans
scrupules le prix exorbitant de 200 dollars par semaine;
Mais les travailleurs sont bien obligés de s'accommoder de ces conditions parce
que, disent-ils: "Si nous ne travaillons pas, nous ne mangeons pas";
Le pouvoir marchand de clients importants comme Wal-Mart (19% de parts de
marchés dans la grande distribution aux Etats-Unis) et Yum Brands (leader
mondial de la restauration rapide) forcent les producteurs et les grossistes à
réduire leurs prix au plus bas;
La concurrence croissante avec les produits importés a eu le même effet,
surtout pendant les mois d'hiver;
Et alors que les prix et les salaires des producteurs sont calculés au plus
serré, les bénéfices grimpent la chaîne de distribution pour arriver
directement au sommet remplir les poches des géants de la distribution;
Ce sont les saisonniers qui en ont donc pâti en premier et ce sont probablement
les travailleurs les plus pauvres et les plus mal traités aux Etats-Unis.
Environ la moitié d'entre eux gagne moins de 7500 dollars par an. Les plus
chanceux atteignent les 10 000 dollars, mais dans les deux cas, c'est bien en
deçà du seuil de pauvreté aux Etats-Unis, et leurs salaires stagnent depuis les
années 1970. Alors qu'ils effectuent les tâches les plus difficiles et les plus
dangereuses (car ils sont en contact avec des produits toxiques et exposés aux
accidents du travail), ils sont forcés de vivre dans des taudis, d'accepter des
emplois à court terme, de se déplacer de plus en plus et de subir la séparation
familiale.
En plus d'avoir des salaires de misère, environ 95% d'entre eux n'ont droit ni
aux aides sociales, ni à l'assurance maladie (a fortiori aux congés payés et à
la retraite) pour eux-mêmes et pour leurs familles. Les femmes qui travaillent
dans l'agriculture sont confrontées à d'autres violences comme le sexisme, le
harcèlement sexuel, voire pire, tout en devant également s'occuper des tâches
au sein de leur famille.
Il y a du travail dans l'agriculture et l'élevage partout aux US, mais plus de
la moitié des emplois sont concentrés en Californie, en Floride, au Texas, en
Caroline du Nord et dans l'état de Washington. La plupart des ouvriers
agricoles sont jeunes (entre 18 et 44 ans, voire plus jeunes), de sexe masculin
(80%), et originaires d'Amérique Latine. Ils sont peu instruits, et beaucoup
sont des immigrés sans papiers (majoritairement en provenance du Mexique)
forcés d'émigrer vers le nord à cause de lois criminelles sur les échanges
commerciaux comme l'ALENA.
Les luttes pour s'organiser ont remporté des victoires importantes mais pas
suffisantes pour permettre aux travailleurs de peser davantage dans les
négociations dans un système fondamentalement injuste. Et donc, alors que les
succès de syndicats comme la "Coalition of Immokalee Workers"
(*CIW) en Floride (qui comprend plus de 2000 adhérents) sont
impressionnants, ils ne représentent rien à côté des puissants géants de
l'agrobusiness ou de Wal-Mart.
Pas plus qu'ils ne peuvent améliorer les conditions de travail dans un des
secteurs d'activité du pays les plus dangereux. Les taux d'invalidité sont
trois fois plus élevés que pour l'ensemble de la population active. Il y a
chaque année environ 300.000 travailleurs qui souffrent d'empoisonnement aux
pesticides et beaucoup d'autres sont victimes d'accidents, souffrent de lésions
de l'appareil locomoteur ou d'autres (dont certaines sont chroniques).
Une étude effectuée en 1990 en Caroline du Nord indique que 4% seulement de ces
travailleurs ont accès à de l'eau potable, à des lavabos ou à des toilettes,
une situation particulièrement critique pour les enfants et les femmes
enceintes. Oxfam décrit les conditions de travail dans les champs actuellement
comme étant l'équivalent de ce qui se passait dans les plantations au XIX°s,
avec des ouvriers agricoles, un matériel rudimentaire, de longues heures de
travail, peu de rémunération, pas d'aides sociales, dans un système
fondamentalement inhumain et anachronique qui nécessite des réformes urgentes.
Mais comment faire quand, à tous les niveaux de responsabilité, on ferme les
yeux sur les pires abus, et que quand il s'agit de sans papiers, on les rend
responsables de leurs propres malheurs?
Esclavage domestique en Amérique
Chaque année des milliers de personnes, essentiellement des femmes, arrivent
en Amérique avec des visas temporaires pour travailler comme domestiques (pour
des riches diplomates étrangers, ou d'autres hauts responsables, étrangers ou
américains). Elles (et ils) viennent pour fuir la misère et pour gagner de
l'argent pour l'envoyer à leur famille. Elles sont souvent exploitées ou
persécutées par des trafiquants sans scrupules qui les réduisent à l'esclavage,
les font travailler jusqu'à 19 heures par jour, les gardent pratiquement
prisonnières, les payent moins de 100 dollars par jour, et leur font souvent
subir des sévices sexuels.
Les immigrés sans-papiers ne sont pas protégés par la loi, mais même les
immigrés qui sont entrés légalement ne le sont pas beaucoup. Parce que les
visas ne sont accordés que si on a un contrat d'embauche, les employées sont
les obligés de leur employeur, aussi brutal soit-il, et si elles le quittent,
elles perdent leur statut d'immigrées et sont expulsées.
En conséquence, peu d'entre elles portent plainte. Et celles qui le font sont
rarement protégées parce que les agences gouvernementales sont peu empressées
en matière de contrôles ou d'application de la loi.
Les domestiques qui vivent chez leur employeur sont également exclues de la
législation du travail en ce qui concerne la rémunération des heures
supplémentaires, le droit de se syndiquer, de faire grève, et de négocier
collectivement.
En outre, elles ne sont pas protégées par l'OSHA et, donc, contre le
harcèlement sexuel, car l'article sur la protection des employés sur leur lieu
de travail ne s'applique que pour les employeurs de 15 personnes ou plus. Pour
ce qui est des employeurs étrangers, ils jouissent de l'immunité diplomatique,
quelle que soit la gravité des faits qui leur sont reprochés.
Et c'est ainsi que les domestiques qui ont un visa spécial pour séjourner
aux Etats-Unis, subissent des violations de leurs droits d'êtres humains. Les
employeurs sont protégés tandis que leurs employés sont sans défense face à des
abus tels que:
- Les coups et blessures. Les violences physiques ou les menaces de
violences;
- La liberté de mouvement limitée, dont la perte de liberté arbitraire et
forcée avec l'utilisation de serrures, de barreaux, la confiscation du
passeport et de papiers officiels, l'emploi de chaînes et les menaces de
représailles à l'encontre de membres de leur famille;
- Les problèmes de santé et de sécurité qui peuvent découler des conditions
imposées par l'employeur, comme, par exemple: devoir dormir dans des sous-sols,
des buanderies ou d'autres endroits inappropriés; avoir des conditions de
travail dangereuses; être privé de nourriture ou ne pas recevoir une
alimentation saine; se voir refuser des soins médicaux ou être contraint de
travailler même quand on est malade;
- Problèmes de salaires et d'horaires de travail: le code du travail aux
Etats-Unis ne les protégeant pas, il est donc courant que les employées de
maison effectuent de longues heures de travail, aient droit à peu de repos et
reçoivent un salaire dérisoire;
- Immixtions dans la vie privée: le Pacte international
relatif aux droits civils et politiques adopté le 16 décembre 1966 par
l'Assemblée générale des Nations Unies qui spécifie que "Nul ne sera l'objet
d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son
domicile ou sa correspondance" concerne tout être humain, même les domestiques
logés nourris avec un visa spécial; néanmoins, les violations de leurs droits
sont courantes et les migrants n'ont, là encore, aucune chance d'obtenir
réparation;
- Les pressions psychologiques – caractéristiques de la relation
dominant-dominé entre l'employeur et leurs employés qui font craindre à ces
derniers d'aller porter plainte; Parmi les autres abus, il y a: les insultes,
la privation de nourriture, le refus de leur fournir des vêtements adaptés, et
diverses autres pratiques avilissantes.
- La servitude, le travail forcé et les trafics: ils sont interdits par le
Pacte de l'ONU et d'autres lois et règlements internationaux, qui ne font pas
clairement la distinction entre "servitude" et esclavage.
Et donc, les sévices que font subir les employeurs sont inévitables; le trafic
d'êtres humains, en particulier, est interdit par le Protocole des Nations
Unies, adopté en 2000, visant à prévenir, réprimer et punir la traite des
personnes, en particulier des femmes et des enfants, ainsi que par le protocole
plus récent (Convention des Nations Unies contre la criminalité
transnationale organisée) qui cible les trafiquants et les proxénètes.
Malgré cela, ces pratiques sont très répandues et en expansion; et en ce qui
concerne les employées domestiques étrangères, les mauvais traitements sont
courants et très peu médiatisés.
L'esclavage sexuel en Amérique
C'est la catégorie la plus nombreuse de travail forcé aux Etats–Unis et pour
des raisons simples:
- Il est lié au crime organisé et rapporte énormément d'argent;
- La demande pour les services sexuels, y compris avec des enfants, est
importante et en augmentation;
- Les lois strictes restreignant l'immigration facilitent le trafic.
Le Département de la Justice des Etats-Unis indique que la moyenne d’âge
d’entrée en prostitution se situe entre 12 et 14 ans.
"Shared Hope International" (une ONG qui s'occupe des femmes et des enfants
victimes de la traite, NDT) fournit des informations sur le trafic sexuel
actuel et examine les conditions dans lesquelles il existe.
L'organisation confirme que la plupart des victimes de la traite sont des
filles mineures.
Une enquête du Congrès indique qu'entre 100.000 et 300.000 enfants peuvent y
être exposés à tout moment. Le Département de la Justice estime que les
proxénètes contrôlent au moins 75% de mineurs exploités, prenant pour cible les
enfants vulnérables et utilisant la violence et l'intimidation psychologique
pour les retenir.
L'Internet est un outil de recrutement fréquent. Les autres cibles privilégiées
sont les enfants qui vivent dans des centres d'hébergement ou dans la rue,
parmi lesquels des enfants qui ont fugué. On estime à 2,8 millions le nombre
d'enfants qui vivent dans la rue, dont un tiers d'entre eux sont approchés dans
les 48 heures qui suivent leur fugue. La prostitution familiale est également
courante, où on vend un membre de la famille pour acheter de la drogue, pour
payer un hébergement, ou tout simplement pour se procurer de l'argent.
Le marché du sexe comprend la prostitution, y compris enfantine, la
pornographie, le striptease, les danses érotiques et les peep-shows, et est
souvent entre les mains de la mafia. L'ensemble des activités sexuelles,
légales ou non, font partie d'une gamme de produits et de services plus large,
dont la drogue et le trafic de drogue.
Les trafiquants du sexe recrutent en général des personnes de leur propre pays
ou de leur ethnie, et le passage en fraude de migrants facilite le trafic. En
outre, les lois fédérales et celles des états sont trop souvent
contradictoires, et permettent, ainsi, de refuser le statut de victimes à ceux
et celles qui ont subi des sévices, ralentissent les poursuites et se
traduisent in fine par des sanctions peu sévères, quand il y en a. Egalement,
il est rare que les clients des prostitué-es (même s'il s'agit de mineurs)
soient arrêtés et poursuivis, et globalement, les agences du maintien de
l'ordre se retrouvent confrontées à des questions systémiques légales qui font
obstacle à leur aptitude ou à leur penchant à poursuivre les clients. La
société offre peu de protection aux victimes, comme, par exemple, des foyers
d'accueil pour les jeunes enfants en difficulté, et, c'est ainsi que les
services sexuels sont en plein essor aux Etats-Unis.
Les ateliers clandestins et les usines.
D'après le syndicat des travailleurs du textile et des travaux d'aiguille
(Union of Needle Trades and Industrial Textile Employees), 75% des
fabriques de vêtements sont des ateliers clandestins ("sweatshops'"). Le
ministère du travail indique que plus de 50% de tous les ateliers sur le
territoire américain sont clandestins, la majorité étant situés dans les
centres textiles de New York, Californie, Dallas, Miami, et Atlanta, d'autres
étant également installés dans les territoires américains comme l'île de
Saipan, Guam ou les Samoa américaines, où la production porte la mention:
'“Made in the USA.”
La concurrence avec les producteurs étrangers à faibles coûts incite à faire
pression sur les producteurs US pour qu'ils réduisent leurs coûts le plus
possible, quitte à violer la réglementation du travail, et parfois
manifestement grâce au travail forcé.
Comme l'agriculture et l'économie domestique, ce secteur est particulièrement
vulnérable car il s'organise au sein d'une économie informelle où les contrôles
sont peu nombreux, voire inexistants. En conséquence, l'exploitation des
travailleurs perdure. Les salaires sont en deçà du seuil de pauvreté. La
rémunération des heures supplémentaires est exceptionnelle, et les conditions
de travail oscillent entre mauvaises et dangereuses. Les travailleurs qui se
plaignent et tentent de s'organiser sont généralement licenciés et remplacés
par de plus malléables.
Des salaires de misère, des horaires à rallonge, des conditions de travail
dangereuses et pas de protection sociale sont des pratiques courantes dans un
secteur où les violations de la législation du travail sont notoires.
En 1995, deux énormes scandales ont fait la une des journaux, un a eu lieu ici,
aux US, l'autre à l'étranger.
Le 2 août, la police faisait irruption dans un immeuble d'El Monte, Californie,
où 72 immigrés thaïs sans papiers étaient retenus prisonniers derrière des
barbelés et des chaînes.
Cela faisait plus de 17 ans qu'ils étaient enfermés là, travaillant à la
confection de vêtements pour les plus grands manufacturiers et distributeurs du
pays.
Ils étaient entassés les uns sur les autres dans des logements sordides. Des
gardes armés imposaient la discipline, faisant pression sur eux et les
intimidant pour les obliger à travailler tous les jours, à raison de 84 heures
par semaine pour 70 cts l'heure. Les ouvriers étaient forcés de travailler, de
manger, de dormir et de vivre en captivité. Les coups de fil étaient
obligatoirement surveillés, le courrier censuré, et tout ce qui venait de
l'extérieur était acheté par leurs geôliers qui faisaient payer la marchandise
à des prix exorbitants.
Sept responsables étaient alors arrêtés et, plus tard, condamnés pour travail
souterrain, kidnapping, servitude involontaire, trafic et hébergement de
clandestins.
Egalement, en 1995, les inspecteurs du "Comité national du travail" (National
Labor Committee) ont surpris des adolescentes, dont certaines étaient âgées de
13 ans à peine, en train de confectionner des vêtements pour la ligne de
vêtements de Kathy Lee Gifford au Honduras.
Elles gagnaient entre 6 et 9 cents de l'heure dans des conditions de travail
épouvantables. Les heures supplémentaires obligatoires étaient imposées pour
respecter les délais. Elle n'avaient droit à se rendre aux toilettes que deux
fois par jour. Les surveillants et les gardes en armes faisaient pression sur
elles et les intimidaient pour les inciter à travailler plus vite sur des
machines rongées par la rouille et susceptibles de provoquer des accidents. Les
tentatives des ouvrières de faire valoir leurs droits avaient été
contrecarrées. La production était destinée à des grands distributeurs comme
Wal-Mart.
Les employés dans la restauration et l'hôtellerie aux Etats-Unis connaissent
également des conditions de travail pénibles et des salaires inférieurs à la
normale.
Dans les hôtels, presque tous les agents de service sont des femmes à qui on
demande de nettoyer un minimum de 15 chambres par jour. Souvent, elles doivent
sauter un repas, renoncer à leur temps de pause, travailler en dehors de leurs
heures pour remplir leur quota, et ont, en conséquence, un taux d'accidents de
40% plus élevé que les autres employés dans le secteur des services. Selon les
statistiques du Ministère du travail US, elles gagnent en moyenne 8,67 dollars
de l'heure, c'est-à-dire 17.340 dollars par an si elles travaillent à temps
plein.
Les immigrés, essentiellement des femmes, sont particulièrement vulnérables
dans les hôtels et restaurants. Un communiqué de presse de l'Union américaine
pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union -
ACLU) citait en juin 2005 une action en justice parmi beaucoup d'autres engagée
par deux serveuses immigrées contre un restaurant chinois du New Jersey pour
discrimination sexuelle et exploitation.
Ayant porté plainte en juin 2003, Mei Ying Liu et Shu Fang Chen accusaient
leurs employeurs d'avoir, entre mai 2000 et novembre 2001, exercé une
surveillance totale sur les employés, de les avoir contraints à travailler en
moyenne 80 heures par semaine sans salaire, ni rémunération pour les heures
supplémentaires, d'avoir prélevé un pourcentage sur leurs pourboires, d'avoir
pratiqué la discrimination raciale et sexuelle, de les avoir logées dans un
appartement insalubre où elles étaient entassées et d'avoir proféré des menaces
de mort quand elles ont cessé de travailler au restaurant.
Le trafic des *travailleurs "invités" sur les bases
militaires
En plus de l'armée de dizaines de milliers d'immigrés US exploités qui ont
été engagés par Halliburton en Irak, en Afghanistan et ailleurs, le National
Labor Committee –le NLC - (une ONG américaine de défense des droits des
travailleurs, NDT) a publié en juillet dernier un rapport qui indique que "des
centaines de milliers de travailleurs "invités" – parmi lesquels 240.000
originaires du Bangladesh – ont été passés clandestinement au Koweït (en leur
faisant miroiter la perspective d'emplois bien rémunérés) et forcés de
travailler sur une base américaine 7 jours par semaine, 11 heures par jour sans
des conditions épouvantables.
On leur confisque leurs passeports dès leur arrivée, ils sont entassés dans des
dortoirs sordides, où 7 personnes partagent une pièce de 10 m sur 10, sont
payés entre 14 et 36 cents de l'heure, roués de coups et menacés d'être mis aux
arrêts s'ils protestent, et contraints de dépenser la majeure partie de leur
salaire pour payer leurs repas à des prix exorbitants.
Le cas de “M. Sabur” est significatif. Embauché par la "Compagnie
Koweitienne de Ramassage et de Recyclage des déchets" pour travailler dans le
camp Arifjan du Pentagone, il devait effectuer le nettoyage de la base – toute
la base, depuis les bureaux et les lieux de vie jusqu'aux tanks, aux
lance-roquettes et aux missiles. Il travaillait 11 heures par jour, sept jours
sur sept, et avait droit à une heure de pause à minuit pour le souper. Pour
cela, il gagnait 34,72 dollars par semaine, bien moins que ce qu'on lui avait
annoncé, et devait rembourser 185.000 taka (monnaie du Bengladesh),
l'équivalent de 2697 dollars, à une agence d'intérim du Bengladesh pour son
contrat de travail de trois ans. Sa famille a vendu tout ce qu'elle a pu pour
rassembler l'argent, mais comme ce n'était pas suffisant, elle a dû également
emprunter à un voisin.
Quand il a commencé à travailler, la compagnie koweïtienne a refusé
illégalement de lui verser son salaire les trois premiers mois, l'obligeant à
emprunter pour survivre. Quand il a demandé à être payé, il a été battu et
après une grève où 80.000 travailleurs ont cessé le travail, il a été arrêté,
incarcéré pendant 5 jours, battu quand il était en prison, puis expulsé au
Bangladesh dans ses vêtements déchirés encore tachés de sang.
Il n'a jamais touché les milliers de dollars de rappel de salaire qui lui
avaient été promis.
Ce qui s'est passé pour lui est loin d'être exceptionnel. Le NLC estime à 1,2
milliards de dollars les sommes extorquées aux 240.000 ressortissants du
Bangladesh, et le Pentagone est complice de ces exactions. Ce genre d'abus a
également lieu sur les bases US en Irak, en Afghanistan et probablement dans
d'autres sites à l'étranger.
Selon les termes d'un travailleur sri lankais qui travaille pour un
sous-traitant d'Halliburton en Irak:" Ils nous ont promis monts et
merveilles", mais nous avons, au lieu de cela, les sales boulots, les horaires
à rallonge, les bas salaires, la nourriture malsaine, et pendant les trois
premiers mois, nous sommes retenus en captivité dans des hangars sans fenêtres
près de l'aéroport de Bagdad, sans argent, et parmi eux, certains seront, par
la suite, logés dans des tentes dans des conditions encore pires que les
hangars.
Conclusion
Voilà les épreuves des personnes vulnérables en Amérique et de ceux que nous
exploitons à l'étranger, que ce soit dans les restaurants, les hôtels,
l'agriculture, le travail domestique, le commerce du sexe, ou sur les bases
américaines à l'étranger, et il est rare que les tribunaux leur rendent
justice. C'est la face cachée de l'Amérique qui accumule les crimes et les
abus, parmi lesquelles les guerres impériales, la torture, et le pillage des
richesses nationales pour les donner à des banquiers criminels et aux riches
aux dépens de millions de citoyens dans le besoin qui sont laissés pour compte
dans la période la plus horrible de notre histoire. Une tradition ancienne
dérangeante, dont on n'a pas du tout de quoi être fiers.
Stephen Lendman réside à Chicago. Il anime une émission de radio "The Global
Research News Hour" sur RepublicBroadcasting.org le lundi de 11H
à 13h.
Voir son site également
D'autres articles du même
auteur dans Dissident Voice
…………………………………………………………………………………………………
Notes complémentaires:
Le *CIW est un organisme qui s'adresse aux communautés
ethniques, dont les adhérents sont des immigrés latinos, haïtiens et indiens
mayas qui occupent des emplois à bas salaires dans tout l'état de Floride. La
suite (en anglais) ici
Voir également: "Floride, la tomate de la honte". Les saisonniers en Floride.
Les "travailleurs invités" "(en anglais "guest
workers"): Terme utilisé pour décrire des résidents temporaires amenés
dans un pays pour l'aider à surmonter une pénurie de main-d'œuvre, mais à qui
on n'accorde pas la résidence permanente.
En possession d'un visa spécial "de non-immigrants", leur séjour s'achève quand
leur employeur n'a plus besoin d'eux. Le travailleur corvéable à merci, et puis
jetable.
Vidéo (en anglais) -
les demandeurs d'asile en GB : les gens de l'ombre.
(Asylum seekers: Britain's shadow people)
Esclavage
domestique : servitude, personnes au pair et épouses achetées par
correspondance
Rapport de la commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les
hommes (Conseil de l'Europe), avril 2004.
Travail forcé des enfants (anglais): http://www.ilo.org/global/Themes/Ch...
et http://www.ilo.org/public/french/su...
Quelques notes perso:
Alors, voilà à quoi on en arrive. En éloignant les prostituées, en les
forçant à s'installer dans des coins sordides, en les livrant en pâture à tous
les dangers, en s'acharnant sur les immigrés, en ne punissant pas ceux qui en
font un trafic lucratif et les exploitent, on se lave les mains de ce qui peut
bien leur arriver. Et on laisse se développer des filières parallèles
souterraines dont les gros bonnets et leurs hommes de main sont rarement
inquiétés, ce qui favorise les trafics en tous genres.
Pareil pour les immigrés, terrorisés, maltraités dans les centres de rétention
infâmes jusqu'à être jetés dans un avion, pieds et poings liés.
Et les dirigeants ont même décrété qu'il était délictueux d'aider les sans
papiers. Une mesure immonde qui aurait dû soulever un tollé général. Mais
non.
Les inspecteurs du travail, eux, empêcheurs de prospérer en ronds, sont montrés
du doigt, voire harcelés, voire pire (Rappelez-vous le meurtre de deux inspecteurs du
travail, tués dans l'indifférence générale par un exploitant agricole "qui
avait "craqué" ).
Quant aux employeurs de "clandestins" jamais - ou presque- inquiétés (le
propriétaire du restaurant huppé qui employait des sans papiers a-t-il
seulement été mis en garde à vue?).
Pour avoir un exemple de l'absurdité et de l'inhumanité de ces lois sur
l'immigration, lisez l'histoire de
Romano Kanda, ici . Edifiant.
Kanda, un Angolais, a été expulsé au … Congo!
Angolais ... congolais, bin quoi, c'est pareil, non?
Les Congolais, eux, mauvais esprit: ils n'ont rien voulu savoir.
Ils l'ont renvoyé en France.
Merci qui?
Malgré les murs, malgré les lois restrictives, ceux qui sont dans la misère et
qui n'ont rien à manger essaieront toujours de passer avec tous les dangers que
cela comporte.
Cette politique inhumaine, qui atteint de nos jours, avec la mondialisation,
son paroxysme, est destinée à diviser les masses en maintenant les populations
étrangères dans la soumission par la terreur et les autochtones dans le
sentiment d'appartenance, de supériorité et de frustration, afin de préserver
aux élites les rênes du pouvoir, ce qui leur permet de faire main basse sur les
biens communs, qu'ils soient nationaux ou qu'ils appartiennent à d'autres
pays.
Une politique aussi manifestement inégalitaire et cruelle ne pourrait
fonctionner, évidemment, sans l'aval des gogos, de ces idiots utiles qui
demandent toujours plus de sanctions contre leurs pairs, qui soutiennent des
gens infects et menteurs qui n'ont en fait que mépris pour eux et le reste de
la plèbe, et qui ne se privent même pas de le faire savoir triomphalement
("cf:"casse-toi, pauv' con"; "les manifs, on ne les voit même plus"; le
discours de Dakar, etc.).
La terre tourne, mais vraiment pas dans le bon sens.
Je vous recommande vivement de lire ce document, tout y est et c'est
limpide:
Migration, développement et
travail décent
Et puis, allez voir WELCOME: non seulement c'est bien, mais c'est un acte militant.

Commentaires
Bravo Emcee!
Triste vérité!
Le texte parle de la situation, dramatique aux États Unis mais en Europe on prend allègrement le même chemin.
les conditions de travail des immigrés qui sont ouvriers agricoles (payés, mal, à la journée) dans le sud de l'Italie sont indignes, honteuses.
Dans les pays du golfe les immigrés venant d' Inde, du Pakistan, du Bangladesh, d'Indonésie ou des Philippines sont souvent traités comme des esclaves : passeports retirés, un mois de vacances au pays tous les deux ans (dans le meilleur des cas), salaires ridicules, au minimum 10 heures de travail pas jour...etc
Cette exploitation repose sur la misère, misère savamment orchestrée par qui tient les rênes économiques.
Fabriquer des esclaves pour pouvoir les exploiter, le but n'est même plus dissimulé!
Et stigmatiser, discriminer, diaboliser, sévir.
"Cette politique inhumaine, qui atteint de nos jours, avec la mondialisation, son paroxysme, est destinée à diviser les masses en maintenant les populations étrangères dans la soumission par la terreur et les autochtones dans le sentiment d'appartenance, de supériorité et de frustration, afin de préserver aux élites les rênes du pouvoir, ce qui leur permet de faire main basse sur les biens communs, qu'ils soient nationaux ou qu'ils appartiennent à d'autres pays."
C'est tout à fait ça et on le note partout, suffit d'ouvrir les yeux pour le voir.
mais les idiots utiles et les pleutres se gardent bien de regarder autour d'eux, du moment que leur petit confort n'est pas menacé, rien ne les dérange!
ils ne se rendent même pas compte qu'ils seront (qu' ils le sont souvent déjà) eux aussi victimes de ce système fou et criminel et au lieu d'être solidaires de ceux qui souffrent , de ceux qui sont honteusement exploités, de ceux qui sont exclus, ils condamnent, stigmatisent et collaborent avec les castes!
alors que la solidarité devrait prévaloir car elle est notre unique chance de sortie de cette boue putride, le chacun pour soi atteint son paroxysme!
Triste et très inquiétant!
C'est exactement cela, Céleste. Merci de compléter les informations.
Ce qui se passe en Asie est terrifiant.
Et c'est très triste de voir que des gens qui sont dotés d'une certaine capacité de réflexion sont sourds et aveugles devant cette misère qu'on propage avec arrogance sous leurs yeux. Pire, qui nient l'évidence, tellement ils sont conditionnés.
J'ai bossé 2 ans au Myanmar, en forêt directement : au début camps volants (tente) et ravitaillement par hélico . L'armée tenait tout les pitons montagneux et leur approvisionnements était à dos d'hommes...
Les esclaves que notre glorieux ministre n'a jamais vu...
Y'en a trop d'un coup, ça ressemble à une enquête de Détective.
Pas étonnant, Yelrah, que le ministre n'ait rien vu. Nous ne fréquentons pas le même monde et lui, il ne fréquente même pas ceux de son monde. J'ai lu quelque part que lui et sa femme étaient invités à Venise à un colloque fort mondain et bien achalandé. Et que pour transporter tout ce beau linge, il avait été prévu un vaporetto. Eh bien, les deux ont pris un bateau-taxi, parce que, dixit monsieur, ils "ne prennent jamais les transports en commun". Ils en ont de la chance!
Pas de transports en commun avec des VIP? a fortiori crapahuter dans la colline à la recherche d'"éventuels" esclaves. Pouah!
euh question...
ici c'est un blog ou un bloc ?
Et il a ça aussi dans notre pays,il ne s'agit plus de lois
http://www.humanite.fr/2009-03-25_S...
Et aussi le projet de démentèlement des inspections du travail,et à défaut la diminution des inspecteurs,et de la DGCCRF!
Silence dans les rangs,pas d'empêcheurs d'exploiter en rond.Sans compter la médecine du travail attaquée.http://www.humanite.fr/2009-02-28_T...
Pas de commune mesure avec ce qui se passe dans d'autres pays,mais on en prend le chemin en s'attaquant à ces acquis qui permettaient une surveillance.Et je ne suis pas sur que des gens ne soit pas traiter comme des esclaves chez nous et en Europe!
Remarquable article emcee et toujours aussi bien documenté, (il faut avoir le courage de tout lire jusqu'au bout
!).
Juste comme ça, pour rajouter, il me semble que tu n'en parles pas ou peu, il y a la Chine et ses millions de mingongs (je ne suis pas sur de l'orthographe!), paysans venus tenter leur chance dans les villes et dont beaucoup sont "utilisés" pour les grands travaux, genre barrages ou routes, pour les jeux de Pékin aussi, et dans des conditions qui ne sont pas loin de l'esclavage.
Aussi à Dubaï, ce petit émirat richissime, qui construit des iles artificielles pour milliardaires et qui emploie en grande majorité, aussi bien pour la construction que pour le travail domestique, des Pakistanais, dans des conditions qui resssemblent elles aussi beaucoup à de l'esclavage...!
Les exemples sont innombrables, ne serait-ce qu'en France, pour le travail saisonnier, où des conventions d'un autre âge, complètement en marge du code du travail, (ça porte un nom que j'ai oublié...!), institutionnalise une "traite" des magrhébins, dans des conditions plus que douteuses, (j'essaie de trouver un lien pour ça!).
Une info pour un des tes futurs sujets
http://news.yahoo.com/s/ap/20090325...
Tu peux te remonter le moral avec ça
http://www.simpatizantesfmln.org/do...
Merci pour vos com', courageux lecteurs. Désolée de vous avoir abandonné-es, mais j'ai, entre autres, écrit des com' chez Céleste sur ce billet intéressant http://www.celestissima.org/histoire-jupe/ et j'ai, en plus, perdu bêtement une heure ce week-end et je la cherche encore.
Je suis d'accord, le billet est très long. Et donc, difficile à lire. Je ne m'en rendais pas compte en le traduisant, même s'il m'a pris beaucoup de temps et que c'était devenu fastidieux.
D'un autre côté, il peut participer à servir de référence sur l'esclavage, qui sait? parce qu'apparemment toutes les formes les plus flagrantes sont abordées.
Merci pour les précisions et les liens qui ajoutent à l'information de départ.
T34, merci pour le lien sur l'éducation. Je crois que je vais me lancer sur ce sujet sous peu.
Les universités sont en grève et pratiquement personne ne relaie l'info.
Esclavage domestique en Amérique : ......
....... les payent moins de 100 dollars par jour, ....
100 ? cela me semble une erreur , non !
Ce n'est pas plus que ce soit long, on peut appronfondir le sujet.
CX'est tout de même mieu qu'un reportage de JP Pernaut de 10 secondes sur ... au hasard * : les dangereux-grêvistes-islamistes-terroristes-gauchistes-fonctionnaire-fainéants-d'ultra extrème gauche radicale** qui prennent les usagers en otage
En effet, Roland: my mistake: il s'agit bien de moins de 100 dollars PAR MOIS. Désolée pour cette erreur grossière.
Certes, T34, c'est la raison pour laquelle je répugne à couper dans les articles en général: l'auteur a voulu développer et je n'aime pas réduire son texte, en m'octroyant le droit de décider de ce qui est important ou non pour les autres.
Il n'en reste pas moins que ce billet est long